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Sujet: Erasmus+

Audrey Leuba prend position sur l’initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions»

Audrey Leuba, rectrice de l’Université de Genève, affirme que l’initiative contre une Suisse à 10 millions d’habitants pointe des défis réels, mais met en garde contre une solution en trompe-l’œil qui affaiblirait la recherche et la formation.

«La recherche et l’innovation constituent en outre un moteur clé pour répondre aux défis liés à la sécurité, aux infrastructures, à la durabilité, aux transports ou à l’énergie. Affaiblir la mobilité académique et l’accès aux programmes européens reviendrait à réduire nos marges de manœuvre face aux défis mêmes que l’initiative entend résoudre.»

Initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions»: Un éclairage du Conseil suisse de la science CSS

«D’après le Conseil suisse de la science CSS, une évaluation objective de la situation est nécessaire: que révèlent les données disponibles concernant le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation (FRI)? Cet article de blog s’appuie notamment sur les prises de position du Fonds national suisse (FNS), des Académies suisses des sciences a+ et de swissuniversities, ainsi que sur une étude de scienceindustries et un avis juridique d’Astrid Epiney.»

Opposition à l’initiative «Pas de Suisse à dix millions»

«A l’occasion de la cérémonie des remises des flammes des soins infirmiers vaudois, Frédéric Borloz, Chef du Département de l’enseignement et de la formation professionnelle, souligne l’excellence de la formation dans le Canton de Vaud et son importance dans des professions essentielles.

Cette excellence serait menacée par l’initiative «Pas de Suisse à dix millions», dont des conséquences pénaliseraient les hautes écoles aussi bien dans leur rayonnement que dans leur capacité à attirer des chercheurs et des enseignants qualifiés et reconnus à l’international.»

L’UNES réitère également son opposition à l’initiative, qui menacerait la collaboration internationale et [une future association à] Erasmus+, tout comme la FAE.

 

Les alliances européennes saluent le soutien de l’Europe

À Bruxelles, la Commission européenne et les député·es européen·nes s’affrontent sur la question de savoir dans quelle mesure les domaines de recherche seront intégrés à un instrument beaucoup plus vaste, le Fonds européen pour la compétitivité (FEC), dont le montant est estimé à 409 milliards d’euros.

De plus, le Conseil de l’UE semble soutenir tous les aspects des alliances universitaires, ce qui « revêt une grande importance politique », a déclaré Nicole Birkle, secrétaire générale de l’Alliance Forthem.

Il existe actuellement 73 alliances d’universités européennes, qui regroupent près de 650 établissements d’enseignement supérieur. Elles sont financées par Erasmus+, mais des liens avec d’autres programmes pourraient leur permettre de développer davantage leurs activités de recherche, d’innovation et de valorisation des connaissances.

«Erasmus+, générations perdues?»

La Suisse pourrait renoncer à financer Erasmus+. Par 7 voix contre 5, la commission des finances du Conseil des États a rejeté le crédit de 192,6 millions CHF proposé pour 2027.

Il s’agit d’un enjeu de calendrier, puisque Erasmus+ n’est pas censé pouvoir être détaché des accords bilatéraux II pour être traité à part avant le vote de 2027-2028. Mais, pas seulement, car la Commission des finances écrit qu’une majorité de ses membres «remettent en question l’efficacité et l’utilité du programme Erasmus+».

La journaliste Catherine Frammery estime que la voix des étudiant·es qui pourraient profiter d’Erasmus+ ont moins leur mots à dire [dans la politique fédérale] que les défenseurs de la participation suisse au programme Horizon Europe.

«Peut-être parce que la Suisse abrite les meilleures écoles européennes, parce qu’elle accueille un grand nombre d’étudiants étrangers, parce qu’elle est au cœur de l’Europe et pas une île, elle se voit déjà comme très internationale et ne pense pas qu’elle a beaucoup à «gagner» des échanges avec l’UE.»

Les universités européennes appellent à un renforcement de la coopération en matière de recherche

Une déclaration signée par la Conférence des recteurs allemands, France Universités, les universités des Pays-Bas, la Conférence des recteurs des écoles universitaires de Pologne, le Conseil interuniversitaire flamand, le Conseil des recteurs des universités francophones de Belgique et la Conférence des recteurs des universités espagnoles réclame un budget ambitieux (220 millards d’Euros) pour le programme cadre FP10, 60 milllards pour Erasmus+ et un financement à long terme pour les alliances universitaires. «Aucun État membre ne peut relever à lui seul les défis scientifiques, technologiques et sociétaux d’aujourd’hui.»

Dans sa proposition relative au futur programme, qui doit désormais faire l’objet de négociations entre le Parlement et les gouvernements de l’UE, la Commission a présenté un budget de 175 milliards d’euros. Pour le programme de mobilité étudiante Erasmus+, la Commission a proposé de faire passer le budget de 26,2 milliards d’euros à 40,8 milliards d’euros.

En ce qui concerne les priorités de financement, «Horizon Europe» devrait conserver son autonomie et laisser une place suffisante à la recherche fondamentale, parallèlement aux activités appliquées et axées sur les politiques, estiment les associations universitaires. Les sciences sociales et humaines devraient également jouer un rôle à part entière dans le programme, notamment dans la gouvernance et le développement de technologies innovantes telles que l’intelligence artificielle et la biotechnologie.

La participation à Erasmus+ compromise

La Suisse pourrait renoncer à financer Erasmus+. Par 7 voix contre 5, la commission des finances du Conseil des Etats rejette le crédit de 192,6 millions CHF proposé pour 2027. (Blick)

Elle avait émis des doutes sur l’utilité et l’efficacité du programme, provoquant de vives critiques. L’émission Forum (RTS) a illustré le clivage, opposant le scepticisme du conseiller national UDC Jacques Nicolet (VD) à la défense de Sophie Wang, co-présidente de l’UNES (Unions des étudiant·es de Suisse), pour qui cet outil reste très important pour la mobilité des étudiant·es et apprenti·es.

Selon le Matin Dimanche, la participation de la Suisse au programme Erasmus+ une bataille stratégique est en vue au Parlement. Exclue du programme depuis 2014, la Confédération ambitionne une réintégration d’ici 2027, mais l’échéance semble compromise par des obstacles politiques et financiers. Le processus est ralenti par les négociations globales entre Berne et l’Union européenne. Pour les partisan·es du projet, la question est de savoir si un traitement séparé du dossier Erasmus+ faciliterait ou complexifierait le débat parlementaire.

Selon Fabien Fivaz (Les Vert·es, NE), Berne pourrait finir par regretter cette décision. «L’UE fait un lien politique entre Erasmus et Horizon. Si la Suisse rechigne à rejoindre le premier parce qu’elle le considère trop cher, l’UE pourrait limiter notre association au second, mettant en danger la recherche en Suisse.» (Le Matin Dimanche)

 

«Les études ne sont pas un club de sport où l’on paie sa cotisation»

Dans une interview accordée au Matin Dimanche, Luciana Vaccaro, rectrice de la HES-SO et présidente de swissuniversities, analyse les défis de l’éducation suite au récent rapport sur l’éducation du Centre suisse de coordination pour la recherche et l’éducation (CSRE).

Elle y défend une vision de l’enseignement supérieur comme bien public et s’oppose fermement à la hausse des taxes d’études, rappelant que l’accès au savoir ne doit pas être traité comme un service marchand. Pour renforcer le système suisse, elle préconise une adhésion au programme Erasmus+ et appelle à une meilleure synergie entre les hautes écoles et l’orientation professionnelle, via notamment l’organisation de forums d’échange.

«Le secteur européen de l’enseignement supérieur propose conjointement des amendements pour garantir l’avenir d’Erasmus+»

«À la suite de leur appel commun en faveur d’investissements ambitieux dans Erasmus+, l’Association européenne des universités EUA et seize organisations partenaires représentant un large éventail d’acteurs du secteur de l’enseignement supérieur ont présenté une série d’amendements conjoints au projet de règlement pour le prochain programme Erasmus+ (2028-2034). Ensemble, ils réaffirment le rôle clé d’Erasmus+ dans le développement de l’espace européen de l’éducation aux côtés de l’Union des compétences, contribuant ainsi au vivier de talents et au rayonnement mondial de l’Europe, ainsi qu’au développement personnel, éducatif et professionnel des étudiants et du personnel participant au programme.»

Une des propositions d’amendement est de «Fournir une voie claire et prévisible pour que le Royaume-Uni et la Suisse renouvellent leur association» au programme.

Les signataires:

  • ACA – https://aca-secretariat.be
  • AURORA – https://aurora-universities.eu/
  • CESAER – https://www.cesaer.org/
  • Coimbra Group – https://www.coimbra-group.eu/
  • DAAD – https://www.daad.de/en/
  • EAIE – www.eaie.org
  • ECIU – https://www.eciu.eu/
  • ESN – https://www.esn.org/
  • ESU – https://esu-online.org/
  • EUA – https://www.eua.eu/
  • EUF – https://uni-foundation.eu/
  • EURASHE – https://www.eurashe.eu/
  • The Guild – https://www.the-guild.eu/
  • LERU – https://www.leru.org/
  • UNICA – www.unica-network.eu
  • UNIMED – https://www.uni-med.net/
  • YERUN – https://yerun.eu/
Le Royaume-Uni de retour dans le programme Erasmus en 2027

Selon The Times, The Guardian et la BBC, un accord passé avec Bruxelles pourrait ouvrir la voie à la participation des étudiant·es britanniques au programme Erasmus à partir de janvier 2027. L’annonce pourrait être faite dès aujourd’hui «dans le cadre du nouveau départ («reset») avec l’Union européenne, régulièrement évoqué par le premier ministre travailliste Keir Starmer». Le Royaume-Uni avait quitté Erasmus en sortant de l’UE début 2021.

La Suisse réintègre le programme Horizon Europe

«Le ministre de l’Economie Guy Parmelin et la commissaire européenne Ekaterina Zaharieva ont signé lundi à Berne l’accord sur les programmes de l’UE (UEPA). […] Cet accord fait partie du paquet Suisse-UE et peut être appliqué de manière anticipée et provisoire avec effet rétroactif au 1er janvier 2025. Il entérine l’association de la Suisse à Horizon Europe, au programme Euratom et au programme Digital Europe à cette date, indique le Département fédéral de l’économie dans un communiqué.» (RTS)

En cas de participation d’instituts de recherche suisses aux appels à projets Horizon Europe depuis début 2025, le financement était assuré par la Confédération. Dorénavant, ce sera la Commission européenne qui prendra en charge le coût des projets. «En contrepartie, la Suisse versera une contribution obligatoire à l’UE. Pour 2026, celle-ci s’élèvera à quelque 611 millions de francs.» (Watson)

L’accord signé prévoit aussi la participation de la Suisse à l’infrastructure de recherche ITER dès 2026 et celle à Erasmus+ à partir de 2027. La participation au programme EU-4Health est attachée à l’entrée en vigueur de l’accord sur la santé, qui fait partie du paquet global d’accords entre la Suisse et l’UE.

«Feu vert de Bruxelles à l’accord sur la recherche avec Berne»

«Les Etats membres de l’UE ont donné mandat à la Commission européenne de parapher l’accord sur les programmes de recherche avec Berne. L’accord, sous l’acronyme EUPA, règle la participation suisse à Horizon Europe, à Erasmus+, à Euratom, à Iter (projet de réacteur de fusion internationale), à Digital Europe et à EU4Health. Il pose également les bases pour une éventuelle future participation à d’autres programmes de l’UE.» La signature devrait avoir lieu le 10 novembre à Berne. Pour permettre la mise en œuvre totale de l’EUPA, la Suisse devra avoir terminé pour fin 2028 le processus démocratique, qui déboucherait potentiellement sur une acceptation du paquet d’accords conclu avec Bruxelles. La participation de la Suisse à Horizon Europe est retroactive pour le début de l’année 2025, celle pour d’autres programmes européens interviendra progressivement, par exemple dès 2026 pour Iter et dès 2027 pour Erasmus+.

Les «professeurs de propagande» de Von der Leyen

Un journaliste de la Weltwoche critique la décision du Conseil fédéral suisse d’investir 170 millions de francs dès 2027 pour réintégrer le programme Erasmus+. Selon lui, l’UE va utiliser cet argent à des fins d’endoctrinement idéologique pro-Europe, au détriment de financements réellement scientifiques. L’auteur base son opinion selon une étude du journaliste italien Thomas Fazi.

Selon l’auteur, le programme Erasmus+, notamment à travers son volet Jean-Monnet, ne favoriserait pas seulement les échanges académiques, mais servirait à former une élite intellectuelle conforme aux idéaux pro-européens de Bruxelles. Des chaires financées par ce programme enseigneraient notamment comment contrer le populisme, les «théories du complot anti-UE» ou encore promouvoir l’adhésion à l’Union. Des personnalités académiques suisses comme Astrid Epiney, Silja Häusermann ou Helen Keller, toutes passées par des institutions telles que l’Institut universitaire européen de Florence, sont citées comme exemples de figures pro-UE formées dans ce cadre.

Conseil de communication pour les universités

En début septembre, swissuniversities avait communiqué sur l’importance de la collaboration avec les institutions de recherche européenne et s’est prononcé en faveur des accords-cadres visant à stabiliser et développer les relations bilatérales entre la Suisse et l’Union européenne.

L’ancien rédacteur en chef de la Zürichsee Zeitung, Ulrich Gut, observe que les parties prenantes opposées aux accords arguent souvent que les universités suisses devraient plutôt miser sur des collaborations avec des universités américaines ou asiatiques, sous prétexte que l’Union européenne est un «navire en perdition».

Il estime que les Suisses manquent d’information concernant l’importance de la collaboration avec la recherche européenne du programme Erasmus+. Un éloignement de l’Union européenne reviendrait à la création de dépendances avec des états et leurs dirigeants Donald Trump et Xi Jinping, «de plus en plus imprévisibles et agressifs».

La Suisse et l’UE insistent sur les avantages de l’association Horizon Europe, alors que de nouvelles perturbations se profilent à l’horizon

Selon Science Business, une offensive de charme visant les électeurs suisses démarre cet automne, des accords pourraient être signés en novembre.

«Nous devrons expliquer et démontrer clairement pourquoi la Suisse et l’UE sont si étroitement liées. Ce qui se passe aujourd’hui au niveau mondial, avec des forces majeures qui ignorent les lois, les règles et les accords, rend plus évident que jamais la nécessité d’agir ensemble », a déclaré Simone de Montmollin, présidente de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture (CSEC) du parlement fédéral. «Nous avons besoin d’une collaboration plus forte et plus étroite, non seulement pour la Suisse, mais aussi pour tous les pays de l’UE et leurs citoyens.»

«C’est une discussion difficile en Suisse, car il s’agit d’un dossier complexe », a déclaré [l’ancienne rectrice de l’Université de Fribourg] Astrid Epiney, vice-présidente du Conseil de fondation du FNS, qui s’est toutefois montrée optimiste quant à la conclusion d’un accord qui permettrait à la Suisse de participer de manière fiable et durable aux programmes de l’UE.

Swissuniversities a publié une prise de position: «Dans un monde marqué par l’incertitude, des relations stables avec l’UE sont essentielles pour maintenir l’excellence scientifique, stimuler l’innovation et préserver la compétitivité de la Suisse. C’est la raison pour laquelle les hautes écoles suisses soutiennent avec conviction le paquet « stabilisation et développement des relations Suisse-UE ».»

Budget doublé pour Horizon Europe et augmentation des fonds pour Erasmus+

La Commission européenne a présenté mercredi le nouveau cadre financier pluriannuel de l’UE, «feuille de route budgétaire pour la période 2028-2034» (Le Temps). Ce cadre propose une enveloppe de 2000 milliards d’euros sur sept ans (le budget 2021-2027 s’élève à 1200 milliards d’euros), et devra être validé à l’unanimité par les 27 chef·fes d’Etat ou de gouvernement de l’UE et approuvé par la majorité du Parlement pour être adopté.

Dans ce cadre, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen a annoncé que «sa mouture prévoit de doubler le budget du programme de recherche Horizon Europe» (Le Temps) qui s’élève désormais à 175 milliards d’euros, et d’augmenter les fonds Erasmus+ qui disposeraient désormais de 40,8 milliards d’euros (Blick).

««Bullying» académique, comment l’UE contraint la Suisse»

Depuis plusieurs années, la Suisse est exclue des programmes Erasmus+ et Horizon Europe. Dans les colonnes du Temps, le lecteur Raoul Sanchez dénonce à ce propos «l’instrumentalisation du secteur académique comme moyen de pression» de l’UE envers la Suisse. Il accuse en particulier l’UE de forcer la Suisse, à travers ce processus, à des concessions sur des sujets politiques. Il écrit: «L’avenir des étudiants et chercheurs ne doit pas être utilisé comme levier dans des négociations politiques. La Suisse mérite un partenariat fondé sur des principes de coopération et de respect mutuel, sans recours à des pressions indirectes.» (Le Temps)

«Horizon Europe et Erasmus+, les deux piliers du succès»

Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, craint que dans le contexte actuel de restrictions financières, les parlementaires fédéraux s’opposent à Horizon Europe à Erasmus+ en dépriorisant ce dernier et refusant de débloquer les fonds nécessaires pour participer pleinement à ce programme. «Erasmus+ est un fantastique programme de développement éducatif,
professionnel et personnel. […] Se contenter du strapontin suisse [le Swiss-European Mobility Programme] est insuffisant.» Elle nomme ensuite les effets bénéfiques des programmes, notamment pour l’employabilité des diplômé·es.