«Le CHUV est la seule institution publique du monde autorisée à fabriquer des fioles de ces virus «tueurs» de bactéries selon les règles appliquées aux médicaments. Actuellement délivrés en dernier recours à des patients souffrant d’infections chroniques, ils pourraient faire l’objet d’un essai clinique»
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Sujet: médecine – recherche
La Chine a développé un programme doctoral basés sur des réalisations pratiques plutôt que sur une thèse ou d’autres publications académiques. Il est conçu pour former davantage d’ingénieurs d’élite capables de contribuer à stimuler l’innovation dans le pays.
Les étudiant·es doivent créer des prototypes fonctionnels et prouver que leurs inventions peuvent être utilisées à grande échelle. Ce nouveau type de doctorat est supervisé par un·e académique et un·e expert·e industriel. Et lors des examens oraux, un jury composé à la fois d’universitaires et d’ingénieurs en activité évalue les doctorant·es. Pour Li Jiang, spécialiste en sciences de l’information à l’université de Nanjing, ce nouveau modèle d’évaluation répond à un problème qui mine depuis longtemps la formation des ingénieurs : «Il existe un fossé important entre les connaissances théoriques qu’ils acquièrent dans les livres et les compétences pratiques que notre société attend d’eux.»
Guo Tong, ingénieur civil à l’université Southeast, voit une possibilité d’intégrer ces évaluations dans des disciplines pratiques qui combinent l’ingénierie et la recherche médicale, telles que la conception de dispositifs médicaux avancés et le diagnostic intelligent.
Le Professeur spécialiste en immunothérapie George Coukos quitte le CHUV et l’UNIL pour la faculté de médecine de l’Université Weill Cornell à New York. Il a travaillé pendant plus de 10 ans sur des thérapies innovantes contre le cancer en favorisant la recherche translationnelle à Lausanne. Le Forum évoque le contexte de son départ.
Un Pôle IA a ouvert ses portes début décembre 2025 au Campus Biotech à Genève.
Des «Thérapies numériques» ainsi que «Psychiatrie de précision» sont testées et élaborées au Campus Biotech. Des scientifiques, en collaboration avec des start-up médicales développent dans ce véritable «village multifonctionnel où s’entremêlent les soins, la recherche et l’innovation» des outils complémentaires à la disposition des équipes professionnelles.
Encore à ses débuts, le Pôle IA propose « des consultations avec des suivis et mises en contact entre les acteur·ices présent·es sur le site ainsi qu’une porte d’entrée pour les recherches » comme le dit la coordinatrice des activités des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Ces consultations étant destinées à des personnes patientes ayant des troubles persistants cognitifs ou motivationnels.
Les coûts de 2.7 millions de francs sont partagés entre le Département de la santé et des mobilités, les HUG et le Wyss Center Geneva, une fondation de recherche en neurotechnologie à but non lucratif située à Genève.
Des recherches de l’EPFL pourraient être également mobilisées, comme par exemple l’étude des systèmes d’électrodes qui influencent les circuits de la récompense, de la Docteure Zeynep Knight-Celen et du Professeur Friedhelm Hummel.
Le professeur George Coukos (Unil) a été nommé directeur du nouveau laboratoire Ludwig de Weill Cornell pour la thérapie cellulaire.
Douglas Hanahan assurera la direction par intérim au centre de recherche Ludwig à Lausanne jusqu’à la nomination d’un directeur permanent à la tête de la succursale.
En vingt ans, le nombre d’essais cliniques réalisés en Suisse a presque diminué de moitié. Autrefois leader dans ce domaine, le pays perd du terrain face à des États comme la Chine, Singapour, le Danemark ou l’Espagne.
La situation est toutefois contrastée : les études menées par l’industrie pharmaceutique restent relativement stables, tandis que la recherche clinique académique recule fortement. Le manque de temps protégé pour la recherche et des structures peu adaptées découragent les jeunes médecins de s’engager dans cette voie. L’Académie suisse des sciences médicales (ASSM) craint un affaiblissement durable de la capacité d’innovation du système de santé et a lancé des programmes de soutien pour la relève scientifique.
L’industrie pharmaceutique critique surtout la lenteur des procédures en Suisse. Le démarrage d’une étude peut prendre environ un an, contre quelques mois dans d’autres pays. Elle pointe la bureaucratie et le fédéralisme, notamment l’existence de plusieurs commissions d’éthique. Les représentant·es des commissions d’éthique contestent toutefois ces accusations et estiment que les délais suisses sont compétitifs au niveau européen.
Un problème majeur reconnu par tous est le recrutement des patient·es. La petite taille de la population suisse, le bon accès général aux soins (qui réduit l’incitation à participer à une étude) et le retard dans la numérisation du système de santé compliquent la situation. À cela s’ajoute la pression sur les prix des médicaments, qui rend la Suisse moins attractive pour les entreprises.
Les conséquences sont importantes : un accès plus lent aux thérapies innovantes pour les patient·es, une perte d’expertise pour les médecins et un affaiblissement global de la capacité du pays à intégrer rapidement les progrès médicaux.
Face à ces enjeux, le Conseil fédéral a lancé un groupe de travail pour analyser les conditions-cadres de la recherche pharmaceutique et clinique en Suisse. La pression politique augmente, car de nombreux pays soutiennent activement leur industrie pharmaceutique. Les essais cliniques sont considérés comme un élément clé de l’attractivité scientifique de la Suisse, et des mesures de soutien supplémentaires pourraient voir le jour prochainement.
«L’Université de Genève lance un nouveau centre de recherche dédié aux pathologies cardiovasculaires. Objectif: fédérer les expertises à travers une grande variété de domaines.»
«Le pôle de soins neurologiques et psychiatriques des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) a été inauguré jeudi. Cette structure s’appuie sur l’intelligence artificielle (IA) pour optimiser son fonctionnement.» L’IA sera principalement utilisée pour le «travail rébarbatif». Lui seront déléguées «les tâches administratives et la génération de rapports». Des chatbots IA seront également disponibles pour les patient·es afin de répondre à leurs questions.
Londa Schiebinger, historienne des sciences à l’Université de Stanford, se consacre à l’influence positive du genre sur la recherche. Elle en déduit trois «solutions» pour corriger le système actuel:
1. attirer davantage de femmes et de groupes sous-représentés dans les domaines des sciences, de la médecine et de la technologie, car ses travaux démontrent que les équipes de recherche mixtes obtiennent de meilleurs résultats
2. briser les préjugés inconscients et les schémas culturels dans les institutions
3. «corriger les connaissances» produites par les universités et les établissements médicaux.
Elle se réjouit beaucoup que les universités suisses souhaitent intégrer les contenus liés à la médecine de genre dans leur enseignement médical. «À Stanford, nous n’en sommes pas encore là.» Il n’existe que peu de cours spécifiques sur le thème de la médecine de genre. Elle regrette par ailleurs la pression que le gouvernement américain applique sur la recherche dans ce domaine.
Selon une étude menée par l’Office européen des brevets (EPA) à Munich, le CHUV et l’Hôpital universitaire de Zurich (USZ) sont parmi les 10 hôpitaux les plus actifs en matière de recherche en Europe. L’enquête avait pour but d’identifier les institutions hospitalières ayant déposé le plus de brevets au cours des 20 dernières années. Voici le classement des hôpitaux suisses selon leur nombre de brevets:
- 8ème: Hôpital universitaire de Zurich (USZ) (364 brevets)
- 9ème: CHUV (356 brevets)
- 11ème: Hôpital universitaire de Bâle (317 brevets)
- 23ème: HUG (181 brevets)
Suite à une enquête au Département d’oncologie du CHUV, ce dernier va se réorganiser. L’enquête a fait état d’«irrégularités ou en tout cas des zones de flou dans les procédures». Cependant, «les collaborateurs du CHUV ont constamment été guidés par la volonté d’agir dans l’intérêt de la santé et pour le bien des patients» et «il n’y a pas eu de faute de la part des collaborateurs du CHUV», précise la directrice générale du CHUV, Claire Charmet.
La réorganisation scinde en deux entités l’ancien Département d’oncologie: un Département d’oncologie clinique au CHUV et un Département d’oncologie fondamentale à l’UNIL. Ce dernier comprendra la branche Ludwig Lausanne. Cette réorganisation fait suite aux recommandations du Contrôle cantonal des finances: il sera en effet plus facile de distinguer les budgets de l’ancien Département d’oncologie.
«Conséquence du remaniement […], le professeur George Coukos quitte le CHUV et concentrera ses activités à l’UNIL. Chef du Département d’oncologie depuis 2012 et directeur de la branche lausannoise du LICR, il était une figure de l’hôpital universitaire.» Au CHUV, Solange Peters a été nommée à la tête du nouveau Département d’oncologie clinique.
«Le CHUV annonce une évolution dans les activités de recherche. Le volet académique sera renforcé et les ressources seront «orientées vers les domaines au plus fort potentiel clinique et scientifique pour concentrer les efforts sur des projets aux retombées plus prometteuses pour les patients»».
«Le Canton de Vaud, le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), l’Université de Lausanne (UNIL) et le Ludwig Institute for Cancer Research (LICR) ont signé un nouvel accord. Celui-ci prolonge la présence de la branche Ludwig à Lausanne et renforce leur collaboration. Ce partenariat a déjà attiré des scientifiques de renommée mondiale dans le domaine du cancer. Il soutiendra la recherche fondamentale et translationnelle en immunothérapie ainsi que sur le micro-environnement tumoral.»
«Robert Mardini, directeur général des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), a présenté jeudi la stratégie institutionnelle 2026-2030 de l’établissement. Il mise sur une « collaboration radicale » avec le CHUV, qui devrait passer par une répartition encore plus approfondie des spécialités entre les deux hôpitaux. […] Parmi les spécialités en discussion: la chirurgie cardiaque pédiatrique, la diabétologie ou encore l’endocrinologie.
Suite à la création de la première chaire suisse de médecine du genre à l’Université de Zurich (UZH), l’Université de Berne aura également sa chaire de médecine du genre. La faculté de médecine de l’Université et le Department for Clinical Research DCR sont actuellement à la recherche d’une personne -de préférence une femme- pour diriger cette chaire nouvellement créée. L’objectif de la discipline sera d’étudier les effets du sexe biologique et socioculturel sur la santé et la maladie, en mettant l’accent sur la recherche clinique. Le ou la futur·e titulaire du poste devra établir et développer la médecine de genre dans l’enseignement médical, la recherche et la pratique clinique.
Swissuniversities l’affirme, les hautes écoles doivent être des actrices majeures d’une transition vers une société durable.
Julia Gonzalez Holguera et Julien Meillard de l’UNIL écrivent qu’«En tant que lieu de production de connaissances, elles ont un rôle à jouer pour comprendre les enjeux et accompagner le développement et le déploiement de solutions. En tant que lieu de formation, elles doivent assurer la transmission de connaissances et de compétences adaptées aux métiers de demain. Cette responsabilité devrait conduire à revoir les cursus, voire à questionner les structures disciplinaires.»
Les questions suivantes ont été soulevées: Penser la recherche médicale dans les limites planétaires, est-ce une atteinte à la liberté académique, voire une menace pour l’excellence scientifique?
«On en retient surtout le besoin d’oser questionner les pratiques et la culture de recherche, y compris les thématiques d’intérêts, en affrontant des questions délicates et sans s’attendre à des réponses faciles.»
La cour suprême américaine a autorisé, à 5 voix contre 4, la mise en œuvre de coupes budgétaires de 800 millions de dollars dans le financement des National Institutes of Health (NIH). Des recours judiciaires se poursuivent néanmoins devant des tribunaux inférieurs. En juin dernier, un juge fédéral du Massachusetts avait bloqué temporairement ces coupes. Depuis l’entrée en fonction de Donald Trump en janvier, plus de 10 milliards de dollars consacrés à la recherche et aux contrats du NIH ont été supprimés.
Robert F. Kennedy Jr, membre du cabinet de Donald Trump qui souhaite «rendre l’Amérique à nouveau en bonne santé», supprime 500 millions de dollars de financement pour les vaccins utilisés pour lutter contre la Covid-19.
Paul Hunter, professeur de médecine à l’Université d’East Anglia, a déclaré que d’autres pays dotés d’industries biotechnologiques actives en bénéficieront – outre le Royaume-Uni, l’Europe et la Chine, il existe désormais d’«énormes opportunités» pour le développement de la recherche en Asie du Sud-Est – mais que cette décision retardera tout de même le développement de nouveaux vaccins à l’échelle mondiale.
«Les progrès se poursuivront, mais pas aussi rapidement qu’ils auraient pu l’être, et des vies qui auraient pu être sauvées grâce à un vaccin seront perdues», a-t-il déclaré. (Times Higher Education)
Par ailleurs, Robert F. Kennedy Jr a récemment demandé le retrait d’un article danois concluant à l’absence de lien entre l’aluminium présent dans les vaccins et certaines maladies. Par cette demande, le secrétaire Kennedy aurait «démontré qu’il souhaitait que la littérature scientifique se plie à sa volonté», juge Ivan Oransky, co-fondateur de Retraction Watch. (Nature)
L’auteur de Science Business David Matthews compare le déni passé concernant l’hypertension dans les années 1960 à celui d’aujourd’hui vis-à‑vis du vieillissement : autrefois jugé «bénin» ou trop naturel pour être traité, le vieillissement est encore largement ignoré dans le financement de la recherche médicale sciencebusiness.net. Le vieillissement, même s’il constitue un facteur de risque commun à de nombreuses maladies, ne bénéficie pas d’un statut de maladie à part entière dans les systèmes réglementaires. Cela limite fortement l’éligibilité des recherches sur le vieillissement aux financements publics ou aux essais cliniques. En conséquence, ces recherches restent marginales face à celles ciblant des pathologies spécifiques, comme le cancer.
Ce décalage incite à repenser la manière dont les fonds de santé publique sont alloués, afin d’intégrer davantage la lutte contre le vieillissement — qui pourrait prévenir plusieurs maladies à la fois — plutôt que de continuer à les aborder isolément.
La SRF Wissenschaftsmagazin a également dédié une émission au sujet de la la longévité. Elle évoque par ailleurs le projet du Campus suisse pour la longévité (voir aussi l’article Medinside du 06.02.2025), qui sera mis en place par Heike Bischoff-Ferrari, professeure spécialisée dans le vieillissement, à l’Université de Bâle.
Yves Flückiger et sa nièce Valérie, maman d’un petit garçon touché par une maladie génétique rare, se mobilisent pour faire connaître le syndrome de Silver Russel et améliorer sa prise en charge.
L’ancien recteur de l’Université de Genève et actuel président des Académies suisses des sciences Yves Flückiger explique pourquoi il est difficile de trouver du financement pour la recherche sur des maladies rares, même si 10% de la population sont touchés par une telle maladie.