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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: durabilité des universités

La HSG définit sa stratégie climatique

Le rectorat de l’université de Saint-Gall (HSG) a précisé la stratégie climatique de l’université et défini les axes prioritaires pour la prochaine phase de mise en œuvre, qui s’étendra jusqu’à fin 2028.

Le rectorat a décidé de viser la neutralité carbone pour les émissions directes liées à l’activité de l’établissement d’ici 2030, ainsi qu’une réduction de 25 % de l’ensemble des émissions d’ici 2030 par rapport à l’année de référence 2019.

L’invité de La Matinale – Christophe Champod, nouveau recteur de l’Unil

Nouveau recteur de l’Unil depuis le 1er août, Christophe Champod affirme avoir repris une université solide malgré les tensions et les difficultés budgétaires récentes. Sa priorité est de restaurer la confiance au sein de l’institution et de réaffirmer la mission centrale de l’université : transmettre et produire des savoirs dans un cadre ouvert et respectueux.

Pour les cinq prochaines années, il identifie trois grands défis : l’intégration responsable de l’intelligence artificielle, le renforcement du soutien à la santé mentale des étudiantes et étudiantes et le développement des liens entre l’université et la société. Face aux contraintes financières, il admet que les coupes budgétaires sont une opportunité mais aussi une inquiétude:« je pense qu’on a un certain nombre de défis […] qui nécessiteront des moyens.»

Son ambition est de préparer une université durable capable de former des citoyen·nes critiques et prêts à relever les défis de demain.

«Pourquoi les scientifiques devraient être à l’origine de la transition visant à abandonner les méga-centres de données dédiés à l’IA»

«À mesure que l’on prendra conscience des coûts environnementaux et économiques liés à l’utilisation [de l’IA], la demande en solutions alternatives plus durables, plus respectueuses de la vie privée et plus adaptables ne manquera pas de croître.» Les auteurs et l’autrice de l’article paru dans Nature estiment que les universités et les instituts de recherche ont un rôle crucial à jouer dans cette transition.

L’ONU propose une Déclaration consensuelle sur le rôle de l’enseignement supérieur dans la recherche de solutions

En juillet 2025, le premier Symposium mondial sur l’enseignement supérieur (GHES I) s’est tenu au siège des Nations Unies à New-York. L’ONU reconnait que les universités et institutions supérieures possèdent une capacité unique pour répondre aux crises mondiales en dépassant les initiatives isolées. En 2026, le GHES II offre désormais un cadre permettant de présenter la déclaration de consensus dans sa version révisées et ainsi faire progresser une vision commune du rôle de l’enseignement supérieur dans la construction d’un avenir juste, inclusif et durable.

Cette déclaration repose du cinq principes : l’intégration du développement durable; les valeurs démocratiques, la confiance et la responsabilité; la connaissance, l’inclusion et la décolonisation; la science, la technologie et l’innovation (ainsi que l’intelligence artificielle) au service de tous; et le changement systémique en matière de gouvernance et de financement.

Cette déclaration est saluée par La Ligue des universités européennes de recherche (LERU).

L’UNES prend position sur le développement durable dans les hautes écoles suisses

«Les hautes écoles ont une responsabilité sociale : elles forment les décideur·euse·s e de demain, produisent des connaissances et des innovations à travers leurs recherches et elles influencent l’opinion publique. La Fédération Suisse d’Organisations Etudiant·e·s pour un Développement Durable (FDD) et l’Union des étudiant·e·s de Suisse (UNES) rappellent cette responsabilité aux hautes écoles et les invitent à la considérer non seulement comme un devoir, mais aussi comme une chance. En effet, il s’agit d’une opportunité de présenter à la société des marges de manœuvre durable et viables pour l’avenir. Dans le cadre de leur collaboration, la FDD et l’UNES ont élaboré des objectifs pour les hautes écoles suisses. Ces objectifs portent notamment sur sept (7) domaines : participation estudiantine, formation et enseignement, gouvernance et direction des universités, recherche et développement, infrastructure et quotidien de la vie universitaire, laboratoire des hautes écoles et innovation, ainsi que la politique des hautes écoles.» (UNES)

Un chercheur en informatique pénalisé pour sa thèse sur la «désescalade numérique»

La soutenance d’une thèse du laboratoire de recherche en informatique a été annulé 15 jours avant par le Collège des écoles doctorales, en délégation du président de l’université Grenoble-Alpes. La raison avancée: «Le contenu de la recherche présenté ne relève pas des mathématiques appliquées, la discipline d’inscription de la thèse.» La thèse porte sur la question suivante: « Face à l’accroissement continu du numérique dans nos vies et à ses conséquences sociales et écologiques dramatiques, comment lutter contre ce déferlement depuis les laboratoires de recherche en informatique ? 

Le directeur de thèse Romain Couillet, professeur des universités et chercheur en mathématiques appliquées, affirme: « Cette thèse ne se limite pas à mesurer l’empreinte carbone du numérique : elle en questionne les fondements, les finalités et les implications politiques dans une université qui encourage de plus en plus les recherches en intelligence artificielle, en physique quantique et dans les technologies de pointe. Forcément, ça ne plaît pas. »

Les soutiens sont venus en nombre pour assister à cette soutenance «sauvage».

« La Durabilité est ancrée de manière structurelle dans 80% des établissements d’enseignements supérieurs en Allemagne»

Face aux défis du développement durable, L’Association Européenne des Universités (EUA) souligne que la transition durable n’est pas seulement technologique, mais avant tout sociale. Au-delà de la recherche et de l’innovation, les établissements d’enseignement supérieur ont un rôle clé à jouer dans le dialogue sociétal et les stratégies de mise en réseaux, permettant de faire collaborer plusieurs générations et secteurs de la société civile pour bâtir des stratégies collectives.

En Allemagne, cette dynamique est déjà une réalité structurelle. C’est ce que démontre une enquête du Centre pour le Développement de l’enseignement supérieur (CHE) menée auprès de 282 établissements pour le classement 2026. Quatre sur cinq d’entre eux ont ancré la durabilité dans leur organisation. Cette intégration repose sur deux leviers majeurs qui sont l’adhésion à des réseaux spécialisés (pour 70% des établissements) et le déploiement de stratégies propres. Ces dernières couvrent un large spectre comme la protection du climat, la lutte contre la pauvreté et l’accès à une éducation de qualité.

Comme le précise l’expert du CHE, Cort-Denis Hachmeister : «L’essentiel n’est pas que tous les établissements d’enseignement supérieur mettent en place les mêmes structures, mais qu’ils abordent le sujet de manière contraignante et l’adaptent à leur profil.»

«Le développement durable n’est plus une option» : L’Université de Zürich face au défi climatique

Mercredi dernier, la direction et des membres du corps scientifique de l’Université de Zürich (UZH) ont évalué la transition écologique de l’institution au regard de sa «Stratégie de durabilité 2030». Cette rencontre animée a permis de confronter les pratiques actuelles aux ambitions climatiques de l’université.

Sur le plan académique, l’UZH étoffe son offre avec la création d’un Bachelor en durabilité, d’un cursus en finance durable et de pôles interdisciplinaires. La généralisation des repas végétariens ainsi que la réduction des déplacements aériens ont également été abordées.

L’Unil se dote d’un Plan Vélo

«Dans le cadre de la stratégie de la transition écologique CAP2037, l’Unil s’est fixé l’objectif de doubler la part des mobilités actives d’ici 2037, par rapport à 2019. Le Plan vélo fraîchement adopté propose une série d’actions pour y parvenir. »

«Penser la recherche autrement : comment l’université de Lausanne se rêve en laboratoire de la transition écologique»

«L’établissement s’est lancé dans une révolution avec le lancement d’assises pour modifier en profondeur ses pratiques. Un panel de 70 volontaires réfléchit à de nombreux enjeux liés à la transition écologique, avec la possible remise en cause de piliers académiques.»

Pour réduire l’empreinte carbone de la science, des chercheurs français changent leurs méthodes de travail

En France, plusieurs organisations populaires («grassroots») visent concilier l’activité scientifique avec les objectifs climatiques mondiaux, en particulier ceux de l’accord de Paris.

Un acteur important dans ce domaine est par exemple celui du collectif Labos 1point5, et qui rassemble environs 600 scientifiques de diverses disciplines pour analyser et diminuer l’impact environnemental de leurs activités, principalement en mesurant leurs émissions de gaz à effet de serre et en proposant des solutions concrètes.

«La pression en faveur du changement vient également d’en haut, le gouvernement français ayant exigé ces dernières années que toutes les universités et tous les organismes de recherche préparent une feuille de route visant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 2 % à 5 % par an, et reconnaissent les chercheurs qui travaillent à la réduction de l’empreinte carbone de la science. «C’est tout le système qui doit vraiment changer», déclare Sandrine Vadon Le Goff, chercheuse à l’IBCP et membre de Labos 1point5.»

Les étudiant·es de l’Université de Bâle votent pour une cafétéria végane dès 2030

Parmi les 2’980 étudiant·es (28,3%) ayant participé au vote de l’Association des étudiant·es de l’Université de Bâle (Skuba), 52,6% ont voté pour que des repas exclusivement végans soient servis à la cafétéria universitaire dès 2030. Le résultat du vote n’a pour l’instant aucune conséquence et sera transmis à la direction de l’institution. Le porte-parole de l’Université, Matthias Geering, déclare qu’«il s’agissait de clarifier et de légitimer démocratiquement la position des étudiant·es» et qu’aucune décision n’a encore été prise. Il ajoute que, selon lui, il sera toujours possible «d’acheter un cappuccino au lait de vache ou un sandwich au jambon dans les établissements de restauration de l’Université de Bâle» (Basler Zeitung).

«En 2012 déjà, les discussions sur l’offre de restauration à l’Université de Bâle ont fait la une des journaux. A cette époque, le Conseil des étudiant·es s’est prononcé pour une première cantine sans viande en Suisse à l’initiative d’un groupe interne de l’Université. Après un référendum, […] au lieu d’une interdiction de la viande, il a simplement demandé que l’offre de menus végétariens et végans soit élargie, ce que l’Université a ensuite mis en œuvre.» (Watson)