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Sujet: discrimination positive

«Harvard sous enquête pour un scandale de népotisme»

Trois associations ont porté plainte contre l’Université de Harvard: elles l’accusent de discrimination. L’université fait l’objet d’une enquête de la part du gouvernement américain qui devra établir si elle adopte une «pratique permettant aux enfants d’anciens diplômé·es d’être favorisés dans le processus d’admission». Selon les avocats de Lawyers for Civil Rights Boston et les trois associations, vu la décision de fin juin de la Cour suprême des Etats-Unis qui «a exigé la fin des programmes de discrimination positive lors des admissions universitaires […], il est encore plus important d’éliminer les pratiques qui désavantagent de manière systématique les étudiant·es de couleur». De son côté, l’Université de Harvard explique qu’elle revoit son processus d’admission «pour se mettre en conformité avec la décision de la Cour suprême tout en «renforçant [sa] capacité à attirer et à soutenir une communauté intellectuelle diverse, qui est fondamentale à [la] recherche de l’excellence académique.»»

Une «tempête de critiques» sur un lauréat du prix Nobel

Le chimiste et lauréat du prix Nobel, Kurt Wüthrich, «a déclaré lors de la rencontre des lauréats du prix Nobel à Lindau qu’il se sentait discriminé en tant qu’homme dans le monde scientifique […] [en s’exposant] à de graves critiques». Monsieur Wüthrich a explicité son propos : «lors de cette conférence, l’accent est tellement mis sur la diversité et l’inclusion que les discussions sur la science passent au second plan». Il dit que son intention était de réaffirmer que «la science a beaucoup progressé ces dernières années en matière d’égalité».

Il a cité Christiane Nüsslein-Volhard, lauréate du prix Nobel de médecine en 1995. Dans un interview elle affirmait «que les femmes n’avaient plus besoin aujourd’hui de «problématiser» le monde scientifique en raison de leur sexe – «comme si elles étaient moins bien loties et avaient besoin d’une aide supplémentaire» – et que la discussion devait porter sur la science et non sur les questions de genre. Un quota de femmes n’est plus d’actualité et pourrait conduire à une discrimination des hommes».

Néanmoins, ces nouveaux éléments ne semblent pas avoir «profité» à Monsieur Wüthrich: à la fois des étudiant·es et des professeur·es suisses continuent de critiquer cette affaire. Une étudiante dit que ««les femmes sont encore systématiquement et structurellement discriminées dans le monde scientifique» et qu’elle se sentait «mal à l’aise» face à des déclarations comme celle de Wüthrich sur la discrimination des hommes.»

Vives réactions face à la fin de l’«affirmative action»

Le fossé entre les magistrats de la Cours Suprême se creuse de plus en plus, à la suite de la décision des six membres conservateur∙trices de mettre fin à la discrimination positive. Les deux camps parlent d’égalité, mais pas de la même manière.

Le parti conservateur se base sur le 14e amendement de la Constitution et prône l’égalité afin de ne plus faire de différence entre les couleurs de peau, une lecture jugée «originaliste» par le parti opposant. La crainte de la gauche est que «ce retour en arrière n’entraîne une baisse significative du nombre d’étudiants noirs, hispaniques ou issus d’autres minorités sur le campus», mais aussi que cela n’«exacerbe la ségrégation et diminue l’inclusivité des institutions.»

Faisant écho à l’annonce du jeudi 29 juin, la Maison Blanche a pris parti en encourageant les universités américaines à considérer d’autres facteurs, tels que les finances, le lieu de naissance ou si la personne a déjà été victime de discrimination par le passé.

«Fin de la discrimination positive dans les universités américaines»

Suite à la plainte déposée devant la Cours Suprême, le principe de discrimination positive dans les universités est à présent contraire à la Constitution.

Dans les universités qui avaient déjà proscrit la discrimination positive par le passé, il a été constaté non seulement une baisse des admissions de la part des groupes sous-représentés, mais aussi du nombre d’inscrits.

«Le principe de discrimination positive remis en question aux Etats-Unis»

« Au début des années 1960, John Fitzgerald Kennedy (JFK) est le premier président à employer le terme affirmative action, l’expression anglaise pour parler de discrimination positive, qui revient à favoriser les minorités, pour gommer les inégalités. » Ce principe est aujourd’hui remis en cause par Edward Bloom, un activiste conservateur, qui attaque les universités américaines devant la Cour Suprême. « Les individus doivent être jugés en tant qu’individus, pas en tant que membre d’un groupe racial » estime-t-il.

Muskaan Arshad, étudiante et militante de la discrimination positive, défend son point de vue : « Aucun groupe racial n’a le monopole du talent ou de l’intelligence, mais certains étudiants ont plus de chances au départ, et la discrimination positive permet d’en tenir compte. »

Bâle-Ville rejette une motion pour un quota de professeures

Le Grand Conseil de Bâle-Ville s’est prononcé contre un quota de 50% de femmes professeures à l’Université de Bâle. La motion du parti socialiste demandait que la proportion de femmes professeures soit portée à 30 % dans les prochaines années et à 50 % dans 15 ans. Dans certaines facultés, il y a actuellement moins de 20% de professeures.

Cette motion a été rejeté avec 46 « non », 3 abstations et 42 « oui ».

 

Deux nouveaux programmes de recherche favorisent les chercheuses

Deux nouveaux programmes de la Société Max Plank et du gouvernement Australient financent spécifiquement la recherche de scientifiques femmes. Il s’agit d’une mesure de discrimination positive qui est particulièrement directe. «Les initiatives sont très intéressantes et risquent de susciter une controverse», écrit Nancy Hopkins, biologiste au MIT, dans «The Scientist». «Les gens vont dire qu’il n’y a pas assez de femmes qui sont aussi bonnes que les grands hommes de l’Institut Max Planck. Et bien sûr, personne ne veut que l’institution ne diminue ses normes – les femmes le voudraient encore moins! Cependant, il y a des femmes capables de remplir les rôles de senior, même sans de telles initiatives», déclare-t’elle, qui a longtemps mis l’accent sur les inégalités entre les hommes et les femmes dans la science, à commencer par l’institution d’origine.