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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: égalité – origine sociale

Les critères d’octroi des bourses d’étude à Genève

Chaque année à Genève, environ 3’800 demandes de bourses dont déposées pour des études au niveau tertiaire, avec un taux d’octroi de 49%. Les démarches pour obtenir une aide peuvent être disparates, ainsi que l’identification des différents services ainsi que leur ordre et leur hiérarchie. Certain·es étudiant·es relèvent des difficultés  à obtenir des informations claires sur les aides auxquelles ils-elles pouvaient prétendre ou sur les démarches à effectuer.

Le Service des bourses et prêts d’études (SBPE) se base notamment sur le revenu déterminant unifié (RDU), comme celui des parents, établi à partir de la dernière taxation fiscale. Dans 7 cas sur 10, les revenus sont considérés comme suffisants.

 

L’Union des étudiant·e·s de Suisse (UNES) et Open Access Suisse réclament le libre accès à la littérature obligatoire

L’UNES, en collaboration avec le groupe de travail Open Access Suisse, réclame un droit de publication secondaire impératif pour l’enseignement et la recherche financés par des fonds publics ainsi qu’un accès numérique gratuit à la littérature obligatoire (lectures obligatoires) pour les étudiant·es. La situation actuelle ne garantit pas aux chercheurs et chercheuses une possibilité de rendre leurs propres publications librement accessibles.

« Un droit de publication secondaire impératif établit un cadre clair et renforce le libre accès à la recherche financée par des fonds publics », déclare le professeur Marc Thommen, professeur de droit pénal et délégué Open Science de l’Université de Zurich, ainsi qu’initiateur du groupe de travail Open Access Suisse.

Garantir un accès sans barrières aux textes académiques permettrait la mise à disposition numérique et gratuite de la littérature obligatoire par les hautes écoles et le corps enseignant à l’intention des étudiant·e·s. «En Suisse, des coûts supplémentaires de 500 francs par semestre pour la littérature obligatoire suffisent déjà à empêcher les étudiant·e·s en situation financière précaire de poursuivre leurs études. Un accès équitable au savoir ne doit pas dépendre du portemonnaie des étudiant·es ou de celui de leurs parents», déclare Isabelle Birkhäuser, co-présidente de l’UNES.

 

«Un tiers des étudiants ont renoncé à acheter à manger»

Selon les chiffres de l’enquête «Réalité étudiante» réalisé par la FAE avec l’aide du centre FORS, près de la moitié des étudiant·es (46%) ne peuvent pas faire face à un imprévu de 500 CHF, et plus d’un tiers a déjà renoncé à des dépenses d’alimentation ou d’hygiène. Elles·ils seraient également 61,9% à sacrifier leurs loisirs faute de moyens, ce qui les isole de la vie du campus. Face à l’urgence et aux 400 demandes d’aide déjà reçues aux services des affaires sociales (SASME), l’Unil renforce son accompagnement social et envisage de créer des ateliers de gestion budgétaire.

De plus, pour défendre l’avenir de la formation, la FAE veut sensibiliser la population et les politiques et appelle à voter NON à l’initiative « 12% » le 27 septembre.

«Un sondage met en évidence les privations que s’imposent les étudiants par manque d’argent»

«De nombreux jeunes aux études se privent de nourriture, de produits d’hygiène ou de soins médicaux faute de moyens. Ce constat est issu d’un sondage effectué par la Fédération des associations d’étudiants de l’Université de Lausanne, dont les premiers résultats ont été publiés mercredi, à quelques jours de la rentrée universitaire.»

Remise en question de la sélection scolaire dans le canton de Vaud et Genève

La sélection solaire dans le canton de Vaud et à Genève, jugée parmi les plus précoces au monde (12-13 ans), fait débat. Malgré la présence de passerelles, les données prouvent que l’orientation initiale détermine en grande partie le destin scolaire des élèves. Cette structure précoce n’améliore donc pas la réussite, mais aggrave les inégalités sociales.

Face à la révision de la maturité gymnasiale dans le canton de Vaud, qui passera de 3 à 4 ans, le projet MAT-EO a été lancé pour repenser la transition entre l’école obligatoire et le gymnase, avec des propositions attendues pour avril 2027.

Les expert·es, comme Nicolas Margas, directeur de l’Observatoire de l’éducation et de la formation (Obsef) et professeur à l’Unil, rappellent toutefois que pour garantir la réussite de toutes et tous, la qualité de l’enseignement et la formation des enseignant·es restent des leviers bien plus puissants que les réformes de structure.

Benchmarking universitaire en matière de mobilité sociale

Une commission dédiée en Angleterre a publié un nouveau rapport qui évalue dans quelle mesure les universités d’Angleterre favorisent la mobilité sociale.

Cette étude s’articule autour de la question: parmi les étudiants qui remplissent les conditions d’admission, les universités recrutent-elles de manière équitable, tous milieux socio-économiques confondus ? Les données disponibles indiquent que c’est le cas pour bon nombre d’entre elles, mais pas pour toutes.

UNES publie un rapport sur l’évolution des taxes d’études en Suisse

Un rapport de l’Union des étudiant·es de Suisse (UNES) indique une augmentation continue et supérieure à l’inflation des taxes d’études sur la période 2006-2026. Des fortes disparités sont constatées selon les établissements et le statut étudiant (suisse ou étranger). Aujourd’hui, les taxes d’études s’élèvent entre 500 et 1 000 CHF par semestre pour les premiers, et entre 500 à 5 000 CHF pour les seconds.

L’UNES alerte sur les conséquences négatives d’un financement accru pour les usager·ères et la dépendance vis-à-vis des fonds tiers, moins prévisibles que le financement public.

«NON à davantage de sélection dans la filière de psychologie!»

La section étudiant·es du syndicat SSP appelle au Conseil de la faculté SSP de l’Unil de rejeter une réforme du plan d’études du cursus de psychologie. «Les étudiantexs qui échouent le plus souvent sont systématiquement celleux qui travaillent à coté de leurs études. Ainsi, rendre plus difficile la réussite du bachelor ne fait qu’accentuer la sélection sociale à l’université.»

Le président des directions d’école alémaniques plaide pour la fin des examens d’entrée au gymnase

«Thomas Minder remet en question la sélection précoce dans le système scolaire. Les passages avant le secondaire devraient se faire sans examen, selon le président de l’association faîtière des directions d’école en Suisse alémanique (VSLCH) dans le SonntagsBlick.» Parallèlement, il estime que la formation des enseignant·es est trop courte pour faire face aux exigences croissantes.

Coupes budgétaires : « les étudiant·es se sentent lâché·es »

Lundi, les Verts et le PS ont annoncé qu’ils ne lanceraient pas de référendum contre les coupes budgétaires dans la formation. Ce désistement laisse les syndicats et associations étudiantes seul·es face à la situation, sans forces nécessaires pour mener une bataille nationale.

Sophie Wang, co-présidente de l’Union des Etudiant·es de Suisse (UNES) dénonce une « attaque à l’égalité des chances », craignant que la baisse des contributions fédérales ne provoque une hausse des taxes d’études. Désormais, la lutte se déplace vers les cantons.

«Sans soutien des partis, les organisations impliquées contre les coupes dans la formation et la recherche n’ont pas la force de se lancer dans la bataille.» Cependant, leur lutte à obtenir des mesures de compensation se poursuivra dans les cantons, pour éviter que les économies ne soient répercutées directement sur les étudiant·es.

Budget de la Confédération : Le Parlement valide 5,2 milliards d’économies pour 2027-2029

Le Parlement a validé mardi un programme d’économies pour la période 2027-2029 dans le cadre du «paquet d’allègement budgétaire» (PAB), conçu pour contenir la progression des dépenses fédérales. Le montant final de 5,2 milliards de francs (contre 8,5 milliards visés par le Conseil fédéral) épargne le secteur agricole.

En revanche, les domaines de la formation et de la recherche, des transports et de la coopération internationale devront a priori absorber la majeure partie des coupes budgétaires prévues.

«Des hausses des taxes d’étude dans les EPF et les hautes écoles cantonales sont notamment attendues.» (Le Temps)

«Le scénario d’un référendum devient de plus en plus lointain. Les Vert·es, qui étaient les plus susceptibles d’en lancer un, ont annoncé lundi renoncer à cette possibilité.» (Le Courrier)

L’Union des Étudiant·e·s de Suisse (UNES) écrit: «En entérinant des coupes budgétaires affaiblissant le système de  formation suisse, le Parlement s’entête dans une politique d’austérité qui ne tient compte  que d’une vision à court-terme. L’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) regrette qu’aucun parti politique gouvernemental ne soutienne la jeunesse en appelant au  référendum, et poursuivra son engagement dans les cantons. »

 

Le canton de Vaud ouvre le dossier de la maturité mixte en quatre ans

«Pour garantir la reconnaissance de sa formation gymnasiale à l’échelle nationale, le canton de Vaud doit allonger d’un an son cursus actuel, soit passer de trois à quatre ans. Il a présenté jeudi des premières études qui serviront de socle à une révision de la loi.» (RTS)

Le département proposera plusieurs options pour réformer la loi sur l’enseignement obligatoire en septembre prochain, dont la dernière révision date de dix ans. (24h)

Selon la journaliste des 24 heures, les parents et directeurs seraient favorables à un report de l’orientation vers une filière professionnelle ou gymnasiale par exemple en 10e année. Actuellement c’est en 8e, quand les enfants ont environs 12 ans. Un report permettrait une plus grande maturité des enfants au moment de sélection. «La séparation précoce en filières n’a pas d’effet positif sur les apprentissages. En revanche, elle tend à renforcer les inégalités sociales», affirme Cédric Blanc, directeur général de l’enseignement obligatoire et de la pédagogie spécialisée.

Un encadré des 24 heures évoque le taux de réussite à l’Université de Lausanne.

Publication d’un site dédié aux étudiant·es de première génération

«First-gen.ch est issu du projet « Sélectivité due à l’origine sociale dans les hautes écoles suisses » (2021–2024) dans le cadre du programme fédéral P-7 Diversité, inclusion et égalité des chances dans le développement des hautes écoles (2021–2024) de swissuniversities, qui visait à mieux comprendre les obstacles rencontrés par les étudiant·e·xs de première génération. Ce premier projet, porté par cinq universités partenaires (Berne, Fribourg, Lucerne, Saint-Gall et Zurich), a permis la mise en place de plusieurs mesures dont la création de cette plateforme.»

Genève: Jobs d’étudiant·es moins bien payés

«La décision du Grand Conseil [genevois] de sortir les jobs d’été du dispositif du salaire minimum ne passe pas auprès des étudiant·es, des syndicats et de la gauche. […] Si le peuple devait accepter de plafonner à 75% du salaire minimum les jobs d’été, les étudiant·es verraient leur rémunération mensuelle passer de 4349 francs à 3182, […] une perte de 1167 par mois. […] Zora Holzer, permanente de la CUAE, la faîtière des associations étudiantes de l’université, souligne que, selon les chiffres de l’Observatoire de la vie étudiante, 22% des étudiant·es de l’UNIGE «disent avoir des difficultés financières».»

La votation aura lieu le 8 mars.

Hausse de 100 francs de la taxe d’études à l’Université de Berne

«Dès le semestre d’automne 2026, la taxe d’études passera de 750 à 850 francs à l’Université de Berne et à la Haute école spécialisée bernoise (BFH). » (Le Courrier)

Les frais d’inscription supplémentaires payés par les étudiant·es étrangers·ères augmenteront également. Ils passeront de 200 francs par semestre à 1700 francs. Ce groupe paiera donc à l’avenir des frais d’inscription environ trois fois plus élevés que leurs camarades suisses. (Watson)

Une fossé entre ville et campagne se creuse en termes d’éducation

Dans les dernières 30 années, la proportion de la population suisse titulaire d’un diplôme de l’enseignement supérieur a augmenté de 44%.

Mais il y a des grandes différences entre ville et campagne. Pour le rédacteur en chef du Sonntagszeitung, «ce n’est pas étonnant, car les jeunes s’orientent vers les possibilités locales lorsqu’ils choisissent leur formation. Plus l’offre de gymnases, de HES et de formations continues est large, plus ils sont susceptibles d’opter pour une carrière universitaire.» Cependant, «selon des chercheur·es de l’Université de Lucerne le niveau d’éducation et le revenu des parents influencent beaucoup moins la réussite professionnelle de leurs enfants en Suisse qu’aux États-Unis, en France ou même en Allemagne. Les enfants issus de familles ayant un faible niveau d’éducation formelle auraient relativement de bonnes chances d’obtenir eux-mêmes un revenu élevé en Suisse.»

La hausse des taxes d’études, une question d’équité envers la formation professionnelle

Dans une tribune ouverte de la NZZ, Werner Inderbitzin défend l’augmentation des taxes d’études dans les hautes écoles. Selon lui, elles répondent à une question d’équité compte tenu du «traitement très inégal» entre formation universitaire et formation professionnelle. Les propositions de doublement et quadruplement des taxes d’études sont selon lui «une augmentation modérée», dont les éventuelles difficultés sociales résultantes pourraient être palliées par le biais de bourses.
Il relève en particulier que l’obtention d’un bachelor dans une haute école spécialisée est financé par les pouvoirs publics à hauteur de 60’000 à 120’000 francs, des montants encore plus élevés dans les universités, alors que les étudiant·es paient en moyenne 1’500 francs par an. Dans une école supérieure, les étudiant·es paieraient elles- et eux-mêmes environ 15’000 francs pour l’apprentissage, et jusqu’à 40’000 francs pour certains brevets fédéraux (par exemple pour devenir entrepreneur en construction).