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Sujet: financement tiers

France: « A Polytechnique, des étudiants perturbent la remise de diplômes et dénoncent l’emprise de certaines entreprises»

Ce vendredi 12 juin, lors de la remise des diplômes de la promotion 2021-2026 de l’École Polytechnique (Essonne – FR), un collectif étudiant a dénoncé l’influence des grands groupes industriels sur leur cursus. Les manifestant·es ont notamment ciblé la présence massive de PDG au conseil d’administration de l’établissement, certain·es arborant des masques à l’effigie de Bernard Arnault et Patrick Pouyanné.

En réaction, la directrice générale de l’école, Laura Chaubard, a affirmé partager leurs préoccupations face aux enjeux environnementaux et géopolitiques, tout en estimant que les étudiant·es se « trompaient de cible ».

23 millions de francs pour l’Université de Saint-Gall

L’Université de Saint-Gall (HSG) a reçu un don de 23,75 millions de francs suisses de la part d’un ancien étudiant norvégien, Christen Sveaas. L’Université prévoit d’investir 20 millions de francs sur le marché des capitaux afin de générer des rendements à long terme, calqué sur le modèle de gestion financière des universités privées américaines.

Les 3,75 millions de francs suisses restants serviront à financer un programme visant à accueillir chaque année à Saint-Gall jusqu’à 45 étudiant·es de master particulièrement brillant·es de Suisse et d’Europe, afin de leur offrir un accompagnement et un perfectionnement ciblés.

Défis et déficit budgétaire de l’Université de Bâle

Le rapport annuel de l’Université de Bâle, publié le 22 avril, met en lumière un déséquilibre budgétaire pour l’année 2025. Avec un budget opérationnel d’environ 815 millions de francs face à des revenus ordinaires s’élevant à 771 millions, l’institution a dû absorber ce déficit par l’utilisation de fonds propres libres de l’université.

Cette situation découle de plusieurs défis identifiés dans le rapport. L’établissement a notamment dû augmenter ses investissements pour répondre aux exigences croissantes en matière de cybersécurité. Parallèlement, l’université subit les effets de l’inflation et des variations de taux de change, tout en faisant face à une incertitude persistante sur le maintien des financements fédéraux.

L’université, quant à elle, affirme que sa situation demeure « solide » malgré ce déficit.


HSG: « Les meilleur·es ne doivent pas partir »

Dans une interview accordée au St-Galler Tagblatt, Zeno Staub, président du conseil de l’Université de Saint-Gall (HSG), réaffirme l’ambition d’excellence et de compétitivité internationale de l’institution. Face aux critiques sur les rémunérations élevées de certains professeur·es, il justifie ces salaires par la nécessité d’attirer les meilleurs talents pour garantir une recherche de pointe.

Alors que les négociations budgétaires avec le canton pour la période 2027-2030 approchent, Zeno Staub souligne l’importance stratégique des fonds tiers. Enfin, il défend le rôle de l’HSG dans la promotion de l’égalité des chances et répond aux inquiétudes concernant la place des sciences humaines et sociales au sein de l’université.

Financement par des donateurs individuels : les enseignements tirés de l’affaire Epstein

Selon l’éditorial de Nature, les universités doivent mettre en place des équipes chargées de la compliance ayant non seulement le pouvoir d’évaluer les risques liés aux sources de financement, mais aussi de donner suite à leurs conclusions afin de garantir le respect des politiques de financement éthiques.

Science et bz Zeitung für die Region Basel mettent en lumière des scientifiques qui ont refusé des fonds du sulfureux mécène de la recherche Jeffrey Epstein.

Financement privé pour la recherche sur le cancer

«En Suisse, la Fondation ISREC joue un rôle essentiel» dans la lutte contre la cancer. «Elle peut le faire grâce au soutien de donateurs, dont la Loterie Romande.» L’Institut suisse de recherche expérimentale sur le cancer (ISREC) est intégré depuis 2008 à la Faculté des sciences de la vie de l’EPFL.

Une manne pour la recherche à Genève

«L’Université de Genève a créé une fondation pour financer des projets via de l’argent privé – celui de la Fondation Hans Wilsdof principalement. Cette aide ne se substitue en aucun cas aux fonds publics, insiste l’institution. Mais ces derniers sont en partie menacés»

«Des mécènes privés veulent soutenir le nouvel accélérateur du CERN»

«Pour la première fois depuis sa création, le laboratoire européen de physique des particules bénéficiera du soutien de donateurs privés pour la construction de son prochain instrument phare, le Futur collisionneur circulaire (FCC). Les engagements annoncés jeudi atteignent 860 millions d’euros, soit un milliard de dollars. Cette levée de fonds exceptionnelle réunit des figures emblématiques de la tech et de l’industrie»: la Fondation Breakthrough Prize du milliardaire russe Iouri Milner, le Fonds Eric et Wendy Schmidt pour l’innovation stratégique de l’ancien PDG de Google, l’héritier de la famille Agnelli John Elkann, et l’entrepreneur français Xavier Niel, propriétaire du groupe Iliad, figurent parmi les contributeurs. (Bilan) Le coût total du projet est estimé à 15 milliards de francs. La décision du Conseil du CERN concernant la construction du FCC est attendue vers 2028.

CHUV : bras de fer avec le canton

«Les syndicats Sud, SSP et FSF ont rencontré le Conseil d’État vaudois mercredi pour la première fois après l’annonce, la veille, de la suppression de 50 postes de chercheurs en oncologie du CHUV. Le gouvernement complète cette annonce en affirmant que «les négociations vont se dérouler jusqu’à fin janvier». […] Le «maintien de la recherche et des emplois doit être réglé sur la base d’un financement public», demande Sud.» (24 heures)

«La fédération syndicale SUD estime que l’Etat et le CHUV disposent des moyens nécessaires pour maintenir ces activités, par un financement public direct, plutôt qu’en laissant leur pérennité dépendre de fonds externes. Le syndicat conteste notamment l’argument selon lequel les recherches en question ne produiraient pas encore d’applications concrètes en clinique. «Avec ce raisonnement, on ne ferait plus aucune recherche fondamentale!» s’indigne Aristides Pedraza», syndicaliste de SUD. (Le Courrier)

Nouveau centre de recherche sur l’intelligence artificielle dans le secteur des assurances

Le Zurich Insurance Group (Zurich), l’Université de Saint-Gall et l’EPFZ ont fondé un nouveau centre de recherche qui vise à repenser l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les assurances. Appelé «Zurich AI Lab», la collaboration a pour but de rechercher et développer de nouveaux modèles commerciaux, processus et offres dans le secteur des assurances. Elle garantit aux partenaires académiques une totale liberté de recherche. (Inside IT)

Des cadres de la compagnie d’assurance Zurich, des professeur·es, doctorant·es et étudiant·es de master travailleront sur des sites à Saint-Gall, Zurich et Singapour.

La fuite des cerveaux américains, un avantage à saisir

La politique du gouvernement Trump envers la recherche pousse de nombreux·euses scientifiques américain·es ou expatrié·es à quitter les États-Unis. Cependant, en Suisse, les universités et leurs faîtières ne proposent actuellement pas de forte politique d’accueil pour ces scientifiques américain·es. Des chercheur·euses prestigieux·euses ont néanmoins pu être engagé·es de manière ponctuelle, tel·les les prix Nobel Esther Duflo et Abhijit Banerjee à l’Université de Zurich, grâce à un financement privé de la Fondation Lemann. La réticence actuelle des universités suisses pourrait être liée à des restrictions budgétaires dans le domaine au sein du pays, ainsi que par les faits de ne pas vouloir provoquer publiquement les États-Unis ou compromettre des partenariats de recherche avec eux.

Selon plusieurs expert·es et le rédacteur en chef du journal, cette situation représente cependant «une énorme opportunité pour les universités européennes». Il ne s’agirait pas seulement d’accueillir des scientifiques américains·es, mais aussi de récupérer des chercheur·euses qui ne voudraient désormais plus rejoindre les Etats-Unis pour tout ou partie de leur carrière.

Patrick Aebischer, ancien président de l’EPFL propose alors la solution suivante: combiner financement public et privé afin de  transformer la fuite des cerveaux américains en avantage durable pour l’innovation helvétique.

Soutien financier pour les hautes écoles de Fribourg de quatre entreprises proches de l’Etat

En plus du soutien du canton, l’Université de Fribourg et la HES-SO Fribourg bénéficient d’un soutien financier de quatre entreprises proches de l’Etat: 70 millions de francs pour l’Université et 16 millions pour la HES-SO en 2024, de la part de la Banque cantonale de Fribourg BCF, de l’assurance cantonale des bâtiments ECAB du fournisseur d’énergie Groupe E ainsi que des entreprises de transport TPF. Des membres du Grand Conseil voulaient savoir dans quelle mesure les acteurs économiques locaux participaient aux coûts des institutions d’enseignement.

Un autre soutien de la part de ces organisme consiste à assurer des stages, des possibilités de formation appliquée et des placements professionnels aux étudiant·es des hautes écoles. «Dans ce contexte, le Groupe E et le TPF travaillent en étroite collaboration avec l’Université et la Haute école d’architecture et de technologie de Fribourg. Un exemple concret en est la promotion de la diversité et des carrières des femmes dans l’ingénierie par le Groupe E.» «L’ECAB soutient également des mandats sous forme de projets de recherche, accompagne des travaux de bachelor et finance des chaires.»

«Transition écologique : Une école publique polluée par les intérêts privés»

Alors que la moitié des universités françaises ont mis en place des formations sur la transition écologique, les scientifiques Jean Jouzel et Luc Abbadie, auteurs d’un rapport de référence sur le sujet, saluent les progrès accomplis mais mettent en garde contre la dépendance aux financements privés.

En effet, un rapport du Observatoire des multinationales publié mercredi pointe l’omniprésence des multinationales à l’école Politechnique (aussi appelé l’X), dans les chaires, les partenariats et la vie étudiante. «Un entrisme qui retarderait l’arrivée de contenus liés à la protection de l’environnement  dans les cursus et enfermerait les futurs ingénieurs vers un seul modèle de réussite.»

Nouvelle chaire de fondation pour la recherche sur le climat à l’Université de Bâle

L’Université de Bâle va créer une nouvelle chaire de recherche sur le climat au sein du Biozentrum, un institut de sciences de la vie spécialisé dans la recherche et l’enseignement moléculaires et biomédicaux fondamentaux. La fondation Georg-H. Endress financera la chaire sur 25 ans, à hauteur totale de 17,25 millions de francs. Une fois le financement de la fondation terminé, il sera repris par la faculté des sciences philosophiques et naturelles.

L’objectif de la nouvelle chaire sera d’acquérir des connaissances fondamentales à l’interface entre la biophysique et la biologie environnementale liée au climat. Les savoirs seront ensuite utilisés pour la protection et la conservation du climat. «Selon la doyenne de l’université, Andrea Schenker-Wicki, cela pourrait constituer le point de départ d’un centre international de recherche sur le climat.»

«Thérapies anti-âge : avons-nous mal orienté le financement de la recherche en santé ?»

L’auteur de Science Business David Matthews compare le déni passé concernant l’hypertension dans les années 1960 à celui d’aujourd’hui vis-à‑vis du vieillissement : autrefois jugé «bénin» ou trop naturel pour être traité, le vieillissement est encore largement ignoré dans le financement de la recherche médicale sciencebusiness.net. Le vieillissement, même s’il constitue un facteur de risque commun à de nombreuses maladies, ne bénéficie pas d’un statut de maladie à part entière dans les systèmes réglementaires. Cela limite fortement l’éligibilité des recherches sur le vieillissement aux financements publics ou aux essais cliniques. En conséquence, ces recherches restent marginales face à celles ciblant des pathologies spécifiques, comme le cancer.

Ce décalage incite à repenser la manière dont les fonds de santé publique sont alloués, afin d’intégrer davantage la lutte contre le vieillissement — qui pourrait prévenir plusieurs maladies à la fois — plutôt que de continuer à les aborder isolément.

La SRF Wissenschaftsmagazin a également dédié une émission au sujet de la la longévité. Elle évoque par ailleurs le projet du Campus suisse pour la longévité (voir aussi l’article Medinside du 06.02.2025), qui sera mis en place par Heike Bischoff-Ferrari, professeure spécialisée dans le vieillissement, à l’Université de Bâle.

L’EPFZ reçoit un don de 100 millions pour un futur centre d’observation de la Terre à Lucerne

«L’Ecole polytechnique fédérale de Zurich va bénéficier d’un don de 100 millions de francs pour la création d’un centre de compétence pour l’observation de la Terre. La somme est mise à disposition par la Fondation lucernoise Jörg G. Bucherer.» (Le Temps) Implanté dans le canton de Lucerne, le Swiss GeoLab sera dirigé par l’astrophysicien américano-suisse Thomas Zurbuchen, ancien directeur scientifique de la NASA (2016-2022) puis directeur des sciences spatiales à l’EPFZ. Son objectif sera d’obtenir une meilleure compréhension des changements environnementaux grâce à des données (provenant de satellites, de drones et de stations de mesure) reliées par une plateforme technologique. Les thèmes de recherche iront ainsi de la détection précoce de catastrophes naturelles à la prévision de rendements agricoles. Opérationnel en 2027 et pleinement développé d’ici 2030, le centre comptera à son actif une centaine de collaborateur·ices. «Avec la création de l’ETH Swiss GeoLab, l’ETH Zurich et la fondation Jörg-G.-Bucherer renforcent un domaine de recherche qui est actuellement sous pression aux Etats-Unis.» (NZZ)

Mobilisation d’une mère et de l’ex-recteur de l’UNIGE pour la recherche sur des maladies rares

Yves Flückiger et sa nièce Valérie, maman d’un petit garçon touché par une maladie génétique rare, se mobilisent pour faire connaître le syndrome de Silver Russel et améliorer sa prise en charge.

L’ancien recteur de l’Université de Genève et actuel président des Académies suisses des sciences Yves Flückiger explique pourquoi il est difficile de trouver du financement pour la recherche sur des maladies rares, même si 10% de la population sont touchés par une telle maladie.

Création de la «Fondation pour l’université de Genève» afin de financer la recherche

«L’université de Genève vient de se doter d’une fondation pour la recherche. Créé en mars 2025, cet organisme sans but lucratif entend renforcer l’impact de l’université (Unige) «en matière de recherche, d’enseignement et de services à la cité»». Elle participera notamment au financement de «projets ambitieux qui dépassent les capacités du budget ordinaire de l’Université» et «contribuera aussi à moderniser les équipements de l’institution». La fondation a été créée à la demande de la Fondation Hans Wilsdorf qui financera en grande partie cette nouvelle structure.

UNIGE: Des chaires d’excellence pour défendre la science

L’UNIGE lance en effet un programme de chaires d’excellence, créées pour attirer les meilleurs talents dans des domaines stratégiques : La médecine, les neurosciences, la physique, les mathématiques, voire le domaine de la vie dans l’Univers forment les piliers de cette première phase, mais d’autres disciplines pourraient suivre, selon les opportunités.

La rectrice Audrey Leuba, qualifie ce moment de lancement de «particulièrement opportun», «puisque la science est menacée de toutes parts. Financées par la Fondation Hans Wilsdorf à hauteur de 10 millions de francs en 2025, ces chaires joueront également un rôle d’accélérateur, en facilitant l’accès à des financements compétitifs et en stimulant les partenariats stratégiques. »

«Plus d’un million pour la recherche sur les organes génitaux féminins et sur le cancer»

Deux groupes de recherche lémaniques ont reçu mardi le prix scientifique Leenaards 2025, d’un montant de 1,4 million.

Le premier groupe de recherche dirigé par la Doctoresse Jasmine Abdulcadir (HUG) développe un outil pour mesurer la sensibilité des organes génitaux féminins dans le cadre de l’accompagnement des femmes victimes d’excision. «Le projet bénéficiera à toutes les femmes souffrant de troubles de la sensibilité génitale, domaine où les mesures scientifiques objectives sont encore « largement insuffisantes ». Les personnes présentant des blessures génitales suite à un accouchement ou des affections neurologiques sont aussi concernées.» (RTS)

L’autre équipe de recherche vient de l’EPFL et de l’Université de Genève et est dirigée par le Professeur Li Tang (EPFL). Elle se concentre sur les personnes atteintes d’un cancer résistants aux immunothérapies, se focalisant sur la structure des cellules cancéreuses. «Le groupe de recherche espère ouvrir la voie à de nouveaux traitements plus efficaces en ciblant une vulnérabilité mécanique de ces cellules.» (RTS)