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«Plutôt le tabac que la science»

Le Conseil fédéral souhaite pourtant supprimer le Conseil suisse de la science (CSS), affirmant que les défis actuels exigent des expertises spécialisées fournies par des groupes ad hoc plutôt que par un organisme permanent. Le CSS conteste vivement cette justification, qu’il juge floue et incorrecte, et souligne que la Suisse deviendrait un cas à part : aucun pays comparable ne renonce à un conseil scientifique indépendant.
Le CSS fait partie d’un ensemble de neuf commissions extraparlementaires que le Conseil fédéral propose de dissoudre, en partie sous pression de représentants politiques de droite. Pourtant, selon un rapport du Conseil des États, externaliser leurs tâches serait moins efficace et plus coûteux. Les économies attendues (172 000 francs) seraient probablement annulées par des dépenses plus élevées pour des mandats externes. Le SWR estime même qu’il faudrait compter au moins 50 % de coûts supplémentaires.

Le Conseil scientifique s’inquiète aussi du fait que son expertise, indépendante et à long terme, ne puisse pas être remplacée par des groupes ponctuels, plus susceptibles d’être politiquement orientés. Cette inquiétude est renforcée par une récente controverse autour du paquet d’économies fédéral, où le CSS a exprimé des critiques contraires à celles d’un groupe ad hoc mandaté par le Conseil fédéral.

Par ailleurs, une révision légale prévoit que ces commissions ne pourront plus communiquer librement avec le Parlement sans l’accord de leur département, officiellement pour éviter des activités de  lobbying». Le CSS juge cette justification injustifiée et contraire à la liberté d’expression. Cette restriction semble paradoxale, d’autant qu’elle émane de milieux politiques de la droite bourgeoise qui s’opposent généralement à un encadrement plus strict du lobbying, par exemple concernant la réglementation autour le tabac.

Pour l’auteur de l’article paru dans la Wochenzeitung WOZ, l’ensemble du projet donne l’impression que le Conseil fédéral cherche à réduire une voix indépendante parfois critique. Dans un contexte déjà marqué par les restrictions budgétaires, la méfiance envers la science et les tensions géopolitiques et technologiques, la suppression du CSS serait un «signal préoccupant».

  • 19.03.2026 – WOZ – Lieber Tabak als Wissenschaft