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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: formation – médecins

Les doctorant·es chinois en médecine clinique peuvent désormais obtenir leur diplôme sans thèse — d’autres diplômes suivront

«En Chine, les étudiant·es en master et en doctorat de certaines filières de médecine clinique peuvent désormais obtenir leur diplôme en présentant un «travail pratique» à la place d’une thèse. Il s’agit du deuxième domaine à ouvrir une telle voie. Depuis 2024, les étudiant·es en master et en doctorat d’ingénierie peuvent obtenir leur diplôme dans des universités de toute la Chine après avoir mis au point un nouveau produit, une nouvelle technique, un nouveau projet ou une nouvelle installation.»

«Roger Nordmann fera-t-il preuve de «bonne volonté» avec les cliniques?»

«Le secteur privé, qui a lancé plusieurs recours contre la politique sanitaire du Canton, espère que le nouveau ministre sera «moins idéologique» que Rebecca Ruiz.» Un des points critiqués est que 400 millions des 500 millions  pour les Prestations d’intérêt général (PIG) sont versés au CHUV.

Ils sont censées financer des activités de recherche et de formation, mais ils n’ont pas toujours d’affectation précise, «ce qui fait dire aux cliniques privées qu’il s’agit d’une perfusion permettant de maintenir le CHUV à flot.»

Roger Nordmann, chef du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS), explique: «En principe, les cliniques privées ne touchent pas de PIG, car celles-ci financent des missions de santé publique, qui ne sont pas ou qui sont insuffisamment couvertes par la LAMal, ou encore le maintien de capacités hospitalières dans les régions périphériques. […] Pour ce qui est de la formation médicale post-graduée, elle exige notamment du temps dédié, des médecins salariés présents en permanence pour encadrer les médecins assistants et un volume suffisant de cas, simples comme complexes, ce qui explique que peu de cliniques aient en leur sein des spécialités reconnues ISFM (ndlr: Institut suisse pour la formation).»

 

«La Suisse manque de médecins, mais recale des centaines d’étudiants»

Face à la dépendance de la Suisse aux médecins étrangers et à la forte sélectivité des cursus médicaux, améliorer la situation semble complexe mais nécessaire. La recherche de solutions bute notamment sur des questions financières. En 2016, la Confédération avait ainsi alloué 100 millions de francs à un « programme spécial en médecine humaine » afin d’augmenter le nombre de diplômés annuels, passant de 880 en 2016 à 750 places d’études supplémentaires chaque année.

Au-delà du manque de moyens financiers, des critiques sur les cursus sont également formulées par les étudiant·es. « Au-delà du nombre de places très restreint, je trouve que l’examen actuel favorise les profils très académiques, plutôt portés sur les spécialités, et ne valorise pas assez les qualités humaines ou le savoir être, qui sont au cœur du métier de généraliste.» déclare une étudiante en médecine.

De son côté, Patrick Bodenmann, vice-doyen de la faculté de médecine de Lausanne, insiste sur la nécessité d’une volonté politique claire, matérialisée par un engagement financier. Il nuance toutefois les demandes d’immersion clinique plus précoce en rappelant le manque de disponibilité des praticien·nes et l’obligation pour les étudiant·es d’acquérir un bagage théorique suffisant pour que les stages soient pertinents.

Recalés en Suisse, des étudiant·es décrochent leur titre à l’étranger

Face au manque de places en médecine en Suisse, de nombreux étudiants recalés au numerus clausus ou au concours de première année partent étudier à l’étranger, avant de revenir exercer en Suisse.

Chaque année, environ 100 étudiants suisses font reconnaître un diplôme de médecine obtenu à l’étranger. Les destinations les plus fréquentes sont la Hongrie, la Slovaquie, la Bulgarie, l’Allemagne, l’Autriche, la France ou encore la Roumanie, les diplômes obtenus dans l’Union européenne étant reconnus en Suisse.

 

« L’universitarisation [de la profession infirmière] n’est […] pas un luxe, mais une mesure économique préventive»
La profession d’infirmière en Suisse est confrontée à une pénurie croissante de personnel, à une charge de travail élevée et à des besoins de soins de plus en plus complexes liés au vieillissement de la population. Dans ce contexte, l’«académisation» des soins infirmiers est parfois critiquée comme étant trop théorique. Pour André Fringer, responsable à la HES «ZHAW» de Winterthour, cette critique est infondée : la formation académique est au contraire essentielle pour garantir la qualité et la durabilité du système de santé.
Il défend particulièrement le rôle des Advanced Practice Nurses (APN), infirmiers hautement qualifiés titulaires d’un master. Ces spécialistes assurent la coordination des soins, la prévention, la gestion des symptômes et l’accompagnement des patients complexes. Selon lui, ils représentent une réponse efficace à la pénurie de médecins généralistes et aux défis liés aux maladies chroniques. À terme, il estime que 30 à 40 % du personnel infirmier devrait disposer d’un diplôme de master.
Les futurs médecins généralistes devraient-ils et elles suivre des études moins longues?
Face à la pénurie croissante de médecins de premier recours en Suisse, des responsables politiques et des médecins proposent de créer une formation universitaire spécifique pour les futurs médecins de famille, plus courte et mieux adaptée aux besoins de la médecine de base.

Aujourd’hui, les futurs médecins de famille suivent le même parcours que tous les autres médecins avant de se spécialiser en médecine interne générale ou en pédiatrie.

Le projet propose au contraire un cursus distinct dès le début des études, entièrement centré sur les besoins de la médecine de premier recours, permettant d’obtenir le diplôme environ deux ans plus tôt et sans diminution du niveau de qualité de la formation.

Les promoteurs du projet insistent sur le fait qu’il ne s’agirait pas de former des « médecins au rabais », mais des spécialistes de la médecine de premier recours.

La proposition est portée notamment par les députés zurichois du PLR Linda Camenisch et Reto Agosti. Elle nécessiterait une modification de la loi fédérale sur les professions médicales afin de reconnaître la médecine de premier recours comme une profession médicale universitaire à part entière.

Les politicien·nes mentionné·es du projet souhaitent par ailleurs éviter que la médecine de premier recours soit progressivement remplacée par des professionnels de santé non médecins, comme les nurse practitioners ou les physician assistants, qui assument déjà certaines tâches dans plusieurs cabinets.

Les universités restent toutefois prudentes. L’EPFZ s’est intéressée à l’idée avant de prendre ses distances. L’Université de Zurich juge qu’un tel cursus pourrait être peu attractif pour les étudiant·es et doute qu’il permette de former suffisamment de médecins pour combler la pénurie.

Les critiques craignent également  une baisse du prestige de la profession, une diminution des salaires ou encore une formation trop spécialisée.

Les promoteurs rejettent ces arguments et estiment qu’une formation plus ciblée améliorerait au contraire la qualité de la médecine de proximité.

 

« Il faut mieux investir dans la santé » selon le directeur des HUG

Dans un entretien pour le journal Le Temps, le directeur général des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), Robert Mardini, revient sur les enjeux et défis économiques de l’institution. Il aborde également les impératifs de formation et d’encadrement des futurs médecins.

Bien que le nombre de diplômé·es en médecine en Suisse a augmenté, passant de 882 en 2016 à 1381 en 2024, la capacité des hôpitaux à offrir une formation postgraduée de qualité est arrivée à saturation, selon lui. En tant que premier centre de formation en Suisse romande, les HUG constituent le principal goulet d’étranglement. Le manque de personnel encadrant et de structures adaptées empêche d’absorber efficacement ce flux de jeunes diplômé·es. Pour éviter la rupture, la direction a dû échelonner l’embauche de 435 médecins et soignant·es sur quatre ans, une planification qui suffira à peine à combler la pénurie.

Alors que la Suisse anticipe 40 000 postes médicaux vacants d’ici 2030, Robert Mardini avertit qu’augmenter le nombre d’étudiant·es est inutile sans une stratégie de rétention. L’accent doit dès lors être mis sur la création de vrais plans de carrière médicaux et une réorganisation profonde des plannings hospitaliers.

 

Les médecins continuent d’être formés dans les hôpitaux saint-gallois sans le HSG

Le «Joint Medical Master», le master de médecine de Saint-Gall, a vu le jour en 2020. Mais cette structure complexe, fruit d’une collaboration entre l’Université de Zurich (UZH), l’hôpital cantonal de Saint-Gall et l’université de Saint-Gall (HSG), n’a fait ses preuves que partiellement.  Dans le cadre du projet «Med500+», les études de médecine doivent faire l’objet d’une réforme en profondeur et le nombre de places doit passer de 430 à 700 pour 2030.  Et cette structure s’appellerait alors «Campus médical de l’UZH en Suisse orientale», alliant enseignement, formation clinique et recherche sur le site de Saint-Gall. L’Université de Saint-Gall n’en fait plus partie.

 

 

Que faire face au probable manque de médecins généralistes?

« Faut-il augmenter le nombre d’étudiants en médecine? Idéalement, oui.», affirme Jacques Cornuz, médecin et professeur honoraire de l’Université de Lausanne. «Mais cette option n’est guère envisageable, car les capacités universitaires suisses, en particulier pour les places de stages cliniques, vont rester similaires ces prochaines années pour des raisons budgétaires. Mais il existe d’autres pistes. […]»

Roger Nordmann: l’entrée des patients dans le parcours de soins, « mon plus gros souci » à l’heure actuelle

«Nous n’avons pas assez de ressources pour le premier contact [d’un·e patient·e] avec un soignant – infirmière, ambulancier, employé d’EMS…», relève le conseiller d’Etat vaudois en charge de la Santé Roger Nordmann. «La première ligne de soins peut résoudre 90% des problèmes. Mais il y a un défaut de coordination.»

Un autre aspect de cette problématique serait la difficulté à trouver un médecin généraliste ou un pédiatre dans le canton. «Le conseiller d’État estime qu’il faut rendre ces professions plus attractives, en rendant la formation moins tortueuse et en accroissant les places de stage en cabinet.» (RTS)

swissuniversities publie un rapport sur les études de médecine

«À la suite de l’adoption de plusieurs interventions parlementaires visant à garantir les soins médicaux en Suisse, swissuniversities publie un rapport sur les études de médecine. Les directions des universités y recommandent la mise en place d’un nouveau programme spécial afin d’accroître davantage les capacités de formation. Elles préconisent également une harmonisation et une évolution des procédures d’admission.»

Goulot d’étranglement manque de places de formation continue en médecine

D’une part, il y a un manque considérable de médecins, d’autre part, les étudiantes en médecine et les jeunes médecins sont de plus en plus confrontés à des difficultés et à des retards lors de leur entrée dans la vie professionnelle ou pendant les phases de transition, surtout en Suisse alémanique et dans les filières très prisées.

Cela s’explique peut-être par le fait que, sous la pression financière, les hôpitaux suppriment des postes de formation post-graduée ou ferment des services et des sites. Il n’existe pas de vue d’ensemble à ce sujet, mais le canton de Saint-Gall montre que le nombre de postes de débutants a baissé d’un tiers, tandis que celui des postes d’assistants à partir de la troisième année d’expérience a doublé (2017-2024).

Globalement, le nombre postes de formation continue aurait augmenté, selon la Confédération.

Plaidoyer pour la création de places d’études en médecine et contre l’initiative de la suisse à 10 millions

La présidente de la FMH  Yvonne Gill met en garde contre un effondrement du système si la Suisse des 10 millions devient une réalité: «Nous manquons de places en master. Sans l’aide financière de la Confédération, nous n’obtiendrons pas ces places. Or, la compétence en matière d’éducation relève des cantons ; ceux-ci doivent être prêts à investir dans ce cursus coûteux. Et les universités doivent adapter leurs programmes pour proposer ces places. Il y a un manque de coordination entre la Confédération et les cantons. Nous y travaillons.»

La pandémie aurait montré à quel point nous sommes vulnérables. «Nous avons toutefois absolument besoin de ces places d’apprentissage, quel que soit le résultat de ce vote. Si le climat politique en Europe continue de s’orienter vers un repli national plutôt que vers la coopération internationale, la situation deviendra extrêmement dangereuse pour nous. La pandémie a montré à quel point nous sommes vulnérables. Si les frontières se ferment lors de la prochaine crise, nous serons confrontés à un problème existentiel.»

 

«De mauvais remèdes contre la pénurie de médecins généralistes»

Dans une tribune publiée par la NZZ, le docteur Thomas Sartoretti livre une analyse critique des mesures actuelles visant à contrer la pénurie de médecins généralistes. Si le constat d’un manque de praticiens de premier recours est bien réel et tend à à s’aggraver, l’auteur nuance l’idée d’une pénurie globale en Suisse.

Selon lui, le pays souffre avant tout d’un problème de répartition géographique et disciplinaire. Les centres urbains font face à une offre excédentaire de spécialistes tandis que les zones rurales et la médecine générale sont délaissées. Sartorreti invite à relativiser les prévisions alarmistes basées sur une pénurie linéaire. Il souligne que l’impact de l’immigration des médecins étrangers pourrait rester stable et que les gains d’efficacité, portés par les évolutions technologiques et structurelles, augmentent la productivité globale du système de santé.

Dans ce contexte, une augmentation massive du nombre de diplômés sans vision d’ensemble pourrait s’avérer contre-productive. Il conclut en plaidant pour une gestion stratégique de la politique de santé : «il est indispensable de déterminer le nombre et le type de médecins dont le système à réellement besoin et qu’il peut financer».

«La Suisse est «loin de pouvoir assurer» le renouvellement de son personnel médical, prévient la FMH»

«Plus de quatre médecins sur dix en exercice en Suisse ont obtenu leurs diplômes à l’étranger, selon la dernière statistique médicale de la Fédération suisse des médecins (FMH). Par ailleurs, plus d’un quart d’entre elles et eux ont plus de 60 ans, suscitant des craintes sur le renouvellement d’une profession qui peine déjà à absorber la demande.» (RTS)

 

Le savoir académique face aux réalités de terrain dans le domaine de la médecine

Dans une tribune pour la NZZ, le professeur Mathias Goyen et directeur médical de l’entreprise GE HealthCare, souligne le décalage entre l’excellence théorique et la pratique clinique dans le domaine de la médecine. Si l’accumulation de savoir académique reste le socle de la formation, l’auteur déplore l’absence d’apprentissage précoce de la gestion des risques et des responsabilités.

Ce décalage ne fragiliserait pas seulement la préparation aux exigences de terrain mais pourrait également constituer un frein majeur à l’implantation de progrès technologiques.