Mobilisation d’une mère et de l’ex-recteur de l’UNIGE pour la recherche sur des maladies rares
Yves Flückiger et sa nièce Valérie, maman d’un petit garçon touché par une maladie génétique rare, se mobilisent pour faire connaître le syndrome de Silver Russel et améliorer sa prise en charge.
L’ancien recteur de l’Université de Genève et actuel président des Académies suisses des sciences Yves Flückiger explique pourquoi il est difficile de trouver du financement pour la recherche sur des maladies rares, même si 10% de la population sont touchés par une telle maladie.
Rudolf Strahm sur l’importance d’introduire les titres «professional bachelor» et «professional master»
Le conseiller national socialiste et surveillant des prix Rudolf Strahm, auteur d’un livre sur «l’académisation» croissante en Suisse [en 2014], estime que titre des diplômes gagnent en importance. «En Suisse, les diplômes professionnels supérieurs sont aujourd’hui déjà évalués au même niveau que le bachelor ou le master, selon le cadre national de qualifications. Mais presque personne ne le sait.»
Il plaide donc pour l’introduction des «professional bachelor» et «professional master». La semaine prochaine, la commission compétente du Conseil des États se penchera sur le message du Conseil fédéral concernant ce sujet. Une raison pour laquelle ces grades n’ont pas encore été introduits serait la réticence des universités.
«C’est honteux», affirme Rudolf Strahm. «L’Allemagne et l’Autriche ont déjà fait ce pas depuis longtemps», et cette idée aurait déjà le soutien des associations professionnelles et du Conseil fédéral.
«Outre la suffisance académique, les universités ont également un problème d’emploi pour leurs diplômés, en particulier dans les sciences humaines et sociales. Beaucoup ont du mal à trouver un emploi. 48 pour cent n’ont pas encore d’emploi fixe un an après l’obtention de leur diplôme ; après cinq ans, ils ne sont plus que 28 pour cent. C’est la raison pour laquelle ils s’accrochent tant aux titres comme argument de vente unique. Mais il est bien sûr embarrassant que les universités s’opposent à ce point à l’adaptation.»
«UniDistance pourrait devenir la première uni du Valais»
«Corinna Martarelli, vice-rectrice Enseignement, revient sur le parcours et les perspectives de l’institut d’enseignement à distance créé à Brigue». Elle parle également des étudiant·es, qui ont 38 ans en moyenne, et les méthodes accompagnant l’enseignement, qui est désormais 100% en ligne.
Par ailleurs, Unidistance a commencé à faire de la recherche en 2017, et aujourd’hui, 25 professeurs «maison» sont rattachés à UniDistance.» Le statut d’université lui permettrait d’accorder des titres de doctorat. Un avant-projet de loi a eu lieu pour la création de cette université à proprement parler.
Des scientifiques de l’EPFZ font de la recherche pour les forces armées américaines
L’Ecole polytechnique et l’Université de Zurich reçoivent USD 2,5 million, respectivement 1 millions de dollars du gouvernement américain. «Une somme négligeable si l’on considère que les scientifiques de l’université ont obtenu l’année dernière un total d’environ 362 millions de francs de subventions.» A l’EPFZ, beaucoup de projets ont un rapport avec la sécurité et la recherche militaire. L’EPFZ estime que ces projets relèvent de la recherche fondamentale et que les résultats sont publiés et ne sont donc pas uniquement à la disposition des Etats-Unis.
L’article mentionne que le Fonds national suisse finance également des projets de recherche à l’étranger et évoque l’impact de la politique du gouvernement Trump sur la recherche.
Mahmoud Khalil, figure du mouvement pro-palestinien sur les campus américains, a été libéré
«Figure clé des manifestations pro-palestiniennes sur le campus de l’université Columbia, Mahmoud Khalil a été libéré vendredi soir après plus de trois mois de détention sur ordre d’un juge américain qui s’est dressé contre l’administration Trump.»
«Il n’y a pour l’instant guère de signe d’un exode massif»
«Deux mois dans un laboratoire de pointe américain: l’étudiant en médecine et journaliste suisse Simon Maurer séjourne actuellement à l’U-Penn. Dans un entretien, il revient sur les ingérences politiques dans la recherche scientifique – et sur la solitude du quotidien.»
Victoire juridique partielle : les étudiants étrangers peuvent continuer à aller à Harvard
L’université américaine de Harvard peut pour l’instant continuer à accueillir des étudiants étrangers. C’est ce qu’a décidé un tribunal américain.
La juge compétente avait déjà bloqué il y a près d’un mois la décision du gouvernement américain concernant les étudiants étrangers à l’Université de Harvard. Elle a maintenant prolongé le blocage temporaire jusqu’à ce que l’affaire judiciaire correspondante soit tranchée.
Donald Trump annonce dans le réseau sociaux Truth social qu’il y a un accord qui se prépare avec l’Université de Harvard.
«Les universités et la guerre : Il s’agit de collaborer de manière responsable»
Le journaliste Joel Graf salue la démarche transparente de l’Université de Lausanne d’évaluer des collaborations avec des universités isréliennes sous l’angle éthique sans pour autant boycotter une institution ou une nation. Il s’agirait d’«une première dans le paysage universitaire suisse et pourrait bien avoir valeur de signal.»
Cette alternative est «une analyse sérieuse des risques en ce qui concerne les éventuelles violations des droits de l’homme et le respect du droit international. En fin de compte, il s’agit d’une coopération internationale responsable en matière d’éducation, de recherche et d’innovation – pas seulement au Proche-Orient, mais dans le monde entier.»
Paquet Horizon : le Conseil fédéral libère des moyens supplémentaires en faveur du financement direct pour les années 2021 à 2024
«En raison de la non-association de la Suisse au paquet Horizon pendant les années 2021 à 2024 (le paquet Horizon regroupe Horizon Europe, le programme Euratom, le programme pour une Europe numérique et ITER), le Conseil fédéral a adopté des mesures transitoires de financement direct pour chacune de ces années. Ce financement direct des chercheurs et innovateurs de Suisse continue de rencontrer une forte demande, qui se traduit par le dépôt d’un nombre particulièrement élevé de requêtes de projet. Pour y faire face, le Conseil fédéral a décidé le 20 juin 2025 d’allouer 75 millions de francs supplémentaires au financement direct […]»
Le Conseil européen de la recherche demande à devenir un organe européen permanent et autonome
Le 17 juin, le Conseil a envoyé à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et à la commissaire à la recherche, Ekaterina Zaharieva, une proposition visant à créer un Conseil eurpéen de la recherche (CER) indépendant. Jusqu’à présent, la lettre n’a pas été rendue publique.
Les doutes sur l’avenir d’un programme européen pour la recherche autonome («standalone») sont accrus ces derniers mois, alors que la Commission s’apprête à fusionner ses programmes de financement dans un nouveau fonds de compétitivité massif. L’arrangement actuel permet au CER de s’engager en faveur de l’excellence scientifique plutôt que de suivre les priorités politiques du moment.
.«Le CER ne vit pas dans le vide», a déclaré Marc Lemaître, responsable de la recherche à la Commission, en février.
«Pour survivre à la crise financière, les universités britanniques doivent adopter l’IA»
Les établissements d’enseignement supérieur du Royaume-Uni comptent de plus en plus sur les étudiant·es étrangers·ères pour compenser les déficits de financement national. Cette dépendance structurelle les rend particulièrement vulnérables aux fluctuations de la demande des étudiants étrangers, qui peuvent être affectées par d’autres objectifs politiques. (Rapport du Tony Blair Institute)
Alexander Iosad, directeur du Gouvernment innovation policy du Institut Tony Blair, estime que si les universités souhaitent survivre à la crise, elles doivent adopter l’IA. «Les tâches qui peuvent être automatisées ou augmentées font partie de celles que le personnel universitaire accomplit jour après jour. […]
«Notre analyse des tâches de centaines d’organismes du secteur public montre que, même si leurs missions sont différentes, l’IA a un rôle commun à jouer pour les aider à s’engager auprès des personnes qui utilisent leurs services, à gérer leurs opérations de back-office et à prendre de meilleures décisions.
[…] «Les tâches que l’IA peut automatiser ou augmenter sont parmi celles que le personnel universitaire accomplit jour après jour : dialoguer avec les étudiants, dans la salle de classe ou en dehors», [des étudiants] actuels ou potentiels ; gérer l’administration et hiérarchiser les interventions pour soutenir le personnel ou les apprenants ; prendre des décisions difficiles pour définir et mettre en œuvre des stratégies institutionnelles.»
«Un lanceur d’alerte scientifique risque une condamnation pour diffamation»
«Un chercheur de l’EPFL avait dénoncé des incohérences dans les travaux d’un professeur jordanien. Lors de l’audience, l’ex-président de l’institution [Martin Vetterli] a rappelé l’importance de la «validation par les pairs».»
Diversité et réussite dans l’enseignement supérieur
Soutenue par les HES-SO, la HETSL a publié un guide pratique pour les étudiantes et étudiants, enseignantes et enseignants, et directions d’institutions pour favoriser l’inclusion et la diversité dans l’enseignement supérieur.
Ce livre est le fruit d’une vaste recherche menée en Suisse romande sur l’inclusion dans les HES, mettant en lumière les défis que rencontrent les étudiant·es ayant des besoins éducatifs particuliers (BEP) dans leur parcours académique.
«Dans les détails, le chapitre du guide consacré aux étudiants énumère dix difficultés souvent rencontrées: sommeil et repos, concentration, gestion du stress et de l’anxiété, expression orale, rédaction, examens, prise de notes, intégration sociale, organisation et gestion du temps, stages et formations pratiques.» (Tribune de Genève)
Par ailleurs, l’Université de Zurich veut supprimer les barrières existantes dans l’organisation et le quotidien universitaire des personnes handicapées. Dans le cadre d’une consultation largement soutenue, 18 mesures ont été élaborées à cet effet. (Universität Zürich)
La Commission européenne cherche à établir des liens entre les fonds de recherche civils et militaires
La Commission européenne souhaite faciliter le passage des projets de recherche et d’innovation entre les programmes civils et militaires. «Nous ne devrions pas seulement nous intéresser au double usage dans le cadre du programme de recherche civil, mais aussi à la manière dont les programmes de recherche civile et de défense européenne devraient mieux interagir », a déclaré Manuel Aleixo, membre du bureau de la commissaire à la recherche Ekaterina Zaharieva, lors d’une conférence de Science|Business consacré à la sécurité et à la défense.
La Commission a récemment proposé d’introduire une dérogation à l’orientation exclusivement civile d’Horizon Europe pour permettre au programme Accélérateur du Conseil européen de l’innovation de soutenir les technologies à double usage. Cette idée est actuellement examinée par le Parlement européen et le Conseil.
«Un guide pour accompagner l’expression publique des scientifiques du CNRS»
«Afin d’aider les personnels scientifiques qui le souhaitent dans leurs prises de parole médiatiques, le CNRS leur propose un guide de l’expression publique. Véritable boîte à outils, ce document s’appuie sur les recommandations du Comité d’éthique du CNRS et sur les attentes de ses communautés scientifiques exprimées à l’occasion d’une enquête réalisée en mars 2024.»
«Des étudiants suisses toujours dans l’attente d’un visa pour les Etats-Unis»
«Certains étudiants suisses ne savent toujours pas s’ils pourront partir étudier dans les universités américaines où ils ont été acceptés.» Mais au moins le Département d’Etat devrait reprendre le traitement des demandes, suspendu depuis fin mai.
«Les coupes budgétaires dans le domaine de l’éducation et de la recherche [aux Etats-Unis] pourraient également remettre en question les partenariats entre des universités suisses et américaines.»
Un nouveau bâtiment pour la Haute école pédagogique à Chavannes-près-Renens
«Le Conseil d’État sollicite un crédit d’investissement de 62,86 millions de francs pour la construction d’un bâtiment destiné à la Haute école pédagogique (HEP) sur le site des Côtes de la Bourdonnette à Chavannes-près-Renens. Prévu pour 2028, ce projet vise à répondre à la croissance continue des effectifs de l’institution et à accompagner les travaux à conduire dans son siège historique de la Campagne des Cèdres. Conçu comme une solution transitoire, l’édifice se distingue par sa modularité et pourra être affecté à d’autres usages publics à terme.»
Les universités anglaises n’ont pas le droit d’appliquer des interdictions générales de manifester pour les étudiants
Les directives publiées par l’Office for Students (OfS) rendront plus difficile pour les universités de pénaliser les étudiant·es et le personnel pour tout ce qui n’est pas un discours illégal ou du harcèlement.
Toutefois, des expert·es ont déclaré que ces orientations ne tenaient pas compte de la complexité de l’équilibre entre la liberté d’expression et les activités qui ont un effet dissuasif sur les étudiant·es ou le personnel.
Le classement mondial des universités QS 2026 est sorti. Voici le classement pour les universités suisses selon leur rang:
7: ETH Zurich (=7 par rapport au classement de 2025)
22: EPF Lausanne (26 en 2025)
100: Université de Zurich (109 en 2025)
155: Université de Genève (= en 2025)
158: Université de Bâle (131 en 2025)
184: Université de Berne (161 en 2025)
212: Université de Lausanne (224 en 2025)
473: Università della Svizzera italiana (USI) (405 en 2025)
642: Université de Fribourg (539 en 2025)
801-850: Zurich University of Applied Sciences (ZHAW) (781-790 en 2025)
Par rapport à l’année dernière parmi ces 10 universités suisses 3 sont montées, 5 descendues, tandis que 2 restent stables. L’ETH Zurich est désignée deuxième université au monde pour le développement durable. (prnewswire.com)
Les facteurs déterminants du classement de l’ETH Zurich sont sa grande réputation auprès des scientifiques du monde entier, le nombre de publications citées et le caractère international de ses chercheur·euses. L’indicateur pour lequel l’ETH Zurich est la moins bien classée est le taux d’encadrement, qui mesure le rapport entre le nombre d’enseignant·es et d’étudiant·es. (ETH Zürich)
Le Times Higher Education (THE) a sorti son Impact Ranking 2025, qui classe les universités selon leurs avancements dans le sens des objectifs de développement durable, définies par les Nations unies. L’université australienne Western Sydney est numéro un pour la quatrième année consécutive.
Les hautes écoles suisses qui ont participé à ce classement:
L’administration Trump remporte sa première grande victoire dans sa lutte contre l’enseignement supérieur
L’administration Trump a remporté sa plus importante victoire juridique dans son vaste effort de remodelage de l’enseignement supérieur américain, lorsqu’un juge fédéral a rejeté lundi une action en justice menée par des groupes de membres de la communauté universitaire sur les coupes du gouvernement dans le financement fédéral de l’Université de Columbia.
L’Université de Bâle recevra plus d’argent des deux cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne
L’université soutenue par les deux cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne recevra plus d’argent : au total, les deux Bâle veulent injecter 1,504 milliard de francs au cours des quatre prochaines années, soit 11% de plus que pour la période de prestations qui s’achève, de 2022 à 2025.
Les fonds alloués sont légèrement inférieurs aux demandes de l’université, qui avait demandé 1,593 milliard de francs. Les gouvernements n’ont pas reconnu, entre autres, la demande de l’université visant à ce que les deux Bâle supportent le manque à gagner lié au nouvel accord intercantonal universitaire (AIU), par exemple. La rectrice Andrea Schenker-Wicki est néanmoins satisfaite.
L’augmentation des contributions cantonales par rapport à la période précédente s’explique notamment par le renchérissement. De plus, la valeur du bâtiment du nouveau biocentre, plus élevée que celle prévue, qui était de 408,6 millions de francs au moment de l’emménagement, entraîne des amortissements plus importants.
En effet, l’Université de Bâle est une université chère en comparaison nationale – la troisième plus chère après les deux EPF en termes de dépenses par étudiant. Cela s’explique en partie par son profil d’université de recherche avec un accent sur les sciences de la vie, qui nécessitent des infrastructures et des coûts élevés. A l’inverse, l’Université de Bâle génère également les revenus par étudiant les plus élevés de toutes les universités soutenues par les cantons.
Une lectrice de la Tribune de Genève qualifie les décisions des Université de Genève et Lausanne de mettre fin à leurs liens avec l’Université hébraïque de Jérusalem (HUJI) de «positions plutôt courageuses» dans un contexte de pressions penchant pour une position de neutralité. Elle voit dans ces gestes «une manière non violente de signaler un refus de participer à ce qui se passe à Gaza et de l’accaparement de terres en Cisjordanie».
«Les universités devraient être bouleversantes – résistons aux appels au conformisme»
Michael Schaepman, président de l’Université de Zurich, souligne l’importance d’engager des scientifiques excellent·es qui ont des idées qui ne sont pas alignées sur les attentes et les hypothèses existantes: «les universités devraient être bouleversantes»
Par ailleurs, «Il ne devrait pas exister de position collective pour une université, car c’est la controverse qui devrait déterminer les valeurs fondamentales de l’université. […] J’observe un danger majeur : en tant qu’universités, nous mélangeons les scénarios juridiquement possibles avec le politiquement correct lorsque nous discutons de la neutralité institutionnelle. Et suite à l’ingérence politique actuelle, il y a une tendance à reporter la responsabilité politique sur la science. Il semble qu’il y ait des avantages politiques à interférer avec la neutralité institutionnelle. Il est suggéré de positionner les universités de manière à ce qu’elles respectent le «silence institutionnel». Quoi qu’il en soit, nous devons défendre notre mission principale.»
Il évoque également les difficultés de gérer une université:
«Dans une situation de crise, où le rôle d’un recteur ou d’un président d’université est souvent demandé par la base («bottom-up)» pour être celui d’un directeur général agissant par le haut («top-down») (mais certainement seulement dans les limites de la compréhension par les demandeurs des décisions à prendre), le principe de réciprocité de la direction sans autorité formelle est violé unilatéralement par la base (bottom-up)).»
«Un ex-étudiant dénonce les méthodes «douteuses» de l’école des avocats genevois»
«A Genève, l’école d’avocature (ECAV) est un passage obligé pour celles et ceux qui souhaitent obtenir leur brevet. Ce mercredi, un ancien étudiant dénonce un système autoritaire où toute remise en question est étouffée. Contactée, l’institution réfute ces accusations.»
Nouvelles directives éthiques pour l’expérimentation animale en Suisse
L’ASSM s’engage pour que les expériences sur les animaux soient réalisées dans le respect des plus hauts standards de bonnes pratiques de recherche et de manière responsable du point de vue éthique. En collaboration avec la SCNAT, elle est responsable de la Commission pour l’éthique dans les expérimentations animales (CEEA). Celle-ci a revisé un guide éthique non-contraignant sur l’expérimentation animale.
Les missions des facultés seront reécrits à la Sorbonne ces six prochains moins, car «elles n’ont aucune existence juridique».
«Un point-clé sera alors à trancher : les doyens resteront-ils élus ou seront-ils nommés par la présidence de l’université ?»
Deux visions, s’affrontent : il y a un camp en faveur d’une centralisation, «parce que avoir plusieurs niveaux électoraux – universitaire, facultaire et unités de formation et de recherche – pose problème» pour gérer l’ensemble de l’université, et un autre qui souhaite garder les facultés indépendantes. Dans l’autre camp, les facultés ont chacune leur projets et voient dans la présidence un rôle limité aux relations avec le ministère et à la représentation extérieure de l’université.
« Ce qui ne devait être qu’une formalité administrative se fera sous tension: polémiques, émotions et interventions politiques ont donné des couleurs d’incendie à cette élection universitaire. En cause: la gestion de la direction actuelle, souvent critiquée. Plusieurs professeurs parlent, sous le couvert de l’anonymat, de «climat de terreur». Le rectorat se défend contre ces accusations.»
18.06.2025 – Le Temps – Un recteur désigné dans un climat tempétueux
Publication de la charte «Prévenir les abus de pouvoir dans les sciences historiques»
La fédération des historien·nes allemandes VHD a publié une charte pour prévenir des abus de pouvoir dans ce domaine. Un sondage anonyme réalisé durant l’hiver 2024/25, auquel ont participé environ 600 personnes dans le domaine des sciences historiques sert de base empirique de la charte. Parallèlement, les résultats de l’enquête ont été publiés.
La Suisse prendra le relais de la présidence d’Eureka
Dès le 1er juillet 2025, la Suisse prendra la tête du réseau Eureka pour un an, une initiative intergouvernementale promeut la coopération transnationale en matière d’innovation. «Mandatée par le Conseil fédéral, Innosuisse sera chargée de cette mission et pilotera les activités du réseau durant cette période. Fondé en 1985, Eureka rassemble aujourd’hui plus de 45 pays, ainsi que la Commission européenne. Chaque année, un pays membre assure la présidence tournante, offrant ainsi l’opportunité de façonner les priorités stratégiques et d’orienter les activités du réseau.»
Le personnel des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) organise un piquet de solidarité avec les soignant·es de Gaza durant trois jours, une occasion aussi pour faire circuler une pétition qui demande à l’institution, entre autres, de «briser le silence institutionnel et prendre position publiquement pour dénoncer les crimes commis à Gaza» et d’«ordonner un audit transparent et suspendre immédiatement les collaborations institutionnelles et académiques liées à des entités étatiques israéliennes associées à l’appareil militaire, sécuritaire ou technologique, tant que persiste le risque de complicité avec des crimes de guerre.
«Un criminaliste ou un économiste pour diriger l’Université de Lausanne dès 2026»
«Le Conseil de l’UNIL choisira entre le criminaliste Christophe Champod et l’économiste Jean-Philippe Bonardi. Le vote interviendra dans dix jours pour proposer un nom au Gouvernement vaudois. L’actuel recteur, Frédéric Herman, quittera ses fonctions après un seul mandat.»
«L’UNIL coupe les ponts avec l’Université hébraïque de Jérusalem: interview d’Oriane Sarrasin»
Oriane Sarrasin, chercheuse à l’UNIL, est invitée dans Forum dans le cadre de la décision de l’UNIL de cesser ses collaborations avec l’Université hébraïque de Jérusalem. Fin 2023, la chercheuse avait déjà décidé, à titre personnel, de refuser de collaborer avec cette institution, au vu de son fort soutien à l’action militaire dans Gaza.
Une des raisons pour laquelle elle est «réconfortée dans son choix» suite à une analyse de l’UNIL de la situation est qu’il y a une organisation qui demande aux étudiant·es de lister leurs professeur·es qu’ils et elles considèrent comme «anti-sionistes». Ces noms sont ensuite publiés en ligne. L’Université hébraïque de Jerusalem leur accorde des crédits pour ce «travail».
La chercheuse relève que ce qui est intéressant dans la décision de l’UNIL, est «l’approche cas par cas», qui analyse les actions des universités au niveau éthique. Elle souligne que ces problématiques éthiques de collaborations ne visent pas uniquement des institutions israéliennes, mais également d’autres pays et institutions.
L’ArtLab, le musée de l’EPFL qui avait l’ambition de «stimuler le dialogue dans les domaines de l’art, de l’ingénierie et des sciences humaines», va fermer ses portes pour le 7 juillet, à cause du chantier préparatoire pour la construction d’un nouvel auditoire de 1500 places sous l’esplanade adjacente: «Ces travaux généreront d’importantes nuisances au voisinage immédiat des pavillons, rendant les lieux inadaptés à la tenue d’expositions.»
«Au sein de la communauté, de nombreuses personnes interrogées voient dans cette disparition le symbole d’un retour prioritaire aux sciences dures, vocation première de l’école. […] Selon une récente communication interne, «la direction de l’école a décidé d’adapter les structures du domaine des humanités».» Le Collège des humanités (CDH) disparaîtrait de l’organigramme.
Béla Kapossy, Professeur ordinaire en histoire moderne à l’Université de Lausanne et ancien directeur du Collège des humanités de l’EPFL (2018-2022), regrette ce développement: «développer grâce aux humanités des compétences qui demeureront inaccessibles à l’IA me semble primordial, aussi pour les écoles polytechniques. Je crains qu’en supprimant le CDH, l’EPFL se prive d’un espace de créativité, de curiosité et d’imagination dont elle profitait, et dont elle aurait pu profiter à l’avenir.
«Comment l’Uni de Genève a rogné le pouvoir de son puissant syndicat étudiant»
Les relations entre l’Université de Genève et la CUAE, syndicat et association faitière des étudiant-es, sont tendues. L’année 2022 était marquée par plusieurs événements «émaillés de violences» impliquant deux fois des activistes transgenres et une fois des membres de groupuscules d’extrême gauche pour le troisième conflit, dirigé contre la Conseillère nationale Céline Amaudruz (UDC). «La CUAE, qui n’était pas formellement impliquée dans ces actions, […] avait apporté son soutien aux fauteurs de troubles, contre lesquels le rectorat avait menacé de porter plainte ou s’y était résolu.»
Depuis 2024, la CUAE ne représente plus à titre exclusif les associations d’étudiants des neuf facultés et treize centres interfacultaires de l’Unige auprès du rectorat, d’autres associations faitières ont été créées qui entretiennent des relations directes avec le rectorat. Par ailleurs, elles s’intéressent à des engagements en faveur de l’employabilité, contrairement à la CUAE, selon le vice-recteur du «vivre ensemble» Edouard Gentaz.
Un collaborateur parle également «d’épuisement institutionnel». Le journaliste de watson Antoine Menusier en vient à la conclusion suivante: «Face aux radicalités étudiantes, certains n’envisageant plus la possibilité du dialogue contradictoire sur quantité de sujets, le «vivre ensemble» promu par le vice-recteur Edouard Gentaz a tout de l’impérieuse nécessité tout en portant mal son nom.»
Une norme pour tracer et comparer les certifications
Par rapport à la jungle des formations continues, «la Fédération suisse pour la formation continue (FsEA) plaide pour une norme commune qui servirait à tracer et à comparer notamment les microcertifications. Un passeport de formation numérique est ainsi à l’étude.», affirme Véronique Kämpfen, de la FER Genève.
Alors que la session d’examens bat son plein à l’Université, les étudiants se pressent dès les premières heures pour trouver une place de travail à la «Banane». En juillet, l’annexe deviendra le seul espace ouvert, avec 300 places. La cafétéria restera aussi utilisable pour les révisions.
«Voici la lettre qui met fin à la collaboration entre l’Unil et Israël»
«Le recteur de l’Université de Lausanne, Frédéric Herman, a écrit une lettre que s’est procurée watson, dans laquelle il explique à la direction de l’Université hébraïque de Jérusalem pourquoi l’Unil rompt ses liens avec cette institution israélienne.»
[Les autres articles sur l’annonce du recteur hier se trouvent ici.]
Pression sur l’association d’Israël au programme Horizon Europe
Le mois dernier, l’Union Européenne a lancé une révision de son accord d’association avec Israël, qui sous-tend l’association à Horizon Europe et exige qu’Israël respecte les droits de l’homme. Les États membres de l’UE se sont de plus en plus opposés à Israël à la suite du blocus alimentaire imposé à Gaza et de la poursuite des frappes militaires dans la région. Au début du mois, les Nations unies ont indiqué que la ration alimentaire quotidienne de Gaza était tombée bien en deçà du seuil de «survie». Et l’année dernière, Nadera Shalhoub-Kevorkian, universitaire palestinienne de l’Université hébraïque de Jérusalem, a été arrêtée par la police et mise en examen pour terrorisme après avoir condamné l’attaque israélienne contre Gaza en la qualifiant de génocide.
L’UE pourrait décider d’interrompre la coopération dans certains domaines tels que Horizon Europe afin d’exercer une pression diplomatique, selon une note d’information du Parlement européen. Il suffit d’une majorité qualifiée pour suspendre la coopération en matière de recherche, par exemple.
Walter Rosenthal, président de la conférence des recteurs et rectrices des universités allemandes (HRK), affirme que les universités israéliennes sont une «force libérale et démocratique», et juge que les sciences en Israël devraient être soutenues par l’Union européenne. Une exclusion du programme Horizon Europe aurait comme conséquence que «cela affaiblirait considérablement la science israélienne dans sa capacité de performance et d’innovation reconnue au niveau international et porterait durablement atteinte à la voix importante de la raison scientifique en Israël, qui analyse, concilie et rassemble des perspectives et des intérêts différents».
Mais les détracteurs d’Israël estiment que l’UE devrait utiliser tous les outils à sa disposition pour faire pression. «Pour nous, il n’y a pas d’alternative si nous voulons faire pression», a déclaré Rudi Kennes, un eurodéputé belge du parti de gauche qui a lancé des appels à l’expulsion d’Israël. M. Kennes a déclaré qu’il avait de la sympathie pour les universitaires de l’opposition dont les collaborations scientifiques seraient affectées. Mais les boycotts et les sanctions seraient nécessaires pour changer la politique israélienne : «La seule chose qu’ils comprendront, c’est le jeu du pouvoir».
UNIGE: «une erreur morale doublée d’une lâcheté»
Un lecteur de la Tribune de Genève dénonce le choix de l’UNIGE de mettre fin à son partenariat stratégique avec l’Université hébraïque de Jérusalem (HUJI). Qualifiant ce geste d’«une erreur morale doublée d’une lâcheté», le lecteur affirme que «le courage eût été d’affirmer que l’université doit être un lieu d’indépendance de l’esprit et non de soumission, un lieu d’accueil et non d’exclusion, un lieu de dialogue et non d’imprécations».
Pour le lecteur, l’Université aurait dû mettre en avant certaines «valeurs exemplaires» de l’HUJI plutôt que de la «stigmatiser». Il rappelle notamment que sa vice-présidente est une femme arabe ; que le nombre de femmes arabes diplômées a doublé en Israël en dix ans ; et que les universités israéliennes comptent de nombreux enseignant·es critiques à l’égard de la politique de leur propre gouvernement. «[Certain·es] se demandent ce qu’ils pourraient faire en tant qu’universitaires pour mettre fin à la guerre», souligne-t-il, avant de citer l’exemple de Martin Buber, l’un des premiers titulaires de la chaire de sociologie et d’anthropologie à l’HUJI, «grand apôtre du dialogue israélo-arabe et d’une paix basée sur la reconnaissance mutuelle de deux États voisins».
L’EPFL porte plainte contre les militants ayant perturbé la fête de Vivapoly
Un groupe d’étudiant·es est accusé d’avoir scandé des «slogans antisionistes haineux» devant le stand de l’association Shalom, le 22 mai dernier, lors de la fête de Vivapoly. L’EPFL a déposé plainte.
Selon le 24 heures, «l’EPFL reconnaît que des «tensions et des divergences de points de vue» peuvent émerger au sein de sa communauté, «en particulier face à des événements complexes et sensibles sur le plan international», mais ne tolérera «aucune forme de discrimination. Dans sa lecture des événements, l’association étudiante Unipoly a dénoncé le fait que l’EPFL se distingue «une nouvelle fois par la violence faite à l’égard des étudiants soutenant la lutte du peuple palestinien».»
Inauguration de l’institut de langue juridique italienne à Berne
Un institut dédié à la langue juridique en italien a été inauguré à l’Université de Berne début juin. Le centre de compétence est unique au niveau européen.
L’initiative du projet vient de la professeure Iole Fargnoli, chargée de cours à la faculté de droit de Berne et directrice du nouvel institut. Elle souhaitait protéger et promouvoir l’italien en tant qu’outil de recherche et de dialogue juridique, aujourd’hui de plus en plus marginalisé au profit de l’anglais dans la culture juridique.
Les premiers objectifs du centre sont la rédaction d’un glossaire juridique en italien et la création d’un réseau de collaborations académiques. L’institut aimerait également renforcer les liens avec les institutions européennes. Il propose actuellement deux cours en langue italienne aux Université de Berne, Fribourg et Neuchâtel, destinés à des étudiant·es italophones en début et milieu de cursus, proposant respectivement un soutien linguistique et des outils pour une maîtrise sûre de la langue juridique italienne.
«Zurich prévoit plus de places d’études en médecine – que fait Berne ?»
L’objectif fixé il y a une dizaine d’années sera atteint cet automne : 1350 étudiant·es obtiendront leur diplôme de médecine. Toutefois, des médecins persistent à manquer.
Alarmé·es de la situation, les politiques zurichois·es ont exigé une augmentation massive des places d’études: 270 nouvelles places seront créées au plus tôt à partir de 2030 pour des coûts annuels de 80 millions de francs. «Le rapport du conseil d’administration zurichois parle également d’une chance : L’extension permettrait de mettre la formation à jour et d’établir l’Université de Zurich comme précurseur dans la formation médicale.» (Der Bund)
A l’Université de Berne, même si les ressources financières et humaines étaient disponibles, «avec l’infrastructure existante, nous ne pouvons pas offrir de nouvelles places dans un avenir proche sans que la qualité en pâtisse», déclare Roman Hari, doyen de la faculté de médecine de l’Université de Berne. Un nouveau bâtiment de formation, orienté sur les capacités actuelles, devrait être achevé d’ici 2039. Toutefois, une nouvelle augmentation progressive du nombre d’étudiant·es est «envisageable» au plus tôt à partir de 2031.
Les processus de sélection pour l’intégration à un cursus de médecine sont actuellement remis en question: est-ce que la sélection devrait se faire sur la base d’une règle uniforme pour toute la Suisse, afin de garantir l’égalité des chances ? Les compétences sociales et l’intelligence émotionnelle, absentes des tests d’aptitude pour les examens de numerus clausus, devraient-elles y être intégrées?
«Tant le nombre de places d’études que le type de procédure de sélection préoccupent désormais la Berne fédérale. […] Un groupe de projet coordonnera les travaux, comme le communique le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI). Les résultats de leur analyse seront présentés l’année prochaine au Conseil des hautes écoles.» (Der Bund)
Un centre d’accueil «insensible» contre le harcèlement sexuel à l’Université de Zurich
Fin mai, une manifestation de plus de 50 étudiant·es de l’Université de Zurich a dénoncé le manque de soutien aux victimes du centre d’accueil contre le harcèlement sexuel de l’université. L’association des étudiant·es de l’Université de Zurich (VSUZH) a rassemblé 13 plaintes contre le centre depuis 2022. Ayant proposé une série d’améliorations, aucune n’a jusqu’à maintenant été mise en place. Le groupe de travail «estime que l’offre du centre d’accueil doit être plus accessible. Le site web devrait indiquer plus clairement les possibilités et les droits des personnes concernées. A long terme, le groupe de travail a exigé de l’UZH une révision complète du règlement de protection contre le harcèlement sexuel, qui date de 2007.» (Tages-Anzeiger)
Les reproches sont particulièrement dirigées vers la directrice du centre, professeure émérite de droit pénal travaillant bénévolement. Son approche serait «trop juridique», la communication «difficile», et son ton serait «insensible». Mardi, le Tages-Anzeiger a publié le témoignage d’une victime qui explique ne pas avoir été prise au sérieux après avoir été harcelée à l’université. «Adapter le centre d’accueil, c’est la tâche de l’université, pas la mienne», répond la directrice. L’Université, elle, considère les critiques à l’encontre de la responsable «infondées».
La VSUZH dénonce finalement un manque de moyens de l’université envers le centre (qui a traité 40 cas l’an dernier) , la directrice étant bénévole. Le 20 minutes compare cette situation à celle de l’UNIL, dont le dispositif Aide UNIL se compose d’une déléguée à plein temps, d’une adjointe à temps partiel, aidées par 2 auxiliaires. (20 minutes)
L’Université de Genève accusée d’avoir cédé face à des «agitateurs»
«La dénonciation par l’Université de Genève (UNIGE) de son partenariat stratégique avec l’Université hébraïque de Jérusalem est «fermement» condamnée par l’Association pour le soutien et la promotion des membres juifs des hautes écoles suisses.» (Tribune de Genève)
La déception des diplômés en sciences humaines et sociales
Selon une étude rendue publique en avril 2025 par l’Institut Montaigne sur les aspirations et les désillusions des 16-30 ans [en France], 24 % des diplômé·es en lettres et en sciences humaines se déclarent totalement insatisfaits de leur orientation. «Une déception liée en partie à la faible rémunération qu’ils perçoivent au terme de leurs études»
Les « humanisateurs » dissimulent désormais l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les textes
«L’intelligence artificielle bouleverse nos vies et pose de vraies questions notamment à l’école. Une nouvelle forme d’IA est maintenant indétectable dans les travaux des étudiants grâce aux « humanisateurs », un réel casse-tête pour les professeurs à l’heure des corrections.»
«Espace européen de l’éducation: le statu quo n’est plus de mise»
Le 3 juin, Josep M Garrell, président de l’Association des universités européennes (EUA), a représenté le secteur universitaire européen lors d’une discussion avec des représentant·es des États membres de l’UE et des acteur·trices clés de l’éducation européenne sur la mise en œuvre de l’Espace européen de l’éducation (EEA), organisé par la Commission européenne.
Il a appelé à une accélération des réformes dans l’EEA face aux défis mondiaux et à l’enjeu de compétitivité de l’UE, en soulignant que l’éducation doit devenir une priorité politique et budgétaire explicite en Europe. Il a ainsi appelé tous les acteur·trics de l’enseignement supérieur européen à contribuer à une meilleure communication sur l’importance de l’éducation pour l’avenir de l’Europe, en particulier en expliquant son impact sur l’employabilité et la compétitivité européenne.
Parmi les priorités identifiées pour renforcer la valeur ajoutée de l’EEA, il avance :
La mise en œuvre complète des outils du Processus de Bologne
Le renforcement des alliances d’universités européennes
Une inscription de l’apprentissage tout au long de la vie au centre de l’Union des compétences (Union of Skills), notamment par l’utilisation d’outils tels des micro-crédits.
Séjours d’étudiant·es suisses aux Etats-Unis menacés par l’administration Trump
L’administration Trump a demandé aux ambassades et consulats de suspendre les procédures d’obtention des visas étudiants, quelle que soit leur origine, «jusqu’à ce que de nouvelles directives soient données». Ces dernières obligeront vraisemblablement les étudiant·es étranger·ères désireux·euses d’étudier aux Etats-Unis à subir une analyse de leurs réseaux sociaux. L’ambassade des Etats-Unis en Suisse et au Liechtenstein explique que la décision s’inscrit dans des standards de sécurité nationale et de sûreté publique.
Les établissements suisses contactés confirment qu’actuellement la majorité des demandes de visa étudiant pour le prochain semestre sont encore en attente. Il semblerait de plus que de nouveaux rendez-vous avec l’ambassade ne soient plus programmés. L’EPFL a reçu l’information, par ses établissements partenaires, de se «préparer à réserver une place pour les universitaires qui ne pourraient obtenir de visa ou ne l’obtiendraient suffisamment tôt pour se rendre dans leur université d’accueil pour la rentrée prochaine», rapporte Emmanuel Barraud, porte-parole de l’EPFL.
Chaque année, entre 1300 et 1400 étudiant·es suisses séjournent aux Etats-Unis. Pour l’année académique à venir, quelque 200 étudiant·es de l’EPFZ envisageaient de partir aux Etats-Unis, une vingtaine de l’EPFL, 11 de l’UNIGE, 6 de l’UNIFR, et 2 de l’UNIL. (Le Courrier)
Zofingue, la plus ancienne des sociétés d’étudiants, sera absente des campus Lausannois à la prochaine rentrée académique, car elle est entièrement masculine. «Réseauter qu’entre hommes, c’est contraire aux concepts de l’égalité des genres prôné à l’UNIL et à l’EPFL. En mai, le tribunal fédéral leur a donné raison : Zofingue n’a rien à faire là en tant qu’association.» (RTS)
Alors qu’«une cinquantaine de députés de tous bords ont interpellé le Conseil d’État, dénonçant les coûts de la nouvelle identité visuelle» de l’UNIL, des professionnel·les de la communication, interrogé·es par le 24 heures, défendent les qualités du nouveau logo et la nécessité du changement.
«Liberté académique: la Suisse doit agir différemment de l’UE»
L’Union européenne a récemment débloqué un demi-milliard d’euros pour accueillir des scientifiques américain·s menacé·s dans leur liberté académique. Yves Flückiger, Président des Académies suisses des sciences, estime que ce n’est pas une solution durable, et que la Suisse, n’a pas pris une mesure similaire compte tenu de la situation financière difficile. «Plutôt que d’entrer dans une compétition financière, [la Suisse] peut investir dans la coopération bilatérale, en particulier sur des thématiques devenues sensibles ailleurs: climat, genre, justice sociale. Elle peut offrir un refuge non seulement aux chercheurs, mais aux idées elles-mêmes, en soutenant des plateformes de conservation de données menacées, en finançant des chaires sur des sujets censurés, ou en protégeant les publications fragilisées par des pressions politiques. Un tel positionnement, s’il est assumé avec clarté et volonté, renforcerait la crédibilité scientifique de la Suisse tout en réaffirmant son engagement envers les valeurs fondamentales de l’universalisme académique.»
Le Trinity College de Dublin coupe ses liens avec Israël
«Le Trinity College Dublin (TCD), prestigieuse université irlandaise, a annoncé hier qu’il allait couper tous ses liens avec Israël pour protester contre les «violations en cours du droit international et humanitaire» à Gaza. Le conseil d’administration du TCD a informé ses étudiants par e-mail de sa décision.»
«L’UNIGE accusée d’avoir «capitulé» face à des «agitateurs anti-israéliens»»
L’Université de Genève ayant mis un terme à son partenariat avec l’Université hébraïque de Jérusalem, l’Association pour le soutien et la promotion des membres juifs des hautes écoles suisses (JUMS) «condamne fermement» cette décision. Elle a émis mercredi un communiqué signé par ses coprésidents, le professeur Jacques Ehrenfreund de l’UNIL et le professeur Alfred Bodenheimer de l’Université de Bâle. Ils écrivent: «Contrairement aux affirmations de la rectrice Audrey Leuba, il s’agit là d’un acte purement politique, une capitulation face à une faction anti-israélienne intrusive au sein de l’Université […] Par cette décision, l’Université prend parti dans un conflit complexe.» (Tribune de Genève)
Le porte-parole de l’UNIGE, Marco Cattaneo, explique pourtant: «Il n’y a pas de volonté de prendre une position, mais la situation à Gaza vide ces accords de leur sens, car il est impossible de lancer des appels à projets et d’avoir une mobilité des étudiants ou des chercheurs.» (Tribune de Genève)
L’université précise également que «la dissolution des ces partenariats n’interdit pas des collaborations entre chercheurs». (Watson)
«Dans la plus grande gabegie, l’Université de Genève dénonce ses partenariats en Israël»
L’Université de Genève exprime «son indignation» face à la situation humanitaire à Gaza, dénonce un partenariat avec l’Université hébraïque de Jérusalem et renonce à un autre avec l’Université de Tel-Aviv.
Selon le journaliste du Temps, «Ce message fort a peiné à se faire entendre lors d’une conférence de presse annulée» en raison de la présence d’une quinzaine d’étudiant·es pro-palestinien·nes qui souhaitaient assister à l’évènement.
L’Unige explique dans un communiqué qu’elle ne procède pas à un boycott académique, comme c’est le cas avec la Russie depuis février 2022, que la «situation politique en Israël vide de facto les accords existants de leur substance». Selon sa prise de position sur le rôle de l’Université dans le débat public, l’Université de Genève définit les contours et les limites de la réserve institutionnelle qu’elle observe sur les sujets de politique cantonale, nationale et internationale. «Elle exprime son indignation face à la situation humanitaire à Gaza, appelant toutes les parties, et particulièrement le gouvernement israélien, au respect des droits humains et du droit international humanitaire, et rappelant le droit de la population à un accès à la nourriture et aux soins. L’UNIGE renonce à la notion de «partenariats stratégiques» qui ne reflètent pas, ni dans leur géographie, ni dans leur contenu, les priorités stratégiques de l’institution.» (UNIGE)
Un journaliste de la Tribune de Genève commente les décisions du rectorat genevois: «Sur le fond, le message est difficile à décrypter. Il ne faudrait pas voir dans la fin des partenariats un boycott, mais une réorientation stratégique.» De même, le rectorat a décidé de suivre la conclusion principale des expert-es concernant la réserve institutionnelle, dont il a toutefois modéré la portée. «Ce slalom intellectuel – ou pour le dire autrement ce boycott qui ne dit pas son nom – permettra-t-il à l’Université de retrouver une certaine sérénité? On peut en douter, car en cherchant à ménager la chèvre et le chou, on finit par fâcher tout le monde.»
Les manifestant·es pro-palestinien·ne ne s’estiment toutefois pas entendu·es par le rectorat et déclarent poursuivre leurs mobilisations. (RTS: 19h30)
«Les étudiants étrangers devraient passer un contrôle d’espionnage»
Le Service de renseignement de la Confédération avertit que les universités représentent «une cible privilégiée pour l’espionnage». Afin de contrer la menace, le conseiller national du centre Reto Nause souhaite que les étudiant·es provenant de pays à risque soient contrôlé·es «de manière conséquente et généralisée» pour les filières d’études susceptibles d’avoir une utilité militaire. Pour l’heure, seule l’EPFZ le pratique déjà en Suisse.
Alors que d’autres pays ont déjà agi depuis longtemps (Australie, Etats-Unis, Grande-Bretagne), le Conseil fédéral recommande au parlement de rejeter l’initiative, préférant attendre les résultats des deux groupes de travail au niveau fédéral qui travaillent sur de nouvelles règles. «Lorsque leurs propositions seront sur la table – probablement au deuxième semestre 2025 – le Conseil fédéral décidera des adaptations légales.»
Mardi, le Conseil des États a validé une enveloppe de 666 millions de francs afin de financer le retour de la Suisse aux programmes Horizon Europe, Euratom et Europe numérique.
Le président de la CWUR, Nadim Mahassen, commente: «Le recul des performances de la recherche et le soutien financier limité de l’Etat en Suisse sont alarmants». Ce qui signifie que «sans investissements plus importants et sans planification stratégique, [la Suisse] risque de prendre du retard au niveau mondial».
«13 hautes écoles suisses figurent parmi les 2000 meilleures universités du monde. Parmi elles, 4 ont progressé dans le classement, mais 8 ont perdu du terrain.» L’ETH Zurich, en tête de la liste nationale, se place au 32ème rang mondial. Elle enregistre toutefois un recul de la qualité de la formation et de la recherche. L’Université de Bâle gagne 24 places et se trouve désormais au 85ème rang. L’UNIL se trouve à la 197ème place, perdant 9 rangs.
Ce classement des universités se distingue par son approche basée sur des données et non sur des enquêtes. Les indicateurs de réussite comprennent notamment la production de la recherche, les distinctions académiques et la réussite professionnelle des diplômé·es. «Pour la première fois, la Chine a dépassé les États-Unis en tant que pays comptant le plus d’universités parmi les 2000 meilleures du classement CWUR.»
«Les étudiants étrangers sont-ils bénéfiques pour les universités américaines ?»
Durant l’année académique 2023-2024, 1,1 millions d’étudiant·es étrangers·ères se sont inscrits dans les universités américaines, plus de quatre fois qu’en 1979-80. (Le nombre d’étudiant·es globaux a augmenté de 50% pendant la même période.)
Selon David A. Bell, professeur d’histoire à l’Université de Princeton, les universités ont été contentes de les accueillir puisqu’ils et elles requièrent moins souvent l’assistance financière, venant de milieux très aisés et privilégiés. Ce clivage avec les étudiants locaux, voire avec des habitant·es des villes universitaires susciterait des tensions et des jalousies, d’autant plus que l’admission dans les universités de pointe devient de plus en plus compétitive.
L’auteur avance que si les universités sont comprises comme outils de soft power et de compréhension internationale, les bénéfices des échanges sont évidents. Mais d’un point de vue de la mobilité sociale, il devient de plus en plus difficile pour les étudiant·es américain·es d’être admis·es dans une université, d’autant plus s’ils et elles n’ont pas eu les moyens d’aller dans des écoles préparatoires. «Ainsi, ces étudiant·es font paraître les universités américaines encore plus élitistes et peut-être déconnectées, à un moment où le ressentiment populiste à l’égard de ces institutions a facilité l’assaut destructeur de l’administration Trump contre la recherche scientifique qu’elles mènent. En outre, si les étudiant·es étrangers·ères apportent une certaine diversité aux universités américaines, cette diversité n’est peut-être pas aussi importante que celle apportée par les Américains d’origines sociales différentes. Un diplômé d’une école privée d’élite en Grèce ou en Inde peut avoir plus en commun avec un diplômé d’Exeter ou de Horace Mann qu’avec un Américain de la classe ouvrière de l’Alabama rural. Devons-nous transformer les départements d’économie des universités en mini-Davos où les futurs fonctionnaires du Fonds monétaire international de différents pays renforcent les opinions des uns et des autres sur le commerce mondial ?»
«Si l’administration Trump maintient ses politiques actuelles en matière de frontières et de visas et poursuit ses tentatives de détention et d’expulsion des étudiant·es étrangers·ères qui expriment des opinions controversées, les inscriptions étrangères pourraient diminuer considérablement d’elles-mêmes. Mais dans la perspective de l’après-Trump, il sera important que les universités américaines reconnaissent les tensions et les compromis réels liés aux inscriptions internationales et qu’elles équilibrent leur augmentation par une plus grande ouverture à un plus grand éventail [«range»]» de candidatures nationales.
«L’agenda qui avait fait scandale à Genève reçoit à nouveau 30 000 francs»
En septembre dernier, la CUAE, le syndicat étudiant de l’Université de Genève (Unige), était menacé de dissolution par le rectorat suite à deux passages de son agenda 2024-2025 liés au contexte de la guerre à Gaza, et contraires à la charte d’éthique et de déontologie de l’Unige selon la direction universitaire.
Le 24 mars 2025, la Commission de gestion des taxes fixes de l’Unige (CGTF) décide d’accorder 30’203 francs à la CUAE pour son agenda 2025-2026. La CGTF est un «organe qui décide de l’attribution des subventions aux associations étudiantes et qui ne dépend pas du rectorat mais de l’Assemblée de l’Université (AU), le «parlement» de l’Unige représentant les corps enseignant, estudiantin, administratif et technique. Cette année, à la suite d’élections, les 10 membres étudiants de l’AU sont issus, pour cinq d’entre eux, de la CPE, la Coordination étudiante pour la Palestine, et de la liste des associations pour les cinq autres.»
Concernant le nouvel agenda, «la CGTF écrit qu’il lui «semble pertinent de mettre en place deux pages dans l’agenda-guide pour contextualiser le flipbook et le choix des dates politiques» (un flipbook, folioscope en français, crée l’illusion du mouvement continu en affichant une série d’images discontinues et successives). La CGTF précise en outre: «En plus de cela, il sera inséré une déclaration qui exclut l’UNIGE de toute responsabilité vis-à-vis du contenu de l’agenda-guide, comme cela est d’ailleurs déjà le cas pour les dates académiques.»»
Finalement, le procès-verbal de la décision signale que «la CUAE s’engage à suivre la charte d’éthique et de déontologie de l’Unige».
Un chercheur fribourgeois condamné dans le cadre d’expérimentation animale
Un professeur de la Faculté des sciences et de médecine de l’Université de Fribourg a été condamné pour des mises à mort non conformes de souris de laboratoires, euthanasiées individuellement au moyen de dioxyde de carbone. Contrevenant à la loi fédérale sur la protection des animaux, il a écopé d’une amende de 1000 francs via une ordonnance pénale du Ministère public fribourgeois. Il n’a pas fait opposition. «Les investigations ont par ailleurs mis en évidence des manquements en matière de suivi de l’expérience. Les documents remplis par les chercheurs ne permettaient ainsi pas de retracer avec précision les manipulations effectuées sur les rongeurs. Cela contrevient également aux consignes de la loi sur la protection des animaux en matière d’expérimentation animale.»
«Un collectif étudiant de l’EPFL dénonce une «dérive autoritaire» de la direction»
A l’occasion de la fête estudiantine Vivapoly le jeudi 22 mai à l’EPFL, l’association des Amiexs de Bassenges a dénoncé la transformation des terres agricoles prévue par l’EPFL en 2026, mais également un climat de «censure» et de «dérive autoritaire» de l’EPFL. L’association liste quatre événements «annulés ou refusés pour cause de trop grande politisation». Récemment, un représentant de l’Assemblée d’Ecole, corps intermédiaire entre les associations et la direction, a démissionné invoquant des «blocages institutionnels» persistants et des «traitements différenciés». La porte-parole de l’EPFL Corinne Feuz précise que sur 650 événements organisés par des associations estudiantines sur une année, pour seuls une dizaine il a été demandé des précisions et/ou modifications. Elle défend également les circonstances précises de chacun des évènements annulés.
Alexia Giroud Nyer, coprésidente de l’Association générale des étudiants de l’EPFL (AGEPoly), regrette: «les événements à nature politique sont interdits, mais la définition de politique n’est pas claire, donnant lieu à des décisions arbitraires.
Dans l’éditorial, Marie Maurisse, plaide : «Laissons les étudiants se révolter […]. D’autant plus quand, au même moment, aux États-Unis, Donald Trump multiplie les décisions visant à réduire au silence les étudiants et les chercheurs»
«Les étudiants mobilisés pour Gaza nous tendent un miroir»
Gauthier Ambrus, chercheur en littérature, met en parallèle les mobilisations étudiantes pro-palestiniennes actuelles avec le rôle de la jeunesse éduquée mis en lumière par Walter Benjamin en 1915.
Il écrit: «Les étudiants sont la plupart du temps déchirés entre cette noble mission [de cultiver la science pour elle-même, sans considération d’utilité ou de rendement immédiat] et la professionnalisation du savoir, qui menace de dévoyer cet idéal. Conscients de le trahir, les étudiants tentent de combler le fossé entre les impératifs de la science et ceux de la société en compensant leur dévouement à l’étude par une action sociale qui ne fait qu’approfondir cette division qu’il leur faudrait au contraire recoudre.
Car les étudiants sont le trait d’union par excellence du savoir et de la vie, de l’université et de la société. Comme tels, ils sont aux avant-postes des mutations profondes dont ils perçoivent mieux que quiconque les signes annonciateurs et qu’ils ont pour tâche de traduire dans le langage de la science et de la rationalité, en préparant ainsi les réalités de demain.»
L’agitation estudiantine serait un symptôme d’une société en crise, qui ne sait plus comment penser elle-même. «Un défi au reste des citoyens, pour qu’ils ne laissent plus les étudians seuls devant un fardeau devenu trop lourd à porter pour leurs seules épaules.»
«Il faut que l’on dépasse l’université néolibérale»
A l’occasion de son dernier cours dispensé à l’Université de Neuchâtel, Ola Söderström, enseignant de géographie sociale et culturelle, exprime à ArcInfo son regard sur l’évolution actuelle des universités. Il y dénonce notamment le caractère néolibéral des universités, avec la pression de publier, et de mesurer la compétitivité des individus et des universités, au détriment du travail collaboratif. Dorénavant, il faudrait davantage valoriser les contributions à la société et l’ancrage local des universités.
Le professeur défend également l’utilité des sciences humaines et sociales, par l’employabilité des étudiant·es dans des domaines très divers et par l’importance de la mise en lumière de «mécanismes problématiques de pouvoir» qui «dérangent» mais aussi pour proposer des solutions aux problèmes de société en «fai[sant] le lien entre la dimension théorique et l’ancrage dans le territoire».
Le professeur exprime aussi ses préoccupations quant à l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) dans le monde universitaire: «[L’IA] pose un défi à l’enseignement: comment faire la balance avec des outils qui peuvent à la fois donner de la puissance et assujettir? L’assujettissement qui doit nous préoccuper dans l’enseignement est celui de la «décharge cognitive»: le fait de confier des tâches de raisonnement à l’IA et de voir nos capacités proprement humaines régresser. Nous devons maintenir nos aptitudes à être des citoyens responsables: comprendre, penser, argumenter, avoir un esprit critique… C’est un enjeu démocratique.»
«Dans une lettre ouverte rendue publique jeudi 22 mai, 77 collaborateurs de trois écoles de la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) [Haute Ecole de santé – Vaud et Haute Ecole de travail social et de la santé à Lausanne, Haute Ecole de travail social à Fribourg] demandent au rectorat de dénoncer immédiatement les partenariats avec des universités israéliennes.»
La lettre dénonce: alors qu’à «la suite du mouvement d’occupation estudiantin de mai 2024, la HES-SO s’était publiquement engagée à examiner ses collaborations institutionnelles sous l’angle du respect des droits humains par les institutions partenaires», elle n’a publié jusqu’ici «aucune évaluation et a maintenu ses accords», notamment «avec trois universités qui ne sont ni autonomes ni critiques face à la politique du gouvernement israélien».
Dans une prise de position qui a été transmise à ArcInfo, la communication de l’institution explique que: «les partenariats mentionnés dans la lettre ouverte portent uniquement sur des accords de mobilité et n’ont concerné qu’un très faible nombre de personnes durant ces cinq dernières années […] un travail visant à établir des critères et des processus d’analyse pour l’ensemble des collaborations internationales est en cours au sein de la HES-SO» et sera communiqué dès son achèvement.
Début d’une fuite de cerveaux depuis les Etats-Unis
Berlin Partner, un groupe d’intérêt qui promeut la croissance économique, l’économie, la technologie et l’innovation à Berlin ainsi que les institutions scientifiques, a publié une annonce au New-York Times pour tenter d’attirer des scientifiques américains. (B.Z.)
Selon Ernst Fehr, professeur à la faculté d’économie à l’Université de Zurich, les programmes doctoraux de son universités sont devenus plus populaires par rapport à la concurrence à Stanford et Harvard. Les scientifiques établis aux États-Unis auraient également demandé s’ils pouvaient poursuivre leur carrière à Zurich: «Ils préfèrent venir chez nous plus tôt que plus tard», ce qu’il considère comme une chance que le site universitaire de Zurich devrait saisir. (NZZ)
«Horizon Europe et Erasmus+, les deux piliers du succès»
Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, craint que dans le contexte actuel de restrictions financières, les parlementaires fédéraux s’opposent à Horizon Europe à Erasmus+ en dépriorisant ce dernier et refusant de débloquer les fonds nécessaires pour participer pleinement à ce programme. «Erasmus+ est un fantastique programme de développement éducatif,
professionnel et personnel. […] Se contenter du strapontin suisse [le Swiss-European Mobility Programme] est insuffisant.» Elle nomme ensuite les effets bénéfiques des programmes, notamment pour l’employabilité des diplômé·es.
L’expulsion d’Horizon Europe est «presque une condamnation à mort pour la science israélienne»
Le blocus israélien de Gaza, qui prive la population civile de nourriture, a suscité des critiques sans précédent en Europe. La semaine dernière, l’UE a annoncé qu’elle réexaminerait l’accord d’association qui sous-tend la participation d’Israël au programme Horizon Europe, d’une valeur de 93 milliards d’euros.
L’Académie israélienne des sciences et des lettres a publié le 24 mai une déclaration demandant à l’Europe de ne pas rompre ses liens avec Horizon Europe. David Harel, président de l’académie, avance qu’une exclusion serait «presque une condamnation à mort pour la science israélienne».
Mais les députés européens et les militants qui demandent la fin de l’association estiment que l’UE devrait utiliser tous les leviers diplomatiques pour faire pression sur Israël afin qu’il mette fin à ses attaques.
Il n’y a plus de visas étudiants américains pour le moment
Le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio a ordonné aux ambassades et consulats américains de suspendre jusqu’à nouvel ordre les rendez-vous pour les demandes de visa d’étudiant et d’échange. Il prévoit une examination des activités des candidats sur les médias sociaux, comme l’a rapporté en premier lieu le magazine en ligne «Politico», les méthodes et critère restant inconnues. Les visas concernés sont les visas de catégorie F, M et J – ceux-ci s’appliquent aux étudiant·es, aux étudiant·es d’échange au niveau scolaires et aux jeunes au pair, mais aussi aux professeur·es invité·es de l’étranger. Les rendez-vous déjà pris devraient être maintenus.
Dans l’émission Foutu pour Foutu, Benjamin Decosterd se moque de la vague de critique autour du nouveau logo de l’UNIL, relativisant son importance et aussi les coûts du changement par rapport au budget global de l’institution. Il s’interroge aussi sur l’interpellation de David Vogel sur ce sujet, indiquant que le dernier n’est pas graphiste.
«Etudiant·es, chercheur·euses et salarié·es de l’Unil dénoncent les coupes prévues dans la formation par le Conseil fédéral.» Mercredi 28.05.2025, un cortège d’une cinquantaine de personnes a traversé le campus (Le Courrier). Le syndicat SSP estime qu’ils étaient plus de 200 personnes.
Coupes budgétaires à l’UNIGE: le personnel scientifique et administratif en colère
Suite à un récent courriel envoyé par la directrice des finances de l’Université de Genève (Unige) annonçant une première série de mesures d’économies en 2025 afin de «stabiliser la situation financière de l’université», deux lettres de retour ont été envoyées par le personnel scientifique et administratif au rectorat de l’Unige en guise de protestation.
La première lettre est signée par les huit président·es de section de la faculté […] et «demande à la rectrice Audrey Leuba de revenir sur ces décisions». Elle dénonce des mesures qui impacteront «les deux missions primaires de l’université, l’enseignement et la recherche». Les auteur·ices se plaignent «du manque de concertation et de communication de la part du rectorat», accusé «d’opacité». «Dans leur lettre, les présidents de section reprochent au rectorat de vouloir transférer des ressources attribuées à l’enseignement et à la recherche pour financer l’administration centrale.»
La seconde vient de la part des administrateur·ices de toutes les facultés, «qui font part de leur désarroi face au rabotage budgétaire». Ils et elles dénoncent un «manque de transparence» de la part du rectorat et conteste sa méthodologie. «Les signataires écrivent que «les fondements» de la démarche n’ont jamais été clarifiés. Les décisions prises auront inévitablement pour conséquence des licenciements et l’impossibilité de remplacer des personnes absentes.»
Les mesures demandent à tous les services de «ne pas dépenser plus en 2025 que ce qu’ils ont déboursé en 2024» et modifient les fonds dits «overheads» («coûts indirects» en français). «Jusqu’à présent, le rectorat prélevait un forfait de 4,1 millions de francs sur le total des «overheads» alloués par le FNS, soit 40% de cette enveloppe en 2025. Or, le rectorat entend ponctionner non pas 40% mais 60% de ces fonds et les allouer à l’administration centrale. Ce qui pourrait représenter environ 1,7 million de francs de moins pour la recherche et l’enseignement. A cette nouvelle répartition s’ajoute une ponction de 10% dans les réserves rassemblées par les facultés sur lesdits fonds «overheads».» Alors qu’Audrey Leuba affirme que «certaines facultés détiennent des réserves considérables qui ne sont pas utilisées», les scientifiques parlent d’«une erreur stratégique grave», en expliquant que ces fonds servent à remplacer par exemple une machine si elle venant au bout de son cycle.
Ces nouvelles mesures de coupes budgétaires ont particulièrement surpris car un plan d’économies avait déjà été déployé, exigeant de l’institution d’économiser 4% de son budget durant la période de 2024 à 2027. L’objectif des nouvelles coupes est d’éviter le creusement du déficit net d’exploitation, évalué pour 2024 à 22 millions de francs. «Les projections ont montré que le plan d’économies 2024-2027 ne suffisait pas. Il a fallu réagir rapidement, avec une implémentation de mesures immédiates pour 2025 afin d’éviter de creuser le déficit», explique Audrey Leuba. «Si nous devons nous redimensionner, nous devons réfléchir à ce qui compose nos fondamentaux»
«Plus de 300 membres de la communauté universitaire, enseignant·es, chercheur·euses, collaborateur·rices, personnel administratif et technique ou encore alumni ont signé un «Appel à la responsabilité éthique de l’université de Genève dans ses partenariats académiques».» (Le Courrier) Cette lettre de soutien aux revendications étudiantes demande de mettre un terme aux collaborations académiques de l’Université de Genève avec des partenaires israéliens, et dénonce le fait que l’université «restreint et réprime activement les actions de protestation de la CEP en refusant le dialogue et en ayant recours à la répression policière et à la judiciarisation».
Ainsi, quatre demandes sont inscrites: «suspendre les liens académiques avec Israël, suspension des relations entre Swissuniversities et les institutions israéliennes, le retrait des plaintes pénales déposées contre des étudiants pour leur action et renouer le dialogue avec l’ensemble de la communauté universitaire.» (Le Temps)
«L’administration Trump suspend l’examen des visas étudiants»
Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a ordonné mardi 27.05 la suspension du traitement des visas pour étudiant·es étrangers·ères. L’administration Trump prévoirait en outre de passer au crible les réseaux sociaux des candidat·es.
Steven Levitsky, professeur de gouvernement à Harvard et auteur du best-seller How Democracies Die, «était l’un des initiateurs d’une lettre, en mars dernier, signée par 800 de ses collègues et appelant [Harvard] à faire front face aux «attaques contre les universités américaines, l’un des piliers de la démocratie américaine»».
«Dans une démocratie, il ne coûte rien à personne de critiquer le gouvernement. Aujourd’hui, quand des centaines voire des milliers de politiciens des deux bords, d’universitaires, de patrons d’entreprise, d’éditeurs ou de journalistes réfléchissent à deux fois avant de prendre la parole, nous ne sommes plus dans un environnement entièrement démocratique», avertissait-il mardi sur la chaîne CNN.
«Il estime que les autocrates s’en prennent systématiquement aux universités, sous «différents prétextes» mais fondamentalement parce qu’elles sont des «foyers de dissidence». «Les Etats-Unis glissent vers l’autoritarisme. C’est tragique. Mais le déclin n’est pas irréversible, positive-t-il. Ce pays a assez de muscles financiers et organisationnels ainsi que de talents pour se défendre et restaurer la démocratie.»»
Trump veut mettre fin à tous les contrats fédéraux avec l’Université d’Harvard
Selon le New York Times, Selon l’administration Trump a envoyé une lettre aux agences fédérales demandant que tous les contrats gouvernementaux restants avec Harvard soient résilié jusqu’au 6 juin. La valeur estimée de ces contrats est d’environ 100 millions de dollars.
Le document demande également aux autorités de rechercher des «fournisseurs alternatifs» pour les services futurs. «Cette mesure marque la fin de la relation commerciale de longue date entre le gouvernement américain et la célèbre université.»
«Les violentes protestations pro-palestiniennes ne sont que l’exemple le plus récent : depuis longtemps, des manifestations ont lieu dans les universités – de manière fiable pour ce qui n’est pas correct.» L’ancien professeur d’histoire de médecine Christoph Mörgeli dresse l’historique des contestations étudiantines depuis 1924 et vient à la conclusion: «On ne peut et ne doit jamais écouter les étudiants. Car ils se trompent de manière fiable en raison de leur manque d’expérience de la vie et de leur déficit de rapport à la réalité.»
Le Gouvernement du canton du Jura a validé mardi une collaboration avec l’EPFL: elle aura un représentant permanent dans le Jura dès cet été. Il sera basé au Parc suisse de l’innovation à Courroux. Ses missions seront «de faire connaître aux entreprises jurassiennes les compétences de recherche des institutions du Domaine des EPF, puis de leur mettre ces compétences à disposition tout en contribuant ainsi à attirer et maintenir des jeunes talents dans le Canton du Jura. Le tout dans le but de favoriser l’innovation et tendre vers la diversification du tissu économique régional».
«L’Agence spatiale européenne ouvre une antenne en Suisse»
L’Agence spatiale européenne (ESA) a inauguré hier en Argovie l’European Space Deep-Tech Innovation Centre (ESDI). «Financée par le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (3 millions de francs entre 2023 et 2025), l’ESA (6,4 millions de francs d’apport de départ) et les EPF suisses (7 millions sur quatre ans), la structure souhaite «accélérer l’adoption commerciale et la disponibilité des technologies de pointe (deep-tech) au profit de l’ESA, de ses Etats membres et du secteur spatial européen». Membre fondatrice, la Suisse verse chaque année 190 millions de francs à l’agence.» (Le Temps)
«La deep-tech est complexe, risquée et chère. Mais elle est nécessaire. Dans le domaine spatial, mais aussi pour renforcer les capacités industrielles et l’indépendance technologique du continent», explique Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA (Le Temps) Johann Richard, directeur de l’ESDI, explique que le centre dédié aux technologies de pointe aura une double utilité, faisant le lien entre science pure et applications concrètes, et bénéficiant aussi bien aux astronautes qu’«à monsieur et madame Tout-le-Monde sur Terre». «Cette double utilité rend une technologie particulièrement pertinente sur le plan économique», explique-t-il.(La Liberté)
«La situation américaine est un appel à l’action sur le continent, affirme Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA. Les coupes annoncées auront un impact partout. Également au Japon, au Canada. C’est le moment pour notre continent de se positionner. Nous avons aussi l’excellence académique, mais nous manquons de volonté de diriger. Pourtant, l’Europe est capable de grandes choses. Nous devons avoir le courage et l’ambition de voir grand.» (Le Temps)
27.05.2025 – La Liberté – L’agence européenne choisit la Suisse
Arrivé d’un géant de l’industrie pharmaceutique à Bâle
BeOne Medicines, avec un chiffre d’affaires Chiffre d’affaires de 3,8 milliards de dollars en 2024, transfère son siège à Bâle.
«Bâle est très attractive pour une entreprise de recherche», explique Reto Kessler, Country Manager de BeOne Medicines en Suisse : «Nous avons ici accès à 400 entreprises de biotechnologie différentes et à plus de 30’000 talents dans le secteur des sciences de la vie.»
Le conseiller d’Etat Kaspar Sutter ajoute : « En particulier dans la période actuelle, avec ces tensions mondiales, cette décision montre que nous offrons une sécurité de la recherche et une sécurité juridique ».
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