Filtres des articles

Recherche

Tendances des 2 dernières semaines

Aucun mot-clé trouvé.

Sujet: égalité – orientation sexuelle

«Trump supprime les exigences en matière de diversité, la Suisse les renforce »

Alors que le président américain supprime actuellement les obligations en matière de diversité, arguant qu’il souhaite une société dans laquelle seule la performance compte et non la couleur de peau, le journaliste de la NZZ Rico Bandle observe que depuis quelques années, la tendance est inverse en Suisse et la diversité compte toujours plus. Le Conseil suisse de l’accréditation mettait la pression sur les établissements d’enseignement pour prendre des mesures en faveur de l’égalité.

Actuellement, la Conférence suisse des hautes écoles  est en train de réviser les standards de qualité pour l’accréditation des établissements.  Rico Bandle écrit à ce propos: «Dans l’ordonnance actuellement en vigueur, seule la promotion de «l’égalité des chances» et de «l’égalité effective entre hommes et femmes» est inscrite. La «diversité» et «l’inclusion» doivent désormais y être ajoutées, ce qui laisse supposer que ce domaine aura encore plus de poids. Et ceci suscite la question quelle diversité est en question (couleur de peau, de point de vue)

Le Conseil d’accréditation souhaite souligner qu’«Il ne s’agit pas d’introduire des quotas de couleur de peau ou d’orientation sexuelle». Mais dans la politique universitaire, on attache typiquement de l’importance à «une composition diversifiée du corps estudiantin et enseignant. Cela peut inclure des expériences d’immigration, des identités sexuelles différentes ou l’origine sociale éloignée de l’éducation («bildungsferner Hintergrund») ».

Rico Brandle avance que dans les grandes universités publiques, […] le fait qu’une personne moins qualifiée soit parfois prise en compte pour un poste afin de compenser les inégalités entre les sexes n’y est plus inhabituel. Pour les petites universités privées, la situation est différente.» A la Haute école de théologie universitaire (STH) de Bâle, le professeur et responsable du processus d’accréditation Stefan Schweyer estime d’ailleurs que «la liberté de recherche est atteinte par la forte concentration sur les questions d’égalité».

Le journaliste conclut l’article en avançant que «la plupart des tendances sociales se propagent avec un certain retard des Etats-Unis vers l’Europe et la Suisse», et donc qu’il est donc possible que «le mouvement inverse de Trump se produise tôt ou tard» ici en Suisse.

«Un professeur de théologie jugé pour un article homophobe»

En 2021, l’association faitière «Pink Cross» demandait à ce que le Professeur de théologie de l’Université de la Suisse italienne, Manfred Hauke, soit poursuivi pour incitation à la haine homophobe. En tant que rédacteur du magazine «Theologisches», Monsieur Hauke a publié un article homophobe du Professeur de théologie polonais, Dariusz Oko.

En 2023 on apprenait que «[l]e ministère public tessinois a déposé plainte contre Manfred Hauke. Le professeur de théologie de la Faculté de théologie à Lugano est accusé de discrimination et d’incitation à la haine, car il avait publié, en tant qu’éditeur d’une revue théologique, un article contenant des passages homophobes.»

On apprend aujourd’hui que «[l]e jugement du procès de Bellinzone contre l’éditeur Hauke s’ouvrira lundi prochain […]. Lundi soir encore, l’USI a déclaré dans un communiqué de presse que le théologien en question n’était pas un employé contractuel de l’université. L’université va néanmoins mettre sur pied une commission ad hoc chargée de déterminer si le professeur Hauke a enfreint les directives éthiques fondamentales de l’université par son comportement.»

«Les élites profitent d’une focalisation sur les questions d’identité»

Le professeur en sociologie et philosophie politique Andreas Widmer regrette que le fait que dans les universités américaines de pointe, il y a un débat trop intense sur l’égalité sous l’aspect de race et genre, et, en conséquence, pas assez de débat sur l’inégalité économique.  Il avance que pendant les dernières 20 années, les universités américaines se sont politisées et«de plus en plus, des questions qui relèvent en fait de la politiques sont traités par la science. […] Les déclarations des femmes ou des non-blancs, appelés en Amérique «People of Color», ont aujourd’hui un poids moral plus important dans ce contexte. Et l’écho de la science dans le public est de plus en plus important. On s’attend à ce que les résultats des recherches contribuent à ce que les forces progressistes de gauche du bien l’emportent sur les forces du mal, les populistes de droite. […] [Mais] [s]i l’on veut étudier les inégalités dans la société américaine, le critère le plus important reste l’appartenance à une couche sociale, c’est-à-dire à une classe, et non à une race ou à un genre.» Les trente années passées, les inégalités dans la société auraient massivement augmenté, et «cette stagnation, voire la régression sociale de groupes entiers de la population, est aussi une des raisons du succès des populistes de droite. […] Au moment où Amazon, par exemple, sponsorise à coups de millions de dollars un institut pour la « justice raciale », mais réprime résolument les mouvements syndicaux naissants, on peut se demander s’il y a un lien entre les deux. Ce sont en effet les élites qui profitent de l’augmentation des inégalités. Il leur est utile d’attirer l’attention du public sur les thèmes de l’orientation sexuelle, du genre et de la couleur de peau plutôt que sur la concentration du pouvoir.»

Pour ou contre le «positionality statement» ?

Le positionality statement (ou en français, la déclaration de position) est une pratique qui est en augmentation et qui divise le monde scientifique, selon le journal de Science. Ajouter à un article scientifique «[…] la race, l’ethnicité, la situation géographique, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, le statut de handicap et le niveau de carrière […] sont déjà une pratique établie dans de nombreuses sciences sociales, telles que la sociologie et l’anthropologie.» Cette tendance semble également s’étendre aux autres domaines de la science et devient même un critère pour certains journaux.

Certain∙es chercheur∙es saluent le procédé tandis que d’autres le décrient. Pour Alejandra Núñez-de la Mora, anthropologue biologique à l’université de Veracruz, «[i]l s’agit d’une invitation à réfléchir plus largement au rôle du chercheur dans le travail qu’il tente de comprendre.» Patricia Nayna Schwerdtle, «qui étudie la santé publique mondiale à l’université de Heidelberg», n’est pas du même avis. «[Elle] trouve étonnant que [la publication de déclarations de position] soit si répandue sans qu’il soit prouvé qu’elle permette réellement d’atteindre les objectifs fixés.» Sa principale inquiétude est «[…] que les déclarations de position ne servent qu’à donner des signaux de vertu et passent sous silence des questions plus profondes, telles que la crise de la reproductibilité dans le domaine scientifique.»

«Au moins une équipe de chercheurs étudie si ces déclarations ont l’effet escompté. Rose Oronje, chercheuse à l’African Institute for Development Policy, et ses collègues de la Liverpool School of Tropical Medicine évaluent les résultats de la publication de déclarations de réflexivité – une pratique similaire qui encourage les chercheurs engagés dans des collaborations mondiales à réfléchir à la manière dont leur travail reconnaît les communautés impliquées.»

«Sciences des sexualités et diversité – font-elles si bon ménage ?»

Un don de livres de Michel Froidevaux à l’Université de Genève, des «documents qui touchent aux sexualités», représentent en majorité l’hétérosexualité. Cela «apporte un témoignage historique et sociologique d’envergure sur les questions de représentativité.»

«C’est par une analyse de certains axes thématiques que nous pouvons nuancer cette vision d’un collectionneur qui n’aurait pas considéré les autres types de sexualités ou d’identités de genre au même titre que les pratiques hétérosexuelles. Nous comprenons ainsi, tout en reconnaissant l’aspect non exhaustif de la collection, que l’absence de certaines thématiques témoigne non seulement de choix subjectifs de Michel Froidevaux, mais aussi de réalités d’accès aux documents, de censure ou simplement d’un manque de représentativité dans une époque donnée.»

L’Université de Genève mène «actuellement un projet commun au sein du G3 de la Francophonie (Université libre de Bruxelles, de Genève et de Montréal) ayant pour objectif de «Penser la place du sexuel en bibliothèque universitaire».» Les ouvrages seront gérés par l’université et par la Bibliothèque et le Centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités (CMCSS).

«Fin de la discrimination positive dans les universités américaines»

Suite à la plainte déposée devant la Cours Suprême, le principe de discrimination positive dans les universités est à présent contraire à la Constitution.

Dans les universités qui avaient déjà proscrit la discrimination positive par le passé, il a été constaté non seulement une baisse des admissions de la part des groupes sous-représentés, mais aussi du nombre d’inscrits.

Casse-tête pour l’organisation de conférences aux Etats-Unis

Les lois anti-avortement et anti-LGBTQ+ de certains Etats américains mettent à mal les organisations de conférences aux Etats-Unis. En effet, certain∙es scientifiques craignent pour leur propre sécurité s’ils ou elles doivent se rendre dans des Etats où la loi est la plus restrictive.

Les organisateur∙trices tentent de mettre en place des mesures de sécurité, mais peu de sociétés se décident à changer de lieu, souvent pour des raisons de coûts.

Identité de genre: les activistes s’enflamment à l’Université d’Oxford

La philosophe et féministe Kathleen Stock a été interrompue par des activistes transgenres pendant son discours à l’association étudiante «Oxford Union». Le motif serait la thèse de madame Stock, selon elle «[c]e n’est pas un discours de haine que de dire que les hommes ne peuvent pas être des femmes.» (weltwoche.ch)

Madame Stock explique qu’ «[elle veut] que les personnes transgenres soient protégé·es contre la violence et la discrimination […] [mais] qu’il n’était «pas juste pour les femmes» de partager des espaces tels que les vestiaires et les salles de bains avec des femmes transgenres en raison de la menace potentielle de violence.» (theguardian.com)

La direction de l’Université d’Oxford se trouve ainsi entre deux feux: d’une part les activistes «[exigent] l’interdiction de la philosophe de se produire en public», d’autre part madame Stock, qui «exaspère les représentant·es de la liberté de parole académique et les pousse à contre-manifester.» (weltwoche.ch)

Débat autour de la célébration du Pride Month à l’Université de Bâle

«Cette année, l’Université de Bâle célèbre le Pride Month, qui a toujours lieu en juin et qui est consacré à la «célébration et à la commémoration de la fierté [des personnes LGBTIQ+] […]». Les employés de l’université qui souhaitent y participer portent un pin’s aux couleurs de l’arc-en-ciel», mais «des collaborateurs de l’université de Bâle […] [sont] irrités de trouver ce pin’s sur leur lieu de travail». Le président de l’UDC Bâle-Ville, Pascal Messerli, affirme que «ce n’est pas le rôle d’une haute école politiquement neutre d’imposer carrément un tel message à ses collaborateurs» et que «le caractère volontaire est annulé dans la mesure où l’on remarque qui porte un pin’s – et qui ne le fait pas. S’engager contre la discrimination est une bonne chose. Mais pas avec une participation active qui, dans ce cas, est en plus clairement associée politiquement». Le porte-parole, Matthias Geering, affirme qu’ «il ne s’agit pas ici d’un positionnement politique de l’Université de Bâle […], [mais d’un effort pour créer] un environnement accueillant et intégratif pour tous les membres de notre communauté».

 

Professeur de théologie accusé d’incitation à la haine

Le ministère public tessinois a déposé plainte contre Manfred Hauke. Le professeur de théologie de la Faculté de théologie à Lugano est accusé de discrimination et d’incitation à la haine, car il avait publié, en tant qu’éditeur d’une revue théologique, un article contenant des passages homophobes.

L’Université de la Suisse italienne (USI) écrit qu’elle n’a pas de droit de regard sur l’acte d’accusation mais qu’elle «rejette toute forme de discrimination» et «condamne toute forme d’incitation à la haine». L’alma mater ne prend pas position sur la demande de l’association faitière «Pink Cross» de suspendre l’accusé de ses fonctions d’enseignant.

«DeSantis transforme la Floride en État modèle antiwoke» – comment cela concerne les universités

«Les universités sont tout particulièrement visées par le Républicain [Ron de Santis, gouverneur de la Floride], pourtant diplômé des prestigieuses universités Yale et Harvard. Le gouverneur et ses alliés veulent notamment démanteler les études et les politiques relatives à la diversité et l’inclusion (raciale, sexuelle), considérées comme «idéologiques», dans les établissements dépendant de l’État.»

Un conseil cantonal veut réduire le budget du personnel diversité de la Haute école spécialisée de Zürich

La HES zürichoise des beaux-arts (ZHAW) dispose d’une cellule «Diversité» qui est responsable d’un guide de langage genré, qui a reçu beaucoup d’attention médiatique. La cellule donne parfois à des tiers l’autorisation de transmettre de l’information sur son compte Instagram ceci, s’est notamment déroulé dans le cadre du «pride month» en juin. Des membres du groupe «Q+», qui travaillent au sein de la «​​​​Diversity Commission» pour la représentation de la communauté LGTBQI+, auraient posté un appel à la manifestation d’une organisation anticapitaliste. Cela a provoqué de l’indignation de certains politiques.

Le Conseiller d’Etat Hans-Peter Amrein (indépendant) a déposé la motion que le budget pour la cellule «Diversité» (CHF 750’000) soit supprimé et que les employé-es soient affecté-es à d’autres fonctions administratives en cas de vacance.  «Si un service a le sentiment qu’il doit réécrire le dictionnaire et édicter un guide linguistique pour un langage respectueux des genres, il faut le dissoudre et placer les gens là où cela rapporte quelque chose à la ZHAW», dit-il. Selon lui, la cellule pour la diversité fait preuve d’une attitude totalitaire que l’on ne connaît que dans les dictatures.»

L’auteur de l’article paru dans la NZZ estime qu’il serait surprenant que la motion soit acceptée au vu de la majorité au parlement cantonal.

«Deux ans après l’électrochoc MeToo à l’EPFL, du changement sûrement (mais lentement)»

«Début décembre 2020, un compte Instagram publiait des dizaines de témoignages dénonçant le sexisme et l’homophobie à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), mais aussi des cas de harcèlement et d’agressions sexuelles, provoquant l’émoi sur le campus. Deux ans plus tard, le changement de culture réclamé par les associations étudiantes est en cours. Même si les objectifs sont encore loin d’être atteints, voire très loin selon à qui l’on s’adresse, le premier bilan est plutôt positif.»

Réactions sur le rapport sur le climat de travail

L’Université de Lausanne a publié les résultats d’une enquête sur le climat de travail. Des membres de la Direction admettent avoir été «secoués» par les résultats et vont prendre des mesures.

««On ne peut être que heurté par les résultats de cette enquête», réagit Frédéric Borloz, conseiller d’Etat vaudois chargé de la formation. Ce dernier salue la transparence et la volonté d’agir démontrée par l’Unil. «Toute violence et toute discrimination sont inadmissibles», insiste-t-il. Raphaël Ramuz, secrétaire syndical SSP (Syndicat des services publics) Vaud, salue aussi cette nouvelle dynamique mais la juge encore insuffisante. […] «[…]améliorer les procédures ne suffit pas. Il faut engager des personnes qui ont une réelle volonté de lutter contre le harcèlement, d’administrer les preuves, de faire la lumière sur ce qu’il se passe», réagit-il. Et de rappeler que «l’Etat de Vaud n’a toujours pas remplacé le groupe Impact (entité chargée des conflits de travail au sein de l’administration)», malgré un audit public qui a pointé, en 2021, certains manquements  dans le traitement de deux affaires de harcèlement sexuel à l’Université de Lausanne.»» (Le Temps)

La Direction de l’UNIL publie un rapport d’enquête sur le climat de travail et d’étude

Une étude réalisée par FORS (le centre de compétences suisse en sciences sociales) au printemps 2022, mandatée par la Direction et le Bureau de l’égalité de l’Université de Lausanne, permet d’établir une cartographie détaillée des vécus de discrimination et de harcèlement sur le campus. Le rapport rapporte que de manière générale, les femmes se sentent moins bien que leurs collègues masculins. Cette enquête met également en lumière le signalement de 150 actes pénalement répréhensibles y sont rapportés, dont quatre viols.

«La Direction prend acte des conclusions de l’enquête et se dit vivement préoccupée par la fréquence et la gravité des faits de harcèlement et de discrimination qui y sont rapportés. Afin de répondre de la manière la plus adéquate possible à ces situations qu’elle juge inacceptables, elle lancera une version remaniée du dispositif actuel de lutte contre le harcèlement et les discriminations au printemps 2023, suite à un travail de refonte complète initié il y a plusieurs mois.» (UNIL)

«Une «déléguée au climat de travail et d’études» a déjà été recrutée et les personnes – au statut indépendant de l’Université – chargées de recueillir des témoignages confidentiellement passeront de deux à trois. Finalement, un ou une juriste, aussi externe, sera mandaté pour conseiller les personnes désirant porter plainte. Pour l’UNIL, l’enjeu sera toutefois de donner confiance aux victimes pour qu’elles rapportent les abus. «Nous ferons un travail pour rendre visibles ces changements, assure Liliane Michalik [vice-rectrice de l’UNIL pour Égalité, diversité et carrières]. Nous rendrons par exemple publics le nombre et le type de mesures que nous prendrons, en anonymisant bien sûr les situations.» (24 heures)

 

UNIGE: L’université et ses étudiant-es réaffirment les valeurs de l’institution

«L’intervention de militant-es dans une salle d’Uni Bastions le 17 mai dernier a suscité de nombreuses réactions dans et hors les murs de l’université. En marge de cet événement, les membres de la communauté universitaire se sont interrogés en profondeur sur les principes et les valeurs qui gouvernent leurs actions, thèmes qui ont fait l’objet d’échanges nourris entre les différents corps de l’institution. L’importante couverture médiatique de cette interruption a conduit à une certaine polarisation des positions exprimées. Malgré des divergences d’interprétation qui subsistent sur la gravité des événements du 17 mai, la communauté universitaire partage des valeurs et des objectifs communs, soulignés par sa charte d’éthique et de déontologie, qu’elle tient ici à réaffirmer.»

A l’Université de Genève, une conférence jugée «transphobe» a été interrompue

«A Genève, des militants et militantes ont à une nouvelle fois interrompue hier soir une conférence qu’ils jugeaient «transphobe», et c’est la deuxième fois en trois semaines que des soutiens de la communauté trans empêchent un évènement dans les murs de l’Université. Et cette fois-ci, l’Université va porter plainte.» (RTS)