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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: Erasmus+

Erasmus+ et European Universities

Un évènement a réuni les équipes rectorales et divers représentant·es du monde universitaire pour échanger sur l’engagement de la Suisse pour le projet Erasmus+ et sur leur participation à l’initiative «European Universities». Loin d’être un simple bonus, ces réseaux sont désormais perçus comme une infrastructure indispensable à la compétitivité future du pays. (Movetia)

Par ailleurs, sous réserve d’une association effective de la Suisse à Erasmus+, le corps enseignant de l’UNIL pourra désormais coordonner des projets de coopération. Dotés d’un financement maximal de 400 000 euros, ces projets permettront de développer des dispositifs pédagogiques inédits, de créer des ressources numériques innovantes ainsi que de renforcer les mesures d’inclusion. (Unil)

Erasmus+ : Le Canada appelé à rejoindre l’accord et la Suisse vise une assocation dès 2027

Le 22 octobre, les député·es européen·nes ont adopté le rapport de M. Zdrojewski et entament les négociations budgétaires avec le Conseil pour un lancement officiel d’Erasmus+ en 2028. Le rapport officiel fixe la feuille de route pour 2028-2034 en vue des négociations avec les États membres. Le texte réclame un budget en forte hausse de 47,4 milliards d’euros. Enfin, il prône une ouverture internationale ciblée tout en fixant des limites financières pour préserver les fonds destinés aux Européens.

Le Parlement européen souhaite que le Canada rejoigne Erasmus+ d’ici 2028, après son association à Horizon Europe. Selon M. Zdrojewski, le prochain accord avec le Canada pourrait s’apparenter à l’accord britannique de 2025 ou s’appuyer sur des exemples alternatifs. Le Canada pourrait alors élargir sa participation actuelle (Erasmus Mundus) à une association pleine. Le Parlement se dit ouvert à d’autres pays partenaires, sans pour autant pouvoir « couvrir tout le monde ».

La Suisse quant à elle, par son Conseil national doit désormais trancher lors de la session d’hiver 2026.

 

Lettre ouverte sur Erasmus+

Sept rectrices et recteurs d’universités suisses (Unil, UNIGE, Unibe, Unine, Unifr, UniLu, USI), plaident collectivement pour l’association de la Suisse à Erasmus+, un projet en attente de validation par le Conseil national.

Ils et elles rappellent que le potentiel de ces initiatives reste aujourd’hui limité et méconnu en raison de l’exclusion du pays. Loin de se limiter aux seuls échanges d’étudiant·es, Erasmus+ est devenu un levier stratégique pour tout l’écosystème de la formation (écoles, formation professionnelle, adultes, entreprises et jeunesse). Il permet de développer les compétences nécessaires face aux transformations technologiques et sociétales.

Par ailleurs, Erasmus+ est «le complément naturel» du programme de recherche Horizon Europe. «Recherche, innovation et formation constituent un continuum. Les dissocier n’a guère de sens dans un monde où les connais- sances, les talents et les technologies circulent toujours davantage à l’échelle internationale.» Rester à l’écart ferait de la Suisse une exception en Europe occidentale, alors que son succès repose historiquement sur l’ouverture et la collaboration internationale.

Bilatérales III : double majorité requise, maintien de l’égalité des taxes entre étudiant·es suisses et européen·nes et acceptation de l’enveloppe Erasmus+

Le Conseil des Etats a choisi de soumettre le paquet des Bilatérales III au référendum obligatoire (double majorité du peuple et des cantons). Cette décision politique complique fortement les chances de succès du texte dans les urnes, le seuil de réussite historique s’élevant à environ 55% de « oui ».

Pour le monde académique, l’impact est direct. Le projet de tripler les taxes des étudiant·es de l’UE dans les écoles polytechniques est abandonné. En contrepartie d’une clause de sauvegarde obtenue par la Suisse, l’Union européenne a obtenu le maintien de l’égalité des taxes entre étudiant·es suisse et européens, un accord validé par les sénateur·ices. En revanche, cette égalité de traitement a été refusée aux étudiant·es de Norvège ou d’Islande, faute de réciprocité.

De plus, le Conseil des Etats a validé un crédit de 192,6 millions de francs pour l’association de la Suisse à Erasmus+ en 2027. Une participation à ce programme de l’UE pour l’éducation et la formation est un investissement à long terme dans la formation et l’avenir des jeunes Suisses, a avancé le ministre de la formation Guy Parmelin.

Les experts en politique scientifique de l’UE débattent de la perspective d’un renforcement des liens avec le Canada

La Commission européenne souhaite créer avec le Canada une nouvelle forme d’association particulièrement étroite, présentée par Ursula von der Leyen comme une possible « première association » d’un pays non européen à l’UE. Cette initiative intervient alors que le Canada, sous Mark Carney, cherche à renforcer ses relations avec l’Europe, notamment dans un contexte de tensions avec les États-Unis.

Dans la recherche et l’enseignement supérieur, cette coopération pourrait se traduire par une participation canadienne accrue à Erasmus+ et au futur programme succédant à Horizon Europe. Le Canada, associé à Horizon Europe depuis 2024, pourrait éventuellement accéder à davantage de dispositifs, notamment ceux du Conseil européen de la recherche.

Les modalités juridiques et pratiques restent largement à définir. Les représentant·es du monde universitaire demandent par ailleurs à être associés rapidement aux discussions, afin que le partenariat ne réponde pas uniquement à des considérations géopolitiques.

Appel en faveur d’Erasmus+ : 23 organisations signent une lettre commune

«23 organisations actives dans les domaines de la formation, de la jeunesse et du sport – dont swissuniversities – se prononcent, dans une lettre commune, en faveur de la participation de la Suisse au programme Erasmus+ dès 2027.» (Swissuniversities)

«190 millions de francs, voilà l’enveloppe que le Parlement doit débloquer pour renouer avec le programme européen, c’est 142 millions de plus que ce que coûte le programme national qui a remplacé Erasmus après l’exclusion de la Suisse en 2014, et pour certains élus, c’est tout simplement trop cher. La commission des finances recommande d’ailleurs au Conseil des États de dire non et même la commission de l’éducation dit timidement oui à une voix près. Pour les milieux concernés, au contraire, cet argent serait très bien investi.» Erasmus+ offre des opportunités dans la formation professionnelle, le sport, les activités de jeunesse et même l’école.

Pour David Rey, président du syndicat des enseignants romands, il s’agit d’un programme qui est très intéressant permettant d’aller échanger avec des collègues d’autres pays qui ont des systèmes scolaires différents, des organisations différentes, jugeant que c’est intéressant de pouvoir aller voir ce qui se passe ailleurs pour revenir après en Suisse avec des bonnes pratiques, des idées pour essayer de faire évoluer notre système. «Je pense que c’est l’ensemble de la société, de l’économie qui peut profiter de ce genre de programme.»

Le Conseil des Etats se prononcera en septembre, mais même en cas d’un «Oui», le retour rapide de la Suisse dans le programme européen sera encore suspendu au verdict du Conseil National à la fin de l’année. (RTS : La Matinale)

L’Union des étudiant·es de Suisse (UNES) propose une conférence sur Erasmus+

Le 3 septembre prochain, l’UNES propose une conférence autour des enjeux d’une éventuelle association de la Suisse au programme Erasmus+ . La principale organisation faîtière et syndicale de représentation étudiante au niveau national propose d’échanger avec les étudiant·es des hautes écoles et universités suisses autour de deux questions centrales : Pourquoi Erasmus+ est-il important pour la formation, l’économie et la société suisse? À quoi pourrait ressembler une association concrète et comment la Suisse pourrait-elle en tirer le meilleur parti ?

Audrey Leuba prend position sur l’initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions»

Audrey Leuba, rectrice de l’Université de Genève, affirme que l’initiative contre une Suisse à 10 millions d’habitants pointe des défis réels, mais met en garde contre une solution en trompe-l’œil qui affaiblirait la recherche et la formation.

«La recherche et l’innovation constituent en outre un moteur clé pour répondre aux défis liés à la sécurité, aux infrastructures, à la durabilité, aux transports ou à l’énergie. Affaiblir la mobilité académique et l’accès aux programmes européens reviendrait à réduire nos marges de manœuvre face aux défis mêmes que l’initiative entend résoudre.»

Initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions»: Un éclairage du Conseil suisse de la science CSS

«D’après le Conseil suisse de la science CSS, une évaluation objective de la situation est nécessaire: que révèlent les données disponibles concernant le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation (FRI)? Cet article de blog s’appuie notamment sur les prises de position du Fonds national suisse (FNS), des Académies suisses des sciences a+ et de swissuniversities, ainsi que sur une étude de scienceindustries et un avis juridique d’Astrid Epiney.»

Opposition à l’initiative «Pas de Suisse à dix millions»

«A l’occasion de la cérémonie des remises des flammes des soins infirmiers vaudois, Frédéric Borloz, Chef du Département de l’enseignement et de la formation professionnelle, souligne l’excellence de la formation dans le Canton de Vaud et son importance dans des professions essentielles.

Cette excellence serait menacée par l’initiative «Pas de Suisse à dix millions», dont des conséquences pénaliseraient les hautes écoles aussi bien dans leur rayonnement que dans leur capacité à attirer des chercheurs et des enseignants qualifiés et reconnus à l’international.»

L’UNES réitère également son opposition à l’initiative, qui menacerait la collaboration internationale et [une future association à] Erasmus+, tout comme la FAE.

 

Les alliances européennes saluent le soutien de l’Europe

À Bruxelles, la Commission européenne et les député·es européen·nes s’affrontent sur la question de savoir dans quelle mesure les domaines de recherche seront intégrés à un instrument beaucoup plus vaste, le Fonds européen pour la compétitivité (FEC), dont le montant est estimé à 409 milliards d’euros.

De plus, le Conseil de l’UE semble soutenir tous les aspects des alliances universitaires, ce qui « revêt une grande importance politique », a déclaré Nicole Birkle, secrétaire générale de l’Alliance Forthem.

Il existe actuellement 73 alliances d’universités européennes, qui regroupent près de 650 établissements d’enseignement supérieur. Elles sont financées par Erasmus+, mais des liens avec d’autres programmes pourraient leur permettre de développer davantage leurs activités de recherche, d’innovation et de valorisation des connaissances.

«Erasmus+, générations perdues?»

La Suisse pourrait renoncer à financer Erasmus+. Par 7 voix contre 5, la commission des finances du Conseil des États a rejeté le crédit de 192,6 millions CHF proposé pour 2027.

Il s’agit d’un enjeu de calendrier, puisque Erasmus+ n’est pas censé pouvoir être détaché des accords bilatéraux II pour être traité à part avant le vote de 2027-2028. Mais, pas seulement, car la Commission des finances écrit qu’une majorité de ses membres «remettent en question l’efficacité et l’utilité du programme Erasmus+».

La journaliste Catherine Frammery estime que la voix des étudiant·es qui pourraient profiter d’Erasmus+ ont moins leur mots à dire [dans la politique fédérale] que les défenseurs de la participation suisse au programme Horizon Europe.

«Peut-être parce que la Suisse abrite les meilleures écoles européennes, parce qu’elle accueille un grand nombre d’étudiants étrangers, parce qu’elle est au cœur de l’Europe et pas une île, elle se voit déjà comme très internationale et ne pense pas qu’elle a beaucoup à «gagner» des échanges avec l’UE.»

Les universités européennes appellent à un renforcement de la coopération en matière de recherche

Une déclaration signée par la Conférence des recteurs allemands, France Universités, les universités des Pays-Bas, la Conférence des recteurs des écoles universitaires de Pologne, le Conseil interuniversitaire flamand, le Conseil des recteurs des universités francophones de Belgique et la Conférence des recteurs des universités espagnoles réclame un budget ambitieux (220 millards d’Euros) pour le programme cadre FP10, 60 milllards pour Erasmus+ et un financement à long terme pour les alliances universitaires. «Aucun État membre ne peut relever à lui seul les défis scientifiques, technologiques et sociétaux d’aujourd’hui.»

Dans sa proposition relative au futur programme, qui doit désormais faire l’objet de négociations entre le Parlement et les gouvernements de l’UE, la Commission a présenté un budget de 175 milliards d’euros. Pour le programme de mobilité étudiante Erasmus+, la Commission a proposé de faire passer le budget de 26,2 milliards d’euros à 40,8 milliards d’euros.

En ce qui concerne les priorités de financement, «Horizon Europe» devrait conserver son autonomie et laisser une place suffisante à la recherche fondamentale, parallèlement aux activités appliquées et axées sur les politiques, estiment les associations universitaires. Les sciences sociales et humaines devraient également jouer un rôle à part entière dans le programme, notamment dans la gouvernance et le développement de technologies innovantes telles que l’intelligence artificielle et la biotechnologie.

La participation à Erasmus+ compromise

La Suisse pourrait renoncer à financer Erasmus+. Par 7 voix contre 5, la commission des finances du Conseil des Etats rejette le crédit de 192,6 millions CHF proposé pour 2027. (Blick)

Elle avait émis des doutes sur l’utilité et l’efficacité du programme, provoquant de vives critiques. L’émission Forum (RTS) a illustré le clivage, opposant le scepticisme du conseiller national UDC Jacques Nicolet (VD) à la défense de Sophie Wang, co-présidente de l’UNES (Unions des étudiant·es de Suisse), pour qui cet outil reste très important pour la mobilité des étudiant·es et apprenti·es.

Selon le Matin Dimanche, la participation de la Suisse au programme Erasmus+ une bataille stratégique est en vue au Parlement. Exclue du programme depuis 2014, la Confédération ambitionne une réintégration d’ici 2027, mais l’échéance semble compromise par des obstacles politiques et financiers. Le processus est ralenti par les négociations globales entre Berne et l’Union européenne. Pour les partisan·es du projet, la question est de savoir si un traitement séparé du dossier Erasmus+ faciliterait ou complexifierait le débat parlementaire.

Selon Fabien Fivaz (Les Vert·es, NE), Berne pourrait finir par regretter cette décision. «L’UE fait un lien politique entre Erasmus et Horizon. Si la Suisse rechigne à rejoindre le premier parce qu’elle le considère trop cher, l’UE pourrait limiter notre association au second, mettant en danger la recherche en Suisse.» (Le Matin Dimanche)

 

«Les études ne sont pas un club de sport où l’on paie sa cotisation»

Dans une interview accordée au Matin Dimanche, Luciana Vaccaro, rectrice de la HES-SO et présidente de swissuniversities, analyse les défis de l’éducation suite au récent rapport sur l’éducation du Centre suisse de coordination pour la recherche et l’éducation (CSRE).

Elle y défend une vision de l’enseignement supérieur comme bien public et s’oppose fermement à la hausse des taxes d’études, rappelant que l’accès au savoir ne doit pas être traité comme un service marchand. Pour renforcer le système suisse, elle préconise une adhésion au programme Erasmus+ et appelle à une meilleure synergie entre les hautes écoles et l’orientation professionnelle, via notamment l’organisation de forums d’échange.

«Le secteur européen de l’enseignement supérieur propose conjointement des amendements pour garantir l’avenir d’Erasmus+»

«À la suite de leur appel commun en faveur d’investissements ambitieux dans Erasmus+, l’Association européenne des universités EUA et seize organisations partenaires représentant un large éventail d’acteurs du secteur de l’enseignement supérieur ont présenté une série d’amendements conjoints au projet de règlement pour le prochain programme Erasmus+ (2028-2034). Ensemble, ils réaffirment le rôle clé d’Erasmus+ dans le développement de l’espace européen de l’éducation aux côtés de l’Union des compétences, contribuant ainsi au vivier de talents et au rayonnement mondial de l’Europe, ainsi qu’au développement personnel, éducatif et professionnel des étudiants et du personnel participant au programme.»

Une des propositions d’amendement est de «Fournir une voie claire et prévisible pour que le Royaume-Uni et la Suisse renouvellent leur association» au programme.

Les signataires:

  • ACA – https://aca-secretariat.be
  • AURORA – https://aurora-universities.eu/
  • CESAER – https://www.cesaer.org/
  • Coimbra Group – https://www.coimbra-group.eu/
  • DAAD – https://www.daad.de/en/
  • EAIE – www.eaie.org
  • ECIU – https://www.eciu.eu/
  • ESN – https://www.esn.org/
  • ESU – https://esu-online.org/
  • EUA – https://www.eua.eu/
  • EUF – https://uni-foundation.eu/
  • EURASHE – https://www.eurashe.eu/
  • The Guild – https://www.the-guild.eu/
  • LERU – https://www.leru.org/
  • UNICA – www.unica-network.eu
  • UNIMED – https://www.uni-med.net/
  • YERUN – https://yerun.eu/
Le Royaume-Uni de retour dans le programme Erasmus en 2027

Selon The Times, The Guardian et la BBC, un accord passé avec Bruxelles pourrait ouvrir la voie à la participation des étudiant·es britanniques au programme Erasmus à partir de janvier 2027. L’annonce pourrait être faite dès aujourd’hui «dans le cadre du nouveau départ («reset») avec l’Union européenne, régulièrement évoqué par le premier ministre travailliste Keir Starmer». Le Royaume-Uni avait quitté Erasmus en sortant de l’UE début 2021.

La Suisse réintègre le programme Horizon Europe

«Le ministre de l’Economie Guy Parmelin et la commissaire européenne Ekaterina Zaharieva ont signé lundi à Berne l’accord sur les programmes de l’UE (UEPA). […] Cet accord fait partie du paquet Suisse-UE et peut être appliqué de manière anticipée et provisoire avec effet rétroactif au 1er janvier 2025. Il entérine l’association de la Suisse à Horizon Europe, au programme Euratom et au programme Digital Europe à cette date, indique le Département fédéral de l’économie dans un communiqué.» (RTS)

En cas de participation d’instituts de recherche suisses aux appels à projets Horizon Europe depuis début 2025, le financement était assuré par la Confédération. Dorénavant, ce sera la Commission européenne qui prendra en charge le coût des projets. «En contrepartie, la Suisse versera une contribution obligatoire à l’UE. Pour 2026, celle-ci s’élèvera à quelque 611 millions de francs.» (Watson)

L’accord signé prévoit aussi la participation de la Suisse à l’infrastructure de recherche ITER dès 2026 et celle à Erasmus+ à partir de 2027. La participation au programme EU-4Health est attachée à l’entrée en vigueur de l’accord sur la santé, qui fait partie du paquet global d’accords entre la Suisse et l’UE.