«Il est possible de renforcer encore le transfert de savoir et de technologie vers les start-up par des améliorations des conditions-cadres. […] La réglementation de la propriété intellectuelle dans les hautes écoles, les coûts inhérents au dépôt de brevets ainsi que les compétences entrepreneuriales dans la formation font partie des champs d’action possibles. […] Le rapport d’examen du Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) révèle un potentiel d’amélioration dans plusieurs domaines. Il prévoit des mesures liées au transfert de technologie afin de renforcer l’écosystème des start-up. […] La mise en œuvre de ces différentes mesures relève de la compétence des hautes écoles.»
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23Juin2022
Politique des hautes écoles
Vers la création d’un fonds d’innovation fédéral
Le Conseil fédéral change de cap et se prononce en faveur d’un fonds de soutien aux jeunes entreprises. Il devrait se concentrer sur les domaines de la décarbonation et de la numérisation.
Selon la Neue Zürcher Zeitung, «Le premier terme cité introduit sans doute la nouvelle arme à tout faire appelée politique climatique dans le débat sur un fonds d’innovation étatique. Le terme « numérisation » semble plus diffus et pourrait être interprété de manière si large qu’il pourrait finalement englober de nombreuses jeunes entreprises, au-delà des auberges de campagne. […]
Un facteur essentiel derrière cette décision est le conflit en cours avec l’UE. Actuellement, la Suisse n’a pas pleinement accès à « Horizon », le programme-cadre de l’UE pour la recherche et l’innovation. Cette situation suscite une grande inquiétude au sein de la communauté scientifique helvétique. Le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation avait annoncé mardi les résultats d’une enquête menée auprès de près de 900 chercheurs, entreprises et autres institutions concernées. Selon le rapport fédéral, de nombreuses personnes interrogées ont signalé une détérioration de la situation – notamment en raison de la restriction de l’accès aux possibilités de financement et de la réduction du réseau international. Depuis un certain temps, divers représentants du monde de l’innovation se sont prononcés en faveur d’un coup de pouce de l’État pour le financement des jeunes entreprises. L’un des messages clés derrière de telles revendications est le suivant : « Le marché seul ne fera pas l’affaire ».
Un tel message peut surprendre si l’on considère qu’il émane de personnes fortement orientées vers le marché. De tels représentants justifient souvent leur demande par le souhait de «lutter à armes égales». En d’autres termes : les autres pays ont aussi des programmes d’encouragement étatiques, la Suisse doit donc faire de même. faire quelque chose de similaire si elle veut ne veut pas se laisser devancer. Pour le ministre de l’économie [Guy] Parmelin aussi c’était, selon le document de discussion de son département, un argument essentiel argument en faveur d’une aide étatique.»
Des scientifiques britanniques et suisses lancent un appel de dernière minute au président de la Commission au sujet de l’association Horizon
«Les responsables de la recherche du Royaume-Uni et de la Suisse ont lancé un appel de dernière minute au nom de plus de 5 600 grands organismes de financement et d’exécution de la recherche, de scientifiques et d’entrepreneurs de toute l’Europe à la présidente de la Commission européenne, lui demandant de permettre à leurs pays de s’associer à Horizon Europe.
Alors que le gouvernement britannique se rapproche de l’activation du plan B et de l’abandon de l’association, la commissaire à la recherche Mariya Gabriel a confirmé à Science|Business en début de semaine que l’association du Royaume-Uni et de la Suisse reste subordonnée à la résolution de questions politiques plus larges.»
«Ignorées et non appréciées» : Les contributions des femmes à la recherche ne sont souvent pas reconnues
Une étude publiée dans Nature suggère que les femmes scientifiques ont moins de chances que leurs homologues masculins de recevoir des crédits d’auteur ou d’être nommées sur des brevets liés à leurs travaux, y compris dans des domaines tels que les soins de santé, où les femmes dominent.
L’étude révèle qu’en moyenne, tous postes et domaines confondus, les hommes avaient environ deux fois plus de chances que les femmes d’être cités dans un article scientifique ou un brevet par leur équipe de recherche. Et bien que cette recherche se soit concentrée sur les femmes aux Etats-Unis, les auteurs disent avoir observé des tendances similaires pour les personnes appartenant à d’autres groupes qui sont marginalisés dans le domaine scientifique.
L’enquête avait, entre autres, demandé aux répondants ce qu’ils avaient fait pour obtenir la qualité d’auteur d’un article récent, sur la base d’une liste de contributions. Il a été constaté qu’en moyenne, les femmes devaient travailler plus dur que les hommes pour obtenir le titre d’auteur. Les femmes ont fait beaucoup plus que les hommes en ce qui concerne la conceptualisation de la recherche, la collecte des données, la rédaction, la révision et l’édition. La seule catégorie dans laquelle les hommes ont déclaré une plus grande contribution que les femmes est le développement de logiciels.
Critique sévère des logiciels de surveillance d’examens de la ZHAW
Dans son rapport annuel 2021, la préposée zurichoise à la protection des données Dominika Blonski critique les hautes écoles et les universités qui utilisent des logiciels de surveillance lors d’examens en ligne.
Elle critique que ces programmes traitent une grande quantité de données personnelles et empiètent ainsi fortement sur le droit fondamental à l’autodétermination en matière d’information. C’est surtout le logiciel Proctorio, utilisé pendant les examens à distance par la Haute école zurichoise de sciences appliquées (ZHAW), qui est critiqué pour sa capacité d’enregistrer l’image, le son et le trafic réseau et analyser les mouvements des yeux et de la tête.
Dominika Blonski met en avant qu’une base juridique pour l’utilisation d’un tel logiciel est déterminante et que son utilisation se fasse dans l’intérêt public et qu’elle soit proportionnelle. Une enquête est actuellement en cours chez Proctorio, qui sera clôturée dans les prochaines semaines. En attendant, la ZHAW renoncera au logiciel de surveillance, déclare la porte-parole Fabienne Kirsch.
UNIGE: L’université et ses étudiant-es réaffirment les valeurs de l’institution
«L’intervention de militant-es dans une salle d’Uni Bastions le 17 mai dernier a suscité de nombreuses réactions dans et hors les murs de l’université. En marge de cet événement, les membres de la communauté universitaire se sont interrogés en profondeur sur les principes et les valeurs qui gouvernent leurs actions, thèmes qui ont fait l’objet d’échanges nourris entre les différents corps de l’institution. L’importante couverture médiatique de cette interruption a conduit à une certaine polarisation des positions exprimées. Malgré des divergences d’interprétation qui subsistent sur la gravité des événements du 17 mai, la communauté universitaire partage des valeurs et des objectifs communs, soulignés par sa charte d’éthique et de déontologie, qu’elle tient ici à réaffirmer.»
- rôle des scientifiques
- égalité – genre
- liberté académique
- rôle des universités
- liberté d’expression
- égalité – orientation sexuelle
«En France aussi, les députés seront formés au climat»
«Les députés français auront droit, eux aussi, à une formation dédiée aux grands enjeux du climat et de la biodiversité. Plus de 35 scientifiques, dont des experts du Giec et de l’IPBES (structure équivalente, mais qui travaille sur la biodiversité), seront présents à l’Assemblée nationale du 20 au 22 juin pour donner de courtes formations aux parlementaires. A l’origine de cette initiative, on trouve l’ancien député Matthieu Orphelin et le climatologue — par ailleurs expert pour le Giec — Christophe Cassou, qui défendent une démarche apartisane.»
L’Unil dans les médias
La relation troublante de Lausanne avec Benito Mussolini
Dans un reportage, le journal die Weltwoche repasse en revue la relation que le dictateur italien Benito Moussolini entretenait avec la ville de Lausanne et notamment avec l’Université de Lausanne, ou il s’est vu décerner un doctorat honoris causa en 1937.
«La morale de cette histoire ne peut être que celle-ci : L’attribution de titres honorifiques est une affaire à haut risque, dans laquelle on ne peut pas être suffisamment prudent. Et il faut se méfier des hommes de pouvoir.»
Revue de presse UNIL 23 juin 2022
22Juin2022
Politique des hautes écoles
Lada Umstätter, nouvelle directrice de la HEAD
La conservatrice en chef du Musée d’art et d’histoire de Genève, Lada Umstätter, prendra les rênes de la HEAD le 1er janvier 2023. Elle compte inscrire la haute école dans le tissu locale «pour que les habitants comprennent mieux ce qui s’y joue. Je remarque par exemple que les milieux défavorisés y sont très peu représentés. L’inclusivité est une notion large, et j’aimerais beaucoup travailler davantage sur l’égalité des chances.».
L’UNIGE ne va pas porter plainte contre les militant·es LGBTQIA+
Suite à l’interruption de deux conférences par des militant·es LGBTQIA+, l’Université de Genève (UNIGE) avait annoncé qu’elle déposerait une plainte pénale. Cependant, selon le site Watson.ch, une solution à l’amiable serait entrain de se trouver entre la CUAE (le syndicat étudiant) et le rectorat, ce qui éviterait la plainte pénale. «Nous avons toujours dit que nous voulions instaurer un dialogue […]. Or, trouver un accord sur ces valeurs offrirait une base plus solide et infiniment plus précieuse que la voie conflictuelle.» affirme le porte parole de l’UNIGE, Marco Cattaneo.
«L’Université de Genève doit accueillir les étudiants pratiquant la méditation»
Dans un article d’opinion parue dans le Temps, l’association musulmane des étudiants de Genève contestent les propos tenues par la journaliste Marie-Hélène Miauton du 27 mai 2022 dans le même quotidien.
Quelques mots de plus sur le doctorat conféré à Mussolini
«L’Université de Lausanne [UNIL] doit bientôt rendre son avis sur le travail des experts et annoncer des mesures concrètes afin de redresser l’erreur commise dans le passé en conférant un doctorat ès sciences sociales et politiques honoris causa à Benito Mussolini en 1937 (LT du 11.06.2022).»
Pour le professeur d’histoire internationale de la Webster University à Genève, Oreste Foppiani, il faut davantage contextualiser les raisons derrière l’octroi de ce doctorat et ne pas mener une simple «opération d’effacement de l’histoire». L’objectif de l’historiographie n’est pas de corriger le passé, mais d’illuminer le contexte de l’époque et les décideurs qui ont permis l’attribution du doctorat honoris causa à Benito Mussolini.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 22 juin 2022
21Juin2022
Politique des hautes écoles
L’EPFL étend son pôle d’innovation
«Le parc innovation de l’EPFL compte s’agrandir et créer dès 2023 un nouveau pôle, nommé «Ecotope», avec 25 000 m² supplémentaires de bureaux et de laboratoires. […] D’ici à dix ans, l’EPFL compte doubler l’espace consacré à l’innovation. Le site se veut aussi un espace d’échange avec les citoyens, invités à venir voir de plus près la naissance de starts-up. «Nous ne créons pas un parc, mais une communauté», affirme Ursula Oesterle.»
- entreprenariat et spin-offs
- collaboration hautes écoles – entreprises privées
- collaboration hautes écoles – ONG
- innovation
Promouvoir l’innovation romande hors de l’EPFL
Une initiative de l’université de Genève cherche à encourager l’entrepreneuriat parmi les chercheurs, en faisant le lien avec des domaines d’application et avec des sources de financement. «Nous essayons de faire évoluer la culture au sein de l’université, en aidant les chercheurs – étudiants et professeurs – à aller au contact de secteurs d’activité qui pourraient être intéressés par leurs travaux», résume Julien Levallois, directeur du Science Innovation Hub.
«La difficulté reste d’exister à côté du poids lourd qu’est l’EPFL, lorsqu’on promeut l’innovation en Suisse romande: «on ne se compare pas avec l’EPFL, la culture est différente, car nous pratiquons une recherche a priori plus fondamentale, reprend Julien Levallois, du Science Innovation Hub. Les étudiants de l’EPFL savent dès le début de leur cursus qu’ils devront créer une start-up ou trouver un poste une fois leur diplôme en poche, alors que cette prise de conscience se fait plus tardivement à l’université».»
La formation toute au long de la vie – une vision trop utilitaire?
Dans une chronique d’invité, le président des Universités populaires Pius Knüsel questionne la prédominance de la vision économique sur la formation continue en Suisse. Il critique notamment le fait que la formation est actuellement uniquement conçue sous la perspective de la productivité économique et l’optimisation de cette dernière. Le coût de cette réduction de la formation continue à la capacité économique est telle qu’elle force l’individu à se conformer à un impératif d’utilité. «Ainsi, nous ne sommes plus des hommes libres, mais des animaux de travail qui doivent s’optimiser tout au long de leur vie. C’est un impératif», affirme-t-il.
Pour Pius Knüsel, la formation continue doit plutôt être appréhendée comme une éducation générale culturelle au sens large, qui permet à l’individu de participer à l’organisation de la société, et non de devoir correspondre à tout moment à la demande du marché du travail.
Discussion sur le temps partiel dans les sciences humaines et sociales
Dans la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), le journaliste Christoph Eisenring examine la validité des propos d’Andrea Franc concernant les diplômé·es des sciences humaines et sociales, qui, selon elle, travaillent souvent qu’à temps partiel et qui seraient ainsi une charge pour la collectivité.
En premier, il postule qu’en Suisse, ou les études sont largement financées par les pouvoirs publics, l’attente est que les moyens engagés finissent par être rentables pour la société. Autrement dit, que les diplômé·es fassent leur preuves sur le marché du travail et participent en retour de manière importante au financement de l’État par le biais de l’imposition progressive.
Le journaliste passe alors en revue les statistiques de l’OFS pour démontrer qu’en effet, le temps partiel domine chez les diplômé·es en sciences humaines et sociales et est nettement plus fréquent que dans les autres disciplines. 31% des diplômée-es en sciences humaines indiquent qu’ils et elles préféraient travailler à temps plein, mais qu’il manque des opportunités sur le marché d’emploi. Et 30 % des diplômé-es, tous domaines confondus, travaillent à temps partiel à cause d’obligations familiales.
Selon l’analyse de l’auteur, c’est justement un faible taux d’occupation qui fait des étudiant·es en sciences humaines une charge pour le public. En des recherches de l’économiste de l’éducation Stefan Wolter de l’Université de Berne, Christoph Eisenring écrit : «Des frais d’inscription en aval permettraient d’assurer une compensation équitable. Selon [Stefan] Wolter, ils devraient garantir que tous ceux qui suivent une formation tertiaire couvrent par leurs impôts les frais de formation qu’ils ont engagés. […] Cette participation «modérée» aux frais motiverait les étudiant·es à réfléchir davantage aux chances qu’offre leur discipline sur le marché du travail et au degré d’occupation visé.»
Enquête sur les répercussions de la non-association de la Suisse à Horizon Europe
«La Suisse est actuellement considérée comme un pays tiers non associé au programme-cadre pour la recherche et l’innovation de l’Union européenne (UE) Horizon Europe. Afin de connaître les répercussions de cette non-association, le SEFRI a réalisé une enquête auprès de chercheurs, d’entreprises et d’institutions concernés en Suisse. À la lumière des quelque 900 réponses obtenues, il apparaît que dans la plupart des cas, la situation s’est détériorée par rapport à la période d’association de la Suisse à Horizon 2020.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 21 juin 2022
20Juin2022
Politique des hautes écoles
Le Conseil fédéral veut intensifier ses discussions avec l’UE
Débat autour des propos de Andrea Franc
Dans la Basler Zeitung, le journaliste Sebastian Briellmann prend la défense de l’historienne de l’économie Andrea Franc. Il regrette que ses propos ont été réduits à deux ou trois affirmations pointues afin d’être critiqués, alors que ces arguments concernant les conséquences du temps partiel pour la société sont totalement pertinents. Il trouve ironique que ce soient surtout des personnes de la gauche qui tentent de mettre Andrea Franc dans la sourdine.
«C’est une preuve d’indigence que ce soit justement l’élite de la formation – c’est-à-dire les universitaires élevés à grands frais – qui se transforme en une foule enragée et dénonciatrice dès que quelqu’un met en doute avec chutzpah quelques certitudes prétendument données par Dieu.» avance-t-il.
Romaine Morard sera la nouvelle collaboratrice personnelle de Frédéric Borloz
Romaine Morard, journaliste de la RTS, a été nommée collaboratrice personnelle du prochain chef du Département de la formation, Frédéric Borloz.
Incertitude croissante dans l’économie et la science
Selon le moniteur d’érosion publié par le groupe de réflexion libéral «Avenir Suisse», l’incertitude règne dans l’économie et la science suite à l’exclusion suisse des programmes de recherche de l’Union européenne (UE). Les entreprises souffrent aussi de cette exclusion, car elles entretiennent des liens importants avec la recherche suisse, premièrement parce que la recherche attire un «pool de têtes innovantes», mais aussi les entreprises sont elles-mêmes directement impliquées dans environ un sixième des projets de recherche. La solution de remplacer les financements par des fonds purement suisses n’est pas réaliste, vu que les projets de recherche sont de plus en plus souvent élaborés dans des réseaux européens transfrontaliers, affirme Avenir Suisse. En cas de doute, la Suisse risque de voir l’industrie délocaliser ses projets de recherche dans l’espace européen, met-elle en garde.
Pour cette raison, l’organisation faîtière de l’économie suisse, Economiesuisse, et l’Union patronale suisse ont écrit au Conseil fédéral pour lui demander instamment de débloquer la politique européenne.
Sauver les jeunes start-ups suisses grâce à un fonds d’innovation public
La Suisse a longtemps été un moteur d’innovation de premier rang au niveau mondial. Cependant, avec l’exclusion du programme européen Horizon Europe s’effondre également un soutien financier important pour les jeunes start-ups suisses. Dans une tribune d’invités, le professeur d’entrepreneuriat et directeur de l’Institut de gestion technologique de l’université de Saint-Gall Dietmar Grichnik et la juriste et conseillère nationale (PLR) Petra Gössi plaident pour que la Suisse mette en place un fonds d’innovation public pour aider les start-ups suisses.
En prenant le Royaume-Uni pour exemple, qui a mis en place un fonds de croissance public suite au Brexit dont l’objectif est d’investir directement dans le capital propre des startups en collaboration privée, ils proposent de mettre en place un système similaire en Suisse pour le domaine de la biotechnologie, la foodtech et la technologie du blockchain. Concrètement, l’Etat doit fournir un financement de départ puis des investisseur·euses privé·es assument la majeure partie du risque entrepreneurial par la suite. Ainsi, ils espèrent atténuer la fuite des start-ups vers l’étranger et par là également retenir les meilleur·es chercheur·euses dans les hautes écoles suisses.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 20 juin 2022
17Juin2022
Politique des hautes écoles
Le CERN bientôt sans scientifiques russes et biélorusses
Le Conseil du CERN a déclaré qu’il avait l’intention de résilier les accords de coopération internationale (ACI) du CERN avec la Fédération de Russie et la République de Biélorussie à leur date d’expiration en 2024. Toutefois, la situation continuera d’ être suivie de près et le Conseil est prêt à prendre toute autre décision à la lumière de l’évolution de la situation en Ukraine.
- rôle des scientifiques
- engagement politique
- rôle des universités
- politique – Biélorussie
- politique – Russie
«Étudiants réprimandés pour avoir révisé trop tard»
Des étudiant-es sont resté-es dans les locaux de la HES genevoise l’Hepia après l’horaire autorisé. La direction a évoqué des sanctions. «Car pour la haute école, ces comportements – notamment laisser l’accès ouvert à l’aide d’une cale – relèvent «d’un réel souci de sécurité auquel Hepia fait face surtout du fait de son emplacement à proximité de la gare». Mais finalement, aucune sanction n’a été infligée.
Plaidoyer pour une formation indépendante de doctorant-es par les HES
Le Conseiller national (PLR, ZH) et président de la faitière HES Suisse s’engage pour le droit de promotion dans les HES.
«Il n’y a actuellement pas de large débat politique à ce sujet. Nous sommes également très prudents à ce sujet, car si une proposition est rejetée au Parlement, les portes sont fermées. Nous souhaitons d’abord faire avancer la discussion entre les hautes écoles spécialisées et les universités et présenter une proposition commune. Pour l’instant, nous souhaitons développer le troisième cycle avec différentes possibilités, par exemple avec le DBA (Doctor of Business Administration, un doctorat orienté vers l’application) – ou avec le modèle de coopération entre les hautes écoles spécialisées et les universités, avec lequel on a fait de bonnes expériences.»
«Lorsque nous [en] parlons avec les universités du côté des hautes écoles spécialisées, il s’agit avant tout de questions de détail. Il n’y a pas d’opposition de principe. Il en va autrement en politique. La question des titres universitaires y est parfois considérée de manière plus conservatrice. On ne veut pas attribuer le « titre de docteur » de manière inflationnaire et on émet donc des réserves sur la valeur d’un tel titre lorsqu’il est décerné par une haute école spécialisée.» (Handelszeitung)
En Allemagne, une dixaine de «Länder» ont tenté l’expérience, et sous certaines conditions, les HES ont dorénavant le droit de former des doctorant-es. Un récent rapport d’expertise a analysé le modèle de promotion en Hesse, où l’encadrement des doctorants ne se fait pas par un-e professeur-e, mais plutôt dans un des sept centres de promotions thématiques, auxquels sont associés au moins douze professeurs qui sont bon en recherche («forschungsstark»). Selon le rapport, la qualité de l’encadrement par les centres de promotion «dépasse parfois les standards habituels» dans les universités. (Die Zeit)
- accréditation
- différence entre HES et universités
- formation – doctorant·e·s
- profil – universités
- profil – HES
- droit de promotion
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 17 juin 2022
16Juin2022
Politique des hautes écoles
Pétition contre le campement sauvage à la HETSL
L’hébergement d’urgence du collectif 43m2, qui accueille une soixantaine de sans-abris dans les jardins de la Haute Ecole de travail social de Lausanne (HETSL) depuis deux semaines fait l’objet d’une contre-pétition de la part d’étudiant·es. Signé par 71 personnes, le texte dénonce l’état des toilettes de l’établissement, la charge de travail supplémentaire pour l’intendance, et surtout l’absence de concertation avec les étudiant·es.
De plus, avec la session d’examen en route, la lettre argue que «Le fait d’avoir une action illégale à proximité du lieu de révision et de passation des examens est synonyme d’instabilité et d’incertitudes dans une période déjà stressante. A tout moment il peut y avoir un conflit, une intervention policière, une manifestation ou une nouvelle action invasive spontanée du collectif. Cela a de quoi remettre en question le fait que la HETSL est un espace propice au travail et aux études.»
La direction continue à demander au collectif de quitter les lieux, mais n’envisage pas l’appel aux forces de l’ordre.
Le Parlement européen proteste contre l’immobilisme des négociations avec la Suisse
Les député·es européen·nes lancent un appel urgent au Conseil fédéral et à la Commission européenne pour rétablir une relation de travail fonctionnelle. Signé par des membres des cinq grands groupes politiques, la lettre souhaite que le Conseil fédéral et la Commission européenne intensifient les échanges dans le but d’établir une «relation ambitieuse et à long terme».
Dans ce contexte, les auteur·es saluent l’intervention au Conseil national en faveur d’un accord de stabilisation, combiné à une troisième contribution de la Suisse à la cohésion. Les signataires espèrent que cela créera une atmosphère favorable à la clarification des questions institutionnelles et à la coopération dans le cadre d’une série de programmes de l’UE, notamment dans le domaine de la science et la recherche avec l’association Suisse à Horizon Europe.
Du manque de diversité d’opinion dans le monde académique
Dans le journal die Weltwoche, l’historien et directeur de recherche au Center for Research in Economics, Management and the Arts, Olivier Zimmer fait une comparaison entre la diversité d’opinion parmi les universitaires et celle entre les artisan·es.
En reprenant le terme de «pensée de groupe» (groupthink) de la littérature psychologique, qui désigne un phénomène psychologique qui se produit au sein d’un groupe de personnes dans lequel le désir d’harmonie ou de conformité aboutit à un résultat décisionnel irrationnel ou dysfonctionnel, il argue que cela est largement le cas dans le monde universitaire aujourd’hui. Selon ses propres observations anecdotiques, 80% des professeur·es sont du même avis sur des questions d’actualités comme le Brexit, la protection du climat ou encore les toilettes non genrés. Cette volonté de se conformer serait la plus forte parmi les jeunes chercheur·euses. En revanche, dans ses discussions avec des artisan·es et ses voisin·es il constate une diversité d’opinion bien plus élevée.
La LMETA, un pas en arrière pour l’accès aux données gouvernementales pour la recherche?
En début mars, le Conseil fédéral a adopté le message concernant la loi fédérale sur l’utilisation des moyens électroniques pour l’exécution des tâches des autorités (LMETA). L’Assemblée fédérale devrait examiner le projet pour la première fois durant le second semestre de 2022. Cette loi réglemente, entre autres, les données gouvernementales ouvertes (OGD), qui deviennent de plus en plus importantes pour la recherche. Le Directeur du centre de recherche national Fors et professeur de l’UNIL Georg Lutz écrit que ce projet de loi loupe la chance de créer une politique de données qui soit orientée vers le futur et favorable pour la recherche.
L’accès restreint aux données administratives «montre que la Suisse a manqué de tirer des leçons de la pandémie. Des données de mauvaise qualité et un accès lent aux données ont constitué un obstacle majeur à l’étayage des mesures par des analyses et des connaissances. Pendant la pandémie, la Suisse a souvent été [gérée] à l’aveugle. La pandémie a montré sans ménagement à quel point la Suisse est loin de pouvoir utiliser les données en temps réel et de manière exhaustive pour générer des connaissances, y compris pour la recherche indépendante. Les besoins ne se limitent toutefois pas au domaine de la santé, mais concernent également la compréhension des changements démographiques, des inégalités sociales, de la migration et de la mobilité et de leurs répercussions sur l’économie et la société.»
Georg Lutz propose, entre autres, la création d’une agence centralisée et indépendante pour les données, qui organiserait l’accès l’information et garantirait la sécurité des données.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 16 juin 2022
15Juin2022
Politique des hautes écoles
Conseil européen: Introduction d’un financement forfaitaire en 2024
A partir de 2024, le Conseil européen de la recherche (CER) a décidé d’introduire un financement forfaitaire dans ses subventions avancées pour les chercheur-euses expérimenté-es. L’introduction de montants forfaitaires est censé alléger la charge des rapports et de permettre aux chercheur-euses d’être payé-es sur la base des activités réalisées.
La «Better Science Initiative»
L’Université de Berne a lancé en 2020 l’initiative Better Science qui vise à créer une culture scientifique qui donne la chance à tout membre de la communauté scientifique de travailler de manière «excellente». Un élément clé de cette initiative sont ses dix appels à l’action . Dans une récente table ronde, une des questions traitées était comment les responsables académiques et les universités peuvent y contribuer.
L’échec du journal scientifique « Higgs »
Dans un interview avec la Medienwoche, le fondateur de « Higgs » Beat Glogger discute des raisons qui ont mis fin au journal scientifique. Il se dit notamment déçu que les fondations et les universités n’aient pas débloqué plus d’argent pour soutenir le journal.
Reconduction des SNSF Advanced Grants et SNSF Swiss Postdoctoral Fellowships en 2022
Suite à l’échec des négociations pour l’accord-cadre avec l’Union européenne (UE), la Suisse est considérée comme un pays tiers et ne peut plus participer au programme Horizon Europe. La Confédération a donc mandaté le Fonds National Suisse (FNS) pour reconduire ses mesures transitoires SNSF Advanced Grants et SNSF Swiss Postdoctoral Fellowships en 2022. Les subventions s’adressent aux chercheur-euses qui voulaient postuler pour un ERC Advanced Grant et /ou à une bourse individuelle postdoctorale Marie Sklodowska-Curie, deux programmes de soutien qui font partie de Horizon Europe.
La Chine veut son «Nature» ou son «Science» pour peser en sciences
« L’édition scientifique n’est pas qu’un vecteur de diffusion des savoirs, c’est un outil majeur de soft power. La Chine l’a bien compris, qui a beaucoup investi ces cinq dernières années. Avec un résultat encore modeste: sur les 100 revues scientifiques les plus influentes au monde, seules trois sont chinoises, d’après la China Association for Science and Technology. A l’occasion d’un congrès organisé le 13 juin 2022 à Pékin, les autorités politiques et scientifiques chinoises ont fait part de leur volonté de porter l’édition scientifique chinoise – dont une bonne part se fait déjà en langue anglaise – au premier rang. »
Débat autour des universitaires à temps partiel
La journaliste de la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) Katharina Fontana s’exprime sur la polémique autour des étudiant-es en sciences humaines et leur taux de temps partiel, lancé par Andrea Franc il y a quelques semaines dans un article d’opinion également publié dans la NZZ.
Alors que les propos de Andrea Franc ont suscité de vives critiques dans la presse, la journaliste lui donne raison. Les propos de l’historienne de l’économie doivent être comprises comme un plaidoyer en faveur d’une formation exceptionnelle en sciences humaines, dans laquelle les étudiant-es sont poussé-es à mieux exploiter leur potentiel, estime la journaliste.
Ensuite, elle reprend les arguments de Andrea Franc pour démontrer que le taux de temps partiel chez les diplômé-es des sciences humaines nuit à la collectivité qui finance ces études sans recevoir une contrepartie par le biais des impôts. Par ailleurs, elle remet en question l’employabilité des diplôme-es d’un point de vue économique. En reprenant le terme du socialiste Rudolf Strahm, elle les qualifie de d’«universitaires excédents» (Überschussakademiker).
- sciences humaines et sociales
- employabilité des diplômé·e·s
- enseignement – qualité
- rôle des universités
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 15 juin 2022
14Juin2022
Politique des hautes écoles
Quel conseil scientifique pour le climat?
Le baron deben John Selwyn Gummer, ancien membre du cabinet de Margaret Thatcher, qui est depuis 2012 président du Comité britannique sur le changement climatique (CCC), a adressé une lettre à la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga (PS) et la présidente du Conseil national Irène Kälin (Vert-e-s). L’affaire concerne la suppression de l’organe consultatif sur les changements climatiques (OcCC), par la conseillère fédérale l’année dernière.
Une motion du Conseiller aux États Othmar Reichmut (Centre), soutenu par des milieux économiques, demande la création d’une nouvelle commission d’experts. Le Conseil des Etats a soutenu cette motion en février, contre le gré de Simonetta Sommaruga. Le Conseil national votera sur cette motion la semaine prochaine.
John Selwyn Gunner dit qu’il a bien collaboré avec l’OcCC et indique que sa suppression est plutôt en contrecourant par rapport à d’autres pays. En tant qu’ancien ministre, il est convaincu qu’un organe consultatif indépendant du point de vue statutaire (comme le CCC), aide les gouvernements à mener une politique meilleure et plus efficace, d’autant plus que si son mandat concerne l’ensemble du gouvernement, et non seulement le ministère du Climat. Cette idée d’un groupe de réflexion de scientifiques multidisciplinaires avait déjà été avancée par Thomas Stocker en automne 2021 (NZZ am Sonntag).
Mais Simonetta Sommaruga a décidé autrement, en signant un contrat sur deux ans avec la plateforme Proclim de l’académie des sciences naturelles.
Reto Knutti, professeur pour la physique du climat à l’EPFZ, regrette cette décision «insuffisante»: la plateforme serait «sans visage» et «n’a pas la valeur, la la visibilité et le caractère obligatoire d’un organe doté d’un mandat et d’une mission claire de communication.» Il estime par ailleurs qu’il y a une fossé qui s’est creusé entre politique et sciences.
Les sciences humaines face à la diffamation
Le journaliste Jean-Martin Büttner voit dans les propos récents de l’historienne économique Andrea Franc sur les étudiant-es en sciences humaines et sociales une tentative de la droite de diffamer la discipline des sciences humaines dans son ensemble. En parlant d’étudiant-es « défoncé-es » dans les cours et de diplômé-es qui refusent de travailler à plein-temps pour profiter de leurs parents riches ainsi que de l’Etat, Andrea Franc répète la rhétorique de la droite qui mesure l’apport des études uniquement dans la valeur économique qu’elle est susceptible de générer. Jean-Martin Büttner dénonce cette conception de l’intellectualité en tant que technique appliquée qui manque de concevoir l’apport sociétal de l’apprentissage et surtout l’importance du savoir des sciences humaines pour notre société.
Contre les salaires de misère dans les universités suisses
Jeudi passé (09.06), le Conseil national a chargé le Conseil fédéral de rédiger un rapport sur la situation de la relève académique, notamment en ce qui concerne ses conditions de travail précaires. Dans un interview avec le journal Freiburger Nachrichten, la Conseillère nationale (Centre/Fribourg) s’exprime sur les difficultés auxquelles les chercheur-euses font face dans les universités suisses.
«Les universités ont besoin de plans d’action sur 30 ans en matière de changement climatique»
Warren Bebbington, professorial fellow à l’Université de Melbourne, estime que le soutien universitaire aux objectifs de développement durable 2030 ne suffit pas face au changement climatique actuel. Il se réfère au plan GIEC, qui conclut qu’il ne nous reste plus que trois ans pour inverser la tendance à la hausse des émissions de gaz à effet de serre afin de préserver tout espoir de maintenir le réchauffement de la Terre au niveau de référence de 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels.
«Le cycle de planification universitaire génère généralement des plans stratégiques d’une durée de cinq à sept ans. Il est évident que cette durée est tout à fait inadéquate pour élaborer une réponse efficace au plus grand des grands défis. Un horizon temporel significatif pour la planification de l’action climatique doit s’articuler autour des dates clés de 2025, 2030 et 2050, chacune d’entre elles représentant une étape importante dans le calendrier nécessaire de réduction des émissions de carbone, de l’inversion de la hausse des émissions à la neutralité carbone, puis au carbone zéro. Il convient également de se pencher sur la question de 2100, compte tenu des développements dévastateurs que les scientifiques prévoient pour le siècle prochain si le réchauffement planétaire de 1,5 °C est largement dépassé après 2050. Cela nécessiterait des objectifs d’émissions négatives en carbone encore plus sévères pour la seconde moitié du siècle. Un plan d’action climatique à long terme, sur 30 ans, pour l’ensemble de l’université, devrait être mandaté par le conseil d’administration et le vice-chancelier. Il devrait inclure des objectifs convenus conjointement avec des partenaires externes du gouvernement et des entreprises et contrôlés par un groupe de travail composé de représentants de tous les niveaux de l’université, des responsables académiques aux étudiants. Il doit également prévoir une interaction avec les institutions internationales partenaires de l’université, car un problème mondial exige une recherche et un enseignement dispensés par un réseau mondial. Il devrait prescrire des examens majeurs des progrès réalisés tous les 10 ans. […]»
L’Allemagne mise sur la Suisse pour la recherche
L’Allemagne souhaite une ouverture rapide des négociations entre l’Union européenne (UE) et la Suisse sur le « paquet Horizon ». Le ministre allemand de l’Economie Robert Habeck ainsi que la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock ont mis en avant leur soutien pour la Suisse lors d’une rencontre avec le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic.
Le « paquet Horizon » comprend les programmes-cadres de l’UE dans le domaine de la recherche et de l’innovation. La Commission européenne devrait également entamer rapidement des négociations avec la Suisse sur le programme de formation « Erasmus plus », arguent les politiciens allemands.
La ministre Annalena Baerbock justifie son engagement par les relations sociales et économiques étroites qui lient les deux pays, et qui ont particulièrement été touchées par la rupture des négociations sur l’accord-cadre. Elle souhaite pouvoir rétablir des relations commerciales stables et juridiquement sûres entre l’UE et la Suisse, surtout dans le domaine de la technologie médicale.
Le Conseil national recadre le Conseil fédéral pour l’accès aux programmes de recherche de l’UE
A 93 voix contre 92, le Conseil national a adopté ce lundi 13 juin la motion pour réintroduire les chercheur-euses helvétiques aux programmes de recherche de l’Union européenne (UE). Le texte exige du Conseil fédéral d’élaborer une sorte d’«accord de stabilisation» avec l’UE afin de garantir la participation de la Suisse aux programmes de recherche. Le cas échéant, le texte envisage même de payer la troisième contribution de cohésion à l’UE afin de faciliter les négociations.
Avec sa proposition de traiter l’admission des chercheur-euses dans ces programmes séparément de la question institutionnelle, elle s’oppose à l’approche du Conseil fédéral qui favorise l’élaboration d’un paquet plus vaste. Pour Ignazio Cassis, cette approche n’est pas réaliste. Selon lui, elle limiterait la marge de manœuvre du Conseil fédéral. «On ne peut pas négocier avec quelqu’un qui ne veut pas négocier. L’UE fait en effet un lien entre cette association aux programmes européens et les questions institutionnelles, ce que nous ne voulons pas. Négocier, nous le faisons déjà. Mais croire qu’en payant plus, nous aurions accès à ces programmes, c’est de la poudre aux yeux. Le Conseil fédéral ne peut pas être plus clair.» – rétorque-t-il.
Valais: Excemples et bonnes pratiques en termes de durabilité dans les hautes écoles
«Elaboré avec la participation des hautes écoles, institutions de recherche et écoles hôtelières privées en Valais, le septième rapport cantonal sur les hautes écoles est intitulé «développement durable – exemples de bonnes pratiques». Le thème de la durabilité y est traité au travers de pratiques exemplaires en cours dans les institutions valaisannes. Riches d’enseignements, elles illustrent le rôle important joué par le domaine des hautes écoles dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 en Valais.»
Climat: peut-on être expert du Giec et prendre l’avion?
«Pendant très longtemps, j’ai cru également qu’il était utile, pour un chercheur, de s’impliquer dans le débat public. Qu’il n’était pas possible de rester dans sa tour d’ivoire quand on travaillait sur des sujets au cœur de tant de débats publics, comme le climat et les migrations», écrit François Gemmenne, auteur principal du dernier rapport GIEC.
«Cette position pragmatique, ce souci de travailler avec tout le monde, me valait régulièrement sur Twitter mon lot d’insultes et d’injures, chaque jour plus violentes, et qui débordaient régulièrement dans la vie réelle.» Récemment «la violence de Twitter s’est déchaînée» quand il a écrit sur Twitter d’avoir pris un avion entre Nice et Paris.
Sa réponse : «si l’on commence à attendre des chercheurs un comportement exemplaire, on risque bien de fournir des munitions à ceux qui s’opposent à toute action contre le changement climatique. […] L’assignation des chercheurs à l’exemplarité est délétère, parce qu’il sera toujours possible de stigmatiser des comportements individuels. Et ce ne sont pas les comportements individuels de chacun, pris isolément, qui comptent: c’est la trajectoire de décarbonation que chacun peut adopter. Et la stigmatisation des comportements individuels risque bien d’être contre-productive, en favorisant une logique de délation et en exacerbant des réactions épidermiques qui risquent de bloquer les transformations collectives. Une société divisée entre ceux qui postent sur Instagram des photos de trains-couchettes et ceux qui posent fièrement à côté de leur SUV sera condamnée à faire du sur-place.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 14 juin 2022
13Juin2022
Politique des hautes écoles
Comment lutter contre la fraude et les fautes dans la publication scientifique?
Les hautes écoles suisses ont élaboré un codice pour la recherche en collaboration avec swissuniversities, le Fonds national suisse et Innosuisse, un garde-fous dans le traitement des annonces d’erreurs ou de falsifications.
La juriste Regina Aebi-Müller de l’Université de Lucerne a participé à la rédaction de ce code. Selon elle, «Un point de discussion litigieux lors de la rédaction a été le traitement des informateurs anonymes». Il n’est toutefois pas certain que les universités divulguent les annonces d’études erronées. Car pour les universités, les erreurs dans leurs contributions scientifiques peuvent signifier une grande perte de réputation. «Les universités décident elles-mêmes si elles veulent divulguer des procédures et lesquelles.»
L’Université de Lucerne voit plutôt l’avantage des déclarations anonymes et a mis en place une sorte de boite aux lettres pour des lanceurs d’alerte anonymes qui transmettent les informations aux services et personnes compétents. Le chargé de communication Lukas Portmann déclare : «Les principes de procédure énoncés dans le règlement, notamment aussi la confidentialité de la procédure, permettent toutefois d’atténuer les effets négatifs. De plus, le principe de la présomption d’innocence s’applique.»
De plus en plus d’étudiant-es suisses ont besoin de soutien psychologique
«La crise du Covid-19, la menace de l’inflation et aussi la guerre en Ukraine mettent à mal les étudiants en Suisse. De plus en plus de jeunes luttent contre des troubles psychiques qui rendent quasiment impossible de se lever ou même de continuer. Les études deviennent ainsi de plus en plus un combat. […] Certes, les mesures Covid ont été supprimées depuis des mois, mais les séquelles de l’isolement se font encore nettement sentir. «Le service d’orientation universitaire n’a jamais eu autant de consultations au cours des cinq premiers mois que cette année», explique Markus Diem, responsable du service d’orientation universitaire à l’Université de Bâle. […]«C’est la même expérience que font tous les services jumeaux en Suisse et en Allemagne avec lesquels j’ai des échanges».»
Selon Markus Diem, la raison principale est lié à l’enseignement à distance. Un autre aspect important est le long Covid, «qui peut également avoir un impact énorme sur le psychisme. A cela s’ajoute la guerre en Ukraine. «Ces événements remettent fondamentalement en question l’ordre mondial et l’ordre en Europe», ajoute le responsable de l’orientation universitaire en guise de conclusion. «On ne sait pas comment les choses vont évoluer. A cela s’ajoute l’inflation, tout devient plus cher. Cela concerne également les étudiants.»
Motion parlementaire pour une association aux programmes européens pour la recherche
Une coalition du Conseil national s’engage pour que le Conseil fédéral négocie l’association complète de la Suisse à Horizon Europe auprès de l’Union Européenne (UE). Soutenue par le PS, les Vert·e·s, les verts-libéraux et le PLR, la coalition est assurée d’obtenir 88 des 101 voix obligatoires au Conseil national. La motion, lancée par la Commission de politique extérieure (CPE) est à l’ordre du jour du Conseil national ce lundi 13 juin.
Outre la demande que le Conseil fédéral entame des négociations avec l’UE afin d’associer pleinement la Suisse à ces divers programmes de recherche (notamment Horizon, Euratom et Erasmus+), la Commission souhaite également verser une troisième contribution de cohésion à l’UE. Parallèlement, la CPE veut que la Suisse s’engage à résoudre rapidement les questions institutionnelles.
La CPE veut s’éloigner de l’approche globale des négociations suivie par le Conseil fédéral qui vise à régler la question institutionnelle avant tout et favorise une approche par étapes. Le centre, l’UDC et le Conseil fédéral lui-même s’opposent à la motion.
«Un service de livraison «durable» de l’EPFL veut sous-payer des étudiants»
«Campus Express, un projet-pilote de livraison de repas lancé il y a deux semaines par l’EPFL, est sous le feu des critiques. Une association étudiante monte au créneau.»
«La recherche suisse et sa dangereuse proximité avec le militaire»
La Suisse est considérée comme un centre de recherche et de développement important pour les drones. Il n’est pas rare que ces innovations suisses soient utilisées par des armées étrangères. Roland Siegwart, professeur et directeur de l’Institut de robotique et de systèmes intelligents à l’EPFZ dit déjà avoir dû refuser des donateur·ices du domaine des armes de guerre pour des projets de recherche. Par ailleurs, certaines commandes ont déjà été stoppées à cause de client·es suspect·es.
Certaines hautes écoles collaborent étroitement avec des militaires étrangers dans ce domaine. A titre exemplaire, l’armée américaine finance des programmes de recherche fondamentale que le Seco ne contrôle pas et dont les résultats sont publiés. L’EPFZ a notamment participé à une course de drones aux Etats-Unis qu’elle a remporté et qui était organisé par Darpa, l’agence américaine chargée des projets de recherche avancée en matière de défense. L’EPFZ travaille depuis longtemps en étroite collaboration avec ces entités américaines et a élaboré des bases logicielles communes pour leurs systèmes.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 13 juin 2022
Docteur honoris causa, persona non grata
«Alors qu’une pétition circule pour réclamer la révocation du doctorat honoris causa décerné en 1937 à Mussolini, l’Université de Lausanne interroge son passé. Comment réparer l’erreur? Un groupe d’experts, dont le rapport devrait être rendu public bientôt, s’est penché sur la question»
10Juin2022
Politique des hautes écoles
Le Conseil national veut un état des lieux de la relève académique
Le Conseil national demande au Conseil fédéral de dresser un état des lieux détaillé de la situation de la relève académique en Suisse. Il doit notamment mettre en évidence les conditions de travail et l’état de l’égalité des chances.
Le Conseil national veut encourager davantage la recherche de pointe
Le Conseil national demande de nouvelles mesures pour encourager la recherche et l’innovation en Suisse. Il souhaite ainsi mieux compenser les désavantages liés à la non-participation au programme de recherche européen « Horizon Europe ». Le Conseil fédéral estime que les mesures actuelles suffisent. La motion est maintenant transmise au Conseil des États.
Les entreprises suisses investissent moins dans la formation continue
«La formation continue a subi un coup de frein en Suisse après la pandémie de Covid-19. Près de la moitié (45%) de la population a suivi des cours l’an dernier, contre 62% en 2016. Les budgets alloués par les entreprises ont baissé.»
VS : Discussion sur le financement des institutions de formation et de recherche universitaires
«Le Grand Conseil [valaisan] a accepté à l’unanimité d’entrer en matière sur l’octroi d’un crédit de 47 millions de francs pour la période 2022-2025 aux institutions de formation et de recherche universitaires, dont l’Idiap et UniDistance. Dans son rapport, la Commission de l’éducation note que, selon les estimations de l’État, ce crédit devrait «rapporter 70 millions de francs à l’économie valaisanne en l’espace d’une génération».
La science, une affaire politique?
La campagne Stick to Science a fait valoir que la science devrait être au-dessus de la politique. Jan Palmosky, Secrétaire général de la Guilde des universités européennes à forte intensité de recherche, écrit: «
Mon opinion personnelle est que, précisément parce que les décisions concernant la science sont politiques, le Royaume-Uni et la Suisse doivent s’associer [au programme Horizon Europe]. Dans le climat géopolitique actuel, l’importance de l’«autonomie stratégique» augmente de façon spectaculaire. Mais la science européenne est-elle capable de faire cavalier seul ? Dans de nombreux domaines stratégiques clés, comme l’intelligence artificielle, la science européenne ne sera à la pointe du progrès mondial que si l’UE, le Royaume-Uni et la Suisse unissent leurs forces. Si nous nous préoccupons réellement de la compétitivité scientifique mondiale de l’Europe, l’association du Royaume-Uni et de la Suisse à Horizon Europe devrait être une priorité absolue – scientifique et politique.»
EPFL: L’entrepreneuriat étudiant en vogue sur le campus
«Depuis 2018, l’EPFL permet aux étudiants et étudiantes motivés de lancer une startup en guise de projet de master. Rencontre avec deux récents diplômés qui ont relevé ce défi avec succès.»
L’Unil dans les médias
«Les données sont au cœur d’une recherche innovante contre le cancer »
«Le traitement des données cliniques et moléculaires d’un grand nombre de patients atteints de cancer peut permettre d’aboutir à des diagnostics plus précis et des traitements mieux adaptés. C’est le but d’un projet lancé à l’échelle nationale, financé par la Confédération et supervisé par l’oncologue du CHUV Olivier Michielin.»
Revue de presse UNIL 10 juin 2022
9Juin2022
Politique des hautes écoles
Partir ou rester, les chercheurs suisses exclus d’Horizon Europe doivent choisir
«Recevoir une bourse d’une institution dont on ne fait plus partie? Voilà le sort de la vingtaine de chercheurs issus d’universités suisses, nominés pour les prestigieuses subventions du Conseil européen de la recherche «ERC consolidator grants». Problème: la Suisse ne fait plus partie du programme Horizon Europe depuis un an. Pour toucher ces fonds européens, les lauréats doivent ainsi quitter le pays. S’ils restent, les chercheurs perdent leur bourse ERC mais sont assurés de bénéficier de subventions équivalentes, financées par la Confédération. Cinq chercheurs, tous concernés par ce choix difficile, se confient à Heidi.news.»
FNS : «Le CV au nouveau format peut être créé dès maintenant»
Dès le 3 octobre 2022, le FNS utilisera le nouveau format de CV – d’ores et déjà disponible – dans son instrument «encouragement de projets». Ce nouveau format «narratif» SciCV vise à mettre en valeur les réalisations des scientifiques au-delà des listes de publications, et de se mettre ainsi conforme à la Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche (DORA) de 2012.
Selon une étude de l’Université de Leiden, les répondant-es à l’enquête sur le SciCV ont estimé que les éléments narratifs du nouveau format étaient les plus utiles. Cependant, certaines personnes demandant des subventions n’ont pas apprécié de devoir passer autant de temps à rédiger ces descriptions. Et certains évaluateurs-rices ont critiqué l’utilisation d’un langage «vantard» dans les récits, comme «le premier», «expert», «unique» et «innovant».
Une autre caractéristique jugée utile est la preuve de l’«âge académique» des candidat-es. Cet âge est défini comme le nombre d’années en équivalent temps plein (ETP) travaillées dans le milieu universitaire et est calculé à partir de l’année de la première publication universitaire, plutôt que de l’année d’obtention de leur diplôme d’études supérieures. Cependant, certains examinateurs-rices et candidat-es n’étaient pas d’accord avec la façon dont ce calcul était affecté par le congé parental.
Par ailleurs, l’indicateur le plus critiqué dans le SciCV est le h-index, qui quantifie la productivité des scientifiques et l’impact de leur publications.
Les universités suisses en baisse de performance en comparaison internationale
Selon le classement QS World University Ranking de cette année, les universités suisses montrent une baisse de performance en comparaison internationale. DL’EPFZ perd une place et se situe désormais au 9ème rang du classement international. Elle reste toutefois la meilleure université d’Europe continentale. Elle est suivie par l’EPFL, qui occupe la 16e place (contre 14 auparavant).
La liste du top 10 est dominée par des universités américaines ou anglaises. Le Massachussets Institute of Technology (MIT) est en tête du classement international, suivi de l’Université de Cambridge et de l’Université de Stanford. Parmi les 70 meilleures du monde se trouvent également l’Université de Berne, l’Université de Bâle ainsi que l’Université de Lausanne.
Le QS World University Ranking de cette année est le plus important jamais réalisé, puisqu’il inclut 1418 institutions réparties sur 100 sites. Les résultats prennent en compte la répartition et la performance de 16,4 millions de travaux académiques publiés entre 2016 et 2020. Ils tiennent compte des avis d’expert·es de plus de 151 000 enseignants·e et de plus de 99 000 employeur·es.
Les quatres exigences des étudiant·es de Lucerne
Dans une lettre adressée au recteur de l’Université de Lucerne, plus de 100 étudiant·es demandent une prise de position sur les propos controversés de l’historienne économique Andrea Franc. Cette dernière accusait les étudiant·es en sciences humaines et sociales de manquer d’ambition, de refuser de travailler à plein temps et par là de peser sur les assurances sociales dans une interview avec la Neue Zürcher Zeitung (NZZ).
Les étudiant·es reprochent à Andrea Franc, enseignante dans la faculté d’économie, d’avoir utilisé des explications purement anecdotiques et des affirmations insinuantes, pas digne d’une discussion scientifique.
La lettre formule quatre revendications : Premièrement, la direction de l’université et le doyen de la faculté des sciences économiques doivent prendre publiquement position sur les déclarations d’Andrea Franc. Deuxièmement, la faculté des sciences économiques doit démontrer quelle «valeur ajoutée» l’enseignement de Franc apporte aux étudiant·es. Le doyen et Andrea Franc doivent en outre montrer «dans quelle mesure les cours du Dr. Andrea Franc se distinguent de ceux dispensés dans les disciplines des sciences humaines». Finalement, Andrea Franc doit étayer ses thèses de manière empirique.
La droite vote l’interdiction du point médian
A 98 voix contre 77, le Parlement fédéral a banni le point médian des documents de l’administration. Lancé par le conseiller national Benjamin Roduit (Centre/VS), la proposition d’interdire «l’écriture dite inclusive ou langage épicène» ne définit pourtant pas explicitement à quoi l’interdiction s’appliquera. Pour cette raison, le Conseil fédéral plaidait pour refuser l’interdiction en rappellant que le point médian n’est pas utilisé dans l’Administration fédérale et que dans ces directives, elle s’oppose à «l’utilisation des pratiques d’écritures alternatives ».
L’écriture inclusive a été récemment interdite en France, dans le canton de Genève, ainsi que celui du Valais. (20 minutes)
En même temps, l’administration de la ville de Zurich est tenue dans un futur à utiliser l’asterisque («Genderstern») pour assurer que les textes ne se réfèrent pas seulement aux hommes et femmes, mais également aux personnes non-binaires (e.g. «Sehr geehrte*r Claude Dupont»). (NZZ)
La ville de Saint-Gall a cependant décidé de ne pas utiliser l’asterisque (ou «:») parce que la Confédération ne l’utilise pas, parce que qu’il est trop peu courant et parce qu’il manque un concept pour les administrations germanophones sur l’utilisation harmonisée du langage administratif. (SRF)
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 9 juin 2022
8Juin2022
Politique des hautes écoles
Sur l’influence grandissante des Allemand-es dans les universités autrichiennes
L’auteur de l’article écrit que «les Autrichiens ont un problème avec leurs voisins [allemands] parce qu’ils se sont installés dans le monde de la culture et dans les universités de manière astucieuse. Ils sont partout et de plus en plus nombreux.» En effet, le nombre de professeur-es allemand-es a augmenté massivement depuis le début du siècle, et le programme dans les théâtres et musées est de plus en plus réalisé par des Allemands.
«Mais que montrent les hommes de théâtre allemands à leurs spectateurs de Graz, Linz, Innsbruck, Salzbourg, Klagenfurt et Bregenz ? Chaque périphérie aspire-t-elle au centre d’une internationalité qui, au final, n’est pas si internationale que cela, mais seulement allemande ? Ce sont des questions difficiles que l’Autriche n’est pas la seule à se poser. La Suisse aussi mène des débats sur une puissance culturelle hégémonique qui peut ou veut prétendre avoir vu plus du monde, parce que ce monde s’étend justement de Hambourg à Oberammergau […].»
En 2017, le Ministère autrichien des Sciences a mandaté une étude qui évalue les conséquences de la loi sur l’Université (2002), qui favorise l’internationalisation de l’enseignement et de la recherche. «L’internationalisation signifie en effet dans de nombreux cas la «germanisation»», constate le rapport. Cela concerne en particulier le domaine des sciences humaines et sociales («Geisteswissenschaften»). A l’Université de Graz, deux professeur-es sur trois qui travaillent dans ce domaine sont allemand-es. Ceci pose un problème, car «Les petites littératures, les zones littéraires marginales, échappent à un canon entretenu par les Allemands. Dans l’enseignement et la recherche, de nombreux auteurs qui n’entrent pas dans le schéma des sempiternels Handke et Bernhard n’apparaissent plus du tout. Une internationalisation qui ne fait que transporter des connaissances étrangères dans le pays sans les contaminer avec des connaissances locales n’en est pas une. Également tristement célèbres sont les réseaux de professeurs allemands qui amènent leurs assistants allemands dans les universités autrichiennes. En conséquence, l’internationalisation se supprime à nouveau.»
- mobilité scientifique
- enseignement – pluralité
- collaborateurs·rices étrangers·ères
- recherche – pluralité
Université de Fribourg: construction pour la faculté de droit
La fondation Tremplin quittera son site actuel au centre de Fribourg. Cela libère de la place pour le chantier de la Faculté de droit, qui se fait attendre depuis près de trois décennies.
Des réfugiées ukrainiennes à l’Université de Neuchâtel
En quelques mois, l’Institut de langue et civilisation française de l’Université de Neuchâtel aura dispensé des cours de français à plus de 130 réfugiées ukrainiennes (et quelques hommes), y compris les participants aux habituels cours d’été qui viennent de débuter.
Par ailleurs, l’Université de Neuchâtel a reçu une douzaine de demandes d’inscription pour la rentrée en septembre.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 8 juin 2022
7Juin2022
Politique des hautes écoles
L’employabilité des diplômé-es en sciences humaines : un fact-checking
Le Tages-Anzeiger a publié un «fact-checking» des déclarations que l’histoirienne économique Andrea Franc a fait dans un entretien avec la NZZ par rapport aux étudiant-es et diplômé-es en histoire, et en sciences humaines et sociales en général.
Les journalistes du Tages-Anzeiger viennent à la conclusion que la plupart des affirmations d’Andrea Franc sont fausses ou ne se laissent pas vérifier.
«L’université: ni temple, ni forum, ni arène»
Anne Emery-Torracinta, Conseillère d’État genevoise en charge du Département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse, commente les revendications d’un groupe d’étudiant-es qui souhaitent avoir un lieu pour faire de la prière musulmane, mais aussi aux conférences interrompues récemment par des manifestant-e empêchant la prise de parole prévue des intervenant-es.
«Quelle place doivent prendre à l’université les revendications politiques ou idéologiques, et jusqu’où les conflits inhérents à la vie sociale doivent-ils être autorisés à y pénétrer? […] «l’université a pour vocation essentielle les progrès du savoir au moyen de la rationalité critique. L’université n’est donc ni un lieu de croyance, ni un forum d’affirmation identitaire, ni une arène de gladiateurs.»
Les mécanicien·nes de la société
Pour le journaliste Peter Morf, les scientifiques qui souhaitent changer le monde représentent un danger pour la société. Leur volonté de rendre le monde «meilleur» les pousse à prétendre à des connaissances qui’ils et elles n’ont pas.
Par ailleurs, il accuse de nombreux scientifiques de penser que le comportement humain peut et devrait être influencé activement («nudging»).
Les souffrances du corps intermédiaire de l’Université de Bâle
Le corps intermédiaire, qui se constitue de collaborateur·ices scientifiques, doctorant·es et post-doctorant·es souffrent dans les universités suisses. Une enquête menée en 2020 par l’Association des assistant·es de l’Université de Bâle (Avuba) révèle que les collaborateur·ices travaillent régulièrement plus que leur taux d’occupation ne le prévoit et sont employé·es pour une durée déterminée avec peu de perspectives d’emploi par la suite.
Le hashtag allemand #IchBinHanna qui circule depuis quelques semaines sur Twitter met en lumière la précarité accrue du corps intermédiaire. Il a été créé en réponse au ministère fédéral allemand de l’éducation et de la recherche qui avance que les contrats à durée déterminée sont une condition nécessaire à l’innovation.
En Suisse, seul 10% des post-doctorant·es ont la chance d’obtenir un poste de professeur·e. En raison des contrats généralement limités à un an, le 90% des employé·es restant sont condamné·es à abandonner leur activité de recherche et se réorienter professionnellement.
Interrogée à ce sujet, l’Université de Bâle explique que les contrats à durée déterminée sont dûs d’une part aux projets financés par des fonds tiers limités dans le temps. D’autre part, les postes à durée indéterminée auraient pour conséquence que moins d’offres d’emploi seraient disponibles à l’université, car les postes resteraient occupés plus longtemps.
Les sanctions scientifiques en temps de guerre, un outil à l’efficacité discutable
«Avec l’invasion de l’Ukraine, une salve de sanctions s’est abattue sur la Russie. D’abord d’ordre économique, puis aussi scientifique, certaines revues scientifiques ayant décidé de boycotter les manuscrits émanant de chercheurs travaillant au sein d’institutions russes. Certaines institutions, comme le CERN, ont suspendu les nouvelles collaborations avec la Russie. Que penser de ces boycotts? Se sont-ils au moins montrés efficaces par le passé? Dans un long article publié par Nature, l’historien des sciences américain Michael Gordin revient sur les événements du siècle dernier, et comment ils peuvent éclairer la situation actuelle entre la Russie et l’Occident.»
Pourquoi connaît-on si peu de femmes scientifiques?
«Les grands scientifiques ayant marqué l’Histoire ne sont-ils que des hommes? Pourquoi si peu de femmes de sciences sont-elles passées à la postérité?» Le podcast Micro sciences transforme l’absence de femmes scientifiques en grandes réponses historique et agnotologique.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 7 juin 2022
3Juin2022
Politique des hautes écoles
Accréditation de l’Université de Fribourg
L’Université de Fribourg a reçu son accréditation nécessaire pour conserver son statut d’université. «Parmi les bons points attribués à l’Université de Fribourg, le groupe d’experts salue son vaste réseau international, les liens étroits avec le canton et la ville de Fribourg, l’optimisation du système d’assurance qualité depuis un dernier audit. Les experts émettent cependant une condition: l’Université de Fribourg devra procéder à une évaluation périodique de tous les membres du corps professoral. Ils recommandent en outre à l’université de mieux expliquer à l’État l’urgence de disposer de ressources supplémentaires.»
Des étudiant-es de l’Université de Lucerne et de Bâle réagissent à l’interview de la NZZ avec l’historienne Andrea Franc
L’interview de l’enseignante des universités de Bâle et de Lucerne Andrea Franc suscite l’émoi des étudiant-es. L’historienne en économie reprochait aux étudiant-es en sciences humaines et sociales de vivre sur la fortune de leurs parents ou aux frais du contribuable, car ils et elles ne travailleraient qu’à de faibles taux d’occupation. En outre, elle met globalement en doute les capacités intellectuelles des étudiant-es : «Je crains que beaucoup d’entre eux ne puissent même pas répondre correctement aux questions des tests de naturalisation», avait déclaré Andrea Franc. Les étudiant-es en sciences humaines se contenteraient en outre de «passer leur temps à l’université et de fumer des joints tout au long de leurs études».
Des étudiant-es de l’Université de Lucerne demandent une prise de position de la direction de l’université et «une prise de distance claire par rapport aux déclarations diffamatoires». «[L’opinion de Andrea Franc] ne correspond pas à l’opinion et aux expériences de l’Université de Lucerne. Nous avons une toute autre impression de nos étudiant-es», répond le chargé de communication de cette université Lukas Portmann. «On constate en outre que les diplômé-es en sciences humaines s’intègrent parfaitement dans le marché du travail. Nous ne souhaitons pas prendre position sur d’autres points.»
Selon le président de l’association étudiante de l’Université de Bâle Skuba, «Ce que Mme Franc a raconté est tout simplement loin de toute réalité.» L’association prévoit également de rédiger une lettre ouverte au rectorat: «Le but est d’obtenir des excuses pour ces déclarations indéfendables.» Interrogée, l’Université de Bâle renvoie à son Code de conduite. Celui-ci stipule que l’on communique de manière respectueuse et que l’on exprime des critiques de manière constructive. «Le choix des mots utilisés par Madame Franc ne correspond pas à cette image», déclare Matthias Geering, directeur de la communication de l’Université de Bâle.
- employabilité des diplômé·e·s
- enseignement – qualité
- taxes d’études
- liberté d’expression
- gestion de conflit
La diplomate Livia Leu a répondu par écrit à la Commission européenne
La secrétaire d’Etat helvétique Livia Leu a répondu par écrit aux questions de Bruxelles sur la position de la Suisse face à l’Union européenne (UE). […] [Elle] insiste sur le fait qu’à l’avenir, la participation des pays tiers aux programmes de l’UE doit être garantie. Cela concerne surtout le programme de recherche Horizon Europe, mais aussi le programme de formation Erasmus+. La Suisse est actuellement exclue des deux.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 3 juin 2022
2Juin2022
Politique des hautes écoles
Qui profite réellement de la bourse d’«excellence» de l’UZH ?
Pour retenir les talents académiques, l’Université de Zurich (UZH) a lancé un nouveau programme de soutien en début d’année. Vingt diplômé·es de bachelor ayant obtenu d' »excellents résultats » recevront 10 000 francs par semestre en master sans contrepartie.
Les recherches du journal die Wochenzeitung (WOZ) dévoilent que ces bourses sont majoritairement données à des hommes sans soucis financiers. La WOZ documente que sur les 38 dossiers de candidature admis, seuls 13 émanaient de femmes. Dans la faculté de médecine vétérinaire, aucune femme n’a posé sa candidature, alors que les femmes y représentent 83% du corps étudiant. Également aucune femme n’a candidaté dans la faculté d’économie. L’UZH indique elle-même que la faible proportion de boursières s’explique par la réticence des femmes à postuler.
La WOZ cherche l’explication dans les conditions d’admission à la bourse : uniquement les 10% des meilleurs étudiant·es étaient autorisé·es à participer. «Le terme ‘excellence’ ne s’adresse qu’aux personnes qui sont orientées vers la carrière. Il semble que ce soit surtout des hommes », explique Sascha Deboni, représentant des étudiants au sein du groupe d’accompagnement de la bourse d’excellence. Or, l’excellence ne s’exprime pour lui pas seulement par des notes. Il propose alors d’assouplir les conditions d’admission à vingt ou trente pour cent des meilleurs étudiant·es.
De plus, une évaluation des dossiers de candidature pour la bourse de l’UZH montre que seule une minorité a vraiment besoin de cet argent. Seuls 5 des 38 candidat·es ont indiqué devoir travailler à côté pour financer leurs études. La grande majorité des candidat·es n’ont pas d’emploi fixe ou seulement des emplois qui ne dépassent pas un minimum de travail à l’université.
Contre-réplique à l’historienne de l’économie Andrea Franc
Dans la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) le professeur de philosophie et doyen de la Faculté des sciences culturelles et sociales de l’Université de Lucerne, Martin Hartmann réagit à un interview de l’historienne de l’économie Andrea Franc donné dans la NZZ le 25.05.
Pour rappel, Andrea Franc reprochait aux étudiant·es en sciences humaines et sociales de manquer d’ambition et de renoncer volontairement à un emploi à plein temps suite aux études. Par conséquent, ces diplômé·es paient moins d’impôts. Elle y voit une inégalité par rapport aux contribuables qui financent ces études.
Selon Martin Hartmann, il est trop simpliste d’assumer que le taux élevé de temps partiel (57.6%) dans son domaine est uniquement dû à une envie d’avoir plus de temps pour les intérêts personnels. Andrea Franc ne mentionne par exemple pas le facteur temps lié à la charge parentale, toujours encore majoritairement assuré par les femmes. «Si l’on tient compte du fait que les femmes étudient plutôt les sciences humaines et sociales que les disciplines Mint, il se peut qu’il y ait au moins une explication partielle au taux élevé de temps partiel des femmes.» argue-t-il.
Il critique entre autres la vision de Andrea Franc qui ne fait pas de différence entre l’éducation et la formation, c’est-à-dire une acquisition de connaissances plus axée sur la formation de la personnalité d’un apprentissage plus axé sur la profession. Pour Andrea Franc, l’éducation devient une formation qui doit garantir le succès professionnel et l’efficacité économique. Une vision qui veut limiter ou du moins punir économiquement tout ce qui n’est pas efficace au sens économique du terme, argue Martin Hartmann.
L’Unil dans les médias
Portrait de Hannah Perekhoda, doctorante et militante pour l’Ukraine
Le Temps dresse le portrait de Hannah Perekhoda, assistante et doctorante en sciences politiques à l’Université de Lausanne. Origine de Donetsk et vivant en Suisse depuis 2013, elle est la fondatrice du «Comité Ukraine» qui soutient les organisations progressistes, féministes, écologistes et antiautoritaires ukrainiennes depuis la déclaration de guerre de Poutine.
Revue de presse UNIL 2 juin 2022
1Juin2022
Politique des hautes écoles
Le FNS rejoint la cOAlition S pour le libre accès immédiat aux articles scientifiques
«Le FNS vient de décider de rejoindre la cOAlition S, la plus grande initiative mondiale d’organismes de financement de la recherche en faveur de l’Open Access (OA). « La recherche repose sur la collaboration. En tant qu’organismes de financement de la recherche, c’est également en collaborant que nous atteindrons au mieux nos objectifs. Le libre accès aux articles scientifiques est l’un de ces objectifs », déclare Matthias Egger, président du Conseil national de la recherche. « La cOAlition S a démontré qu’elle peut être un moteur de ce changement structurel. »
En tant que membre de cette coalition, le FNS mettra en œuvre le Plan S. Cela signifie que les chercheuses et chercheurs devront désormais rendre leurs articles immédiatement accessibles gratuitement, et non plus avec un délai d’embargo de six mois comme c’était le cas auparavant. […] En outre, le FNS prévoit de définir comme standard pour les articles une licence CC-BY. […] Les nouvelles règles OA entreront en vigueur au plus tôt le 1er janvier 2023.»
«Le système britannique de visas pour les meilleurs diplômé-es exclut les universités de l’UE»
Le gouvernement britannique offre depuis récemment des visas de travail « accélérés » pour les diplômées d’une université non britannique figurant parmi les 50 premières dans au moins deux des classements suivants : les classement mondiaux des universités du Times Higher Education, de Quacquarelli Symonds ou le Classement de Shanghai.
L’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) sont les deux seules universités suisses à figurer sur ces listes.
Selon Science Business, des critiques affirment depuis longtemps que ces classements d’universités favorisent des pays comme les États-Unis, et en particulier le Royaume-Uni, qui concentrent une grande partie de leurs fonds de recherche dans une poignée d’énormes universités de recherche globale qui dominent ensuite les premières places. L’Europe continentale, quant à elle, tend historiquement vers une répartition plus large et plus équilibrée des universités, tant sur le plan géographique qu’en termes de financement. Le fait que la liste des universités britanniques les mieux classées ne comporte pas une seule institution d’Asie du Sud, d’Amérique du Sud ou d’Afrique – y compris dans l’une des agences de classement sur lesquelles elle est basée – a également suscité un tollé.
Plagiat : Les universités face à la mauvaise conduite scientifique
Une étude publiée aux Pays-Bas démontre que plus de la moitié des 6800 scientifiques interrogé-es dans les universités néerlandaises commettent régulièrement des fautes professionnelles légères. Il s’agit notamment de la dissimulation de résultats négatifs d’études, de l’encadrement insuffisant de jeunes chercheur-euses et de l’absence de documentation. Concernant les faux-pas volontaires et graves, une personne sur douze admet avoir commis de la falsification d’images et de résultats, de la manipulation du déroulement de la recherche ou du plagiat.
En Suisse, les chiffres précis sur la mauvaise conduite scientifique ne sont pas enregistrés de manière centralisée. Les universités décident elles-mêmes si et quelles procédures elles veulent rendre publiques. Selon la juriste Regina Aebi-Müller de l’Université de Lucerne, il n’est pas dans l’intérêt des hautes écoles d’exposer les erreurs. La crainte d’une atteinte durable à l’image de marque est trop grande.
Si par contre une infraction n’est pas constatée dans sa propre haute école, mais dans une demande de financement de la recherche, une procédure incombe au promoteur. Le Fonds national suisse (FNS) a mis en place un organe de contrôle qui vérifie chaque année 5 % des demandes d’encouragement soumises. Dans l’échantillon de 2020, le FNS a contesté l’intégrité de 20 des 357 demandes contrôlées, mais n’a sanctionné que trois personnes.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 1er juin 2022
31Mai2022
Politique des hautes écoles
Le Fonds national suisse amasse un trésor de plusieurs millions de francs
Le Fonds national suisse (FNS) dispose d’héritages et de dons privés d’une valeur de plus de 135 millions de francs. Régulièrement, des personnes lèguent au FNS des sommes importantes dans l’objectif de soutenir des projets de recherche. Le FNS compte au total 15 héritages et dons de ce type dans ses caisses. Dans un cas, le don remonte à il y a 50 ans et n’a pas été touché. Au cours des derniers douze années, le FNS n’a financé aucun projet de recherche avec les dons.
En conséquence, la fortune totale de ces fonds ne cesse d’augmenter. Alors qu’en 2010, elle s’élevait encore à 55 millions de francs, aujourd’hui elle atteint déjà 137 millions. L’augmentation est due d’une part aux revenus de la fortune et aux gains de change et d’autre part à de nouvelles donations qui ont été faites au cours de ces dernières années.
La directrice du FNS, Angelika Kalt défend cette politique de retenue : Premièrement, les dons privés ne peuvent être utilisés que pour des domaines de recherche qui correspondent à la volonté des donateur-trices qui ont défini, parfois très étroitement, le but de l’utilisation. De plus, les testateur-trices et donateur-trices auraient confiance dans le fait que le FNS n’encourage avec leur argent que des «projets exceptionnels», argue-t-elle. «Ces dernières années, tous les projets qui méritaient d’être soutenus ont été financés avec des fonds de la Confédération.» L’utilisation supplémentaire de fonds privés n’était donc «pas justifiée». Mais l’exclusion de la Suisse du programme de recherche Horizon Europe de l’UE va probablement aussi renforcer la demande de fonds du FNS. «C’est pourquoi nous devons réfléchir à la manière dont nous pourrons à l’avenir utiliser davantage les fonds privés», explique Angelika Kalt. Un concept est en cours d’élaboration à cet effet.
Dans le site web Weltwoche Daily, Christoph Mörgeli, [anciennement professeur à l’Université de Zurich,] écrit que «La déclaration de la directrice du FNS ne peut être interprétée que de deux manières : Soit les projets des 14.000 scientifiques soutenus sont tous «exceptionnels». […] Mais cela est très, très improbable pour 14.000 personnes. Ou alors, les 14.000 scientifiques soutenus par l’argent des contribuables et leurs projets ne sont justement pas «exceptionnels» et ne peuvent donc pas correspondre à l’objectif des fondateurs, donateurs et testateurs privés. Les deux variantes soulèvent des questions.»
Manque de statistiques sur le statut familial des professeur-es
Malgré une majorité d’étudiantes, les professeurs masculins sont en majorité dans les universités. Pour connaître les raisons de ce phénomène, il serait, selon le rédacteur en chef du SonntagsBlick, intéressant de savoir si les professeurs ont plus souvent un plus grand nombre d’enfants que leurs homologues féminins. Si cela serait le cas, il faudrait prendre des mesures, par exemple lors de la procédure d’appel ou bien en améliorant l’encadrement dans les crèches ou leur prix.
Malheureusement, les Universités de Bâle, Berne, Genève et Zurich n’ont pas pu fournir des statistiques sur le statut familial des professeur-es. «Ce qui ressort ici, c’est une lacune dans les données, comme on le trouve dans les manuels. Et c’est une raison importante pourquoi en 2022 les femmes ont toujours plus de mal que les hommes. Tant que quelque chose d’aussi vital que les enfants, la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle n’intéressent pas les instances responsables, il n’y aura pas d’égalité des chances. «Personne ne doit donc s’étonner que la science et la recherche, et en fin de compte notre quotidien à tous, soient marqués par l’empreinte masculine. Puisque les hommes sont majoritaires dans la recherche, les hommes sont la norme dans la recherche.» L’auteur prend comme exemple comme le TDAH ou les crises cardiaques qui sont beaucoup moins souvent détectés chez le genre féminin par manque de recherches.
Université de Bâle réticente à admettre des étudiantes ukrainiennes
En avril, des centaines d’étudiantes ukrainiennes ont déposé leur candidature pour une place d’études à l’Université de Bâle. S’agissant d’étudiantes invitées («Gaststudierende»), l’admission est limitée à trois semestres et elles ne sont pas autorisées à obtenir des diplômes universitaires de l’Université de Bâle.
Malgré un afflux initial de demandes, seules deux étudiantes ukrainiennes ont été admises. Michel Geering, porte-parole de l’université explique le faible taux d’admission, entre-autres, par le manque de connaissances en allemand. Alors qu’il n’est pas nécessaire d’apporter la preuve de ces connaissances pour être admis, les examens et travaux écrits sont tout de même en allemand, ce qui constitue un obstacle majeur pour la majorité des étudiantes venant d’Ukraine.
De plus, certaines connaissances spécialisées qui sont nécessaires pour étudier en Suisse manquent à de nombreuses étudiantes ukrainiennes. La raison étant qu’en Suisse, la durée de formation pour obtenir la maturité est de deux ans de plus qu’en Ukraine. « Ces deux années de formation manquent à certaines étudiantes et devraient être rattrapées avant qu’elles puissent étudier à l’université », explique Geering. Selon ce dernier, la grande partie des requérantes seraient mieux placées dans une haute école spécialisée qu’à l’université.
Des militant-es installent des places pour sans-abri dans les jardins de la HETSL
Le collectif 43m2 a installé un campement sauvage dans les jardins de la Haute École de travail social et de la santé Lausanne (HETSL) pour réclamer davantage de places d’urgence. L’objectif du campement est de pouvoir accueillir une trentaine de sans-abri qui ne peuvent plus profiter des structures d’accueil fermés pour l’été.
Alessandro Pelizzari, directeur de l’HETSL, s’est entretenu avec une délégation du mouvement. «Notre communauté de la Haute Ecole partage les préoccupations du collectif par rapport à la nécessité de trouver des solutions pour les sans-abris. Je leur ai aussi dit que l’HETSL est un lieu de formation et de recherches et ne peut pas pallier les besoins qui existent dans le canton pour l’accueil des sans-abris.» Il leur a demandé de quitter les lieux, mais ne prévoit pas de déposer plainte.