«Le physicien russe Andrei Rostovtsev, membre de Science4PeaceLien externe et ancien collaborateur du CERN, fait partie de ceux qui pensent que la décision d’exclure la Russie et le Belarus de la collaboration scientifique [du CERN] était purement politique. « Le progrès scientifique a été vendu à la politique », déclare-t-il. […] Le scientifique, qui dirige dissernet.org, un site web contre le plagiat dans la science russe, est convaincu que l’éviction de la Russie du CERN aidera le président russe Poutine. « Il s’en servira comme argument pour convaincre le peuple russe que les pays qui l’entourent sont des ennemis, explique [Andrei] Rostovtsev. Cela lui permettra de ne pas avoir à décider lui-même de réduire le financement de la science pour financer la guerre.»
Filtres des articles
Sujet: politique – Biélorussie
Le Conseil du CERN a réaffirmé finir la coopération avec la Russie et le Belarus au cours de l’année 2024 à la lumière de l’invasion militaire en cours de l’Ukraine par la Fédération de Russie avec la participation de la République de Biélorussie.
Les relations se poursuivent avec les scientifiques de nationalité russe ou biélorusse par ailleurs affiliés au CERN.
«Le blocage est levé! Depuis quelques jours, les publications des équipes du CERN peuvent reprendre. Une solution a été trouvée à la crise qui durait depuis le début de la guerre en Ukraine, et qui affectait sérieusement le monde de la physique des particules.»
Le Conseil du CERN a déclaré qu’il avait l’intention de résilier les accords de coopération internationale (ACI) du CERN avec la Fédération de Russie et la République de Biélorussie à leur date d’expiration en 2024. Toutefois, la situation continuera d’ être suivie de près et le Conseil est prêt à prendre toute autre décision à la lumière de l’évolution de la situation en Ukraine.
La prestigieuse Université Tartu n’accèpte pour l’année académique 2022/23 plus l’inscription d’étudiant-e-s de provenance russes ou biélorusses. Sa vice-rectrice Aune Valk a déclaré «Nous ne pouvons pas être sûrs que les autorités russes et biélorusses n’essaieront pas d’envoyer dans les universités estoniennes des personnes dont le séjour a d’autres objectifs que la libre activité académique.» Selon les médias estoniens, d’autres universités prévoient des mesures similaires, comme la Tal Tech, Ecole polytechnique de Tallinn.
Mart Kalm, recteur de l’académie estonienne des beaux-arts et président de l’association des hautes écoles, écrit dans un communiqué que la communauté académique a une obligation morale de s’engager pour la paix et pour les droits démocratiques et académiques. En Russie et Biélorussie, les universités «se taisent» sur la guerre, alors que plusieurs académiques se sont prononcés contre dans un lettre ouverte. C’est pour cela, qu’il a été décidé de suspendre la collaboration institutionnelle.
Selon l’auteur de l’article, «Cette argumentation semble certes cohérente [«stringent»], mais elle se heurte aussi à une forte opposition dans les milieux universitaires estoniens ainsi que dans la société en général. L’argument principal est qu’il ne s’agit pas seulement d’une discrimination en raison de la nationalité, mais que la mesure touche aussi les mauvaises personnes. En effet, ce sont en général les jeunes qui veulent étudier à l’Ouest qui rejettent le système Poutine.»
Aune Valk admet cela, mais estime que leurs perspectives d’avenir sont bien plus affectées par la décision de la Russie de déclencher une guerre que par la décision d’une université estonienne de ne pas les accueillir temporairement.
Ivar Jukham, étudiant en Master à l’Université de Tartu, n’est pas d’accord avec ce plan.
«Il faut s’opposer à Poutine, pas aux jeunes Russes. Un passeport estonien n’est d’ailleurs pas une garantie de patriotisme. Croire que l’on peut empêcher les partisans de Poutine d’entrer à l’université en interdisant aux jeunes Russes d’y étudier est ridicule.»
Une lettre ouverte de l’association d’étudiant-e-s et d’alumni adressé à la Direction de l’Univertsité de Tartu va dans la même direction: «Il ne faudrait pas confondre la citoyenneté et le soutien à la guerre de Poutine en Ukraine. L’exclusion des étudiants russes et biélorusses pourrait au contraire servir à la propagande du Kremlin. A notre connaissance, aucune autre université européenne ne réfléchit à des mesures similaires. Il s’agit d’un dangereux précédent qui met en danger la liberté académique et la réputation de l’Université de Tartu.»
Alors que le mouvement visant à suspendre les liens entre la recherche occidentale et la Russie s’accélère, les gouvernements néerlandais et slovène ainsi qu’un groupe d’universitaires européens (ALLEA) annoncent des sanctions pour l’invasion de l’Ukraine.
«L’European University Association (EUA) et l’European Students’ Union (ESU) sont préoccupées par les graves violations des droits démocratiques et humains qui continuent d’être observées en Biélorussie. En tant que membre de l’EUA, swissuniversities soutient la déclaration et condamne les récentes menaces contre les membres des hautes écoles.»