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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: politique – Genève

Genève : Une manifestation contre l’austérité organisée le 14 novembre

La manifestation est organisée en réponse directe au projet de budget 2027 présenté par le Conseil d’État genevois, qui s’inscrit dans le cadre du « rapport ECOGE » et prévoit un plan d’économie de plus de 700 millions de francs répartis sur quatre ans.

Au cœur des contestations figure également une mesure universitaire majeure, l’augmentation des taxes d’études à 700 francs dès 2027. Anaïs Paumenil, représentante du syndicat étudiant de l’Université de Genève (CUAE), dénonce fermement cette hausse qui «va précariser davantage les étudiant·es et dresser de nouveaux obstacles à la formation».

La rectrice inquiète pour les missions fondamentales de l’UNIGE

«Parmi les économies dans le projet de budget 2027 de l’État de Genève, plusieurs concernent l’Université de Genève (UNIGE). Ces coupes préoccupent sa rectrice, Audrey Leuba, «d’autant qu’elles interviennent dans un contexte déjà marqué par les réductions annoncées au niveau fédéral», communique-t-elle dans le «Journal de l’UNIGE».» (Tribune de Genève)

«Cumulées, les coupes annoncées par le Canton et la Confédération pourraient représenter une perte de ressources de 20 millions de francs. Cela correspond à un peu plus de 3 % du budget annuel de l’UNIGE. […] Le Conseil d’État prévoit par ailleurs de ne pas verser la dernière tranche de financement de la convention d’objectifs qui nous lie au Canton, d’un montant de 6,75 millions de francs, prévue pour 2027.» (UNIGE)

A cela s’ajoute la hausse des taxes d’études de 500 à 700 CHF. «Si les taxes universitaires augmentent, il est essentiel que les dispositifs d’aide et d’accompagnement évoluent dans la même mesure» demande la rectrice.

Elle indique par ailleurs qu’en 2024, l’UNIGE avait déjà lancé le plus important programme d’économies de l’histoire de l’institution, à hauteur de 20 millions de francs sur quatre ans.

Les opposant·es au nouveau méga-collisionneur du CERN lancent une initiative à Genève

«Après une phase de concertation jugée totalement insuffisante, les opposants au nouveau super collisionneur du CERN ont lancé mardi une initiative constitutionnelle cantonale pour que la population ait son mot à dire. Ils critiquent un déni démocratique et des risques environnementaux et financiers colossaux.»

Manifestation à l’UNIGE contre le projet de budget

Face au nouveau paquet d’économies de 250 millions annoncé par le gouvernement genevois, des étudiant·es et employé·es de l’Université de Genève se sont rassemblé·es devant Unimail pour dénoncer les coupes qui touchent l’éducation supérieure. La hausse des taxes d’études, l’indexation des salaires gelés ainsi que les annuités supprimées pour 2028 sont au coeur des préoccupations.

Ce rassemblement se veut le point de départ d’une nouvelle séquence de mobilisation à l’approche des débats parlementaires.

CERN : «Le piège de la «volonté de croissance»»

Dans entretien accordé au journal Le Courrier, le biophysicien et chercheur au CRNS François Graner déplore le projet du futur collisionneur du CERN, qu’il juge emblématique d’une course effrénée à la croissance. En amont de son intervention dans une conférence organisée par l’un des principaux opposants du futur collisionneur circulaire (FCC), l’ONG genevoise Noé2, il dénonce des coûts exorbitants et un impact environnemental lourd pour des bénéfices scientifiques imprévisibles.

Selon lui, ce projet est attractif pour les décideurs politques publiques souhaitant plaire aux agences de notation, «dont l’influence sur l’opinion des investisseurs privés qui font des prêts aux pays comme la France est énorme.»

Il estime qu’en proclamant le plus grand chantier d’Europe, tous les ingrédients sont rassemblés pour créer avec le FCC le symbole d’un monde qu’on ne veut pas, « tous les ingrédients sont rassemblés pour créer la plus grande ZAD d’Europe.»

François Graner avance : «la science moderne nous indique qu’avec une politique de croissance, on va droit dans le mur, que ce soit en termes d’énergie ou d’environnement. Si les scientifiques veulent être crédibles, ils doivent appliquer eux-mêmes ce qu’ils préconisent.»

Hausse des taxes d’étude annoncées par le Conseil d’Etat genevois

Le Conseil d’État genevois a dévoilé son budget 2027, chargé de centaines de mesures d’économies. Une des mesures est d’augmenter les taxes d’études de 50%, soit de CHF 500 à CHF 750 par semestre, une mesure que le Grand Conseil avait rejeté en 2025 (PL 13411-A). Pourtant sur le plan budgétaire, c’est une goutte d’eau : le trou à combler est de 500 millions, cette surtaxe n’en comblera pas l’ombre d’un pourcent. Selon le syndicat d’étudiant·es faitière CUAE, «Ça ne sert à rien, sinon désigner un coupable facile.»

Les critères d’octroi des bourses d’étude à Genève

Chaque année à Genève, environ 3’800 demandes de bourses dont déposées pour des études au niveau tertiaire, avec un taux d’octroi de 49%. Les démarches pour obtenir une aide peuvent être disparates, ainsi que l’identification des différents services ainsi que leur ordre et leur hiérarchie. Certain·es étudiant·es relèvent des difficultés  à obtenir des informations claires sur les aides auxquelles ils-elles pouvaient prétendre ou sur les démarches à effectuer.

Le Service des bourses et prêts d’études (SBPE) se base notamment sur le revenu déterminant unifié (RDU), comme celui des parents, établi à partir de la dernière taxation fiscale. Dans 7 cas sur 10, les revenus sont considérés comme suffisants.

 

«L’Université de Genève doit devenir l’université mondiale de la responsabilité»

Klaus Schwab, fondateur et ancien président exécutif du Forum économique mondial (WEF), s’inquiète du déclassement de l’Université de Genève dans le classement QS, de la 85ème position en 2015 à la 168e place lors du classement actuel. «Ce message est clair: l’Université n’a pas encore transformé ses atouts exceptionnels en rayonnement académique mondial. Ce recul ne signifie pas que Genève manque de qualité. Il signifie qu’elle doit affirmer plus fortement sa mission propre.» Dans son récent livre «Universities, Professors and Students in the Intelligent Age», il défend l’idée que les universités doivent profondément se réinventer.

Klaus Schwab estime que l’UNIGE devrait se profiler comme l’université mondiale de référence à l’intersection de la gouvernance, de la science, de la diplomatie, de la santé, de l’humanitaire, du droit, de l’éthique et des technologies responsables.

Il reconnait que «le plan stratégique 2024-2034 de l’Université de Genève va déjà dans cette direction», mais cette «ambition mondiale» devrait être plus clairement identifiable. La récente tenue de la conférence AI for Good aurait montré le potentiel. L’université devrait par exemple devenir un partenaire académique structurant de tels événements réunissant  gouvernements, organisations internationales, entreprises technologiques, chercheurs et société civile, et montrer sa présence avant, pendant et après l’événement.

Et il conseille à l’UNIGE de concentrer ses forces sur quelques domaines où elle peut devenir incontournable.

Série d’articles sur l’écosystème de l’innovation genevoise

«À l’occasion des 50 ans de l’Office de promotion des industries et des technologies (OPI), qui sponsorise cette Exploration, Heidi.news a arpenté les laboratoires genevois. Ceux de l’école d’ingénieurs Hepia ou de l’école horlogère, ceux du Wyss Center sur le Campus Biotech, de Rolex, de dsm-Firmenich ou de la myriade de PME sous-traitantes.»

 

« Genève devrait diversifier ses stratégies d’innovation »

Dominique Foray, professeur émérite à l’EPFL et membre du Conseil suisse de la science revient sur les stratégies mises en place par le plan d’innovation 2025-2028 du Canton de Genève. Il y souligne les incohérences et les faiblesses. Il déplore notamment l’accent mis en particulier sur le campus Biotech, privilégiant les sciences de la vie.

Selon lui, la stratégie d’innovation devrait refléter davantage la diversité des domaines stratégiques du canton, comme la Finance et l’essor des Fintechs ou les HES. Il souligne également l’absence étonnante dans la stratégie d’innovation du CERN.

Face à la multiplicité des secteurs importants à Genève, l’économiste, expert dans la spécialisation intelligence déclare : « La stratégie genevoise est un peu générale, elle flotte au-dessus des enjeux et ne capture pas ce qui fait la spécificité de chaque secteur. »

 

CERN : «La concertation sur le futur collisionneur s’ouvre, le débat fait déjà des étincelles»

«Le CERN a ouvert lundi la concertation publique autour de son Futur collisionneur circulaire (FCC), vaste tunnel de 91 km de circonférence qui se déploierait autour de Genève à travers les départements de l’Ain et de Haute-Savoie. Lors d’une «soirée de lancement» organisée dans un auditoire d’Uni-Mail et suivie d’un apéritif, plusieurs dirigeants du laboratoire européen se sont relayés pour présenter tant le processus participatif que le projet d’accélérateur géant de particules.» (Le Temps)

«Venus en nombre, les opposants, parmi lesquels figure en bonne place l’association Noé21, ont fustigé non seulement le bien-fondé du projet, mais le processus même de concertation publique, jugé non démocratique.» (La Tribune de Genève)

«Fonction public: y’a le feu au lac»

Le Courrier met en parallèle les budgets du canton de Vaud et de Genève, qui «provoquent les mêmes colères». «Mêmes recettes d’austérité pour un même résultat. […] Les coupes budgétaires envisagées provoquent une forte mobilisation du personnel de l’Etat.»

A propos du canton de Vaud, l’absence de négociation entre le Conseil d’État et les syndicats, la controverse autour de la «contribution de crise» de 0,7% sur les salaires publics et les désaccords au Grand Conseil bloquent l’avancement du budget, dont l’adoption la semaine prochaine reste incertaine. Une mobilisation d’ampleur inédite touche toujours la fonction publique. «A l’Université de Lausanne, c’est historique: environ 270 salarié·es grévistes et plus de 1200 étudiant·es en soutien», détaille un doctorant dans Le Courrier. Une solidarité s’organise avec les Hautes Ecoles sociales (HETSL), de la santé (HESAV) et pédagogique (HEP), et «des solutions sont trouvées pour concilier mobilisation et validation des cours», telles que des «garderies solidaires». Une nouvelle journée de grève, accompagnée d’actions et d’une manifestation, est prévue pour lundi prochain, suivie d’un rassemblement «festif» mardi devant le Grand Conseil. L’assemblée a également fixé une prochaine réunion au 6 janvier et envisage une journée de grève, d’actions et de manifestation le 12 janvier.

Le patron des HUG veut une « collaboration radicale » avec le CHUV

«Robert Mardini, directeur général des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), a présenté jeudi la stratégie institutionnelle 2026-2030 de l’établissement. Il mise sur une « collaboration radicale » avec le CHUV, qui devrait passer par une répartition encore plus approfondie des spécialités entre les deux hôpitaux. […] Parmi les spécialités en discussion: la chirurgie cardiaque pédiatrique, la diabétologie ou encore l’endocrinologie.

Des faibles bourses d’études dans le canton de Neuchâtel

Dans le canton de Neuchâtel, les bourses d’études à la fois cantonales et de l’Université sont relativement basses, en comparaison avec d’autres cantons romands. A titre indicatif, «le budget de l’Université de Neuchâtel pour les bourses universitaires ne représente donc que 3 à 4% de celui de l’Université de Genève», entre 250’000 et 300’000 francs pour Neuchâtel contre près de 8 millions pour Genève. Les bourses cantonales sont «jugées difficiles à obtenir, peu mises en avant et dont les montants restent relativement bas», selon la Fédération des étudiants neuchâtelois (FEN).

Des disparités subsistent également dans la temporalité et l’administratif. A Neuchâtel, de nombreux·euses étudiant·es «doivent d’abord réussir à avancer de gros frais avant de recevoir le moindre soutien», le bureau social n’accordant pas de soutien financier durant le premier semestre, tandis qu’à l’Université de Genève, «toutes les demandes de bourses avaient été bouclées avant fin novembre» l’an dernier. A Genève, des permanences sont également mises en place afin d’accompagner les étudiant·es dans l’élaboration de leur demande.

La Fédération des étudiants neuchâtelois (FEN) a finalement elle-même mis en place un fonds d’urgence, financé grâce à des dons privés et d’associations, accessible dès le premier semestre. Il intervient lorsque des étudiant·es se trouvant en difficulté se voient refuser les aides de l’Université, et couvre majoritairement le paiement des taxes d’études.

«Selon l’organisation faîtière des hautes écoles suisses, swissuniversities, les mécanismes et les modalités d’aide financière sont propres à chaque institution.» Le Conseil d’État du canton de Neuchâtel a annoncé des améliorations des bourses cantonales dès la rentrée 2025, avec des montants plus hauts et une prise en charge élargie des dépenses.

Actualités sur la rentrée des HES genevoises

A propos de la rentrée de lundi prochain dans les HES genevoises (HEPIA, HEG, HEAD, HEM, HEdS et HETS), quelques actualités:

  • La fréquentation de la HES-SO Genève est en hausse de 4% sur un an. Daniela Di Mare Appéré, directrice générale de la HES-SO Genève, souligne que les Bachelors HES «répondent aux besoins concrets des milieux professionnels».
  • La Haute école d’art et de design (HEAD) a créé un nouveau Bachelor intégralement dédié au cinéma. Le projet est mené en collaboration avec l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL) et les milieux professionnels. Il vise à répondre aux besoins du secteur.
  • Dès octobre, la Haute école de gestion (HEG) comprendra un nouvel espace sur son campus Battelle: le Nexus. Il a été conçu comme «un lieu d’innovation pédagogique» élaboré selon les principes de l’économie circulaire.
«Faire face à Zurich, une feuille de route romande»
Xavier Comptesse, Mathématicien et président du groupe de réflexion «Manufacture Thinking»  et Philippe Labouchère, alumnus de Swissnex Boston, proposent trois idées afin de permettre à la Suisse romande de combler son retard sur la place zurichoise qui est en plein essor.
  • À court terme, la région romande doit valoriser ses atouts économiques, notamment son écosystème de négoce de matières premières centré à Genève, le plus puissant au monde. Pour en tirer pleinement parti, il est essentiel d’organiser la formation, l’innovation et le soutien public, à l’image des stratégies adoptées à Bâle pour la pharma ou à Zurich pour l’IA. «Par exemple, les hautes écoles romandes doivent former la génération des futurs traders, la recherche doit devenir la meilleure du domaine, les sous-traitants de ces géants doivent innover pour améliorer leurs offres – notamment en IA».
  • À moyen terme, il est crucial de développer une stratégie d’intégration pratique de l’intelligence artificielle dans les entreprises, en misant sur sa capacité à transformer en profondeur les organisations et à générer rapidement des gains de productivité. «Pas de course aux nouveaux produits comme de nouveaux LLL mais avant tout une mutation profonde».
  • À long terme, la robotique représente le prochain grand levier de croissance économique, un domaine dans lequel la Suisse a un avantage compétitif grâce à son savoir-faire en précision. Pour bâtir un véritable écosystème, il est essentiel de renforcer la recherche académique et d’attirer un géant international du secteur.
«Zurich – Suisse romande, le grand décrochage»

Selon les auteurs de l’article, Xavier Comtesse et Philippe Labouchère, alors que l’Arc lémanique brillait au tout début des années 2000, il serait «passé à côté de son histoire» deux décennies plus tard au profit de la métropole zurichoise. «Zurich a pris le dessus dans quatre directions significatives: transport, école polytechnique, start-up et IA», écrivent les auteurs.

Voici quelques-unes des erreurs commises par l’Arc lémanique ces 20 dernières années selon les auteurs:

  • perte de leaders charismatiques comme Patrick Aebischer
  • manque d’investissement en mobilité, en particulier avec les CFF
  • manque de visions du futur en «passant à côté de l’IA»
  • «trop de structures inutiles», en particulier pour encadrer les start-up
  • «microgestion locale et cloisonnée d’un canton à l’autre» au lieu de regrouper ses forces intercantonales, comme par exemple pour les université, HES, hôpitaux…