Le Grand Conseil de Saint-Gall a approuvé en première lecture la loi révisée sur les bourses d’études. À une faible majorité, le Grand Conseil a décidé qu’à l’avenir, pour les études, les deux tiers de la contribution à la formation seraient accordés sous forme de bourse et un tiers sous forme de prêt.
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Sujet: bourses d’études
« Le canton de Fribourg a revu le règlement sur les bourses et les prêts d’études pour mieux tenir compte de la réalité vécue par les personnes en formation, qui travaillent parallèlement à leurs études. Les étudiant·es, qui exercent une activité lucrative pour financer leur formation à plein temps, ne seront plus pénalisés par une réduction de leur bourse. »
La modification, entrée en vigueur le 1er août, supprime la diminution de la bourse pour les personnes en formation à plein temps lorsque leur revenu dépasse la participation minimale exigée.
Les étudiant·es et apprentis au bénéfice d’une bourse toucheront bientôt un peu plus d’argent pour subvenir à leurs besoins vitaux. C’est le projet de réforme portée par la ministre socialiste Rebecca Ruiz, qui arrive à la fin de son mandat. En parallèle de l’adaptation du système informatique qui permettra aux boursier·ères de suivre le statut de leur demande et d’échanger directement avec leur répondant, ils·elles devraient bénéficier de plus d’argent.
Onze mille demandes de bourses ou de prêts ont été enregistrées pour l’année 2025-2026, dont 23% des bénéficiaires sont des apprenti·es.
Un nombre croissant d’étudiant·es américain·es déposeraient des candidatures pour des bourses d’études en Europe, notamment en Allemagne, selon l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD). En effet, ce dernier observe que les demandes ont plus que doublé cette année. Les candidatures portent en particulier sur des programmes «classiques» d’études et de recherche. Cette tendance est attribuée à la politique du gouvernement Trump envers les universités, souvent considérée comme «une atteinte à la liberté académique». Dans le même temps, les programmes européens multiplient leurs efforts de promotion et proposent des opportunités attractives afin d’attirer des talents internationaux.
«Après le triplement des taxes d’études à l’EPFL et l’instauration de quotas d’admission, le nombre d’étudiants et étudiantes étrangers en première année de bachelor a chuté cette rentrée, a appris la RTS. Dans La Matinale de vendredi, la présidente Anna Fontcuberta i Morral assure que son école demeure tout aussi internationale.»
Dans le canton de Neuchâtel, les bourses d’études à la fois cantonales et de l’Université sont relativement basses, en comparaison avec d’autres cantons romands. A titre indicatif, «le budget de l’Université de Neuchâtel pour les bourses universitaires ne représente donc que 3 à 4% de celui de l’Université de Genève», entre 250’000 et 300’000 francs pour Neuchâtel contre près de 8 millions pour Genève. Les bourses cantonales sont «jugées difficiles à obtenir, peu mises en avant et dont les montants restent relativement bas», selon la Fédération des étudiants neuchâtelois (FEN).
Des disparités subsistent également dans la temporalité et l’administratif. A Neuchâtel, de nombreux·euses étudiant·es «doivent d’abord réussir à avancer de gros frais avant de recevoir le moindre soutien», le bureau social n’accordant pas de soutien financier durant le premier semestre, tandis qu’à l’Université de Genève, «toutes les demandes de bourses avaient été bouclées avant fin novembre» l’an dernier. A Genève, des permanences sont également mises en place afin d’accompagner les étudiant·es dans l’élaboration de leur demande.
La Fédération des étudiants neuchâtelois (FEN) a finalement elle-même mis en place un fonds d’urgence, financé grâce à des dons privés et d’associations, accessible dès le premier semestre. Il intervient lorsque des étudiant·es se trouvant en difficulté se voient refuser les aides de l’Université, et couvre majoritairement le paiement des taxes d’études.
«Selon l’organisation faîtière des hautes écoles suisses, swissuniversities, les mécanismes et les modalités d’aide financière sont propres à chaque institution.» Le Conseil d’État du canton de Neuchâtel a annoncé des améliorations des bourses cantonales dès la rentrée 2025, avec des montants plus hauts et une prise en charge élargie des dépenses.
Le gouvernement fédéral suisse envisage une augmentation significative des frais d’inscription à l’université, dans le but de transférer les coûts de l’enseignement supérieur des contribuables vers les étudiants. Les étudiant·es suisses pourraient voir leurs frais doubler, tandis que ceux et celles venant de l’étranger pourraient voir leurs frais multipliés par quatre. Mais quel serait l’impact sur les inscriptions, la diversité des étudiant·s et les résultats académiques ?
Un nouveau livre blanc rédigé par Marius Brülhart, Rafael Lalive, Marie Polier et Enrico Rubolino de la HEC UNIL passe en revue la recherche mondiale sur les taxes d’études et les résultats d’études des étudiants.
Les principaux points à retenir sont :
- L’inscription globale est largement insensible aux augmentations de frais, bien que les étudiant·es à faible revenu soient plus sensibles aux prix.
- Des taxes d’études plus élevées peuvent entraîner un effort académique plus important et des taux d’obtention de diplôme plus rapides.
- L’aide financière est cruciale – des bourses et des prêts bien conçus peuvent compenser les obstacles rencontrés par les étudiant·s défavorisé·s.
- Les inégalités en matière d’éducation commencent tôt – les interventions politiques avant l’université sont les plus importantes.
Malgré des recrutements à l’Office cantonal, le délai de traitement n’a pas diminué. Il restait 2700 dossiers d’étudiant-es et d’apprenti-es en suspens à fin 2024. Une Vaudoise a perdu une année et témoigne.
En effet, ce n’est qu’en janvier 2026 que l’OCBE prévoit «la mise en production» d’un nouveau système d’information – 9,7 millions de francs votés en novembre 2023 – pour remplacer son outil informatique obsolète. Le nouveau logiciel permettra de gagner du temps en automatisant plusieurs tâches aujourd’hui manuelles.
Par ailleurs, la députée du PS, Claire Attinger, imagine un possible assouplissement de la loi sur l’aide aux études et à la formation professionnelle, qui ne prend pas en compte des configurations familiales de plus en plus diverses.
«Erreurs de calcul, délais interminables. De nombreux étudiants vaudois ont pointé du doigt le travail de l’Office cantonal des bourses d’études et d’apprentissage.»
Certain-es étudiant-es contractent des prêts de formation afin de financer leurs études. Selon Marie Hallmann, responsable communication de la fondation Educa Swiss, il y a une «forte croissance» de la demande. « Pour l’autrice de l’article, cette tendance interroge sur l’efficacité des systèmes de bourses cantonales.»
«[U[n postulat déposé au Grand Conseil par Yannick Maury (Vert·e·s) et Guy Gaudard (PLR) demande au Conseil d’Etat des chiffres précis sur la précarité étudiante régulièrement relayée par la presse. […] Toutefois, en se basant sur l’augmentation des demandes de bourses des étudiant ·es de l’UNIL et de l’EPFL, les députés estiment la situation «alarmante».»
Une motion de Marie Levrat (PS, Vuadens) et Savio Michellod (PLR, Granges) demandait que la loi sur les bourses et les prêts d’études soit adaptée, selon les quatres exigeances suivantes : «Premièrement, les forfaits d’entretien et de logement doivent être adaptés à la hausse […]. Deuxièmement, les deux parlementaires souhaitaient que la situation financière des parents ne joue plus aucun rôle à partir d’un certain âge des boursiers […]. Troisièmement […] [l]a limite d’âge [pour obtenir une bourse] devrait être relevée à 45 ou 50 ans […]. Quatrièmement, […] [les deux parlementaires demandent que] les personnes admises à titre provisoire (permis F) et les personnes à protéger (permis S) […] reçoivent [une] bourse.»
Finalement, le Grand Conseil fribourgeois s’est prononcé en faveur de l’augmentation des forfaits d’entretien et de logement et de l’ouverture des bourses d’études aux personnes titulaires d’un permis F ou S, mais a refusé les deux autres demandes.
«Près de 4000 étudiants vaudois galèrent en attendant désespérément de savoir s’ils toucheront une bourse»
«La précarité étudiante est une réalité en Suisse même si elle est plutôt cachée. En 2022, ils étaient près de 45’000 à recevoir une aide financière. Si les montants de ces aides augmentent, il n’y en a pas pour tout le monde.»
Pour la situation à Genève, Jean-François Stassen, le responsable scientifique de l’Observatoire de la vie étudiante de l’Université de Genève, dévoile: «Si les étudiants disposent de ressources d’insertion dans la société genevoise, ce qu’ils reçoivent comme aide permet de s’en sortir. Ce qui fait que souvent, les étudiants qui ont le plus de mal sont les étudiants éloignés de la société locale, en particulier les étudiants étrangers, qu’on va retrouver beaucoup plus dans ces situations de précarité », dévoile Jean-François Stassen, le responsable scientifique de l’Observatoire de la vie étudiante de l’Université de Genève.
A cause notamment, des loyers excessifs, des assurances maladie et du renchérissement du coût de la vie, les demandes de bourses d’étude ont augmenté de 10% en 2023. «Pour Romain de Sainte Marie, du service des aides financières et emplois étudiants de la Division de la formation et des étudiants (DIFE), le phénomène doit néanmoins s’observer sur le long terme. «Les chiffres ont explosé durant le Covid»».
«Depuis quatre rentrées, la loi genevoise permet aux candidats à la reconversion professionnelle d’obtenir une bourse d’études.[…] [L]e canton propose une bourse destinée à celles et ceux qui veulent changer de métier.» Cette aide est dotée d’un plafond de 40’000 CHF.
«En l’espace de trois rentrées, le canton a reçu 299 demandes et en a validé 134 […]. Plus d’un tiers des bénéficiaires ont quitté le milieu de l’art et de la culture […] la gestion et l’administration, et, dans une moindre mesure, les sciences. L’exode de personnel observé dans le secteur de la santé ne décourage visiblement pas les vocations puisqu’un tiers des bourses validées le sont dans ce secteur. Il devance l’enseignement et le social au palmarès des domaines les plus prisés.»
«Du côté de l’UNIL, au semestre dernier, les aides financières octroyées ont ainsi augmenté de 32% par rapport à 2022, passant de 264 à 348 et les bourses ont bondi de 60%, passant de 35 à 56. […] Pour l’année académique 2022- 2023, l’EPFL quant à elle a accordé des bourses sociales pour un montant total de 2,1 millions de francs, couvrant 237 bénéficiaires. Des chiffres relativement stables par rapport à l’année précédente, mais en nette hausse par rapport à l’année 2020-2021, ou l’enveloppe était encore de 1,4 million pour 223 personnes.» Fait surprenant, il se trouve que les demandes faites à l’Etat de Vaud «n’ont pas pris l’ascenseur.»
Le nombre d’étudiant∙es, qui n’a pas beaucoup augmenté depuis 2020, ne serait pas la cause de l’augmentation des demandes. Selon Cédric Rychen, directeur du Service des affaires sociales et de la mobilité étudiante de l’UNIL, c’est l’inflation le problème.
10’000 étudiant∙es font leur rentrée lundi prochain à l’Université de Fribourg. L’institution dévoile dans un communiqué de presse les résultats d’une enquête sur le bien-être, menée en mars de cette année. Le résultat est le même que la précédente étude, effectuée en 2021 : il semblerait que 84% de la communauté estudiantine se déclare satisfaite de leurs études.
«Par rapport à la dernière étude, c’est surtout le sentiment d’intégration qui grimpe en flèche: 71,3% des étudiants disent se sentir intégrés contre 43,5% en 2021. «Les rencontres sur le campus plutôt que seulement via un écran d’ordinateur ont en outre un effet positif sur la motivation, qui est passée à 77% (63,9% en 2021)», ajoute l’Université de Fribourg.»
Autre raison pour l’Unifr de se réjouir, les «12,6 millions de francs qui seront versés à différents projets de recherche sur les cinq prochaines années par le Fonds national suisse (FNS)», ce qui équivaut à sept bourses, un «beau succès institutionnel».
Julia Klein, étudiante en soins infirmiers, voit l’obtention de sa bourse retardée car «[l]es autorités fiscales thurgoviennes ont introduit un nouveau logiciel en 2022» et que les déclarations d’impôts ne peuvent être traitées dans les temps. Puisque la jeune femme étudie à plein temps, elle ne peut pas travailler à côté et ne peut pas se reposer non plus sur ses parents pour financer ses études.
Le service des bourses ne sait pas combien d’étudiant∙es sont touché∙es, mais assure que les bourses ne sont pas rejetées. Elles seront versées rétroactivement une fois «les documents manquants fournis.» Julia Klein n’avait pourtant pas été informée de cette option auparavant.
Le canton d’Argovie va revoir le système de bourses d’études «afin de contribuer le plus possible à la lutte contre la pénurie de personnel qualifié». Parallèlement, un postulat d’Adrian Schoop, Député libéral-radical, demande que «le montant des différentes bourses [dépende] du domaine d’études ou de l’importance de la demande sur le marché du travail». Ainsi, Monsieur Schoop pense que «[c]omme les bourses sont de l’argent des contribuables, elles doivent être investies de manière à produire un effet. Ce n’est pas le cas pour de nombreuses disciplines des sciences humaines et sociales». Selon le Député «un échelonnement des contributions pourrait inciter les étudiants à suivre des études très demandées sur le marché du travail», comme le domaine de la santé et les branches MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et techniques).