«Alors que des voix se sont fait entendre au sein de l’alma mater pour reporter l’adoption d’une directive sur la laïcité, le Rectorat fait valoir qu’il est temps de clarifier une situation devenue inconfortable pour bon nombre de membres du personnel et d’étudiant-es.»
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Sujet: religion à l’université
La Faculté de théologie de l’Université de Lucerne et la Formation supérieure des cadres de l’armée (FSCA) lancent conjointement le Certificate of Advanced Studies (CAS) en accompagnement spirituel, avec spécialisation en aumônerie militaire. Ce programme de formation continue constitue une composante du stage de formation technique de l’aumônerie de l’armée.
Le comité d’Egerkingen, une association proche de l’UDC, a déposé une pétition de 12’000 signatures pour l’interdiction du voile à l’école. «Elle demande d’interdire les foulards liés à l’islam dans les écoles publiques suisses, des enseignants aux élèves, de l’école enfantine à l’université. Les couvre-chefs d’autres religions, comme la kippa juive, ne seraient en revanche pas concernés.» (RTS) Le texte mentionne également d’autres pratiques religieuses: «pas de déplacement d’examens lors du jeûne du ramadan, ni de congés pour fêtes musulmanes». Le Conseil fédéral devra prendre acte de la pétition. Le comité d’Egerkingen était à l’origine de l’interdiction des minarets et de celle de la burqa, des initiatives qui sont passées avec succès lors des votations. A noter que deux motions UDC seront déposées lors de la session d’hiver du Parlement: «l’une vise à interdire le port du voile à l’école pour les filles de moins de 16 ans, l’autre serait valable pour les employés de l’administration publique» (20 minutes). Le Comité d’Egerkingen annonce que si ces motions échouaient, il pourrait lancer une initiative populaire fédérale.
«Autrefois fleuron de la recherche française, l’islamologie a connu un décrochage à partir des années 1980. Les attaques de 2015 ont obligé les pouvoirs publics à se remobiliser dans ce domaine de la connaissance. Si la discipline a depuis retrouvé des couleurs, la rémission reste précaire pour ce sujet académique, mais aussi très politique.»
«En plus d’être somatique et psychologique, la médecine devrait-elle être spirituelle? C’est ce que défend le professeur Jacques Besson, psychiatre et ancien chef du Service de psychiatrie communautaire du CHUV. Jeudi 30 octobre, dans le cadre du Toussaint’S Festival, à Lausanne, le médecin donnait une conférence intitulée «Exploration de la conscience: pour une médecine postmatérialiste».»
«L’institut évangélique retire sa demande d’accréditation après une évaluation défavorable. […] Selon l’école, les faiblesses relevées concernent les processus et non l’orientation théologique. La mise en œuvre des recommandations serait trop coûteuse.»
La démarche de l’école, de tendance évangélique, avait suscité la controverse «au sein de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud et de l’Université de Lausanne.»
L’Université de Lucerne doit économiser 2 millions de francs. L’institut de pédagogie religieuse (RPI) sera particulièrement touché, avec une coupe d’environ un demi-million dans la faculté de théologie. Des Une pétition a été signée par 1’600 personnes pour s’opposer à cette mesure.
L’institut «allie profondeur théologique et formation orientée vers la pratique». Mais «à l’avenir, les étudiants en pédagogie religieuse devront suivre exclusivement les cours de la faculté de théologie, une mesure qui n’est pas judicieuse sur le plan pédagogique», écrit le journaliste du hebdomadaire catholique Sonntag, Stephan Leimgruber. Ce dernier observe plus largement une tendance générale de «découplage entre formation et domaine professionnel», mettant sous pression les filières de formation axées sur la pratique.
Les partis du centre, du PS et des Verts s’interrogent aussi sur la mesure, notamment comment est-ce qu’elle a été mise en place, pourquoi les mesures d’économies ne concernent que trois des six facultés ou encore qu’est-ce qu’il adviendra de la réputation de l’Université si «des départements prestigieux et internationalement reconnus tels que les sciences religieuses disparaissent sans être remplacés».
Selon le tabloïd allemand Bild, «De plus en plus d’universités allemandes sont confrontées à des groupes d’étudiants islamistes douteux qui utilisent les locaux et les ressources de l’université pour louer Allah selon les règles de la charia et invitent parfois des salafistes à donner des conférences – avec une stricte séparation des sexes.»
Ce samedi à Berne aura lieu le premier tournoi de foot réunissant les MSA, les Muslim Students Associations. L’auteur de l’article, Antoine Menusier, les décrit comme «conservatrices», «identitaire» et «banalisant» le port du voile. «En Suisse, sept universités (Zurich, Bâle, Berne, Saint-Gall, Lucerne, Lausanne et Fribourg) comptent une association étudiante portant la mention MSA. »
La Suisso-Tunisienne Saïda Keller-Messahli, auteure du livre-enquête La Suisse, plaque tournante de l’islamisme: un coup d’œil dans les coulisses des mosquées, estime qu‘«en investissant les universités, là où se joue la bataille culturelle, cet islam entend s’imposer comme le seul interlocuteur possible auprès des autorités et comme la seule pratique prétendument conforme à l’islam auprès des jeunes.»
Le Centre suisse islam et société (CSIS) de l’Université de Fribourg célébrera ses dix ans lors d’une manifestation ouverte au public le 6 mai. Ayant connu «une naissance mouvementée» (l’UDC avait été jusqu’au tribunal fédéral afin de «défendre son initiative demandant la fermeture du centre»), le centre a aujourd’hui une importance reconnue par «la plupart de [ses] interlocuteurs». Dans le cadre de cet anniversaire, ses directeurs, Amir Dziri et Hansjörg Schmid, sont interviewés par La Liberté.
«Le Centre suisse islam et société (CSIS) mène une activité variée mêlant recherche, enseignement interdisciplinaire, formation continue à vocation professionnelle et projets de transfert participatifs.» «Le CSIS est une structure de transmission du savoir entre l’université, la société et les communautés musulmanes», explique Hansjörg Schmid, l’un de ses directeurs.
«Spécialiste de l’islam politique, la Suisso-Tunisienne Saïda Keller-Messahli revient sur le «concours de Coran» que souhaitait organiser une association étudiante musulmane de l’Université de Genève et que la direction universitaire a finalement interdit.»
Le concours consistait à apprendre des passages du Coran par coeur. Saïda Keller Messahli qualifie une des sourates (passage de coran) choisies par les organisateurs du concours, l’AMEUG, de problématique, car elle «s’attaque aux chrétiens, aux juifs et aux polythéistes.»
«Il ne faut pas qu’ils [ces sourates] soient transmis dans le cadre d’un enseignement ou d’un concours comme souhaitait l’organiser l’association AMEUG de l’Université de Genève. C’est aux musulmans de mener un débat sur les versets violents du Coran, or malheureusement cette liberté de penser n’existe presque nulle part dans les pays où l’islam est religion d’Etat».
Elle avance: «ce que je trouve sournois dans certaines associations musulmanes et que les Frères musulmans savent très bien utiliser, c’est qu’elles s’emploient à ne pas apparaître comme des groupes religieux aux yeux de l’extérieur. Or ces associations sont religieuses.»
La HET-PRO (Haute Ecole de théologie protestante, à Saint-Légier (VD)) vient de «voir sa reconnaissance européenne confirmée». Elle a obtenu un renouvellement pour cinq ans de son accréditation par l’European Council for Theological Education (ECTE). Il y a quelques mois, l’école avait été accusée de «lieu de radicalisation» par un professeur honoraire de l’UNIL.
La Haute Ecole de théologie espère obtenir cette année son statut de haute école spécialisée, au niveau suisse. «Nous souhaitons avant tout que nos étudiants soient jugés sur la qualité de leur formation et de leur travail, et non sur des considérations administratives», explique David Richir-Haldemann, professeur à la HET-PRO.
Irène Becci, «[l]a doyenne de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne réagit aux propos de l’ancien président des Eglises réformées romandes. Ce dernier reproche aux facultés de théologie de Genève et Lausanne de chercher à maintenir un monopole sur la formation des pasteurs.[…] Irène Becci affirme que la faculté forme des théologiens, qui peuvent s’engager dans diverses professions.»
Fin janvier dernier, la paroisse adventiste anglophone de Genève a organisé un « week-end de réveil » sur le campus. L’alma mater refusera désormais d’accueillir cette église.
«Président des Eglises réformées romandes jusqu’en décembre dernier, Jean-Baptiste Lipp regrette les tensions entre les facultés de théologie protestante et la HET-PRO. Une situation qui ne joue pas en faveur des Eglises, selon lui.»
L’Université de Berne supprime l’enseignement de la langue et de la culture tibétaines et mongoles à cause du faible nombre d’étudiant·es pour la spécialisation «dans le cadre d’un professorat arrivant à échéance». L’Université de Berne souhaite réorganiser la Faculté d’histoire et de philosophie, en particulier son département des sciences des religions, auquel se rattachait la tibétologie, vers une recherche «empirique» des sciences des religions ayant «un lien avec le présent et une pertinence pour la société». Cela répondrait à la fois à des considérations scientifiques et à «un grand intérêt» chez les étudiant·es.
«On n’a pas renouvelé mon contrat», confirme Yannick Laurent, l’actuel chargé des cours (Sprachlektor) de tibétologie. Le nombre d’étudiants, selon lui, est stable, «entre cinq et dix» par année pour huit à dix heures de cours par semaine, ce qu’il juge comparable à ce qui se pratique dans d’autres universités européennes.
Selon l’article du Temps, la disparition de la tibétologie en Suisse s’inscrit dans le contexte particulier, celui d’une offensive des autorités chinoises pour supprimer la notion de Tibet qui, depuis 2023, est interdit en Chine suite à la promulgation d’une nouvelle loi. Pékin fait également pression à l’étranger pour imposer la toponymie chinoise Xizang.
Avec l’introduction d’un nouveau certificat complémentaire, la Faculté de théologie offre aux étudiant-es ou aux personnes détentrices d’un baccalauréat dans d’autres disciplines la possibilité d’acquérir les connaissances fondamentales nécessaires en théologie pour aborder la maîtrise.
Alors que la HET-PRO (Haute Ecole de théologie protestante, à Saint-Légier (VD)) est actuellement en processus d’accréditation en tant que HES, le professeur honoraire de l’Université de Lausanne, Pierre Gisel, interpelle les autorités des Eglises réformées. Il accuse l’école, dans la revue scientifique ThéoRèmes, d’être notamment un «lieu de radicalisation» aux tendances «sectaires». Jean Decorvet, pasteur consacré dans l’Eglise réformée vaudoise (EERV) et recteur de la HET-PRO depuis sa création, affirme pourtant que «si une dimension spirituelle est bien présente dans le cursus, elle ne néglige pas la dimension intellectuelle.» Contactée, la sociologue et anthropologue Irene Becci, doyenne de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne (FTSR) est toutefois réservée sur l’approche «professante et professionnalisante» de l’école, qu’elle estime «incompatible avec une méthodologie académique».
Actuellement, les facultés de théologie classiques sont «en mal» d’étudiant·es, alors que la HET-PRO compte une cinquantaine d’inscrit·es tous cursus confonds. Suivant le processus d’accréditation, des experts visiteront la HET-PRO dans un mois. «La décision finale devrait ensuite être prise à la fin de l’année 2025», annonce Jean Decorvet.
A l’Université de Genève, un étudiant de l’Université islamique de Médine invité par une association étudiante musulmane a fait une présentation d’une sourate du Coran. Le journaliste Antoine Menusier s’interroge si cet événement se situe encore dans le cadre laïque prévu par la loi genevoise.
Le service de la presse de l’UNIGE répond que l’événement a été organisé sur l’initiative de l’Association musulmane des étudiants de Genève (AMEUG), une association reconnue par l’université et qu’il ne reflète pas la position officielle de l’Université. «Parmi les associations reconnues par l’Unige, on trouve par exemple le Groupe biblique des étudiants de l’Unige ou l’Association de la culture judaïque des étudiant.e.x.s de l’Université de Genève, dont les événements peuvent [se situer dans un périmètre d’activité semblable à celui de l’AMEUG], un périmètre d’activité qui ne peut cependant en aucun cas être d’ordre cultuel.»
Jacques Besson Psychiatre et psychothérapeute FMH et prof. honoraire UNIL, écrit: «Il est grand temps que notre pays se saisisse de la question de la santé spirituelle. Avec des pratiques qui négligent cette dimension, la médecine actuelle, dominée par une approche matérialiste, ne suffit pas pour une prise en charge approfondie. […] Non seulement pour favoriser une compréhension plus globale […] [des] souffrances, mais aussi parce que, selon toute vraisemblance, les moyens financiers, médicamenteux et personnels seront revus à la baisse.»