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Sujet: fraude scientifique

Une chercheuse de l’Université de Zurich est soupçonnée d’avoir d’avoir mis des images trompeuses dans des publications

Plusieurs publications d’une chercheuse en anesthésie ont été rétractées suite à la découverte d’images erronées, identifiées par des internautes anonymes.

La chercheuse renommée pour découvrir de telles images, Elisabeth Bik, qui avait déjà identifié des grandes quantités de publications contenant des doublons d’images dans des publications scientifiques, a analysé sur demande de la rédaction [Tamedia] les images de sept publications de la chercheuse en question et a confirmé les soupçons de doublon dans toutes les images, aussi à l’aide de l’intelligence artificielle.

Il s’agit d’images du type «Western blot» qui sont à priori uniques. S’il y a des doublons cela indique généralement que les résultats de la recherche ne sont pas fiables, et que l’auteur ou l’autrice a essayé de dissimuler les vrais résultats de recherche.

 

Un lanceur d’alerte de l’EPFL blanchi en appel après avoir dénoncé une fraude scientifique

Condamné en première instance, le chercheur de l’EPFL Solal Pirelli a été entièrement blanchi en appel pour avoir dénoncé une fraude scientifique. En 2023, cet ancien doctorant avait révélé sur son blog qu’un professeur jordanien gonflait artificiellement son taux de citations. Le professeur incriminé l’a accusé de diffamation, mais par la suite une enquête de l’Association for Computing Machinery (ACM) a confirmé des falsifications systématiques. La Cour d’appel a donc acquitté le lanceur d’alerte, jugeant que la défense de l’intégrité scientifique relève de l’intérêt public.

Les chatbots IA s’infiltrent dans les enquêtes en sciences sociales et parviennent de mieux en mieux à échapper à la détection

Les sondages en ligne qui ont contribué à transformer la recherche moderne en sciences sociales sont menacés par l’intelligence artificielle. «Des chercheurs avertissent qu’une vague de chatbots se faisant passer pour des personnes pourrait corrompre ou invalider les enquêtes en ligne qui alimentent chaque année des milliers d’études. Ils exhortent les entreprises qui mènent ces enquêtes à prendre davantage de mesures pour remédier à ce problème.»

Une étude rétractée après 25 ans de suspicion de conflits d’intérêts

«Une influente étude affirmant que le glyphosate ne présente aucun risque grave pour la santé a été récemment retirée pour suspicion de conflits d’intérêts, 25 ans après cette publication qui a entre-temps guidé nombre de décisions politiques malgré des alertes quant à la probité de ses auteurs. Si des chercheurs ont salué cette rétractation, sa lenteur interroge quant à l’intégrité de la recherche menée autour de l’ingrédient clé du Roundup, herbicide le plus vendu dans le monde.» (Le Temps)

En 2002, soit deux ans après la publication de l’étude, une lettre signée par une vingtaine de chercheur·euses dénonçait déjà «des conflits d’intérêts, un manque de transparence et l’absence d’indépendance éditoriale» au sein de la revue scientifique. L’affaire a ensuite éclaté en 2017 lorsque des documents internes de l’entreprise en conflit d’intérêt ont été divulgués, révélant le rôle d’employé·es de l’entreprise dans l’écriture de l’étude désormais retirée.

Naomi Oreskes, historienne des sciences à l’Université Harvard et coautrice d’une publication à propos de l’influence de cette étude, déclare que «la communauté scientifique a besoin de meilleurs mécanismes pour identifier et retirer les articles frauduleux». Pour Nathan Donley, scientifique du Centre pour la diversité biologique, cet épisode n’est qu’un exemple d’«un phénomène plus large au sein de la littérature scientifique». «Je suis sûr qu’il y beaucoup articles du même genre, écrits par d’autres que leurs auteurs affichés et aux conflits d’intérêts non déclarés», déclare John Ioannidis, professeur à l’Université Stanford. «Mais ils sont très difficiles à révéler, à moins de se plonger» dans des documents d’archives, ajoute-t-il

La Commission européenne prévoit un mécanisme d’alerte pour les cas d’utilisation abusive de l’IA dans le domaine scientifique

La Commission européenne prévoit de mettre en place un mécanisme qui aiderait les chercheurs à signaler leurs préoccupations concernant l’utilisation abusive de l’IA dans le domaine scientifique. Cela pourrait inclure la création d’un organisme indépendant ou d’un point de contact au niveau de l’UE chargé de gérer les cas de dénonciation («whistleblowing»).

Cette proposition générale a été bien accueillie par la communauté scientifique, même si des questions subsistent quant à l’approche adoptée.

Plusieurs universitaires demandent que les universités soient impliquées dans la création d’un tel mécanisme dès le début «afin de garantir que les règles soient réalistes, reflètent les conditions réelles de la recherche et respectent la diversité des cultures de recherche à travers l’Europe».

Ceci serait particulier important lorsqu’il existe un risque d’ingérence politique dans la recherche. «De nombreux partis populistes en pleine expansion à travers l’Europe développent une rhétorique anti-science et s’attaquent à certains domaines de recherche», déclare Julien Chicot, responsable de la politique de recherche et d’innovation à la Guilde des universités européennes à forte intensité de recherche. «Dans ce contexte [. . .], tout mécanisme de dénonciation devrait être activé par les chercheurs dans le cadre d’un débat scientifique plus large sur la qualité et l’intégrité de l’utilisation de l’IA dans la recherche. Sinon, la liberté de la recherche scientifique pourrait être menacée.»

Évaluation par des pairs, vulnérable à la manipulation et aux abus. Quelles pistes de réforme?

Selon le journaliste Florian Sturm, l’évaluation scientifique par des pairs traverse actuellement une grande crise qui impacte la crédibilité de la science, cette dernière devant y trouver des solutions. Une des causes principales du problème résiderait dans l’augmentation croissante du nombre de nouvelles publications, qui met les éditeur·rices et évaluateur·rices dans l’impossibilité d’assurer un suivi de qualité. En effet, le système d’évaluation classique (établit dans les années 1960 seulement) aurait été conçu pour un nombre beaucoup plus réduit de chercheur·euses et de publications.

L’auteur pointe différents problèmes dans l’utilisation de l’évaluation scientifique par des pairs:

  • des prompts cachés dans des publications, destinés à des IA auxquelles le travail d’évaluation aurait été délégué;
  • le processus d’évaluation reste souvent opaque et sujet à des erreurs, il comprend de l’arbitraire et la subjectivité;
  • certain·es expert·es bloquent délibérément les recherches qui contredisent les leurs ou utilisent des idées non publiées;
  • les citations en échange d’une critique positive sont en augmentation;
  • les évaluateur·rices ne sont pas rémunéré·es. Cela permet aux éditeur·rices d’économiser, mais rend difficile la recherche d’expert·es.

La suppression de l’évaluation par les pairs n’est actuellement pas envisagées, néanmoins plusieurs réformes sont actuellement en cours:

  • les serveurs de préimpressions tels que arXiv, bioRxiv ou medRxiv sans évaluation par les pairs;
  • une évaluation a posteriori, comme dans le cadre du projet Pubpeer;
  • la revue britannique eLife ne rejette ni n’accepte les manuscrits suite à une évaluation par les pairs, mais publie tous les articles avec les commentaires et une évaluation de la solidité des preuves. Les auteur·rices peuvent les réviser, et une version finale officielle est ensuite publiée;
  • le Fonds national suisse (FNS) utilise le tirage au sort lorsque deux demandes sont de facto équivalentes, et utilise de nouvelles méthodes depuis 2022;
  • Peer Community In confie à la communauté scientifique, et non à un·e rédacteur·rice, la décision d’évaluer une préimpression. Ce modèle ouvert vise à séparer publication et évaluation, tout en renforçant transparence et crédibilité grâce à des avis publics;
  • le chercheur italien Enzo Emanuele propose de professionnaliser l’évaluation scientifique avec des réviseur·euses certifié·es et rémunéré·es, financé·es par éditeur·rices ou institutions.

Finalement, dans l’évaluation scientifique actuelle par les pairs, les aides techniques, dont l’IA, sont promues par les éditeur·rices, mais uniquement à des fins de soutien. Des algorithmes et logiciels permettent d’aider à vérifier les identités, analyser les images ou contrôler les citations. Il faut néanmoins être attentif au fait que l’utilisation de l’IA dans le cadre de l’évaluation par les pairs peut s’avérer dangereuse pour des raisons de protection des données.

De plus en plus d’étudiant·es achètent leurs travaux universitaires

Marcel Kopper, directeur général de l’agence suisse GWriters, qui offre du ghostwriting académique affirme que «la demande en Suisse a sensiblement augmenté ces dernières années. Cela s’explique moins par une baisse des inhibitions que par les nouvelles conditions générales dans le domaine des études.» Il explique qu’aujourd’hui, de nombreux étudiant·es seraient «soumis à des contraintes de temps considérables en raison d’une activité professionnelle ou d’obligations familiales», et certain·es payeraient des agences pour qu’elles écrivent des travaux académiques en entier ou en partie à la place d’elles et eux. Ainsi, la plupart du temps, les GWriters s’occuperaient d’étudiant·es qui travaillent et d’étudiant·es internationaux·ales qui auraient besoin de soutien linguistique supplémentaire.

Aujourd’hui, il existerait une demi-douzaine d’agences de ghostwriting académique en Suisse. L’expert juridique Christian Lenz du cabinet d’avocats Lenz & Caduff déclare: «En Suisse, la situation juridique concernant le ghostwriting pour les travaux académiques n’a pas encore été clarifiée par un tribunal. Je ne suis pas au courant de jugements qui qualifient le ghostwriting d’infraction pénale.» Cependant, l’expert met en évidence les déclarations d’indépendance que les étudiant·es doivent signer afin de confirmer que le travail a été écrit par elles et eux. Des mesures disciplinaires pourraient être envisagées, allant de réprimandes à une exclusion de l’université, dit-il.

Il est prévu qu’un centre de compétence pour l’intégrité scientifique voit le jour en Suisse en 2026 afin de pallier aux manquements dans le cas de fraudes scientifiques.

L’industrie des recherches truquées

Lundi 4 août, une étude publiée dans PNAS, la revue de l’Académie nationale des sciences des États-Unis, fait état d’un nombre croissant de falsifications et pratiques frauduleuses dans les revues de recherche scientifique. Les auteur·ices constatent une forme d’industrialisation de la fraude par le biais d’usines à articles («paper mills») et mettent en avant la complicité des rédacteur·ices en chef de revues dans la publication de faux articles.

Afin de réaliser leur recherche, les auteur·ices ont analysé la revue américaine PLOS One. Dans un premier temps, les auteur·ices ont analysé les éditeur·ices au taux anormalement élevé de publications acceptées. L’étude relève que 45 des éditeur·ices de la revue ont vraisemblablement été impliqué·es dans des pratiques frauduleuses. Dans un deuxième temps, les auteur·ices se sont intéressé·es aux graphiques ou photos d’expériences dupliqués dans une ou plusieurs publications différentes. Ces images ayant été publiées dans un court laps de temps et par des éditeur·ices voisin·es, laissent penser l’existence de formes d’industrialisation de la fraude. Ils et elles notent également que lorsque certaines revues scientifiques dites «prédatrices» (publiant des articles sans véritable contrôle) se font exclure des bases de données reconnues, les auteur·ices peu scrupuleux·euses passent simplement à une autre revue du même type selon le phénomène appelé «journal hopping». (Le Monde)

La détection des réseaux d’éditeurs telle que pratiquée par cette équipe de chercheur·euses «est tout à fait nouvelle», avance Alberto Ruano Raviña, de l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne (The Economist).

Selon les estimations, environ 1 à 2 % de toutes les études publiées aujourd’hui sont falsifiées, et avec l’intelligence artificielle, les contrefaçons devraient devenir de plus en plus indétectables (NZZ). «Le nombre d’articles rétractés et d’articles commentés par PubPeer double respectivement tous les 3,3 et 3,6 ans, tandis que le nombre total de publications double tous les quinze ans. Et les articles suspectés d’être issus d’usines à papier doublent tous les 1,5 an», écrivent ainsi les auteur·ices de l’étude (Le Monde).

Selon les informations de la NZZ, «une grande partie des usines à articles et de leurs clients se trouvent en Chine, en Russie ou en Inde. Et la plupart des contrefaçons sont publiées dans des revues inconnues ou déjà réputées pour leur mauvaise qualité». Toutefois, «ce qui se passe avec PLOS One est alarmant, car cela montre que même les revues basées aux Etats-Unis, et celles dans lesquelles nous publions nous-mêmes, peuvent être touchées», explique Thomas Stoeger, enseignant-chercheur en biologie moléculaire et coauteur de l’article (Le Monde). Ces fraudes créent de plus un nouveau problème généralisé difficilement contrôlable. Les revues systématiques, qui résument les résultats de nombreuses études, risquent d’être polluées par ces articles et études frauduleux.

Ce nombre croissant de fraudes serait dû aux incitations créées par le système scientifique actuel, le nombre d’articles publiés et leur fréquence étant des critères importants pour l’attribution de postes, de promotions et de fonds de recherche (logique du «publish or perish»). Actuellement peu de mesures sont en place pour lutter contre ce phénomène. Généralement, ces détections de publications falsifiés sont faites par des bénévoles qui laissent des commentaires sur des plateformes en ligne telles que Pubpeer.

Selon la journaliste de la NZZ, «les incitations dans le système scientifique doivent changer. Si la qualité de la recherche prime sur le nombre de publications, l’achat de contrefaçons ne vaut plus la peine». De plus en plus d’initiatives vont dans ce sens. Depuis 2022, les scientifiques souhaitant solliciter des fonds au Fonds national suisse «doivent présenter un CV narratif, au lieu d’un CV classique accompagné d’une longue liste de publications».

Comment lutter contre l’inconduite dans la recherche : une enquête révèle de profonds désaccords

Une enquête menée auprès de «détectives» scientifiques («data sleuths»), qui agissent souvent anonymement, et de responsables de l’intégrité dans les instituts de recherche montre que les deux groupes ne sont pas d’accord sur la manière de traiter les cas graves d’inconduite dans la recherche, tels que la fabrication de données, la manipulation d’images et le plagiat. Les deux groupes ont des désaccords sur la question si les universités peuvent mener des enquêtes équitables sur leurs propres chercheurs et sur les mesures à prendre lorsqu’une faute est constatée.

Par ailleurs, un groupe d’experts en intégrité de la recherche a récemment lancé une boîte à outils à l’intention des chercheurs, qui explique comment repérer les articles scientifiques suspects, la Collection of Open Science Integrity Guides (COSIG).

Rapport sur l’impact du deuxième mandat de Donald Trump sur les sciences

Entre le 20 janvier et le 30 juin 2025, quatre auteurs·rices de l’Union des scientifiques concernés ont recensé 402 attaques contre la science aux Etats-Unis:

«Dans ce rapport, nous documentons les différentes manières dont cette administration a ciblé la science publique dont nous dépendons toutes et tous, et nous proposons des recommandations ainsi que des ressources pour contrer ces attaques et demander des comptes à l’administration.»

Klaus Schwab est accusé d’avoir falsifié des rapports scientifiques

«Selon les premières conclusions de l’enquête, le fondateur du Forum économique mondial (WEF) aurait envoyé des messages obscènes et bloqué la publication de certaines études», comme celle du Global Competitiveness Report» (GCR). «L’une des principales accusations formulées par le lanceur d’alerte à l’origine de la démission de Klaus Schwab est que ce dernier aurait transmis des résultats provisoires et confidentiels au représentant d’un pays arabe, et empêché la publication d’un GCR défavorable à ce pays.»

Fraudes scientifiques en neurosciences

Des fraudes scientifiques en neurosciences sont dénoncées en parallèle en Suisse et aux Etats-Unis. Il s’agit dans les deux cas d’accusations de manipulation et de réutilisation d’images.

Au cours de ces derniers mois, Ariano Aguzzi, une «coriphée» du domaine des prions de l’Université de Zurich, a dû retirer ou corriger certaines de ses publications. Alarmée d’irrégularités il y déjà quelques années, la direction de l’université n’avait toutefois pas pris de mesures, «ce qui s’avère aujourd’hui très discutable»selon le Sonntagsblick, «[c]ar quatre ans après la fin de l’enquête [M.] Aguzzi a dû retirer l’un de ses travaux, jugé pourtant conforme aux attentes («sauber») par la direction de l’université, quatre ans après la fin de l’enquête. Pour un autre travail, qui avait également reçu la bénédiction de la direction de l’université en 2020, une correction a été effectuée en été 2024.»

Une autre point critiqué par le SonntagsBilck, est qu’il aurait utilisé à tort un titre de «MD-PhD» dans sa signature e-mail, sur Twitter et dans ses publications scientifiques, alors qu’il n’aurait jamais suivi un programme PhD (il est titulaire d’un doctorat en médecine humaine et de plusieurs doctorats honorifiques). L’Université de Zurich estime que c’était une erreur de traduction par la faculté de médecine, pas la sienne.

Aux Etats-Unis, un chercheur est accusé par la revue Science d’avoir trafiqué des images dans ses recherches, relate la SRF. Les études portaient principalement sur les maladies de Parkinson et Alzheimer. Eliezer Masliah aurait réutilisé des images pour des expériences totalement différentes, et à «des dizaines d’années» d’intervalles. Pas moins de 132 articles sont concernés, ce qui remet dès lors en questions un grand nombre de résultats scientifiques de ce domaine. La question de savoir qui était complice de ces fraudes est soulevée dans la dénonciation de Science, mais reste ouverte.

Falsifications dans les publications de recherche : « le cas Aguzzi n’est qu’une illustration d’un problème bien connu»

Le Neue Zürcher Zeitung (03.10.2024) publie un commentaire sur l’affaire Aguzzi (Études trafiquées à l’Hôpital universitaire de Zurich), qui plaide pour un nouveau système scientifique «qui récompense la diligence et la prudence et qui rende la fraude moins attrayante. » L’auteure donne également quelques pistes pour modifier le système d’aujourd’hui «qui incite trop à la manipulation et qui ne recherche pas assez les comportements erronés.» La veille (02.10.2024), le Neue Zürcher Zeitung écrivait que «les scientifiques qui évaluent une publication avant sa publication ne recherchent pas spécifiquement les falsifications. Ils s’intéressent plutôt à la question du sens et de la qualité des expériences réalisées et de leur interprétation.»
Le Tages-Anzeiger quant à lui donne la parole à Edwin Constable, ancien président du Groupe d’expert-e-s en intégrité scientifique, qui évoque également la pression sur les chercheur·euses quant au nombre de leurs publications. Il s’agit du syndrome dit «publish or perish».

Examens à l’ère du ChatGPT

Selon Sophie Gremaud, auteure de l’article paru dans la Liberté et le Courrier, «les robots conversationnels sont capables de miracles sur les bancs académiques. ChatGPT est même un très bon élève, capable de passer avec brio certains examens et d’élaborer des présentations et des essais convaincants.»  Elle a rédigé un tour d’horizon des pratiques en Suisse et constate: «Environ une année après l’apparition de ce parfait instrument de fraude dans la routine et le cartable des étudiants, force est de constater que les milieux académiques sont à la traîne.»

L’Université de Saint-Gall licencie deux professeurs pour manquements à l’intégrité scientifique

L’Université de Saint-Gall, aussi nommé HSG, met fin à sa collaboration avec deux professeurs, dont le président de l’Institut de gestion de la chaîne d’approvisionnement (ISCM) Wolfgang Stölzle. Les deux chercheurs sont accusés de manquements à l’intégrité scientifique.

En juin 2023 déjà, la HSG a retiré à Wolfgang Stölzle la direction de l’institut en raison d’une « culture de gestion problématique » et de conflits d’intérêts.

Selon l’enquête interne, l’autre professeur, un professeur titulaire, a utilisé à plusieurs reprises des parties de textes de travaux d’étudiants pour des publications personnelles sans référence correspondante. Il aurait également copié des expertises pour des thèses de doctorat qu’il supervisait «ce qui pourrait avoir pour effet d’invalider le titre de docteur» des personnes supervisés.

L’avocate des doctorant-es lesé-es Senta Cottinelli considère la décision de l’université comme un signe contre l’inégalité de pouvoir («Machtgefälle») qui régnait jusqu’à présent entre les professeurs et les doctorants. Les universités auraient le devoir d’intervenir auprès des professeurs fautifs. «Les professeurs ne doivent pas être de facto inamovibles», écrit-elle.

Une université à Prague abandonne les travaux de bachelor à cause des IA et des «ghostwriters»

En raison de l’inquiétude croissante face à l’IA et aux ghostwriters, une université pragoise ose une mesure radicale : elle veut supprimer complètement les travaux de bachelor.

Au lieu de cela, l’université prévoit d’orienter les exigences pour le diplôme de bachelor vers la pratique. Cela laisserait moins de place au plagiat et permettrait aux étudiants d’acquérir une expérience jugée plus utile pour leur future vie professionnelle.