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Sujet: bibliothèques universitaires

Genève: La bibliothèque des Bastions n’aura pas la place pour tous les livres

Le renouvellement de la bibliothèque des Bastions a commencé en 2022 et se terminera en 2027. Alors que le chantier a débuté récemment, des questionnements ont déjà surgi: 60’000 ouvrages (ou 40%) de la future collection de l’Université de Genève (UNIGE) ne pourront pas être placés dans la future bibliothèque des Bastions une fois la rénovation terminée. À la place, ces ouvrages seront transférés au Dépôt de la Bibliothèque universitaire (DBU) et «pourront être commandés et reçus dans un délai de vingt-quatre heures par les utilisateurs». Les enseignant·es de la Faculté des lettres trouvent cela «inacceptable» et «s’inquiètent»: certain·es se demandent «comment n’a-t-on pas pu prévoir suffisamment d’espace?» et regrettent qu’«on [leur] avait dit qu’il y aurait davantage de place qu’initialement».

L’UNIGE affirme qu’«[i]l n’y a pas d’erreur, les travaux du bâtiment central viennent de commencer, conformément au projet validé par l’Université, sur lequel se base l’autorisation de construire» et «qu’il est connu depuis le début du projet que les surfaces disponibles dans le bâtiment central de Bastions après rénovation sont inférieures à celles actuellement exploitées à Battelle». L’UNIGE affirme en outre que «les plans d’aménagement du bâtiment font encore l’objet de discussions et restent à affiner», et que les critères définitifs pour décider quels ouvrages ne se trouveront pas à la bibliothèque des Bastions «ne sont pas arrêtés». Néanmoins le service de communication de l’UNIGE donne des indices: «on parle par exemple (des ouvrages) qui n’ont jamais été empruntés depuis l’an 2000, de ceux disponibles en plusieurs exemplaires, des encyclopédies ou dictionnaires disponibles en ligne […]».

«Sciences des sexualités et diversité – font-elles si bon ménage ?»

Un don de livres de Michel Froidevaux à l’Université de Genève, des «documents qui touchent aux sexualités», représentent en majorité l’hétérosexualité. Cela «apporte un témoignage historique et sociologique d’envergure sur les questions de représentativité.»

«C’est par une analyse de certains axes thématiques que nous pouvons nuancer cette vision d’un collectionneur qui n’aurait pas considéré les autres types de sexualités ou d’identités de genre au même titre que les pratiques hétérosexuelles. Nous comprenons ainsi, tout en reconnaissant l’aspect non exhaustif de la collection, que l’absence de certaines thématiques témoigne non seulement de choix subjectifs de Michel Froidevaux, mais aussi de réalités d’accès aux documents, de censure ou simplement d’un manque de représentativité dans une époque donnée.»

L’Université de Genève mène «actuellement un projet commun au sein du G3 de la Francophonie (Université libre de Bruxelles, de Genève et de Montréal) ayant pour objectif de «Penser la place du sexuel en bibliothèque universitaire».» Les ouvrages seront gérés par l’université et par la Bibliothèque et le Centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités (CMCSS).

«L’ETH numérise sa bibliothèque avec Google Cloud»

Rassemblant une grande quantité de données, de livres, de revues, d’images et de supports numériques, la bibliothèque de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (ETHZ) travaille avec Google Cloud afin de rendre plus accessibles ses ressources en les numérisant. La démarche est entreprise pour rassembler les différentes applications sur une plateforme centrale, Apigee, ainsi que dans un but d’utilisation par le public et de traitement ultérieur. Un véritable «point d’accès central pour les développeurs de la communauté des données ouvertes» explique leur communiqué.

Université de Berne : La bibliothèque s’allie à Google Books

C’est 12 ans après la Bibliothèque Cantonale Universitaire (BCU) vaudoise, que celle de l’Université de Berne (UNIBE) a également décidé d’opter pour un partenariat avec Google Books. Dès 2020, le géant du web numérisera plus de cent mille livres – publiés entre 1700 et 1900 – de sa collection, lesquels seront en libre accès.

Grâce à ce partenariat où Google prend en charge les coûts de numérisation et de transport des livres, l’UNIBE se voit épargner d’un processus difficile à financer pour elle.

Selon Christian Lüthi, Vice-directeur de la Bibliothèque de l’Université de Berne, «Maintenant, 15 ans plus tard, on voit que les bibliothèques existent toujours. Les services qu’elles offrent sont très bien utilisés par les clients et leur rôle n’a pas vraiment changé.»

Université de Zurich : Inquiétudes des étudiant·e·s face à la fusion des bibliothèques

À ce jour, l’Université de Zurich (UZH) dispose de 39 bibliothèques spécialisées indépendantes réparties sur 44 sites –  facultés et instituts  – en plus de sa grande bibliothèque principale. Ceux-ci travaillent indépendamment les uns des autres, et ne partagent pas de responsabilité budgétaire. Cependant, l’UZH prévoit maintenant de fusionner toutes les bibliothèques en une seule bibliothèque universitaire sous le nom de «UZH Bibliothèque du futur».

Mais cette mesure inquiète les étudiant·e·s qui exigent plus de transparence,«Nous ne savons pas du tout ce qui est prévu et si les préoccupations que nous avons exprimées ces derniers mois seront entendues. […] Nous voulons préserver les espaces créatifs et scientifiquement productifs des bibliothèques de l’institut. Les livres qui s’inscrivent dans un même thème devraient être côte à côte. Cela doit également être possible dans une bibliothèque centralisée.» De plus, les étudiant·e·s se font du soucis quant aux conséquences engendrées, comme le licenciement des bibliothécaires et à la réduction de leurs conditions de travail, car ces dernier·ère·s détiennent des connaissances spécialisées dont ils disent dépendre.

Swissuniversities : Création du Swiss Library Network for Education and Research
Le 4 avril 2019, les bibliothèques des universités, des hautes écoles spécialisées et des hautes écoles pédagogiques, ainsi que d’autres bibliothèques scientifiques, ont créé le Swiss Library Network for Education and Research (SLiNER).
Ce dernier regroupe 38 bibliothèques scientifiques suisses et remplace des organes précédemment séparés par types d’établissement d’enseignement supérieur : la Conférence des bibliothèques universitaires (CBU), le Groupe de travail «Bibliothèques» de la Chambre HEP de swissuniversities et le Groupe d’experts «Bibliothèques» de la Chambre des HES.
La Fondation SLiNER qui se constitue sous la forme d’un réseau de swissuniversities, est ainsi une étape logique dans le contexte de la mise en réseau croissante du paysage des hautes écoles suisses et de la création de diverses structures nationales de coopération.
Des étudiant·e·s de l’Université de Zurich s’opposent à la centralisation des bibliothèques

Des étudiant·e·s de l’Université de Zurich s’opposent aux plans de leur Direction de centraliser les quelques 40 bibliothèques facultaires réparties sur 80 sites d’ici à 2025 et ont fondé pour ce faire l’association estudiantine AG Bibliotheken. Cette dernière a lancé un sondage en mai 2018, dans lequel 82% des 3608 étudiant·e·s participant·e·s souhaitaient conserver la situation actuelle et regrettent qu’ils et elles n’ont pas été impliqué·e·s dans la planification. Suite au sondage, la Direction s’est montrée ouverte à la participation de l’AG Bibliotheken au comité de coordination.

Le Canton de Fribourg sortira de Rero

Le Canton de Fribourg participera au financement d’une nouvelle plateforme de bibliothèques scientifiques suisses, exploitée par la société sans but lucratif SLSP SA. Celle-ci a été fondée par 15 hautes écoles et bibliothèques scientifiques suisses. Aujourd’hui, la plupart des bibliothèques scientifiques et publiques du canton appartiennent au Réseau Romand (Rero). Ce dernier a cependant perdu en 2016 avec le Canton Vaud un «partenaire important» et son système informatique, conçu au début des années 1990, n’aura plus de support technique à partir de 2020.