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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: accès aux études

«La Suisse manque de médecins, mais recale des centaines d’étudiants»

Face à la dépendance de la Suisse aux médecins étrangers et à la forte sélectivité des cursus médicaux, améliorer la situation semble complexe mais nécessaire. La recherche de solutions bute notamment sur des questions financières. En 2016, la Confédération avait ainsi alloué 100 millions de francs à un « programme spécial en médecine humaine » afin d’augmenter le nombre de diplômés annuels, passant de 880 en 2016 à 750 places d’études supplémentaires chaque année.

Au-delà du manque de moyens financiers, des critiques sur les cursus sont également formulées par les étudiant·es. « Au-delà du nombre de places très restreint, je trouve que l’examen actuel favorise les profils très académiques, plutôt portés sur les spécialités, et ne valorise pas assez les qualités humaines ou le savoir être, qui sont au cœur du métier de généraliste.» déclare une étudiante en médecine.

De son côté, Patrick Bodenmann, vice-doyen de la faculté de médecine de Lausanne, insiste sur la nécessité d’une volonté politique claire, matérialisée par un engagement financier. Il nuance toutefois les demandes d’immersion clinique plus précoce en rappelant le manque de disponibilité des praticien·nes et l’obligation pour les étudiant·es d’acquérir un bagage théorique suffisant pour que les stages soient pertinents.

Parcoursup renforce la colère des lycéen·nes

En France, «[d]epuis que le mouvement lycéen, parti de Créteil à la mi-septembre, a fait tache d’huile dans tout le pays, les pancartes hostiles à la plateforme d’orientation de l’enseignement supérieur fleurissent au milieu des cortèges et aux abords des lycées bloqués.»

Selon un article du Monde, Les plateformes Parcoursup ainsi que Mon Master cristallisent les angoisses d’une jeunesse ayant le sentiment d’un futur confisqué, est vivement contestée pour son caractère arbitraire et anxiogène. Ce moment charnière de transition vers les supérieur redouble les tensions sociales, au point que les syndicats de jeunesse réclament la révision ou la suppression pure et simple, exigeant une politique de transparence et une orientation plus égalitaire entre les établissements.

De plus, les dysfonctionnements de la plateforme exacerbent les risques d’assignation sociale et territoriale. Le non-remplacement chronique des professeur·es priverait également les élèves du soutien nécessaire pour formuler leurs voeux et rédiger leurs lettres de motivation. Cet accompagnement informel devient inégalitaire, la pénurie de personnel enseignant étant particulièrement criante dans les quartiers prioritaires de la ville.

L’UNES déclare son soutien aux élèves et étudiant·es français·es qui prennent la rue

Depuis plusieurs jours, les élèves français descendent dans la rue pour manifester et défendre leurs revendications: des investissements dans l’éducation et l’égalité des chances et l’accès à l’université.

L’UNES avance: «Les revendications des élèves français rejoignent celles du VSS : étudier et apprendre dans des conditions dignes !»

«Un étudiant camerounais doit quitter la Suisse après un échec à l’UNIL»

«Un étudiant camerounais de 27 ans devra quitter la Suisse après le rejet de son recours par le Tribunal administratif fédéral (TAF). L’homme contestait le refus du Secrétariat d’État aux migrations (SEM) de prolonger son autorisation de séjour pour lui permettre de se réorienter vers des études en soins infirmiers après un échec définitif en biologie à l’Université de Lausanne.»

Remise en question de la sélection scolaire dans le canton de Vaud et Genève

La sélection solaire dans le canton de Vaud et à Genève, jugée parmi les plus précoces au monde (12-13 ans), fait débat. Malgré la présence de passerelles, les données prouvent que l’orientation initiale détermine en grande partie le destin scolaire des élèves. Cette structure précoce n’améliore donc pas la réussite, mais aggrave les inégalités sociales.

Face à la révision de la maturité gymnasiale dans le canton de Vaud, qui passera de 3 à 4 ans, le projet MAT-EO a été lancé pour repenser la transition entre l’école obligatoire et le gymnase, avec des propositions attendues pour avril 2027.

Les expert·es, comme Nicolas Margas, directeur de l’Observatoire de l’éducation et de la formation (Obsef) et professeur à l’Unil, rappellent toutefois que pour garantir la réussite de toutes et tous, la qualité de l’enseignement et la formation des enseignant·es restent des leviers bien plus puissants que les réformes de structure.

Un élu veut que l’accès à l’université passe par l’apprentissage

Selon une initiative parlementaire du Conseiller national Andreas Glarner (UDC/GL), tous les élèves devraient à l’avenir avoir suivi avec succès un apprentissage avant d’être admis dans une haute école, arguant que les personnes ayant une expérience professionnelle «terminent leurs études de manière plus ciblée, changent moins souvent de filière, sont mieux préparées à la vie professionnelle et s’intègrent plus rapidement sur le marché du travail», supprimant ainsi de fait la voie de formation générale passant par la maturité gymnasiale.

swissuniversities défend le système actuel, jugeant que la diversité des offres de formation au niveau secondaire II permet aux jeunes de trouver la voie correspondant le mieux à leurs aptitudes et à leurs intérêts.

L’Union patronale suisse voit également l’initiative «d’un œil critique», soulignant, entre autres, qu’aujourd’hui déjà, tous les jeunes qui souhaitent faire un apprentissage ne trouvent pas forcément une place de formation adaptée.

 

Manifestation étudiante à Bâle contre la hausse des frais de scolarité

Plusieurs centaines d’étudiant·es et membres du personnel académique ont manifesté à Bâle pour protester contre les coupes budgétaires fédérales et la hausse des frais de scolarité. Les manifestant·es dénoncent le désengagement financier de la Confédération notamment au profit de dépenses militaires, en brandissant les slogans « l’éducation, pas les bombes » ainsi que « l’éducation gratuite pour tous, maintenant ! ».


 

« L’administration Trump accuse Yale de discriminer les candidats blancs et asiatiques »

Le ministère de la Justice accuse l’école de médecine de l’Université de Yale de discriminer les candidatures blanches et asiatiques, affirmant une sélection raciale favorisant les étudiant·es noir·es et hispaniques.

Cette action s’inscrit dans une offensive plus large de l’administration Trump contre les politiques d’admission de plusieurs universités, notamment après une attaque similaire visant l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

En réponse, Yale défend la rigueur et la légalité de son processus d’admission face à cette pression de l’administration Trump.

Fribourg veut faciliter la reprise des études pour les personnes réfugiées

La Haute École de travail social et l’Université de Fribourg renforcent leur soutien aux étudiant·es réfugié·es grâce à un financement fédéral de 252 000 francs (2026-2028).

Ce programme combine cours de français académique, ateliers de confiance en soi (théâtre-forum) et sensibilisation de la communauté universitaire pour lever les mécanismes d’exclusion et faciliter l’intégration durable des personnes réfugiées dans l’enseignement supérieur.

«Yale ne se réfugie pas derrière la ruse consistant à blâmer Donald Trump»

Sous l’impulsion de sa présidente Maurie McInnis, l’Université de Yale a mandaté et publié un rapport d’une franchise inédite, validant les critiques majeures adressées au monde académique.

Madame McInnis y souligne l’urgence de ce virage : «Aujourd’hui, les universités du pays font face à une vague historique de demandes de changement. La confiance envers les institutions s’érode c’est un problème que nous ne pouvons ignorer. Pour que l’enseignement supérieur serve l’intérêt public, nous avons besoin de la confiance du public». Cette démarche a été saluée par le Wall Street Journal, qui y voit une rupture avec l’arrogance et la posture défensive habituelles du milieu universitaire. Le journal notant qu’ils «ne se réfugient pas derrière la ruse consistant à blâmer Donald Trump». 

Le document dénonce ainsi sans détour la dérive des coûts, la bureaucratie galopante, l’inflation des notes et l’opacité des admissions. Plus frappant encore, Yale admet l’existence d’une «monoculture» idéologique qui étouffe le débat.

Pour y remédier, l’université dit imposer à ses départements, dès l’année 2026-2027, une révision de leurs programmes afin de garantir une réelle diversité des perspectives intellectuelles et le respect de la liberté académique.

[L’article est accessible via le PressReader de la BCU.]

Les HES dispensent des cours d’appui

«Mathématique et français sont à nouveau au menu des étudiant·es de première année des hautes écoles spécialisées de Genève (HES). Est-ce à dire que le niveau scolaire et d’apprentissage des entrant·es en HES a drastiquement baissé?» Des professionnel·les de l’éducation et les syndicats d’étudiant·es pensent que ceci est dû aux répercussions de la pandémie de Covid-19 sur l’apprentissage scolaire en particulier.

«Formation académique: le décalage à corriger»

Alice Gasparini, physicienne et enseignante, se penche sur la différence (conséquente) de niveau entre la fin d’études de Secondaire II et la 1e année académique. «Ce décalage, particulièrement marqué dans les filières scientifiques, interroge l’équité du système éducatif pris dans son ensemble et ses répercussions sociales à long terme.» Selon elle, ce décalage conduirait à un taux plus élevé d’abandon d’études, pour des raisons psychologiques, économiques, ou à cause de démotivation. En effet, le décalage observé conduirait souvent à un «besoin de facto d’une année de mise à niveau avant de pouvoir réellement entamer ses études universitaires». Formalisée à l’EPFL par la «MAN», cette année «se manifeste plutôt sous la forme d’abandons, d’échecs ou de réorientations à L’UNIGE», observe l’enseignante. Les effets négatifs seraient particulièrement marqués pour les personnes de familles moins aisées socio-économiquement et les femmes.

Des étudiant·es de droit dénoncent les frais élevés de lectures obligatoires

Des étudiant·es, particulièrement en droit à l’Université de Zurich, font part à Nau.ch des coûts élevés de leurs lectures de cours obligatoires. En 2019 déjà, le journal étudiant N’jus faisait état de plus 500 francs de dépenses par an par étudiant·es pour les lectures obligatoires. De plus, le fait que certain·es enseignant·es imposent leurs propres ouvrages comme lectures obligatoires est controversé. Les étudiant·es se verraient alors parfois contraint·es de choisir leurs professeur·es en fonction du prix des livres qu’ils·elles recommandent. Certes, les bibliothèques mettent des exemplaires à disposition, mais ceux-ci ne peuvent souvent pas être empruntés ou alors sont «cachés» par d’autres étudiant·es.

À la demande de Nau.ch, l’Université de Zurich souligne qu’il n’existe aucune obligation officielle d’achat de livres ou de polycopiés. Mais pour certains examens, certains supports imprimés sont nécessaires, surtout en études de droit. Les appareils numériques étant généralement interdits, les livres électroniques, moins chers, ne sont généralement pas acceptés. Ou lorsqu’ils le sont, c’est uniquement après l’achat du livre imprimé, notamment pour des raisons de droits d’auteur, précise l’Université de Zurich .

Les étudiant·es parlent alors d’une «obligation indirecte d’acheter des livres». La thématique est régulièrement discutée, en particulier en droit, mais des filières telles que la médecine seraient également concernées.

«Baisse de près de 20% des visas étudiants aux Etats-Unis»

Les Etats-Unis ont délivré en août de cette année 313’138 visas étudiants, soit 19,1% de moins par rapport à la même période l’an dernier. L’Inde, qui était l’année dernière la principale source d’étudiant·es étranger·ères aux Etats-Unis, a connu une chute de 44,5% de visas en moins. Actuellement, le plus grand nombre d’étudiant·es étranger·ères vient de Chine, bien que son quota ait également été revu à la baisse. Les statistiques montrent également une grande baisse du nombre de visas d’étudiant·es venant de pays à majorité musulmane. Les admissions iraniennes ont par exemple chuté de 86%.

«Il n’a jamais été aussi facile d’étudier dans une université britannique»

Selon le magazine britannique The Spectator, il est désormais plus facile d’intégrer une prestigieuse université britannique via le processus de clearing. A l’origine conçu comme filet de sécurité pour les candidat·es qui n’avaient pas obtenu les notes souhaitées, ce dispositif deviendrait aujourd’hui une véritable «voie alternative pour intégrer les meilleures universités telles que King’s College London, Leeds ou Bristol». Selon un rapport, le nombre de places attribuées à des candidats dont les résultats sont parfois nettement inférieurs aux exigences est en augmentation. La raison de ce «changement de paradigme dans la pratique des admissions» est économique: «les recettes provenant des frais de scolarité diminuent, tandis que les étudiant·es internationaux – qui paient souvent quatre fois plus – sont moins nombreux depuis le Brexit». Beaucoup profiteraient de ce système. Celles et ceux qui ainsi ne réussiraient pas leur candidature principale s’inscriraient alors simplement dans un autre cursus, moins populaire et peu demandé. En 2023, plus de 3’500 cursus étaient disponibles via le clearing, soit une hausse de plus de 25 % par rapport à l’année précédente.

«Haro sur la hausse des taxes d’études»

Ce mercredi 1er octobre se tient sur la place Fédérale à Berne une mobilisation nationale organisée par l’Union des étudiants de Suisse (UNES). La date a été choisie car la Commission des finances du Conseil des Etats se réunira les 2 et 3 octobre pour aborder ce sujet. Les manifestant·es s’opposent à la proposition du Conseil fédéral de doubler les taxes d’études pour les étudiant·es suisses et de les quadrupler pour les étudiant·es étranger·ères, dans le cadre du plan d’économies de la Confédération de 460 millions de francs dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de l’innovation. Une pétition sera remise.

Selon Sophie Wang, co-présidente de l’UNES, la Suisse devrait s’inspirer de pays tels que l’Autriche, la Suède ou l’Ecosse, qui investissent massivement pour maintenir des formations abordables. Leur système de hautes écoles serait parmi les plus équitables et divers. Selon elle, étant donné l’optique actuelle d’austérité budgétaire de la Confédération, il revient aux cantons de choisir de ne pas répercuter ces coupes sur les frais de scolarité. Elle attend d’eux qu’ils défendent clairement leurs institutions. (La Liberté)

Julia Bogdan, co-présidente de l’UNES, craint une perte des talents en Suisse au profit d’autres universités voisines, en Allemagne ou en Autriche. Elle regrette également que le Conseil fédéral n’ait pas consulté ni étudiant·es ni universités avant de décider. Il n’aurait de plus pas tenu compte des nombreuses oppositions formulées pendant la procédure de consultation. (Tages-Anzeiger)

Loi fédérale sur les professions de la santé : prise de position de swissuniversities

«swissuniversities salue l’intégration du rôle d’infirmier·ère praticien·ne spécialisé·e (IPS) dans la révision de la Loi fédérale sur les professions de la santé, une avancée essentielle face à la hausse des besoins en soins, à la pénurie de personnel et au développement de modèles innovants. L’accès à cette fonction doit être réservé aux titulaires d’un Master en pratique infirmière spécialisée délivré par une haute école, garantissant qualité, sécurité et alignement avec les standards internationaux.

Parallèlement, swissuniversities étudie des mesures pour faciliter l’accès au Bachelor en soins infirmiers pour les infirmier·ère·s diplômé·e·s ES.»

Parcoursup : le gouvernement français veut conditionner l’accès de l’enseignement supérieur privé pour réduire les «dérives»
De 2010 à 2022, les inscriptions d’étudiants et étudiantes dans le secteur privé ont augmenté de 72 %, contre 11 % dans le public. Face à cette croissance rapide et aux abus du secteur privé, un projet de loi vise à créer un système de validation par l’État, en créant deux niveaux de reconnaissance : le «partenariat» et l’«agrément».
«Reste une troisième catégorie, celle des établissements lucratifs sans agrément. Dans la logique du gouvernement, cette mise au ban symbolique vise à dissuader les étudiants et leurs parents d’en faire le choix.» (La Croix)
«L’Uni de Genève recale un ingénieur de l’EPFL»

Après avoir obtenu un bachelor en microtechnique et un master en robotique, un diplômé de l’EPFL souhaite devenir enseignant en mathématiques. Toutefois, il est désormais nécessaire de posséder un master dans la branche souhaitée avant d’entreprendre une formation à l’Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE). De plus, l’Université de Genève (UNIGE) impose des critères d’équivalence stricts vis-à-vis des diplômes d’autres institutions : elle ne lui a validé que 33 crédits sur les 330 obtenus. En revanche, à l’Université de Neuchâtel, le diplômé a été directement admis en master.