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Sujet: formation – avocats

«Un mentorat [contre les inégalités de genre] pour avocates en devenir»

Au sein de la profession d’avocat·e, les inégalités de genre persistent. En 2019, l’Ordre des avocats de Genève a créé une Commission de l’égalité pour faire face à ce problème et en janvier 2023, «un projet de mentorat à destination des stagiaires ou des collaboratrices ayant moins de cinq ans d’expérience» a été lancé. Les retours des participantes «ont été très positifs» et une seconde volée du mentorat s’ouvre le 1er février 2024.

Une pétition contre l’école d’avocature

Un texte ayant récolté 153 signatures a été envoyé à la direction de l’école d’avocature, demandant «une révision du barème d’admission.»

«[C]ette formation, qui n’existe qu’à Genève, avait été instaurée pour juguler […] l’hécatombe aux examens du barreau, la dernière étape avant la pratique de la profession. […] Ce passage obligé a infléchi la courbe de l’échec de 4% (de 6,6% à 2%).» Les reproches qui lui sont adressés sont pluriels. Tout d’abord, «les conditions de l’examen elles-mêmes qui pèchent par leur opacité et mettent après deux tentatives les étudiants en échec définitif. À la session de septembre, plus de 67,5% ont échoué.» Puis, les frais d’écolage de 35’000 CHF et le fait que «contrairement à ce que prétend la direction de l’ECAV, la formation ne raccourcit pas systématiquement de six mois la durée du stage qui s’effectue dans une étude d’avocat.»

«Yvan Jeanneret, président de l’Ecole d’avocature déclare que «L’ECAV ne peut malheureusement assurer la réussite de tous, l’échec, source de frustration légitime, faisant partie de toute formation.» […] En ce qui concerne la durée du stage, elle est comme le prévaut la loi de 18 mois au minimum. L’ECAV n’a pas la charge d’organiser et de cadrer les modalités du stage ni d’intervenir dans les rapports contractuels entre maîtres de stage et stagiaires. À noter que le montant de l’écolage n’est pas non plus du ressort de l’école mais de celui du Conseil d’Etat.»

À Genève, des étudiant·e·s en droit désespèrent de ne pas trouver de stage

À Genève, les étudiant·e·s en droit peinent à trouver un stage à l’issue de leurs études. Certain·e·s ne parviennent pas à finaliser leur formation, faute de places dans les cabinets d’avocat. Des délais de recherche d’un à trois ans sont courants et la concurrence avec les étudiant·e·s de l’Université de Fribourg accroît encore la difficulté ; le cursus bilingue offert par cette dernière étant apprécié dans le milieu juridique.
Des étudiant·e·s dénoncent le manque de renseignements sur le «caractère déterminant des notes de bachelor» pour trouver une place et font part d’un sentiment d’injustice face à une culture du «réseautage». Enfin, l’exigence croissante du «brevet d’avocats» pour les postes de juristes aurait pour conséquence une académisation de ces professions. Les efforts de l’Université de Genève pour y remédier par la création d’un master spécifique destiné à former des juristes d’entreprises n’a cependant pas suffit pour libérer des places de stages.

À Genève, les futurs avocats galèrent pour trouver des stages obligatoires

A Genève, il faut parfois plus de deux ans aux étudiant·e·s pour décrocher un stage, passage obligé avant le brevet. De plus, une charte définit le cadre du stage ainsi que sa rémunération: 3500 francs brut par mois. Un salaire indicatif mais pas obligatoire. Selon certains témoignages, des études, devant l’offre abondante de stagiaires, n’hésitent pas à proposer moins. La refonte complète du règlement d’application de la loi sur la profession d’avocat, qui a conduit à la fondation de l’ECAV en 2011, est à l’origine de cette nouvelle situation. La formation, qui mélange le système suisse de stage pratique et le français, qui privilégie la théorie, rencontre un vif succès. «Les étudiants des autres cantons représentent entre 20 et 25% des volées de l’ECAV», estime Carole Lager, sa Directrice.