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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: plagiat

Une pétition réclame une enquête après la mort du professeur britannique Jason Arday

«L’émotion est vive au Royaume-Uni après la mort du sociologue Jason Arday, qui s’est vraisemblablement suicidé dix jours après sa démission forcée de l’Université de Cambridge à la suite d’une campagne de harcèlement. Une pétition [signée par plus de 120’000 personnes] réclame une enquête sur le traitement médiatique.» (RTS)

«Il ne fait aucun doute que la mort tragique du Dr. Arday est la conséquence directe, prévisible et prévue du harcèlement médiatique dont il a été victime. La couleur de sa peau a joué un rôle déterminant dans ce harcèlement», déplore la pétition.

L’affaire Arday a également alimenté les accusations récurrentes de certains détracteurs selon lesquelles les universités qui prônent la diversité raciale le font au risque de compromettre le mérite académique.

Cornel Grey, professeure assitante dans le département de Genre, sexualité et études sur les femmes à l’Université Western, écrit: «Les universitaires noirs peuvent pleurer la perte d’un collègue relativement jeune tout en anticipant le fardeau que l’affaire Arday pourrait faire peser sur des chercheurs qui n’avaient aucun lien avec ses travaux, mais dont les qualifications pourraient désormais faire l’objet d’une nouvelle vague de suspicion.»

[Vous pouvez lire plus d’articles sur cette affaire ici, ici et ici.]

Entretemps, l’universitaire qui avait accusé Jason Arday de plagiat a été suspendu par son université. Nathan Cofnas avait précédemment affirmé que, dans une méritocratie, les Noirs occuperaient peu de postes à haute responsabilité.

 

 

Réactions sur l’affaire du plagiat présumé à Cambridge

Le professeur en sociologie Jason Arday, de l’université de Cambridge en Angleterre, a démissionné. On lui reproche des cas de plagiat et d’inexactitudes dans ses travaux scientifiques.

Il a mené des recherches sur son histoire personnelle en lien avec les retards de développement et l’autisme.  Caspar Hirschi, professeur d’histoire de la science à l’Université de Saint-Gall et auteur d’un livre sur l’expertise dans le débat public, estime qu’il lui manquait de distance critique par rapport à son expertise. «Les universités de pointe ont repris l’expertise d’Arday sans aucune critique, sans vérifier ce qui était vrai et ce qui ne l’était pas dans ses déclarations», affirme-t-il. L’assurance qualité de l’université n’a pas été respectée. (SRF)

Dans sa première réaction aux critiques adressées à Jason Arday, la Faculté d’éducation de l’université de Cambridge a succombé à un raisonnement erroné, caractéristique des milieux idéologiquement homogénéisés : le syndrome du «shoot-the-messenger». Au motif que l’un des détracteurs les plus virulents d’Arday, Nathan Cofnas, avait diffusé des théories racistes, on en a conclu que les accusations devaient nécessairement être fausses. (Caspar Hirschi via LinkedIn)

Par ailleurs, lorsque les premières critiques se sont fait entendre, le sociologue ne s’est pas défendu sur le plan scientifique, mais a immédiatement pris des mesures juridiques et policières à l’encontre de ses détracteurs, notamment un journaliste du Times Higher Education

L’Université de Cambridge a ouvert une enquête sur ce professeur de sociologie «qui s’inscrira dans le cadre d’une enquête plus large sur le recrutement des universitaires de haut niveau. (Times Higher Education)

L’historien saint-gallois estime qu’«[i]l reste judicieux d’encourager la diversité des profils et des parcours de recherche au sein des universités, dans la mesure où cela contribue à renforcer la culture de la réflexion critique et du scepticisme organisé au sein des communautés scientifiques. Toutefois, si les préoccupations en matière de diversité conduisent à un abaissement des normes de qualité à l’égard de certaines personnes ou de certains groupes, ou à la formation de cloisonnements idéologiques, elles manquent alors leur objectif.» (Caspar Hirschi via LinkedIn)

 

 

Un professeur de Cambridge soupçonné de plagiat démissionne

La démission de Jason Arday, plus jeune professeur noir de l’Université de Cambridge, suite à des accusations de plagiat visant sa thèse de doctorat le 21 juillet dernier a relancé un vif débat au Royaume-Uni. Cette affaire cristallise les tensions autour des politiques d’inclusivité. Certains dénoncent un manque de rigueur au profit d’une « vertu de façade » et d’opportunisme politique. À l’inverse, dans son éditorial de vendredi, The Guardian regrette le discrédit jeté sur l’ensemble des initiatives en faveur de l’équité. Le quotidien anglais rappelle que ces polémique fragilisent des institutions déjà sous pression, alors même que les obstacles systémiques pour les étudiant·es noir·es demeurent bien réels.

La SRF enquête sur le plagiat par l’IA dans l’enseignement supérieur

La SRF a mené une enquête auprès de 31 établissements d’enseignement supérieur suisses concernant les problèmes de plagiat par l’IA. Partant du constat que les outils d’intelligence artificielle font désormais partie du quotidien des étudiant·es, les établissements gèrent leur utilisation de manière distincte, exigeant de la transparence.

Et les détecteurs d’IA? Jugés peu fiables, ils ne sont pas utilisés systématiquement. Selon l’Unil, ces logiciels peuvent également donner lieu à des faux soupçons et, dans ces cas, déprécier l’évaluation.

Les établissements tendent à s’appuyer sur l’expertise de leurs enseignant·es. Ils et elles superviseraient les travaux de près et pourraient ainsi détecter d’éventuelles anomalies.

 

Enquête sur Etienne Klein : « un artisan du plagiat décomplexé »

Jean Abbiateci a effectué pour Heidi.news une enquête de deux ans concernant les cas de plagiat d’Etienne Klein, vulgarisateur scientifique et producteur de radio français. Celui-ci avait soutenu une thèse en philosophie des sciences à 41 ans, plagiants 22 auteurs différents, y compris des membres de son propre jury de thèse.

« À la rentrée 2024, Paris Diderot (désormais Paris Cités), son université de soutenance, a lancé une enquête interne et a décidé de lui retirer son doctorat et de lui interdire toute réinscription. Une sanction extrêmement rare en France. », déclare le journaliste ancien rédacteur en chef adjoint au Temps.

Pour sa défense, Etienne Klein plaiderait au nom de sa mission de vulgarisation ainsi qu’à une époque plus permissive à l’égard du copier-coller.

«Thèse plagiée : Étienne Klein perd son doctorat»

«Peu après les révélations de plagiat dans la thèse d’Étienne Klein par « Arrêt sur images » en 2024, l’Université Paris Cité avait ouvert une enquête. À la suite de 20 mois de procédure, elle a découvert des copier–coller dans deux tiers des pages. L’université a décidé de lui retirer son doctorat. La sanction lui a été notifiée il y a quelques jours.» (Arrêt sur images)

«Le physicien, âgé de 68 ans, est devenu au fil du temps un des personnages reconnus du monde scientifique au sein des médias pour sa capacité à vulgariser les sciences.» (Télérama)

L’IA, le plagiat et la nécessité de clarifications des règles pour les doctorant·es et la publication scientifique

Chat-GPT fait désormais partie du quotidien des universités. Mais c’est justement dans la rédaction de thèse et d’autres travaux écrits que règne une grande incertitude.

La professeure en sciences forestières et de la conservation à l’Université de Colombie-Britannique Elizabeth M. Wolkovich regrettent le manque de clarté par rapport aux pratiques acceptables pendant le doctorat: «J’ai l’impression que nous nous sommes inquiétés de l’utilisation de l’IA générative par les étudiants de premier cycle, tout en proposant d’innombrables séminaires et possibilités de bourses sur la manière d’« intégrer l’IA » dans notre formation, notre enseignement et au-delà. Nous n’avons jamais expliqué aux futurs éducateurs et chercheurs que nous formons pourquoi ils ne devraient pas utiliser l’IA générative pour leurs travaux écrits, ce qu’ils perdraient à le faire, ni que cela constituait une fraude académique. Du moins, c’est ce que je pense aujourd’hui.» (Times Higher Education)

Les hautes écoles zurichoises travaillent d’arrache-pied à l’élaboration de directives en matière d’IA ou les ont déjà formulées.

  • À la Haute école pédagogique de Zurich, le nombre de travaux rejetés a légèrement augmenté ces dernières années, indique Christoph Hotz, responsable adjoint de la communication. La HEP a mis en place un wiki avec des directives.
  • En 2023, l’Université de Zurich (UZH) a mis en place sept principes directeurs sur l’utilisation de l’Intelligence artificielle dans l’enseignement et la recherche. Cependant, ce sont les enseignants et les facultés qui déterminent comment l’IA peut être utilisée concrètement dans les travaux scientifiques. Selon la porte-parole de l’UZH, Mme Nyfeler, il est avant tout important de communiquer clairement aux étudiant·s quand l’utilisation de l’IA est autorisée, voire souhaitée, et quand elle est interdite. La faculté de droit de l’UZH modifiera son système d’examen des thèses : à partir du 1er février 2026, toute personne qui commencera sa thèse devra désormais la soutenir oralement. De toute manière, l’examen final oral s’est établi comme norme internationale. Le doyen Thomas Gächter ressent une grande incertitude parmi les étudiants : «Beaucoup ont une peur panique d’être accusés de plagiat. Cela paralyse les bons étudiants».
  • A l’EPFZ, outre plusieurs sites web et directives, une équipe de deux personnes aide les étudiant·es et les enseignant·es de l’ETH Zurich pour toutes les questions relatives à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’enseignement. (Tages-Anzeiger)

L’Université de Berne a rencontré le premier cas où un travail de séminaire a été rédigé sans autorisation à l’aide de l’IA. Le ou la coupable a reçu un avertissement pour plagiat. L’article contient également un comparatif des règlements sur l’IA dans les universités en Suisse alémanique. (20 Minuten)

L’article de Nature évoque par ailleurs l’emploi de «chercheurs IA» qui basent leurs publications parfois sur des méthodes ou idées publiées sans pour autant les citer: «Une grande partie des idées de recherche générées par les LLM semblent novatrices à première vue, mais sont en réalité habilement plagiées, de sorte que leur originalité est difficile à vérifier», avancent deux spécialistes du domaine, Tarun Gupta et Danish Pruthi. Pour l’instant, les méthodes automatiques d’évaluation restent limitées et subjectives. (Nature)

Comment lutter contre l’inconduite dans la recherche : une enquête révèle de profonds désaccords

Une enquête menée auprès de «détectives» scientifiques («data sleuths»), qui agissent souvent anonymement, et de responsables de l’intégrité dans les instituts de recherche montre que les deux groupes ne sont pas d’accord sur la manière de traiter les cas graves d’inconduite dans la recherche, tels que la fabrication de données, la manipulation d’images et le plagiat. Les deux groupes ont des désaccords sur la question si les universités peuvent mener des enquêtes équitables sur leurs propres chercheurs et sur les mesures à prendre lorsqu’une faute est constatée.

Par ailleurs, un groupe d’experts en intégrité de la recherche a récemment lancé une boîte à outils à l’intention des chercheurs, qui explique comment repérer les articles scientifiques suspects, la Collection of Open Science Integrity Guides (COSIG).

UNIGE: «Démission au comité scientifique»

Suite aux révélations d’un plagiat au sein du rapport du comité scientifique de l’Unige sur la question du rôle de l’Université dans le débat public, un étudiant membre du comité a démissionné du comité. Selon lui, ce plagiat est «un fiasco qui doit être assumé par l’ensemble des membres du comité, moi y compris.» Il ajoute: «Je ne veux pas non plus être la caution étudiante d’un rapport dont je ne partage d’aucune manière les conclusions.» Il constate d’ailleurs «l’absence au sein du comité scientifique de membres du corps intermédiaire, assistant·es ou chargé·es de cours par exemple, qui «auraient été peut-être mieux armé·es pour débattre avec des professeurs et des politiciens, membres de ce comité.» Il considère aussi que cette commission n’était pas le lieu propice à d’autres points de vue que celui de l’opinion de l’institution.» (Le Courrier)

«L’étudiant estime que le groupe a failli à sa mission: «La situation à Gaza continue d’appeler un positionnement affirmé de notre université, comme cela a été le cas avec la Russie. Mais le comité n’a jamais su répondre à cette contradiction.»» (Le Temps)

UNIGE: «Chercheuse plagiée, débat annulé»

Suite à la révélation du plagiat d’un chapitre entier du rapport du comité scientifique de l’Université de Genève sur «le rôle des universités dans le débat public», le rectorat a décidé d’annuler une discussion publique qui devait avoir lieu ce mardi 8 avril. Ce débat devait discuter des conclusions du document officiel. «Lundi vers 17 h, l’UNIGE a annoncé le retrait du rapport de son site internet et la reconnaissance par le Rectorat du plagiat. Ce dernier a demandé au comité scientifique de veiller à un référencement correct des travaux de Cécile Laborde. Toute mesure disciplinaire reste à ce stade réservée.» (La Tribune de Genève)

«Le rapport sera-t-il rétracté? Quid des éventuelles suites judiciaires si l’université d’Oxford et la politiste Cécile Laborde déposaient une plainte pour non-respect du droit d’auteur? Le ou les plagieur·es seront-ils et elles sanctionné·es?» questionne le journaliste du Courrier.

«Pour la CUAE, «ce plagiat démontre un manque de scientificité flagrant de la part du comité et l’absence totale de remise en question et de confrontation d’idées de la part de ses membres». L’association estudiantine demande aux membres du comité scientifique de «démissionner», et à la communauté universitaire «de se désolidariser du rapport du comité et d’admettre l’existence d’un plagiat».» (Le Courrier)

«Le rapport de l’UNIGE sur son rôle politique soupçonné de plagiat»

«Analysant le rôle de l’université de Genève dans le débat public, un rapport de l’institution reprend, sans la citer, une publication d’une chercheuse française. La direction de l’Unige dit prendre «très au sérieux» le risque d’un possible plagiat et va l’examiner «dans les meilleurs délais».» (Le Courrier)

Cette information, dévoilée par le Courrier, jette le doute sur la crédibilité du rapport.» (RTS)

Examens à l’ère du ChatGPT

Selon Sophie Gremaud, auteure de l’article paru dans la Liberté et le Courrier, «les robots conversationnels sont capables de miracles sur les bancs académiques. ChatGPT est même un très bon élève, capable de passer avec brio certains examens et d’élaborer des présentations et des essais convaincants.»  Elle a rédigé un tour d’horizon des pratiques en Suisse et constate: «Environ une année après l’apparition de ce parfait instrument de fraude dans la routine et le cartable des étudiants, force est de constater que les milieux académiques sont à la traîne.»

«Les universités doivent se montrer plus fermes»

Le journaliste Eric Aschwanden de la NZZ espère que le récent licenciement de deux professeurs de l’Université de Saint-Gall (HSG) soit un signal d’alarme pour les autres universités, «L’Institut pour la gestion de la chaîne d’approvisionnement de Saint-Gall n’est probablement pas le seul département d’une université où les professeurs ne font pas la distinction entre leur mission publique et leurs propres intérêts. Il est également connu que certains professeurs profitent de l’inégalité de pouvoir entre eux et leurs collaborateurs. Les directions des hautes écoles feraient bien de prendre au sérieux les plaintes des étudiants, des doctorants et des anciens étudiants et d’agir, si nécessaire.» (Neue Zürcher Zeitung)

Le journaliste Stefan Millus du Nebelspalter, [un journal de droite en ligne] estime par contre que le licenciement du directeur de l’institut était motivé politiquement, puisqu’il s’est souvent exprimé dans les médias «de manière critique» sur des sujets comme Climat, Corona et genre «qui dépassent son domaine d’expertise». Par ailleurs, «les médias sont impatients de donner une mauvaise image de la HSG ou de son personnel. La densité de professeurs et d’instituts de gauche y est tout simplement beaucoup plus faible qu’à Zurich ou à Berne.» (Nebelspalter)

 

L’Université de Saint-Gall licencie deux professeurs pour manquements à l’intégrité scientifique

L’Université de Saint-Gall, aussi nommé HSG, met fin à sa collaboration avec deux professeurs, dont le président de l’Institut de gestion de la chaîne d’approvisionnement (ISCM) Wolfgang Stölzle. Les deux chercheurs sont accusés de manquements à l’intégrité scientifique.

En juin 2023 déjà, la HSG a retiré à Wolfgang Stölzle la direction de l’institut en raison d’une « culture de gestion problématique » et de conflits d’intérêts.

Selon l’enquête interne, l’autre professeur, un professeur titulaire, a utilisé à plusieurs reprises des parties de textes de travaux d’étudiants pour des publications personnelles sans référence correspondante. Il aurait également copié des expertises pour des thèses de doctorat qu’il supervisait «ce qui pourrait avoir pour effet d’invalider le titre de docteur» des personnes supervisés.

L’avocate des doctorant-es lesé-es Senta Cottinelli considère la décision de l’université comme un signe contre l’inégalité de pouvoir («Machtgefälle») qui régnait jusqu’à présent entre les professeurs et les doctorants. Les universités auraient le devoir d’intervenir auprès des professeurs fautifs. «Les professeurs ne doivent pas être de facto inamovibles», écrit-elle.

Revues prédatrices et paper mills : le problème des faux travaux publiés en masse

«La littérature scientifique est polluée par de faux manuscrits produits par des paper mills ─des entreprises qui vendent de faux travaux et de fausses signatures à des chercheurs qui ont besoin de publications dans des revues pour leur CV.»

«Une analyse non-publiée communiquée à Nature suggère qu’au cours des deux dernières décennies, plus de 400 000 articles de recherche présentant de fortes similitudes textuelles avec des études connues produites par des paper mills ont été publiés. Environ 70 000 d’entre eux ont été publiés rien que l’année dernière […]. L’analyse estime que 1,5 à 2 % de tous les articles scientifiques publiés en 2022 ressemblent étroitement à des travaux produits par des paper mills. Parmi les articles de biologie et de médecine, ce taux s’élève à 3 %.» (Nature.com)

«L’homme derrière tout cela est Adam Day, directeur de la société londonienne «Clear Skies». Il a conçu une intelligence artificielle qui lit les bases de données scientifiques du monde entier et doit distinguer les travaux suspects de ceux qui ne le sont pas. Il le fait à la demande expresse et avec le soutien des revues spécialisées.»

Certains des plus grands se font avoir. Pour rappel, en 2021 la «Royal Society of Chemistry (RSC) de Londres a dû reconnaître […] qu’elle était tombée dans le piège de copieurs. Elle n’avait pas publié que des plagiats isolés, mais 69.» (Die Welt)

Le Tribunal fédéral donne tort à l’Université de Zurich

«Dans un jugement clair, le Tribunal fédéral a invalidé une série de mesures disciplinaires que l’université voulait infliger à l’avenir aux contrevenants. Concrètement, il s’agissait d’amendes allant jusqu’à 4000 francs, qui auraient pu conduire à une exclusion temporaire de l’université en cas de non-paiement. Ces «prestations financières», comme l’université appelle ces paiements, auraient dû être appliquées en cas de plagiat, d’actes non autorisés pendant les examens ou d’actions politiques perturbatrices.»

Une association étudiante a intenté une action en justice, soutenue par le TF, qui «[…] critique […] le fait que le règlement disciplinaire de l’université soit rédigé de manière à «donner l’apparence d’un caractère pénal». Or, punir les fautifs n’est pas le but des mesures disciplinaires que l’université est autorisée à prendre. Il s’agit plutôt de préserver son image et son bon fonctionnement. L’université peut donc veiller à l’ordre, mais ne peut pas s’ériger en juge pénal. Tout comme l’instance précédente, le [TF] arrive à la conclusion que les amendes prévues nécessitent clairement une base légale – et que celle-ci fait défaut dans la loi cantonale sur l’université. Contrairement aux cantons de Saint-Gall et de Fribourg, où il existe des réglementations correspondantes.»

Les «chasseurs de plagiat» n’ont pas toujours raison

Les cas de plagiats détectés par les «chasseurs de plagiat» s’intensifient sur les plateformes en ligne. Dernièrement, le portail VroniPlag Wiki indiquait que la thèse de Manja Schreiner, sénatrice CDU des transports à Berlin, contenait 69,8 pour cent de passages plagiés. L’Université de Rostock a ouvert une enquête.

Le Professeur Stefan Weber, qui se définit comme un «chasseur de plagiat» et qui publie sur son blog tous les travaux susceptible d’être des plagiats, accusait la ministre du Travail de l’ÖVP Christine Aschbacher d’avoir plagié son mémoire et sa thèse. Madame Aschbacher a «[démissionné] de toutes ses fonctions politiques en janvier 2021 après les accusations de plagiat portées contre elle par Weber». L’enquête menée sur elle a conclu que sa thèse ne contenait aucun plagiat.

Récemment, Monsieur Weber a accusé Susanne Raab, ministre ÖVP, d’avoir plagié sa thèse de mémoire présentée en 2009 à l’Université d’Innsbruck. «À la mi-septembre, l’université d’Innsbruck a clos la procédure d’examen contre Raab «sur la base d’une enquête menée par des experts externes […]». Le département de Raab a déclaré : «L’examen de la procédure de plagiat contre la ministre fédérale Raab a montré qu’il n’y avait pas de plagiat. La procédure a donc été abandonnée»».

«[P]lusieurs procédures d’examen engagées suite aux accusations de Weber ont été abandonnées. Dernièrement, Weber a fait des reproches au chef de l’ÖBB Andreas Matthä […] et à son mémoire de fin d’études présenté à l’université de Vienne. La procédure d’examen est en cours».

 

Sénatrice allemande : sa thèse serait un plagiat à 69%

Manja Schreiner, sénatrice CDU des transports à Berlin, est sous enquête depuis un mois. Le Professeur Roland Schimmel de Francfort avait mentionné sa thèse de doctorat dans un article de la Neue Juristische Wochenschrift. Selon lui, la sénatrice aurait repris des textes et ne les aurait pas correctement cités. Par la suite, elle a elle-même demandé une enquête à l’institution qui lui a remis son diplôme, l’Université de Rostock, et l’examen devrait durer jusqu’au printemps 2024.

De nouveaux éléments ont été révélés. «Le portail VroniPlag Wiki, pour lequel des experts bénévoles analysent les thèses, a indiqué mardi que 118 pages sur les 169 examinées contenaient des traces de plagiat. Cela correspond à une proportion de 69,8 pour cent. […] [De plus,] environ 19 pour cent du texte de la partie principale du travail sont des plagiats. On entend par là des reprises d’autres textes, qui ne sont pas soigneusement ou pas du tout référencées.»

La chercheuse accusée de plagiat n’est plus professeure à l’Université de Zurich

En janvier 2023 un article de la NZZ relatait qu’une professeure titulaire de l’Université de Zurich était accusée de plagiat, notamment dans une publication qui a été financée par le FNS et dans le site web de son institut à la faculté des sciences humaines et sociales. En février 2023 on apprenait que l’Université de Zurich et le FNS, qui ont financé ses multiples publications et projets de recherche, ont ouvert des enquêtes.

Depuis août, la chercheuse ne détient plus le titre de professeure de l’Université de Zurich. L’institution «écrit que le poste de professeur titulaire de la chercheuse a expiré fin juillet et n’a pas été prolongé […] [et] ne donne aucune information sur les raisons de ce non-renouvellement «pour des raisons de droit de la personnalité».» Néanmoins, comme on l’apprenait en février, «deux enquêtes sont actuellement en cours contre la professeure – une de l’université et une du FNS […]. [L]e FNS a fait savoir que la procédure était «confidentielle et très complexe», raison pour laquelle on ne sait pas combien de temps elle durera encore. Le FNS n’exclut pas de demander le remboursement des fonds perçus par la professeure. Dans le cadre d’un audit régulier, il sera en outre examiné si, à l’avenir, «l’auto-édition doit être un critère d’exclusion pour l’encouragement [à la publication] de livres».»

La chercheuse continue de rejeter les accusations de plagiat et affirme que «la fin de son poste de professeur titulaire n’a rien à voir avec les accusations de plagiat, mais avec le fait qu’elle n’a plus donné de cours à Zurich au cours des six dernières années […]. En revanche, elle ne semble pas avoir entendu parler de l’enquête menée par le FNS sur ces accusations, connue depuis le début de l’année. Son site web personnel sur les serveurs de l’université de Zurich a été désactivé. Cette mesure a été prise à sa propre demande, comme elle l’indique elle-même ainsi que l’université».

 

Un étudiant obtient 1 pour son travail de bachelor et passe par la voie juridique

A Zurich, «[u]n étudiant obtient la note 1 pour son travail de bachelor» en septembre 2021 pour avoir commis un plagiat, mais il conteste la note. L’étudiant «s’est défendu par voie juridique. D’abord auprès du recteur de la haute école, puis auprès du conseil de l’école et enfin auprès de la commission de recours des hautes écoles zurichoises». Toutes les décisions lui ont donné tort. Il a ensuite saisi le tribunal administratif, qui a aussi rendu sa décision en donnant tort à l’étudiant, puisque «l’étudiant […] [a] prétendu au début ne pas connaître le travail de sa collègue», dont il aurait recopié des parties. L’étudiant peut encore décider de faire recours ou non au Tribunal fédéral.