Dans une tribune publiée par la NZZ, le docteur Thomas Sartoretti livre une analyse critique des mesures actuelles visant à contrer la pénurie de médecins généralistes. Si le constat d’un manque de praticiens de premier recours est bien réel et tend à à s’aggraver, l’auteur nuance l’idée d’une pénurie globale en Suisse.
Selon lui, le pays souffre avant tout d’un problème de répartition géographique et disciplinaire. Les centres urbains font face à une offre excédentaire de spécialistes tandis que les zones rurales et la médecine générale sont délaissées. Sartorreti invite à relativiser les prévisions alarmistes basées sur une pénurie linéaire. Il souligne que l’impact de l’immigration des médecins étrangers pourrait rester stable et que les gains d’efficacité, portés par les évolutions technologiques et structurelles, augmentent la productivité globale du système de santé.
Dans ce contexte, une augmentation massive du nombre de diplômés sans vision d’ensemble pourrait s’avérer contre-productive. Il conclut en plaidant pour une gestion stratégique de la politique de santé : «il est indispensable de déterminer le nombre et le type de médecins dont le système à réellement besoin et qu’il peut financer».