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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: financement tiers

« La Fondation pour l’Unine sort de l’ombre »

À la tête d’UBS Suisse entre 2006 et 2010 et actuel président de la Fondation pour l’Université de Neuchâtel, Alain Robert-Tissot précise le rôle et les ambitions de la plus jeune fondation universitaire de Suisse. Créée en 2021, cette institution prend vie dans un contexte de plus en plus complexe et compétitif pour le monde académique. L’ancien dirigeant insiste sur le fait que l’apport d’argent privé ne se substitue en aucun cas aux financements publics et usuels alloués aux différentes facultés. Il déclare cependant : « Les universités vont devoir davantage rechercher des fonds hors du secteur public. »

La Fondation agit alors comme un accélérateur grâce à la levée de fonds tiers, ce qui lui permet de soutenir de manière agile des projets jugés particulièrement porteurs. «Le premier servira à renforcer l’attractivité de l’Université de Neuchâtel pour les étudiants étrangers en créant une nouvelle filière de psychologie. Le deuxième développera une expérience sur la biodiversité à Chasseral. L’étude simulera une augmentation de la température de 2 degrés sur les organismes d’un périmètre défini. Finalement, le troisième projet sera consacré au soutien de la filière de journalisme de l’Université.» (RTN)

Pour faire connaître La Fondation, celle-ci a accueilli la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter pour discuter des finances publiques.

Un co-fondateur de Palantir finance des projets de recherche spatiale en Suisse

Nathan Gettings, co-fondateur de l’entreprise Palantir, «le groupe informatique le plus controversé au monde», s’est installé en Suisse et soutient notamment des projets de l’EPFL et l’EPFZ. Selon son site web de sa fondation CHiwi, le fondateur souhaite faire progresser le savoir collectif de l’humanité dans les domaines des mathématiques avancées, des énergies alternatives et de la recherche spatiale.

Selon l’article, la fondation ne s’intéresse guère au parcours de recherche d’un candidat ; peuvent postuler toutes les personnes, qu’elles soient françaises ou étrangères, dont les domaines de recherche englobent, par exemple, les ondes gravitationnelles, la cosmologie physique ou les théories alternatives sur la matière noire, l’énergie noire et le Big Bang, ce qu’il n’est toutefois pas nécessaire de documenter. Par ailleurs, à cette fin, le ou la candidat·e est invité·e à joindre son profil LinkedIn. «Ce processus se distingue ainsi nettement de celui du Fonds national suisse, dans le cadre duquel les candidates doivent justifier de leurs étapes de recherche et de leur expertise dans une discipline donnée.»

«Comment le financement de la recherche influence la gouvernance de la recherche universitaire»

«Deux réformes majeures ont été mises en œuvre dans de nombreux systèmes universitaires européens : d’une part, les universités sont censées être devenues des acteurs stratégiques autonomes ; d’autre part, le financement de la recherche s’est transformé en un mélange complexe de subventions globales, souvent liées à la performance, et de subventions accordées sur la base de projets dans le cadre d’appels à projets.»

Les auteurs et l’autrice de cette publication ont élaboré un cadre conceptuel novateur pour démontrer que les modalités de financement ont une incidence sur la marge de manœuvre stratégique dont dispose la direction des universités pour orienter la recherche selon trois axes : le lieu où s’exerce la gouvernance des activités de recherche, la manière dont les stratégies sont mises en œuvre et les orientations prises par la recherche.

Cette question est examinée dans le cadre d’une analyse comparative des modes de gouvernance de la recherche dans les universités suédoises et autrichiennes, avec une analyse systématique des effets des différentes caractéristiques du financement de la recherche sur l’orientation stratégique de celle-ci au sein des universités.

«Des traitements innovants contre le cancer grâce à un partenariat public-privé»

Créé en 2017 à Genève, le Centre de recherche translationnelle en onco-hématologie est issu d’un partenariat public-privé réunissant l’Université de Genève (UNIGE), les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et un consortium de fondations, dont la Fondation Dr Henri Dubois-Ferrière Dinu Lipatti. Il réunit aujourd’hui 34 groupes de recherche et plus de 300 collaborateurs. Dans l’article, Mikaël Pittet, professeur de l’UNIGE et titulaire de la chaire ISREC en onco-immunologie et membre de Ludwig Cancer Research, explique pourquoi la recherche translationnelle ne va pas de soi dans la pratique.

Le canton de Zoug met quatre millions pour étudier la péréquation financière

«Pendant longtemps, les entreprises privées qui finançaient des chaires universitaires ont suscité des débats sur leur influence potentielle dans le monde académique. Désormais, un nouvel acteur entre dans l’arène: les cantons. A Zoug, le gouvernement souhaite investir près de quatre millions de francs sur dix ans dans un centre de compétences consacré à l’étude de la péréquation financière.»

France: « A Polytechnique, des étudiants perturbent la remise de diplômes et dénoncent l’emprise de certaines entreprises»

Ce vendredi 12 juin, lors de la remise des diplômes de la promotion 2021-2026 de l’École Polytechnique (Essonne – FR), un collectif étudiant a dénoncé l’influence des grands groupes industriels sur leur cursus. Les manifestant·es ont notamment ciblé la présence massive de PDG au conseil d’administration de l’établissement, certain·es arborant des masques à l’effigie de Bernard Arnault et Patrick Pouyanné.

En réaction, la directrice générale de l’école, Laura Chaubard, a affirmé partager leurs préoccupations face aux enjeux environnementaux et géopolitiques, tout en estimant que les étudiant·es se « trompaient de cible ».

23 millions de francs pour l’Université de Saint-Gall

L’Université de Saint-Gall (HSG) a reçu un don de 23,75 millions de francs suisses de la part d’un ancien étudiant norvégien, Christen Sveaas. L’Université prévoit d’investir 20 millions de francs sur le marché des capitaux afin de générer des rendements à long terme, calqué sur le modèle de gestion financière des universités privées américaines.

Les 3,75 millions de francs suisses restants serviront à financer un programme visant à accueillir chaque année à Saint-Gall jusqu’à 45 étudiant·es de master particulièrement brillant·es de Suisse et d’Europe, afin de leur offrir un accompagnement et un perfectionnement ciblés.

Défis et déficit budgétaire de l’Université de Bâle

Le rapport annuel de l’Université de Bâle, publié le 22 avril, met en lumière un déséquilibre budgétaire pour l’année 2025. Avec un budget opérationnel d’environ 815 millions de francs face à des revenus ordinaires s’élevant à 771 millions, l’institution a dû absorber ce déficit par l’utilisation de fonds propres libres de l’université.

Cette situation découle de plusieurs défis identifiés dans le rapport. L’établissement a notamment dû augmenter ses investissements pour répondre aux exigences croissantes en matière de cybersécurité. Parallèlement, l’université subit les effets de l’inflation et des variations de taux de change, tout en faisant face à une incertitude persistante sur le maintien des financements fédéraux.

L’université, quant à elle, affirme que sa situation demeure « solide » malgré ce déficit.


HSG: « Les meilleur·es ne doivent pas partir »

Dans une interview accordée au St-Galler Tagblatt, Zeno Staub, président du conseil de l’Université de Saint-Gall (HSG), réaffirme l’ambition d’excellence et de compétitivité internationale de l’institution. Face aux critiques sur les rémunérations élevées de certains professeur·es, il justifie ces salaires par la nécessité d’attirer les meilleurs talents pour garantir une recherche de pointe.

Alors que les négociations budgétaires avec le canton pour la période 2027-2030 approchent, Zeno Staub souligne l’importance stratégique des fonds tiers. Enfin, il défend le rôle de l’HSG dans la promotion de l’égalité des chances et répond aux inquiétudes concernant la place des sciences humaines et sociales au sein de l’université.

Financement par des donateurs individuels : les enseignements tirés de l’affaire Epstein

Selon l’éditorial de Nature, les universités doivent mettre en place des équipes chargées de la compliance ayant non seulement le pouvoir d’évaluer les risques liés aux sources de financement, mais aussi de donner suite à leurs conclusions afin de garantir le respect des politiques de financement éthiques.

Science et bz Zeitung für die Region Basel mettent en lumière des scientifiques qui ont refusé des fonds du sulfureux mécène de la recherche Jeffrey Epstein.

Financement privé pour la recherche sur le cancer

«En Suisse, la Fondation ISREC joue un rôle essentiel» dans la lutte contre la cancer. «Elle peut le faire grâce au soutien de donateurs, dont la Loterie Romande.» L’Institut suisse de recherche expérimentale sur le cancer (ISREC) est intégré depuis 2008 à la Faculté des sciences de la vie de l’EPFL.

Une manne pour la recherche à Genève

«L’Université de Genève a créé une fondation pour financer des projets via de l’argent privé – celui de la Fondation Hans Wilsdof principalement. Cette aide ne se substitue en aucun cas aux fonds publics, insiste l’institution. Mais ces derniers sont en partie menacés»

«Des mécènes privés veulent soutenir le nouvel accélérateur du CERN»

«Pour la première fois depuis sa création, le laboratoire européen de physique des particules bénéficiera du soutien de donateurs privés pour la construction de son prochain instrument phare, le Futur collisionneur circulaire (FCC). Les engagements annoncés jeudi atteignent 860 millions d’euros, soit un milliard de dollars. Cette levée de fonds exceptionnelle réunit des figures emblématiques de la tech et de l’industrie»: la Fondation Breakthrough Prize du milliardaire russe Iouri Milner, le Fonds Eric et Wendy Schmidt pour l’innovation stratégique de l’ancien PDG de Google, l’héritier de la famille Agnelli John Elkann, et l’entrepreneur français Xavier Niel, propriétaire du groupe Iliad, figurent parmi les contributeurs. (Bilan) Le coût total du projet est estimé à 15 milliards de francs. La décision du Conseil du CERN concernant la construction du FCC est attendue vers 2028.

CHUV : bras de fer avec le canton

«Les syndicats Sud, SSP et FSF ont rencontré le Conseil d’État vaudois mercredi pour la première fois après l’annonce, la veille, de la suppression de 50 postes de chercheurs en oncologie du CHUV. Le gouvernement complète cette annonce en affirmant que «les négociations vont se dérouler jusqu’à fin janvier». […] Le «maintien de la recherche et des emplois doit être réglé sur la base d’un financement public», demande Sud.» (24 heures)

«La fédération syndicale SUD estime que l’Etat et le CHUV disposent des moyens nécessaires pour maintenir ces activités, par un financement public direct, plutôt qu’en laissant leur pérennité dépendre de fonds externes. Le syndicat conteste notamment l’argument selon lequel les recherches en question ne produiraient pas encore d’applications concrètes en clinique. «Avec ce raisonnement, on ne ferait plus aucune recherche fondamentale!» s’indigne Aristides Pedraza», syndicaliste de SUD. (Le Courrier)

Nouveau centre de recherche sur l’intelligence artificielle dans le secteur des assurances

Le Zurich Insurance Group (Zurich), l’Université de Saint-Gall et l’EPFZ ont fondé un nouveau centre de recherche qui vise à repenser l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les assurances. Appelé «Zurich AI Lab», la collaboration a pour but de rechercher et développer de nouveaux modèles commerciaux, processus et offres dans le secteur des assurances. Elle garantit aux partenaires académiques une totale liberté de recherche. (Inside IT)

Des cadres de la compagnie d’assurance Zurich, des professeur·es, doctorant·es et étudiant·es de master travailleront sur des sites à Saint-Gall, Zurich et Singapour.

La fuite des cerveaux américains, un avantage à saisir

La politique du gouvernement Trump envers la recherche pousse de nombreux·euses scientifiques américain·es ou expatrié·es à quitter les États-Unis. Cependant, en Suisse, les universités et leurs faîtières ne proposent actuellement pas de forte politique d’accueil pour ces scientifiques américain·es. Des chercheur·euses prestigieux·euses ont néanmoins pu être engagé·es de manière ponctuelle, tel·les les prix Nobel Esther Duflo et Abhijit Banerjee à l’Université de Zurich, grâce à un financement privé de la Fondation Lemann. La réticence actuelle des universités suisses pourrait être liée à des restrictions budgétaires dans le domaine au sein du pays, ainsi que par les faits de ne pas vouloir provoquer publiquement les États-Unis ou compromettre des partenariats de recherche avec eux.

Selon plusieurs expert·es et le rédacteur en chef du journal, cette situation représente cependant «une énorme opportunité pour les universités européennes». Il ne s’agirait pas seulement d’accueillir des scientifiques américains·es, mais aussi de récupérer des chercheur·euses qui ne voudraient désormais plus rejoindre les Etats-Unis pour tout ou partie de leur carrière.

Patrick Aebischer, ancien président de l’EPFL propose alors la solution suivante: combiner financement public et privé afin de  transformer la fuite des cerveaux américains en avantage durable pour l’innovation helvétique.

Soutien financier pour les hautes écoles de Fribourg de quatre entreprises proches de l’Etat

En plus du soutien du canton, l’Université de Fribourg et la HES-SO Fribourg bénéficient d’un soutien financier de quatre entreprises proches de l’Etat: 70 millions de francs pour l’Université et 16 millions pour la HES-SO en 2024, de la part de la Banque cantonale de Fribourg BCF, de l’assurance cantonale des bâtiments ECAB du fournisseur d’énergie Groupe E ainsi que des entreprises de transport TPF. Des membres du Grand Conseil voulaient savoir dans quelle mesure les acteurs économiques locaux participaient aux coûts des institutions d’enseignement.

Un autre soutien de la part de ces organisme consiste à assurer des stages, des possibilités de formation appliquée et des placements professionnels aux étudiant·es des hautes écoles. «Dans ce contexte, le Groupe E et le TPF travaillent en étroite collaboration avec l’Université et la Haute école d’architecture et de technologie de Fribourg. Un exemple concret en est la promotion de la diversité et des carrières des femmes dans l’ingénierie par le Groupe E.» «L’ECAB soutient également des mandats sous forme de projets de recherche, accompagne des travaux de bachelor et finance des chaires.»

«Transition écologique : Une école publique polluée par les intérêts privés»

Alors que la moitié des universités françaises ont mis en place des formations sur la transition écologique, les scientifiques Jean Jouzel et Luc Abbadie, auteurs d’un rapport de référence sur le sujet, saluent les progrès accomplis mais mettent en garde contre la dépendance aux financements privés.

En effet, un rapport du Observatoire des multinationales publié mercredi pointe l’omniprésence des multinationales à l’école Politechnique (aussi appelé l’X), dans les chaires, les partenariats et la vie étudiante. «Un entrisme qui retarderait l’arrivée de contenus liés à la protection de l’environnement  dans les cursus et enfermerait les futurs ingénieurs vers un seul modèle de réussite.»

Nouvelle chaire de fondation pour la recherche sur le climat à l’Université de Bâle

L’Université de Bâle va créer une nouvelle chaire de recherche sur le climat au sein du Biozentrum, un institut de sciences de la vie spécialisé dans la recherche et l’enseignement moléculaires et biomédicaux fondamentaux. La fondation Georg-H. Endress financera la chaire sur 25 ans, à hauteur totale de 17,25 millions de francs. Une fois le financement de la fondation terminé, il sera repris par la faculté des sciences philosophiques et naturelles.

L’objectif de la nouvelle chaire sera d’acquérir des connaissances fondamentales à l’interface entre la biophysique et la biologie environnementale liée au climat. Les savoirs seront ensuite utilisés pour la protection et la conservation du climat. «Selon la doyenne de l’université, Andrea Schenker-Wicki, cela pourrait constituer le point de départ d’un centre international de recherche sur le climat.»

«Thérapies anti-âge : avons-nous mal orienté le financement de la recherche en santé ?»

L’auteur de Science Business David Matthews compare le déni passé concernant l’hypertension dans les années 1960 à celui d’aujourd’hui vis-à‑vis du vieillissement : autrefois jugé «bénin» ou trop naturel pour être traité, le vieillissement est encore largement ignoré dans le financement de la recherche médicale sciencebusiness.net. Le vieillissement, même s’il constitue un facteur de risque commun à de nombreuses maladies, ne bénéficie pas d’un statut de maladie à part entière dans les systèmes réglementaires. Cela limite fortement l’éligibilité des recherches sur le vieillissement aux financements publics ou aux essais cliniques. En conséquence, ces recherches restent marginales face à celles ciblant des pathologies spécifiques, comme le cancer.

Ce décalage incite à repenser la manière dont les fonds de santé publique sont alloués, afin d’intégrer davantage la lutte contre le vieillissement — qui pourrait prévenir plusieurs maladies à la fois — plutôt que de continuer à les aborder isolément.

La SRF Wissenschaftsmagazin a également dédié une émission au sujet de la la longévité. Elle évoque par ailleurs le projet du Campus suisse pour la longévité (voir aussi l’article Medinside du 06.02.2025), qui sera mis en place par Heike Bischoff-Ferrari, professeure spécialisée dans le vieillissement, à l’Université de Bâle.