Fondé en 2022 à Sarnen, l’Institut obwaldien de recherche juridique (Institut für Justizforschung – IJF) sera entièrement rattaché à la faculté de droit de l’Université de Lucerne dès le 1er janvier 2026. L’institut continuera à bénéficier d’un soutien financier du canton d’Obwald. «Selon le communiqué de l’Université, l’IJF est le premier institut de recherche universitaire en Suisse à traiter de manière «exhaustive et interdisciplinaire» les questions relatives à la justice. Il se considère comme un «centre de compétence national» et donne des impulsions au droit, à la politique et à la société.» (Nau.ch)
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11Nov2025
Politique des hautes écoles
Réactions suite à l’interruption du discours de Martin Pfister à l’UNIGE: louanges et appel à porter plainte
Le journaliste du Temps Frédéric Koller, modérateur de la table ronde de la conférence sur les accords bilatéraux organisée à l’Université de Genève la semaine dernière, loue la réaction de Martin Pfister suite aux troubles de l’évènement par des manifestations propalestinien·nes. N’ayant pas fui l’évènement suite aux troubles, il a tenu la conférence une fois le calme revenu, évoquant à peine «les troubles pour souligner que l’université était certes le lieu du débat démocratique, mais qu’il fallait pour cela être ouvert au dialogue.» Le journaliste pointe également le délai d’intervention du service de sécurité, qui aurait pu être plus rapide au vu de l’appel sur les réseaux sociaux à empêcher Martin Pfister de s’exprimer. «Soucieux de respecter la liberté d’expression dans un lieu de débat public par excellence, les responsables de l’université ont singulièrement manqué d’autorité pour signifier une règle simple à son exercice: l’acceptation du dialogue. Face à l’impossibilité de celui-ci, l’intervention d’un service de sécurité aurait été avisée après cinq minutes.» (Le Temps)
Selon le conseiller national Vincent Maitre (Le Centre/GE), «l’Université de Genève doit déposer plainte». En effet, selon lui, «les personnes qui ont essayé d’empêcher le conseiller fédéral de parler se sont rendues coupables d’une infraction punie par l’article 181 du code pénal relatif à la «contrainte»». Le juriste et avocat de profession se réfère à cet article de loi: «Quiconque entrave de quelque manière que ce soit une personne dans sa liberté d’action, l’oblige à faire, à ne pas faire ou à laisser faire un acte, est puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.» Contacté, le rectorat de l’Université de Genève affirme que «l’option est ouverte». (Watson)
Le lendemain de la conférence à Genève, les organisateur·ices (la Fondation Gobat pour la paix) d’une table ronde ouverte au public à Bienne sur la politique de la Suisse au Proche-Orient a été annulée, se tenant à huis clos et en ligne. (Watson)
L’association étudiante CUAE et la Coordination étudiante pour la Palestine Genève condamnent dans un communiqué les réactions de «certain-exs politicien-nexs, relayés par les médias, qui cherchent une fois de plus à délégitimer le mouvement pour la Palestine. […] Qualifier cet événement d’atteinte à la démocratie revient à oublier que la démocratie repose aussi sur la liberté d’expression, la désobéissance civile et la responsabilité morale face à la justice.» Et le Conseil fédéral aurait rompu le dialogue avec les mobilisations en Suisse pour la Palestine depuis longtemps, ce qui met «à mal les principes de la démocratie». (CUAE)
Interview de la présidente de l’EPFL Anna Fontcuberta i Morral
«La première femme présidente de l’EPFL vise une approche humaine et collaborative. Quid des collaborations avec l’économie, des liens avec les États-Unis et de la politisation du champ académique? Quid du financement de ce pachyderme et de ses infrastructures pharaoniques, de l’augmentation sans cesse croissante du nombre d’étudiants?»
Pression sur les profs des HES genevoises dans leurs récoltes de fonds pour la recherche
Dans les HES genevoises, les professeur·es doivent récolter des fonds pour mener leurs recherches. «Une activité chronophage et qui leur met une énorme pression.»
A l’Hepia et à la HEG, les professeur·es ont un entretien de service généralement tous les quatre ans. Ce dernier évaluent en particulier l’enseignement, la recherche mais aussi «l’argent ramené». De nombreuses critiques et plaintes sont alors adressées à la direction, en particulier à propos d’une «pression constante»: la direction n’octroieraient aux professeur·es qu’un temps limité et insuffisant dédié à la recherche de fonds, des objectifs financiers sont fixés et des menaces de licenciements y sont parfois liées en cas d’objectif non atteint, le stress engendré pourrait conduire à «prétériter la qualité de l’enseignement».
La problématique est similaire à la Haute Ecole de santé (Heds). Les enseignant·es sont poussé·es à: proposer des modules de formation continue (onéreux) sur plusieurs jours ou plusieurs semaines, donner des conférences publiques ou privées de manière rémunérée, augmenter leur temps d’enseignement pour compenser si les deux premières mesures ne rapportent pas assez d’argent à l’institution. «J’ai le sentiment que se développe petit à petit une culture de l’individualisme, une absence de partage et de communication entre enseignants. […] Ce n’est pas une perte de temps, mais une perte de sens», déplore une professeure.
La direction générale dit prendre au sérieux ces problématiques, et affirme que des mesures à mettre en place pour diminuer la pression sont en cours de réflexion.
Des étudiant·es de droit dénoncent les frais élevés de lectures obligatoires
Des étudiant·es, particulièrement en droit à l’Université de Zurich, font part à Nau.ch des coûts élevés de leurs lectures de cours obligatoires. En 2019 déjà, le journal étudiant N’jus faisait état de plus 500 francs de dépenses par an par étudiant·es pour les lectures obligatoires. De plus, le fait que certain·es enseignant·es imposent leurs propres ouvrages comme lectures obligatoires est controversé. Les étudiant·es se verraient alors parfois contraint·es de choisir leurs professeur·es en fonction du prix des livres qu’ils·elles recommandent. Certes, les bibliothèques mettent des exemplaires à disposition, mais ceux-ci ne peuvent souvent pas être empruntés ou alors sont «cachés» par d’autres étudiant·es.
À la demande de Nau.ch, l’Université de Zurich souligne qu’il n’existe aucune obligation officielle d’achat de livres ou de polycopiés. Mais pour certains examens, certains supports imprimés sont nécessaires, surtout en études de droit. Les appareils numériques étant généralement interdits, les livres électroniques, moins chers, ne sont généralement pas acceptés. Ou lorsqu’ils le sont, c’est uniquement après l’achat du livre imprimé, notamment pour des raisons de droits d’auteur, précise l’Université de Zurich .
Les étudiant·es parlent alors d’une «obligation indirecte d’acheter des livres». La thématique est régulièrement discutée, en particulier en droit, mais des filières telles que la médecine seraient également concernées.
L’Unil dans les médias
Collaboration de 4 institutions pour un nouveau centre de formation en santé
«Le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), la Faculté de biologie et de médecine de l’Université de Lausanne (UNIL), la Haute École de Santé Vaud (HESAV) et l’Institut et Haute École de la Santé La Source ont récemment signé le contrat de société du «C4», leur futur Centre coordonné de compétences cliniques. Cette nouvelle infrastructure, exploitée de manière collaborative, devrait fortement contribuer à dynamiser la formation en santé dans le canton de Vaud.»
Revue de presse Unil 11 novembre 2025
10Nov2025
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 10 novembre 2025
7Nov2025
L’Unil dans les médias
CHUV : bras de fer avec le canton
«Les syndicats Sud, SSP et FSF ont rencontré le Conseil d’État vaudois mercredi pour la première fois après l’annonce, la veille, de la suppression de 50 postes de chercheurs en oncologie du CHUV. Le gouvernement complète cette annonce en affirmant que «les négociations vont se dérouler jusqu’à fin janvier». […] Le «maintien de la recherche et des emplois doit être réglé sur la base d’un financement public», demande Sud.» (24 heures)
«La fédération syndicale SUD estime que l’Etat et le CHUV disposent des moyens nécessaires pour maintenir ces activités, par un financement public direct, plutôt qu’en laissant leur pérennité dépendre de fonds externes. Le syndicat conteste notamment l’argument selon lequel les recherches en question ne produiraient pas encore d’applications concrètes en clinique. «Avec ce raisonnement, on ne ferait plus aucune recherche fondamentale!» s’indigne Aristides Pedraza», syndicaliste de SUD. (Le Courrier)
Revue de presse Unil 7 novembre 2025
6Nov2025
Politique des hautes écoles
Interruption du discours de Martin Pfister à l’UNIGE par une manifestation propalestinienne
Invité à s’exprimer à propos des Bilatérales III avec l’UE, Martin Pfister, conseiller fédéral chargé de la Défense, a été interrompu dans son discours par une manifestation d’une quarantaine (RTS)/cinquantaine (Le Courrier, 20 minutes) de militant·es propalestinnien·nes. Au centre des critiques se trouve l’achat de drones de la société israélienne Elbit, d’une valeur de 300 millions de francs. D’abord empêché·es de rejoindre l’auditoire, les militant·es avaient finalement été autorisé·es à entrer. Peu après le début de l’action, des policiers en tenue anti-émeute sont apparus, et les manifestant·es sont sorti·es dans le calme escorté·es par des policiers en civil. «Notre ligne est de laisser les gens s’exprimer et poser des questions. La règle est l’écoute, par opposition à l’interruption totale d’un événement», a expliqué le porte-parole de l’UNIGE Marco Cattaneo. Le discours a pu être repris après 25 minutes d’interruption.
Le paysage mondial de la recherche connaît actuellement une profonde transformation
L’éditeur Elsevier a publié dans un rapport sur la publication scientifique: L’enquête auprès de chercheurs du monde entier afin de recueillir leurs expériences, leurs défis et leurs aspirations. Leurs réponses révèlent non seulement leur perception de l’évolution «rapide» de l’environnement de la recherche et de l’innovation, mais aussi les mesures nécessaires pour le renforcer à l’avenir.
Alain Berset honoré d’un doctorat honoris causa pour son rôle de médiateur entre science, politique et société
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 6 novembre 2025
5Nov2025
Politique des hautes écoles
Nouvelles directives à l’Université de Lucerne afin de compenser un «déficit structurel»
Le conseil de l’Université de Lucerne compense un déficit structurel par des mesures d’austérité dans trois de ses facultés ainsi que dans son administration. Il s’agit de «ne pas réaffecter certain·es professeur·es après leur départ à la retraite, de renoncer aux postes permanents directs (ordinariats) en cas de nouvelles nominations, de réduire les effectifs des professeur·es, de déplacer les ressources et de mieux utiliser les synergies».
Les mesures suivantes ont été prises:
- Faculté de théologie : environ 0,5 million de francs d’économie. Les postes vacants sont pourvus de professeur·es assistant·es au lieu de titulaires ordinaires, 2 postes de professeur (60 % et 30 %) ont été supprimés, un poste à 40 % de professeure sortante n’a pas été pourvu, la faculté collaborera davantage avec l’institut d’éducation religieuse.
- Faculté des sciences culturelles et sociales : environ 0,9 million de francs d’économie. Fusion de deux chaires (théorie sociologique et sociologie de la communication), suppression des disciplines de recherche scientifique et de sciences religieuses (dont les professeurs partent à la retraite), les nouvelles nominations ne seront pas des ordinariats mais des professeur·es assistant·es.
- Faculté d’économie : environ 0,33 million de francs d’économies. Réduction du nombre de postes de professeur·es assistant·es. Les contrats de travail existants ne sont pas concernés.
- Administration : environ 0,22 million de francs d’économies. Pas de suppression de postes, mais des économies dans le domaine des services et de l’infrastructure «en utilisant mieux les synergies et en optimisant la planification des ressources».
La mise en œuvre des mesures prendra plusieurs années.
Racisme aux HUG, un danger pour les patient·es
Alain Tito Mabiala, journaliste et écrivain congolais exilé en Suisse, revient sur l’affaire du racisme au HUG. Il dénonce en particulier le danger pour les patient·es qu’implique ce «racisme systémique», telles que des injustices graves.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 5 novembre 2025
«Le CHUV risque de supprimer 50 postes en oncologie»
«Le CHUV à Lausanne réorganise sa recherche en oncologie, menaçant 50 postes. L’hôpital ouvre des négociations pour un plan social, proposant des solutions internes et à l’UNIL. La direction vise à recentrer les ressources sur la recherche clinique.» (Blick)
«L’annonce tombe trois semaines après celle de la réorganisation du département d’oncologie de l’hôpital vaudois. […] De leur côté, les sages-femmes du CHUV ont exprimé hier leur colère, dénonçant des conditions salariales inéquitables et déplorant le silence de l’État face à leurs revendications.» (24 heures)
4Nov2025
Politique des hautes écoles
«Avenir de la science en Suisse : leadership ou déclin?»
Olivier Dessimoz, directeur de l’Institut suisse de bio-informatique (SIB), alerte sur la nécessité pour la Suisse de consolider son leadership scientifique dans un contexte international incertain. Il souligne que, comme le montre la situation actuelle aux États-Unis, un pays peut rapidement voir sa recherche affaiblie.
La Suisse fait face à deux menaces principales :
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Les coupes budgétaires dans l’éducation, la recherche et l’innovation.
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Le risque d’isolement en cas d’échec des négociations avec l’Union européenne.
Dessimoz insiste sur le rôle stratégique des infrastructures de données biologiques et biomédicales, essentielles à l’innovation et à la souveraineté scientifique du pays. Il rappelle deux exemples concrets :
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Pendant la pandémie de Covid-19, les ressources développées par le SIB ont permis une réaction rapide et efficace (modélisation du virus, suivi des variants).
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La base de données UniProt, codéveloppée à Genève, a été citée dans plus de 5800 brevets, illustrant son importance pour l’innovation suisse.
Il met en garde contre les conséquences d’un désengagement financier ou politique, qui affaiblirait la compétitivité et la capacité d’innovation de la Suisse. À l’inverse, la coopération internationale et la participation à des projets mondiaux renforcent sa souveraineté.
En conclusion, il appelle à investir dans les infrastructures de données, à soutenir la recherche nationale et à favoriser la collaboration internationale, afin de maintenir la Suisse à la pointe du leadership scientifique à l’ère de l’intelligence artificielle et des grands défis sanitaires et environnementaux.
La communauté de recherche allemande souhaite récupérer des données stockées dans des clouds américains
La Communauté de recherche allemande (DFG) a lancé une initiative visant à sécuriser les bases de données menacées, stockées sur des serveurs cloud étrangers. Elle met en garde contre le risque que ces données ne soient plus disponibles pour la science, que ce soit aujourd’hui ou à l’avenir. Il est donc important de sécuriser les données pertinentes et de les rendre accessibles en permanence aux chercheurs locaux. L’objectif principal est de renforcer la résilience des infrastructures de données dans le domaine de la recherche.
La plus importante et la plus grande organisation scientifique autonome pour la promotion de la recherche en Allemagne soutient, dans le cadre de cette initiative, des mesures telles que l’acquisition de capacités de stockage et la mise à disposition de ressources humaines pour l’exploitation, la conservation ou l’agrégation technique des données. Les vérifications juridiques nécessaires ainsi que l’intégration des stocks sécurisés dans des structures et des clouds suprarégionaux ou européens sont également éligibles à un financement. L’accent est mis sur le développement de conditions-cadres et de technologies permettant d’intégrer les référentiels correspondants dans ces réseaux européens.
En substance, la DFG se positionne ainsi en faveur de la souveraineté numérique tant vantée. Il s’agit pour elle de pouvoir disposer de ses propres données, infrastructures et technologies et d’en décider de manière autonome. Le principal problème réside dans le cadre juridique américain, en particulier le Cloud Act. Cette loi autorise les autorités américaines à accéder, dans certaines circonstances, aux données stockées par des entreprises américaines. Cela vaut également lorsque ces bits et octets se trouvent physiquement sur des serveurs situés en dehors des États-Unis.
Cette loi représente un risque considérable pour la recherche allemande, car les informations et les résultats sensibles sont théoriquement exposés à l’accès par des autorités étrangères. Elles pourraient également ne plus être disponibles du jour au lendemain pour des raisons politiques ou réglementaires. La dimension politique entre ici en jeu, notamment sous la forme du président américain Donald Trump. Sa ligne imprévisible et protectionniste, qui pourrait remettre en cause les accords transatlantiques existants, y compris en matière d’échange de données, est considérée comme un signal d’alarme pour les aspirations actuelles à la souveraineté.
- cybersécurité
- politique – Etats-Unis
- gestion de données de recherche
- collaboration entre hautes écoles
- gestion – ressources informatiques
- souveraineté numérique
Des mesures de sécurité pour la recherche européenne entreront en vigueur prévu pour 2026
Le 28 octobre, la Commission européenne a présenté plusieurs initiatives pour renforcer la sécurité de la recherche dans l’UE. Ces mesures incluent la création d’une plateforme de diligence raisonnable destinée à aider les chercheurs à évaluer les risques liés à la coopération internationale, ainsi qu’un centre d’expertise sur la sécurité de la recherche, prévu pour mi-2026.
Selon Claire Gray (LERU), les chercheurs manquent d’outils fiables et accessibles pour évaluer les risques de collaboration internationale, les solutions existantes étant coûteuses et incomplètes. Des modèles étrangers existent, comme la plateforme américaine Secure Center soutenue par la NSF, mais leurs coûts restent incertains.
Lors d’une conférence européenne sur la sécurité de la recherche, la Commission a insisté sur la mise en œuvre d’un cadre européen adapté. Des participants, tels que Vincent Klein Ikkink (Cesaer), ont averti contre une copie du modèle américain et plaidé pour une approche européenne proportionnée, collaborative et adaptée à la diversité du système de recherche.
Les experts recommandent que le futur centre d’expertise intègre un guichet d’aide, une boîte à outils virtuelle et une plateforme d’échange sécurisée pour partager incidents, bonnes pratiques et leçons tirées.
La commissaire Ekaterina Zaharieva souhaite par ailleurs inscrire la sécurité de la recherche dans la loi, via le futur European Research Area (ERA) Act, afin de prévenir les transferts technologiques indésirables ou les atteintes à l’éthique. Cette proposition suscite des réserves, certains craignant une surréglementation.
Pour Science Europe, la loi doit seulement fixer des normes minimales communes, sans alourdir la charge administrative ni freiner la collaboration internationale.
Les discussions ont mis en avant la difficulté d’équilibrer ouverture et protection, chaque État membre ayant ses propres priorités. L’objectif n’est pas d’isoler l’Europe, mais de mieux gérer les risques dans un contexte géopolitique complexe.
Enfin, plusieurs intervenants, dont Julien Chicot (The Guild), ont insisté sur la nécessité d’un changement culturel : les outils techniques et juridiques ne suffisent pas. Il faut développer une culture de la sécurité de la recherche fondée sur la confiance, la responsabilité et la sensibilisation, sans opposer science ouverte et sécurité.
Une fossé entre ville et campagne se creuse en termes d’éducation
Dans les dernières 30 années, la proportion de la population suisse titulaire d’un diplôme de l’enseignement supérieur a augmenté de 44%.
Mais il y a des grandes différences entre ville et campagne. Pour le rédacteur en chef du Sonntagszeitung, «ce n’est pas étonnant, car les jeunes s’orientent vers les possibilités locales lorsqu’ils choisissent leur formation. Plus l’offre de gymnases, de HES et de formations continues est large, plus ils sont susceptibles d’opter pour une carrière universitaire.» Cependant, «selon des chercheur·es de l’Université de Lucerne le niveau d’éducation et le revenu des parents influencent beaucoup moins la réussite professionnelle de leurs enfants en Suisse qu’aux États-Unis, en France ou même en Allemagne. Les enfants issus de familles ayant un faible niveau d’éducation formelle auraient relativement de bonnes chances d’obtenir eux-mêmes un revenu élevé en Suisse.»
Critique aux appels à projets collaboratifs en sciences sociales dans le programme Horizon Europe
Pour la période de financement 2028–2034, la Commission européenne prévoit d’allouer 7,6 milliards d’euros à la recherche sur la « société » dans le cadre du Pilier II d’Horizon Europe. Malgré cette générosité, le système de financement présente de graves défauts structurels, surtout dans les sciences sociales : bureaucratie excessive, eurocentrisme, et constitution artificielle de consortiums répondant à des critères administratifs plutôt qu’à des logiques scientifiques.
L’auteur, Andreas Schedler, chargé de recherche senior à l’Institut pour la démocratie de l’Université d’Europe centrale, Budapest, illustre ces problèmes à travers un appel à projets intitulé « The autocratic appeal: nature, drivers and strategies », qui a reçu 45 propositions pour seulement 3 financées. Cet appel, typique selon lui, souffre de thèmes trop vastes et confus, demandant aux chercheurs de tout étudier à la fois : régimes politiques, acteurs, données descriptives et prédictives, causes structurelles et psychologiques, comparaisons historiques, approches pluridisciplinaires, etc.
En plus de cette surcharge thématique, l’appel accumule des sous-thèmes disparates (autocratie numérique, égalité de genre, minorités, arts, médias, etc.), reflétant davantage des priorités politiques que scientifiques. Les questions posées sont souvent naïves et ignorent l’état actuel de la recherche, comme si rien n’avait encore été étudié sur l’autoritarisme ou la résistance démocratique.
L’auteur critique également la naïveté technocratique d’Horizon Europe, qui exige des chercheurs qu’ils produisent des recommandations « scientifiquement robustes » pour « sauver la démocratie » ou « améliorer le bien-être des citoyens », alors même que les problèmes politiques sont fondamentalement conflictuels et incertains.
Au final, ces projets deviennent souvent des simulations : chercheurs et Commission font semblant que les objectifs sont atteints tant que les cases administratives sont cochées. Pour l’auteur de l’article, il faudrait mettre fin à cette farce, car les ressources limitées de la recherche devraient être utilisées de manière plus sensée.
Il conclut par une métaphore : le système européen du financement de la recherche ressemble à un empereur nu — somptueux en apparence, mais dépourvu de substance réelle.
L’Égypte rejoint le programme scientifique phare de l’Europe, suscitant des inquiétudes quant à la liberté académique
La semaine dernière, les responsables de l’Union européenne ont annoncé avec jubilation que l’Égypte avait rejoint Horizon Europe, le programme phare de financement de la recherche de l’Union. Elle est ainsi devenue le deuxième pays africain – et le 21e pays non membre de l’UE – à pouvoir prétendre à des subventions européennes dans des conditions pratiquement identiques à celles de ses homologues européens.
Cette décision prise le 21 octobre a toutefois suscité des critiques de la part de certains observateurs, qui ont fait valoir que l’engagement d’Horizon Europe à promouvoir la liberté académique était en contradiction avec le bilan problématique de l’Égypte en matière de droits humains, notamment l’emprisonnement d’universitaires. L’Egypte figure parmi les 10 derniers pourcents dans le classement Academic freedom index.
Interview du Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz
Dans une interview donnée à la RTS et au Temps, le Prix Nobel d’économie en 2001 Joseph Stiglitz fait un point de la situation aux États-Unis et évoque les risques liés à la deuxième présidence de Donald Trump.
Le scientifique affirme que lorsque le président accuse une université d’avoir violé une loi, il n’y a pas de procès, ni de jury, mais uniquement le jugement du président, ce dernier faisant du chantage en demandant aux universités de payer en échange de l’obtention de contrats gouvernementaux. Le Prix Nobel s’inquiète particulièrement de l’érosion de la démocratie américaine, dont le monde universitaire fait partie intégrante. «Le monde universitaire a été créé afin de porter un regard sur ce qui se passe dans notre société, notre gouvernement, nos entreprises, et signaler ce qui ne fonctionne pas correctement. C’est absolument nécessaire dans une démocratie.» Le monde universitaire est cependant actuellement particulièrement inquiet de la suppression de la liberté académique.
La dimension émotionnelle du changement climatique chez les scientifiques
Parmi les chercheur·euses suisses sur le changement climatique ayant participé à l’enquête de SwissInfo en 2025, «72% affirment se sentir émotionnellement affectés par leur travail et l’évolution du climat. 41% le sont «occasionnellement», 31% «plusieurs fois par semaine». Seuls 6% déclarent ne pas ressentir de sentiment particulier.» Le média met en avant certaines études sur la souffrance émotionnelle causée par le changement climatique qui montrent que les scientifiques, «constamment exposés à la réalité et aux conséquences du réchauffement» peuvent être mené·es à éprouver «un sentiment d’impuissance, à des états d’anxiété et à la dépression».
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 4 novembre 2025
3Nov2025
Politique des hautes écoles
Un tiers des chômeurs sont des jeunes diplômés universitaires
«Les jeunes diplômés universitaires peinent de plus en plus à trouver un emploi en Suisse. Leur part dans la population au chômage est passée de 27% à plus de 34%, alors que leur présence globale sur le marché du travail n’a augmenté que de 1%, rapporte, lundi, le «Tages-Anzeiger». Les métiers académiques comme développeur, prof de langues ou spécialiste marketing sont particulièrement touchés.» (20 minutes)
L’IA serait partiellement en cause, indique une étude récente du centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ (KOF).
Nouveau centre de formation de la HEdS à Marly, FR
La Haute école de santé fribourgeoise a ouvert un nouveau centre de formation à Marly, unique en son genre.
La prévention et la promotion de la santé sont au cœur de cette prestation, tout en servant comme lieu de formation pour les étudiant·es. Sous l’oeil de leurs formateurs·rices, les étudiant·es fournissent par exemple des bilans de santé à CHF 15. «Ce système doit aussi à terme combler une lacune dans le système de santé», l’offre de soins primaires faisant largement défaut en Suisse.
C’est également un lieu de stages pour les masters en ostéopathie et en psychologie de la santé.
«La médecine du futur doit s’intéresser à l’esprit et à l’âme»
«En plus d’être somatique et psychologique, la médecine devrait-elle être spirituelle? C’est ce que défend le professeur Jacques Besson, psychiatre et ancien chef du Service de psychiatrie communautaire du CHUV. Jeudi 30 octobre, dans le cadre du Toussaint’S Festival, à Lausanne, le médecin donnait une conférence intitulée «Exploration de la conscience: pour une médecine postmatérialiste».»
Grèves dans la fonction publique face aux plans d’assainissement des cantons (FR, VD, GE)
Suite à la grève du 1er octobre à Fribourg et à une manifestation à Lausanne le lendemain, «des grèves se dessinent sur les bords du Léman [face aux plans d’assainissement des différents cantons]: à Genève, elle se tiendra le 11 novembre – après confirmation le 6 novembre – et les 18, 25 et 26 novembre dans le canton de Vaud, assorties de deux manifestations. Les syndicats vaudois préviennent déjà que la grève pourrait se poursuivre tant que le Conseil d’Etat ne proposera pas des garanties du retrait de ses mesures d’économie.» (Le Temps)
Par ailleurs, une assemblée de mobilisation vers la grève aura lieu le 12.11.2025 à Géopolis.
Les universités suisses doivent baisser les taxes d’études pour les ressortissants de l’UE
Une condition de l’accord-cadre entre l’Union européenne et la Suisse est que les taxes d’études dans les universités et EPF suisses pour les ressortissants de l’Union européenne soient à la même hauteur que les taxes d’études pour des Suisses.
C’est déjà le cas (ou à peu près) dans les universités de Bâle, Berne, Genève et Lausanne.
Une adaptation des taxes d’études induira des pertes importantes pour l’Université de Suisse italienne et l’Université de Saint-Gall (7,7 et 7,6 millions de francs par an). Et pour les deux EPF de Zurich et de Lausanne, cette réglementation creusera à l’avenir un trou de 23,6 millions dans leurs caisses. Les deux établissements viennent tout juste d’introduire des frais d’inscription plus élevés et devraient donc bientôt les supprimer.
La Confédération s’est déclarée prête à indemniser les universités concernées pour cette perte, mais uniquement pour les quatre premières années. Elle prévoit de prendre en charge la moitié des coûts pour les hautes écoles cantonales. Quant aux deux EPF, qui appartiennent à la Confédération, elle entend assumer l’intégralité des coûts.
À Saint-Gall et au Tessin, le mécontentement règne. Par ailleurs, le Tessin représente une minorité linguistique et culturelle. «Ces projets risquent d’accroître les inégalités entre les cantons et de nuire à la cohésion nationale», estime Marina Carobbio (PS), directrice de l’éducation du Tessin
Le risque que la Suisse doive bientôt prendre en charge la formation supérieure de milliers d’étudiants supplémentaires provenant de l’UE est toutefois minimisé dans les accords. Les restrictions d’admission, comme dans le domaine de la médecine, restent autorisées, et il sera possible de maintenir les quotas, voire d’en introduire de nouveaux. Une clause dite de statu quo («Stillstandsklausel») doit, à l’inverse, garantir que le nombre actuel d’étudiants provenant des pays de l’UE ne puisse être réduit par des restrictions.
Par ailleurs, les universités de l’Union européenne ne pourront plus demander aux étudiant·es suisses des frais d’inscription supérieurs à ceux demandés aux citoyen·nes européen·nes.
«Le monde scientifique pourrait perdre toute sa crédibilité»
Récemment, dans le cadre de sa participation en tant que réviseur à la conférence BDCAT2025 à Nantes, le professeur à la Haute École d’ingénierie et d’architecture de Fribourg (HEIA-FR) Sébastien Rumley a fait la mauvaise expérience d’être confronté à des évaluations d’articles (reviews) très probablement générées par intelligence artificielle. Il dénonce les utilisations abusives de l’IA et appelle la communauté scientifique à réagir.
«Il faut impérativement que les chercheurs qui recourent à l’IA – mais aussi ceux qui ne l’utilisent pas – se rendent compte des conséquences en cas d’utilisation abusive.» Selon lui, les chartes publiées par les conférences à propos de l’utilisation de l’IA ne sont pas assez connues du monde scientifique et ne suffiraient pas. Le professeur ajoute que l’HEIA-FR a dû modifier son règlement de telle manière à ce que «n’importe quel travail demandé aux étudiants peut être suivi d’un interrogatoire pour vérifier si l’auteur l’a bien fait lui-même», explique-t’il. Il ajoute qu’un des défis du monde scientifique sera à l’avenir de trier la «surabondance» de publications. Selon lui, à terme, uniquement les publications les plus qualitatives seront retenues, et les conférences soucieuses de leur réputation devront investir dans de vrais comités d’expert·es pour les relectures, potentiellement rémunéré·es et doté·es de «radars».
«L’UNIGE discute d’un partenariat avec une université palestinienne»
L’Université de Genève est actuellement en discussion avec l’Université Al-Quds de Jérusalem afin de mettre sur pied une collaboration dans le domaine de la santé. «Des discussions avec l’Université Al-Quds sont effectivement en cours mais ne se sont pas, à ce jour, concrétisées dans un Memorandum of Understanding (MoU)», précise le vice-recteur Stéphane Berthet, chargé des Relations internationales et interinstitutionnelles de l’UNIGE. «La collaboration envisagée porte sur la recherche dans le domaine de la santé et en aucun cas sur la mobilité estudiantine», précise le vice-recteur. (Watson)
La Suisse, pionnière en médecine de genre
Londa Schiebinger, historienne des sciences à l’Université de Stanford, se consacre à l’influence positive du genre sur la recherche. Elle en déduit trois «solutions» pour corriger le système actuel:
1. attirer davantage de femmes et de groupes sous-représentés dans les domaines des sciences, de la médecine et de la technologie, car ses travaux démontrent que les équipes de recherche mixtes obtiennent de meilleurs résultats
2. briser les préjugés inconscients et les schémas culturels dans les institutions
3. «corriger les connaissances» produites par les universités et les établissements médicaux.
Elle se réjouit beaucoup que les universités suisses souhaitent intégrer les contenus liés à la médecine de genre dans leur enseignement médical. «À Stanford, nous n’en sommes pas encore là.» Il n’existe que peu de cours spécifiques sur le thème de la médecine de genre. Elle regrette par ailleurs la pression que le gouvernement américain applique sur la recherche dans ce domaine.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 3 novembre 2025
«L’avenir de Palmyre, détruit par Daech, se joue à l’Université de Lausanne»
«Une conférence internationale s’est réunie en toute discrétion à l’UNIL, pour la première fois depuis la chute du régime syrien. «Un tournant» pour la Perle du désert.»
31Oct2025
Politique des hautes écoles
En médecine, le numerus clausus vacille
«Alors que l’Union suisse des professions libérales s’inquiète de la pénurie de médecins, une motion veut assouplir les critères de sélection. Mais se pose la question des moyens à disposition»
«Un budget vaudois plus fragile que jamais»
«Le déficit attendu l’année prochaine par le canton fait grincer des dents. La gauche annonce le refus du projet en l’état, tandis que le PLR, l’UDC et les Vert’libéraux se positionnent en arbitres d’un débat explosif.»
L’UE va inscrire la sécurité de la recherche dans la législation
De nouvelles lois sur la sécurité de la recherche seront intégrées dans le futur Acte sur l’Espace européen de la recherche (ERA Act), a annoncé la commissaire européenne à la recherche, Ekaterina Zaharieva.
Ces lois auront pour objectif de protéger l’Union européenne contre des risques tels que le transfert non souhaité de technologies sensibles, les influences étrangères malveillantes ou encore les violations éthiques ou d’intégrité provenant de pays tiers.
L’ERA Act vise à instaurer des obligations juridiques et des incitations pour les États membres afin de créer un marché unique de la recherche. La Commission européenne avait déjà laissé entendre, en juin, qu’elle pourrait y inclure des mesures de sécurité, et la déclaration d’Ekaterina Zaharieva confirme désormais cette intention. Les détails concrets de la loi ne devraient cependant être dévoilés qu’en 2026, lors de la présentation officielle de l’Acte.
Lors de la première conférence de la Commission consacrée à la sécurité de la recherche, le 28 octobre à Bruxelles, Zaharieva a également annoncé trois nouvelles initiatives prévues pour 2024 :
-
La création d’un centre européen d’expertise en sécurité de la recherche ;
-
La mise en place d’une plateforme d’évaluation des risques liés aux coopérations internationales ;
-
L’élaboration d’une méthodologie commune permettant aux États membres de tester la résilience de leurs organisations de recherche.
Pourquoi ne pas miser davantage sur nos start-up?
La Conseillère nationale Estelle Revaz présente dans Le Temps des mesures à prendre pour encourager le transfert technologique et les start-ups en Suisse:
- «Une commande publique agit comme un label de confiance qui attire les investisseurs privés. La France et le Royaume-Uni l’ont compris depuis longtemps avec des quotas ou appels d’offres réservés aux entreprises innovantes.»
- Le mandat des institutions fédérales devrait, selon elle, inclure« le soutien à la croissance et au maintien en Suisse des start-up prometteuses, par exemple via une plateforme reliant investisseurs et jeunes pousses, et/ou un fonds tournant qui pourrait s’auto-alimenter au fil des succès.»
- Une e-Residency helvétique pourrait permettre à des étrangers et Suisses de créer une start-up en Suisse en 15 minutes, stimulant l’économie. Elle «renforcerait notre souveraineté technologique, et nous permettrait d’influencer la définition
des standards de demain» tout en permettant à la Suisse d’atteindre «la masse critique nécessaire pour attirer
durablement les investisseurs internationaux.»
Selon Science Business, l’Union européenne souhaite également faciliter des start-ups et scale-ups innovants, à travers l’Union européenne moyennant un réglement ou une directive qui s’appelle le 28e régime. «Le nombre « 28 » dans le nom provient des 27 États membres de l’UE et de leurs systèmes juridiques nationaux, qui sont étendus par une nouvelle possibilité à l’échelle de toute l’UE.» (Wikipedia)
Il s’agit de «mesures visant à faciliter la commercialisation sur l’ensemble du marché unique, mesures visant à garantir que les start-ups et les scale-ups puissent accéder aux capitaux dont elles ont besoin pour financer leur expansion, mesures visant à faciliter la mise en conformité des entreprises de taille intermédiaire avec la législation, marchés publics visant à soutenir l’innovation, mesures visant à attirer et à retenir les talents et «bacs à sable» réglementaires.» (Projet lancé en janvier 2025)
Ekaterina Zaharieva, commissaire chargée des start-ups, de la recherche et de l’innovation, a averti que restreindre l’utilisation du nouveau système d’enregistrement à des entreprises jugés «innovateurs» risquait de faire perdre un temps précieux.
Serena Borbotti-Frison, directrice générale du groupe de lobbying Allied For Startups y ajoute: « Il serait peut-être plus facile de convaincre les politiciens de ne soutenir dans un premier temps que les entreprises innovantes, mais il est difficile de définir ce qu’est une entreprise innovante.»
Friedrich Merz lance une agenda High Tech pour 18 milliards d’euro
Le chancelier allemand Friedrich Merz a lancé une Agenda High Tech qui soutiendrait les six secteurs suivants:
l’IA, la technologie quantique, la microélectronique, la biotech, la fusion et production d’énergie neutre en carbone et des technologies pour une mobilité neutre en carbone.
Outre les technologies clés, cette agenda met également en œuvre des projets dans des domaines de recherche stratégiques importants. Il s’agit de l’aéronautique et de l’aérospatiale, de la recherche en matière de santé, de la recherche en matière de sécurité et de défense, de la recherche sur les océans, le climat et la durabilité, ainsi que des sciences humaines et sociales (p.37).
Les objectifs:
- «Grâce à une offensive en matière d’IA, nous voulons que 10 % de notre performance économique soit basée sur l’IA d’ici 2030, augmenter la productivité du travail et faire de l’intelligence artificielle (IA) un outil important dans les domaines centraux de la recherche et des applications. […]»
- «Nous améliorons de manière mesurable la disponibilité et l’utilisabilité des capacités d’IA (algorithmes, données, ordinateurs, outils logiciels, puces IA) pour la science, la recherche, l’économie, l’administration et la société. […]»
- «Nous deviendrons un acteur central pour la prochaine génération d’IA et dans la concurrence mondiale. […]»
- «Nous renforçons la base de main-d’œuvre qualifiée dans les technologies quantiques. […]»
Les universités adhèrent au programme européen en matière de compétitivité
Selon un rapport de l’Association européenne des universités (EUA), les universités adoptent une approche pragmatique face à la nouvelle orientation de l’UE en matière de compétitivité. Elles adhèrent non seulement aux nouvelles priorités économiques du Conseil de l’Europe, mais y voient également une opportunité à saisir, par exemple en mettant en avant leurs atouts dans le domaine de la R&D liée à la défense, là où elles en disposent.
Le rapport «Universities and Competitiveness» s’appuie sur des ateliers et des entretiens menés auprès de 45 dirigeants et responsables universitaires basés dans 21 pays. Les participants ont notamment été invités à envisager trois scénarios théoriques pour 2035, dans lesquels les fondements politiques et économiques sont solides, en déclin ou en voie de disparition.
Au cours de ce processus, les universités participantes se sont montrées à l’aise avec le programme en matière de compétitivité ait été formulé par les institutions européennes à Bruxelles, «le défi est reconnu et partagé par les universités», indique l’EUA dans son rapport.
«Dans le même temps, ils ressentent clairement la main de Bruxelles qui tente d’aligner le monde universitaire sur les priorités politiques, par exemple à travers des initiatives telles que la loi sur l’Espace européen de la recherche, Choose Europe et l’Union des compétences. «Bien que cela ne signifie pas pour autant un pilotage détaillé et descendant des universités en soi, ces initiatives fixent des objectifs politiques généraux et une orientation pour le secteur, tout en émettant certaines hypothèses sur le rôle des universités dans la société», indique le rapport.» (Science Business)
L’Unil dans les médias
La communauté de l’UNIL adopte des outils IA générative
«Du 29 novembre au 13 décembre 2024, le Groupe expert IA de l’Université de Lausanne a mené un vaste sondage auprès de la communauté universitaire afin de mieux comprendre les usages, perceptions et attentes liés à l’intelligence artificielle (IA). Avec 1827 répondant·es, cette enquête a constitué une base précieuse pour orienter la stratégie institutionnelle de l’UNIL en matière d’IA.»
Revue de presse Unil 31 octobre 2025
30Oct2025
Politique des hautes écoles
Projet de modification de la loi sur la Haute école pédagogique vaudoise
Le Conseil d’État propose un projet de modification de la loi sur la Haute école pédagogique, dont le principal objectif est d’introduire une voie de réclamation. La voie de droit actuellement prévue pour les étudiantes et les étudiants ne permet plus de traiter les recours dans des délais raisonnables. […] Une première instance similaire existe déjà à l’Université de Lausanne et dans les hautes écoles spécialisées du Canton.
Nouveau centre de recherche sur l’intelligence artificielle dans le secteur des assurances
Le Zurich Insurance Group (Zurich), l’Université de Saint-Gall et l’EPFZ ont fondé un nouveau centre de recherche qui vise à repenser l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les assurances. Appelé «Zurich AI Lab», la collaboration a pour but de rechercher et développer de nouveaux modèles commerciaux, processus et offres dans le secteur des assurances. Elle garantit aux partenaires académiques une totale liberté de recherche. (Inside IT)
Des cadres de la compagnie d’assurance Zurich, des professeur·es, doctorant·es et étudiant·es de master travailleront sur des sites à Saint-Gall, Zurich et Singapour.
«La justice zurichoise sanctionne l’occupation de l’EPFZ en mai 2024 par des militants»
Cinq militant·es pro-palestinien·nes ont été condamné·es pour violation de domicile à des amendes avec sursis pour l’occupation de la halle principale de l’EPFZ le 31 mai 2024. Deux personnes ont été acquittées car la plainte envers elles était invalide au niveau procédurale. La défense a annoncé faire appel de la décision.
La présidente du tribunal a déclaré que le droit de propriété de l’EPFZ a été appliqué. Les arguments de la défense (notamment un état d’urgence, la liberté d’expression et celle de réunion) ont été rejetés. Le tribunal a estimé que d’autres moyens légaux existaient pour faire valoir leurs opinions. De plus, l’EPFZ avait indiqué sa disposition à dialoguer avec les manifestant·es. Tou·tes les accusé·es ont cependant été acquitté·es du chef d’accusation de participation à une manifestation non autorisée, car l’EPFZ, en tant qu’établissement de droit public, est soumise au droit fédéral et le droit communal ne peut donc pas s’appliquer.
D’autres procédures sont toujours en cours, notamment le procès contre les militants·e qui ont occupé le bâtiment principal de l’EPFZ le 7 mai 2024. (RTS, NZZ)
- engagement politique
- associations estudiantines
- rôle des universités
- liberté d’expression
- conflit israélo-palestinien
«Retards dans l’octroi des titres de médecins- la pression monte sur la FMH»
«Quelque 2500 dossiers sont en attente auprès de l’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue (ISFM), unique organisme habilité à délivrer ces titres en Suisse. Les délais d’attente sont de douze mois alors qu’ils ne devraient pas en excéder deux à trois.» Ces délais retardent l’entrée dans la vie active des jeunes diplômé·es et peuvent entraîner un manque à gagner d’environ 1’000 francs par mois. Afin de défendre leurs intérêts, quelque 150 médecins ont créé l’association «La relève médicale suisse». Jeudi de la semaine dernière, plusieurs associations de médecins (Asmac, AMIG, Asmav) ont rédigé une lettre ouverte dans laquelle elles exigent le recrutement de davantage de personnel pour traiter les dossiers (ce que la FMH assure être en train de faire) ainsi qu’une rencontre avec la Fédération des médecins (FMH) d’ici au 6 novembre.
Yvonne Gilli, présidente de la FMH, assure qu’une cellule de crise a été créée et qu’une aide informatique est fournie à l’ISFM.
L’Unil dans les médias
«Unisanté a déménagé»
«Le déménagement d’Unisanté sur le campus du Biopôle à Lausanne s’est achevé. Le centre universitaire de médecine générale et de santé publique propose désormais une offre médicale complète à proximité de la station de métro Vennes, sur les hauts de la capitale vaudoise.» (Le Courrier)
«Ce déménagement permet notamment de rassembler, sur un seul site, des activités jusqu’ici réparties sur une dizaine de lieux: le nouveau siège comprend des espaces cliniques, des laboratoires, ainsi que des locaux dédiés à la recherche et à la formation.» (MedInside)
Revue de presse Unil 30 octobre 2025
29Oct2025
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 29 octobre 2025
28Oct2025
Politique des hautes écoles
Vent debout contre les coupes budgétaires fédérales
La commission des finances a entendu pendant deux jours les parties prenantes touchés par les coupes fédérales (tous les domaines sont touchés, à l’exception de l’armée et de l’AVS). Les partis prenants sont d’accord de faire des économies, mais pas dans leur domaine. Elle n’a pas encore pris de décision préliminaire.
Selon le journaliste de la NZZ, le débat à venir promet d’être «court et intense». «Après le Conseil des États en décembre, ce sera au tour du Conseil national en mars 2026, puis probablement du peuple en septembre. Il est presque certain que la gauche lancera un référendum. À moins que la majorité bourgeoise ne modifie profondément le projet. La situation deviendra vraiment difficile si le projet échoue. À moins que des recettes fiscales supplémentaires ne tombent du ciel, le Conseil fédéral et le Parlement devront décider dans les plus brefs délais de coupes budgétaires relativement drastiques afin de respecter le frein à l’endettement.»
Karin Keller-Sutter, cheffe des finances au Conseil fédéral, a développé un Plan B «dissuasif»: «Si le paquet échoue, la Confédération devra réduire à court terme les dépenses qui restent inchangées, car les autres sont liées par la loi. Cela concernerait notamment la formation et la recherche, l’aide au développement, l’agriculture et l’armée. Selon le Conseil fédéral, des coupes budgétaires pouvant atteindre 10 % seraient nécessaires. Sa conclusion : «En cas d’échec de l’EP27, un nouveau paquet de mesures d’allègement budgétaire devrait être rapidement mis en place, en tenant compte, le cas échéant, d’augmentations d’impôts.» (Neue Zürcher Zeitung)
Selon la SRF, «Après les protestations des cantons, de l’Union suisse des paysans et des institutions de formation et de recherche [par exemple swissuniversities], le Conseil fédéral maintient ses plans d’économies, mais le «paquet d’allègements» ne devrait plus permettre d’économiser 3,6 milliards de francs, mais 3 milliards.»
La communauté scientifique salue le projet de bourses «loterie» dans le cadre d’Horizon Europe, à condition qu’il soit bien mené
Plusieurs acteurs de la communauté scientifique soutiennent l’idée d’introduire un système de tirage au sort dans le financement de la recherche européenne (Horizon Europe), à condition que les meilleures propositions gardent les meilleures chances d’obtenir des fonds.
Selon Kamila Kozirog, de l’Association européenne des universités, l’introduction d’un élément de randomisation pourrait réduire les biais et alléger la charge de sélection, mais elle devrait se limiter à des tirages au sort de départage, lorsqu’un petit nombre de projets reçoivent exactement les mêmes notes.
La Commission européenne prévoit d’expérimenter ce type de tirage au sort pour départager les ex æquo, dans le but de lutter contre la sursouscription («oversubscription») du programme : en 2025, seuls 12 % des projets soumis ont été financés. Cependant, il ne s’agira pas d’un pur hasard : les tirages seront conditionnels, combinés à une évaluation, plus traditionnelle, par les pairs.
Aujourd’hui, les départages reposent sur une procédure complexe à cinq critères (couverture des objectifs de l’appel, excellence, impact, équilibre hommes-femmes, etc.), utilisée dans 22 % des cas entre 2021 et 2023. Ce système est jugé chronophage et parfois subjectif, bien qu’il ait le mérite de promouvoir certaines valeurs européennes comme l’égalité de genre.
Certains experts, comme Jörg Schmiedmayer (Université technique de Vienne), estiment que le tirage au sort pourrait être utile uniquement pour les projets proches du seuil de financement, tandis que les meilleurs projets devraient être financés directement. D’autres suggèrent de limiter le nombre de candidatures par institution afin de réduire le volume de dossiers et d’améliorer leur qualité.
Enfin, plusieurs évaluateurs soulignent que les vrais ex æquo sont rares et que la solution la plus efficace serait d’augmenter le budget consacré à l’excellence scientifique, plutôt que de recourir largement au hasard.
- évaluation par des pairs
- financement public
- Horizon Europe (anciennement FP9)
- évaluation – chercheur·e·s
- FP10
La pénurie de personnel qualifié s’aggrave dans les professions libérales
«Le manque de personnel qualifié s’aggrave en Suisse dans les professions libérales. Environ 70% des actifs dans des métiers comme la médecine, l’architecture, la physiothérapie, le notariat ou le conseil en orientation considèrent la pénurie de personnel comme un problème majeur dans leur secteur.» (RTS)
L’Union suisse des professions libérales (USPL) «réclame désormais des mesures pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, telles que l’augmentation du nombre de personnes en formation dans les domaines de la santé et de la technique, ainsi que la hausse des tarifs, en particulier pour les médecins généralistes, pédiatres, physiothérapeutes, psychologues, chiropracteurs et orthophonistes indépendants. […] De plus, les formations dans les disciplines concernées devraient préparer de manière adéquate à une éventuelle activité indépendante.» (USPL)
L’UE encourage le secteur de la recherche à adopter des pratiques durables
Les actions Marie Skłodowska-Curie (MSCA) viennent de publier une mise à jour complète de la Charte verte des MSCA. Des documents d’orientation accompagnent la charte et proposent des recommandations concrètes, des exemples et des outils destinés à aider les chercheurs et les organisations à aligner leurs pratiques de recherche sur les objectifs de durabilité.
Les préconisations couvrent des domaines tels que:
- les déplacements, les événements et les réunions,
- les environnements de recherche gourmands en ressources,
- l’utilisation du matériel, des logiciels et des données,
- les installations, les infrastructures et les achats.
- gestion de données de recherche
- durabilité des universités
- gestion – ressources informatiques
- durabilité et climat
Expériences visant à instaurer la confiance dans la science
Meagan Phelan, directrice de la communication pour la famille de revues Science, souligne l’importance de la transparence dans la recherche pour améliorer la confiance publique dans la science. Elle donne cinq conseils:
- «Associez l’ouverture à l’explication. Le libre accès est un fondement, pas une ligne d’arrivée. Les éditeurs apportent une valeur ajoutée en aidant le public à interpréter la science, grâce au contexte, aux commentaires d’experts et au cadrage narratif.»
- «Montrez la science en action. Ne cachez pas les débats ni les incertitudes.» Un exemple est d’organiser une conversation entre chercheurs qui semblent être venu à des conclusions divergentes.
- «Donnez aux auteurs les moyens d’assurer la transparence» de leur recherche
- «Faites preuve d’intégrité en public»: communiquer des rétractions
- Communiquer sur le rôle des maisons d’édition
- open access
- vulgarisation scientifique
- transparence – recherche
- open science
- médias et universités
- image de la science
- open data
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 28 octobre 2025
27Oct2025
Politique des hautes écoles
«Le CHUV dans le top dix des hôpitaux les plus actifs d’Europe pour la recherche»
Selon une étude menée par l’Office européen des brevets (EPA) à Munich, le CHUV et l’Hôpital universitaire de Zurich (USZ) sont parmi les 10 hôpitaux les plus actifs en matière de recherche en Europe. L’enquête avait pour but d’identifier les institutions hospitalières ayant déposé le plus de brevets au cours des 20 dernières années. Voici le classement des hôpitaux suisses selon leur nombre de brevets:
- 8ème: Hôpital universitaire de Zurich (USZ) (364 brevets)
- 9ème: CHUV (356 brevets)
- 11ème: Hôpital universitaire de Bâle (317 brevets)
- 23ème: HUG (181 brevets)
La fuite des cerveaux américains, un avantage à saisir
La politique du gouvernement Trump envers la recherche pousse de nombreux·euses scientifiques américain·es ou expatrié·es à quitter les États-Unis. Cependant, en Suisse, les universités et leurs faîtières ne proposent actuellement pas de forte politique d’accueil pour ces scientifiques américain·es. Des chercheur·euses prestigieux·euses ont néanmoins pu être engagé·es de manière ponctuelle, tel·les les prix Nobel Esther Duflo et Abhijit Banerjee à l’Université de Zurich, grâce à un financement privé de la Fondation Lemann. La réticence actuelle des universités suisses pourrait être liée à des restrictions budgétaires dans le domaine au sein du pays, ainsi que par les faits de ne pas vouloir provoquer publiquement les États-Unis ou compromettre des partenariats de recherche avec eux.
Selon plusieurs expert·es et le rédacteur en chef du journal, cette situation représente cependant «une énorme opportunité pour les universités européennes». Il ne s’agirait pas seulement d’accueillir des scientifiques américains·es, mais aussi de récupérer des chercheur·euses qui ne voudraient désormais plus rejoindre les Etats-Unis pour tout ou partie de leur carrière.
Patrick Aebischer, ancien président de l’EPFL propose alors la solution suivante: combiner financement public et privé afin de transformer la fuite des cerveaux américains en avantage durable pour l’innovation helvétique.
L’Unil dans les médias
Transition écologique, comment passer du «on fait tout ce qu’on peut» à «on fait ce qu’il faut»?
Dans cet article publié dans le numéro spécial de la revue NOV’AE d’INRAE, le vice-recteur Transition écologique et campus de l’UNIL écrit comment une stratégie de transition écologique devrait être à la hauteur des enjeux dans une institution, en mettant en place des mesures comme :
- l’évaluation de la biosphère (Donut)
- l’assemblée citoyenne
- une feuille de route ambitieuse
Revue de presse Unil 27 octobre 2025
24Oct2025
Politique des hautes écoles
«Les statisticiens doivent s’engager pour une meilleure littératie des données»
Deux scientifiques de l’UNIL, Fabienne Crettaz von Roten, professeure, et Esther Eustache, première assistante de l’ ISSUL, ont écrit: «Il est essentiel que les statisticiens poursuivent et renforcent leurs efforts pour rendre les données accessibles et compréhensibles par tous. Mais encore faut-il leur en donner les moyens, la formation et la reconnaissance. Universités, administration, institutions de recherche: toutes doivent soutenir ces démarches, les valoriser dans les carrières, et encourager les collaborations entre statisticiens, journalistes et acteurs de la société civile. Il est de la responsabilité des scientifiques, mais aussi des décideurs, des médias et du système éducatif, de construire les conditions d’un dialogue entre les données et la population.»
«L’attention sera la supercompétence du XXIe siècle»
«L’UNIGE propose en janvier 2026 une microcertification de deux jours sur les compétences attentionnelles en milieu professionnel. L’occasion d’explorer les mécanismes de l’attention ainsi que les stratégies pour les renforcer.»
À la suite d’un article de Raphaël Zaffran, directeur adjoint du Centre pour la formation continue et à distance et codirecteur de la formation en question consacré au défi de la concentration à l’ère de l’économie de l’attention, il a été sollicité par plusieurs acteurs du tissu économique et social genevois. «Inquiets de l’érosion de l’attention au sein de leurs équipes, ils nous ont confirmé que cette problématique constituait une préoccupation grandissante.»
L’Égypte rejoint officiellement Horizon Europe
L’UE et l’Égypte ont officiellement signé un accord conclu en avril qui permet aux chercheurs et innovateurs égyptiens d’accéder à toutes les parties du programme.
La recherche universitaire devient-elle trop compétitive ?
«Les taux de réussite des principales subventions de recherche européennes sont en baisse, certains atteignant à peine quelques points de pourcentage, car l’augmentation du nombre de demandes dépasse largement les fonds disponibles. Les données recueillies par Nature montrent que les chercheurs, en particulier ceux qui sont au début de leur carrière universitaire, sont confrontés à une concurrence de plus en plus féroce pour poursuivre leur carrière dans la recherche.»
La France reste championne européenne des brevets dans la recherche publique
«Depuis vingt ans, la France occupe cette place de leader en termes de nombre de brevets déposés par des organismes de recherche publique. […] L’Office européen des brevets souligne d’ailleurs une caractéristique typique de la recherche française : le partenariat entre les différents organismes. Universités, organismes publics de recherche et hôpi taux universitaires sont fréquemment codemandeurs de demandes de brevets. De même, la France se distingue par le nombre de ses start-up associées à des demandes de brevets européens émanant d’organismes publics de recherche, d’universités ou d’hôpitaux universitaires […].»
Abus de pouvoir: Le cas Thomas Crowther
«Il était considéré comme un chercheur vedette : le climatologue rénommé Thomas Crowther a enseigné pendant sept ans à l’ETH Zurich, puis a dû quitter l’institution en raison d’accusations d’abus. L’affaire est close, mais elle en dit long sur le problème de l’abus de pouvoir dans les universités suisses.»
Le professeur avait enfreint à plusieurs reprises les règles internes dans différents domaines. De plus, il a exercé ses responsabilités de direction d’une manière qui contredit en partie les valeurs de l’ETH Zurich.
Tom Crowther est donc licencié au lieu d’être engagé cette année comme professeur à durée indéterminée à l’ETH. L’ETH a mis ensuite en place un système de signalement en ligne amélioré. Sur demande, elle précise également que les futur·es professeur·es sont aujourd’hui soumis à un examen plus approfondi de leurs compétences en matière de direction qu’il y a quelques années. Selon son expérience, il faut avant tout une chose pour lutter contre les abus de pouvoir dans les universités, explique la sociologue et politologue Margrith Hugentobler, co-fondatrice de l’organisation Speak up in Academia :«En fin de compte, le message doit venir du sommet : «Cela ne sera pas toléré chez nous.»»
France : «La refonte des études de médecine repoussée à 2027»
«Le gouvernement a lancé une « concertation nationale » pour refondre les études de santé en une voie unique. Le Sénat vient de donner le premier coup de pioche au système actuel, jugé trop complexe.»
L’Unil dans les médias
Expérimentation animale à la FBM: bilan 2024 et évolutions en cours
«Le nombre d’animaux utilisés dans la recherche biomédicale à l’Université de Lausanne et au CHUV en 2024 reste dans la lignée des tendances observées depuis dix ans. En parallèle, les expériences les plus contraignantes pour les animaux reculent, témoignant d’une évolution progressive des pratiques scientifiques.»
Revue de presse Unil 24 octobre 2025
23Oct2025
Politique des hautes écoles
«Les protocoles universitaires» : nouvelle recherche sur l’abus de pouvoir dans les universités suisses
«L’abus de pouvoir est nettement plus répandu dans les universités suisses que ne le laissent supposer les cas isolés retentissants rapportés ces dernières années», résume le journal d’investigation REFLEKT qui a publié les résultats d’une étude sur ce sujet. «En très peu de temps» 180 personnes ont répondu à l’appel de témoignages, 38 d’entre eux·elles ont été interviewé·es.
Les accusations des personnes interrogées vont «du harcèlement moral et des humiliations à la discrimination, au harcèlement sexuel et aux agressions. Une grande majorité d’entre elles décrivent des problèmes psychologiques résultant d’abus de pouvoir, le plus souvent des dépressions, des troubles du sommeil, des troubles anxieux et des crises de panique»
Les doctorant·es sont particulièrement exposé·es à ces problèmes. Les réponses révèlent des problèmes structurels dans le monde scientifique : «les hiérarchies rigides, les contrats à durée déterminée ou l’autonomie universitaire favorisent les abus de pouvoir et rendent les sanctions difficiles. De nombreuses victimes n’osent même pas signaler les incidents. Et lorsqu’elles osent le faire, les conséquences pour les professeurs sont rares.»
Les journalistes en viennent à la conclusion que les mesures prises par les universités (dont la plateforme anonyme de dénonciation de l’UNIL) «ne semblent remplir leur fonction que de manière limitée». (Reflekt)
«Les personnes qui décident des mesures à prendre ne sont pas neutres », critique Janet Hering, professeure émérite et ancienne directrice de l’institut Eawag dans le domaine des EPF. «Parfois, leurs décisions visent à protéger l’institution plutôt que les personnes concernées.» (SRF)
Sept universités américaines rejettent le «compact» de l’administration Trump
Le «Compact for Academic Excellence in Higher Education», élaboré par l’administration Trump et envoyé le 1er octobre à neuf grandes universités américaines, propose aux établissements d’enseignement supérieur un avantage financier en échange de leur adhésion à une série de critères idéologiques et administratifs.
Principales dispositions du pacte
Les universités signataires devraient :
-
Exclure tout critère démographique (sexe, race, religion, orientation sexuelle, etc.) dans les décisions d’admission, d’aide financière ou de recrutement.
-
Garantir une “neutralité institutionnelle” et supprimer les structures jugées hostiles aux idées conservatrices.
-
Interdire aux employés de s’exprimer publiquement sur des sujets politiques ou sociaux, sauf à titre personnel.
-
Définir les notions d’“homme” et de “femme” selon les fonctions biologiques et reproductives.
-
Rendre gratuites les études en sciences dures dans les universités disposant d’un fonds de dotation supérieur à 2 millions de dollars par étudiant.
-
Déclarer toute source de financement étranger.
Ce pacte a été envoyé à : l’Université de Pennsylvanie, de Virginie, d’Arizona, du Texas à Austin, de Californie du Sud, Vanderbilt, Dartmouth, Brown et le MIT.
Réactions et controverses
La Maison-Blanche a défendu l’initiative, déclarant que refuser le pacte revenait à “céder aux bureaucrates de gauche radicale.”
Mais plusieurs universitaires ont dénoncé une atteinte grave à la liberté académique. Simon Marginson (Université d’Oxford) a estimé que le pacte instaurerait un niveau de contrôle fédéral inédit sur la pensée nationale.
Le 12 octobre, Donald Trump a élargi l’offre à toutes les universités américaines via Truth Social.
Réponses des universités (au 20 octobre)
Toutes les universités sollicitées ont rejeté le pacte :
-
MIT (10 octobre) : le texte viole la liberté d’expression et l’indépendance universitaire.
-
Brown University (15 octobre) : le pacte menace la gouvernance autonome et la liberté académique.
-
University of Southern California (16 octobre) : il compromettrait la recherche et la libre pensée.
-
University of Pennsylvania (16 octobre) : l’université réaffirme son engagement pour le mérite et la coopération scientifique avec l’État.
-
University of Virginia (17 octobre) : tout financement conditionné à des critères non fondés sur le mérite nuirait à l’intégrité scientifique.
-
Dartmouth University (18 octobre) : l’ingérence politique, qu’elle vienne de droite ou de gauche, est inacceptable.
-
University of Arizona (20 octobre) : a proposé une alternative, un “Statement of Principles” pour un dialogue sur les relations entre universités et gouvernement fédéral.
En résumé : Sept sur les 9 universités adressés en premier ont refusé le “compact”, qu’elles jugent contraire à la liberté académique, à l’autonomie institutionnelle et à l’indépendance scientifique. (Eos)
La recherche sans le grand frère américain
Le journaliste de la NZZ Michael Brendler explique que les récentes coupes budgétaires aux Etats-Unis dans la recherche ont permis de mettre en avant les dépenses importantes que le pays a fait dans la recherche, en comparaison aux minces investissements de l’Europe. Selon le journaliste, à l’heure où «le pays ne comprend plus pourquoi il doit assumer seul les coûts de la recherche», c’est à l’Europe de prendre la relève aujourd’hui.
Concernant les investissements américains, le journaliste note particulièrement que :
- maintes fois, les Etats-Unis prenaient même en charge des coûts d’études réalisées sur des patient·es européen·nes;
- les Etats-Unis prenaient le plus souvent l’argent en main afin de clarifier les grandes questions médicales dans les études, en particulier dans la recherche dite translationnelle, qui fait passer des connaissances du laboratoire au test sur patient·e;
- les coûts d’investissements sont sur des échelles totalement différentes entre les continents: 1,6 milliard de dollars américains pour élucider le mystère du Long Covid contre à peine 160 millions de dollars pour l’UE; 34,6 milliards de dollars américains dépensés pour la recherche en santé par les National Institutes of Health (NIH), avec 1,1 milliard de participation de la Commission européenne.
Le journaliste donne ensuite quelques conseils à l’Europe, certains selon les recommandations du rapport Heitor, dans le but d’assumer davantage de responsabilités dans la recherche médicale, en redéfinissant la relation avec les États-Unis:
- approcher les Américain·es et leur proposer de participer aux coûts de Pubmed et d’autres bases de données;
- participer au cofinancement des études médicales importantes et de grande envergure (ce qui pourrait être réalisé par un ensemble de pays et qui permettrait que l’Europe ait son mot à dire si les Etats-Unis décidaient soudainement d’abandonner);
- se concentrer sur les projets-clés individuels («actuellement, l’organisation se disperse trop en essayant de satisfaire tout le monde, en premier lieu tous les États membres»);
- favoriser la concurrence au lieu de la distribution de fonds non ciblée;
- investir dans l’infrastructure de recherche (laboratoires, grands appareils, …);
- prendre des risques.
«Horizon Europe doit rester civil»
Jan Palmowski, secrétaire général de la Guilde des universités européennes à forte intensité de recherche, estime qu’il existe de meilleures façons pour l’Union européenne de financer la recherche militaire que d’intégrer celle-ci au programme Horizon Europe.
La Commission européenne propose en effet qu’à partir de 2026, le programme Accelerator du Conseil européen de l’innovation (EIC) puisse financer des technologies de défense. Cela mettrait fin à quarante ans de financement strictement civil dans les programmes européens de recherche. La Commission envisage aussi d’ouvrir le prochain programme-cadre (FP10, dès 2028) à la recherche à double usage (civil et militaire).
Jan Palmowski identifie cinq problèmes majeurs :
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Risque de détournement de budget : la recherche militaire et duale coûte plus cher et absorberait des fonds destinés à la recherche civile. De plus, des instruments comme le Fonds européen de défense (FED) ou le futur Fonds européen de compétitivité (ECF) existent déjà pour soutenir ces activités.
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Exclusions internationales : les projets de défense seraient limités aux entités de l’UE, de l’EEE et de l’Ukraine, excluant des pays partenaires comme le Royaume-Uni ou la Suisse. Cela réduirait l’ouverture scientifique et la coopération internationale.
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Atteinte à la science ouverte : les projets dual-use pourraient restreindre la publication des résultats au nom de la sécurité, remettant en cause dix ans d’efforts pour une recherche ouverte et transparente.
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Déséquilibre entre recherche fondamentale et appliquée : Horizon Europe est déjà très orienté vers l’innovation appliquée. Intégrer la défense accentuerait encore ce déséquilibre, au détriment de la recherche fondamentale.
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Impact sur la communauté scientifique : la participation à des projets explicitement militaires pourrait bouleverser l’identité et les valeurs des chercheurs européens.
M. Palmowski conclut que, dans un contexte géopolitique tendu, il est compréhensible que la Commission mette en avant la dimension militaire. Mais il regrette qu’elle n’affirme pas aussi fortement la valeur civile de la recherche européenne. Il appelle donc à préserver le caractère civil de Horizon Europe et à ouvrir un débat urgent sur les implications d’un virage vers la recherche duale ou militaire.
Ignazio Cassis inaugure l’Albert Einstein School of Public Policy à l’EPFZ
L’EPFZ a inauguré son Albert Einstein School of Public Policy, un centre interdisciplinaire qui associe politique, sciences naturelles et technologie et l’administration publique afin de relever les plus grands défis sociaux de notre époque.
«C’est plus facile à dire qu’à faire», note la NZZ. En effet, comme l’a fait remarquer le Conseiller fédéral des Affaires étrangères Cassis dans un discours, les scientifiques sont du «type Excel», tandis que les politiciens sont du «type Word». Les deux dépendent l’un de l’autre. «La science sans politique est inefficace, la politique sans science est désorientée», a déclaré Cassis. Néanmoins, la science ne doit pas devenir politique. Et la politique doit continuer à peser le pour et le contre afin de transformer les connaissances en actions.
La venue du Conseiller fédéral était l’occasion d’une petite manifestation pro-palestinienne devant le bâtiment, qui s’est tenue «sans incidents».
- rôle des scientifiques
- collaboration hautes écoles – politique
- collaboration hautes écoles – institutions de droit public
- conflit israélo-palestinien
«Où va la spirale des hautes énergies du CERN?»
Jacques Grinevald, philosophe et historien des sciences, et Philippe de Rougement, député des Vert·es au Grand Conseil genevois, tout deux membres du Réseau objection de croissance de Genève (ROC-GE), critiquent dans les colonnes du Courrier le projet du «futur collisionneur circulaire» (FCC) du CERN. Ils dénoncent en particulier ses impacts environnementaux, ses impacts sociaux, «la pulsion de domination et du phénomène de foi dans la science» au détriment de la nature. Ils critiquent également un aspect procédural anti-démocratique du projet: le fait qu’en date du «9 décembre 2020, le Conseil d’Etat demande au conseiller fédéral Parmelin d’élaborer un plan sectoriel qui serait «de nature à diminuer les procédures de recours»».
108 collaborateur·ices demandent une résiliation totale des partenariats de la HES-SO avec Israël
«Un e-mail signé par 108 collaborateur·ices du réseau des Hautes Ecoles de Suisse occidentale (HES-SO) dénonce la «demi-mesure» prise par le rectorat concernant ses partenariats israéliens. Les signataires exigent la résiliation de toutes ses collaborations problématiques.» Fin août dernier, la HES-SO annonçait la suspension du partenariat entre la HEAD et l’école d’ingénierie et de design Shenkar à Tel Aviv (Voir: [01.09.2025 – «La HES-SO se détache d’Israël»]). Mais, «d’autres partenariats dits «non actifs» entre la HEAD et l’ECAL avec l’Institut technologique de Holon (HIT) et l’académie d’arts et de design Bezalel, ainsi qu’un accord entre l’ECAL et l’école d’ingénierie et de design Shenkar n’ont pas fait jusqu’ici l’objet de communication de la part de la HES-SO.» (Le Courrier)
Interpelée, la HES-SO affirme que la suspension et non pas la résiliation des accords entre la HEAD et l’école d’ingénierie et de design Shenkar à Tel Aviv «tient à la volonté de maintenir une méthodologie rigoureuse et réévaluable, dans le cadre de relations académiques, plutôt qu’une réaction politique». Quant aux autres partenariats, la HES-SO déclare qu’ils sont actuellement en réactualisation, qui mènera «de fait à une non-reconduction ou à une résiliation».
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 23 octobre 2025
22Oct2025
Politique des hautes écoles
«Plus de 3000 médecins exerçant en Suisse n’ont pas de diplôme reconnu»
Le décès d’un patient de 22 ans en psychiatrie, où la pénurie de personnel qualifié est particulièrement marquée, suite à une erreur de médication, soulève désormais des questions sur la formation des médecins. Son médecin exerçait sans diplôme reconnu en Suisse.
Environ 40% des médecins exerçant en Suisse viennent de l’étranger, dû à la pénurie de praticien·nes. Cependant, le nombre de ces médecins exerçant sans diplôme reconnu en Suisse augmente fortement depuis plusieurs années. Plus de 3’100 seraient actuellement enregistrés, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Les diplômes étrangers reconnu par la Suisse sont ceux des pays de l’UE et de l’AELE, les autres ne bénéficiant d’aucune reconnaissance. «Malgré cela, ces médecins sont autorisés à exercer ici.»
A propos de ce qui est autorisé en Suisse, les avis divergent. Pour l’Office fédéral de la santé publique, les médecins non reconnus devraient toujours travailler sous surveillance. Pour le département argovien de la santé et des affaires sociales, celles- et ceux-ci pourraient «prendre des décisions autonomes en tenant compte de leurs connaissances et de leur expérience». «Ce qui est certain, c’est que les cliniques et les hôpitaux bénéficient d’une très grande marge de manœuvre pour engager des médecins dépourvus de diplômes ou de titres de spécialiste reconnus», notent les journalistes. L’avocat Gregori Werder, spécialisé dans le droit de la santé et le droit du personnel, estime que ce domaine, particulièrement sensible pour les patient·es, souffre d’un flou réglementaire, en l’absence de directives précises. D’après lui, les cliniques bénéficient d’une grande liberté pour juger de l’aptitude professionnelle.
Pas de nouvelles de Roger Köppel et de son «tour» dans les universités suisses
Un mois après son annonce du concept «Köppel on Campus», une sorte d’imitation des débats de Charlie Kirk avec les étudiant·es suisses sur des sujets controversés, Roger Köppel, ancien conseiller national UDC et éditeur en chef de la «Weltwoche», n’a toujours pas annoncé de dates pour ses séances de débat.
Le média Nau.ch fait état de demandes régulières d’étudiant·es désireux·euses de connaitre les dates du début du tour. Le média «n’a connaissance jusqu’à présent que d’une seule université ayant reçu une demande de visite du campus: l’université de Zurich, où [Roger] Köppel a étudié la philosophie politique et l’histoire». Le porte-parole de l’université de Zurich annonce que «le service des manifestations de l’UZH discutera prochainement du concept et des conditions-cadres avec Monsieur Köppel.» Les universités de Berne, Bâle et Lucerne ainsi que l’ETHZ déclarent de leurs côtés qu’aucune demande n’a encore été reçue à ce sujet.
Voir: [16.09.2025 – «Köppel on Campus»: promouvoir la culture du débat dans les universités suisses] et [18.09.2025 – «Köppel on Campus»: un format mal transposé pour la Suisse, auxquels les étudiant·es semblent ouvert·es]
Des activistes perturbent la conférence d’un professeur israélien à l’Université de Bâle
Vendredi dernier, une vingtaine d’activistes propalestinien·nes de «Basel4Palestine» ont perturbé une conférence donnée par le physicien invité israélien Yonathan Anahory. Ils·elles accusent le professeur de l’Université hébraïque de Jérusalem d’être complice d’Israël, son université coopérant avec les forces armées israéliennes.
Le département de physique a appelé la police, qui est intervenue après que les activistes soient parti·es. Le responsable de communication de l’Université Matthias Geering rejette catégoriquement le reproche de «complicité de génocide». L’Université de Bâle s’oriente dans les coopérations de recherche sur des arguments académiques et non politiques, dit-il.
«Feu vert de Bruxelles à l’accord sur la recherche avec Berne»
«Les Etats membres de l’UE ont donné mandat à la Commission européenne de parapher l’accord sur les programmes de recherche avec Berne. L’accord, sous l’acronyme EUPA, règle la participation suisse à Horizon Europe, à Erasmus+, à Euratom, à Iter (projet de réacteur de fusion internationale), à Digital Europe et à EU4Health. Il pose également les bases pour une éventuelle future participation à d’autres programmes de l’UE.» La signature devrait avoir lieu le 10 novembre à Berne. Pour permettre la mise en œuvre totale de l’EUPA, la Suisse devra avoir terminé pour fin 2028 le processus démocratique, qui déboucherait potentiellement sur une acceptation du paquet d’accords conclu avec Bruxelles. La participation de la Suisse à Horizon Europe est retroactive pour le début de l’année 2025, celle pour d’autres programmes européens interviendra progressivement, par exemple dès 2026 pour Iter et dès 2027 pour Erasmus+.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 22 octobre 2025
21Oct2025
Politique des hautes écoles
«L’Université de Fribourg innove avec un microcertificat sur la durabilité»
En collaboration avec la HEIA-FR, l’Université de Fribourg propose la nouvelle microcertification «Sustainability in Practice» «intéressantes pour le marché de l’emploi». Proposé à tous les étudiant·es de bachelor et master, ce diplôme a pour objectifs la maîtrise d’outils de diagnostic, de planification et d’évaluation pour aboutir sur un résultat concret.
L’Unil dans les médias
«Ils voulaient empêcher notre cours»
Jacques Ehrenfreund, professeur d’histoire juive à l’Université de Lausanne, revient dans une interview sur l’occupation de l’UNIL en 2024 par des activistes pro-palestinien·nes. «L’Université de Lausanne est en quelque sorte le centre du militantisme pro-palestinien en Suisse.», avance le journaliste Rico Brandle.
Jacques Ehrenfreud décrit une atmosphère hostile sur le campus, marquée par des slogans niant le droit d’Israël à exister et un climat d’intimidation à l’encontre des étudiant·es juif·ves. Lors d’une conférence qu’il devait donner avec un collègue islamologue sur les origines du conflit, des militant·es auraient tenté d’empêcher la tenue du cours. Par la suite, ses interventions ont dû être surveillées par la sécurité.
Par ailleurs, plusieurs étudiant·es juif·ves de l’Université de Lausanne lui auraient confié qu’ils (ou elles) ne souhaitaient plus étudier dans certaines facultés. Il existerait un problème fondamental dans les universités, en particulier dans les sciences sociales : le manque de diversité politique. «On insiste toujours sur l’importance de la diversité en termes de couleur de peau, d’origine ou d’orientation sexuelle. Mais le problème réside dans le manque de diversité des opinions politiques. Dans certains domaines universitaires, celle-ci a complètement disparu au cours des dernières décennies.» Il mentionne par exemple les études post-coloniales, «idéologie centrale de la gauche occidentale», qui ignoraient l’histoire juive et l’islamisme. Il avance qu’il serait urgent de remédier à ce manque de diversité idéologique, tout en respectant l’autonomie de l’université.
Revue de presse Unil 21 octobre 2025
Accord extrajudiciaire entre la rédaction de la NZZ et l’historien Bernhard C. Schär
En septembre dernier, le journaliste Rico Bandle de la NZZ a remis en question la qualité scientifique d’une étude du chercheur Bernhard C. Schär, accusant notamment ce dernier d’avoir «à plusieurs reprises fait l’objet de graves erreurs scientifiques». Le chercheur s’est opposé fermement à ces accusations, qu’il qualifie d’«insoutenables» et d’«attaque grave» contre sa réputation. Pour rappel, face à cela, quelques 670 professeur·es, chercheur·euses et personnes privées de Suisses et d’ailleurs l’ont soutenu à travers deux lettres ouvertes.
Suite à un accord extrajudiciaire, la NZZ s’est engagée à publier une réponse le 16 octobre dernier. Il y précise qu’il n’est pas possible de prouver qu’il y a une «erreur scientifique» à propos de l’étude en question. Les «erreurs scientifiques graves sont des manipulations de données avérées, le plagiat ou la falsification délibérée de résultats de recherche. Rien de comparable ici». L’affirmation selon laquelle «ce n’est pas la première fois que des erreurs scientifiques graves sont prouvées» à l’encontre du chercheur est également qualifiée de fausse. «Il est vrai que des erreurs scientifiques ne lui ont jamais été prouvées».
La NZZ n’a pas commenté cette réponse.
«La Vortex Race attire l’attention des médias internationaux»
«Jeudi dernier, pour sa 5e édition, cette course unique en son genre a rassemblé plus de 2000 participants sur le campus de l’Université de Lausanne, attirant l’attention de médias internationaux comme CNN et France 3.»
20Oct2025
Politique des hautes écoles
Des activistes interrompent une conférence à l’Université de Saint-Gall
Quatre activistes pour le climat ont interrompu une conférence à la HSG de Saint-Gall donnée par l’investisseur Urs Wietlisbach, co-fondateur de Partners Group. Ils·elles ont accusé l’intervenant à l’image publique de philanthrope vert de n’investir que des sommes modestes dans des solutions durables, au profit des grandes investissements dans les énergies fossiles. Les manifestant·es ont également attiré l’attention sur l’Initiative pour l’Avenir des Jeunes socialistes.
La hausse des taxes d’études, une question d’équité envers la formation professionnelle
Dans une tribune ouverte de la NZZ, Werner Inderbitzin défend l’augmentation des taxes d’études dans les hautes écoles. Selon lui, elles répondent à une question d’équité compte tenu du «traitement très inégal» entre formation universitaire et formation professionnelle. Les propositions de doublement et quadruplement des taxes d’études sont selon lui «une augmentation modérée», dont les éventuelles difficultés sociales résultantes pourraient être palliées par le biais de bourses.
Il relève en particulier que l’obtention d’un bachelor dans une haute école spécialisée est financé par les pouvoirs publics à hauteur de 60’000 à 120’000 francs, des montants encore plus élevés dans les universités, alors que les étudiant·es paient en moyenne 1’500 francs par an. Dans une école supérieure, les étudiant·es paieraient elles- et eux-mêmes environ 15’000 francs pour l’apprentissage, et jusqu’à 40’000 francs pour certains brevets fédéraux (par exemple pour devenir entrepreneur en construction).
- différence entre HES et universités
- taxes d’études
- égalité – origine sociale
- égalité
- différence entre HES et formation professionnelle
L’Université de Genève pérennise ses repas à 5 francs
L’entreprise zurichoise SV Group est reconduite pour la gestion des cafétérias de l’UNIGE, garantissant notamment des repas étudiants à 5 francs pour au moins trois ans à partir d’août 2026, avec une possible extension de 5 ans. L’ancien modèle de repas à 5 francs mis en place n’étant pas économiquement viable pour les prestataires, les nouveaux contrats modifient la répartition des coûts: le contrat de bail est passé à celui d’une prestation de service, l’université prenant désormais à ses frais les investissements dans les cuisines et les salles. L’institution annonce vouloir faire appel à un prestataire externe indépendant afin de mesurer la qualité des repas via le Nutri-Score et l’Éco-score, ainsi que des indicateurs de durabilité sociale comme les salaires moyens des collaborateur·ices. L’Université réfléchit également à une éventuelle internalisation des structures de restauration, voulue par l’Assemblée de l’Université. Selon une étude de la Haute école de gestion de Genève, la reprise en gestion interne «est faisable, mais engendrerait un surcoût de plusieurs millions de francs. Une subvention annuelle d’aménagement et de fonctionnement de 5,5 millions et une enveloppe unique d’investissement de 3,5 millions seraient nécessaires», explique Marco Cattaneo, porte-parole de l’UNIGE. Un financement complémentaire du Département de l’instruction publique serait alors nécessaire à cette mise en place.
La gestion des distributeurs automatiques sera également à nouveau confiée à l’entreprise Dallmayr. Le café sera maintenu à 1 franc, et les machines seront plus durables.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 20 octobre 2025
17Oct2025
Politique des hautes écoles
Aux Etats-Unis, un enseignant poussé à l’exil
«Mark Bray, historien de l’antifascisme à l’Université Rutgers, a déménagé en urgence en Espagne avec sa famille après avoir été pris pour cible par les milieux d’extrême droite, dont l’organisation Turning Point USA, cofondée par l’influenceur ultraconservateur Charlie Kirk, assassiné le 10 septembre»
La rédactrice en chef de Nature plaide pour une science ouverte sur le monde
Magdalena Skipper, rédactrice en chef de Nature, estime que la science passe une période «difficile». Mais elle estime que «malgré la défiance et les faits alternatifs, les chercheurs restent parmi les professionnels les plus dignes de confiance. Il est donc important de se concentrer sur cette confiance et de la renforcer, en montrant non seulement ce que la science découvre, mais comment elle est faite. La transparence est la clé. Autre levier: la représentation. Les gens auront plus facilement confiance en des chercheurs qui leur ressemblent. Mettre en avant les femmes, les personnes de couleur et celles issues de milieux sous-représentés est essentiel pour renforcer la crédibilité et la légitimité de la science dans le contexte actuel.»
«L’épineuse question de la souffrance dans l’expérimentation animale»
«Le nombre d’expérimentations animales avec un degré de souffrance maximal n’avait plus été aussi élevé depuis 25 ans. Alors que le peuple s’apprête à voter une nouvelle fois sur cette question sensible, immersion dans l’animalerie du Centre médical universitaire de l’Université de Genève.»
La Commission européenne prévoit un mécanisme d’alerte pour les cas d’utilisation abusive de l’IA dans le domaine scientifique
La Commission européenne prévoit de mettre en place un mécanisme qui aiderait les chercheurs à signaler leurs préoccupations concernant l’utilisation abusive de l’IA dans le domaine scientifique. Cela pourrait inclure la création d’un organisme indépendant ou d’un point de contact au niveau de l’UE chargé de gérer les cas de dénonciation («whistleblowing»).
Cette proposition générale a été bien accueillie par la communauté scientifique, même si des questions subsistent quant à l’approche adoptée.
Plusieurs universitaires demandent que les universités soient impliquées dans la création d’un tel mécanisme dès le début «afin de garantir que les règles soient réalistes, reflètent les conditions réelles de la recherche et respectent la diversité des cultures de recherche à travers l’Europe».
Ceci serait particulier important lorsqu’il existe un risque d’ingérence politique dans la recherche. «De nombreux partis populistes en pleine expansion à travers l’Europe développent une rhétorique anti-science et s’attaquent à certains domaines de recherche», déclare Julien Chicot, responsable de la politique de recherche et d’innovation à la Guilde des universités européennes à forte intensité de recherche. «Dans ce contexte [. . .], tout mécanisme de dénonciation devrait être activé par les chercheurs dans le cadre d’un débat scientifique plus large sur la qualité et l’intégrité de l’utilisation de l’IA dans la recherche. Sinon, la liberté de la recherche scientifique pourrait être menacée.»
swissuniversities : rétrospective 2020-2024 des projets et programmes
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 17 octobre 2025
Un nouveau Lab’ Santé et Droit à l’Unil
«Le Lab’ Santé et Droit, créé par les professeur·es Audrey Lebret et Frédéric Erard de l’Université de Lausanne, est un nouveau groupe de recherche et d’enseignement consacré à l’étude du droit de la santé et du vivant. »