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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: durabilité des universités

«Les universités doivent montrer qu’elles sont au service de la société dans son ensemble»

Dans un éditorial paru dans University World News, Brendan O’Malley, décrit comment les dirigeant·es universitaires sont confrontés à une multitude de défis complexes (IA, géopolitique, etc.) qui ont des répercussions sur de nombreux aspects de leur travail, dans un climat marqué par une perte de confiance du public et une montée en puissance, partout dans le monde, de partis politiques populistes qui défendent des programmes hostiles à l’enseignement supérieur et à la recherche.

Il nomme des exemples d’universités qui adoptent une approche globale, à l’échelle de l’établissement, en matière d’impact sur la société et de développement durable. «La transformation sociétale fait partie intégrante de leur vision et de leur mission : elle est adoptée par la direction de l’université et ancrée dans toutes les disciplines.» Elle implique de collaborer avec des communautés partenaires, tant dans le pays qu’à l’étranger, sur un pied d’égalité, afin de définir ensemble les priorités («agendas»), les problèmes et les solutions.

Brendan O’Malley souligne l’importance des valeurs inscrites dans la Magna Charta Universitatum 2020 signé par plus de 1’000 recteurs et rectrices d’université et loue le programme d’action du Nobel Joseph Stiglitz et d’autres éminents expert·es spécialisés dans les inégalités, qui ont présenté une proposition, soutenue par 1 500 universitaires et autres experts du monde entier, visant à créer un Groupe international sur les inégalités jouissant du même statut que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

LʹEPFL lance un calculateur CO₂ pour réduire lʹempreinte carbone de ses laboratoires

«Entre serveurs informatiques, voyages en avion des scientifiques, équipements de recherche et matériel à usage unique, un laboratoire consomme entre 3 et 10 fois plus d’énergie qu’un bureau classique. Pour aider les scientifiques à mieux comprendre et réduire l’impact environnemental de leurs activités, l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) lance un calculateur CO₂ sur mesure et en libre accès.»

A l’ETH Zurich, Thomas Scheiber devient vice-président pour l’infrastructure et la durabilité

«Le Conseil des EPF a élu Thomas Scheiber au poste de nouveau vice-président pour l’infrastructure et la durabilité à l’ETH Zurich. Âgé de 46 ans, il succède à Ulrich Weidmann. Il apporte avec lui plus de 20 ans d’expérience en matière de gestion de grands parcs immobiliers et d’infrastructures.»

CERN : «Le piège de la «volonté de croissance»»

Dans entretien accordé au journal Le Courrier, le biophysicien et chercheur au CRNS François Graner déplore le projet du futur collisionneur du CERN, qu’il juge emblématique d’une course effrénée à la croissance. En amont de son intervention dans une conférence organisée par l’un des principaux opposants du futur collisionneur circulaire (FCC), l’ONG genevoise Noé2, il dénonce des coûts exorbitants et un impact environnemental lourd pour des bénéfices scientifiques imprévisibles.

Selon lui, ce projet est attractif pour les décideurs politques publiques souhaitant plaire aux agences de notation, «dont l’influence sur l’opinion des investisseurs privés qui font des prêts aux pays comme la France est énorme.»

Il estime qu’en proclamant le plus grand chantier d’Europe, tous les ingrédients sont rassemblés pour créer avec le FCC le symbole d’un monde qu’on ne veut pas, « tous les ingrédients sont rassemblés pour créer la plus grande ZAD d’Europe.»

François Graner avance : «la science moderne nous indique qu’avec une politique de croissance, on va droit dans le mur, que ce soit en termes d’énergie ou d’environnement. Si les scientifiques veulent être crédibles, ils doivent appliquer eux-mêmes ce qu’ils préconisent.»

La HSG définit sa stratégie climatique

Le rectorat de l’université de Saint-Gall (HSG) a précisé la stratégie climatique de l’université et défini les axes prioritaires pour la prochaine phase de mise en œuvre, qui s’étendra jusqu’à fin 2028.

Le rectorat a décidé de viser la neutralité carbone pour les émissions directes liées à l’activité de l’établissement d’ici 2030, ainsi qu’une réduction de 25 % de l’ensemble des émissions d’ici 2030 par rapport à l’année de référence 2019.

L’invité de La Matinale – Christophe Champod, nouveau recteur de l’Unil

Nouveau recteur de l’Unil depuis le 1er août, Christophe Champod affirme avoir repris une université solide malgré les tensions et les difficultés budgétaires récentes. Sa priorité est de restaurer la confiance au sein de l’institution et de réaffirmer la mission centrale de l’université : transmettre et produire des savoirs dans un cadre ouvert et respectueux.

Pour les cinq prochaines années, il identifie trois grands défis : l’intégration responsable de l’intelligence artificielle, le renforcement du soutien à la santé mentale des étudiantes et étudiantes et le développement des liens entre l’université et la société. Face aux contraintes financières, il admet que les coupes budgétaires sont une opportunité mais aussi une inquiétude:« je pense qu’on a un certain nombre de défis […] qui nécessiteront des moyens.»

Son ambition est de préparer une université durable capable de former des citoyen·nes critiques et prêts à relever les défis de demain.

«Pourquoi les scientifiques devraient être à l’origine de la transition visant à abandonner les méga-centres de données dédiés à l’IA»

«À mesure que l’on prendra conscience des coûts environnementaux et économiques liés à l’utilisation [de l’IA], la demande en solutions alternatives plus durables, plus respectueuses de la vie privée et plus adaptables ne manquera pas de croître.» Les auteurs et l’autrice de l’article paru dans Nature estiment que les universités et les instituts de recherche ont un rôle crucial à jouer dans cette transition.

L’ONU propose une Déclaration consensuelle sur le rôle de l’enseignement supérieur dans la recherche de solutions

En juillet 2025, le premier Symposium mondial sur l’enseignement supérieur (GHES I) s’est tenu au siège des Nations Unies à New-York. L’ONU reconnait que les universités et institutions supérieures possèdent une capacité unique pour répondre aux crises mondiales en dépassant les initiatives isolées. En 2026, le GHES II offre désormais un cadre permettant de présenter la déclaration de consensus dans sa version révisées et ainsi faire progresser une vision commune du rôle de l’enseignement supérieur dans la construction d’un avenir juste, inclusif et durable.

Cette déclaration repose du cinq principes : l’intégration du développement durable; les valeurs démocratiques, la confiance et la responsabilité; la connaissance, l’inclusion et la décolonisation; la science, la technologie et l’innovation (ainsi que l’intelligence artificielle) au service de tous; et le changement systémique en matière de gouvernance et de financement.

Cette déclaration est saluée par La Ligue des universités européennes de recherche (LERU).

L’UNES prend position sur le développement durable dans les hautes écoles suisses

«Les hautes écoles ont une responsabilité sociale : elles forment les décideur·euse·s e de demain, produisent des connaissances et des innovations à travers leurs recherches et elles influencent l’opinion publique. La Fédération Suisse d’Organisations Etudiant·e·s pour un Développement Durable (FDD) et l’Union des étudiant·e·s de Suisse (UNES) rappellent cette responsabilité aux hautes écoles et les invitent à la considérer non seulement comme un devoir, mais aussi comme une chance. En effet, il s’agit d’une opportunité de présenter à la société des marges de manœuvre durable et viables pour l’avenir. Dans le cadre de leur collaboration, la FDD et l’UNES ont élaboré des objectifs pour les hautes écoles suisses. Ces objectifs portent notamment sur sept (7) domaines : participation estudiantine, formation et enseignement, gouvernance et direction des universités, recherche et développement, infrastructure et quotidien de la vie universitaire, laboratoire des hautes écoles et innovation, ainsi que la politique des hautes écoles.» (UNES)

Un chercheur en informatique pénalisé pour sa thèse sur la «désescalade numérique»

La soutenance d’une thèse du laboratoire de recherche en informatique a été annulé 15 jours avant par le Collège des écoles doctorales, en délégation du président de l’université Grenoble-Alpes. La raison avancée: «Le contenu de la recherche présenté ne relève pas des mathématiques appliquées, la discipline d’inscription de la thèse.» La thèse porte sur la question suivante: « Face à l’accroissement continu du numérique dans nos vies et à ses conséquences sociales et écologiques dramatiques, comment lutter contre ce déferlement depuis les laboratoires de recherche en informatique ? 

Le directeur de thèse Romain Couillet, professeur des universités et chercheur en mathématiques appliquées, affirme: « Cette thèse ne se limite pas à mesurer l’empreinte carbone du numérique : elle en questionne les fondements, les finalités et les implications politiques dans une université qui encourage de plus en plus les recherches en intelligence artificielle, en physique quantique et dans les technologies de pointe. Forcément, ça ne plaît pas. »

Les soutiens sont venus en nombre pour assister à cette soutenance «sauvage».

« La Durabilité est ancrée de manière structurelle dans 80% des établissements d’enseignements supérieurs en Allemagne»

Face aux défis du développement durable, L’Association Européenne des Universités (EUA) souligne que la transition durable n’est pas seulement technologique, mais avant tout sociale. Au-delà de la recherche et de l’innovation, les établissements d’enseignement supérieur ont un rôle clé à jouer dans le dialogue sociétal et les stratégies de mise en réseaux, permettant de faire collaborer plusieurs générations et secteurs de la société civile pour bâtir des stratégies collectives.

En Allemagne, cette dynamique est déjà une réalité structurelle. C’est ce que démontre une enquête du Centre pour le Développement de l’enseignement supérieur (CHE) menée auprès de 282 établissements pour le classement 2026. Quatre sur cinq d’entre eux ont ancré la durabilité dans leur organisation. Cette intégration repose sur deux leviers majeurs qui sont l’adhésion à des réseaux spécialisés (pour 70% des établissements) et le déploiement de stratégies propres. Ces dernières couvrent un large spectre comme la protection du climat, la lutte contre la pauvreté et l’accès à une éducation de qualité.

Comme le précise l’expert du CHE, Cort-Denis Hachmeister : «L’essentiel n’est pas que tous les établissements d’enseignement supérieur mettent en place les mêmes structures, mais qu’ils abordent le sujet de manière contraignante et l’adaptent à leur profil.»

«Le développement durable n’est plus une option» : L’Université de Zürich face au défi climatique

Mercredi dernier, la direction et des membres du corps scientifique de l’Université de Zürich (UZH) ont évalué la transition écologique de l’institution au regard de sa «Stratégie de durabilité 2030». Cette rencontre animée a permis de confronter les pratiques actuelles aux ambitions climatiques de l’université.

Sur le plan académique, l’UZH étoffe son offre avec la création d’un Bachelor en durabilité, d’un cursus en finance durable et de pôles interdisciplinaires. La généralisation des repas végétariens ainsi que la réduction des déplacements aériens ont également été abordées.

L’Unil se dote d’un Plan Vélo

«Dans le cadre de la stratégie de la transition écologique CAP2037, l’Unil s’est fixé l’objectif de doubler la part des mobilités actives d’ici 2037, par rapport à 2019. Le Plan vélo fraîchement adopté propose une série d’actions pour y parvenir. »