«Les hautes écoles ont une responsabilité sociale : elles forment les décideur·euse·s e de demain, produisent des connaissances et des innovations à travers leurs recherches et elles influencent l’opinion publique. La Fédération Suisse d’Organisations Etudiant·e·s pour un Développement Durable (FDD) et l’Union des étudiant·e·s de Suisse (UNES) rappellent cette responsabilité aux hautes écoles et les invitent à la considérer non seulement comme un devoir, mais aussi comme une chance. En effet, il s’agit d’une opportunité de présenter à la société des marges de manœuvre durable et viables pour l’avenir. Dans le cadre de leur collaboration, la FDD et l’UNES ont élaboré des objectifs pour les hautes écoles suisses. Ces objectifs portent notamment sur sept (7) domaines : participation estudiantine, formation et enseignement, gouvernance et direction des universités, recherche et développement, infrastructure et quotidien de la vie universitaire, laboratoire des hautes écoles et innovation, ainsi que la politique des hautes écoles.» (UNES)
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Sujet: durabilité des universités
«La mise à jour 2025 du Donut de l’Unil confirme une dynamique solide : malgré sa croissance, l’Unil stabilise ses impacts environnementaux et poursuit sa transition – et rappelle à quel point les enjeux locaux sont profondément liés aux bouleversements globaux.»
La soutenance d’une thèse du laboratoire de recherche en informatique a été annulé 15 jours avant par le Collège des écoles doctorales, en délégation du président de l’université Grenoble-Alpes. La raison avancée: «Le contenu de la recherche présenté ne relève pas des mathématiques appliquées, la discipline d’inscription de la thèse.» La thèse porte sur la question suivante: « Face à l’accroissement continu du numérique dans nos vies et à ses conséquences sociales et écologiques dramatiques, comment lutter contre ce déferlement depuis les laboratoires de recherche en informatique ?
Le directeur de thèse Romain Couillet, professeur des universités et chercheur en mathématiques appliquées, affirme: « Cette thèse ne se limite pas à mesurer l’empreinte carbone du numérique : elle en questionne les fondements, les finalités et les implications politiques dans une université qui encourage de plus en plus les recherches en intelligence artificielle, en physique quantique et dans les technologies de pointe. Forcément, ça ne plaît pas. »
Les soutiens sont venus en nombre pour assister à cette soutenance «sauvage».
«Une équipe du Laboratoire de psychologie sociale de l’Unil a mené une vaste enquête longitudinale sur la transition écologique à l’Unil assortie de plusieurs mémoires de Master. Leurs principaux résultats font l’objet d’un rapport public remis ce printemps à la Direction.»
Face aux défis du développement durable, L’Association Européenne des Universités (EUA) souligne que la transition durable n’est pas seulement technologique, mais avant tout sociale. Au-delà de la recherche et de l’innovation, les établissements d’enseignement supérieur ont un rôle clé à jouer dans le dialogue sociétal et les stratégies de mise en réseaux, permettant de faire collaborer plusieurs générations et secteurs de la société civile pour bâtir des stratégies collectives.
En Allemagne, cette dynamique est déjà une réalité structurelle. C’est ce que démontre une enquête du Centre pour le Développement de l’enseignement supérieur (CHE) menée auprès de 282 établissements pour le classement 2026. Quatre sur cinq d’entre eux ont ancré la durabilité dans leur organisation. Cette intégration repose sur deux leviers majeurs qui sont l’adhésion à des réseaux spécialisés (pour 70% des établissements) et le déploiement de stratégies propres. Ces dernières couvrent un large spectre comme la protection du climat, la lutte contre la pauvreté et l’accès à une éducation de qualité.
Comme le précise l’expert du CHE, Cort-Denis Hachmeister : «L’essentiel n’est pas que tous les établissements d’enseignement supérieur mettent en place les mêmes structures, mais qu’ils abordent le sujet de manière contraignante et l’adaptent à leur profil.»
«La Stratégie durabilité de la HES-SO Genève 2026-2030, déclinée en 18 mesures opérationnelles, ancre son engagement en faveur de la durabilité pour les cinq prochaines années.»
«Depuis une dizaine d’année, l’Unil développe une politique d’investissement responsable qui intègre des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) en collaboration avec le Département de finance de HEC et la Banque Cantonale Vaudoise (BCV).» […]
Mercredi dernier, la direction et des membres du corps scientifique de l’Université de Zürich (UZH) ont évalué la transition écologique de l’institution au regard de sa «Stratégie de durabilité 2030». Cette rencontre animée a permis de confronter les pratiques actuelles aux ambitions climatiques de l’université.
Sur le plan académique, l’UZH étoffe son offre avec la création d’un Bachelor en durabilité, d’un cursus en finance durable et de pôles interdisciplinaires. La généralisation des repas végétariens ainsi que la réduction des déplacements aériens ont également été abordées.
«L’enquête sur les pratiques de mobilité à l’Unil 2025 confirme les tendances des dernières années : diminution de la part modale de la voiture et augmentation de celle du vélo qui sont à égalité avec 8.6% chacune.»
«Dans le cadre de la stratégie de la transition écologique CAP2037, l’Unil s’est fixé l’objectif de doubler la part des mobilités actives d’ici 2037, par rapport à 2019. Le Plan vélo fraîchement adopté propose une série d’actions pour y parvenir. »
«L’établissement s’est lancé dans une révolution avec le lancement d’assises pour modifier en profondeur ses pratiques. Un panel de 70 volontaires réfléchit à de nombreux enjeux liés à la transition écologique, avec la possible remise en cause de piliers académiques.»
«La Faculté de biologie et de médecine (FBM) a lancé, le 26 janvier 2026, la première journée des Assises de la recherche durable, une démarche collective visant à repenser les conditions de la recherche durable en biologie, en médecine et en santé à l’horizon 2037.»
«À partir du printemps de cette année, Lausanne Région et Région Morges, en partenariat avec l’EPFL et l’Université de Lausanne, lanceront un système unifié de vélos en libre-service.»
En France, plusieurs organisations populaires («grassroots») visent concilier l’activité scientifique avec les objectifs climatiques mondiaux, en particulier ceux de l’accord de Paris.
Un acteur important dans ce domaine est par exemple celui du collectif Labos 1point5, et qui rassemble environs 600 scientifiques de diverses disciplines pour analyser et diminuer l’impact environnemental de leurs activités, principalement en mesurant leurs émissions de gaz à effet de serre et en proposant des solutions concrètes.
«La pression en faveur du changement vient également d’en haut, le gouvernement français ayant exigé ces dernières années que toutes les universités et tous les organismes de recherche préparent une feuille de route visant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 2 % à 5 % par an, et reconnaissent les chercheurs qui travaillent à la réduction de l’empreinte carbone de la science. «C’est tout le système qui doit vraiment changer», déclare Sandrine Vadon Le Goff, chercheuse à l’IBCP et membre de Labos 1point5.»
Parmi les 2’980 étudiant·es (28,3%) ayant participé au vote de l’Association des étudiant·es de l’Université de Bâle (Skuba), 52,6% ont voté pour que des repas exclusivement végans soient servis à la cafétéria universitaire dès 2030. Le résultat du vote n’a pour l’instant aucune conséquence et sera transmis à la direction de l’institution. Le porte-parole de l’Université, Matthias Geering, déclare qu’«il s’agissait de clarifier et de légitimer démocratiquement la position des étudiant·es» et qu’aucune décision n’a encore été prise. Il ajoute que, selon lui, il sera toujours possible «d’acheter un cappuccino au lait de vache ou un sandwich au jambon dans les établissements de restauration de l’Université de Bâle» (Basler Zeitung).
«En 2012 déjà, les discussions sur l’offre de restauration à l’Université de Bâle ont fait la une des journaux. A cette époque, le Conseil des étudiant·es s’est prononcé pour une première cantine sans viande en Suisse à l’initiative d’un groupe interne de l’Université. Après un référendum, […] au lieu d’une interdiction de la viande, il a simplement demandé que l’offre de menus végétariens et végans soit élargie, ce que l’Université a ensuite mis en œuvre.» (Watson)
L’Université de Bâle s’était fixé comme objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports aériens de 30% par rapport au niveau de référence des années 2017 à 2019, misant sur une diminution du nombre de voyages en avion. Alors que cela a relativement bien fonctionné au début (4596 vols en 2022, soit une baisse de 44 % par rapport à 2017), le dernier rapport sur le développement durable de 2024 montrent que les déplacements en avion sont actuellement en augmentation (5425 vols en 2023, puis 6113 en 2024). L’objectif de diminution de 30% n’a pas été atteint pour la première fois en 2024 (25%) depuis 2020.
Les chiffres de 2025 sont en attente. Depuis janvier de cette année, un nouveau règlement sur les frais est en vigueur à l’université: pour les destinations accessibles en moins de six heures en train, il faut en principe renoncer à l’avion».
Les actions Marie Skłodowska-Curie (MSCA) viennent de publier une mise à jour complète de la Charte verte des MSCA. Des documents d’orientation accompagnent la charte et proposent des recommandations concrètes, des exemples et des outils destinés à aider les chercheurs et les organisations à aligner leurs pratiques de recherche sur les objectifs de durabilité.
Les préconisations couvrent des domaines tels que:
- les déplacements, les événements et les réunions,
- les environnements de recherche gourmands en ressources,
- l’utilisation du matériel, des logiciels et des données,
- les installations, les infrastructures et les achats.
Dans cet article publié dans le numéro spécial de la revue NOV’AE d’INRAE, le vice-recteur Transition écologique et campus de l’UNIL écrit comment une stratégie de transition écologique devrait être à la hauteur des enjeux dans une institution, en mettant en place des mesures comme :
- l’évaluation de la biosphère (Donut)
- l’assemblée citoyenne
- une feuille de route ambitieuse
En collaboration avec la HEIA-FR, l’Université de Fribourg propose la nouvelle microcertification «Sustainability in Practice» «intéressantes pour le marché de l’emploi». Proposé à tous les étudiant·es de bachelor et master, ce diplôme a pour objectifs la maîtrise d’outils de diagnostic, de planification et d’évaluation pour aboutir sur un résultat concret.
«La faculté de biologie et de médecine de l’université de Lausanne en Suisse organise des assises de la recherche durable pour élaborer une stratégie permettant de conjuguer excellence académique, conditions de travail soutenables et réduction des impacts environnementaux. Benoît Frund, vice-recteur « transition écologique et campus » de l’Unil, présente cette initiative le 18 septembre 2025 à l’occasion de la journée des vice-présidents transition des universités. 60 personnes ont été sélectionnées pour plancher sur le sujet courant 2026»