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Le «Doctor Europaeus+»

Uwe Brandenburg, directeur operationnel du Global Impact Institute, qui aide les universités à évaluer et à améliorer l’internationalisation de l’enseignement supérieur, y compris la formation doctorale, estime que l’Europe dispose déjà d’un outil pertinent pour promouvoir l’internationalisation des doctorats, mais que celui-ci est aujourd’hui sous-utilisé et dépassé : le label Doctor Europaeus, créé en 1991.

Ce label, qui s’ajoute à un doctorat national sans constituer un diplôme distinct, est attribué aux doctorant·es qui satisfont quatre critères :

  1. Un séjour de recherche d’au moins trois mois dans un autre pays européen.
  2. L’évaluation de la thèse par au moins deux examinateurs de pays européens différents.
  3. La participation d’un examinateur étranger au jury de soutenance.
  4. Une partie de la soutenance réalisée dans une langue européenne différente de celle du pays délivrant le diplôme.

Selon l’auteur, ces critères représentent toujours un excellent standard d’internationalisation. Pourtant, ses travaux d’évaluation montrent que, dans la majorité des universités européennes, ces pratiques restent loin d’être généralisées.

Pour tenir compte de des évolutions, Brandenburg propose de créer un Doctor Europaeus+. Les quatre critères historiques seraient conservés comme base minimale, mais complétés par :

  • une formation conforme aux principes de l’Association européenne des universités (EUA) ;
  • une formation à la science ouverte et à l’éthique de la recherche ;
  • le développement de compétences transférables ;
  • une véritable collaboration internationale ;
  • une gestion des données conforme aux principes FAIR ;
  • éventuellement, un badge numérique attestant ces acquis.
Le Doctor Europaeus+ serait beaucoup plus léger que par exemple le «European Degree Label», actuellement testé par l’Union européenne : chaque université pourrait l’attribuer elle-même en adaptant simplement ses règlements doctoraux.
Uwe Brandenburg constate également que très peu d’universités semblent aujourd’hui délivrer le Doctor Europeanus, principalement en Italie et en France. «Plus préoccupant encore, il n’existe aucun registre centralisé recensant les établissements qui l’accordent ni les doctorants qui en bénéficient. Cette absence de visibilité pénalise les étudiant·s qui souhaitent suivre un doctorat fortement internationalisé.»