En 2022, 60% des étudiant-es à l’Université de Fribourg étaient francophones. «L’université ne reste pas les bras croisés. Une
task force a été créée pour comprendre et contrer l’érosion des étudiants germanophones. L’université participe aussi à divers salons estudiantins en suisse et parfois à l’étranger, et une nouvelle campagne publicitaire a été créée cette année, ciblée pour la suisse allemande.»
Bienvenue dans Synopsis!
Filtres des articles
22Mar2024
Politique des hautes écoles
21Mar2024
Politique des hautes écoles
L’exclusion d’Horizon Europe coûte cher à la Confédération
La Suisse a investi 1,85 milliard de francs pour compenser son expulsion soudaine du programme européen. Ce montant a-t-il été investi correctement? Le Contrôle fédéral des finances a publié un audit sur le sujet hier.
La compensation des désavantages – le rectorat zurichois prend position
L’Université de Zurich a organisé un débat public sur l’accessibilité des études. Au début de l’évènement, 40 des 100 personnes présentes ont tourné le dos au recteur en protestation.
La source principale du conflit est le droit à des «compensations des désavantages» («Nachteilsausgleiche»). Il s’agit des adaptations individuelles des conditions d’études et d’examens, approuvés par l’université. Manque de ressources humaines dans le bureau qui traite les demandes, cela peut prendre deux mois pour avoir une réponse du bureau compétent. La vice-rectrice Gabriele Siegert explique que seulement 10% des demandes ont pris un retard, ce qui serait «assez acceptable» vue que le nombre des demandes a triplé depuis 2019.
Le recteur Michael Schaepman a affirmé qu’il a compris depuis – suite [aux réactions] à une interview que l’Université de Zurich n’a pas répondu de manière assez cohérente aux besoins et aux droits des personnes concernées. Il a pris des mesures pour ajouter des ressources humaines pour traiter les demandes de compensation en 2024, et qu’une facilitation du processus est en cours.
La Suisse toujours championne des dépôts de brevets par habitant
«La Suisse est le pays qui a déposé le plus de demandes de brevets par habitant en 2023. En chiffres absolus, la Confédération se trouve à la 3e place en Europe et la 7e dans le monde, selon le Patent Index 2023, publié mardi par l’organisme. Les cantons de Zurich, Vaud et Bâle-Ville se démarquent en particulier.»
«Genève votera sur la formation des maîtres en trois ans»
Le Comité référendaire a réussi à recueuillir environ 11 000 signatures (plus du double requis) et ce sera aux citoyens de décider de la durée de la formation des enseignant·es.
UNIFR: une formation continue en management des fédérations sportives
«Swiss Olympic, la Haute école fédérale de sport de Macolin et l’Institut pour le management des associations de l’Université de Fribourg lancent conjointement un CAS en management des fédérations sportives […]. Le CAS en management du sport se transforme et devient le CAS en management des fédérations sportives [afin que] les étudiants et étudiantes acquièrent de solides connaissances en matière de management du sport et se spécialisent dans la gestion des fédérations». La première session commencera le 21 octobre 2024.
«[L]es femmes chargées de fonction sont tout particulièrement encouragées à participer. Ainsi, dans le but de valoriser les femmes au sein du sport suisse, Swiss Olympic octroiera chaque année cinq bourses à des femmes faisant déjà partie de fédérations sportives pour leur permettre de suivre cette formation.»
Le Conseil des EPF refuse de tripler la taxe aux étudiant·es étranger·es
Le Conseil des Ecoles polytechniques fédérales (CEPF) a rejeté la proposition qui visait à tripler la taxe pour les étudiant·es étranger·es. La CEPF doit encore se prononcer sur la solution proposée par l’EPFL: introduire un numerus clausus à 3000 étudiant·es étranger·es en première année de bachelor.
L’ancien Conseiller national (VD, Centre), Jacques Neirynck, pense que cette proposition de l’EPFL «présente cependant l’inconvénient majeur de créer des auditoires hétérogènes où les étrangers sont mieux formés que les Suisses». En effet, l’admission des étudiant·es étranger·es à l’EPFL serait basée sur le critère de réussite au baccalauréat, ce qui ne serait pas le cas pour les étudiant·es suisses.
«Haine d’Israël à l’EPFZ»
Selon Stephan Trüby, théoricien de l’architecture et directeur de l’Institut des fondements de l’architecture moderne et de la conception de l’Université de Stuttgart, «[l]e département d’architecture de l’ETH Zurich se classe […] en tête de tous les établissements d’enseignement importants dans le monde en ce qui concerne la haine d’Israël – juste derrière l’Université Columbia de New York.» 27 personnes de ce département auraient par exemple signé une lettre ouverte du groupe «Architects and Planners Against Apartheid» dans lequel «le monde de l’architecture est appelé à se lever contre les destructions en Palestine et pour la «liberté académique». Israël est accusé de génocide et d’«urbicide» – un anéantissement ciblé de villes. La terreur du Hamas n’est en revanche pas mentionnée. »
Monsieur Trüby relate plusieurs événements en lien avec des collaborateur·ices de l’EPFZ, comme par exemple :
- «une conférence du département d’architecture en décembre dernier [qui] était accompagnée de slogans «Stop the Genocide» qui s’affichaient sur des écrans numériques»
- «un postdoctorant [qui] a diffamé sur les réseaux sociaux la bibliothèque nationale israélienne récemment achevée par Herzog & de Meuron, la qualifiant de construction «bâtie sur le vol» («auf Raub gebaut»)»
- sur instagram «[d]’autres doctorantes, doctorants et assistantes appellent sur Instagram à l’«intifada», c’est-à-dire au soulèvement contre Israël».
- dans le cadre d’un projet de recherche de l’EPFZ, un doctorant aurait créé une bibliothèque en ligne afin de rendre plus accessibles les «connaissances sur la Palestine et sa lutte contre le colonialisme». Sur le site web, qui avait une URL EPF jusqu’en 2023, on trouve des numérisations de magazines en langue arabe, dont une couverture montrant un Palestinien dessiné de manière héroïque avec une arme à feu et une grenade. En dessous, on peut lire en arabe : «Gloire aux combattants qui ont détruit les chars des unités fascistes». Sous l’image, on peut voir le logo du Front populaire de libération de la Palestine, considéré comme une organisation terroriste par l’UE.
- la professeure invitée de l’ETH Samia Henni s’est fait remarquer, entre autres, en parlant publiquement d’une «machine à tuer sioniste» – et en signant l’appel au boycott du pavillon israélien à la Biennale d’art de Venise de cette année».
Contacté, L’EPFZ dit qu’elle n’a pas connaissance de ces propos.
L’EPFL Valais explique la prévention et l’intervention en cas d’accidents chimiques
«En février, deux incidents de laboratoire survenus à quelques jours d’intervalle nécessitaient l’intervention des pompiers ainsi qu’un important déploiement sécuritaire. Le quartier avait été bouclé, et les collaborateurs évacués. Ces récents événements ont poussé l’EPFL Valais à lever le voile, hier, sur son dispositif de sécurité.»
Julien Howald, Coordinateur santé et sécurité à l’EPFL Valais, explique qu’«[e]n plus de disposer d’équipements sécurisés tels que les chapelles de laboratoire, les 250 à 300 collaborateurs sont formés pour repérer tout dysfonctionnement et activer les premières mesures […]. [L]’EPFL Valais dispose également d’une quinzaine de secouristes formés aux premiers soins et habilités à prendre en charge des blessures légères au sein du personnel.»
Vincent Hiroz, Directeur opérationnel de l’EPFL Valais veut rassurer: «Bien que nous manipulions des produits dangereux, tout est entrepris pour limiter le risque au maximum, à l’interne comme à l’externe.» Il ajoute que l’air des laboratoires «est renouvelé six à huit fois par heure, voire plus selon la situation.»
EPFL: l’enseignement à distance ne décourage pas les étudiant·es à se rendre sur le campus
Malgré la diffusion des cours en ligne, les étudiant·es de l’EPFL se rendent nombreuses et nombreux sur le campus de l’EPFL. Une enquête menée sur 7000 personnes à l’EPFL conclue que «[e]n juin 2022, 57% des sondés affirmaient assister entre «souvent» et «toujours» aux cours dans les amphis et salles du campus. En novembre 2022, ce chiffre s’élevait à 75% et en juin 2023 à 62%. Et s’ils n’assistent pas aux cours en présentiel, 52% des étudiants affirment venir de toute manière sur le campus, pour étudier, travailler sur des projets ou pour des activités sociales.»
Pierre Dillenbourg, Vice-président associé pour l’éducation à l’EPFL explique ainsi que «les enregistrements vidéo du cours (en direct) ne sont […] pas le facteur principal qui détermine [la] présence [des étudiant·es] à un cours sur le campus ou non».
«L’enquête montre que, pour que les étudiants assistent aux cours, il faut que ceux-ci soient jugés intéressants, difficiles ou proposent des activités différentes de ce qui se trouve dans la retransmission en direct».
Le Grand Conseil de Fribourg décide du sort de la Faculté de droit
«Les députés fribourgeois sont invités à se prononcer sur un crédit d’engagement et un crédit d’étude additionnel en faveur de l’Université de Fribourg, totalisant 15 millions de francs. Ce montant doit servir à regrouper la Faculté de droit dans un nouveau bâtiment. Une transformation attendue depuis plus d’une décennie.»
Un drone à usage civil développé en Suisse a été utilisé par l’armée américaine
«Conçu à l’EPFL à l’aide de fonds publics, un drone de cartographie helvétique est devenu l’un des outils du renseignement militaire américain, a appris le Pôle enquête de la RTS. Il a été déployé en zone de guerre en Afghanistan de 2017 à 2020 au moins. Les institutions suisses impliquées se disent étrangères à ces développements.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 21 mars 2024
20Mar2024
Politique des hautes écoles
«Attaques» contre l’université en Suisse: «des centaines de profs s’inquiètent»
«Initiée le 27 février en réaction à des sanctions disciplinaires prises après le massacre du Hamas, une lettre ouverte signée par 500 universitaires suisses, dénonce les «attaques médiatiques et politiques contre les sciences sociales et humaines». Le rectorat de l’Université de Genève réagit.»
L’Unil dans les médias
Les libéraux-radicaux veulent cadrer les millions alloués au CHUV
Le PLR met en question, en forme de deux motions, les «centaines de millions de francs» versés chaque année au CHUV à titre de «prestations d’intérêt général». «La première demande que l’UNIL, qui fournit une enveloppe académique de 120 millions de francs au CHUV, «reprenne la main dessus», en assortissant cette manne d’objectifs précis, qui doivent faire l’objet d’une évaluation régulière. Ces manquements ont été documentés l’automne dernier dans un épais rapport de la Cour des comptes. L’UNIL a d’ailleurs accepté les recommandations formulées par les magistrats.»
Revue de presse UNIL 20 mars 2024
Les étudiants «non-racisés» de l’UNIL et de l’EPFL exclus d’un atelier contre le racisme
«Le 22 mars prochain, un atelier sur le thème du racisme se déroulera à l’Université de Lausanne et sera réservé aux étudiants «racisés». L’événement suscite des réactions contrastées dans la sphère politique.»
19Mar2024
Politique des hautes écoles
La discrétion du monde académique
Marc Chesney, professeur à la faculté d’économie de l’Université de Zurich, écrit: «Un aspect en particulier est resté dans l’ombre et interpelle. Il s’agit de la réticence du monde académique en finance à s’exprimer publiquement sur les causes et les responsables de la débâcle de CS. A quelques exceptions près, c’est plutôt le silence radio qui prédomine. Que ce soit avant, pendant et depuis cet effondrement, rares sont les articles des spécialistes universitaires. […] Ils auraient pourtant dû prendre position, ne serait-ce que par respect pour le contribuable qui les finance en grande partie. […] A quoi est dû cet effacement, ce manque d’analyse objective d’une telle crise? A un conflit d’intérêts, une capture cognitive du monde académique qui s’alignerait sur les points de vue de grandes institutions financières?»
«La Suisse toujours championne des dépôts de brevets par habitant»
Le «déclin» de l’institut du Moyen-Orient à l’Université de Berne
L’Institut du Moyen-Orient à l’Université de Berne a fermé ces portes récemment «à cause d’une situation intenable» : un collaborateur scientifique avait écrit sur le réseau X que l’attaque du 7 octobre était le meilleur cadeau d’anniversaire qu’il a jamais eu.
Reinhard Schulze, professeur émérite d’études sur l’Islam et en nouvelle philologie orientale, avait longtemps laissé la marque de l’Institut et affirme qu’il regrette profondément ce développement et blâme aussi le fait que ces successeurs n’auraient pas assez cultivé les liens avec le (grand) public en fournissant des expertises.
Selon un rapport d’enquête, il y avait un «corset idéologique» qui primait à l’institut qui qualifiait Israël comme un «peuple coupable» et les palestiniens comme les victimes. Reinhard Schulze affirme que cette perspective n’était pas présente quand il travaillait encore à l’institut. «Cela n’a rien à voir avec la science. […] Cette réduction, cette création de corps populaires est un concept politique très à droite à l’origine. Qu’une telle chose soit présentée comme une science par la gauche au 21e siècle est une horreur. […] Personne ne m’a jamais reproché, en tant que vieil homme blanc allemand, de ne pas parler de l’islam. Ce serait certainement différent maintenant ».» Il estime que cela fait déjà quelques années, que les études sur l’islam à Berne manquent de crédibilité. «J’aurais cependant souhaité que l’université s’engage plus fortement à ce que l’islamologie, en tant que discipline associée à la science du Proche-Orient, continue à occuper une place importante, y compris sur le plan institutionnel.»
L’Université de Zurich inaugure le nouveau Musée d’histoire naturelle
Michael Schaepman, Recteur de l’Université de Zurich, et Stephan Neuhauss, Doyen de la recherche de la Faculté de Mathématiques et Sciences Naturelles de l’UZH, ont inauguré le Musée d’histoire naturelle de l’Université de Zurich (NMZ), qui comprend quatre musées de l’UZH. Ainsi, le Musée Zoologique et le Musée Paléontologique ont été réunifiés lors de l’inauguration, alors que le Musée Anthropologique et le Musée Botanique feront officiellement partie du NMZ jusqu’au printemps 2025. Le point fort de cette nouvelle ouverture est l’exposition de quatre dinosaures qui ont été reçus en donation par l’UZH en 2019. Le Recteur de l’UZH explique que «[l]e Musée d’Histoire Naturelle fait vivre directement la recherche scientifique et montre dans un langage précis et pourtant simple comment parvenir à de nouvelles connaissances scientifiques». Dennis Hansen, Chef de projet du NMZ, ajoute que «[l]’unification des quatre musées sous un même toit et une seule administration n’est qu’une étape. La vision […] est qu’à l’occasion du bicentenaire de l’université en 2033, un musée plus grand sera inauguré et que d’autres musées de l’université rejoindront. Mais rien de concret n’a encore été décidé.»
L’Unil dans les médias
Action «contre la précarité» des doctorant-es
«Une septantaine de personnes ont participé mardi à une action sur le campus de l’Université de Lausanne (UNIL) « contre la précarité des doctorants ». Une pétition, munie de plus de 1000 signatures, a été remise à la direction de l’UNIL.»
Revue de presse UNIL 19 mars 2024
18Mar2024
Politique des hautes écoles
Les scientifiques suisses peuvent à nouveau demander des bourses européennes – mais celles-ci seront seulement accordées si la Suisse est ré-associée au «paquet Horizon» à temps
Les négociations entre l’UE et la Suisse ayant été officiellement lancées aujourd’hui, les chercheurs basés en Suisse peuvent à nouveau demander des bourses du Conseil européen pour la recherche (ERC).
«For ERC grants, legal entities established in Switzerland will now be treated as entities established in an Associated Country the ERC Work Programme 2024 for calls opening in 2024 (ie for Advanced Grants). However, grant agreements can only be signed with successful applicants if the association agreement with Switzerland applies at that time.»
FNS: Nouvelle vision pour l’égalité, la diversité et l’inclusion
«Outre l’égalité entre femmes et hommes, le FNS souhaite promouvoir la diversité et l’inclusion afin de garantir l’excellence et la pertinence sociale de la recherche qu’il encourage. […] Afin de mettre en œuvre sa vision EDI [égalité, diversité et inclusion] et la mission qui en découle, le FNS élaborera un plan d’action courant 2024. Celui-ci proposera des mesures concrètes et définira des étapes clés en vue de faire progresser cette thématique au cours des quatre prochaines années. »
Le nombres d’étudiants inscrits à l’EPFL et à l’EPFZ a augmenté en 2023
«Le Conseil fédéral a adopté vendredi le rapport sur la gestion et les finances du Conseil des EPF. L’effectif des étudiants inscrits dans les Ecoles polytechniques fédérales (EPF) a augmenté de 3,6% en 2023. […] Fin janvier, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) annonçait envisager d’introduire une limitation d’admission dès 2025 pour les étudiantes et étudiants titulaires d’un diplôme étranger. Un moyen de limiter le nombre total d’élèves qui a explosé ces dernières années, passant d’un peu plus de 5000 à près de 11’000 depuis 2010.
L’Unil dans les médias
«Semaine contre le racisme ou promotion du voile? »
Alors que s’ouvre lundi une semaine antiraciste à l’Université de Lausanne, une trentaine de personnes, dont certaines travaillent à l’UNIL, écrivent à la conseillère d’Etat vaudoise Isabelle Moret pour critiquer les sujets abordés, le choix de personnes invitées et le manque de place accordé au sujet de l’antisémitisme.
Par ailleurs, une deuxième lettre de protestation a été envoyée à la direction de l’UNIL, souhaitant la mise en place d’une action contre l’antisémitisme. «Notre demande n’est pas d’organiser toute une semaine à ce sujet, mais par exemple de lui donner sa place sur votre site internet à la page «non-discrimination» et d’être ouvert à l’avenir à l’organisation d’évènements. […] Depuis 5 mois, les étudiants juifs dans le monde entier sont pris à partie, agressés, empêchés de s’exprimer dans de nombreuses universités, écrivent les auteurs de la lettre adressée au rectorat. Nous espérons que cette actualité vous encourage à agir à l’Unil avant que la situation ne dégénère ici également.»
- égalité – genre
- engagement politique
- rôle des universités
- antisémitisme
- égalité – religion
- conflit israélo-palestinien
Revue de presse UNIL 18 mars 2024
L’égalité des sexes dans la carrière académique
Que fait-on à l’échelle suisse, au niveau de l’UNIL et au sein de la Faculté de biologie et de médecine (FBM) pour atteindre la parité homme-femme dans le milieu académique ? Un récent article publié dans la revue Cell propose des idées de mesures concrètes, basées sur des exemples ayant fait leurs preuves, pour lutter contre le phénomène de l’effet « ciseaux » traduisant la masculinisation des postes hiérarchiques.
Lilian Michalik, vice-rectrice égalité, diversité et carrières UNIL, affirme «qu’aujourd’hui on assiste à un rétropédalage des mesures mises en place. Certaines, telles que la bourse PRIMA par exemple, sont petit à petit stoppées.»
15Mar2024
Politique des hautes écoles
Les étudiant-es handicapé-es sont peu écouté-es à l’Université Zurich
Selon la Loi nationale sur l’égalité des personnes handicapées, les universités sont tenues de leur offrir, dans la mesure du possible, les mêmes conditions que pour tous les autres. Si cela n’est pas possible, elles doivent prendre des mesures pour adapter l’offre de formation aux besoins des personnes handicapées. Seraina Eisele, de l’association d’étudiant-es VSUZH, déclare : «L’université fait preuve d’une méconnaissance effrayante dans le domaine de l’inclusion. Elle ne semble pas connaître les besoins réels des étudiants handicapés. Malgré cela, la direction de l’université refuse depuis des mois d’entamer un dialogue avec nous».
L’université elle-même voit les choses différemment : elle s’engage «sans réserve» en faveur de l’inclusion, dit-elle dans un communiqué publié en automne. Les barrières sont systématiquement supprimées, les personnes concernées sont impliquées et les ressources sont augmentées.
Dans une publication de la Zürcher Studierenzeitung en mai 2023, plusieurs personnes concernées faisaient état de la bureaucratie et des longs délais d’attente pour les demandes d’aide. En effet, en faculté des lettres (philosophische Fakultät), une personne sur dix a dû attendre plus longtemps que les six semaines prévues pour obtenir une réponse.
Et puis une interview avec le recteur Michael Schaepman avait choqué la conférence des handicapé-es du canton Zurich (BKZ). Se référant aux aides aux handicapé-es, appelés «Nachteilsausgleich», avait dit: « »Il n’y a pas de jugement de valeur, nous voulons prendre en compte tout le monde : Mais nous ne devons pas non plus parler de «Vorteilsausgleich» (péréquation des avantages) . (Rit.)» Martina Schweizer, responsable de la BKZ, parle à la NZZ d’une «attitude problématique» de l’université.
Les critiques des associations portent sur deux choses: la procédure complexe de la demande de compensation des désavantages, qu’il faut renouveler pour chaque semestre même quand le handicap est chronique ou de naissance, et l’enregistrement des cours, qui a diminué suite à la pandémie (selon un sondage, 64% des personnes avec handicap déclarent que leur quotidien a été facilité par les nouvelles formes d’apprentissage)
Le recteur de l’université a justifié ce choix ainsi: «Si nous ne proposions des podcasts qu’à ces personnes, nous les favoriserions et les autres réclameraient pour être désavantagés». Des enregistrements généralisés risqueraient de pousser les étudiant-es à l’isolement.
Parcoursup, «une machine à anxiété»
«FRANCE Comme chaque année, les futurs bacheliers avaient jusqu’à hier pour faire connaître leurs «vœux» de formation pour l’après-bac sur cette plateforme très centralisée et hiérarchisante. Et si elle est critiquée par beaucoup, personne ne veut la changer»
Le conflit israélo-palestinien rebondit jusqu’à l’Université de Neuchâtel
L’Université de Neuchâtel a refusé de louer une salle pour une conférence donnée par un avocat palestinien sous le titre «Les prisonniers politiques palestiniens: comment le système judiciaire et carcéral maintient l’apartheid en Israël/Palestine.» Les organisateurs, un collectif réunissant sept groupements (des mouvements de gauche, féministe, écologiste ou encore libertaire), porté par BDS-Neuchâtel, (qui lui-même réunit des associations «appelant au boycott, au désinvestissement et aux sanctions (BDS) contre Israël»), parlent de censure. Le secrétaire général de l’Université conteste cette accusation: «Nous aurions pris exactement la même décision dans le cas d’un événement présentant un point de vue opposé.»
«Le Conseil fédéral ne veut pas se payer l’échange»
Suite à l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse, la Suisse a été exclue des programmes européens Horizon et Erasmus. Dans le cadre des renégociations actuelles, Erasmus semble une préoccupation secondaire.
Nadège Widmer, co-présidente de l’Union des étudiants de Suisse (UNES), explique : «C’est principalement parce que le paquet de financement pour Horizon a déjà été adopté par le Parlement fédéral, ce qui n’est pas le cas pour Erasmus». Comme le prix total d’une nouvelle association à Erasmus n’est pas encore connu, le Conseil fédéral ne peut pas encore soumettre le financement au vote. De plus, Horizon aurait été davantage mis en avant par les politiques en raison de son importance pour la recherche. Elle affirme qu’une association tardive détériore la position de la Suisse dans le domaine de l’éducation en Europe et dans le monde. Selon elle, il est probable que davantage d’universités européennes ne souhaitent pas poursuivre leur partenariat avec des universités suisses en raison des complications administratives que cela implique.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 15 mars 2024
14Mar2024
Politique des hautes écoles
L’Université de Zurich quitte le ranking du Times Higher Education (THE)
L’Université de Zurich (UZH) a décidé de se retirer du classement mondial des universités du Times Higher Education. «Le classement n’est pas en mesure de refléter le large éventail d’activités d’enseignement et de recherche entreprises par les universités». Elle ne fournira donc plus de données pour ce classement.
Par ailleurs, l’UZH est signataire de l’accord international sur la réforme de l’évaluation de la recherche, coordonné par Science Europe, l’Association européenne des universités (EUA) et d’autres organisations, qui mettent l’accent sur la qualité plutôt que sur la quantité. L’équipe dirigeante de l’UZH est convaincue que la qualité scientifique doit être le facteur décisif dans toutes les décisions relatives à la politique de recherche.
Pierre Vandergheynst – [ancien vice-recteur de l’éducation à l’EPFL] – salue cette décision qu’il qualifie de «courageuse».
«La crédibilité des chercheurs n’a pas à souffrir de leur engagement politique»
«De nouvelles lignes directrices pour l’engagement politique et le conseil politique basé sur la science sont en vigueur à l’ETH Zurich depuis février. Elles guident les membres de l’ETH qui souhaitent participer au dialogue entre la science et la politique. Benedikt Knüsel, chef de l’unité Interface science-politique, explique les principaux enjeux de ce champ de tension manifeste.»
Vers un système mixte pour la maturité gymnasiale dans le canton de Neuchâtel
«Le canton de Neuchâtel est en faveur d’un système mixte pour la mise en œuvre de la maturité gymnasiale en quatre ans. Ce dispositif, prévu à l’horizon 2034, permettra à certains élèves de commencer le lycée après la 10e année de l’école obligatoire. […]
Selon des statistiques demandées auprès des universités de Neuchâtel et de Genève ainsi que de l’EPFL, les connaissances disciplinaires des étudiants ayant accompli une maturité gymnasiale en trois ans dans le canton de Neuchâtel ne sont pas moins bonnes que celles des étudiants formés dans d’autres cantons.
Neuchâtel, tout comme Jura et Vaud, doit toutefois faire passer sa maturité gymnasiale de trois à quatre ans. Le système mixte a aussi été choisi par le canton de Vaud. Il est en vigueur dans de nombreux cantons alémaniques dont Berne, Lucerne ou Saint-Gall.»
Augmentation de l’antisémitisme en sciences humaines et sociales
A l’occasion de la publication du rapport sur l’antisémitisme 2023, son co-auteur Zslot Balkanyi-Guery, président de la Fondation contre le racisme [et l’antisémitisme], constate une augmentation de l’antisémitisme, notamment dans certaines disciplines des sciences humaines et sociales [«Geisteswissenschaften»]. «On y observe une tendance à diviser la société, voire le monde dans son ensemble, en deux catégories : les forts surpuissants et les faibles sans droits. Dans ce narratif woke, Israël est un État d’apartheid qui tient en échec les Palestiniens opprimés et n’est pas intéressé par une solution. Ce sont des schémas d’explication très simples pour des questions historiquement complexes.» Il continue: «Les actions qui découlent d’un wokeisme presque totalitaire sont rapidement antisémites. Ces matières prétendent défendre le bien et améliorer le monde. Cela conduit à un rétrécissement de l’éventail des opinions et fait de l’université un lieu d’idéologie. Je pense que c’est une évolution dangereuse. Dans une démocratie, un établissement scientifique vit d’une multitude de points de vue. On n’est pas obligé de les partager tous, mais on doit les admettre. Un regard sur l’histoire du 20e siècle montre très clairement ce qui se passe lorsque cela n’est plus possible.»
- sciences humaines et sociales
- harcèlement moral – mobbying
- enseignement – pluralité
- antisémitisme
- recherche – pluralité
- conflit israélo-palestinien
La présidente du Conseil suisse de la science critique les coupes fédérales dans la formation, la recherche et l’innovation
Le Conseil fédéral veut dépenser un demi-milliard de francs de moins que prévu initialement pour la formation, la recherche et l’innovation. La raison en est la situation financière tendue. Sabine Süsstrunk, présidente du Conseil suisse de la science, critique cette décision et en montre les conséquences. Elle explique par ailleurs que pour chaque franc investi dans ce domaine, il y a un retour sur l’investissement de cinq francs.
FNS : «La demande croissante de fonds devient un défi»
«Depuis plusieurs années, les demandes de fonds auprès du FNS augmentent continuellement. Pourquoi cette évolution ? Les chercheuses et chercheurs sont-ils plus nombreux à solliciter un financement, ou les budgets soumis sont-ils plus élevés ? Et quelles sont les conséquences de cette dynamique ? Pour répondre à ces questions, [le FNS a] procédé à une analyse de données internes.»
Le directeur de Sciences Po Paris démissionne
Mathias Vicherat a annoncé sa démission de ses fonctions de directeur de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris et d’ administrateur de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) «afin de préserver l’institution». Monsieur Vicherat avait été accusé de violences conjugales par son ex-compagne, sans pour autant qu’une plainte ou une main courante soient déposées. Néanmoins, ces accusations étant lourdes pour son image, Monsieur Vicherat «avait finalement proposé son retrait provisoire, le 11 décembre […]. Le directeur avait repris ses fonctions le 29 janvier, après avoir obtenu l’aval d’une commission constituée de dix membres des différents conseils de l’école. Celle-ci avait souhaité néanmoins que Mathias Vicherat se déporte des sujets relatifs aux violences sexistes et sexuelles (VSS), le temps que l’enquete préliminaire ouverte par le parquet de Paris rende ses condusions».
Monsieur Vicherat a finalement présenté sa démission auprès de la direction de Sciences Po après avoir appris qu’il a été renvoyé devant le tribunal correctionnel. Le syndicat Union étudiante Sciences Po se réjouit de cet acte et explique que «[s]on retour à l’école était une offense et une marque de mépris à l’égard de toutes victimes de [violences sexistes et sexuelles]». Les prochains jours Sciences Po Paris va nommer une administration provisoire, jusqu’à ce que le prochain directeur soit nommé. Le syndicat Union étudiante Sciences Po «appelle [en outre] à une réforme du processus de désignation de la nouvelle direction, «qui doit aller vers une procédure beaucoup plus démocratique et transparente».» (Le Monde)
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 14 mars 2024
13Mar2024
Politique des hautes écoles
Sélection en médecine à revoir
Le Conseil national a adopté hier, par 144 voix contre 43, une motion de Benjamin Roduit (Centre, VS) demandant qu’il y ait une meilleure offre de places d’études et de stages cliniques.
«Les universités limitent […] le nombre d’étudiants par le biais d’un test d’aptitude écrit très sélectif ou par une sélection à la fin de la première année. De nombreux étudiants sont ainsi écartés sans que cela soit fondé sur des critères qualitatifs.», avance-t’il.
«Le programme spécial en médecine humaine de la Confédération, qui prévoit d’augmenter le nombre de titres délivrés chaque année par les universités suisses de 850 en 2014 à 1350 au moins en 2025, ne parviendra pas à lui seul à diminuer la dépendance vis-à-vis de l’étranger.» Il conclut qu’il sera nécessaire que la Confédération et les cantons prennent d’autres mesures afin d’augmenter le nombre de diplômé-es.
Peu de personnes en Suisse suivent des formations continues
Un tiers des suisses n’a pas suivi de formation continue ces cinq dernières années, 50% n’en a pas fait ces 12 derniers mois. Dominique Choffat de la RTS développe :
«Si on regarde les personnes qui n’ont pas suivi de formation depuis 5 ans elles sont bien plus nombreuses à avoir un faible niveau de formation initial ou à ne pas être en emploi, c’est ce qui ressort d’une enquête menée en 2021 par l’OFS. Notre pays est pourtant fier de son niveau de formation mais la raison la plus souvent évoquée c’est qu’elles ne ressentent pas le besoin de le faire, sans doute parce que personne ne l’a fait remarquer, parce que c’est aussi difficile d’accepter nos propres lacunes. Les autres freins ce sont les contraintes familiales, le manque de temps et les coûts jugés trop élevés surtout pour les personnes sans emploi.
Ces chiffres alarment le syndicat travail Suisse. […] On vit une période particulière : certaines entreprises sont en train de licencier d’autres font face à un manque de personnel qualifié. Plus de 40’000 places vacantes ont été annoncées selon le SECO mais les compétences disponibles ne correspondent pas forcément à celles qui sont recherchées et c’est l’un des objectifs de la formation continue de réintégrer certaines personnes sur le marché du travail, mais c’est aussi utile pour prendre du galon, pour changer d’emploi ou simplement pour entretenir nos connaissances. Nos métiers évoluent […]. Tout le monde ne doit pas devenir un spécialiste en cybersécurité ou en intelligence artificielle mais il nous faut apprendre à intégrer de nouveaux outils technologiques. Les entreprises n’ont pas réagi quand ChatGPT a émergé. Aujourd’hui les cours ne désemplissent plus. […] c’est une garantie d’efficacité ? Tout dépend du type de formation continue que vous allez entreprendre si c’est une démarche pour progresser hiérarchiquement ou plutôt une formation continue liée à votre métier. Dans les banques par exemple certaines fonctions exigent une certification obligatoire, mais oui, il existe des effets positifs. Deux groupes de personnes ont été observés sur plusieurs années, l’un a suivi un cours de formation continue en 2015, l’autre pas. Le salaire du premier a augmenté en moyenne de 5% de plus dans les années qui ont suivi par rapport à l’autre et le risque de se retrouver au chômage a baissé de 2,5%. C’est un rapport publié l’année passée par le Centre Suisse de coordination pour la recherche en éducation qui l’indique. […] Notre système de formation continue repose beaucoup sur nos épaules, à nous les employé-es, et c’est décourageant. Pour un tiers d’entre nous on se décide souvent à se former pour les mauvaises raisons (quand on sent venir à danger), pas forcément par motivation, et de nombreuses entreprises n’ont pas encore développé une vraie culture du feedback avec un entretien annuel, un retour sur nos compétences, des formations à la clé. Nos chefs auraient peut-être aussi, eux, besoin d’une formation continue.»
«Malheureusement, l’intellectualité est mal vue en Suisse»
Le journaliste Peer Teuwsen craint qu’une baisse du nombre d’étudiant-es «dans les domaines qui encouragent l’esprit critique et le jugement nuancée», notamment en l’histoire et les lettres modernes, aurait des conséquences «dramatiques pour la Suisse», dans cette «époque de la pensée en noir et blanc […] Si l’on pense moins à l’ensemble et pas plus à soi-même, on ouvre la porte à une pensée volontairement simpliste, également appelée populisme […] [et] alimente les intérêts personnels et nuit à l’intérêt général. ».
Sebastian Bonhoeffer, directeur du Collegium Helveticum interdisciplinaire et professeur de biologie théorique à l’EPF de Zurich, déclare: «Il y a dans la formation universitaire un risque de spécialisation et de scolarisation excessives. Les étudiants ne sont pas des rouages que l’on façonne pour qu’ils s’intègrent parfaitement dans un engrenage. Il ne faut pas surestimer l’évaluation de l’utilité sociale de la formation universitaire à l’aide de valeurs chiffrées. Ce qui est facilement mesurable n’est pas forcément essentiel, mais ce qui est essentiel est souvent difficile à mesurer. C’est peut-être plus vrai pour les sciences humaines que pour les sciences dites exactes». Ainsi, les universités deviennent donc de plus en plus des lieux de formation.
Peer Teuwsen avance que la volonté politique était de renforcer les sujets appelé MINT (Mathématiques, informatique, sciences naturelles et techniqique), et cela a été fait avec grand succès. Mais «Ces louanges publiques constantes ont conduit à une confiance en soi exagérée des sciences naturelles par rapport aux sciences humaines.» Par ailleurs, les plans d’études pour l’école négligeraient l’apprentissage de l’allemand [en Suisse allémanique] au profit des apprentissages numériques, au point que «La moitié des jeunes de 15 ans en Suisse ne sont pas en mesure de comprendre un texte de manière appropriée, comme l’a montré la dernière étude Pisa». Et le journaliste déplore que les intellectuels suisses évitent le débat public, car «il ne favorise généralement pas la carrière intra-universitaire».
Peer Teuwsen salue l’engagement en faveur des sciences humaines de l’ancien chancelier fédéral Walter Turnherr, qui avait convoqué un groupe de travail sur l’histoire, invitant régulièrement des historien-nes renommé-es pour faire des «états des lieux historiques» et échanger avec différents parlementaires et conseillers et conseillères fédéraux sur un sujet d’actualité dans un contexte historique.
Histoire: «Nos connaissances lacunaires profitent à Poutine»
Le professeur en histoire Caspar Hirschi de l’Université de Saint-Gall se soucie du niveau des connaissances enseignées en histoire à l’école. «J’y inclus des connaissances de base sur la naissance de notre démocratie semi-directe. S’ils étaient plus largement ancrés dans la population, il y aurait une plus grande appréciation de nos droits politiques. Cela est nécessaire, notamment chez les jeunes, pour une participation accrue aux élections et aux votations. […] Sans compréhension de l’histoire, il n’y a pas de construction d’avenir autodéterminée. C’est dangereux. […] Nous perdons le sens des acquis à défendre et à développer. […] Partout dans le monde, les régimes autoritaires gagnent du terrain et l’une de leurs armes, comme on peut le voir avec Poutine, est la falsification de l’histoire. Les démocraties ont besoin d’une conscience historique aiguisée pour pouvoir s’y opposer.»
Caspar Hirschi parle également de la baisse du nombre d’étudiant-es en histoire et spécule sur les raisons derrière cette tendance.
EPFL: «L’Etat ne peut rien faire pour sauver la ferme bio»
Selon la députée Joëlle Minacci (EàG), «[l]e projet de l’EPFL d’annexer la ferme bio de Bassenges, […] pour y loger un centre renommé de sciences fondamentales «est contraire aux objectifs du Plan climat vaudois».» Frédéric Borloz, Chef du Département de l’enseignement et de la formation professionnelle du Canton de Vaud explique que «le Conseil d’État «n’est pas compétent» pour influencer les bases légales «régissant l’affectation des bâtiments appartenant à la Confédération».» (24 heures)
Une pétition a été lancée par le Collectif Cambium Sàrl pour demander à l’EPFL «[l]’abandon de la réaffectation de la ferme de Bassenges […] [et] [l]’inscription de la fonction agricole de la ferme de Bassenges dans les statuts de l’EPFL.» (fermedebassenges.ch)
- engagement politique
- politique – Suisse
- rôle des universités
- collaboration hautes écoles – entreprises privées
- durabilité des universités
- construction et gestion de campus
- profil – EPF
- collaboration hautes écoles – politique
- durabilité et climat
Les résultats de l’Academic Freedom Index 2024
A l’occasion de la publication de l’ Academic Freedom Index 2024, Die Zeit a interviewé son éditrice Katrin Kinzelbach.
Cette dernière constate «depuis le pic en 2006» une perte globale de liberté académique. En 2006, la moitié de la population vivait dans un pays où la liberté académique est bien, voire très bien protégée. Aujourd’hui, cela s’applique à seulement un tiers de la population. En effet, la liberté académique se trouve au même niveau qu’en 1973 : 45% des personnes vivent dans un pays où la liberté académique est complètement restreinte.
En Allemagne, qui est toujours très bien placée, sans changement, mais en Hongrie, Autriche et aux Pays-Bas, l’autonomie institutionnelle aurait baissé de manière significative, c’est-à-dire qu’il y a eu plus d’ingérence dans les affaires universitaires. En Pologne, la situation semble se détendre.
L’index prend en compte cinq dimensions :
- La liberté de recherche et de l’enseignement,
- La liberté d’échanges scientifiques
- La liberté d’expression des scientifiques à l’égard de sujets politiques pertinents
- L’autonomie institutionnelle des Hautes Ecoles [universitaires] et
- L’intégrité du campus (e .g. Est-ce qu’il y a de la surveillance ? Est-ce qu’il règne un climat de peur ?)
Pour chaque pays, dix experts remplissent des questionnaires standardisés.
Katrin Kinzelbach avance que souvent, des atteintes à la liberté académique vont de pair avec une polarisation sociale ou politique, mais qu’il y a des exceptions (par exemple par rapport à la Thaïlande).
Les Etats-Unis seraient, par ailleurs, «entrée dans une spirale descendante», puisqu’il y a eu des atteintes à l’autonomie institutionnelle et dans certains états c’est l’état qui décide sur le contenu des cours. En même temps il y a une polarisation extrême «et toute sorte d’acteurs essaient d’imposer leur agenda ».
Dans dix pays, la situation s’est améliorée en 2023, mais dans certains grands pays (e.g. en Inde), la situation a empiré. Mais il y a des signes avant-coureurs que la spirale négative «ralentit». «En 2024, il y a des élections dans 24 pays. Cela va être intéressant.» Le débat public sur les droits de l’homme, qui a longtemps tourné autour des sujets de la liberté de presse, la liberté de réunion et les élections libres, mais dorénavant, les sujets de la liberté des universités, de l’enseignement et de la recherche sont évoqués, ce qui rend Katrin Kinzelbach optimiste. Par ailleurs, il y a dorénavant des programmes de protection pour des chercheur-es en danger, des meilleures données et les ministères des sciences la contactent régulièrement pour savoir comment améliorer leur place dans l’index.
La Commission européenne a le feu vert pour négocier avec Berne
«La Commission européenne peut négocier avec Berne les futures relations entre l’UE et la Suisse. Les Etats membres de l’UE ont approuvé mardi le mandat de négociations de la Commission européenne. L’exécutif communautaire veut avancer vite.»
Académies suisses des sciences : «Le dialogue établi entre science et société est menacé»
«Le message relatif à l’encouragement de la formation, la recherche et l’innovation (FRI) 2025 à 2028 […] dévoile un déficit de financement substantiel pour les tâches fondamentales des Académies suisses des sciences. Ainsi, ce ne sont pas seulement les objectifs ambitieux du Conseil fédéral pour la place scientifique suisse qui sont compromis. C’est tout un réseau de plus de 100’000 scientifiques engagés à titre bénévole qui s’en trouve affecté sensiblement, avec des répercussions sur le long terme.»
Polémique autour du deuxième pilier des professeur-es de l’étranger
Selon les recherches du Inside Paradeplatz, l’Université de Zurich verse de l’argent pour le deuxième pillier des professeur-es venant de l’étranger. Et «Comme les professeurs suisses disposent en général déjà d’une caisse de pension bien remplie, la part du lion des avantages du 2e pilier devrait revenir aux professeurs étrangers. Ceux-ci peuvent utiliser leur deuxième pillier pour acheter un logement. […] Cela continue de faire grimper les prix des logements en propriété.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 13 mars 2024
12Mar2024
Politique des hautes écoles
Les scientifiques suisses appellent à la liberté académique
Des personnes travaillant dans les universités de Berne, Bâle, Lausanne et Zurich ont rédigé une lettre ouverte «en défense à la liberté académique en Suisse» et l’ont fait circuler dans les universités». La lettre a été signée par environ 500 collaborateur·ices scientifiques de Suisse, en partie sous couvert de l’anonymat, [et environs 560 scientifiques étrangers]. La lettre ouverte, accompagnée des signatures, doit être remise dans le courant de la semaine aux directions des universités et à d’autres institutions académiques comme swissuniversities et le Fonds national suisse.
Les scientifiques s’inquiètent d’un climat «d’autocensure [qui] s’est installé parmi les scientifiques» et de «l’érosion de la liberté académique», suite aux événements du 7 octobre liés au conflit israélo-palestinien et regrettent un climat de plus en plus anti-intellectuel, indiquant que les attaques de certains médias et responsables politiques contre les sciences sociales et humaines se sont intensifiées depuis.
La NZZ minimise que ce sont «les «woke» qui «appellent au secours». «L’un ou l’autre des signataires peut avoir une certaine notoriété, mais la majorité semble être composée de personnes de rang inférieur : Étudiants, assistants, doctorants. De nombreux professeurs figurant sur la liste n’ont pas donné leur nom et se présentent sous l’appellation «Prof.»» Servan Grüniger, président de ReatCH, commente sur le réseau X que «ce sont aussi les déclarations de personnes «de rang inférieur» qui, dans le cas de l’Université de Berne et de l’Université de Bâle ont été critiquées par les médias et projetées sur des disciplines entières.
- sciences humaines et sociales
- rôle des scientifiques
- engagement politique
- liberté académique
- politique – Suisse
- rôle des universités
- profil – universités
- liberté d’expression
- conflit israélo-palestinien
L’Université de Berne face aux controverses suite au 7 novembre
«Les réactions à l’escalade au Proche-Orient posent de grands défis aux universités. […] Sous la pression des médias et de l’opinion publique, les établissements de recherche et d’enseignement doivent actuellement faire face à des questions difficiles : Où s’arrête la science et où commence l’engagement politique ? Quand une université doit-elle intervenir – et à partir de quand la liberté de la science est-elle en danger ? L’Université de Berne ne prend visiblement pas ce débat à la légère. En réponse à une demande d’interview de la Hauptstadt, elle propose pas moins de trois experts de haut niveau»: Le secrétaire général Christoph Pappa (qui remplace le recteur Christian Leumann, empêché pour cause de maladie), Peter J. Schneemann, doyen de la faculté de philosophie et d’histoire et Patricia Purtschert, professeure de recherche sur le genre et co-directrice du Centre interdisciplinaire de recherche sur le genre.
Le journal en ligne pose les questions suivantes:
- Qu’est-ce que le postcolonialisme ?
- Cette approche est-elle trop proche de l’activisme politique ?
- La science doit-elle être libre de tout jugement de valeur ?
- Comment les scientifiques* doivent-ils pouvoir s’exprimer publiquement ?
- La liberté de la science est-elle en danger ?
- Qu’est-ce qui est le plus dangereux : l’activisme dans les universités ou les attaques généralisées contre des branches scientifiques ?
- sciences humaines et sociales
- rôle des scientifiques
- liberté académique
- rôle des universités
- liberté d’expression
- conflit israélo-palestinien
Deux universités britanniques ont subi une cyberattaque
Le groupe de pirates informatiques Anonymous Sudan, (qui «n’a, selon les experts, aucun lien avec l’organisation mondiale de piratage informatique Anonymous ni avec le pays du Soudan»), a revendiqué la cyberattaque qui a été subie par les universités de Cambridge et de Manchester en justifiant cette action par le «soutien continu du Royaume-Uni à Israël.» La cyberattaque a provoqué des perturbations à la connexion internet et la situation s’étant rétablie en quelques heures, «[u]n porte-parole de Jisc, le consortium informatique de l’enseignement supérieur britannique, a déclaré que si les perturbations ont été largement contenues, l’ampleur de l’attaque pourrait également avoir eu un impact sur d’autres institutions.»
L’Unil dans les médias
UNIL: Le fonds «Interface» qui lie chercheur·es et citoyen·nes
L’Université de Lausanne (UNIL) à lancé un nouveau fonds de soutien à la recherche partenariale appelé Interface. Interviewés par Le Temps, Cléolia Sabot, Coordinatrice d’Interface et Alain Kaufmann, membre de son comité de direction en tant que responsable du ColLaboratoire, unité de recherche-action, collaborative et participative de l’Unil, expliquent en quoi consiste ce projet novateur, qui a pour but de financer et évaluer des projets de recherche collaboratifs et avec un impact social.
Alain Kaufmann avance que la plupart des pays européens encouragent les projets de recherche collaboratifs entre chercheur·es et citoyen·nes qui ont un impact social. Néanmoins, ils sont encore peu soutenus par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS), et ainsi «[l]’Unil a le courage de prendre les devants en disant «nous finançons nous-mêmes ce que l’Etat fédéral ne finance pas ou très peu».»
Cléolia Sabot précise que le choix de partenaires est vaste (ex. domaine public ou privé, association, administration publique, un citoyen, etc.) et que le seul critère d’exclusion c’est l’éthique: «[ils ne travailleront] pas avec des organisations qui ne partagent pas le même objectif que la direction de l’Unil, à savoir développer un monde durable et désirable […]. Interface est un projet pilote de trois ans, pleinement intégré à l’écosystème de l’Unil. Le fonds soutiendra des projets avec des enveloppes allant jusqu’à 50 000 francs. Ils peuvent être soumis tout au long de l’année par la communauté des chercheurs et des étudiants de l’Unil avec des acteurs de terrains. Il y aura aussi des appels à projets ponctuels avec des partenaires institutionnels, comme la ville de Lausanne, et thématiques. Le premier sera lancé en juin, sur la santé. Suivront le numérique en 2025 et une thématique sur l’égalité, la diversité et l’inclusion, en 2026.»
- sciences humaines et sociales
- rôle des scientifiques
- financement public
- rôle des universités
- collaboration hautes écoles – entreprises privées
- profil – universités
- collaboration hautes écoles – politique
- durabilité et climat
- collaboration hautes écoles – ONG
- collaboration hautes écoles – institutions de droit public
Revue de presse UNIL 12 mars 2024
11Mar2024
Politique des hautes écoles
Après l’Éracom, l’EPCL serait en crise
«Une nouvelle école professionnelle vaudoise est sous le feu de critiques internes. Après l’École romande d’arts et de communication (Éracom), fin 2023, c’est l’École professionnelle commerciale de Lausanne (EPCL) qui fait l’objet d’une fronde de la part d’une partie du corps enseignant, appuyé par le syndicat SVMEP-SUD. […] Du côté syndical, une question se pose: n’y a-t-il pas un problème «systémique» qui toucherait les institutions coiffées par la Direction générale de l’enseignement postobligatoire (DGEP)? Lionel Eperon, directeur général de la DGEP, écarte cette hypothèse: […] Il s’agirait plutôt de crises transitoires». (24 heures, 09.03.2024)
- conditions de travail
- direction des hautes écoles
- enseignement – compétences
- politique – Vaud
- enseignement – méthodes et outils
Les hautes écoles demandent un financement de base stable dans le Message FRI 2025-2028
«Le Conseil fédéral a adopté […] le Message relatif à l’encouragement de la formation, de la recherche et de l’innovation (Message FRI) pendant les années 2025-2028 à l’intention du Parlement. Il a décidé de réduire une nouvelle fois les contributions de base pour les hautes écoles selon la LEHE par rapport aux premières propositions faites au printemps 2023. swissuniversities souligne que cela entraîne une érosion des prestations des hautes écoles en raison de la baisse de la qualité des prestations et de la diminution des possibilités de mise en œuvre de mesures prioritaires.»
Swissuniversities salue l’adoption du mandat de négociations avec l’UE
«Les hautes écoles saluent le fait que le Conseil fédéral ait adopté […] le mandat final pour les négociations avec l’Union européenne (UE). Le paquet de négociations comprend un accord sur la participation plus systématique aux programmes de formation et de recherche de l’UE tels qu’Horizon Europe et Erasmus+. La place scientifique suisse a besoin de conditions-cadres réglementées et stables à long terme pour la coopération en matière de recherche et de formation avec l’UE. C’est une condition pour continuer à jouer un rôle de premier plan au niveau international, au service de la Suisse et de l’Europe.»
Israël-Palestine: tensions à l’Université de Bâle
Un groupe d’activistes pro-palestinien·nes a «assiégé» un cours sur l’histoire de l’État d’Israël en appelant à «arrêter le génocide à Gaza». «[C]ela serait allé si loin qu’une étudiante n’aurait plus osé sortir de l’amphithéâtre». L’Université de Bâle confirme l’incident et indique vouloir clarifier les événements. Une suite juridique pourra être envisagée.
- sciences humaines et sociales
- engagement politique
- rôle des universités
- profil – universités
- liberté d’expression
- gestion de conflit
L’apprentissage du chinois en recul en Suisse
En Suisse, l’intérêt pour la langue chinoise a baissé les dix dernières années et cela parmi toutes les tranches d’âge. Philippe de Korodi, Directeur général de l’école privée Champittet, dans le canton de Vaud, rappelle que pour les élèves et étudiant·es suisses et européen·nes ça représentait un atout en vue d’une perspective professionnelle. Néanmoins, en partie à cause de la difficulté à maîtriser la langue, et surtout à cause du climat géopolitique des dernières années, moins de personnes s’aventurent dans l’apprentissage du chinois.
Gérald Béroud, fondateur de SinOptic, une société d’études et de services sur la Chine basée à Lausanne, explique que «la désaffection de l’apprentissage du chinois concerne surtout l’enseignement supérieur. Elle est à l’image du changement de regard sur la Chine qui s’est développé ces dernières années.» On a pu observer, par exemple, qu’en Europe et aux Etats-Unis certains Instituts Confucius ont fermé. Celui de l’Université de Genève n’a pas subi ce sort et signale avoir aussi observé une baisse d’affluence au sein de sa plateforme: «à sa création en 2011, l’affluence a été grandissante puis s’est ensuite stabilisée dès 2018, avec une centaine d’étudiants chaque année depuis.» Au Département d’études est-asiatiques (Faculté des lettres de l’Université de Genève), la formation en études chinoises a connu également une baisse d’affluence: 17% d’inscriptions en bachelor et en master entre 2008 et 2023 de moins qu’auparavant. Claire-Akiko Brisset, Directrice du département, minimise la portée: «[d]’autres filières ont connu une désaffection beaucoup plus importante au cours de la même période au sein de cette faculté.»
«Didier Queloz, un Nobel suisse de physique au Vatican»
Didier Queloz, Prix Nobel de physique en 2019 et Professeur à l’École polytechnique de Zurich depuis 2021, a été nommé membre de la prestigieuse Académie pontificale des sciences et rejoindra l’institution vaticane cet automne.
Le nombre d’étudiant-es en théologie catholique reste stable
Pendant que le nombre d’inscrit-es en science humaines et sociales connait globalement une baisse en Suisse, le nombre d’étudiant-es en théologie catholique reste stable à dans les universités de Fribourg, Lucerne et à la Haute école théologique de Coire.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 11 mars 2024
8Mar2024
Politique des hautes écoles
Gaza : «Les douze universités ciblées et dévastées»
«Selon l’organisation de défense des droits de l’homme Euro-Med Human Rights Monitor, basée à Genève […], les attaques militaires israéliennes contre la bande de Gaza ont laminé l’enseignement supérieur. L’organisation estime que les dommages causés aux universités s’élèvent à plus de 200 millions d’euros. Au moins trois présidents d’université ont été tués depuis le 7 octobre, et plus de 95 doyens et professeurs. Quelque 88 000 étudiants ont dû interrompre leur cursus et 555 autres, titulaires d’une bourse internationale, n’ont pas pu voyager à l’étranger en raison des exactions.»
Le Conseil fédéral définit la politique de formation, de recherche et d’innovation pour les années 2025 à 2028
«Le 8 mars 2024, le Conseil fédéral a transmis aux Chambres fédérales le message relatif à l’encouragement de la formation, de la recherche et de l’innovation (FRI) pour les années 2025 à 2028. Il prévoit des investissements à hauteur de 29,2 milliards de francs maximum.»
Les coupes prévues dans le budget du Domaine des EPF impactent des projets d’importance stratégique
« Le Conseil des EPF a traité des coupes budgétaires et de leurs conséquences pour les projets des institutions du Domaine des EPF. Ces restrictions impliquent de renoncer à plusieurs projets d’infrastructures de recherche d’importance nationale et à des initiatives stratégiques. […] Parmi les projets désormais abandonnés, l’un aurait consisté à développer des solutions innovantes pour l’agriculture durable, tandis qu’un autre aurait permis de faire progresser la recherche sur la microscopie électronique, une discipline qui a valu le prix Nobel en 2017 à un professeur de l’Université de Lausanne diplômé de l’EPFL. Les appels à propositions des initiatives conjointes dans le cadre des priorités stratégiques du Domaine des EPF «Santé humaine», «Matériaux de pointe et technologies-clés» ainsi que «Transformation numérique responsable» doivent eux aussi être gelés faute de ressources financières suffisantes. L’initiative Swiss AI bénéficiera de ressources moins importantes que prévu initialement.»
Après l’hôpital, c’est l’Uni qui se dote de chiens d’assistance
«L’Université de Fribourg accueille depuis peu deux chiens sociaux pour aider les étudiants à gérer leur stress. Une pratique déjà éprouvée à l’hôpital cantonal.»
Du rôle de certaines universités dans la dissémination de l’idée des vertus présumées du «libre marché»
Dans un dernier livre (Les Marchands de doute, Le Pommier, 2010), les historien-nes des sciences Naomi Oreskes et Eric Conway avaient «analysé les racines historiques et politiques du climatoscepticisme et, plus généralement, les ressorts de la défiance vis-à-vis des sciences de l’environnement.» Dans leur récente publication Le Grand mythe. Comment les industriels nous ont appris à détester l’Etat et à vénérer le libre marché, ils analysent «les moyens par lesquels le «fondamentalisme de marché» […] s’est progressivement imposé aux Etats-Unis tout au long du XXe siècle.»
«Nous sommes ainsi passés d’une enquête historique sur la désinformation en sciences à une autre, sur la désinformation en économie.», explique Naomi Oreskes dans une interview. «Nous montrons dans notre enquête qu’un réseau d’organisations professionnelles, de groupes de réflexion, d’intellectuels ou d’universitaires conservateurs, tous financés ou soutenus par les milieux d’affaires américains, a construit et propagé ces idées dans la presse et les médias de masse, dans le monde politique, mais aussi dans la culture populaire.» Elle documente par ailleurs l’impact des milieux d’affaires américains sur la construction des idées qui se diffusent dans la science économique. «Peu d’historiens avaient jusqu’à présent examiné la manière dont d’importants industriels, en particulier associés à la société DuPont, ont financé l’installation de Milton Friedman à l’université de Chicago. Cela montre que nous devons être très attentifs à la manière dont la vie universitaire et intellectuelle peut être façonnée par les intérêts des entreprises. C’est en partie pour cette raison que j’insiste sur l’importance de la transparence des financements et des liens d’intérêts dans la recherche.»
«Les élites profitent d’une focalisation sur les questions d’identité»
Le professeur en sociologie et philosophie politique Andreas Widmer regrette que le fait que dans les universités américaines de pointe, il y a un débat trop intense sur l’égalité sous l’aspect de race et genre, et, en conséquence, pas assez de débat sur l’inégalité économique. Il avance que pendant les dernières 20 années, les universités américaines se sont politisées et«de plus en plus, des questions qui relèvent en fait de la politiques sont traités par la science. […] Les déclarations des femmes ou des non-blancs, appelés en Amérique «People of Color», ont aujourd’hui un poids moral plus important dans ce contexte. Et l’écho de la science dans le public est de plus en plus important. On s’attend à ce que les résultats des recherches contribuent à ce que les forces progressistes de gauche du bien l’emportent sur les forces du mal, les populistes de droite. […] [Mais] [s]i l’on veut étudier les inégalités dans la société américaine, le critère le plus important reste l’appartenance à une couche sociale, c’est-à-dire à une classe, et non à une race ou à un genre.» Les trente années passées, les inégalités dans la société auraient massivement augmenté, et «cette stagnation, voire la régression sociale de groupes entiers de la population, est aussi une des raisons du succès des populistes de droite. […] Au moment où Amazon, par exemple, sponsorise à coups de millions de dollars un institut pour la « justice raciale », mais réprime résolument les mouvements syndicaux naissants, on peut se demander s’il y a un lien entre les deux. Ce sont en effet les élites qui profitent de l’augmentation des inégalités. Il leur est utile d’attirer l’attention du public sur les thèmes de l’orientation sexuelle, du genre et de la couleur de peau plutôt que sur la concentration du pouvoir.»
L’Unil dans les médias
Swiss Olympic s’installe à Dorigny
Swiss Olympic proposera dès ce printemps un accompagnement personnalisé en termes de carrières et d’après-carrière pour les athlètes de Suisse romande.
Revue de presse UNIL 8 mars 2024
7Mar2024
Politique des hautes écoles
Un doctorant affirme que l’EPFL a supprimé des e-mails
Un doctorant revendiquait le paiement de ses heures supplémentaires à l’EPFL et son droit à la liberté d’expression en mettant un courriel en copie à toute la communauté EPFL (soit quelques 20’000 destinataires).
Face à l’envoi massif d’un message qui contrevenait à la Directive de l’école polytechnique en matière de messagerie collective (Lex 6.3.3), «les équipes techniques ont donc supprimé ce message en activant une fonctionnalité de notre anti-spam et antivirus, ce qui a eu pour conséquence de le faire disparaître des boîtes e-mails auxquelles il avait été adressé.», explique la porte-parole de l’EPFL. Par ailleurs, «[les doctorants de l’EPFL] ne sont pas soumis à la durée du travail, qui est en moyenne de quarante et une heures par semaine à l’EPFL. En conséquence, ils ne sont pas éligibles pour la récupération (ou le paiement) d’heures supplémentaires.»
«Comment le privé s’invite dans les unis»
«A l’Université de Neuchâtel (Unine), «Ni les thèses réalisées par des employés de Philip Morris, ni les cours donnés par des spécialistes, non rémunérés, n’impliquent de relation financière entre Philip Morris et l’Université de Neuchâtel. Pourtant, cette affaire le montre, l’absence de questions d’argent ne met pas l’université à l’abri de toute polémique.»
Les institutions scientifiques sont garantes de l’utilisation des fonds dont elles bénéficient, dont le financement tiers, et elles sont garantes de l’indépendance des scientifiques.
«A Neuchâtel, c’est l’article 5 de la Loi sur l’Université qui matérialise ce principe: «L’indépendance des activités d’enseignement, de recherche et de publication doit être assurée et elle doit impérativement être sauvegardée par écrit en cas d’engagements contractuels.» Ce qui permet notamment d’assurer que les résultats de recherche, librement publiables, bénéficient à toute la communauté scientifique sans être réservés à l’entreprise qui les a financés. Le hic, c’est que les universités ne contrôlent pas l’activité professionnelle de leurs thésards. «Sur 600 doctorants actuels, l’Université en emploie environ 300, qu’ils soient payés par elle ou par une institution de soutien à la recherche», indique Fabian Greub, secrétaire général de l’Unine. Les autres doctorants peuvent occuper n’importe quel emploi public ou privé, y compris dans un domaine proche de leur domaine de recherche, et même dans le but de publier une thèse, dont les sujets sont toutefois décidés avec un professeur, et validés par le conseil des professeurs de la faculté.»
A Genève, un festival pour l’innovation
L’Open Genève, festival pour l’innovation, se déroule à Genève du 14 au 24 mars. Plusieurs des participants sont attendus sur des thèmes comme l’innovation sociale, le développement durable, la santé globale, les médias et la transformation numérique.
Open Geneva encourage sa communauté à organiser et participer à des hackathons, ces moments d’intelligence collective de quelques dizaines d’heures, dont le but est de développer des solutions pratiques à des problèmes concrets.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 7 mars 2024
6Mar2024
Politique des hautes écoles
L’UDC veut hausser les taxes pour les étudiants étrangers de l’UNIGE
Le député UDC Michael Andersen a déposé lundi un projet de loi visant à relever les taxes universitaires à Genève. Ce texte introduit trois nouveautés: Une taxe d’études de CHF 1500 pour les étudiant-es étrangers-ères, une taxe de CHF 20 par examen (pour «inciter les étudiants à se présenter et à réussir dès la première fois») et les taxes universitaires devraient être destinées «à l’encadrement académique des étudiants à l’exclusion de toute autre affectation, notamment pour des activités associatives ou syndicales».
Le porte-parole de l’UNIGE Marco Cattaneo précise: «Aujourd’hui déjà, avec des taxes identiques, une ou un étudiant étranger, c’est-à-dire domicilié hors de Suisse lors de l’obtention de son certificat secondaire, génère deux fois plus de revenus pour l’Université de Genève qu’un étudiant genevois, par le biais de la subvention fédérale de base.»
Qu’en est-il de l’antisémitisme dans les universités suisses ?
Les incidents antisémites ont augmenté en de nombreux endroits, y compris dans les universités, depuis l’attaque terroriste du Hamas contre Israël et la guerre qui se poursuit dans la bande de Gaza, aux Etats-Unis et en Allemagne. Selon des personnes interrogées, il n’y a pas eu d’incidents dans les universités de suisse allémanique. Des manifestations à l’EPFZ et à l’Université de Zurich en faveur de l’intifada ont été interdites, et les étudiant-es juifs et juives qui l’avaient dénoncé ont l’impression d’avoir été entendus par les dirigeant-es des hautes écoles.
Le Professeur en études juives Alfred Bodenheimer à Bâle ne constate pas d’antisémitisme structurel dans les Hautes Ecoles suisses,«qui restent ouvertes à tout le monde», mais il constate que des tendances antisémites qui existaient depuis plus longtemps s’exacerbent dorénavant, par exemple dans la filière des études urbaines (Urban studies) à l’Université de Bâle, qui mettaient à un niveau le sionisme, le racisme et le sexisme. Un guide correspondant de cette filière a entre-temps été retiré ou adapté. Alfred Bodenheimer se réfère aussi aux événements autour du Centre pour études sur le moyen orient à l’Université de Berne, qui a été fermé entre-temps. Un maître de cours y avait notamment publié des post [sur le réseau X] faisant l’éloge du Hamas. Alfred Bodenheimer met en garde contre de telles tendances. Auparavant cela aurait été de l’alarmisme non fondé, mais dorénavant «toutes les personnes à l’université ne partent plus du principe que peu importe qui ils sont, quelles convictions ils ont, ils peuvent vivre dans un «safe space».» Ceci se voyait, selon lui, dans le fait que les étudiant-es et enseignant-es ne parlent plus ouvertement de leur identité juive. A cause de cette «situation généralement tendue», un réseau d’enseignant-es universitaires juif-ves a été créé. La plupart des environs 100 membres viennent de l’Allemagne, de l’Autriche ou, comme Alfred Bodenheimer, de Suisse.
L’Université et la HEP de Fribourg ne sont pas préparées à un scénario de folie meurtrière
Lorsque, début décembre, une personne s’est introduite dans une école de Cortaillod, dans le canton de Neuchâtel, le « protocole Amok » visant à prévenir les attaques contre les écoles y a été activé. Cela a apparemment très bien fonctionné. Mais qu’en est-il dans le canton de Fribourg ? Les écoles, et en particulier les enseignant-es, sont-ils préparés à un scénario de folie meurtrière ?
Pour résumer la réponse du Conseil d’Etat à une intervention parlementaire des députés fribourgeois François Ingold (Verts) et Laurent Baeriswyl (Le Centre), la plupart des écoles et hautes écoles ont un tel dispositif, «en théorie», à l’exception de l’Université et de la HEP de Fribourg.
L’Unil dans les médias
Consultations publiques pour la stratégie de transition de l’Université de Lausanne
«La Direction de l’UNIL lance un processus de consultation publique dans le cadre de l’élaboration de sa stratégie de transition écologique. Tous·tes les membres de la communauté universitaire sont invité·es à venir s’informer sur le travail en cours et donner leur avis sur le futur de l’UNIL.»
L’Université de Lausanne épinglée par la Cour des comptes vaudoise
«La Cour des comptes vaudoise épingle l’Université de Lausanne (UNIL) dans un audit publié mercredi. Elle recommande à l’institution de rattraper le retard pris dans le domaine de l’organisation administrative. […] La Cour des comptes recommande dès lors à la direction de l’UNIL de développer un processus d’achat performant, d’améliorer la performance du SRH et d’optimiser l’organisation administrative de la direction. Elle salue au passage « sa volonté de progresser ».»
«Pour un repas à trois francs»
«Pour Jean-Nicolas Rosset, membre du syndicat SUD Etudiant·es et Précaires, la précarité étudiante est encore trop présente et se creuse avec l’inflation. Il plaide pour une réduction des prix dans les cafétérias.»
Revue de presse UNIL 6 mars 2024
5Mar2024
Politique des hautes écoles
«Entre science et activisme»
Un «déficit systémique de connaissances en médecine» sur les différences entre les sexes
Yvonne Gilli, présidente de la Fédération des médecins suisses FMH, salue le fait que la Confédération ait récemment lancé un programme national de recherche sur la médecine de genre et y ait consacré 11 millions de francs. Mais elle estime qu’une recherche continue et des chaires correspondantes sont nécessaires pour renforcer la médecine du genre dans les universités. Actuellement, les cinq facultés de médecine de Suisse développent ensemble un curriculum sur la médecine de genre et l’Université de Zurich a créé une chaire dans ce domaine. Catherine Gebhard, cardiologue, relativise: la médecine du genre n’est jusqu’à présent enseignée que de manière isolée, lorsque des professeur-es se déclarent prêt-es à le faire. «Et les connaissances ne sont pas testées lors des examens, ce qui est généralement le cas pour toutes les matières importantes enseignées.» Valeria Scheiwiller, présidente de l’Association Suisse des Etudiants en Médecine [Swimsa], parle d’un «déficit systémique de connaissances en médecine»: «Je souhaiterais que les étudiantes et les étudiants soient mieux sensibilisés à ce sujet.»
Pour les médecins déjà en exercice, le sujet semble moins urgent. Ainsi, la jeune filière d’études postgrades en médecine de genre des Universités de Zurich et Berne n’est guère fréquentée par les médecins installés.
La contributions des universités à des sociétés plus résilientes
Une publication est parue, rédigée par 18 recteurs et rectrices universitaires, dont quatre de Suisse (UZH, UNIGE, EPFZ, EPFL):
«Le 14e volume des Glion Colloquia donne un aperçu de la résilience et de la manière dont les universités peuvent la renforcer au profit de la société. […] Cet ouvrage examine comment les universités […] pourraient rassembler les collaborations, en utilisant nos nombreuses ressources, y compris [le] pouvoir de rassemblement, pour atténuer ou surmonter les crises d’aujourd’hui et de demain. Les suggestions vont d’un engagement communautaire fort à une refonte et une restructuration des universités afin d’améliorer leur propre capacité à travailler de manière interdisciplinaire et à s’adapter plus rapidement aux crises urgentes, en passant de la théorie et de la recherche à l’action. Les auteurs proposent des modèles permettant aux universités de travailler de manière interdisciplinaire et de contribuer à la résilience et au bien-être des sociétés qu’elles servent. Ce faisant, les universités commencent à instaurer la confiance dans leurs institutions et dans la science qui est si essentielle à leur avenir commun.»
- interdisciplinarité
- direction des hautes écoles
- collaboration hautes écoles – entreprises privées
- impact des universités
- collaboration hautes écoles – institutions de droit public
- égalité
Le gymnase en quatre ans devrait démarrer en 2032
«Frédéric Borloz présente ce matin les «défis et opportunités» de l’allongement du cursus gymnasial. Une centaine de nouvelles classes devront ouvrir.»
L’Unil dans les médias
«L’indignation sélective contamine l’Université»
David Vogel, membre du Grand Conseil vaudois (Vert’libéral) écrit dans un article d’opinion :«L’Université de Lausanne a exprimé plusieurs fois son empathie pour les victimes de tel ou tel conflit. L’Iran, Israël et l’Ukraine ont été mis en avant par l’UNIL. Les critères pour évoquer un conflit plutôt qu’un autre paraissaient assez aléatoires. […] Bref, on souhaite que les centres de formation réfléchissent ou fassent réfléchir et évitent un des drames de notre temps: l’hémiplégie émotionnelle.»
- direction des hautes écoles
- rôle des universités
- politique – Iran
- politique – Russie
- conflit israélo-palestinien
Revue de presse UNIL 5 mars 2024
4Mar2024
Politique des hautes écoles
L’Université de Neuchâtel collabore avec des chercheurs payés par Philip Morris
«L’Université de Neuchâtel entretient des liens avec des chercheurs de Philip Morris. Comme l’a appris le pôle enquête de la RTS, l’un d’entre eux donne un cours au sein de l’alma mater neuchâteloise. Deux autres employés du cigarettier ont pu y réaliser leur thèse. Ces collaborations scientifiques heurtent les milieux de la prévention. Philip Morris et l’université estiment de leur côté être dans leur bon droit.»
- financement tiers
- liens d’intérêt
- transparence – recherche
- collaboration hautes écoles – entreprises privées
«Pourquoi la Suisse devrait-elle profiter le plus de l’IA parmi tous les pays ?»
«Selon une analyse du cabinet de conseil PwC, la Suisse a le plus grand potentiel de croissance parmi 20 pays industrialisés dans le domaine de l’intelligence artificielle générative (GenAI). Dans le meilleur des cas, le secteur pourrait augmenter le produit intérieur brut de plusieurs milliards. […] Ce potentiel de croissance est expliqué par le fait que les secteurs de la technologie et des logiciels ainsi que les entreprises des médias, de la pharmacie et de la finance devraient être les plus grands bénéficiaires de la nouvelle technologie : «En Suisse, ces secteurs sont particulièrement bien représentés par rapport à des pays moins affinitaires avec l’IA comme l’Allemagne ou la France»»
- transformation numérique
- recherche – impact
- retour sur investissement (ROI)
- classements des pays
- intelligence artificielle
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 4 mars 2024
1Mar2024
Politique des hautes écoles
Le Conseil européen de la recherche a modifié son mode d’évaluation des candidatures. Voici pourquoi.
Dans une nouvelle publication, la présidente du Conseil européen de la recherche (CER), Maria Leptin, a exposé les raisons qui ont poussé le Conseil scientifique du CER à modifier son mode d’évaluation des chercheur-es. Après un long débat, le Conseil a déclaré qu’il partageait «la préoccupation selon laquelle les systèmes actuels d’évaluation de la recherche utilisent souvent des méthodes inappropriées et étroites pour évaluer la qualité, la performance et l’impact de la recherche et des chercheur-es».
La Commission européenne a lancé des discussions à l’échelle européenne sur la réforme de l’évaluation de l’impact de la recherche en 2022. L’idée est que les méthodes actuelles d’évaluation des chercheurs sont trop étroites et trop rigides. «Pour rester dans l’air du temps», l’accent mis sur les mesures de publication dans les revues devrait être abandonné au profit de réalisations qui donnent une image plus complète.
L’EPFL songe à sacrifier sa ferme modèle
«Choisi il y a quatre ans sur appel à projet, le collectif de la ferme de Bassenges risque de devoir laisser sa place aux chercheurs d’un centre de sciences fondamentales. […] Concrètement, l’école polytechnique aimerait déménager dans la ferme de Bassenges et le château voisin son Centre Bernoulli pour les études fondamentales.»
«La parole commence à se libérer et c’est essentiel»
«L’Université de Genève lance une nouvelle campagne contre le harcèlement et les discriminations. Les ressources à disposition en matière de protection de la personnalité sont rendues plus accessibles grâce à un site internet bilingue.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 1er mars 2024
29Fév2024
Politique des hautes écoles
«Jeunesse sans histoire»
Le nombre d’étudiant-es en histoire ont connu une «baisse dramatique», selon l’OFS il y en a actuellement 2409 en Suisse – 610 de moins qu’en 2013. «Et ce, paradoxalement, à une époque où les médias ont depuis longtemps proclamé le retour de l’histoire : La crise financière, la crise migratoire, la pandémie, la volonté de puissance mondiale de la Chine, la guerre d’agression de Poutine, la poudrière du Proche-Orient sont autant de thèmes qui ne peuvent être abordés que de manière historique.» Selon l’auteur de l’article Marc Tribelhorn, [lui-même historien], «l’Académie des sciences humaines et sociales a réagi de manière assez désemparée», soulignant qu’il fallait à nouveau mieux communiquer, s’occuper de plus de communication avec les gymnasiens.
Il ajoute: «Ce n’est pas une tragédie si moins de jeunes étudient l’histoire – au contraire. Ils sont encore assez nombreux. Certes, les diplômé-es en histoire (et plus généralement en sciences humaines et sociales), dont la formation est relativement bon marché, ont été jusqu’à présent plutôt bien absorbé-es par le monde du travail. Mais dans les professions qu’ils choisissent traditionnellement – les lycées, les médias, les musées, les archives – il n’y aura pas de pénurie de personnel qualifié de sitôt. En revanche, la baisse des effectifs pose un problème aux séminaires d’histoire : Moins d’étudiant-es s’inscrivent en histoire, cela a des conséquences à moyen terme sur les flux financiers au sein des universités, c’est-à-dire sur le nombre […] des chaires et sur l’étendue de l’enseignement.»
Il continue: «Les professeurs d’histoire se suffisent généralement à eux-mêmes. Ils voient peu de raisons de faire connaître leur discipline et leurs recherches à un large public, bien qu’ils soient financés par l’argent des contribuables et que les références culturelles soient évidentes. Ils ne se sentent pas compétents pour les débats de société, presque plus personne ne veut être un intellectuel public qui fait un travail d’interprétation de l’époque. […] «La science historique est devenue apolitique», avait déclaré le professeur émérite André Holenstein, qui ne craint pas les interventions, par exemple sur la question européenne.» Et ceci aurait des raisons ancrés dans la structure et la politique de la recherche.
Marc Tribelhorn estime que la conscience pour l’importance de l’histoire est en baisse, et prend comme exemple la place qui lui est accordé à l’école. «Pourquoi alors enseigner l’histoire? Pour former à la critique des sources et à la compétence médiatique, notamment face aux fake news, au big data et à l’intelligence artificielle, à la guerre et à l’antisémitisme. Pour comprendre les contextes historiques, notre culture, la « Willensnation » qu’est la Suisse et le monde. Pour participer au processus politique, en particulier dans une démocratie directe. Ou comme le philosophe allemand Odo Marquard l’a un jour formulé de manière pointue : L’avenir a besoin de l’origine («Zukunft braucht Herkunf»).
- sciences humaines et sociales
- rôle des scientifiques
- rôle des universités
- impact des universités
- médias et universités
Le déclin de la médecine généraliste à l’Hôpital universitaire de Zurich
L’Hôpital universitaire de Zurich, ancienne clinique modèle, «est au plus bas». Elle risque de se voir retirer sa reconnaissance en tant que clinique A – la catégorie la plus élevée pour les établissements de formation continue. Selon les recherches effectuées par la NZZ, l’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue (ISFM) a récemment jugé la clinique «insuffisante». Les assistants médecins qui y ont travaillé ces dernières années ont critiqué des manquements dans la culture de direction, d’entreprise et d’apprentissage et ont également mise en cause les compétences spécialisées («Fachkompetenz»).
Selon le journal, «Le déclin a commencé en 2005, lorsque la direction de l’hôpital a démantelé ce qui était alors le département de médecine interne et l’a réduit de 180 à 40 lits», en faveur de la médecine spécialisée. Aujourd’hui, la nouvelle direction de l’hôpital tente de réduire la perte d’importance qui se profile à l’horizon «de dernière minute» – et avant que les auditeurs de la clinique ne rendent leur verdict définitif. Elle a annoncé pour l’été 2025 créer un département de médecine interne. Parallèlement, l’université a mis au concours une chaire.
Conflit intergénérationnel à l’hôpital?
De nombreux jeunes médecins critiquent la charge de travail élevée, beaucoup d’entre eux souhaitent une semaine de 42 heures de travail – selon un sondage de la NZZ (février 2023), 40% d’entre eux et elles travaillent plus de 11 heures par jour. Une qui a osé en parler est Laura Biondi, 26 : «C’est une réalité de la génération actuelle : nous souhaitons de plus en plus travailler à temps partiel et l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée est un sujet de préoccupation. Il faut trouver des solutions, sinon nous nous retrouverons un jour sans relève». Cette vision entraîne des conflits avec la génération plus âgée. Othmar Schöb (61), professeur en chirurgie viscérale, travaille 80 heures par semaine. Il avance que pour être vraiment à la hauteur, un chirurgien a besoin de beaucoup d’expérience en salle d’opération : «Cette expérience ne vient pas en se promenant ou en faisant du vélo». (SRF)
Selon Jérôme Mathis, médecin chef du service de gynécologie obstétrique au Centre hospitalier de Bienne (CHB) et codirecteur médical depuis le début de l’année «Les compétences sociales nécessaires pour pratiquer ne sont pas enseignées sur les bancs d’école, on les acquiert avec l’expérience», estime-t’il. «Il est extrêmement difficile de faire vivre la réalité du terrain aux étudiants en médecine.» Il nomme la pression qui pèse sur les établissements de santé comme l’une des causes du problème. «Il faut que l’on apporte des solutions, au niveau politique, pour que les systèmes privé et public collaborent mieux au niveau de la formation. Parfois, entre la formation et les finances, c’est un dilemme. Il faut qu’on réussisse à résoudre cette équation». (Le Journal du Jura)
- carrière académique
- enseignement – métiers de la santé
- conditions de travail
- formation – médecins
- collaboration hautes écoles – entreprises privées