«Une explosion s’est produite mardi dans un laboratoire des bâtiments de Sciences II de l’Université de Genève. Une personne a été blessée, mais son pronostic vital n’est pas engagé, a appris la RTS. La situation semble désormais sous contrôle.»
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22Juil2025
Politique des hautes écoles
Le personnel de la NASA s’oppose aux coupes budgétaires de Trump
Plus de 280 employés de la NASA, anciens et actuels, dont au moins 4 astronautes, ont signé une déclaration d’opposition aux nombreux changements drastiques que l’administration du président américain Donald Trump s’efforce de mettre en œuvre. La déclaration exhorte également le chef intérimaire de la NASA à ne pas procéder aux coupes budgétaires sans précédent proposées par Trump.
La justice se penche sur le conflit entre l’administration Trump et Harvard
«Le duel entre Donald Trump et Harvard s’est déplacé lundi dans l’arène judiciaire où une juge a demandé à l’administration américaine de justifier le gel de plus de 2,6 milliards de dollars en subventions de recherche à la prestigieuse université. […] En parallèle, des associations de professeurs d’université américaines, notamment de Harvard, ont demandé lundi à un autre juge du Massachusetts de reconnaître que le gouvernement américain a mis en place une « politique d’expulsions basées sur l’idéologie » contraire au premier amendement de la Constitution qui protège la liberté d’expression.»
21Juil2025
Politique des hautes écoles
«Les jeunes chercheurs craignent pour leur existence»
A l’occasion de la réunion des prix Nobel à Lindau, en Allemagne, de nombreux·euses jeunes chercheur·euses expriment leurs craintes pour leur avenir dans la recherche, en raison des coupes budgétaires imposées par l’administration Trump. Les financements accordés par les autorités américaines sont actuellement incertains. La lauréate du prix Nobel et ancienne conseillère présidentielle Frances Arnold s’attend à ce que de nombreux·euses doctorant·es et post-doctorant·es n’obtiennent pas de prolongation de leurs subventions et de leur emploi aux Etats-Unis. Plusieurs post-doctorant·es seraient retourné·es dans leur pays d’origine, en Chine, en Corée du Sud ou au Japon, afin d’y poursuivre leurs recherches.
Selon une analyse de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS), le budget de l’administration Trump pour 2026 prévoit de réduire le financement de la recherche de 22%, la recherche fondamentale d’un tiers.
A propos des structures de pouvoir dans les universités qui favorisent le harcèlement sexiste
«Les structures de pouvoir établies depuis des décennies dans les universités favorisent le harcèlement sexuel – surtout contre les femmes.» Dans l’interview, la Spécialiste du thème du genre dans le monde du travail Jo Krøjer de l’université Roskilde explique l’efficacité d’un code de conduite, pourquoi on se tait souvent face aux agressions et quelles mesures sont nécessaires pour que les victimes se sentent prises au sérieux et en sécurité.»
Elle précise tout d’abord que le harcèlement sexiste n’a rien à voir avec la sexualité, mais qu’il s’agit d’une forme d’abus de pouvoir enraciné dans le sexisme et constate que la présence de ce phénomène dans les organisations universitaires est liée à certaines caractéristiques et structures de pouvoir: la précarité prolongée pousse de nombreuses personnes à tolérer des conditions de travail inacceptables, tandis que les structures hiérarchiques, souvent patriarcales, tendent à favoriser des comportements et intérêts majoritairement masculins.
Pour améliorer la situation, la chercheuse danoise enjoint les directions d’université à prendre au sérieux les cas de harcèlement sexiste et à envoyer un signal clair au sein de l’institution: de tels comportements ne seront pas tolérés et entraîneront des conséquences. Selon elle, le véritable problème réside dans le manque de volonté d’agir concrètement pour sanctionner les auteur·es, ce qui empêche un réel changement de culture. Elle ajoute qu’il est important que l’université assure une protection aux personnes signalant des faits, tout en mettant en place un processus transparent et clair pour le traitement des plaintes. Il est important que les victimes puissent avoir confiance envers la direction, qu’elles sachent que leur plainte sera traitée avec sérieux et que leur carrière n’en souffrira pas.
Finalement, afin d’aider à prévenir les cas, la sicntifique enjoint les directions d’université à s’informer sur ce qu’est le harcèlement sexiste. «Tant les individus que les organisations doivent développer ce que nous appelons la sexist harassment literacy». Enfin, les directions doivent être très claires sur le type de comportement qui est acceptable et celui qui ne l’est pas.
«L’EPFL poursuit des étudiants après des slogans antisionistes haineux»
«L’école polytechnique a lancé des procédures disciplinaires à la suite d’un incident survenu lors de la fête Vivapoly», le 22 mai dernier. «Il s’agit de manquements non académiques, comme définis par l’ordonnance de l’EPFL sur les mesures disciplinaires (article 3). Les sanctions vont du blâme à l’exclusion définitive.» L’EPFL avait reporté l’ouverture de la procédure à la fin de la session d’examen afin de ne pas perturber les étudiant·es concerné·es. L’institution avait déjà déposé une plainte pénale pour incitation à la haine.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 21 juillet 2025
18Juil2025
Politique des hautes écoles
«L’antisémitisme dans les universités de Suisse alémanique»
«Les universités de Suisse alémanique sont touchées par la propagation de l’antisémitisme. Les organisations d’étudiants pro-palestiniens ne sont pas les seules à franchir les frontières, des professeurs d’université organisent également des séminaires et des cours de propagande. Le Nebelspalter s’est entretenu avec des personnes concernées.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 18 juillet 2025
17Juil2025
Politique des hautes écoles
«La grande arnaque Horizon»
Un rapport du groupe de réflexion Econpol Europe, réalisé en collaboration avec l’Institut Ifo de Munich et l’Université Bocconi de Milan dénonce la distribution de fonds à des «mauvais destinataires».
«Sur les 10 milliards de francs annuels du programme de recherche de l’UE, seuls 7,5 % sont consacrés à des projets «effectifs». La part du lion se perd dans la bureaucratie monstre de Bruxelles», écrit le journaliste de la Weltwoche Christoph Mörgeli, en faisant allusion aux conclusions du rapport. Selon ce dernier, une grande partie des presque 100 milliards d’euros de financement Horizon de la dernière décennie a été versée à de grandes entreprises et consortiums qui n’ont obtenu que des résultats limités en matière d’innovation et de croissance. Selon les auteur·ices de l’étude, les subventions devraient être «réorientées vers les petits et moyens demandeurs indépendants, l’accent devrait être mis sur le potentiel de croissance des idées et non sur les chiffres clés des entreprises», afin de donner «une possibilité de concrétiser des idées innovantes». Le rapport souligne également qu’une grande part des subventions ne bénéficie pas directement aux entreprises, mais plutôt aux cabinets de conseil, notamment à ceux qui sont spécialisés dans la gestion de la clientèle d’Horizon lors des procédures très compliquées pour les demandes et les rapports.
Le journaliste de la Weltwoche remet ainsi en question la participation de la Suisse au programme Horizon Europe, en mettant en avant que depuis la participation de la Suisse au programme aucune prestation réalisée dans ce cadre n’a été récompensée par le prix Nobel dans le pays. Il souligne également que l’impact financier de la résiliation de l’accord-cadre européen par le Conseil fédéral n’a été que de 1,8% pour les deux EPF de Zurich et Lausanne, et note enfin que malgré l’adhésion non continue de la Suisse au programme de recherche européen, l’attractivité des hautes écoles suisses n’a pas été freinée, car le nombre d’étudiant·es étranger·ères a triplé entre les années 2000 et aujourd’hui.
Budget doublé pour Horizon Europe et augmentation des fonds pour Erasmus+
La Commission européenne a présenté mercredi le nouveau cadre financier pluriannuel de l’UE, «feuille de route budgétaire pour la période 2028-2034» (Le Temps). Ce cadre propose une enveloppe de 2000 milliards d’euros sur sept ans (le budget 2021-2027 s’élève à 1200 milliards d’euros), et devra être validé à l’unanimité par les 27 chef·fes d’Etat ou de gouvernement de l’UE et approuvé par la majorité du Parlement pour être adopté.
Dans ce cadre, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen a annoncé que «sa mouture prévoit de doubler le budget du programme de recherche Horizon Europe» (Le Temps) qui s’élève désormais à 175 milliards d’euros, et d’augmenter les fonds Erasmus+ qui disposeraient désormais de 40,8 milliards d’euros (Blick).
«Le Congrès, sauveur des budgets scientifiques menacés par Trump?»
Les débuts de discussions en commission de la Chambre des représentant·es et du Sénat à propos du budget 2026 proposé par la Maison-Blanche laissent présager que plusieurs organismes scientifiques ne subiraient pas les coupes sévères désirées par l’administration Trump. Les parlementaires avaient déjà rejeté les budgets scientifiques du premier mandat de Donald Trump.
Les membres de la Commission des crédits du Sénat proposent, pour la Fondation nationale pour la science (NSF), des réductions budgétaires «environ 80 fois moins que le souhaite l’administration Trump». Elle a également revu le budget scientifique de la NASA, proposant de le fixer à son niveau actuel et non de «le diviser presque par deux». Les deux chambres ont aussi refusé les baisses de financement de l’Institut national de l’alimentation et de l’agriculture (NIFA) et du Service de recherche agronomique (ARS), en proposant d’adopter des sommes équivalentes à celles de 2025. Toutefois, l’harmonie entre les chambres n’est pas garantie: la commission de la Chambre des représentant·es a, par exemple, décidé de supprimer le financement des programmes de nutrition, au contraire des sénateur·ices. Enfin, le sort de l’Administration américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA) n’a pas encore été discuté par les élu·es.
Après leur adoption en commission, les budgets doivent encore être approuvés dans les mêmes termes par les deux chambres du Congrès, puis promulgués par le président. En cas de désaccord entre les deux assemblées, les budgets restent bloqués au niveau actuel, «ce qui ne serait pas une mauvaise chose pour la plupart des agences visées par la Maison-Blanche» selon le journaliste du Temps Denis Delbecq.
Un chercheur de l’Université de Genève jugé pour des expérimentations animales sans autorisation
Un chercheur de l’Université de Genève a été condamné à une amende de 1500 francs pour avoir mené des expérimentations animales sans autorisation. Il avait injecté des substances toxiques à des poissons et les avait euthanasiés, parfois de manière non conforme. Les manipulations reprochées par la justice ont été effectuées entre 2019 et 2020. Alertée par un doctorant, l’Université de Genève a ouvert une enquête interne qui a mis en lumière «un comportement frauduleux en matière d’expérimentation animale, constituant ainsi une infraction très grave à l’intégrité scientifique». Le rapport dénonce des infractions remontant jusqu’à 2013 et le professeur impliqué reçoit une sanction disciplinaire tout en faisant l’objet d’un signalement aux autorités judiciaires. Le professeur a admis avoir agi de sa propre initiative, sous pression et en l’absence de moyens, sans avoir sollicité d’autorisation préalable. En l’absence de notification, le Service cantonal de la consommation et des affaires vétérinaires n’avait pas été en mesure d’identifier ces pratiques: «Sans respect de l’obligation d’annonce de la part du directeur de l’expérience, il n’est pas possible au service cantonal spécialisé d’entrer dans les laboratoires afin d’y effectuer des contrôles», explique le service.
L’Unil dans les médias
«Les universités de Suisse romande : un hotspot de l’antisémitisme»
«Les étudiants juifs se sentent en insécurité ou n’osent plus suivre les cours à l’université en raison de l’antisémitisme répandu. C’est ce que révèlent les recherches du Nebelspalter. La rédaction s’est entretenue avec de nombreuses personnes concernées.»
Revue de presse Unil 17 juillet 2025
16Juil2025
Politique des hautes écoles
«Appel commun aux programmes de recherche de l’Union européenne : accent sur la recherche fondamentale»
«swissuniversities, U15 Canada et le Russell Group ont rédigé une lettre ouverte commune adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au sujet des futurs programmes de recherche de l’UE. […] Une procédure claire et anticipée en vue de l’association des pays tiers et un accent renouvelé sur la recherche fondamentale dans le programme Horizon Europe sont essentiels pour une coopération internationale réussie en matière de recherche.»
Les principaux défis du paysage FRI d’ici 2035, selon Myriam Dunn Cavelty
Myriam Dunn Cavelty, directrice adjointe du Center for Security Studies de l’EPFZ, désigne les trois plus grands défis du paysage FRI de son point de vue – dans une contribution au 60ème anniversaire du Conseil suisse de la science. Ils sont tous trois liés à la transformation numérique.
1. Organiser la transformation numérique et l’intelligence artificielle
Les programmes d’études et les formats didactiques devraient être repensés «afin de préparer les étudiant·es à un monde dans lequel les systèmes algorithmiques participent aux décisions». En plus d’un savoir-faire technique, une compréhension approfondie des implications sociales, juridiques et éthiques des nouvelles technologies est nécessaire.
2. Repenser les écosystèmes d’innovation
La Suisse devrait repenser les écosystèmes d’innovation afin d’allier ouverture scientifique et sécurité des savoirs. «Sous le mot-clé «Knowledge Security», il s’agit de sécuriser la coopération internationale tout en conservant les compétences centrales dans le pays.» Dans un contexte d’accélération des cycles et de collaboration public-privé, il faut des établissements d’enseignement et de recherche flexibles qui adaptent leurs structures.
3. Assurer la démocratie et la cohésion sociale
«Le paysage FRI est appelé non seulement à fournir des réponses technologiques, mais aussi à contribuer à l’orientation de la société.» La démocratie et la cohésion sociale doivent être renforcées face à la désinformation et à la polarisation numérique, «par la promotion de la compétence médiatique numérique, la protection de la recherche indépendante et de nouvelles formes de science participative et de participation démocratique».
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 16 juillet 2025
15Juil2025
Politique des hautes écoles
Des souris de l’Université de Bâle ne recevaient pas d’analgésique
Une collaboratrice de l’Université de Bâle a omis d’administrer des analgésiques à 462 souris utilisées dans des expériences menées entre janvier 2019 et fin 2021, en dépit des prescriptions figurant dans l’autorisation officielle d’expérimentation animale. Elle a été condamnée par le ministère public bâlois à une amende pour maltraitance animale, ainsi qu’à une peine pécuniaire avec sursis.
«Des chercheurs glissent en catimini des prompts IA pour pistonner leurs études»
Le média japonais Nikkei Asia a découvert 17 manuscrits scientifiques comprenant des messages invisibles (écrits en blanc sur blanc ou en taille 0,1 point) destinés à manipuler les systèmes d’IA utilisés dans l’évaluation de publications. L’objectif: orienter les IA afin qu’elles donnent un avis positif et favorable aux travaux, dans le but de maximiser les chances de leur publication. Parmi les 17 travaux concernés, principalement issus du domaine informatique, se trouvent des auteur·ices des universités de Columbia, de Washington ou encore de Waseda (Japon). Nature précise avoir trouvé de son côté 18 publications contenant de tels messages et dont les auteur·ices proviennent de 44 institutions dans 11 pays, en Amérique du Nord, en Europe, en Asie et en Océanie.
Dans un contexte de «publish or perish», «ces prompts peuvent influencer la carrière de leur auteur», note la journaliste du Temps Nina Schretr. Elle relève que cette pratique «menace l’intégrité du processus d’évaluation par les pairs», car certain·es évaluateur·ices se tournent de plus en plus vers l’utilisation de l’IA. Des chercheur·euses pourraient ainsi «tenter d’exploiter la malhonnêteté d’autrui pour se faciliter la tâche», explique James Heathers de l’Université Linnaeus de Växjö (Suède) dans Nature. Toutefois, l’un des coauteur·ices d’un manuscrit dénoncé par Nikkei Asia y voit au contraire «une mesure contre les relecteurs paresseux qui utilisent l’IA».
Cette affaire relance la réflexion sur l’évaluation par les pairs. Kirsten Bell, anthropologue à l’Imperial College de Londres, qui étudie l’éthique de la recherche et l’édition universitaire, explique à Nature: «Si celui-ci fonctionnait comme il est censé le faire, le problème ne se poserait pas, car les messages-guides de l’IA – cachés ou non – n’auraient aucune incidence sur le résultat.»
«Des économies de 30 millions aux HUG?»
Lors d’une séance entre la direction et les syndicats, le directeur des HUG Robert Mardini a évoqué une demande du Conseil d’Etat d’économiser 30 millions dans des prestations sur une période de quatre ans. Les économies seraient envisagées dans des prestations de santé publique, en dehors du cadre des missions habituelles, étant non couvertes par l’assurance-maladie obligatoire. Il s’agirait de «soins aux grands précaires, la santé sexuelle, la santé des migrant·es ou le soutien aux personnes âgées». Une décision est attendue d’ici septembre, aucune n’ayant été arrêtée à ce jour.
«A Lausanne, l’Hôpital Jules-Gonin sommé de mieux traiter son personnel»
Fin mars, plusieurs employé·es de l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin exprimaient leur souffrance endurée au travail dans 24 heures. Depuis, alertée par le syndicat SUD, l’Inspection du travail de Lausanne a rendu un rapport accablant après avoir auditionné une cinquantaine de personnes, dont la moitié disent avoir été «témoins de situations de harcèlement ou de comportements irrespectueux». Le document confirme ainsi un climat de travail délétère, pointant des défaillances dans la gestion des conflits et des irrégularités sur le temps de travail. La direction a été avertie et est sommée de prendre des mesures correctives.
Lundi, le syndicat SUD a cependant accusé la direction, devant la presse, de vouloir ignorer ce rapport «dont les recommandations sont pourtant obligatoires» et a appelé à une intervention du Département de la santé et de l’action sociale, qui subventionne l’institution. Le Syndicat a également annoncé une dizaine d’actions aux Prud’hommes. Le canton a rappelé que l’hôpital est une entité privée indépendante, et a indiqué avoir rencontré la direction en juin, lui demandant d’intervenir et de collaborer avec les syndicats.
En attendant, les soignant·es alertent sur les répercussions de cette situation sur la prise en charge des patient·es.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 15 juillet 2025
14Juil2025
Politique des hautes écoles
«Les esprits brillants s’en vont à nouveau»
Dans le cadre de la réunion annuelle des lauréats du prix Nobel de Lindau (DE), l’ingénieure en biochimie américaine Frances Arnold, lauréate du prix Nobel de chimie en 2018 et ancienne conseillère à Washington D.C. donne une interview.
Selon elle, ce sont les coupes budgétaires qui causent le plus de dégâts dans le paysage académique américain. Celles-ci signifient que dorénavant deux fois moins de jeunes chercheur·euses pourront se lancer dans la science, impliquant alors un manque de relève de la génération actuelle. L’ingénieure observe actuellement un double phénomène inquiétant: une fuite des cerveaux à l’étranger, combinée à une absence d’arrivée de nouveaux talents dans le pays. Elle explique en outre que l’année prochaine comprendra une baisse considérable de doctorant·es dans de nombreuses universités. Selon elle, les dégâts actuellement causés sont irréversibles. En effet, même si un prochain gouvernement serait très favorable à la science, certaines connaissances spécialisées seraient irrémédiablement perdues, «car les meilleurs éléments cherchent d’autres emplois», indique-t-elle.
«Pour la rentrée, les EPF ont recruté une majorité de professeurs étasuniens»
Sur neuf nouvelles nominations de professeur·es dans les deux Écoles polytechniques fédérales (EPF), sept professeur·es viendraient d’universités américaines selon la RTS, voir huit professeur·es selon Blick. A l’EPFL, sur quatre nouvelles nominations, trois concernent des professeur·es issu·es du système académique américain.
Invitée dans Forum, la présidente de l’EPFL Anna Fontcuberta i Morral précise que le choix de ces profils de haut niveau n’avait pas pour objectif explicite de recruter des chercheur·euses américain·es. Selon elle, cette tendance s’expliquerait plutôt par l’attractivité de la Suisse, notamment en raison de sa qualité de vie et de son environnement académique. Elle souligne la stabilité politique du pays ainsi que celle, relative, des financements alloués à la recherche, malgré une légère baisse ces derniers temps. Elle ajoute que les dossiers de candidature ont été préparés par les chercheur·euses jusqu’à fin 2024, soit à une période où l’orientation du mandat de Donald Trump en matière de recherche scientifique restait encore incertaine. Blick indique ne pas avoir pu savoir pour quelles raisons ces chercheur·euses ont choisi de quitter les Etats-Unis pour la Suisse.
«Laurent Kurth présidera Unisanté»
L’ex-conseiller d’Etat neuchâtelois et ancien candidat pour le poste de recteur·ice à l’UniNE, Laurent Kurth, a été nommé à la présidence du Conseil d’Unisanté par le Conseil d’Etat vaudois. Il remplacera dès septembre 2025 le professeur Dominique Arlettaz, ancien recteur de l’Unil, pour la fin de son mandat jusqu’en juin 2027. Diplômé en économie politique et en gestion d’entreprise, Laurent Kurth est aujourd’hui économiste consultant indépendant (MedInside). Il exerçait déjà un mandat d’économiste agréé à titre bénévole pour Unisanté depuis octobre 2024 (ArcInfo).
En plus du changement de présidence, Unisanté renouvellera son directeur général avec l’arrivée le 1er août de Karim Boubaker, médecin cantonal vaudois. Il remplacera Jacques Cornuz qui part à la retraite. (RTS)
Nouvelle rectrice à l’UniNE
«Deniz Gyger Gaspoz est la nouvelle rectrice de l’Université de Neuchâtel (UniNE), a annoncé vendredi le Conseil d’Etat neuchâtelois. Elle remplacera au 1er février prochain Kilian Stoffel, en poste depuis 2016.» (RTS) Âgée de 48 ans, Deniz Gyger Gaspoz occupe actuellement le poste de vice-rectrice à la HEP-Bejune. Le gouvernement neuchâtelois a indiqué avoir été convaincu par le parcours académique de la candidate et par sa vision du futur de l’institution: renforcer l’université sur le plan national et international, ainsi qu’accorder de l’importance à son ancrage dans l’écosystème régional.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 14 juillet 2025
«La justice vaudoise enquête sur un cadre du service de sécurité de l’UNIL»
«Suite au dépôt d’une plainte pénale, le Ministère public du canton de Vaud s’intéresse à certaines dépenses douteuses effectuées au sein du service de la sécurité de l’Université de Lausanne (UNIL). Un cadre de cette unité vient d’être licencié.» (RTS)
11Juil2025
Politique des hautes écoles
«Responsabilité académique face à la crise à Gaza»
«La situation à Gaza appelle à une mobilisation urgente du monde universitaire», écrivent neuf professeur·es dans une lettre ouverte publiée dans les colonnes du Courrier. Ils et elles regrettent que l’Université de Genève s’abstienne de toute prise de position et enjoignent l’institution à suivre l’exemple de plusieurs universités belges, en appelant publiquement à la suspension des accords de coopération entre la Suisse et Israël tant que perdureront les graves violations des droits humains. «Une telle prise de position ne relèverait pas d’un acte militant, mais bien d’un impératif de cohérence éthique avec les valeurs inscrites dans notre charte: humanité, responsabilité, vérité», soulignent les signataires.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 11 juillet 2025
10Juil2025
Politique des hautes écoles
L’EPFL et l’EPFZ vont lancer un modèle de langage IA destiné au «bien commun»
D’ici la fin de l’été, un modèle de langage IA développé par l’EPFL et l’EPFZ dans une perspective de «bien commun» sera lancé sur le marché, «offrant une alternative de choix aux internautes, développeurs, entreprises ou institutions publiques, notamment ceux qui recherchent une solution souveraine» (Le Temps). Transparent, gratuit et ouvert à tout le monde, ce nouveau modèle suisse «devrait figurer parmi les modèles entièrement ouverts les plus puissants du monde», selon le professeur Martin Jaggi du Centre IA de l’EPFL. Il se distinguera des autres grands modèles de langage par son caractère open source, ainsi que par sa transparence concernant les données d’entraînement et les paramètres appris, qui seront rendus publics. Ce futur modèle, qui maîtrisera plus de 1500 langues, ne disposera toutefois pas, dès sa mise à disposition du public, d’une interface telle que celle de ChatGPT. Des interfaces spécifiques devront donc être développées afin de faciliter sa démocratisation.
L’EPFZ reçoit un don de 100 millions pour un futur centre d’observation de la Terre à Lucerne
«L’Ecole polytechnique fédérale de Zurich va bénéficier d’un don de 100 millions de francs pour la création d’un centre de compétence pour l’observation de la Terre. La somme est mise à disposition par la Fondation lucernoise Jörg G. Bucherer.» (Le Temps) Implanté dans le canton de Lucerne, le Swiss GeoLab sera dirigé par l’astrophysicien américano-suisse Thomas Zurbuchen, ancien directeur scientifique de la NASA (2016-2022) puis directeur des sciences spatiales à l’EPFZ. Son objectif sera d’obtenir une meilleure compréhension des changements environnementaux grâce à des données (provenant de satellites, de drones et de stations de mesure) reliées par une plateforme technologique. Les thèmes de recherche iront ainsi de la détection précoce de catastrophes naturelles à la prévision de rendements agricoles. Opérationnel en 2027 et pleinement développé d’ici 2030, le centre comptera à son actif une centaine de collaborateur·ices. «Avec la création de l’ETH Swiss GeoLab, l’ETH Zurich et la fondation Jörg-G.-Bucherer renforcent un domaine de recherche qui est actuellement sous pression aux Etats-Unis.» (NZZ)
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 10 juillet 2025
9Juil2025
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 9 juillet 2025
8Juil2025
Politique des hautes écoles
«Le gouvernement bernois ne veut pas se mêler des cours sur le Tibet à l’université»
Le Conseil d’Etat bernois a refusé de faire pression sur l’Université de Berne afin qu’elle maintienne son offre d’études en langue et culture tibétaines. Il rejette une motion en ce sens de Regula Bühlmann (Les Verts/Berne). Le Conseil d’État estime qu’il «faut faire preuve de retenue lorsqu’il s’agit d’imposer à l’université des prescriptions concernant certaines filières ou disciplines. Il serait tout à fait déplacé d’émettre des directives sur certains cours de langue.» Cette décision marque la fin des études tibétaines en Suisse, après leur suppression à l’Université de Lausanne.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 8 juillet 2025
7Juil2025
Politique des hautes écoles
Écarts de salaire chez les jeunes diplômé·es universitaires
Le Beobachter a étudié les salaires d’entrée médians selon le niveau de formation dans différentes branches, d’après les chiffres d’une étude de l’OFS publiée à l’automne 2024.
Selon l’analyse, les salaires à la sortie des études varient fortement selon la filière universitaire en Suisse. Un an après l’obtention du diplôme, les écarts seraient considérables. Les diplômés en sciences économiques (gestion ou économie politique) gagnent en moyenne 80’000 francs avec un bachelor, tandis que ceux en médecine perçoivent seulement 45’000 francs. Cette différence s’explique par le fait que les études de médecine ne sont considérées comme complètes qu’après le master et l’examen fédéral. En droit, le salaire après un bachelor est d’environ 63’300 francs, et n’augmente que légèrement à 65’000 francs après le master. Ce faible écart entre bachelor et master s’explique par le stage d’un an, obligatoire pour passer l’examen d’avocat, généralement effectué après le master.
Cinq ans après l’obtention du diplôme, les écarts de rémunération entre les disciplines tendent à se réduire. Les augmentations sont particulièrement notables dans les domaines du droit et de l’ingénierie, soit les secteurs moins bien rémunérés après la première année en sortie d’études. Ainsi, l’écart salarial initial de 35’000 francs entre les filières les mieux (économie) et les moins bien rémunérées (médecine) diminue à 27’000 francs, désormais entre les diplômés en droit et en sciences techniques.
«Les études de gestion deviennent-elles une voie de garage ?»
Gerd Winandi-Martin, travaillant au centre de carrière de l’université de Saint-Gall (HSG), constate que les diplômé·es d’études de commerce ou de droit ont actuellement des difficultés inhabituelles à trouver un emploi au regard d’autrefois. En effet, les offres d’emploi sur leurs plateformes sont en recul. Cela serait dû en partie à la période d’incertitude économique, durant laquelle il serait particulièrement facile de faire des économies sur les jeunes qui arrivent sur le marché du travail, mais aussi car les entreprises miseraient de plus en plus sur l’intelligence artificielle générative.
Le journaliste de la NZZ Malin Hunziker écrit: «Pour les universités, c’est un appel au réveil. Elles doivent changer leur façon de penser et préparer leurs étudiant·es aux nouvelles exigences du marché du travail.» La faculté de droit de l’Université de Bâle a entamé une réforme de son enseignement afin de mieux intégrer les enjeux liés à la numérisation et à l’intelligence artificielle. L’Université de Saint-Gall (HSG) révise actuellement son programme pour y inclure des notions fondamentales en IA. L’EPFZ souligne que les étudiant·es doivent être préparé·es aux métiers de demain, où l’intelligence artificielle jouera un rôle d’assistance croissant.
«Pour développer l’industrie des puces, la Suisse finance la recherche plutôt que le secteur privé»
«Face à l’essor de l’intelligence artificielle (IA), les États-Unis, la Chine, la France, l’Inde ou encore l’Arabie saoudite investissent des milliards dans l’industrie des semi-conducteurs. La Suisse, elle, poursuit une stratégie différente: au lieu de subventionner le secteur privé, elle investit des sommes plus modestes dans la recherche scientifique.» (RTS) Cette recherche est menée par les hautes écoles, le Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) et d’autres institutions.
«Quand la vulgarisation scientifique conduit à se surestimer»
Une étude du département de psychologie de l’Université de Cologne a observé que des vidéos explicatives trop simplifiées dans le cadre de vulgarisations scientifiques renforcent une illusion de compétence chez leurs spectateur·ices, en leur procurant un faux sentiment de maîtrise. La simplification comporterait ainsi le risque de restreindre l’esprit critique des personnes auditrices. «Cette expérience montre que l’“easiness effect” peut être déclenché de manière prévisible par des résumés vidéo, et qu’il persiste même chez des personnes informées de ses effets potentiellement négatifs sur l’évaluation de leurs propres compétences», explique le professeur Kai Kaspar, responsable de l’étude. «Les résultats soulignent la nécessité de stratégies responsables en communication scientifique», ajoute-t-il.
«L’EPFL a contribué au développement de drones iraniens»
A cause de sanctions internationales, de nombreux composants électroniques ne peuvent pas être exportés vers l’Iran. Cependant, un chercheur iranien aurait profité de son statut à l’EPFL pour en commander certains issus des Etats-Unis afin d’élaborer des drones tueurs en Iran.
Après avoir terminé son doctorat, le chercheur iranien Mohammad Abedini Najafabadia postule avec succès en 2015 pour un poste scientifique à l’EPFL. A ce moment, les échanges scientifiques avec l’Iran sont en plein essor (l’EPFL signe en 2016 un accord de coopération avec deux universités iraniennes). Dans ce contexte, le chercheur iranien rejoint l’EPFL sans contrôle de sécurité, et y travaille sur un projet de drone. Il en aurait profité pour commander des microcomposants spéciaux aux Etats-Unis et les aurait ensuite transportés de manière cachée dans ses bagages jusqu’à Téhéran.
Le journaliste de la NZZ Daniel Rickenbacher écrit: «Le cas Abedini montre que tous les mécanismes de contrôle ont échoué en Suisse – pour autant qu’ils aient existé.» La responsabilité du contrôle de sécurité incombe généralement aux autorités cantonales en charge de la migration, lesquelles consultent en principe le système d’information Schengen (SIS). Si un doute surgit, le Service de renseignement de la Confédération (SRC) peut être sollicité. Pour des raisons de protection des données, il n’est pas précisé si cela a été fait dans ce cas particulier.
L’EPFL a ainsi engagé Mohammad Abedini Najafabadia sans effectuer son propre contrôle de sécurité. Les institutions ayant financé les projets de recherche auxquels il a pris part n’ont pas non plus procédé à de telles vérifications. Le Fonds national suisse (FNS) indique ne disposer ni du mandat légal, ni des ressources humaines nécessaires pour effectuer ce type de contrôle. De son côté, Armasuisse précise que dans le cadre de la recherche appliquée menée avec des institutions académiques, de telles démarches ne sont en général pas pratiquées, les contenus n’étant «normalement» pas secrets.
Fin 2024, le chercheur iranien a été arrêté à Rome. Par la suite, le Ministère public de la Confédération a ouvert une procédure, et poursuit actuellement son enquête. Dans son rapport de situation publié mercredi, le SRC souligne l’urgence de prendre des mesure actuellement.
Le journaliste de la NZZ Daniel Rickenbacher écrit à propos des risques d’espionnages dans la recherche en Suisse: «un changement de mentalité semble s’amorcer lentement. En novembre 2024, la Conférence suisse des hautes écoles a créé un groupe de travail sur la «sécurité du savoir». Un mois plus tôt, l’EPFZ avait déjà décidé de durcir les conditions d’admission pour les candidats provenant de pays à risque.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 7 juillet 2025
4Juil2025
Politique des hautes écoles
L’UE dévoile un plan visant à stimuler la recherche et l’innovation dans le domaine quantique
«La Commission européenne souhaite rassembler les États membres de l’UE autour d’une vision unifiée de la recherche et de l’innovation quantiques, afin de transformer la position forte de l’Europe dans le domaine de la recherche quantique en leadership économique. «Les technologies quantiques changeront notre économie en nous aidant à résoudre des problèmes complexes, à créer de nouveaux médicaments et à protéger les infrastructures essentielles», a déclaré Henna Virkkunen, commissaire chargée de la souveraineté technologique, lors de la présentation de la stratégie quantique le 2 juillet. Des applications dans le domaine de la défense et de la sécurité sont également attendues, depuis les communications sécurisées jusqu’à la détection sur le champ de bataille.»
«Le monde me doit un Prix Nobel»
«Malgré trois années de prison et l’opprobre de la communauté scientifique internationale, le chercheur chinois He Jiankui, «père» des deux premiers bébés génétiquement modifiés, multiplie aujourd’hui les annonces tonitruantes sur les réseaux sociaux».
Rapport annuel 2024 de la Conférence suisse des hautes écoles
«Le rapport annuel 2024 informe sur les affaires et les décisions prises par la CSHE au cours de l’année sous revue. Pour la CSHE en 2024, il a notamment été question d’approuver des projets de collaboration dans les domaines prioritaires de la politique des hautes écoles que sont la numérisation, l’encouragement de la relève scientifique, le développement durable et l’égalité des chances ; de mettre en œuvre l’initiative sur les soins infirmiers ; de pérenniser la possibilité pour les hautes écoles spécialisées de proposer des filières de bachelor intégrant une partie pratique dans le domaine MINT et de créer le Centre suisse de compétence en matière d’intégrité scientifique.»
Serge Zaka: « Certains climatologues doivent demander une protection policière »
«L’agroclimatologue Serge Zaka dénonce dans Forum la violence dont lui et ses collègues sont victimes de la part des climatosceptiques. Ceci alors même que la Suisse et l’ouest de l’Europe traversent une vague de chaleur particulièrement intense.»
En France, une pétition dénonce la confusion entre sciences et pseudosciences dans les librairies
«En France, des professionnels s’inquiètent de la confusion, dans les rayons des librairies, entre ouvrages sérieux sur la santé mentale et livres inspirés du développement personnel, voire de l’ésotérisme. Dans une lettre ouverte, ils réclament un meilleur balisage pour une meilleure clarté de l’offre.»
L’Unil dans les médias
«L’Université de Berne tient à l’Université [hébraïque] de Jérusalem»
L’Université de Berne a, contrairement à l’Université de Lausanne, décidé de maintenir ses liens avec l’Université Hébraïque de Jérusalem, avec qui elle entretient un accord d’échanges. «L’Université de Berne veille à ce que sa recherche civile en coopération avec des universités étrangères ne puisse pas être détournée à des fins militaires», explique la rectrice Virginia Richter. Elle juge aussi que pour une université, il est souvent impossible de s’opposer officiellement à son propre gouvernement.
Par ailleurs, l’Université de Berne est en train de mettre en place une commission d’éthique centrale. Mais son objectif premier ne serait pas d’examiner les coopérations avec d’autres universités quant à d’éventuelles violations des droits de l’homme et des peuples. «Sinon, nous devrions examiner, outre les universités israéliennes, de nombreuses autres universités dans des pays qui font l’objet de tels reproches», comme les universités chinoises et turques par exemple.
La journaliste du Bund Naomi Jones soulève que l’Université de Lausanne n’aurait pas jugé sa collaboration avec l’Université de Pékin comme étant «à risque» et elle en déduit: «La fin de la coopération, par exemple en raison des violations des droits de l’homme à l’encontre des Ouïghours ou des livraisons d’armes chinoises à la Russie, n’est apparemment pas à l’ordre du jour.»
Revue de presse Unil 4 juillet 2025
3Juil2025
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 3 juillet 2025
2Juil2025
Politique des hautes écoles
«Fatras au lieu de sa mission principale»
Le professeur de physique de l’Université de Fribourg Frank Scheffold alerte sur des dérives préoccupantes au sein des universités suisses. Selon lui, ces évolutions pourraient, à long terme, provoquer un éloignement croissant entre les hautes écoles, la population et ses représentant·es politiques, à l’image de la situation observée aux États-Unis.
Il prend pour exemple l’Université de Genève, qui «détourne une part toujours plus importante des fonds de recherche du Fonds national pour l’administration centrale». Un phénomène qu’il observe également à l’Université de Fribourg ainsi que dans d’autres institutions helvétiques. L’administration centrale et le rectorat consacrent par exemple des ressources croissantes à des objectifs comme la diversité ou la durabilité, souvent sans évaluation d’impact, tandis que les moyens pour la recherche diminuent. Des règles administratives strictes, comme l’obligation de voyager en train pour réduire les émissions de CO₂, accroissent la bureaucratie et nuiraient à l’efficacité.
Pour le professeur, «les objectifs politiques se confondent avec la mission d’enseignement et de recherche des universités». Il met en garde : si les universités suisses s’éloignent de cette mission essentielle, «leur efficacité diminuera rapidement, l’attractivité en pâtira et le personnel et les chercheur·euses de haut niveau seront de plus en plus frustré·es. En conséquence, le soutien de la population pourrait très vite s’effriter, comme c’est déjà le cas aux États-Unis.»
«Plus de places d’études ne résoudra pas la pénurie de médecins»
Le journaliste de la NZZ Jan Hudec estime qu’une augmentation des places d’études ne suffira pas à répondre à la pénurie de médecins en Suisse. Il faudrait notamment développer en parallèle des places de formation postgraduée, places qui tendent actuellement plutôt à diminuer. Pour le journaliste, les bonnes réponses aux questions centrales de la crise font défaut, encore aujourd’hui. Il propose alors quelques pistes d’action: «le taux d’abandon élevé, notamment chez les jeunes médecins, doit être réduit et des taux d’activité plus élevés doivent être encouragés».
Afin de pallier au premier problème, le journaliste propose une amélioration des conditions de travail. La profession serait devenue trop bureaucratique, à cause notamment du manque de numérisation des hôpitaux suisses et de l’avalanche de nouvelles réglementations. Selon lui, les législateur·rices et les institutions de santé auraient le pouvoir d’améliorer la situation.
Pour répondre à la deuxième problématique, le journaliste avance qu’une meilleure prise en charge externe des enfants, notamment en zone rurale, là où le manque de médecin de famille est le plus haut, pourrait être favorable à des taux de travail plus élevés. Il ajoute que la fin de la pénalisation fiscale des couples mariés pourraient également encourager deux conjoint·es à travailler à des taux plus élevés. Finalement, le journaliste avance que «si quelqu’un a le privilège de se voir financer par l’État une formation longue et coûteuse, il a aussi la responsabilité de rendre quelque chose à la société». Dans cette perspective, il juge qu’une participation financière aux coûts de formation devrait être envisagée, comme cela est actuellement le cas pour les pilotes par exemple.
La justice légitime l’agenda étudiant genevois censuré
En septembre dernier, la faîtière des associations d’étudiant·es de l’Université de Genève, la CUAE, avait dû interrompre la distribution traditionnelle de son agenda. En effet, le rectorat y constatait une violation de la charte éthique de l’Université, certains de ses éléments faisant référence au conflit israélo-palestinien, telles que les mentions du slogan «From the river to the sea» et de l’anniversaire des «55 ans du triple détournement d’avion par le front populaire de libération de la Palestine». La CUAE avait alors déposé un recours contre cette décision.
Dans un arrêt daté du 24 juin, la chambre administrative de la Cour de justice (CACJ) a admis le recours des étudiant·es, estimant que «l’agenda ne viole pas la charte d’éthique de l’université, dans la mesure où il véhicule un message d’ordre politique bénéficiant de la protection renforcée de la liberté d’expression». La CUAE percevra quelque 2000 francs pour les frais de procédure. L’arrêt peut faire l’objet d’un recours de l’Université auprès du Tribunal fédéral
Pétition à l’Université de Fribourg afin de cesser les collaborations académiques avec Israël
Une pétition paraphée par 743 personnes à été remise au rectorat de l’Université de Fribourg par les jeunes du Parti ouvrier populaire (POP) et de la Coordination estudiantine pour la Palestine (CEP). Elle demande l’arrêt du partenariat avec l’Université hébraïque de Jérusalem, l’interdiction de tout nouvel accord, des excuses pour «la répression de 2024» suite à l’occupation de locaux par des étudiant·es, ainsi qu’un audit sur de potentiels partenariats problématiques.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 2 juillet 2025
1Juil2025
Politique des hautes écoles
L’Université de Bâle double la taxe semestrielle pour les étudiant·es de longue durée
Les étudiant·es de l’Université de Bâle qui ne terminent pas leur cursus de bachelor en cinq ans devront parfois payer le double de la taxe semestrielle. Afin d’éviter cette sanction, l’Université invitera au préalable les étudiant·es de bachelor inscrit·es depuis plus de cinq ans à un entretien de conseil personnalisé, dans le but de fixer une date de fin d’études selon les situations de chacun·e. C’est uniquement passé ce délai ou alors si aucun accord n’est convenu que la taxe doublera dès le 13ème semestre, passant des 850 francs actuels à 1700 francs par semestre. Le concept sera mis en œuvre progressivement dès 2026, et n’entrera en vigueur complète qu’au semestre de printemps 2028. Cette mesure vise à permettre aux étudiant·es de «ne pas retarder trop longtemps l’obtention de leur diplôme», espère l’Université de Bâle. Des mesures similaires existent déjà dans d’autres universités alémaniques, telles que celle de Berne.
La FNS et le financement d’appareils : nouveautés dans l’encouragement de projets
«Le 1er octobre 2025, le FNS introduira des changements dans l’encouragement de projets. Le montant maximal pour les appareils et le matériel de valeur durable sera augmenté, et les délais de soumission pourront varier légèrement.»
«Le Webster Geneva Campus exploite une zone grise pour garder une aura d’université»
«L’antenne genevoise de la Webster University, basée à Saint-Louis dans le Missouri (États-Unis), continue d’utiliser partiellement et de façon abusive le terme «university» (université). Depuis janvier 2023, en effet, une disposition fédérale conditionne l’appellation «université» et ses traductions à l’obtention d’une accréditation de la part du Conseil suisse d’accréditation. Ce changement de la loi sur l’encouragement et la coordination des hautes écoles (LEHE) visait à renforcer la protection de la crédibilité et de l’image des hautes écoles suisses, tout en offrant des garanties aux étudiants.» Le Département genevois de l’instruction publique (DIP) confirme avoir vu réapparaître la mention «University» et indique qu’il écrira à Webster afin de lui rappeler son obligation de respecter la loi.
Selon un connaisseur de la gouvernance des universités qui souhaite rester anonyme, Webster Geneva Campus exploite actuellement une faille du système. En effet, en Suisse, les diplômes délivrés par des institutions privées suisses ne sont en principe pas reconnus pour la poursuite des études dans une haute école suisse. Or, les diplômes du Webster Geneva Campus sont délivrés par le siège à Saint-Louis aux Etats-Unis, et stipulent «Webster University». Ainsi, l’Université de Genève indique reconnaitre et admettre les diplômes étrangers émis par la Webster University aux États-Unis. Il existerait donc «une faille, car l’objectif de la loi visant à protéger l’appellation université est contourné», estime le connaisseur anonyme. Pour lui, la question est de savoir si d’autres universités étrangères pourraient en profiter également.
Anciens bâtiments de la RTS pour les hautes écoles genevoises
Selon les informations du Courrier, le bâtiment dit la Galette à la rue des Bains serait sur le point d’être vendu par la RTS aux Hautes Ecoles genevoises (HES-GE). En parallèle, l’Université de Genève ambitionne de racheter le bâtiment RTS au coin du boulevard Carl-Vogt et de la rue des Bains.
«Les universités européennes sont divisées sur la suspension d’Israël à Horizon Europe»
Suite à un rapport de l’UE (par le European External Action Service (EEAS), dont un rapport restreint a été diffusé sur le site d’information EUobserver) sur les crimes de guerre israéliens à Gaza, les universités européennes sont divisées quant à la mise en place de sanctions scientifiques, en particulier dans le cadre du programme Horizon Europe.
Les responsables d’universités allemandes soutiennent le maintien d’Israël à Horizon Europe, tandis que les universités belges et espagnoles s’y opposent fermement. L’Université d’Amsterdam avait annoncé qu’elle ne participerait à aucun nouveau projet Horizon Europe avant d’avoir les résultats du rapport de l’EEAS. La Direction Israël-Europe de la Recherche et de l’Innovation, qui promeut la participation du pays à Horizon Europe, n’a pas fait de commentaire. La League of European Research Universities (LERU) «n’a pas d’avis officiel sur la question», a déclaré son secrétaire général, Kurt Deketelaere.
Alors que certaines universités, notamment en Belgique, ont tenté de se retirer de projets financés par Horizon Europe impliquant des partenaires israéliens, ces démarches soulèvent des difficultés juridiques, financières et d’image. Les universités belges demandent ainsi un cadre éthique plus clair pour évaluer l’implication éventuelle de partenaires dans des violations de droits humains. Elles critiquent l’interprétation «minimaliste» de la Commission européenne de l’article 14 du contrat Horizon Europe, qui ne tient compte que du contenu du projet, et non du comportement éthique global des institutions partenaires. En réponse, la Commission affirme que des mécanismes existent pour empêcher que les fonds de recherche soient utilisés en violation du droit international.
Une majorité qualifiée des États membres de l’UE est nécessaire pour adopter des sanctions telles que la suspension de l’association Horizon Europe. Cet enjeu n’a pas encore été discuté lors de la réunion des ministres des affaires étrangères le 23 juin dernier. Toutefois, d’autres discussions sur des actions potentielles pourraient suivre lors de leur prochaine réunion prévue pour le 15 juillet.
- rôle des universités
- Horizon Europe (anciennement FP9)
- politique – Europe
- éthique
- conflit israélo-palestinien
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 1er juillet 2025
30Juin2025
Politique des hautes écoles
Avenir des données scientifiques américaines: risques et enjeux pour la recherche Suisse
Suite de l’offensive anti-science de l’administration Trump, l’avenir des données de recherche générées ou stockées aux Etats-Unis inquiète des chercheur·euses suisses. «Vont-elles devenir inaccessibles ou cesser d’être produites? Faudrait-il prévoir des programmes de sauvegarde d’urgence?» questionne Le Temps. Dans ce contexte, bien que les chercheur·euses suisses que Le Temps a interrogé·es disent ne pas être entravé·es par de telles pertes actuellement, des initiatives ont vu le jour:
- Le Public Environmental Data Project conserve des copies de dizaines de bases de données provenant notamment des CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies), de la NOAA (Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique) et de l’EPA (Agence de protection de l’environnement), tous sévèrement affectées par les réductions budgétaires.
- Le Data Rescue Project recense plus de 1100 ensembles de données issus de 86 offices fédéraux différents.
- Des universités et des hautes écoles ont donné le consigne aux chercheur·euses de ne plus partager leurs résultats sur des serveurs hébergés aux Etats-Unis.
Certain·es scientifiques, tel·les que Christophe Dessimoz, directeur du SIB, l’Institut suisse de bioinformatique, estiment qu’il faudrait en plus «une initiative organisée en réseau» afin d’archiver certaines données. Le directeur explique toutefois que la capacité de stockage n’est pas le seul critère auquel il faut tenir compte, mais que la maintenance des données représente un grand enjeu également (mises à jour, gestion des standards, interopérabilité). Il souligne que la Suisse, forte de 900 bioinformaticien·nes, joue un rôle de premier plan dans ce domaine et pourrait influencer les standards internationaux en hébergeant des données scientifiques. Il y voit un argument convaincant pour encourager un soutien accru des autorités et des philanthropes.
Le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (Sefri) déclare de son côté surveiller de près les risques liés à la perte de données de recherche provenant de pays hors d’Europe. Il a lancé une enquête auprès de la communauté scientifique suisse afin d’évaluer les menaces et identifier d’éventuelles pertes récentes.
Témoignages d’étudiant·es suisses aux Etats-Unis
Plusieurs étudiant·es suisses aux Etats-Unis ainsi qu’un étudiant ayant planifié un échange outre-Atlantique cet automne témoignent des nombreuses difficultés administratives (difficulté d’obtention de visa, peur de voir le sien révoqué) et du manque de perspectives de doctorat aux Etats-Unis.
Boycott d’Israël par l’UE?
Face aux interrogations actuelles de l’UE autour de l’accord d’association avec l’Etat d’Israël, Shlomi Kofman, vice-président de l’Autorité israélienne pour l’innovation, responsable du partenariat Horizon Europe et ancien diplomate, déclare s’opposer à un possible boycott d’Israël par l’UE à travers Horizon Europe. Il rappelle que si le programme «est important pour Israël, il est aussi important pour l’Europe qu’Israël y participe». Il avance que tout le monde serait perdant si cette collaboration devait cesser. Il explique en outre qu’Israël comporte par exemple de nombreuses données au niveau de la santé de ces citoyen·nes, et que que le pays réalise actuellement, depuis le massacre commis par le Hamas le 7 octobre 2023, un important travail de recherche sur le syndrome de stress post-traumatique. «La beauté de ce programme, c’est qu’il a toujours favorisé la recherche et la science, de façon totalement apolitique. Je souhaite qu’il ne soit ni politisé, ni influencé par les enjeux politiques, mais reste concentré sur ses objectifs de recherche, d’innovation et de progrès pour l’humanité», explique Shlomi Kofman.
- mobilité scientifique
- politique – Etats-Unis
- protection des données
- gestion de données de recherche
- collaboration entre hautes écoles
- conflit israélo-palestinien
L’Université de Berne interdit un débat d’Amnesty sur la Palestine
L’Université de Berne a retiré l’autorisation d’utiliser ses locaux pour un débat organisé par Amnesty International sur la situation dans les territoires palestiniens. «L’université avait dans un premier temps autorisé l’événement, à condition qu’il soit respectueux, équilibré et basé sur la science. Un contrôle a posteriori de l’autorisation donnée a montré que ces conditions n’étaient pas remplies» a indiqué l’Université dans un communiqué. L’évènement, auquel la rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits humains dans la zone Francesca Albanese devait participer, se tiendra dans un autre lieu de la ville. Selon le porte-parole d’Amnesty International Beat Gerber, l’Université aurait changé d’avis suite à la pression publique. «Apparemment, aucune discussion ouverte sur les violations du droit international commises par Israël à Gaza n’est actuellement possible dans cette université», a-t-il déclaré.
Le secrétaire général de la Fédération suisse des communautés israélites, Jonathan Kreutner, se dit soulagé de la décision de l’Université de Berne, avançant qu’«il est inexcusable qu’une organisation de défense des droits de l’homme offre une plateforme à une conférencière qui tient des propos aussi antisémites». Deux universités allemandes ont déjà annulé en début d’année des évènements auxquels Francesca Albanese devait participer. (NZZ)
««Bullying» académique, comment l’UE contraint la Suisse»
Depuis plusieurs années, la Suisse est exclue des programmes Erasmus+ et Horizon Europe. Dans les colonnes du Temps, le lecteur Raoul Sanchez dénonce à ce propos «l’instrumentalisation du secteur académique comme moyen de pression» de l’UE envers la Suisse. Il accuse en particulier l’UE de forcer la Suisse, à travers ce processus, à des concessions sur des sujets politiques. Il écrit: «L’avenir des étudiants et chercheurs ne doit pas être utilisé comme levier dans des négociations politiques. La Suisse mérite un partenariat fondé sur des principes de coopération et de respect mutuel, sans recours à des pressions indirectes.» (Le Temps)
«A deux doigts d’entarter Céline Amaudruz, il est reconnu coupable»
En décembre 2022 lors d’un concours oratoire organisé par le Club genevois de débat à l’Université de Genève , un groupe de personnes, est entré dans le bâtiment avec des masques chirurgicaux, scandant des slogans contre la représentante de l’UDC Céline Amadruz, membre du jury. Selon le Blick il s’agissait de membres du syndicat étudiant CUAE.
Un homme qui avait aspergé la conseillère nationale UDC Céline Amaudruz de purin d’ortie et s’apprêtait à entarter la politicienne. Il a été reconnu par une témoin comme ex-membre du syndicat étudiant CUAE reconnu coupable et condamné à trente jours-amende avec sursis. Contestant l’accusation, il fera appel, a annoncé son avocate.
Yascha Mounk : Les universités américaines dans le collimateur de Trump
Le professeur en Relations internationales à l’université Johns Hopkins de Baltimore Yascha Mounk explique comment les universités américaines ont connu de véritables dysfonctionnements ces dernières années. La politique identitaire de gauche et la Cancel Culture auraient restreint la liberté d’expression des étudiant·es et des professeur·es. Mais ce que fait aujourd’hui le gouvernement Trump au nom de la liberté d’expression serait une attaque brutale contre celle-ci. Le professeur allemand juge que le populisme de droite est un danger pour la démocratie. «Mais il est important que la gauche se demande également comment on en est arrivé là.» Yascha Mounk est convaincu que la politique identitaire de la gauche a contribué à l’ascension de Donald Trump.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 30 juin 2025
Interview avec la présidente du Conseil de l’UNIL
Anne-Christel Zeiter-Grau, présidente du Conseil de l’UNIL, «maître d’enseignement et de recherche en français langue étrangère répond aux critiques de l’actuel recteur Frédéric Herman, dans le «24 heures» du 12 juin, et revient sur le choix de son successeur.»
27Juin2025
Politique des hautes écoles
«Universités israéliennes : la France en retrait des appels au boycott»
«Près de 4 500 universitaires européens dénoncent le financement par l’UE de projets académiques israéliens contribuant au développement de l’armée.»
«Aucun directeur d’établissement français ne s’est publiquement exprimé sur le réexamen d’accords passés» avec les universités israéliennes.
La confiance dans la science comme marqueur d’identité politique
L’article du Economist abord la perte de confiance croissante envers la science, exacerbée par des décisions politiques controversées comme celle de Robert F. Kennedy Jr., secrétaire américain à la Santé, qui a remplacé un panel d’experts en vaccination par des sceptiques. Cette méfiance ne se limite pas aux États-Unis.
«À première vue, les données semblent équivoques. La part des personnes qui accordent « beaucoup » de confiance aux institutions scientifiques a augmenté depuis 2019 dans des pays comme l’Amérique, la Grande-Bretagne, le Canada, la France, l’Allemagne et l’Espagne. Mais, au cours de la même période, la part de ceux qui disent ne pas avoir confiance du tout a également augmenté de manière frappante, faisant plus que doubler dans certains endroits. Cette dernière tendance est inquiétante. D’une part, les personnes qui se méfient de la science sont moins susceptibles de suivre les conseils en matière de santé publique.»
Le phénomène s’est intensifié après la pandémie de Covid-19. «Tout au long de la pandémie, des institutions prestigieuses ont commis des erreurs (par exemple, au début de l’année 2020, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré que le covid-19 n’était sans équivoque pas une maladie transmise par l’air) et les gouvernements ont utilisé la science pour justifier de mauvaises décisions politiques.» Cependant, en même temps, les scientifiques ont fait d’énormes progrès.
L’idéologie politique joue un rôle important : les conservateurs, notamment, se montrent plus sceptiques, et cette tendance est accentuée chez ceux ayant une vision hiérarchique de la société. Le rejet de la science devient alors un marqueur d’identité politique. La gauche, quant à elle, estime plutôt qu’il est normal que les scientifiques travaillent en étroite collaboration avec les hommes politiques pour définir les politiques.
Malgré cela, la majorité de la population mondiale reconnaît encore la valeur des méthodes scientifiques. Pour inverser la tendance, les scientifiques doivent mieux communiquer les bénéfices concrets de leurs travaux, clarifier les consensus et comprendre les causes locales des réticences.
(The Economist, p. 74)
L’Europe peut attirer plus de scientifiques, mais pas seulement avec des promesses
«Si l’Europe joue bien ses cartes, le fait de faire appel aux meilleurs scientifiques du monde pourrait avoir de larges retombées pour tous les Européens en ancrant l’élaboration des politiques dans les réalités scientifiques», estime Michael Haiden de l’Université de Hohenheim, professeur d’éthique économique et sociale.
«Les chercheurs américains bénéficient d’un financement plus important et d’une réglementation moins stricte, et ils gagnent plus pour leur travail. L’Europe devrait essayer de rattraper son retard dans ces domaines, surtout à la lumière des récentes coupes sombres opérées par l’administration Trump. Cependant, l’État n’est pas la réponse à tout. Le financement doit être durable pour inspirer la confiance. La France, par exemple, a déjà du mal à équilibrer son budget et a décidé de réduire son budget de recherche.»
Michael Haiden plaide également en faveur d’un environnement réglementaire stable mais flexible dans lequel les investisseurs et les innovateurs peuvent parier sur l’Europe en toute confiance.
L’Unil dans les médias
Christophe Champod proposé comme recteur de l’UNIL
«Le Conseil de l’Université de Lausanne a décidé de proposer au Conseil d’État la nomination de Christophe Champod au poste de recteur de l’Unil, pour succéder à Frédéric Herman dès le 1er août 2026. […] Conscient des défis actuels, il plaide pour un dialogue renforcé avec la société civile, son environnement et les autorités politiques.»
Le candidat recteur présenté au Conseil d’État propose un retour à l’essentiel : « Je pense qu’il est nécessaire de recentrer l’Université sur ses fondamentaux, c’est-à-dire les facultés, et de le faire avec l’ambition de l’excellence. » (UNIL)
Revue de presse Unil 27 juin 2025
26Juin2025
Politique des hautes écoles
Le Conseil fédéral approuve la révision des statuts du Fonds national suisse
Le 25 juin 2025, le Conseil fédéral a approuvé les statuts révisés du Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS). Selon la modification qui a été apportée, la Confédération ne dispose plus d’une représentation permanente au sein du Conseil de fondation. Les nouveaux statuts entrent en vigueur avec effet rétroactif au 27 mai 2025.
Surveillance des subventions octroyées aux sociétés spécialisées de l’Académie suisse des sciences humaines et sociales
«Le Contrôle fédéral des finances (CDF) a mené un audit de la surveillance liée aux subventions allouées aux sociétés membres de l’ASSH. Le processus d’octroi des contributions du SEFRI est adéquat. Le CDF a toutefois fait certaines constatations concernant le processus d’octroi et de contrôle en place à l’ASSH ainsi que la surveillance de l’utilisation des subventions, qui l’ont amené à émettre plusieurs recommandations.»
«Le programme d’économies 2027 de la Confédération revu un peu à la baisse»
La Confédération envisage un allègement modéré de son plan d’économies. Mercredi, le Conseil fédéral a présenté des réductions budgétaires progressives atteignant 3,1 milliards de francs d’ici 2029, au lieu des 3,6 milliards initialement prévus. Certaines mesures ont été ajustées en faveur des cantons, qui avaient exprimé leur désaccord avec le projet. Malgré cela, ces derniers regrettent que la majorité des coupes soient maintenues. La présidente de la Confédération et ministre des Finances Karin Keller-Sutter précise: «en fait on ne réalise pas d’économies, on freine juste la croissance de dépenses considérables». (RTS)
Les coupes de 431 millions dans les domaines de la recherche et l’éducation sont ainsi maintenues:
-142 millions pour le Fonds national suisse,
-120 mio pour les utilisateurs des HES,
-78 mio pour les écoles polytechniques,
-34 mio pour Innosuisse,
-30 mio pour les Hautes écoles,
-27 mio de subventions à la recherche fédérale. (24 heures)
«Déclaration commune Suisse-UE pour régler le régime transitoire»
«Ignazio Cassis et le commissaire européen Maros Sefcovic ont fixé les modalités de la coopération entre la Suisse et l’UE pour la période allant jusqu’à l’entrée en vigueur souhaitée du paquet d’accords bilatéraux. Ils ont signé une déclaration conjointe en ce sens. […] En matière de recherche, les deux partenaires prévoient de signer un accord en novembre de cette année. Ce texte devrait avoir un effet rétroactif au 1er janvier 2025 et permettre l’accès des chercheurs suisses aux appels d’offres des programmes Horizon Europe et Euratom.» (RTS)
«L’association doit être entièrement signée avant que les gagnants suisses puissent recevoir de l’argent. Mais la déclaration de cette semaine confirme que les deux parties ont toujours l’intention de signer […] cette année. […]» Si la Suisse vote «non» référendum suisse sur l’accord élargi avec l’UE, cela ne devrait pas avoir d’incidence sur Horizon Europe, mais torpillerait les chances de la Suisse de participer au programme suivant [FP10], qui débutera en 2028.» (Science Business)
Le Royaume-Uni lance un programme visant à attirer des chercheurs de renommée mondiale
Attribués sous forme de subventions institutionnelles, 54 millions de livres sterling seront alloués à une dizaine d’organismes de recherche britanniques.
Ces organismes recevront un financement basé sur leurs forces organisationnelles dans les domaines suivants
- l’obtention et l’utilisation de financements internationaux compétitifs
- le recrutement et la fidélisation de chercheurs internationaux.
Ces subventions permettront aux institutions de recruter et d’intégrer rapidement des chercheurs internationaux de talent, tout en fournissant les ressources nécessaires au développement de programmes à long terme
«Une décision injustifiable»
«La Coordination estudiantine pot la Palestine (CEP) dénonce dans un communiqué le choix de l’Université de Fribourg de maintenir les relations avec des institutions publiques israéliennes.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 26 juin 2025
«Un nouveau coup bas pour la culture universitaire»
Ces dernières semaines, les universités de Genève et de Lausanne ont mis fin à des programmes de partenariat avec l’Université hébraïque de Jérusalem. Alfred Bodenmeier, professeur d’histoire de la religion et de littérature juive à l’Université de Bâle, co-président de l’Association for the Promotion and Support of Jewish University Members in Switzerland (JUMS), qualifie ces mesures prises par les deux universités d’un «coup bas provisoire dans le déclin de la culture universitaire suisse». Il s’agirait en effet du «résultat d’un exercice de pouvoir activiste orchestré, associé à un manque de transparence maximal dans la prise de décision».
Le professeur critique tout d’abord l’anonymat des expert·es des auteur·rices des rapports, dont il serait difficile de savoir qui ils et elles sont et pourquoi cette compétence leur a été attribuée. Il ajoute l’absence de traçabilité des sources, données ou fondements scientifiques sur lesquels reposent leurs conclusions. Il pointe enfin qu’aucune analyse n’est proposée quant à la question de savoir si des universités sont réellement tenues d’assumer une responsabilité politique pour l’action des Etats dans lesquels elles se trouvent. Il note que, de plus, la réflexion sur le rôle spécifique des universités en Israël est totalement absente.
Au contraire, le professeur salue la position des universités en Suisse alémanique, qui «s’efforcent vraiment de promouvoir le dialogue, notamment de la part des directions des universités», et au sein desquelles il n’est pas question de mettre un terme à la collaboration avec les universités israéliennes.
Finalement, le professeur considère que «la perte d’influence de ces forces destructrices» [les mouvements anti-israéliens] bénéficierait à la fois aux étudiant·es juif·ves et à la réputation académique de la Suisse. Boycotts idéologiques, atteintes à la liberté d’expression et climat oppressant nuiraient, selon lui, à un avenir universitaire prometteur.
25Juin2025
Politique des hautes écoles
Selon un spécialiste du droit public, «la Confédération ne peut pas simplement supprimer les subventions à la recherche»
Selon le professeur de droit public, administratif et de législation Felix Uhlmann (Université de Zurich), la démarche du Conseil fédéral dans le cadre du paquet d’allègement 27 est «problématique»d’un point de vue juridique. Il a rédigé une expertise à ce propos à l’intention des directeur·rices cantonaux de l’instruction publique. Il explique: «Il s’agit d’un processus de décision clairement défini et achevé par la loi entre la Confédération et les cantons. Ce processus s’est achevé avec l’adoption par le Parlement du message FRI pour les années 2025 à 2028. Selon l’expertise, les cantons pourraient poursuivre la Confédération devant le Tribunal fédéral en déposant une plainte de droit public si celle-ci devait suspendre les paiements décidés.» Ainsi la Confédération ne pourrait plus revenir sur ce financement car les conditions d’une révocation unilatérale ne seraient pas réunies. swissuniversities indique qu’un «dialogue constructif» avec la politique et la société est important pour elle, sans s’exprimer plus à ce propos. Les objections juridiques pointées sont actuellement examinées par le Conseil fédéral, annonce le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI).
«Et si les partisans de Trump avaient raison au sujet de la science ?»
Paul Sutter, cosmologiste à l’université Johns Hopkins et auteur de Rescuing Science : Restoring Trust in an Age of Doubt (2024) estime que les universités auraient à gagner à écouter les partisans du président Trump («MAGA») et à faire un pas dans leur sens, notamment afin de s’assurer de la pérennité du financement de la science aux Etats-Unis.
Le chercheur constate que depuis au moins deux décennies, les milieux conservateurs se méfient de plus en plus de la science, la pandémie de Covid-19 et ses retombées ayant renforcé récemment cette méfiance. Le chercheur avance alors l’hypothèse que cette perte de soutien bipartisan envers le domaine scientifique serait expliquée par le fait que les MAGA n’auraient pas tort. En effet, les universités agiraient depuis longtemps dans la perspective de «diminuer et ignorer les lignes de pensée traditionnellement conservatrices», et les universitaires conservateur·rices s’en sentiraient ostracisé·es; les universités gaspilleraient de l’argent dans des recherches inutiles, alors que de nombreux ménages américains peinent à tourner; et les scientifiques seraient trop moralisateur·ices, feraient trop de recommandations, ou donneraient trop d’instructions, sans tenir compte des autorités morales ou religieuses.
Le chercheur invite donc le monde scientifique et de la recherche à changer, afin de «gagner le cœur et l’esprit de l’ensemble de l’électorat» et d’obtenir un soutien bipartisan pour la science. Il indique trois processus à mettre en œuvre:
- L’humilité: admettre que la science et les universités ont commis des erreurs, et être prêt·es à proposer des solutions concrètes pour y remédier;
- Promouvoir des politiques favorisant la diversité des points de vue au sein des départements, en invitant par exemple des conférencier·ères plus conservateur·rices ou en recrutant des professeur·es aux points de vue politiques plus diversifiés;
- «Parler moins et écouter davantage»: offrir conseils, perspectives et analyses, sans formuler des recommandations ou défendre certains résultats.
- rôle des scientifiques
- coupes budgétaires
- politique – Etats-Unis
- rôle des universités
- image de la science
«L’Unifr garde son partenariat avec l’Université de Jérusalem»
Au contraire des Universités de Lausanne et Genève, l’Université de Fribourg maintient son partenariat d’échanges avec l’Université hébraïque de Jérusalem, en place depuis 2011. La rectrice Katharina Fromm explique que l’accord est actuellement peu actif: «Personne ne vient ou ne part en ce moment, justifie-t-elle. On ne voit donc pas pourquoi on mettrait fin à cette convention d’échanges.» Des projets de recherche avec des partenaires israélien·nes restent cependant en cours, notamment en biologie des plantes.
Des scientifiques américain·es lancent la contre-attaque
Un certain nombre de chercheur·es américain·es ont lancé une campagne «Stand up for Science» en réaction à la politique de Donald Trump, avec la stratégie de «noyer sa propre zone», à l’image de la stratégie de communication du président américain.
Selon l’émission, dans le monde scientifique, beaucoup auraient peur d’agir. Les jeunes scientifiques, les entreprises de biotechnologie, les organisations de patients, les sociétés médicales spécialisées et les grandes entreprises pharmaceutiques n’ont guère pris position publiquement jusqu’à présent.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 25 juin 2025
«Non, il n’y a pas de climat de terreur à l’Unil»
Dans une lettre ouverte publié dans Le Temps, plus de 300 signataires dénoncent l’article du Temps du 18 juin 2025 qui faisait état d’un «climat de terreur» au sein de l’institution, «un article à charge qui oublie d’être factuel, et s’appuie sur des témoignages isolés, anonymes, voire littéralement des «échos» de politiques que nous n’avons d’ailleurs pas eu le plaisir de croiser dans ces «couloirs de la terreur».
Les signataires témoignent «pour restaurer l’équilibre des faits sur l’ambiance actuelle à l’Unil, au titre de cette masse silencieuse, mais heureuse d’y travailler, que Le Temps a omis de questionner». La lettre remercie la direction «pour avoir su faire preuve d’audace et de vision dans une période qui en a plus que jamais besoin.»
«L’Unil, c’est une institution inspirante, qui peut être dérangeante, ou bouleversante, mais, à paraphraser Michael Schaepman, président de l’Université de Zurich, c’est son rôle et sa mission.»
«Au-delà de ces désaccords, l’Unil, c’est l’exemple d’une université responsable qui, en plus d’une excellente recherche scientifique et d’un haut niveau d’enseignement, s’est haussée au sommet des hautes écoles suisses en matière de durabilité. C’est un laboratoire d’expérimentation sociétale de la transformation socioécologique nécessaire, une université qui fait le choix d’être proche des enjeux et préoccupations de l’ensemble des citoyens. […]»
- conditions de travail
- direction des hautes écoles
- rôle des universités
- politique – Vaud
- médias et universités
- gestion de conflit
24Juin2025
Politique des hautes écoles
La science suisse en danger
Le Conseil fédéral a décidé de réduire de plus de 460 millions de francs suisses par an les investissements dans la formation, la recherche et l’innovation. Dans une lettre ouverte, les six lauréat·es de la prestigieuse médaille Fields s’inquiètent pour la recherche suisse, craignant une erreur stratégique majeure.
De combien de doctorats le monde a-t-il besoin ?
Le nombre de nouveaux titulaires de doctorat a presque doublé entre 1998 et 2017 et a continué à augmenter depuis. Mais le nombre d’emplois dans le monde universitaire n’a pas suivi cette augmentation.
De nombreux chercheurs appellent à une réévaluation de la finalité du doctorat et à des réformes des systèmes d’enseignement supérieur afin de s’adapter à l’évolution des carrières des titulaires de doctorat. Certains pays, comme le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ont déjà commencé à opérer des changements.
Sur la possibilité de travailler pour l’Université de Zurich depuis l’étranger
Des collaborateur·rices de l’Université de Zurich ont envoyé une lettre au «service du personnel» dénonçant la possibilité de certaines de travails depuis l’étranger pendant plusieurs mois d’affilée sans avoir signé un contrat spécifique pour régler cette sitation. Le service de presse de l’Université de Zurich explique qu’il est «courant de travailler à l’étranger ou depuis l’étranger» pour une institution internationale, et que «le travail mobile est autorisé à l’étranger s’il est compatible avec les exigences opérationnelles de l’UZH». Il précise que les séjours de moins d’un mois ne posent globalement pas de problème, mais qu’au-delà de cette durée, «l’assujettissement aux assurances sociales doit être clarifié et une autorisation écrite de la direction de l’institut ou de la clinique ou de la direction du département doit être disponible». La responsabilité de la mise en œuvre de ces réglementations revient alors aux différent·es dirigeant·es.
Entrée en fonction du nouveau recteur d’UniDistance et élargissement du Conseil de fondation
Le professeur Nicolas Rothen, actuel recteur ad interim d’UniDistance, entrera officiellement en fonction le 1er août 2025. Cette nomination s’accompagne d’un élargissement du Conseil de fondation, qui compte désormais dans son comité: Anne-Christine Fornage, spécialiste du droit privé et ancienne vice-rectrice de l’Université de Lausanne, le professeur Kilian Stoffel, recteur de l’Université de Neuchâtel, ainsi que Mathias Bellwald, président de la ville de Brigue-Glis.
Un chercheur en informatique condamné pour avoir suspecté un professeur d’augmenter artificiellement le nombre de ses citations
L’ancien doctorant de l’EPFL et chercheur en informatique Solal Pirelli a été condamné par le Tribunal de police pour diffamation envers le professeur Shadi Aljawarneh de l’Université jordanienne des sciences et technologies. Il avait dénoncé des incohérences dans plusieurs articles édités par l’Association for Computing Machinery (ACM) et suspectait le professeur de l’Université jordanienne d’augmenter de manière artificielle le nombre de citations de ses travaux afin d’accroitre sa réputation dans le domaine.
Solal Pirelli compte faire appel. Son avocat parle d’un verdict «difficilement compréhensible», soulignant la transparence de son client et son action «dans un but d’intérêt public». Solal Pirelli se considère à ce propos comme un «lanceur d’alerte».
L’avocat de Shadi Aljawarneh indique de son côté vouloir se tourner avec son client vers la justice civile, notamment afin de «déterminer la responsabilité de l’EPFL dans cette affaire. Celle-ci a toléré la présence d’activistes et non pas de scientifiques dans les rangs de ses collaborateurs. C’est une posture pour le moins ambiguë», explique l’avocat.
Mobilisation d’une mère et de l’ex-recteur de l’UNIGE pour la recherche sur des maladies rares
Yves Flückiger et sa nièce Valérie, maman d’un petit garçon touché par une maladie génétique rare, se mobilisent pour faire connaître le syndrome de Silver Russel et améliorer sa prise en charge.
L’ancien recteur de l’Université de Genève et actuel président des Académies suisses des sciences Yves Flückiger explique pourquoi il est difficile de trouver du financement pour la recherche sur des maladies rares, même si 10% de la population sont touchés par une telle maladie.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 24 juin 2025
Indignation contre le rapport de la Commission d’éthique de la recherche de l’UNIL
Plusieurs milieux critiquent vivement les décisions de l’UNIGE et de l’UNIL d’avoir rompu leurs liens avec l’Université hébraïque de Jérusalem (HUJI). L’Association pour le soutien et la promotion des membres juifs des hautes écoles (JUMS), coprésidée par Jacques Ehrenfreund et Alfred Bodenheimer, s’indigne en particulier du rapport de la Commission d’éthique de la recherche de l’UNIL, qui a conduit l’institution vers cette décision. L’association écrit: «[Le rapport] témoigne d’une méconnaissance tant de la situation d’Israël et de son histoire que du rôle des institutions universitaires dans une démocratie en guerre. De nombreux éléments de ce rapport laissent penser qu’il s’agit en réalité d’un texte militant qui donne une vision contestable de ce que devrait être une université».
Les principales contestations du rapport par la JUMS sont: l’anonymat revendiqué du rapport, qui ne permettrait pas au public de «juger du sérieux, de l’indépendance et de l’impartialité des auteurs»; «des erreurs factuelles importantes» (par exemple l’affirmation selon laquelle Israël ne respecterait pas les mesures provisoires ordonnées par la Cour internationale de justice est une affirmation qui, selon l’association, ne saurait être imputée à la HUJI car celle-ci est une institution académique et non une instance politique); le soupçon d’un traitement discriminatoire envers la HUJI vis-à-vis d’autres Etats condamnés par des instances internationales; certaines formulations du rapport qui «laissent penser que les experts remettent en question le droit inaliénable de l’État d’Israël à se défendre». La JUMS conclut sa position en considérant la distinction entre travail académique et action politique nécessaire à la mission d’une université.
23Juin2025
Politique des hautes écoles
Rudolf Strahm sur l’importance d’introduire les titres «professional bachelor» et «professional master»
Le conseiller national socialiste et surveillant des prix Rudolf Strahm, auteur d’un livre sur «l’académisation» croissante en Suisse [en 2014], estime que titre des diplômes gagnent en importance. «En Suisse, les diplômes professionnels supérieurs sont aujourd’hui déjà évalués au même niveau que le bachelor ou le master, selon le cadre national de qualifications. Mais presque personne ne le sait.»
Il plaide donc pour l’introduction des «professional bachelor» et «professional master». La semaine prochaine, la commission compétente du Conseil des États se penchera sur le message du Conseil fédéral concernant ce sujet. Une raison pour laquelle ces grades n’ont pas encore été introduits serait la réticence des universités.
«C’est honteux», affirme Rudolf Strahm. «L’Allemagne et l’Autriche ont déjà fait ce pas depuis longtemps», et cette idée aurait déjà le soutien des associations professionnelles et du Conseil fédéral.
«Outre la suffisance académique, les universités ont également un problème d’emploi pour leurs diplômés, en particulier dans les sciences humaines et sociales. Beaucoup ont du mal à trouver un emploi. 48 pour cent n’ont pas encore d’emploi fixe un an après l’obtention de leur diplôme ; après cinq ans, ils ne sont plus que 28 pour cent. C’est la raison pour laquelle ils s’accrochent tant aux titres comme argument de vente unique. Mais il est bien sûr embarrassant que les universités s’opposent à ce point à l’adaptation.»
- sciences humaines et sociales
- employabilité des diplômé·e·s
- différence entre HES et universités
- profil – universités
- différence entre HES et formation professionnelle
«UniDistance pourrait devenir la première uni du Valais»
«Corinna Martarelli, vice-rectrice Enseignement, revient sur le parcours et les perspectives de l’institut d’enseignement à distance créé à Brigue». Elle parle également des étudiant·es, qui ont 38 ans en moyenne, et les méthodes accompagnant l’enseignement, qui est désormais 100% en ligne.
Par ailleurs, Unidistance a commencé à faire de la recherche en 2017, et aujourd’hui, 25 professeurs «maison» sont rattachés à UniDistance.» Le statut d’université lui permettrait d’accorder des titres de doctorat. Un avant-projet de loi a eu lieu pour la création de cette université à proprement parler.
L’Unil dans les médias
«Les universités et la guerre : Il s’agit de collaborer de manière responsable»
Le journaliste Joel Graf salue la démarche transparente de l’Université de Lausanne d’évaluer des collaborations avec des universités isréliennes sous l’angle éthique sans pour autant boycotter une institution ou une nation. Il s’agirait d’«une première dans le paysage universitaire suisse et pourrait bien avoir valeur de signal.»
Cette alternative est «une analyse sérieuse des risques en ce qui concerne les éventuelles violations des droits de l’homme et le respect du droit international. En fin de compte, il s’agit d’une coopération internationale responsable en matière d’éducation, de recherche et d’innovation – pas seulement au Proche-Orient, mais dans le monde entier.»