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Sujet: droit de promotion

Plaidoyer pour une formation indépendante de doctorant-es par les HES

Le Conseiller national (PLR, ZH) et président de la faitière HES Suisse s’engage pour le droit de promotion dans les HES.

«Il n’y a actuellement pas de large débat politique à ce sujet. Nous sommes également très prudents à ce sujet, car si une proposition est rejetée au Parlement, les portes sont fermées. Nous souhaitons d’abord faire avancer la discussion entre les hautes écoles spécialisées et les universités et présenter une proposition commune. Pour l’instant, nous souhaitons développer le troisième cycle avec différentes possibilités, par exemple avec le DBA (Doctor of Business Administration, un doctorat orienté vers l’application) – ou avec le modèle de coopération entre les hautes écoles spécialisées et les universités, avec lequel on a fait de bonnes expériences.»

«Lorsque nous [en] parlons avec les universités du côté des hautes écoles spécialisées, il s’agit avant tout de questions de détail. Il n’y a pas d’opposition de principe. Il en va autrement en politique. La question des titres universitaires y est parfois considérée de manière plus conservatrice. On ne veut pas attribuer le « titre de docteur » de manière inflationnaire et on émet donc des réserves sur la valeur d’un tel titre lorsqu’il est décerné par une haute école spécialisée.» (Handelszeitung)

En Allemagne, une dixaine de «Länder» ont tenté l’expérience, et sous certaines conditions, les HES ont dorénavant le droit de former des doctorant-es. Un récent rapport d’expertise a analysé le modèle de promotion en Hesse, où l’encadrement des doctorants ne se fait pas par un-e professeur-e, mais plutôt dans un des sept centres de promotions thématiques, auxquels sont associés au moins douze professeurs qui sont bon en recherche («forschungsstark»). Selon le rapport, la qualité de l’encadrement par les centres de promotion «dépasse parfois les standards habituels» dans les universités. (Die Zeit)

Plaidoyer en faveur d’un doctorat HES autonome

Andri Silberschmid est depuis mars 2021 le président de FH Suisse, l’organisation faîtière des diplômé-e-s des HES.  Dans un entretien, il souligne l’importance pour les HES de former eux-mêmes des doctorant-e-s pour leur propre relève académique. «Les modèles de coopérations actuels avec les universités excluent des spécialisations comme celles dans les arts, la musique, en soins et ne sont donc pas une alternative tout à fait à la hauteur.»

La formation de doctorant-e-s par les HES, un risque pour le système scientifique?

Sur deux pages, le Professeur en droit à l’Université de Heidelberg Christian Hattenhauer parle de l’histoire du doctorat en droit, le Doctor iuris. A travers les siècles, les universités ont été à plusieurs périodes tentées d’accorder ce titre prestigieux en échange d’argent, ce qui a toujours résulté dans une perte de leur valeur.

Compte tenue du niveau du doctorat en droit aujourd’hui, «le développement récent devrait être alarmant»: En Allemagne, les états fédérés de la Hesse, du Schleswig-Holstein, de la Saxe-Anhalt et de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie prévoient d’accorder aux HES le droit de promotion, et cela sans collaboration avec une université. Ceci a suscité des critiques de la conférence des recteurs universités et de beaucoup d’autres associations académiques. Même le Ministère fédéral pour l’éducation et la recherche émet des réserves.

Pour l’auteur, cette nouvelle formation « anticonstitutionnelle » met en danger la science comme système. Il estime que les HES ne sont pas assez actives dans la recherche pour fournir la preuve d’une compétence scientifique. Par ailleurs, il y a déjà la possibilité de promouvoir dans une HES en coopérant avec une université, mais peu d’étudiant-e-s choisissent ce chemin. L’auteur estime que les HES aimeraient usurper le prestige des universités, ce qui leur permettrait d’acquérir plus de fonds, au détriment des universités et de la qualité du titre.

Des doctorats bientôt délivrés par les HES et HEP de Lucerne

La HES et la HEP de Lucerne pourront désormais délivrer des doctorats, en collaboration avec l’Université de Lucerne. Grâce à ce projet, soutenu par la Confédération, les doctorant·e·s, bien qu’inscrit·e·s à l’Université, pourront effectuer une partie de leur recherche dans une HES ou HEP. Afin de correspondre aux critères de qualité de recherche définis par les universités, certaines compétences académiques devront être rattrapées.