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Sujet: différence entre HES et universités

Forces et faiblesses des HES

Cet article traite du rôle des hautes écoles spécialisées dans le système suisse de recherche et d’innovation, de l’analyse de leurs atouts structurels et des risques réels auxquels elles sont confrontées, ainsi que des questions systémiques en suspens dans un contexte plus large de politique universitaire.

Il vient à la conclusion qu’il faut protéger les HES activement : contre la tentation de l’académisation, contre les instruments de financement qui récompensent les mauvais profils et contre les structures qui, bien qu’elles portent le nom «HES», n’en incarnent plus l’essence.

Première journée institutionnelle à Fribourg pour la HES-SO

«La HES-SO organise sa première journée institutionnelle à Fribourg dans un contexte épineux. […] Imaginée sur le modèle du Dies academicus, propre aux universités, cette cérémonie entend rendre hommage aux personnes qui font vivre les hautes écoles et rappeler le rôle essentiel de mise en relation de ces organisations.» A cette occasion, La Liberté interviewe Luciana Vaccaro, rectrice de la HES-SO et présidente de Swissuniversities. Elle aborde le contexte actuel de coupes budgétaires, la participation de la Suisse aux programmes européens de recherche et de formation, et les objectifs de la HES-SO, qui sont autour des thématiques de durabilité, technologie et intelligence artificielle.

La hausse des taxes d’études, une question d’équité envers la formation professionnelle

Dans une tribune ouverte de la NZZ, Werner Inderbitzin défend l’augmentation des taxes d’études dans les hautes écoles. Selon lui, elles répondent à une question d’équité compte tenu du «traitement très inégal» entre formation universitaire et formation professionnelle. Les propositions de doublement et quadruplement des taxes d’études sont selon lui «une augmentation modérée», dont les éventuelles difficultés sociales résultantes pourraient être palliées par le biais de bourses.
Il relève en particulier que l’obtention d’un bachelor dans une haute école spécialisée est financé par les pouvoirs publics à hauteur de 60’000 à 120’000 francs, des montants encore plus élevés dans les universités, alors que les étudiant·es paient en moyenne 1’500 francs par an. Dans une école supérieure, les étudiant·es paieraient elles- et eux-mêmes environ 15’000 francs pour l’apprentissage, et jusqu’à 40’000 francs pour certains brevets fédéraux (par exemple pour devenir entrepreneur en construction).

Rudolf Strahm sur l’importance d’introduire les titres «professional bachelor» et «professional master»

Le conseiller national socialiste et surveillant des prix Rudolf Strahm, auteur d’un livre sur «l’académisation» croissante en Suisse [en 2014], estime que titre des diplômes gagnent en importance. «En Suisse, les diplômes professionnels supérieurs sont aujourd’hui déjà évalués au même niveau que le bachelor ou le master, selon le cadre national de qualifications. Mais presque personne ne le sait.»

Il plaide donc pour l’introduction des «professional bachelor» et «professional master».  La semaine prochaine, la commission compétente du Conseil des États se penchera sur le message du Conseil fédéral concernant ce sujet. Une raison pour laquelle ces grades n’ont pas encore été introduits serait la réticence des universités.

«C’est honteux», affirme Rudolf Strahm. «L’Allemagne et l’Autriche ont déjà fait ce pas depuis longtemps», et cette idée aurait déjà le soutien des associations professionnelles et du Conseil fédéral.

«Outre la suffisance académique, les universités ont également un problème d’emploi pour leurs diplômés, en particulier dans les sciences humaines et sociales. Beaucoup ont du mal à trouver un emploi. 48 pour cent n’ont pas encore d’emploi fixe un an après l’obtention de leur diplôme ; après cinq ans, ils ne sont plus que 28 pour cent. C’est la raison pour laquelle ils s’accrochent tant aux titres comme argument de vente unique. Mais il est bien sûr embarrassant que les universités s’opposent à ce point à l’adaptation.»

«Le Conseil fédéral adopte le message concernant les filières d’études HES intégrant une partie pratique dans le domaine MINT»

«Le 21 mai 2025, le Conseil fédéral a transmis au Parlement le message relatif à la modification de la loi sur l’encouragement et la coordination des hautes écoles (LEHE). Cette modification offre aux hautes écoles la possibilité de proposer dans le domaine des mathématiques, de l’informatique, des sciences naturelles et de la technique (MINT) des filières d’études bachelor intégrant une partie pratique [les PiBS] sur le marché du travail. Cette offre d’études a été testée dans le cadre d’un projet pilote.» Ainsi, «le nouvel art. 25a permet aux titulaires d’une maturité gymnasiale ou d’une maturité professionnelle d’intégrer directement les filières PiBS sans justifier d’une expérience du monde du travail préalable. Il précise également que les filières PiBS durent quatre ans, soit une année de plus que les filières d’études standard. […] Les filières PiBS contribuent par ailleurs à la lutte contre la pénurie de personnel qualifié. […] Le Conseil des hautes écoles de la Conférence suisse des hautes écoles, qui avait examiné le projet de loi avant le début de la procédure de consultation, s’était déjà exprimé en faveur du projet de loi.»

Le processus de Bologne conduit-il à une surqualification ou à une mauvaise qualification ?

Rester à l’université après le bachelor – ou aller dans le monde du travail ? L’atelier de réflexion libéral Avenir Suisse estime que les nombreux masters universitaires sans pratique professionnelle posent problème : «Il en résulte le problème d’une formation trop longue (surqualification) et qui rate sa cible (inadéquation de compétences).»

Selon le journaliste des 20 minutes Yannick Weber, «Avenir Suisse ne cite pas une étude de l’Office fédéral de la statistique, qui montre que le problème n’est pas de grande ampleur. Seuls 6% des diplômés de master ont un emploi qui ne correspond pas à leurs qualifications. C’est moins que pour les détenteurs… de bachelors d’une HES (un peu plus de 10%)»

Ursula Renold, professeur de systèmes éducatifs à l’EPFZ, s’oppose également aux conclusion d’Avenir Suisse, se basant sur les données du dernier rapport sur l’éducation. «Les universités contribuent largement à la capacité d’innovation de la Suisse. C’est pourquoi je pense que ce ne serait pas une bonne décision de faire du bachelor le diplôme standard, car c’est pour cela que nous avons les hautes écoles spécialisées.»(SRF)

François Abbé-Decarroux dit au revoir à la HES-SO Genève

En poste depuis 2006 à la tête de la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale, François Abbé-Decarroux prend sa retraite le 1er novembre de cette année. Il sera succédé par Daniela Di Mare Appéré.

Tirant le bilan de sa carrière, il estime que la situation de la HES-SO est «plutôt bonne.» Selon lui, «[l]a probabilité d’avoir un emploi une année après l’obtention d’un diplôme HES est en effet très élevée. Plus de 97%, tous domaines confondus. Le bachelor HES, qui est en principe le titre professionnalisant dans une HES, offre une employabilité plus grande que le master obtenu dans une université ou une école polytechnique fédérale.»

Parmi les plus grands défis de son poste, les problèmes liés aux infrastructures sont en tête. En effet, le peuple genevois avait dit non au projet de construction de la Cité de la musique pour la Haute Ecole de Musique. Autre exemple, le bâtiment de la Haute École du paysage, d’ingénierie et d’architecture, est trop vieux et dont les fonds manquent pour une éventuelle rénovation.

«Un coup de pouce pour changer de métier»

«Depuis quatre rentrées, la loi genevoise permet aux candidats à la reconversion professionnelle d’obtenir une bourse d’études.[…] [L]e canton propose une bourse destinée à celles et ceux qui veulent changer de métier.» Cette aide est dotée d’un plafond de 40’000 CHF.  

«En l’espace de trois rentrées, le canton a reçu 299 demandes et en a validé 134 […]. Plus d’un tiers des bénéficiaires ont quitté le milieu de l’art et de la culture […] la gestion et l’administration, et, dans une moindre mesure, les sciences. L’exode de personnel observé dans le secteur de la santé ne décourage visiblement pas les vocations puisqu’un tiers des bourses validées le sont dans ce secteur. Il devance l’enseignement et le social au palmarès des domaines les plus prisés.» 

La HEP Fribourg s’adapte

«En amont de son regroupement avec l’Université de Fribourg (Unifr), la Haute Ecole pédagogique de Fribourg (HEP/PH FR) a introduit pour cette année 2023 des mesures visant à flexibiliser ses programmes d’études.» Premier changement, le temps de formation peut être aménagé sur 12 semestres au lieu de 10, afin de permettre aux étudiant∙es de mieux répartir la charge de travail.

«D’autre part, la situation de double échec a été repensée. Un élève qui a déjà échoué deux fois à un examen peut désormais poursuivre ses études avant sa troisième tentative. Auparavant, il devait avoir validé cet examen pour pouvoir continuer.» Les tests linguistiques ont également été déplacés du deuxième au quatrième semestre et «[e]nfin, les étudiants qui suivent la troisième année de leur cursus se voient attribuer du temps libre pour enseigner dans une école. Une journée par semaine pour les Alémaniques, une demi-journée pour les francophones.»

«Pour ce qui est du regroupement avec l’Université de Fribourg, la décision de la date d’entrée en vigueur du nouveau système (2025 ou 2026) se fera dans le courant du mois d’octobre. «Ce passage ne va pas modifier nos exigences primaires propres à la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP)», note […] la rectrice de la HEP», Delphine Etienne-Tomasini.

«L’éloge de la simulation dans les formations en santé»

Dans le domaine de la santé, les mannequins sont indispensables pour la formation. Pouvant respirer, transpirer, ou même saigner, ils permettent de pallier le manque de places de stages. Toutefois, «une première fois avec un «vrai» patient reste toujours une première fois» expliquent Séverine Rey, maître d’enseignement et Céline Schnegg, adjointe scientifique.

Pourtant, de manière assez paradoxale il semblerait que plus le mannequin a l’air réel, plus il a tendance à créer un sentiment de malaise chez les étudiant∙es.

«Gare aux écarts salariaux entre universitaires et apprentis!»

«Les différences de salaires entre les diplômés universitaires et ceux qui ont suivi un apprentissage se creusent toujours plus. […] Pour George Sheldon, professeur émérite d’économie du marché du travail à l’Université de Bâle, l’apprentissage, s’il reste une formation de base solide, correspond de moins en moins aux besoins. […] «On le voit aussi avec l’immigration: ce qui manque à la Suisse, ce sont en premier lieu des ingénieurs, des chercheurs ou des médecins.»»

Le «cercle vicieux» du système éducatif suisse selon Mathias Binswanger

Dans un interview avec la Handelszeitung et la Freiburger Nachrichten, le professeur en économie de la Haute école spécialisée du Nord-Ouest de la Suisse (FHNW), Mathias Binswanger critique le système éducatif suisse qui ne valorise pas assez l’apprentissage.

Parlant d’un «cercle vicieux» il argue que plus le taux de maturités augmente, et par conséquent le taux d’étudiant·es, les universités vont perdre en qualité. Cela conduira à la création d’universités d’élite ou seuls ceux et celles qui ont étudié dans une telle université ont la chance de trouver un bon emploi. En contrepartie, la Suisse souffre d’un manque de personnel qualifié, qui est amplifié par cette tendance à valoriser uniquement la formation académique. «De plus en plus de jeunes ayant de bonnes aptitudes manuelles tentent de suivre une formation supérieure. En revanche, la qualité baisse chez tous ceux qui font un apprentissage. Les entreprises critiquent les mauvaises performances moyennes des apprentis. En conséquence, les entreprises et les institutions augmentent à leur tour les exigences. Et le cercle tourne».

Pour briser ce «cercle vicieux», le professeur appelle à faire passer un message qu’un apprentissage est une formation équivalente qui donne toutes les chances et le même prestige qu’une formation universitaire.

Regula Leeman, professeure en sociologie de l’éducation de la HEP FHNW et spécialiste du système de l’enseignement en Suisse, réagit dans un interview avec le Tages-Anzeiger aux propos de Mathias Binswanger, qu’elle qualifie comme «conception étonnamment étroite et élitiste de la formation universitaire». Selon elle, «postuler une opposition entre «travail intellectuel» et «travail manuel» n’a plus de sens aujourd’hui. L’artisan classique n’existe plus, il faut partout une multitude de qualifications différentes. Peu importe que l’on soit médecin, menuisier ou juriste : tous doivent aujourd’hui disposer de connaissances abstraites, théoriques et spécialisées.»

«Les universités ne sont pas des HES»

Les étudiants Lukas Heinser (langue et littérature allemandes) et Carlo Mariani (science politique) réagissent aux critiques adressées aux étudiant-es en sciences humaines et sociales par Andrea Franc. Selon eux, sa pensée reflète une tendance en Suisse que le modèle des universités s’approche de celui des Hautes écoles spécalisées en tant que centres de formation et s’éloigne de plus en plus de l’idéal de formation de Humboldt. «L’idée de Humboldt d’une « éducation des sentiments et du caractère qui ne doit manquer à personne » semble passer au second plan, le marché du travail étant de plus en plus considéré comme un point de repère.»

Les auteurs estiment que dans cette perspective purement économique, les sciences humaines et sociales sont mises à mal, car leur utilité ne peut pas être suffisamment comprise uniquement sous cet angle-là.

A titre exemplaire, «Pour endiguer la pandémie de Corona, à part en plus des connaissances médicales, les connaissances sur le comportement humain sont soudainement devenues très importantes, et depuis le début de la guerre en Ukraine, nos experts en Europe de l’Est et en slavistique sont extrêmement demandés », explique Katharina Michaelowa, doyenne de la faculté de philosophie de l’université de Zurich et professeur de sciences politiques.

Selon les auteurs, il faut alors distinguer le modèle universitaire du concept des hautes écoles spécialisées, qui ont pour objectif de proposer des formations professionnalisantes. «Il faut revenir à l’université en tant que lieu de formation, où le savoir est créé et où l’échange est intense, où l’on peut discuter de tout et initier des changements sociaux. Les effets sociaux qui en découlent, et qui proviennent notamment des sciences humaines et sociales, peuvent difficilement être monétarisés. Et c’est précisément pour cette raison que ces biens sont en danger.»

Plaidoyer pour une formation indépendante de doctorant-es par les HES

Le Conseiller national (PLR, ZH) et président de la faitière HES Suisse s’engage pour le droit de promotion dans les HES.

«Il n’y a actuellement pas de large débat politique à ce sujet. Nous sommes également très prudents à ce sujet, car si une proposition est rejetée au Parlement, les portes sont fermées. Nous souhaitons d’abord faire avancer la discussion entre les hautes écoles spécialisées et les universités et présenter une proposition commune. Pour l’instant, nous souhaitons développer le troisième cycle avec différentes possibilités, par exemple avec le DBA (Doctor of Business Administration, un doctorat orienté vers l’application) – ou avec le modèle de coopération entre les hautes écoles spécialisées et les universités, avec lequel on a fait de bonnes expériences.»

«Lorsque nous [en] parlons avec les universités du côté des hautes écoles spécialisées, il s’agit avant tout de questions de détail. Il n’y a pas d’opposition de principe. Il en va autrement en politique. La question des titres universitaires y est parfois considérée de manière plus conservatrice. On ne veut pas attribuer le « titre de docteur » de manière inflationnaire et on émet donc des réserves sur la valeur d’un tel titre lorsqu’il est décerné par une haute école spécialisée.» (Handelszeitung)

En Allemagne, une dixaine de «Länder» ont tenté l’expérience, et sous certaines conditions, les HES ont dorénavant le droit de former des doctorant-es. Un récent rapport d’expertise a analysé le modèle de promotion en Hesse, où l’encadrement des doctorants ne se fait pas par un-e professeur-e, mais plutôt dans un des sept centres de promotions thématiques, auxquels sont associés au moins douze professeurs qui sont bon en recherche («forschungsstark»). Selon le rapport, la qualité de l’encadrement par les centres de promotion «dépasse parfois les standards habituels» dans les universités. (Die Zeit)

Plaidoyer en faveur d’un doctorat HES autonome

Andri Silberschmid est depuis mars 2021 le président de FH Suisse, l’organisation faîtière des diplômé-e-s des HES.  Dans un entretien, il souligne l’importance pour les HES de former eux-mêmes des doctorant-e-s pour leur propre relève académique. «Les modèles de coopérations actuels avec les universités excluent des spécialisations comme celles dans les arts, la musique, en soins et ne sont donc pas une alternative tout à fait à la hauteur.»

«La HES-SO dope la créativité de ses étudiants grâce à des formations innovantes»
Dans le master en innovation de la HES-SO, nommé Innokick, les étudiant·e·s se réunissent deux jours par semaine afin de trouver des «solutions innovantes» à des défis lancés par des entreprises.
«L’Université de Neuchâtel propose un master en innovation, mais la HES-SO, notamment celle du Valais, est en avance dans ce domaine avec la Team Academy, où la théorie s’apprend par le biais d’expériences en entreprise.»
Selon Antoine Perruchoud, professeur à la HES-SO et responsable du programme Team Academy, ce programme répond aux attentes des entreprises en matière de compétences sociales, créativité et de collaboration. Il constate «une grosse progression entre le début et la fin de ces formations orientées vers la créativité et l’innovation. Nous n’aurons pas 80% de nos futurs diplômés qui vont travailler 90% de leur temps dans la créativité.»
Est-ce que l’Université de Zurich vise à devenir comme une HES?

Le recteur de l’Université de Zurich Michael Schaepman avait déclaré dans la NZZ am Sonntag qu’il vise une ouverture de l’Université aux personnes sans maturité. Par ailleurs, l’université devrait, selon lui, offrir des cours dans des différents formes, par exemple des cours très court pour des spécialistes, qui souhaitent mieux connaître la Chine.

L’auteur de l’article Weltwoche estime que ces propos n’ont rien de révolutionnaire, car ces choses sont déjà possibles dans les HES, qui, en pleine expansion, sont en compétition avec les universités. Motivés par le financement fédéral, qui est accordé en fonction du nombre d’étudiant-e-s, ces HES font du marketing pour les cours.

«Si le recteur de l’université, M. Schaepman, veut désormais entrer dans ce champ de bataille avec toute son énergie, il peut certainement faire valoir le prestige académique de l’université comme un avantage. Mais cela mobiliserait l’attention et les capacités de son institution, ce qui manquerait à l’université dans la bataille pour sa réputation académique et son attrait sur le marché international.»

 

«La publicité pour les étudiant-e-s est discutable»

L’ancien recteur de la Haute école zurichoise des arts appliqués (ZHAW), Werner Inderbitzin, estime que les hautes écoles spécialisées (HES) se préoccupent de la promotion de leurs filières au lieu d’assurer un enseignement de qualité. Il regrette qu’il n’y a pas d’évaluation «convaincante» de la qualité de l’enseignement par cursus.

Par ailleurs, il estime que la formation de doctorant-e-s dans les HES est importante pour former la relève académique pour les HES: «Nous avons besoin d’expert-e-s de formation scientifique qui connaissent la recherche orientée sur la pratique, donc des personnes qui ont une double compétence.»

 

La formation de doctorant-e-s par les HES, un risque pour le système scientifique?

Sur deux pages, le Professeur en droit à l’Université de Heidelberg Christian Hattenhauer parle de l’histoire du doctorat en droit, le Doctor iuris. A travers les siècles, les universités ont été à plusieurs périodes tentées d’accorder ce titre prestigieux en échange d’argent, ce qui a toujours résulté dans une perte de leur valeur.

Compte tenue du niveau du doctorat en droit aujourd’hui, «le développement récent devrait être alarmant»: En Allemagne, les états fédérés de la Hesse, du Schleswig-Holstein, de la Saxe-Anhalt et de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie prévoient d’accorder aux HES le droit de promotion, et cela sans collaboration avec une université. Ceci a suscité des critiques de la conférence des recteurs universités et de beaucoup d’autres associations académiques. Même le Ministère fédéral pour l’éducation et la recherche émet des réserves.

Pour l’auteur, cette nouvelle formation « anticonstitutionnelle » met en danger la science comme système. Il estime que les HES ne sont pas assez actives dans la recherche pour fournir la preuve d’une compétence scientifique. Par ailleurs, il y a déjà la possibilité de promouvoir dans une HES en coopérant avec une université, mais peu d’étudiant-e-s choisissent ce chemin. L’auteur estime que les HES aimeraient usurper le prestige des universités, ce qui leur permettrait d’acquérir plus de fonds, au détriment des universités et de la qualité du titre.