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Sujet: étudiant·e·s étrangers·ères

Bilan des Hautes Ecoles et Université de Suisse italienne

Le bilan des Hautes Écoles de Suisse italienne affiche des résultats globalement positifs, bien que ces institutions se trouvent actuellement au coeur d’un bras de fer politique concernant leur gouvernance et l’accueil des étudiant·es étranger·ères.

La Ligue et l’UDC émettent des critiques à l’égard de la gestion actuelle. Une minorité politique a d’ailleurs refusé d’approuver le message officiel, dénonçant une proportion jugée trop élevée d’étudiant·es étranger·ères et de personnel non résident. Pour l’Université de la Suisse italienne (USI), ces oppositions pointent du doigts des problèmes managériaux ayant entrainé le départ prématuré de deux recteurs. De plus, les chiffres révèlent que le personnel frontalier représente 16% du corps académique et 13% du personnel administratif.

Malgré ces tensions, le bilan de la Haute École spécialisée de la Suisse italienne (SUPSI) reste positif, alors même qu’elle est l’institution la moins financée par son canton à l’échelle nationale.

France: «Les nouveaux Masters, manne pour les écoles»

«Ecoles de management et d’ingénieurs ne cessent d’inventer des formations pour gagner de nouvelles parts sur un marché de plus en plus concurrentiel. […] « Pour faire face à la baisse démographique étudiante en France, nous devons attirer des talents internationaux dans nos établissements », explique Thomas Maurer, directeur de Centrale Lille. Une analyse partagée par tous les responsables d’école interrogés.

Comment lutter contre l’espionnage dans les hautes écoles suisses

Interviewé dans la NZZ am Sonntag, Günther Dissertori, recteur de l’EPFZ, explique que les hautes écoles suisses se préparent à renforcer leur protection contre l’espionnage scientifique. Afin d’hamoniser les pratiques entre les différentes institution, un groupe de travail (dirigé par lui-même) au sein de Swissuniversities propose que «chaque haute école crée un service dédié à la sécurité des connaissances». «Il serait notamment chargé du contrôle des exportations du savoir et de l’évaluation des candidatures sensibles. Le recteur recommande également la création d’un centre national de coordination, afin de mutualiser les informations, publier des alertes et éviter qu’un candidat refusé par une institution soit admis dans une autre.» Depuis que l’EPFZ a mis en place son nouveau protocole de sécurité (1 an), plus de 80 candidatures ont été refusées. (20 minutes)

Hausse de 100 francs de la taxe d’études à l’Université de Berne

«Dès le semestre d’automne 2026, la taxe d’études passera de 750 à 850 francs à l’Université de Berne et à la Haute école spécialisée bernoise (BFH). » (Le Courrier)

Les frais d’inscription supplémentaires payés par les étudiant·es étrangers·ères augmenteront également. Ils passeront de 200 francs par semestre à 1700 francs. Ce groupe paiera donc à l’avenir des frais d’inscription environ trois fois plus élevés que leurs camarades suisses. (Watson)

Les universités suisses doivent baisser les taxes d’études pour les ressortissants de l’UE

Une condition de l’accord-cadre entre l’Union européenne et la Suisse est que les taxes d’études dans les universités et EPF suisses pour les ressortissants de l’Union européenne soient à la même hauteur que les taxes d’études pour des Suisses.

C’est déjà le cas (ou à peu près) dans les universités de Bâle, Berne, Genève et Lausanne.

Une adaptation des taxes d’études induira des pertes importantes pour l’Université de Suisse italienne  et l’Université de Saint-Gall (7,7 et 7,6 millions de francs par an).  Et pour les deux EPF de Zurich et de Lausanne, cette réglementation creusera à l’avenir un trou de 23,6 millions dans leurs caisses. Les deux établissements viennent tout juste d’introduire des frais d’inscription plus élevés et devraient donc bientôt les supprimer.

La Confédération s’est déclarée prête à indemniser les universités concernées pour cette perte, mais uniquement pour les quatre premières années. Elle prévoit de prendre en charge la moitié des coûts pour les hautes écoles cantonales. Quant aux deux EPF, qui appartiennent à la Confédération, elle entend assumer l’intégralité des coûts.

À Saint-Gall et au Tessin, le mécontentement règne. Par ailleurs, le Tessin représente une minorité linguistique et culturelle. «Ces projets risquent d’accroître les inégalités entre les cantons et de nuire à la cohésion nationale», estime Marina Carobbio (PS), directrice de l’éducation du Tessin

Le risque que la Suisse doive bientôt prendre en charge la formation supérieure de milliers d’étudiants supplémentaires provenant de l’UE est toutefois minimisé dans les accords. Les restrictions d’admission, comme dans le domaine de la médecine, restent autorisées, et il sera possible de maintenir les quotas, voire d’en introduire de nouveaux. Une clause dite de statu quo («Stillstandsklausel») doit, à l’inverse, garantir que le nombre actuel d’étudiants provenant des pays de l’UE ne puisse être réduit par des restrictions.

Par ailleurs, les universités de l’Union européenne ne pourront plus demander aux étudiant·es suisses des frais d’inscription supérieurs à ceux demandés aux citoyen·nes européen·nes.

«Baisse de près de 20% des visas étudiants aux Etats-Unis»

Les Etats-Unis ont délivré en août de cette année 313’138 visas étudiants, soit 19,1% de moins par rapport à la même période l’an dernier. L’Inde, qui était l’année dernière la principale source d’étudiant·es étranger·ères aux Etats-Unis, a connu une chute de 44,5% de visas en moins. Actuellement, le plus grand nombre d’étudiant·es étranger·ères vient de Chine, bien que son quota ait également été revu à la baisse. Les statistiques montrent également une grande baisse du nombre de visas d’étudiant·es venant de pays à majorité musulmane. Les admissions iraniennes ont par exemple chuté de 86%.

Anna Fontcuberta i Morral: l’EPFL « reste internationale » malgré la baisse d’étudiants étrangers

«Après le triplement des taxes d’études à l’EPFL et l’instauration de quotas d’admission, le nombre d’étudiants et étudiantes étrangers en première année de bachelor a chuté cette rentrée, a appris la RTS. Dans La Matinale de vendredi, la présidente Anna Fontcuberta i Morral assure que son école demeure tout aussi internationale.»

Les Etats-Unis accueillent à nouveau des étudiants de Chine

Lundi dernier, Donald Trump a annoncé son intention d’accueillir 600’000 étudiant·es chinois·es aux Etats-Unis. Mercredi, la Chine a donc invité les Etats-Unis à concrétiser cette promesse, demandant de faciliter l’entrée des ses étudiant·es. Guo Jiakun, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a appelé Washington à «mettre fin aux interrogatoires, harcèlements et expulsions sans fondement dont [les étudiant·es chinois·es] font l’objet, et à garantir dans les faits leurs droits et intérêts légitimes». Depuis l’arrivée, il y a sept mois, du secrétaire d’Etat Marco Rubio, le département d’Etat américain a indiqué avoir révoqué 6’000 visas étudiants, toutes nationalités confondues. (Blick)

A travers un commentaire publié dans la NZZ, la journaliste Katrin Büchenbacher explique que le choix d’accueillir à nouveau des étudiant·es chinois·es est dans l’intérêt des Etats-Unis. En effet, le but serait «d’attirer les meilleurs talents du monde pour défendre leur position dans la compétition mondiale», ainsi que d’obtenir un soutien financier de ces étudiant·es étranger·ères (les étudiant·es chinois·es ont rapporté aux États-Unis environ 14 milliards de dollars l’an dernier). La journaliste note que 600’000 étudiant·es chinois·es serait le double du nombre actuellement inscrit·es dans les universités américaines (2023-24).
Toutefois, le risque d’espionnage et de vol des connaissances persiste, vis-à-vis d’étudiant·es issu·es de Chine, mais aussi d’Afghanistan, d’Inde, d’Iran, etc. Alors que l’EPFZ a trouvé une solution «intermédiaire» avec un examen de sécurité des étudiant·es, chercheur·euses et des employé·es, les États-Unis voudront eux aussi contrôler les étudiant·es chinois·es à l’avenir,  selon Donald Trump.
Le journal de Hong Kong «South China Morning Post» rapporte presque tous les jours que des chercheur·euses chinois·es quittent des institutions américaines comme Harvard pour aller dans une université chinoise à cause du climat hostile qui y règne. (NZZ)

«L’IA au service du ciblage des migrants et étudiants étrangers»

«Amnesty International accuse les autorités américaines d’enfreindre les droits humains en utilisant des outils d’intelligence artificielle (IA) pour surveiller les migrants et les manifestants étrangers pro-palestiniens. […] L’association pointe notamment les outils informatiques dopés à l’IA des entreprises Babel Street et Palantir, spécialisées dans l’analyse de données à grande échelle et en temps réel, qui ont de nombreux contrats avec le gouvernement américain, notamment dans les secteurs de la défense et du renseignement.»

En découle un climat de peur paralysant les migrant·es, mais aussi les étudiant·es internationaux sur les campus universitaires américains, relate Erika Guevara-Rosas, directrice générale de la recherche à Amnesty International. L’ONG note encore que ces technologies utilisées afin de tirer des conclusions sur les intentions des personnes «présentent d’importantes marges d’erreur et s’avèrent souvent discriminatoires et biaisées».

«L’économie peut se passer des nouveaux traités européens»

Giorgio Behr, président du conseil d’administration de Behr Bircher Cellpack (BBC), groupe qu’il a dirigé jusqu’en 2015, est également un ancien membre de plusieurs conseils d’administration industriels et professeur émérite d’économie d’entreprise à l’Université de Saint-Gall. Interrogé sur les accords bilatéraux avec l’Union européenne, il affirme que l’économie peut se passer des nouveaux traités européens.

«[…] Il existe […] de nombreux domaines dans lesquels l’UE pourrait nous causer des problèmes. De plus, nous avons dû faire des concessions lors des négociations sur les hautes écoles. Nous serons confrontés à un problème de qualité si nous réduisons les frais d’inscription des étudiants étrangers au niveau de ceux des étudiants suisses. Nos universités, qui offrent un enseignement de grande qualité, deviendraient encore plus attrayantes pour les étudiants de l’UE. Cette augmentation du nombre d’étudiants entraînerait également des coûts supplémentaires élevés pour les cantons. Les partisans des accords avec l’UE se réjouissent de la réadmission gracieuse à Horizon Europe. Mais comment peut-on rêver d’une «ligue des champions de la recherche», comme le font les partisans des accords avec l’UE, alors que les deux EPF, qui sont les meilleures équipes, n’en font pas partie?»

Par ailleurs, il affirme : « En Suisse, nous devons réapprendre à mieux valoriser certaines professions au lieu de miser toujours plus sur les diplômés universitaires. Nous devrions former les personnes dont la société a besoin, comme les infirmiers, les policiers, les serveurs et les ouvriers industriels.» (Neue Zürcher Zeitung)

«Les étudiants étrangers devraient passer un contrôle d’espionnage»

Le Service de renseignement de la Confédération avertit que les universités représentent «une cible privilégiée pour l’espionnage». Afin de contrer la menace, le conseiller national du centre Reto Nause souhaite que les étudiant·es provenant de pays à risque soient contrôlé·es «de manière conséquente et généralisée» pour les filières d’études susceptibles d’avoir une utilité militaire. Pour l’heure, seule l’EPFZ le pratique déjà en Suisse.

Alors que d’autres pays ont déjà agi depuis longtemps (Australie, Etats-Unis, Grande-Bretagne), le Conseil fédéral recommande au parlement de rejeter l’initiative, préférant attendre les résultats des deux groupes de travail au niveau fédéral qui travaillent sur de nouvelles règles. «Lorsque leurs propositions seront sur la table – probablement au deuxième semestre 2025 – le Conseil fédéral décidera des adaptations légales.»

L’administration Trump interdit à Harvard d’accueillir des étudiants étrangers

«L’administration Trump a annoncé jeudi qu’elle retirait le droit d’accueillir des étudiants étrangers à la prestigieuse université privée Harvard, privant d’un moyen de rayonnement important l’institution contre laquelle le gouvernement américain a lancé une vaste offensive.» (RTS : La Matinale : Le journal de 6h, à partir de 8:39 min),

Commentaire de Ryan Enos, professeur à Harvard. (RTS : La Matinale : Le journal de 7h, à partir de 8:29min)

Pour de nombreuses universités américaines, les revenus des étudiants internationaux représentent une part importante du budget – notamment parce que ces derniers paient souvent des frais de scolarité nettement plus élevés que les étudiants nationaux. (SRF)

«Nos hautes écoles vont s’aligner sur le système américain»

La Confédération a planifié d’économiser, à partir de 2027, 460 millions de francs par an dans le domaine de la formation. Elle propose alors de doubler les taxes pour les étudiant·es suisses et de les quadrupler pour les étudiant·es étrangers·ères.

Le recteur de l’EPFZ, Günther Dissertori, parle d’un «changement de paradigme». Il s’inquiète : «Cette mesure est un premier pas vers la privatisation du système éducatif». Pour lui, une telle décision devrait être prise dans le cadre d’un large débat de société, et non pas sur la base d’un exercice d’économie à court terme. «Tôt ou tard, nos universités s’aligneraient sur le système américain», affirme-t-il. «Si les étudiants payaient autant pour leur formation, ils s’attendraient également à recevoir un diplôme. Cela pourrait entraîner une baisse de la motivation des étudiants. «Ils deviennent des clients et des clientes – et l’université se retrouve dans l’obligation d’apporter quelque chose». Cela affaiblirait l’engagement élevé dont font preuve les étudiants de l’ETH aujourd’hui.»

«Si l’EPF veut se conformer aux plans de la Confédération, elle doit économiser 78 millions de francs au total. Comme l’Ecole polytechnique est également concernée par les coupes prévues dans le Fonds national suisse, Innosuisse et d’autres domaines, il manquerait au total jusqu’à 125 millions de francs.»

Les étudiant-es qui ont fini leur scolarité à l’étranger terminent moins souvent leurs bachelor

Sur mandat de la Commission suisse de maturité, Franz Eberle, professeur émérite de pédagogie gymnasiale et économique à l’Université de Zurich, a analysé les données de l’Office fédéral de la statistique sur la réussite universitaire des gymnasiens et gymnasiennes qui ont entamé des études de bachelor entre 2012 et 2015. Le fait que les étudiant·es débutant·es aient ou non terminé leurs études de bachelor en 2020 a servi d’indicateur de réussite. Selon le journaliste de la NZZ Eric Aschwanden, «les résultats sont remarquables et en partie surprenants», le plus surprenant étant que les étudiant·es qui s’inscrivent dans une université suisse avec un certificat d’accès étranger s’en sortent mal. Près d’un tiers d’entre eux (32,7%) interrompent prématurément leurs études de bachelor, contre 18,9% des personnes qui ont fait la maturité fédérale (17,9% pour les personnes qui ont suivi une école publique).

«La nouvelle selon laquelle les étudiants venant de l’étranger obtiennent des diplômes inférieurs à la moyenne, ce qui constitue une charge pour les universités, arrive à un moment délicat.», écrit le journaliste. «En effet, dans le cadre des négociations avec la Suisse, l’Union européenne exige que les étudiants de l’UE soient traités de la même manière que les étudiants suisses en ce qui concerne les taxes d’études dans les hautes écoles universitaires et spécialisées. Des taxes d’études plus élevées, comme celles introduites par l’EPFZ, ne seraient alors plus autorisées.»

La différence entre les cantons est également remarquable: Les étudiants des cantons des Grisons (26,1), du Jura, de Vaud (25%) et de Neuchâtel sont les plus nombreux à abandonner leurs études. Non seulement les cantons romands ont les taux de maturité les plus élevés, mais le gymnase dans ces cantons ne dure que trois ans. Selon Franz Eberle, il s’agit là de «deux causes possibles de l’aptitude moyenne aux études des bacheliers de ces cantons».

Les différences cantonales en matière de taux de maturités ne sont pas seulement injustes, elles sont aussi globalement inversement proportionnelles au taux de réussite des études. «Je plaide donc pour une harmonisation des procédures d’admission au gymnase en termes de sélectivité et de qualité», avance Franz Eberle.

 

Le service de renseignement autrichien tient une liste de chercheurs de l’EPFZ

Les hautes écoles suisses bénéficient de l’expertise d’étudiants et de chercheurs du monde entier. Mais la recherche de pointe est aussi un terrain fertile pour les activités d’espionnage et les sociétés de couverture, comme celle du ressortissant iranien qui utilisait sa start-up sur le campus de l’EPFL pour livrer le système de navigation pour un drone dans son pays qui a ensuite été utilisé pour tuer trois militaires américains dans une base en Jordanie. Cette technologie de navigation était à double usage et l’EPFL ne savait pas qu’elle allait être utilisée à des fins militaires.

Les services secrets étrangers profiteraient de notre faible défense contre l’espionnage, estime l’historien Adrian Hänni, spécialisé en histoire des services secrets. «Dans le domaine du contre-espionnage, il y a peut-être quelques dizaines de fonctionnaires à Berne qui doivent faire face à cette menace et beaucoup de mesures sont plutôt édentées». Le cas actuel de l’EPF-Lausanne montre justement à quel point l’Iranien Mohammad A., accusé, a agi en dilettante, dit-il.

A l’Université de Graz, les demandes de coopération jugées peu sérieuses venant de scientifiques de l’EPFZ sont envoyées directement au service de renseignement autrichien, notamment dans le contexte du risque potentiel d’influence des services de renseignement chinois sur la recherche en Europe.

 

L’EPFL instaure un plafond pour les admissions en première année

«Face à l’afflux croissant d’étudiantes et étudiants, l’EPFL limitera les admissions en première année de bachelor à 3000, dès 2025. Les Suisses resteront admis sans restriction.» (20 minutes)

Cette restriction fait suite à un nombre toujours plus croissant d’étudiants choisissant l’EPFL pour leur parcours universitaire, alors que les ressources financières diminuent et que les ressources humaines s’épuisent. (Le Temps)

L’EPFZ accusée de discrimination envers les étudiant·es chinois·es

Fin octobre dernier, l’ETH de Zurich a renforcé ses règles d’admission en raison de suspicions d’espionnage mais aussi pour être conforme avec les sanctions imposés à 23 pays par l’ONU. Selon l’émission de la SFR, l’EPFZ doit tenir compte de ces sanctions, sinon elle risque d’enfreindre des dispositions légales. Dorénavant, l’institution soumettra les candidatures à partir du master à un contrôle de sécurité qui comprend 4 critères. Toutefois, les étudiant·es chinois·es remplissent généralement au moins 2 des critères, ce qui implique un risque de refus élevé. De ce fait, et de part l’importante population de l’ETHZ d’origine chinoise (en 2023, 1362 d’entre eux·elles ont étudié et obtenu leur doctorat auprès de l’institution), de nombreux reproches ont circulé, par exemple sur la plateforme Reddit ou sur des affiches placardées la semaine dernière dans les bâtiments de l’université.

Dans le Tagesanzeiger (05.11.2024), l’ambassade de Chine à Berne se dit «choquée» par cette nouvelle. «Nous espérons que l’EPFZ corrigera ses mauvaises pratiques le plus rapidement possible». L’ambassade écrit qu’elle continuera toutefois à s’engager pour la coopération scientifique entre la Suisse et la Chine.
Un jeune étudiant interrogé par le média affirme que «les Chinois ont assez vite le sentiment d’être victimes d’insultes racistes. Mais ce n’est pas le cas des règles de l’EPFZ, car elles concernent aussi d’autres pays. Malgré tout, le changement provoque de la colère et de la peur».

Dans le Tagesanzeiger (05.11.2024) toujours, l’EPFZ qualifie ces reproches de déplacées. Elle «n’exclut personne sur la base de la nationalité». Chaque candidature est examinée individuellement. Le service de presse de l’institution affirme également que les autres universités du pays «saluent sa transparence à propos de ces nouvelles modalités».

La Berner Zeitung (06.11.2024) indique que l’Université de Berne renonce aux contrôles de sécurité pour les étudiant-es chinois-es. L’Université comporte toutefois quelques domaines qui pourraient nécessiter une surveillance plus accrue, comme l’institut de physique ou celui sur la recherche spatiale. Interrogée à ce sujet, la direction de l’Université ne précise pas si elle jugerait nécessaire de mieux protéger ces cibles potentielles d’espionnage ou non. La Haute école spécialisée bernoise (BFH) n’a pas non plus de tel dispositif de sécurité spécifique.

«L’ETH Zurich exclut des étudiant-es en raison du risque d’espionnage»

Selon un nouveau réglèment, quatre critères sont décisifs pour déterminer si une personne peut accéder à l’EPFZ ou non. Si plus d’un est rempli, l’université recommande de refuser la personne.

  1. Une formation préalable dans une institution présentant un risque pour la sécurité
  2. Le pays d’origine de l’étudiant-e fait l’objet de sanctions (e.g. la Chine)
  3. Le financement des études est assuré par une bourse d’un État sanctionné
  4. Le choix d’un domaine ou un cursus «délicat»

Il est important de noter qu’un seul critère, comme l’origine, n’entraîne pas automatiquement le rejet de la candidature. Même si plusieurs critères sont remplis, chaque candidature est dorénavant examinée individuellement.

Selon l’EPFZ, les nouvelles règles doivent être comprises comme une réaction à l’évolution rapide de l’environnement géopolitique. L’ETH doit par exemple respecter les sanctions et les règles de contrôle des exportations. Les infractions peuvent entraîner des conséquences pénales.

En réaction, une affiche circule parmi les étudiant-es qui reproche à l’EPFZ d’instaurer ainsi une politique «Nazi».