Filtres des articles

Recherche

Tendances des 2 dernières semaines

Aucun mot-clé trouvé.

Sujet: sciences naturelles

Un auteur du rapport Gaillard devient président du conseil de l’Université de Bâle

Le professeur d’économie de l’Université de Bâle Aymo Brunetti, originaire de Bâle-Campagne, deviendra président du Conseil de l’Université à partir de 2026. Cette annonce était surprenante dans la mesure où d’habitude, la présidence de ce Conseil alterne entre des citoyen·nes des deux demi-cantons. Normalement, cela aurait été au tour de Bâle-Ville et la conseillère d’État Eva Herzog, qui a failli devenir Conseillère fédérale, était la candidate pressentie, mais les cantons ont choisi le professeur, qui faisait par ailleurs partie des auteurs du fameux rapport Gaillard, lequel a identifié des mesures d’économies pour le Conseil fédéral. Une des propositions de ce rapport consistait à augmenter massivement les taxes d’études.

Les attentes de l’Université envers son président sont claires : il doit se battre pour la viabilité financière de l’Université au cours de la période de performance à partir de 2030. En effet, alors que le budget actuellement en discussion au Parlement pour la période 2026-2029 prévoit une augmentation relativement modérée de 11 %, les jalons sont posés pour que cela coûte très cher aux cantons responsables par la suite. Selon le journaliste du bz, «Les signes avant-coureurs de cette confrontation sont évidents.» Le gouvernement de Bâle-Campagne a déjà stipulé dans l’accord de prestations actuel que la clé de financement serait révisée pour la période à partir de 2030, et ce dans un seul sens : Bâle-Ville devra payer davantage.

Pour le journaliste, «la démarche logique» serait de faire reconnaître l’Université comme une haute école spécialisée dans les sciences de la vie, y compris au niveau de son personnel dirigeant. Sa rectrice jusqu’en 2027, Andrea Schenker-Wicki, préparerait le terrain sur le plan rhétorique, soulignant «à chaque occasion» que 75 % des fonds de l’Université sont déjà consacrés à deux des sept facultés, à savoir les sciences de la vie et la médecine qui y est associée. Et Aymo Brunetti aurait un rôle déterminant dans la décision si l’Université, sous sa présidence, va réduire les sciences humaines et sociales à une «fonction complémentaire» [aux études des sciences de la vie et de la médecine].

L’EPFZ reçoit un don de 100 millions pour un futur centre d’observation de la Terre à Lucerne

«L’Ecole polytechnique fédérale de Zurich va bénéficier d’un don de 100 millions de francs pour la création d’un centre de compétence pour l’observation de la Terre. La somme est mise à disposition par la Fondation lucernoise Jörg G. Bucherer.» (Le Temps) Implanté dans le canton de Lucerne, le Swiss GeoLab sera dirigé par l’astrophysicien américano-suisse Thomas Zurbuchen, ancien directeur scientifique de la NASA (2016-2022) puis directeur des sciences spatiales à l’EPFZ. Son objectif sera d’obtenir une meilleure compréhension des changements environnementaux grâce à des données (provenant de satellites, de drones et de stations de mesure) reliées par une plateforme technologique. Les thèmes de recherche iront ainsi de la détection précoce de catastrophes naturelles à la prévision de rendements agricoles. Opérationnel en 2027 et pleinement développé d’ici 2030, le centre comptera à son actif une centaine de collaborateur·ices. «Avec la création de l’ETH Swiss GeoLab, l’ETH Zurich et la fondation Jörg-G.-Bucherer renforcent un domaine de recherche qui est actuellement sous pression aux Etats-Unis.» (NZZ)

Interview avec Katharina Fromm, Rectrice de l’Université de Fribourg

Katharina Fromm, Rectrice de l’Université de Fribourg (UniFR) depuis février 2024, répond à des questions sur les futurs objectifs de l’UniFR. Madame Fromm vise à repositionner l’UniFR dans les sciences dures et appliquées, mais aussi  à «[renforcer le] transfert de savoir et de technologies de l’université vers l’économie […],[ainsi qu’à] renforcer le contact avec le grand public» et à donner une priorité à l’interdisciplinarité au sein de l’université. (La Matinale)

Exercice de reproductibilité : 246 biologistes obtiennent des résultats différents

«Dans le cadre d’un vaste exercice d’examen de la reproductibilité, plus de 200 biologistes ont analysé les mêmes ensembles de données écologiques et ont obtenu des résultats très divergents. La première étude de grande ampleur de ce type en écologie montre à quel point les résultats sur le terrain peuvent varier, non pas en raison de différences dans l’environnement, mais à cause des choix analytiques des scientifiques.»

«La variation des résultats n’est peut-être pas surprenante, mais la quantification de cette variation dans une étude formelle pourrait catalyser un mouvement plus large visant à améliorer la reproductibilité, selon Brian Nosek, directeur exécutif du Center for Open Science à Charlottesville, en Virginie […]. «Cet article pourrait contribuer à consolider ce qui est une communauté relativement petite et réformatrice en écologie et en biologie évolutive en un mouvement beaucoup plus important, de la même manière que le projet de reproductibilité que nous avons mené en psychologie», déclare-t-il.»

Méta-chercheuse en écologie à l’université de Melbourne en Australie et co-auteur de l’étude, Hannah Fraser affirme que «[m]algré la grande diversité des résultats, aucune des réponses n’est erronée.» Pour elle, «[l]’écart reflète plutôt des facteurs tels que la formation des participants et la façon dont ils ont établi la taille des échantillons.» N’ayant pas encore été examinée, «[l]’étude a été publiée sous forme de preprint le 4 octobre.»

UniNe: Première volée du «Master of Arts in Biodiversity Conservation»

Fin juin, on apprenait qu’un master en conservation de la biodiversité verrait le jour au semestre d’automne à l’Université de Neuchâtel (UniNe). Les deux responsables de la toute première volée de ce master détaillent les motivations qui les ont amené à élaborer ce cursus. Il s’agit de Clara Zemp, Professeure assistante et directrice de laboratoire, et de Jérémie Forney, Professeur en anthropologie de l’environnement.

Madame Zemp explique qu’à la racine de ce choix demeure l’urgence du besoin de solutions face à la perte de la biodiversité, alors que la croissance démographique ne s’arrête pas, et du besoin d’acquérir des capacités «destinée[s] à la conservation de la faune, des plantes et des écosystèmes[…]».

«[L]e point fort de cette filière consiste dans un dialogue entre les disciplines scientifiques et humaines. Cette mixité se traduit par un plan d’études articulé entre la Faculté des sciences et celle des lettres. Une spécificité qui existe déjà au niveau bachelor, avec une proposition en biologie ethnologie, dont cette nouvelle voie est une suite logique».

 

Popularité parmi les filières

Dans les universités, les matières les plus prisées sont l’informatique, le génie mécanique, les communications et mass-media et la médecine dentaire. «Les sciences politiques et la psychologie ont par exemple affiché de belles progressions. À l’inverse, les langues et l’histoire ont reculé», ainsi que la théologie protestante et l’ethnologie. L’engouement pour les MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et techniques) pourrait être expliqué par la pénurie de main d’œuvre de ces domaines. Selon la présidente de swissuniversities Luciana Vaccaro «[l]es jeunes ne restent pas en marge de ces considérations lorsqu’ils se demandent vers quel métier ils veulent se diriger.»

En ce qui concerne les langues slaves, «[l]es facultés romandes n’ont pas enregistré d’effondrement des effectifs», malgré la guerre en Ukraine. «On pourrait même imaginer que les facultés de russe attirent davantage de monde» explique Sébastien Moret, maître d’enseignement à l’UNIL. «Durant la Guerre froide, elles étaient très courues, un phénomène assez généralisé en Occident, notamment aux Etats-Unis. Après la chute de l’Union soviétique, quand la Russie n’a plus été considérée comme un danger majeur, l’intérêt a diminué.» Seul bémol toutefois, les échanges et autres projets en commun avec la Russie ne sont plus possibles depuis la guerre, que ce soit pour le corps estudiantin ou professoral.

La «crise de reproductibilité» est étendue à tous les domaines scientifiques?

Dans un article publié par la NZZ le 26.07.2023, Mathias Binswanger, Professeur d’économie politique à la Haute école spécialisée du Nord-Ouest de la Suisse, conclut qu’il y a des «failles» dans les sciences comportementales en raison d’une «crise de reproductibilité». Néanmoins, selon Servan Grüninger, biostatisticien de lUniversité de Zurich (UZH), cette explication pourrait se retourner contre le professeur puisque «les débats sur la reproductibilité des résultats de la recherche ne concernent pas seulement la psychologie, mais un certain nombre de disciplines scientifiques, dont les sciences économiques». Une étude menée pour tester la reproductibilité des publications scientifiques du domaine économique montre que seulement le 38% de ces dernières pouvait être reproduites.

Recherche : «Une bourse de 30 000 fr. pour les sciences naturelles»

Dans le cadre de son anniversaire bicentenaire, La Société vaudoise des sciences naturelles (SVSN) lance une bourse du 200e en partenariat avec la Société académique vaudoise. Les deux sociétés participent chacune de moitié à son financement.

«Cette bourse académique a pour but de soutenir un projet de recherche dans le domaine des sciences naturelles. Les éligibles seront de jeunes chercheurs, doctorants et postdoctorants, rattachés à une haute école qui a son siège sur Vaud: UNIL, EPFL, HES», déclare Aline Dépraz, Vice-présidente de la SVSN.

Les projets soumis pourront être réalisés par plusieurs candidats et le délai de remise des différents dossiers est fixé au 2 septembre.

La Suisse négligerait ses vastes collections de sciences naturelles
La Suisse négligerait ses vastes collections de sciences naturelles, qui contiennent plus de 60 millions d’objets. Seulement 17% de ce matériel est enregistré numériquement et donc réellement accessible à la recherche. C’est ce que montre le rapport « Importance nationale des collections suisses de sciences naturelles » de l’Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT). Elle a donc décidé de travailler en collaboration avec des musées, des universités et des jardins botaniques au développement d’une stratégie et d’une plate-forme de recherche numérique. Le projet nécessiterait un investissement de 14 millions de francs. Une requête dans ce sens a été adressée en décembre au Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI). S’y ajouteront des contributions des institutions de collection elles-mêmes.