Les jeunes UDC contre la participation de la HSG et de la PHSG à la St. Gallen Pride
L’Université de Saint-Gall (HSG) et la Haute école pédagogique de Saint-Gall (PHSG) participent à la St. Gallen Pride, «qui aura lieu pour la première fois samedi prochain». Le parti des jeunes UDC se dit contre et y voit une menace contre «la neutralité des institutions». La jeune vice-Présidente des sections des Grisons, Saint-Gall, Säntis et Thurgovie affirme que c’est «inacceptable […] que deux universités d’État de Suisse orientale participent à cette occasion» et «les invitent […] à [y] renoncer». Pour le parti des jeunes UDC il est surtout inacceptable que la PHSG, qui forme les enseignant·es, prenne part à la Pride, car«l’éducation doit être politiquement neutre et ne doit pas influencer les enfants».
Gieri-Flurin Darms, Président du parti des jeunes UDC, pense qu’il y a un «endoctrinement» dans les écoles, et cite l’exemple de l’école cantonale de Bündner (BKS) «où les élèves seraient moins bien notés s’ils n’utilisent pas l’écriture inclusive.»
Dorothy Bishop, Professeure en psychologie à Oxford aujourd’hui à la retraite, est devenue une «détective de la mauvaise science». Un chercheur américain responsable d’une revue scientifique avait cité son nom en 2014 dans un article, comme si elle avait fait partie du comité éditorial, alors qu’il n’en était rien. Depuis, en association avec d’autres chercheur∙euses européen∙nes, elle cherche à limiter ces comportements.
Les mauvaises pratiques sont multiples : autocitation, accélération du processus de publication au détriment de la qualité, articles avec des prête-noms et des données falsifiées fabriquées à la chaîne (paper mills)… Déplorant le manque de réactivité des éditeurs scientifiques, Dorothy Bishop milite également pour la création d’un «instance indépendante pour étudier les signalements d’inconduite avec des experts en analyse d’images et de données.»
La gestion de la restauration à l’Université de Bâle reste dans les mains du SV Group
Depuis quelques années, la gestion des restaurants universitaires et des cafétérias de l’Université de Bâle a bougé plusieurs fois entre le SV Group et le petit groupe de restauration ZFV. Finalement, malgré la pandémie qui a «contraint» le SV Group à «abandonner peu à peu» les sites de l’Université de Bâle, c’est lui qui va reprendre la gestion de la restauration et des cafétérias. Matthias Geering, porte-parole de l’Université de Bâle, explique que «[l]’offre de SV Group mise sur la durabilité et l’individualisation des concepts de restauration».
L’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (EPFZ) participe au projet pilote ‘Do Tank Aargau’, se joignant à la ville de Baden (Argovie) et l’hôpital cantonal afin de favoriser le développement des «entreprises du secteur médical et des technologies de la santé [qui] marquent l’économie de la région.» Il s’agit d’une «coopération unique en Suisse sous cette forme» affirme le Badener Tagblatt.
Il est prévu que trois chaires s’installent sur le campus santé de l’hôpital, afin que l’économie locale «profite ainsi de la force d’innovation et du savoir-faire de l’EPFZ. Parallèlement, cette collaboration renforce l’attractivité du site de Baden pour les entreprises et les start-ups du secteur de la santé» a fait savoir la ville de Baden dans un communiqué de presse.
«L’accès aux universités zurichoises est très compliqué pour les réfugiés»
Dans un postulat, Monika Wicki, Conseillère cantonale PS, et les cosignataires issus du Parti vert’libéral, de l’Alternative Liste et des Verts demandent au Conseil d’État zurichois d’élaborer un projet de loi pour résoudre l’hétérogéneité au sein des universités concernant l’accès aux études des personnes réfugiées et des mesures mises en place pour promouvoir l’inclusion des requérant·es d’asile. «En effet, dans le canton de Zurich, l’organisation de la politique universitaire en matière d’intégration des demandeurs d’asile et des personnes en fuite est laissée aux universités et aux hautes écoles spécialisées. Il n’existe pas de législation cantonale. Il en résulte des différences marquées en ce qui concerne l’accès aux études pour les personnes en fuite». Le Conseil d’Etat a néanmoins rejeté l’intervention, «au motif que les personnes en fuite avaient des formations préalables différentes, des connaissances linguistiques et techniques préalables ainsi que des souhaits d’études différents. […] Swissuniversities, […] justifie les différences de traitement, à l’instar du Conseil d’Etat zurichois, en se référant à la «situation initiale individuelle» de chaque haute école. Néanmoins, swissuniversities encourage l’échange entre les hautes écoles sur ce thème».
Concernant les programmes d’intégration des demandeurs d’asile, des grandes différences entre les hautes écoles présentes sur le sol zurichois sont visibles: la Zürcher Hochschule für Angewandte Wissenschaft (ZHAW) «se limite […] au conseil avant et pendant les études ainsi qu’à l’aide à l’inscription et à l’organisation de la révision des modules», alors que l’université de Zurich «propose un programme étendu par rapport aux autres hautes écoles».
Nombre d’inscriptions record pour la HEP des Grisons
Au cours du mois de juin, la Haute école pédagogique des Grisons a enregistré 245 inscriptions, 35% de plus qu’en 2022, et un boom d’inscriptions a également été observé à Lucerne. Aucun des deux cantons ne semblent souffrir de la pénurie d’enseignant∙es qui touche le reste du pays.
Surpris par le phénomène, le recteur de la HEP grisonne Gian-Paolo Crucio s’en réjouit, mais pense également aux coûts que cela va engendrer. «Plus d’étudiants signifie plus de groupes, plus de personnel et d’infrastructures.» Un∙e étudiant∙e coûtant en moyenne 30’000 CHF, la HEP va devoir trouver une solution avec le canton et annuler certains projets et formations continues durant l’année à venir. Gian-Paolo Crucio «souligne toutefois que «le nombre d’inscriptions est généralement plus élevé que le nombre effectif d’étudiants au début de la première année d’études». Cela s’explique par le non-respect des conditions d’admission ou par des inscriptions multiples dans différentes hautes écoles.»
L’idée d’un professeur de l’Université de Lucerne «trouve un écho à l’ONU»
António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, «s’est prononcé en faveur de la création d’une autorité de régulation [de l’intelligence artificielle]. Il a cité l’Agence internationale de l’énergie atomique comme modèle». C’était le Professeur d’éthique et Directeur de l’Institut d’éthique sociale ISE à l’Université de Lucerne, Peter G. Kirchschläger, qui avait appelé «à réglementer l’intelligence artificielle comme les armes nucléaires» il y a deux ans. «Depuis novembre 2022, il mène des discussions à ce sujet avec la direction de l’ONU, et depuis décembre également avec le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. L’objectif serait de créer une agence internationale pour les systèmes basés sur les données (IDA), qui ferait office d’autorité mondiale de surveillance et d’autorisation […]. Selon ses propres dires, Kirchschläger restera encore impliqué dans l’élaboration de l’IDA. Il y a quelques semaines, il a présenté les résultats de ses recherches sur l’éthique de l’IA lors d’une table ronde organisée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève et a reçu un accueil très favorable».
L’EPFZ ne révèle aucune information concernant les étudiant·es iranien·nes
Après les nombreuses discussions à propos du transfert de connaissances de la part des étudiant·es chinois·es vers la Chine, maintenant l’attention se porte sur «ce que les étudiant·es iranien·nes apprennent [dans les hautes écoles suisses]». L’Institut Paul Scherrer (PSI) explique qu’il accueille 8 étudiant·es et chercheur·es et que «[l]eurs recherches se concentrent sur la chimie, la physique et l’imagerie […], dans le domaine de la simulation et de la modélisation (de systèmes d’accélérateurs) ainsi que sur la biologie et la médecine […]». En Suisse il n’y aurait pas «autant d’Iraniens immatriculés qu’à l’ETH de Zurich : 100 personnes», mais l’auteur de l’article ajoute que l’EPFZ «ne veut pas donner d’informations sur ce que les étudiants iraniens apprennent. La protection de la personnalité l’emporte sur l’intérêt de la sécurité publique».
«L’éloge de la simulation dans les formations en santé»
Dans le domaine de la santé, les mannequins sont indispensables pour la formation. Pouvant respirer, transpirer, ou même saigner, ils permettent de pallier le manque de places de stages. Toutefois, «une première fois avec un «vrai» patient reste toujours une première fois» expliquent Séverine Rey, maître d’enseignement et Céline Schnegg, adjointe scientifique.
Pourtant, de manière assez paradoxale il semblerait que plus le mannequin a l’air réel, plus il a tendance à créer un sentiment de malaise chez les étudiant∙es.
Accéder aux bancs des universités en passant par la case football
Les frais d’étude aux Etats-Unis étant très élevés, certains parents utilisent le football (soccer) comme parade. Investissant parfois plus de mille dollars pour une inscriptions dans un club, les parents espèrent que leurs enfants pourront décrocher une bourse et faire des études gratuitement.
Malheureusement, ce système de pay-to-play (payer pour jouer) semble favoriser les disparités. «Ce modèle donne aux classes moyenne et moyenne supérieure des opportunités que beaucoup d’autres familles ne peuvent pas avoir» explique Lindsay Bloom, entraineuse sportive. «L’accès au coaching et aux compétitions est corrélé à l’endroit où vivent les enfants.» Enfants qui, plus tard, auront moins de chance d’obtenir une bourse pour l’université.
Ce phénomène touche majoritairement les filles. La loi Title IX, votée en 1972, a interdit «toute discrimination sur la base du sexe dans les universités, celles-ci devaient désormais offrir le même nombre de bourses aux garçons et aux filles.» Par la suite, «[le] soccer en profita, parce que le nombre élevé de joueurs nécessaires par équipe permet de remplir les quotas, qu’il réclame peu d’infrastructures et représente un équivalent féminin au trop viril football américain.»
Dans une interview donnée au 24 Heures, le directeur de l’Ecole 42 Christophe Wagnière revient sur la création de son école, qui ne compte aucun∙e professeur∙e ou diplôme décerné. 321 élèves font partie du cursus et 100 stages sont en cours. La moyenne d’âge est de 28 ans, 80% des participant∙es étant en reconversion.
La reconnaissance du Canton «n’est pas une priorité.» Se reposant sur ses partenaires, des entreprises telles que Swisscom, Infomaniak, Qoqa, ou même la BCV, l’Ecole 42 est à la fois privée et gratuite et, deux ans après sa création, son directeur n’a pas l’intention de changer de modèle. «Nous sommes différents et complémentaires. Nous voulons offrir une chance à un maximum de personnes de faire cette formation» déclare-t-il.
L’UniGe est-elle vraiment responsable des agissements d’une ancienne étudiante ?
Dans une interview, Céline Amaudruz (UDC) critique ouvertement Mathilde Mottet (PS) pour son comportement, à savoir la photo d’un doigt d’honneur devant un drapeau suisse datant du 1er août. La vice-présidente de l’UDC s’en prend au passage à l’Université de Genève, où la jeune militante avait fait ses études, estimant que l’institution a failli dans son «rôle d’éducation».
Mme Amaudruz argue que le climat de l’institution favorise ce genre de comportement et que «le wokisme prédomine». «Je suis pour la liberté de penser de chacun. Mais l’université doit rendre des comptes puisqu’elle reçoit de l’argent public» mentionne-t-elle, évoquant l’attitude du rectorat à la suite à l’agression qu’elle a elle-même subie lors d’un débat tenu au sein de l’UniGe en décembre 2022.
Deux projets pour le partage des données dans la recherche
Whyqd est un service développé par Gavin Chait, consultant et data scientist de Whythawk. Son outil permet de «[faciliter] la conversion de données non interopérables en format lisible par les machines en s’appuyant sur un protocole bien défini qui garantit la cohérence et la fiabilité des données», sans avoir besoin de s’y connaître en programmation. Whyqd a été créé pour «simplifier et formaliser le processus de transformation et de validation des données sources, en le rendant plus efficace et en garantissant des résultats impartiaux» explique le scientifique.
Gavin Chait voudrait encourager le partage et la collaboration dans le monde de la recherche, ainsi que sensibiliser le corps estudiantin à la conservation des données. Il travaille notamment avec la Research Data Alliance, «une plateforme mondiale de données ouvertes».
À la Gdańsk University of Technology Library de Pologne, Magdalena Szuflita-Żurawska, mène quant à elle un projet interdisciplinaire sur le partage de données. À travers une enquête et des entretiens, elle explore «la manière dont les chercheur∙euses des différentes disciplines partagent les données, les défis rencontrés et les exigences en matière de normes, de vocabulaire et d’outils techniques.» Recensant les principales difficultés et les best practices, Szuflita-Żurawska «[insiste] sur le fait que les règles et réglementations en matière de droits d’auteur, par exemple, varient d’un pays à l’autre» et que cela doit bien être pris en compte lors de collaborations internationales.
Lucerne : plus d’argent pour la formation en milieu hospitalier
Les coûts pour la formation continue des médecins dans le milieu hospitalier augmentant chaque année, le gouvernement lucernois demande au Grand Conseil d’approuver un crédit spécial de 5 millions pour améliorer les conditions de travail. «L’année prochaine, les coûts effectifs de ces prestations de formation postgrade des hôpitaux répertoriés seront nettement plus élevés que les contributions versées par le canton dans le passé, écrit le gouvernement dans un communiqué de presse de mardi.» Cette décision est jugée insuffisante par le PS, qui estime qu’il reste encore un déficit à hauteur de 7 millions de francs.
«L’évaluation de la recherche au Royaume-Uni fait l’objet d’une réforme, mais les changements manquent leur cible»
Au Royaume-Uni, une réforme a été entamée dans le système d’évaluation utilisé pour déterminer le financement de la recherche universitaire (Research Excellence Framework – REF), «[prévoyant] de passer de la performance individuelle à la performance institutionnelle». Cette réforme «[s’appuie] sur les conclusions du Future Research Assessment Programme (FRAP), un programme de recherche et d’évaluation des organismes de financement britanniques», et particulièrement sur «un rapport rédigé par un groupe de conseillers internationaux». Dans ce rapport on reconnait que le REF «peut fausser la culture de la recherche par des incitations perverses telles qu’une dépendance excessive à l’égard des mesures de publication pour évaluer la valeur d’un chercheur». Adoptées par le FRAP, les recommandations des conseillères et conseillers internationaux sont «[…] d’augmenter la contribution au score REF global des mesures qui reconnaissent la qualité du soutien apporté par une institution à la recherche, et de diminuer la pondération des résultats de la recherche conventionnelle».
Les trois auteur·es de cet article (Richard Watermeyer, Gemma Derrick et Kate Sang) sont chercheur·es en éducation et s’expriment sur la réforme du REF. Ces dernier·ères pensent que ces recommandations «pourraient entraîner une nouvelle dégradation de la culture de la recherche dans les établissements d’enseignement supérieur britanniques, [et que] les décideurs politiques font preuve de naïveté à la fois vis-à-vis des réalités de la culture de la recherche au Royaume-Uni et du risque de causer plus de problèmes qu’ils n’en résolvent». Selon ces trois chercheur·es, bien que «les conseillers [appellent] à «déplacer le fardeau de l’individu vers l’institution» […], [d]ans la pratique, […] il est impossible d’éviter la contribution d’un individu à la recherche au cours des préparatifs d’une université pour le REF».
De plus, bien que la volonté soit de le rendre «plus inclusif», le fait que dans REF 2028, «il n’y aura pas de nombre maximum ou minimum de résultats de recherche liés à un chercheur individuel, à condition qu’une moyenne soit atteinte dans un domaine» amènera les universités «à être hyper-sélectives, se concentrant sur les membres du personnel qui produisent la recherche la plus «REF-able»». Finalement, «la recommandation des conseillers selon laquelle il ne faut pas accorder une «importance excessive» au REF dans l’évaluation du personnel ou l’étalonnage des performances par rapport à d’autres institutions» ne tient pas compte du fait que le REF soit utilisé comme critère dans le classement de l’enseignement supérieur. Les auteur·es pensent donc que «les règles du REF sont élaborées par des personnes qui sont de plus en plus éloignées des conditions de travail vécues par le chercheur moyen».
À l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) «[l]es cours […] ne sont presque plus dispensés qu’en anglais […]. Dès le prochain semestre d’automne, 342 cours de master seront dispensés en anglais et 7 en allemand». En 2010 l’EPFZ écrivait dans une directive que «[l]es études de master doivent être ouvertes à l’international. Pour cette raison, la langue d’enseignement doit être autant que possible l’anglais». En effet, les cours en anglais «attirent les étudiants et les professeurs étrangers». L’EPFZ utilise l’«instrument» de la langue pour «figurer en tête [des classements universitaires]».
Selon un professeur de l’UZH la Suisse ne doit plus accepter les boursières et boursiers du China Scholarship Council
Professeur à l’Université de Zurich (UZH), Beat Hotz-Hart s’exprime sur la thématique des étudiant·es chinois·es qui obtiennent une bourse de la part de la China Scholarship Council (CSC) pour étudier à l’étranger. Le CSC étant «[dépendant] du ministère chinois de l’éducation et donc du Parti communiste chinois (PCC) […], [la] politique du CSC montre la manière dont le PCC gère ses étudiants et sa relève universitaire, via une surveillance stricte et un grand contrôle social associés à la délation et au clanisme. Ainsi, la liberté d’expression est pratiquement impossible pour les étudiants chinois».
Cela préoccupe de nombreuses universités dans le monde, et a amené les universités d’Uppsala et de Lund à «[interrompre] leur collaboration avec le CSC et [à suspendre] l’Institut Karolinska». Au vu de cette situation Monsieur Hotz-Hart est de l’avis qu’ «[il] serait cohérent de ne plus accepter de boursiers du CSC dans ces conditions et d’en communiquer expressément les raisons au CSC». Il ajoute que «[les] universités suisses ne sont pas dépendantes des revenus des étudiants étrangers comme beaucoup d’autres, par exemple en Suède, en Grande-Bretagne ou en Australie. Elles peuvent renoncer sans nécessité à des boursiers du CSC». En effet, les étudiant·es chinois·es qui étudient dans les universités étrangères étaient 700’000 en 2019, dont seulement 3’519 en Suisse.
«Universités : Ces étudiants chinois «espions» qui inquiètent Berlin»
Le 14 juillet l’Allemagne a publié le sa nouvelle stratégie à l’égard de la Chine avec le but de freiner la recherche à des fins militaires. La ministre allemande de l’Éducation, Bettina Stark-Watzinger, «a appelé à la vigilance face aux risques d’espionnage scientifique par des étudiant·es chinois·es détenteurs·trices de bourses d’État dans les universités allemandes […], [et] elle a salué la décision de l’université Friedrich-Alexander (FAU) d’Erlangen, en Bavière, qui, depuis le 1er juin, n’accepte plus de boursiers financés uniquement par le Conseil des bourses d’études de Chine («China Scholarship Council», CSC), un organisme public». En effet, des recherches diffusées par le service international de diffusion Deutsche Welle et la plateforme d’investigation Correctiv, avaient mis en lumière le fait que «les détenteurs de telles bourses doivent s’engager par contrat à être loyaux envers l’État chinois. Ceux qui ne respectent pas ces conditions doivent craindre des conséquences juridiques […]». La FAU a donc pris sa décision en estimant que «la liberté d’opinion et la liberté scientifique ancrées dans la loi fondamentale allemande ne peuvent pas être pleinement exercées par les boursiers du CSC en raison des conditions d’octroi des bourses et qu’il existe en outre un risque accru d’espionnage scientifique», explique Madame Stark-Watzinger.
«Une offre d’emploi jugée raciste sème l’émoi à l’Université de Genève»
Le 26 juillet une offre d’emploi jugée raciste a été publiée sur la plateforme officielle de l’Université de Genève (UNIGE). Il s’agit d’une annonce de travail publiée sur la plateforme «Emplois étudiants» où on pouvait lire qu’un «homme âgé cherche une personne «africaine» pour lui faire son déjeuner une fois par semaine». Jean-David Pantet Tshibamba, Président de l’Association des Etudiant·es Afro-descendant·es, explique que ce qui est problématique c’est la mention explicite «des critères ethniques comme base de sélection» et il «évoque la piste d’une offre à caractère sexuel déguisée […], [puisque] même si l’annonce était formulée au langage épicène, ce monsieur disait au téléphone chercher spécifiquement «une femme africaine»». Quant au rôle que l’UNIGE aurait dans cette affaire, Jean-David Pantet Tshibamba affirme que «bien que cette offre d’emploi émane d’un particulier, l’Université de Genève l’a validée, rédigée, et publiée avant de la retirer à la suite de plaintes».
Antoine Guenot, attaché de presse de l’UNIGE, explique que «[la] publication [de l’offre d’emploi] est le résultat d’une erreur d’appréciation et de formulation qu'[ils regrettent] vivement», et que l’annonce a été retirée puisqu’elle est «totalement contraire aux valeurs de l’université». Monsieur Guenot précise que «l’employeur en question «a rencontré des difficultés lors de la création de son annonce». Il aurait donc souhaité la dicter oralement. «C’est lors de cette étape que son souhait a été mal formulé: selon nos informations, cette personne âgée souhaitait échanger avec une personne originaire d’un pays d’Afrique sur cette thématique, car elle aurait beaucoup voyagé sur ce continent […]. Ce souhait n’a pas semblé problématique, mais il aurait fallu en préciser la raison, car c’est l’absence de cet élément qui confère à l’annonce son caractère très problématique»». Des mesures ont déjà été prises à l’UNIGE: «[d]es doubles validations seront effectuées pour les annonces présentant un caractère potentiellement sensible […]. Les processus de validation seront également révisés dans leur ensemble, avec notamment la collaboration du Service égalité & diversité de l’université.»
«Au Royaume-Uni, les universités misent sur les extra-Européens»
Dans les universités britanniques, «[l]e nombre d’étudiant·es étranger·es […] a crû de 54% depuis 2016-2017». Sa composition a également subi un changement: en effet, 82% des étudiant·es universitaires au Royaume-Uni provient des pays extra-européens, alors que le nombre des étudiant·es provenant de l’Europe «a été divisé par deux». Nick Hillman, qui dirige le think tank Higher Education Policy Institute, explique que ce changement s’est produit puisque «[d]epuis le Brexit, les jeunes Européens n’ont plus accès aux frais universitaires à tarif réduit octroyés à leurs pairs britanniques». Mark Corver, fondateur de DataHE, une firme spécialisée dans la collecte de données sur l’éducation, explique que l’apport des étudiant·es provenant des pays extra-européens est «devenu crucial» du moment où leurs frais d’études résultent être le double par rapport à ceux des étudiant·es britanniques. Monsieur Hillmann raconte que «[c]ertaines universités ont annoncé qu’elles allaient geler le nombre d’étudiants britanniques qu’elles acceptent pour privilégier leurs pairs étrangers», ce qui a provoqué de la colère. D’autre part, les étudiant·es extra-européens se plaignent aussi de leur situation: Amit Tiwari, Président de l’Association des étudiant·es indien·nes au Royaume-Uni, explique que le coût élevé de la vie, la difficulté à trouver un emploi après les études, le maintien des cours en ligne et les grèves du personnel universitaire provoque un mécontentement au sein des étudiant·es.
«Le Royaume-Uni doit accueillir les chercheurs internationaux pour prospérer»
Les universités d’Angleterre tirent la sonnette d’alarme : les chercheurs∙euses invités∙es ont des difficultés à obtenir des visas pour tenir des conférences ou recevoir des prix sur le sol britannique.
Selon un rapport de la Royal Society, «sur les dix pays classés comme nations scientifiques de premier plan par Nature Index 2022 pour lesquels des données sont disponibles, le Royaume-Uni arrive en troisième position, après la Suède et la France, pour le rejet des demandes de visas d’affaires. En 2022, les dix pays dont la plus grande proportion de personnes s’est vu refuser un visa de visiteur standard – qui permet aux individus de venir au Royaume-Uni pour une durée maximale de six mois pour affaires ou études – étaient tous situés en Afrique. Plus de 50 % des demandeurs originaires de ces pays ont vu leur demande rejetée.»
La Royal Society en appelle au gouvernement britannique pour plus d’équité, par exemple avec la création d’un visa à court-terme, une bonne coopération internationale entre scientifiques étant essentielle au pays.
Intelligence artificielle et «créativité» pour entrer à l’université
Björn Kernspeckt, un professeur à l’université Wismar (Allemagne), a réalisé un test pour éprouver les capacités créatives de ChatGPT et Midjourney afin de savoir si l’IA pourrait réussir le test d’aptitude de deux filières : design de communication et médias et architecture d’intérieur. Il a créé un étudiant fictif et le dossier de candidature de son avatar a passé la première étape. Néanmoins, une fois la supercherie révélée, le doyen et le personnel sont immédiatement parvenus à identifier l’intrus. Il a été jugé «beaucoup plus parfait que les autres» et il semblait aussi «plus lisse et plus impersonnel».
«L’ETH numérise sa bibliothèque avec Google Cloud»
Rassemblant une grande quantité de données, de livres, de revues, d’images et de supports numériques, la bibliothèque de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (ETHZ) travaille avec Google Cloud afin de rendre plus accessibles ses ressources en les numérisant. La démarche est entreprise pour rassembler les différentes applications sur une plateforme centrale, Apigee, ainsi que dans un but d’utilisation par le public et de traitement ultérieur. Un véritable «point d’accès central pour les développeurs de la communauté des données ouvertes» explique leur communiqué.
À la suite des accusations portées contre la professeure d’Harvard Francesca Gino, qui aurait modifié des résultats d’études afin de les faire correspondre à ce qu’elle souhaitait démontrer, Mathias Binswanger souligne dans un article de la NZZ les failles des sciences comportementales. Professeur d’économie politique à la Haute école spécialisée du Nord-Ouest de la Suisse, il explique que cette branche est plus vulnérable aux fraudes. Selon lui, trois facteurs sont en cause :
«Premièrement, les expériences donnent l’illusion d’une exactitude empirique qui ressemble à celle des sciences naturelles. […] Deuxièmement, les expériences en sciences sociales ne sont pratiquement jamais répliquées par d’autres chercheurs, car cela coûte cher et n’est pas intéressant. […] Troisièmement, les expériences permettent des mises en place arbitraires (appelées designs de recherche raffinés) qui permettent d’obtenir les résultats souhaités.»
Mathias Binswanger cite en exemple un étude de masse faite en 2015 par Brian Nosek, psychologue. «Sur 100 études publiées en 2008 dans trois revues en psychologie, seules 39 ont pu être confirmées.» Sa conclusion : «On peut tout simplement oublier la majeure partie de la recherche en psychologie. Certes, dans la plupart des cas, on ne triche pas de manière évidente comme dans le cas de Francesca Gino. Mais on ‘expérimente’ jusqu’à ce que l’on obtienne les résultats souhaités. C’est de la recherche bullshit.»
À l’Université de Neuchâtel (UniNe), une vingtaine d’étudiant∙es ont reçu un courrier leur apprenant qu’il y avait eu une erreur dans la notation aux derniers examens de mathématique. Les notes sont revues à la haute comme à la baisse et un bachelor obtenu par erreur ne sera finalement pas décerné.
L’UniNe explique «qu’une erreur a été commise lors d’une session d’examens en mathématique» et qu’une enquête est déjà en cours. «[Des] mesures seront prises pour que cela ne se reproduise pas. L’Université regrette bien évidemment cette situation, tout en pouvant assurer que ce type de scénario revêt un caractère totalement exceptionnel» déclare Nando Luginbühl, porte-parole de l’université.
«La Commission publie un plan d’élimination progressive de l’expérimentation animale»
Dans son nouveau plan, la Commission européenne vise «à supprimer progressivement l’expérimentation animale, y compris l’utilisation d’animaux dans la recherche». Elle prévoit aussi un financement pour les projets de recherche qui utilisent des alternatives à l’expérimentation animale.
«Harvard sous enquête pour un scandale de népotisme»
Trois associations ont porté plainte contre l’Université de Harvard: elles l’accusent de discrimination. L’université fait l’objet d’une enquête de la part du gouvernement américain qui devra établir si elle adopte une «pratique permettant aux enfants d’anciens diplômé·es d’être favorisés dans le processus d’admission». Selon les avocats de Lawyers for Civil Rights Boston et les trois associations, vu la décision de fin juin de la Cour suprême des Etats-Unis qui «a exigé la fin des programmes de discrimination positive lors des admissions universitaires […], il est encore plus important d’éliminer les pratiques qui désavantagent de manière systématique les étudiant·es de couleur». De son côté, l’Université de Harvard explique qu’elle revoit son processus d’admission «pour se mettre en conformité avec la décision de la Cour suprême tout en «renforçant [sa] capacité à attirer et à soutenir une communauté intellectuelle diverse, qui est fondamentale à [la] recherche de l’excellence académique.»»
L’Université de Genève (UNIGE) et l’Université de Lausanne (UNIL) «préfèrent exploiter l’intelligence artificielle [IA] plutôt que l’interdire». L’UNIGE propose des formations et un guide pour le corps professoral, mais également «des ateliers [qui] seront proposés aux étudiant·es cet automne».
«À l’Université de Lausanne, on se dit aussi ouvert à une utilisation éclairée de l’IA. Des facultés ont d’ailleurs déjà utilisé cette technologie pour leurs recherches. La Commission de l’enseignement doit, elle, bientôt statuer.»
Depuis septembre 2022 la Haute Ecole de travail social (HETS) de Genève est dirigée par un nouveau Directeur, Jean-Félix Savary. Selon les informations disponibles et confirmées par le directeur-même et par la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO), qui supervise la HETS, depuis l’entrée en fonction de Monsieur Savary, «pas moins de trois arrêts de travail ont eu lieu au sein de la direction ou des équipes directement reliées à celle-ci. Une procédure de médiation a également été enclenchée entre deux membres de la direction». Plusieurs témoins se plaignent de la façon dont le directeur de la HETS gère l’institution, notamment d’«un style de management qui ne passe pas» et de l’absence d’écoute envers ses collaboratrices et collaborateurs. Il y aurait aussi «[des] gens de l’équipe [qui] cherchent actuellement d’autres postes, ils veulent partir». Monsieur Savary estime que «des évolutions sont nécessaires. L’arrivée d’une personne extérieure, qui propose un autre regard, peut susciter de manière légitime des interrogations». La HES-SO affirme que «tout changement de direction nécessite des adaptations de part et d’autre […] et conserve une «entière confiance dans la direction actuelle de la HETS»».
«Une école pour combler le manque de personnel dans les laboratoires»
Afin de résoudre le problème de manque de personnel en laboratoire, Joachim Delasoie (docteur en chimie) et Eric Evéquoz (laborantin) ont fondé l’école Semias. Basée à Sion depuis février 2022, une nouvelle classe doit ouvrir à Lausanne en septembre de cette année. Les personnes qui y sont formées reçoivent le titre d’«auxiliaire en laboratoire».
Les deux associés ont observé un «déséquilibre» entre les chimistes, les ingénieur∙es et les laborantin∙es, qui se retrouvent à assumer des tâches qui ne devraient normalement pas leur incomber. Selon les fondateurs de Semias, la pénurie qui engendre cette situation est due à l’allongement des études : après un CFC et un passage dans une haute école, les étudiant∙es qui entrent dans une entreprise ont plutôt l’ambition de devenir manager.
«Le diplôme délivré par Semias n’a pas de reconnaissance officielle à l’heure actuelle, mais nous bénéficions d’une reconnaissance au sein de plusieurs professionnels des secteurs chimique et pharmaceutique» expliquent-ils. «Semias, qui est membre de la Fédération suisse pour la formation continue (FSEA), s’orientera dès cette année vers une demande de certification EduQua.»
UniDistance est officiellement un institut universitaire
«UniDistance Suisse est officiellement un institut universitaire au sens de la loi fédérale sur l’encouragement des hautes écoles. Le Conseil suisse d’accréditation a rendu une décision en ce sens, le mois dernier. Cette accréditation est valable jusqu’au 25 juin 2027. En juin 2020, le Conseil suisse d’accréditation a décidé d’accorder le sésame à UniDistance Suisse, sous réserve de six conditions. L’entité présente à Brigue et à Sierre avait alors un délai de deux ans pour se mettre à jour. C’est désormais chose faite. La volonté de se doter d’une université à l’horizon 2027 a été inscrite dans les objectifs stratégiques cantonaux pour la période 2022-2025. Dans ce contexte, le Conseil d’Etat valaisan a défini l’accompagnement d’UniDistance comme un projet prioritaire. Pour changer de statut, UniDistance devra délivrer des doctorats. Aujourd’hui, la structure compte près de 2300 étudiants, dont 162 Valaisans, qui bénéficient de formations universitaires à distance de niveau bachelor, master et des formations continues en psychologie, économie, droit, histoire, mathématiques et informatique». (lenouvelliste.ch)
«[L]a Formation universitaire à distance a dû créer des structures pour impliquer les membres de l’université ou développer des stratégies dans les domaines de la formation continue, des services, de la recherche et de l’internationalisation. Elle a également dû intégrer le domaine de la durabilité dans ses domaines d’activité». (Walliser Bote)
Pour l’instant, pas de nouveau mandat pour Michael Thali
L’institut de médecine légale de l’Université de Zurich (IRMZ) a annoncé qu’à partir du 1er août 2023, Michael Thali ne sera plus au poste de directeur. Son mandat, arrivant à échéance, ne se trouve pas renouvelé, mais il «continuera à diriger le département de médecine légale et d’imagerie.»
Plusieurs critiques sont formulées à son encontre, notamment une lettre adressée à la police et à des ministères publics à cause de la somme de travail prise en charge par l’Institut. Cela avait soulevé par la suite des inquiétudes quant à la pleine réalisation de la mission de l’IRMZ.
Pas de conseillères et conseillers âgés de plus de 70 ans à l’UZH
À l’Université de Zurich (UZH), 2023 est l’année du renouvellement du Conseil de l’université. Le Conseil d’Etat a ainsi proposé au Grand Conseil zurichois les noms des 9 membres qui devraient composer le Conseil de l’université de l’UZH. Au Grand Conseil une minorité du PS, des Vert’libéraux et des Verts rejette la proposition de re-confirmer deux membres du conseil universitaire «parce qu’ils sont âgés de plus de 70 ans». En effet, cette minorité souhaite un «conseil universitaire plus diversifié et plus jeune», et le Conseil d’Etat devra proposer deux autres personnes pour compléter la composition du Conseil de l’université de l’UZH.
Vaud – Suites de la limitation du nombre de spécialistes en neurochirurgie
L’arrêté du Conseil d’Etat vaudois, entré en vigueur le 1er juillet de cette année afin de limiter le nombre de spécialistes en neurochirurgie, a été suspendu par la Cour constitutionnelle vaudoise. L’association faîtière des cliniques privées Vaud Cliniques est à l’origine du recours et estime que «le Conseil d’Etat doit proposer une loi pour [enclencher cette limitation]».
l’UE adopte un plan (non contraignant) pour améliorer les carrières dans la recherche
Après une décennie de discussions autour du fait que «les emplois dans la recherche sont notoirement instables et peu de scientifiques ont la chance d’obtenir des contrats à long terme offrant des avantages suffisants pour une vie confortable», la Commission européenne a présenté un plan visant à améliorer les conditions de travail dans la recherche. Nicola Dengo, Coordinateur du groupe de travail sur l’évaluation et les carrières dans la recherche au Conseil européen des doctorant·es et jeunes chercheur·es (Eurodoc), affirme que «[b]ien qu’il ne soit pas contraignant, il s’agit toujours d’un document politique». Moins optimiste, l’ancien Ministre portugais de la recherche et représentant de l’association universitaire CESAER pour les carrières dans la recherche, Manuel Heitor, «estime que la proposition définit des lignes directrices mais ne parvient pas à établir un cadre suffisamment solide pour apporter des améliorations significatives». Il salue néanmoins la proposition d’un «cadre pour la collecte de données sur la qualité des emplois dans la recherche» et d’un «système de financement destiné à encourager les institutions à adopter des modèles d’emploi plus durables».
«Le «projet Maé» pour amener la politique à la Faculté de médecine»
Un groupe d’étudiant·es de l’Université de Genève a créé le projet «Médecine accessible et équitable» («projet Maé») pour faire face aux grands enjeux du système de santé en Suisse, dont la formation. Les étudiant·es ont écrit une lettre au Conseiller fédéral Alain Berset en «[pointant] du doigt le numerus clausus dans le système de formation, qui évince «presque trois quarts» des étudiant·es en médecine» et en demandant un soutien financier pour la formation en cabinet en formation postgraduée. Les signataires de la lettre font partie de l’Association des étudiant·es en médecine de Genève (AEMG).
Manger à l’UZH coûtera plus cher, surtout le menu carné
Les entreprises de restauration qui gèrent les restaurants universitaires ou des hautes écoles prévoient une hausse des coûts de la restauration. L’ETH et la ZHAW font savoir que les prix «resteraient inchangés», alors que l’Université de Zurich (UZH), à partir du 1er septembre, augmente le prix du menu végétarien de 30 centimes et du menu carné de 60 centimes, vu que ce dernier a «un impact plus important sur le climat». Cette décision «a été prise en concertation avec les représentants des étudiant·es […], [et] les prix augmentent plus fortement pour les collaborateur·trices et les externes que pour les étudiant·es».
Etats-Unis, Allemagne et Royaume-Uni veulent freiner la recherche à des fins militaires de la Chine
Les membres du Congrès des États-Unis «estiment que les universités n’en font pas assez pour empêcher la Chine de voler les travaux de recherche financés par le gouvernement». Ils ont donc approuvé un amendement imposant la divulgation publique des informations détaillées sur «toute personne travaillant sur un projet de recherche universitaire financé par le ministère de la défense […], [et qui seront disponibles] sur un site web gouvernemental accessible au public». Les scientifiques craignent non seulement une atteinte à la vie privée, mais aussi que cet amendement «[ait]t un effet dissuasif sur notre capacité à collaborer avec n’importe quel scientifique étranger», affirme le principal démocrate de la commission, Adam Smith. Alex Aiken, informaticien à l’Université de Stanford qui suit la politique nationale de recherche, affirme que les «universités fournissent déjà des informations sur les collaborateurs étrangers afin de se conformer aux règles en vigueur pour toute subvention fédérale», et que cet amendement aurait un effet contre-productif: «[la Chine en apprendrait] beaucoup sur le réseau de connexions de la communauté des chercheurs américains grâce à ces divulgations». Des négociations auront lieu au Sénat afin que cet amendement «ne devienne loi plus tard dans l’année.» (science.org)
Le 14 juillet l’Allemagne a publié sa nouvelle stratégie «à l’égard de la Chine [qui] prévoit de suspendre le soutien fédéral aux projets de recherche présentant un risque de «fuite des connaissances» vers la Chine, et promet de sensibiliser davantage les universitaires allemands aux risques de sécurité liés à la coopération.»
Au Royaume-Uni, la commission parlementaire britannique sur le renseignement et la sécurité a «mis en évidence des lacunes dans les règles britanniques de contrôle des exportations.» (sciencebusiness.net)
«Le gouvernement britannique s’attaque aux cursus «de faible qualité»»
Selon l’autorité de surveillance de l’enseignement supérieur Office for Students (OfS) au Royaume-Uni «près de 30% des diplômes ne débouchent ni sur un emploi bien rémunéré ni sur des études ultérieures». Le gouvernement britannique veut intervenir et déclare que «[l]es universités anglaises dont les cursus offrent de faibles perspectives sur le marché du travail ou dans lesquelles un nombre disproportionné d’étudiants abandonnent avant d’avoir obtenu leur diplôme devraient donc être soumises à l’avenir à des règles beaucoup plus strictes». Aujourd’hui déjà, l’OfS peut intervenir si «moins de 60% des étudiants n’ont pas commencé d’emploi fixe ou d’études post-universitaires 15 mois après l’obtention de leur diplôme […], [ou] si moins de 80 % des étudiants de première année poursuivent leurs études en deuxième année ou si les trois quarts n’obtiennent pas leur diplôme».
L’EPFL et la HES-SO négocient un partenariat académique avec l’Ecole 42
L’Ecole 42 Lausanne, ouverte en juillet 2021 à Renens, est un «établissement ouvert 24h/24, 7j/7, et dans lequel circulent des centaines de personnes désireuses de découvrir les rouages de l’informatique», explique Christophe Wagnière, Directeur de la filière de Lausanne. Le directeur explique que l’apprentissage de l’informatique se fait avec une «approche alternative», du moment où «il n’y a pas de programme, [les] élèves apprennent en bossant sur des projets et en s’entraidant». La Suisse ne reconnait pas le diplôme livré par l’Ecole 42, néanmoins «il est possible d’obtenir une équivalence en France – qui, elle, est reconnue au niveau européen». Monsieur Wagnière explique aussi que «[d]es partenariats académiques avec l’EPFL et la HES-SO sont en cours de négociation pour que des projets communs puissent être développés entre [leurs] étudiants».
«Les agences de financement de la science refusent d’utiliser l’IA pour l’évaluation par les pairs»
Le National Institutes of Health (NIH), le Conseil australien de la recherche (ARC) et d’autres organismes de financement «ont interdit l’utilisation d’outils d’IA générative en ligne tels que ChatGPT «pour l’analyse et la formulation de critiques d’examen par les pairs»». Le NIH se préoccupe d’abord de savoir «où les données sont envoyées, sauvegardées, consultées ou utilisées à l’avenir». Mohammad Hosseini, chercheur postdoctoral en éthique à la Northwestern University, pense que «l’interdiction des NIH est raisonnable, pour l’instant».
L’Université de Bâle n’arrive pas à licencier un professeur
Il y a 12 ans, des doctorantes avaient porté plainte contre leur directeur de thèse du Département des sciences de l’Antiquité de l’Université de Bâle. Les doctorantes racontaient avoir subi la menace d’obtenir «une mauvaise note et d’empêcher une publication» si elles ne «le [citaient] pas plus de 100 fois dans leurs travaux». Les doctorantes «l’ont également accusé de plagiat». Le délégué à l’intégrité de l’université de Bâle avait conclu que «dans un cas, il y avait «un soupçon suffisant de comportement scientifique incorrect»». L’université avait donc «entamé une procédure de licenciement». Le professeur avait entre-temps «[déposé] une plainte anonyme auprès du Fonds national en accusant une doctorante de plagiat […]. L’Université de Bâle a estimé que les accusations de plagiat contre la thèse de doctorat primée étaient infondées et que la démarche du professeur constituait une nouvelle atteinte grave à son intégrité scientifique […]. Le conseil de l’université a donc réuni les dossiers des deux procédures en cours afin d’accélérer le processus de licenciement. Mais c’est le contraire qui s’est produit. La procédure s’en est trouvée encore plus compliquée». Après 10 ans de l’ouverture de cette procédure, «le professeur a obtenu un effet suspensif devant le tribunal» et l’université n’est pas parvenue à le licencier à cause des procédures légales. L’auteur souligne la difficulté pour une université de licencier un professeur, bien qu’elle ait «établi des règles de conduite et nommé des délégués à l’intégrité pour les juger».
À présent que Google a adapté son logiciel afin de respecter les réglementations européennes, Bard l’agent conversationnel est à présent disponible en Europe et en Suisse.
Bard demande donc à l’utilisateur∙trice son consentement pour la récolte des données et, comme son concurrent ChatGPT, ne cite pas ses sources. Google avertit que leur logiciel peut se tromper, «peut fournir des réponses inexactes ou inappropriées», voire même «choquantes», encourageant les internautes à vérifier la véracité des réponses générées par l’intelligence artificielle.
L’Institut de médecine légale débordé : certaines craintes ont été manifestées
Le directeur de l’Institut de médecine légale de Zurich (IRMZ) Michael Thali a envoyé en avril de cette année un lettre «aux procureurs en chef, aux commandants de police et aux cadres de la police judiciaire» afin de leur demander d’annoncer à l’Institut uniquement les «vrais cas de décès exceptionnels.» S’occupant de la prise en charge médico-légale de huit cantons, l’IRMZ est en manque de personnel.
L’auteur de l’article fait un lien avec une étude datant de 2014, selon laquelle «la moitié des homicides ne sont jamais reconnus comme tels», menée par Daniel Jostisch , conseiller aux Etats et professeur de droit pénal, Christian Jackowski, directeur de l’Institut de médecine légale de Berne, et Roland Hausmann, médecin-chef de l’Institut de médecine légale de l’Hôpital universitaire de Saint-Gall. Les détails de l’étude ne sont pas explicités dans l’article. Un ancien médecin légiste «aujourd’hui à la retraite» partage également ses craintes auprès du journal : «Il y a un risque que les policiers, sur la base de la lettre, fassent pression sur les médecins pour qu’ils attestent d’une mort naturelle».
L’université, quant à elle, nie la surcharge de travail de l’IRMZ.
Motion déposée pour pallier la pénurie d’enseignant∙es à Zurich
Trois membres du Grand Conseil ont déposé une motion afin que «les personnes titulaires d’une maturité professionnelle et les personnes titulaires d’une maturité spécialisée non pédagogique ou d’un diplôme, respectivement d’un certificat de formation professionnelle – avec au moins quatre ans d’expérience professionnelle» puissent accéder à la Haute école pédagogique (PHZH) sans avoir à passer d’examen.
Le président de l’association des enseignant∙es zurichois∙es Christian Hugi s’exprime sur le sujet, n’étant pas convaincu que cette motion soit la véritable solution au problème de pénurie. Il suggère plutôt de résoudre les problèmes liés aux conditions de travail, telles que les heures supplémentaires et le temps dédié à l’enseignement.
Muriel Asseburg, «experte du Proche-Orient à la Fondation Science et Politique de Berlin», s’attire les foudres de la part de l’ambassade israélienne et se trouve mêlée à une controverse suite à une interview. La fondation pour laquelle elle travaille, «financée en grande partie par la Chancellerie fédérale, […] a notamment pour mission de conseiller le gouvernement fédéral.»
Au vu du ton de l’interview et des différentes publications de la scientifique, l’auteur de l’article considère qu’elle est devenue «du moins indirectement, une actrice politique» et qu’elle «doit vivre avec le fait que son action publique soit jugée politiquement.»
Réglementation de ChatGPT encore absente dans les universités suisses
L’utilisation de ChatGPT dans le domaine de la formation continue d’interpeller et mobiliser les universités dans le monde entier. Aux Etats-Unis, plusieurs universités ont publié leurs codes de conduite sur l’utilisation des intelligences artificielles. Au Royaume-Uni, les universités choisissent d’adopter une série de fondements directifs. L’UNESCO a également publié un document à propos de ChatGPT dans la recherche et la formation tertiaire. L’autrice de l’article souligne que si dans les autres pays on commence à adopter un cadre réglementaire, pour les universités suisse cette étape n’a pas encore été atteinte. (bilan.ch)
Néanmoins, au niveau de la formation secondaire les choses semblent bouger: l’école cantonale du Seetal (Lucerne) a rédigé un règlement sur l’intelligence artificielle et l’a publié sur son site web. (nau.ch)
L’article est le retour d’expérience d’un post-doctorant, Alex Soto-Avellaneda, chercheur en sciences biomoléculaires au Michigan. Après l’obtention de son doctorat, il a préféré se tourner vers un institut de recherche indépendant (IRI), refroidi par les retours d’expériences négatifs de ces collègues travaillant dans le milieu académique. Aux États-Unis, il y a environs 70 IRI et, mêmes si ce ne sont pas des universités à proprement parler, ils leur arrivent d’avoir des projets communs avec ces dernières et avec des hôpitaux.
Alex Soto-Avellaneda met en avant les avantages à travailler dans une telle structure : moins de distance entre les scientifiques, due à la petite structure du IRI, plus de soutien et l’assurance d’un bon équilibre entre carrière et vie de famille. «Avant de choisir un institut postdoctoral, réfléchissez à vos objectifs personnels et professionnels et évaluez dans quelle mesure les employeurs potentiels correspondent à ces objectifs. Il est naturel de se concentrer sur la science (après tout, c’est notre raison d’être), mais je vous invite à adopter une vision holistique» recommande-t-il aux personnes qui se lancent sur le monde du travail.
ChatGPT écrit un article scientifique en moins d’une heure (mais pas tout seul)
Deux chercheurs de l’Israel Institute of Technology, Roy Kishony, biologiste et scientifique des données, et son étudiant, Tal Ifargan, scientifique des données également, ont voulu tester la capacité de ChatGPT à écrire un article scientifique de qualité, en passant par «[…] l’exploration initiale des données à la rédaction d’un manuscrit soigné». Résultat: «[l]’article était fluide, perspicace et présenté dans la structure attendue pour un article scientifique». Néanmoins, il y a eu des bugs lors du codage, mais lorsque les deux chercheurs renvoyaient des messages à ChatGPT, il corrigeait le code.
De nombreux doutes subsistent après cette expérience: Monsieur Kishony «craint […] que ces outils ne permettent aux chercheurs de se livrer plus facilement à des pratiques malhonnêtes telles que le «P-hacking», qui consiste à tester plusieurs hypothèses sur un ensemble de données, mais à ne communiquer que celles qui produisent un résultat significatif […], [et] que la facilité avec laquelle les outils d’IA générative permettent de produire des articles pourrait avoir pour conséquence d’inonder les revues d’articles de mauvaise qualité».
Bien que de plus en plus nombreuses dans la recherche, les femmes sont encore discriminées
Athene Donald, Physicienne à l’Université de Cambridge, a récemment publié l’ouvrage Not Just for the Boys, qui introduit aux défis auxquels sont confrontées les femmes dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), bien que le nombre des femmes dans les STIM ait augmenté. Le harcèlement et la discrimination étant présents dans les STIM, il est important selon Madame Donald de comprendre «les obstacles qui empêchent les femmes de prendre leur place dans les rangs scientifiques, notamment les attentes de la société, l’hostilité, la condescendance et les préjugés inconscients et systémiques». Elle est convaincue en outre que «les étudiant·es et les chercheur·es d’aujourd’hui ont besoin de modèles contemporains : «Pour que les filles croient que la science est faite pour elles, il ne suffit pas d’évoquer une femme d’une époque totalement différente de la nôtre, dont la vie a été marquée par les difficultés, mais aussi par la célébrité.»» (nature.com)
Rachael Garrett soutient également que malgré l’augmentation du nombre des femmes dans la recherche, le sexisme y est présent. Elle est Professeure de conservation et de développement à l’Université de Cambridge et a été Professeure assistante et directrice du laboratoire de politique environnementale à l’EPF de Zurich. Selon elle il faut «[se] pencher davantage sur les aspects culturels dans le monde scientifique». [Par exemple], [on] dit aux femmes qu’elles doivent se comporter d’une certaine manière pour être professionnelles et être perçues comme de bonnes dirigeantes». Et selon Madame Garrett il s’agit de la «micro-coercition […], [concept qui] associe l’idée de micro-agression au fait que l’agression vise à pousser les gens à adopter un certain comportement».
En parlant du cas de la Suisse, Madame Garrett se demande «comment on peut dire qu’il n’y a pas de sexisme dans les universités suisses». Elle explique que «[pour] l’instant, c’est à chaque université de décider comment elle veut gérer le harcèlement sexuel ou le mobbing» et selon elle «[la] Suisse a besoin d’une procédure formalisée au niveau national. Comme c’est le cas aux États-Unis. Là-bas, il existe les ordonnances «Title IX», une procédure nationale qui définit la manière de traiter les discriminations liées au sexe. Ainsi, cela ne serait plus laissé aux institutions individuelles». (republik.ch)
Les mesures des HES pour soutenir la formation dans le domaine de la santé
La Haute école de Lucerne (HSLU) et le Centre de formation en santé (Xund) présentent les premières propositions concernant des «nouvelles offres d’études dans le domaine de la santé au niveau des hautes écoles spécialisées». Une des offres comprend «un site de formation pour les soignants au niveau des hautes écoles spécialisées» pour lutter contre «[la] fuite des talents, [l’] augmentation des frais de recrutement, [le] manque de perspectives de carrière et [les] inconvénients lors de l’attribution de places de stage par les hautes écoles spécialisées extra-régionales.»
Une «tempête de critiques» sur un lauréat du prix Nobel
Le chimiste et lauréat du prix Nobel, Kurt Wüthrich, «a déclaré lors de la rencontre des lauréats du prix Nobel à Lindau qu’il se sentait discriminé en tant qu’homme dans le monde scientifique […] [en s’exposant] à de graves critiques». Monsieur Wüthrich a explicité son propos : «lors de cette conférence, l’accent est tellement mis sur la diversité et l’inclusion que les discussions sur la science passent au second plan». Il dit que son intention était de réaffirmer que «la science a beaucoup progressé ces dernières années en matière d’égalité».
Il a cité Christiane Nüsslein-Volhard, lauréate du prix Nobel de médecine en 1995. Dans un interview elle affirmait «que les femmes n’avaient plus besoin aujourd’hui de «problématiser» le monde scientifique en raison de leur sexe – «comme si elles étaient moins bien loties et avaient besoin d’une aide supplémentaire» – et que la discussion devait porter sur la science et non sur les questions de genre. Un quota de femmes n’est plus d’actualité et pourrait conduire à une discrimination des hommes».
Néanmoins, ces nouveaux éléments ne semblent pas avoir «profité» à Monsieur Wüthrich: à la fois des étudiant·es et des professeur·es suisses continuent de critiquer cette affaire. Une étudiante dit que ««les femmes sont encore systématiquement et structurellement discriminées dans le monde scientifique» et qu’elle se sentait «mal à l’aise» face à des déclarations comme celle de Wüthrich sur la discrimination des hommes.»
Suppression de financement pour la recherche en Suède
«[Le] gouvernement a annoncé que le Conseil suédois de la recherche (Vetenskaprådet ; VR), le plus grand bailleur de fonds de la recherche du pays, n’offrirait plus de subventions pour la recherche sur le développement […]», un financement qui s’élevait à 16,4 millions de dollars américains. Les besoins de l’Ukraine auraient entraîné un changement de priorité pour la Suède.
Une lettre ouverte signée par plus de 600 chercheurs∙euses demande l’annulation de cette décision, avançant les arguments suivants : «La décision du gouvernement fait perdre du temps et de l’énergie à la préparation des demandes et sape la confiance dans le système de soutien à la recherche dans son ensemble».
Aida Bargués-Tobella, écologiste à la Swedish University of Agricultural Sciences in Umeå, expose tous les problèmes que cette annonce va potentiellement poser à la communauté scientifique : baisse de leur propre salaire, du salaire des assistant∙es, des collaborateur∙trices à l’étranger et des frais de transport. Cristiano Lanzano, anthropologue à la Nordic Africa Institute à Uppsala, «considère sérieusement de quitter la Suède».
«La HESB crée une chaire pour la numérisation et la durabilité»
«Une nouvelle chaire pour la numérisation et la durabilité a été créée au département d’économie de la Haute école spécialisée bernoise (HESB). Depuis le 1er juillet 2023, Jan Bieser est responsable de ce nouveau pôle thématique à l’Institut Public Sector Transformation. En tant que professeur, il devra développer ce domaine dans la recherche, l’enseignement et le conseil, peut-on lire dans un communiqué de la haute école.»
Monsieur Bieser se penchera sur la question de la «numérisation durable». En effet, selon lui, «la numérisation pourrait entraîner une nouvelle augmentation de la consommation nuisible au climat […]. »
La faute à l’UE ? « Les universités suisses perdent des places dans le classement »
Dans une interview, le recteur de l’Université de Genève Yves Flückiger fait part de son inquiétude vis-à-vis de la non-réintégration de la Suisse à Horizon Europe. Israël, la Géorgie, la Turquie et ─bientôt─ l’Angleterre sont de la partie, mais les universités suisses restent sur la touche.
Les négociations du Conseil fédéral ne seront pas entamées avant 2024, ce qui veut dire que la Suisse restera en dehors du programme jusqu’à ce qu’il prenne fin, en 2027. Selon Mr Flückiger, les universités suisses perdent en attractivité pour les chercheur∙euses internationaux et dans les classements, ces premières en pâtissent.
Professeure d’Harvard accusée de manipulation de données
À Harvard, une professeure en sciences comportementales est accusée d’avoir manipulé les données de certaines de ses études. L’université a ouvert une enquête, mais ne fournit aucun autre commentaire que le fait d’avoir mis la chercheuse en congé administratif. La chercheuse «examine les accusations, les prend au sérieux et évalues ses options», ne se prononçant pas sur leur véracité.
Selon Data Colada, blog tenu par trois scientifiques qui réalisent des répliques d’études, lors de la réalisation d’une étude sur l’honnêteté, des données auraient été changées entre le groupe expérimental et le groupe de contrôle. Trois autres études auraient également été manipulées. En 2012 un co-auteur avait déjà été épinglé, mais l’intégrité des autres co-auteur·trices ayant collaboré avec la chercheuse d’Harvard n’est pour l’instant pas remise en doute.
Selon l’économiste comportemental zurichois Ernst Fehr, la cause d’une telle manipulation des données viendrait de la volonté des chercheur∙euses qui font de la recherche en psychologie à vouloir «générer des résultats aussi rapides et insolites que possible.» Maximilian Maier, de l’University College London, condamne plutôt l’influence de la culture du «publish or perish.»
Une étudiante avec une maladie auto-immune choisit Uni-Distance au lieu d’Unifr
«[Une] Fribourgeoise aurait [aimé] suivre un parcours universitaire traditionnel auprès d’une université en présentiel. Mais cette option s’est avérée peu envisageable, en raison d’une […] maladie auto-immune chronique […] exigeant un suivi médical régulier». Elle décide alors de faire un bachelor en droit grâce à Uni-Distance. L’étudiante affirme que «[s]i l’Université de Fribourg (Unifr) avait un système de cours en ligne ou de cours enregistrés, je m’y serais inscrite, ce qui m’aurait ouvert les portes d’une autre vie sociale».
Astrid Epiney, Rectrice de l’Unifr, constate que «certains étudiant·es, souvent au profil atypique, souhaitent suivre une formation pratiquement entièrement à distance […]. Plusieurs facultés […] ont déjà déployé […] [d]es mesures de flexibilisation». Pour la Rectrice pouvoir étudier uniquement à distance reste «inenvisageable».
La Nouvelle-Zélande devient membre d’Horizon Europe
La Nouvelle-Zélande fera partie du programme de recherche Horizon Europe. Il s’agit du «premier membre qui n’est pas géographiquement proche de l’Europe» à rejoindre Horizon Europe.
Un étudiant obtient 1 pour son travail de bachelor et passe par la voie juridique
A Zurich, «[u]n étudiant obtient la note 1 pour son travail de bachelor» en septembre 2021 pour avoir commis un plagiat, mais il conteste la note. L’étudiant «s’est défendu par voie juridique. D’abord auprès du recteur de la haute école, puis auprès du conseil de l’école et enfin auprès de la commission de recours des hautes écoles zurichoises». Toutes les décisions lui ont donné tort. Il a ensuite saisi le tribunal administratif, qui a aussi rendu sa décision en donnant tort à l’étudiant, puisque «l’étudiant […] [a] prétendu au début ne pas connaître le travail de sa collègue», dont il aurait recopié des parties. L’étudiant peut encore décider de faire recours ou non au Tribunal fédéral.
L’Espagne et la Suisse ont signé une déclaration qui «vise à renforcer les partenariats dans tous les domaines de la recherche et de l’innovation, en mettant l’accent sur le climat et le développement durable, la transformation numérique, l’énergie, l’égalité et la diversité, les sciences humaines et sociales, les sciences de la vie et la santé, les sciences et technologies quantiques, et l’espace.» L’accord durera pendant 5 ans.
La Commission européenne veut autoriser une nouvelle génération d’organismes génétiquement modifiés (OGM) sur le marché à cause du réchauffement climatique, une utilisation qui est déjà encrée en Europe, mais pas en Suisse. Faisant suite aux plaintes des paysan∙nes, à l’appauvrissement des sols, et au fait que la permaculture et les pesticides «ne suffisent plus», le débat public est relancé.
Selon Christine Clavien, Philosophe sciences et morale à l’Université de Genève, on observe une «baisse du degré de vigilance» car les technologies ont évolué et on a «plus de recul par rapport à il y a trente ans.» Elle relativise néanmoins l’intervention des OGM dans l’agriculture. «C’est comme un petit pansement» qui n’aide en rien le changement climatique. Les produits avec des OGM pourront peut-être permettre d’améliorer la productivité, de réduire les pesticides et demanderont moins d’eau, mais ce ne sera pas «une solution miracle, juste un coup de pouce.»
Christine Clavien souligne également le paradoxe sociétal suivant : l’emploi d’OGM dans l’alimentation est très décrié, mais semble poser moins de problème quand ils sont utilisés en médecine. (La Matinale, minute 17 :12)
Actuellement directrice adjointe à la Haute Ecole d’ingénierie et de gestion d’Yverdon-les-Bains, Ana Maria Nogareda succèdera à Catherine Hirsch au poste de directrice à partir du 1er janvier 2024. Ana Maria Nogareda est «entrepreneure, ingénieure mathématicienne et docteure en informatique.»
Le Conseil d’Etat de Genève a pris la décision d’adapter les bourses d’étude à l’augmentation des coûts de la vie, pour le niveau secondaire II (de 12’000 à 12’550 chf par an), le niveau tertiaire (de 16’000 à 16’740 chf par an) et en cas de reconversion professionnelle (40’000 à 41’830 chf par an).
La science devient-elle «le bras politique» de l’administration?
«A partir de septembre, [en France], 25000 cadres de la fonction publique seront sensibilisés aux enjeux environnementaux, avec l’appui de chercheur·es […]. La particularité du dispositif est de s’appuyer sur un réseau scientifique et universitaire». Un des objectifs de la formation est d’aider les fonctionnaires «à changer parfois leur logiciel». Plus de 15000 chercheur·es et doctorant·es se sont mis à disposition suite à l’appel fait par Stanislas Guerini, Ministre de la transformation et de la fonction publique, et de Sylvie Retailleau, Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Le climatologue Robert Vautard rassure celles et ceux qui craignent que les scientifiques soient en désaccord entre eux et affirme que «[leur] rôle est de [s’] appuyer sur l’état des connaissances, les travaux du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), de l’IPBES (plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) ou encore du HCC (Haut Conseil pour le climat) […].» (Le Monde)
Selon l’économiste Rudolf Walser «[e]n politique, il s’agit toujours d’équilibrer les intérêts entre des objectifs différents et non harmonieux entre des groupes d’intérêts organisés qui cherchent à exercer une influence […]. La science risque de devenir le bras politique de l’administration. Ce que l’on constate depuis longtemps sur la question du climat s’applique désormais aussi à la question européenne». En effet, Monsieur Walser s’exprime sur un séminaire organisé par l’Europainstitut de l’université de Zurich et le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) intitulé «L’intégration européenne : perspectives et défis». L’économiste affirme que les expert·es qui sont intervenu·es étaient favorables à l’Union Européenne (UE) et qu’on pouvait remarquer «l’absence d’experts sceptiques sur l’UE».
Monsieur Walser attire également l’attention sur le fait qu’«[i]l est bien connu que les autorités se considèrent de plus en plus comme des prestataires de services de conseil et d’information. Ce qui est nouveau, c’est que l’on fait appel à des instituts universitaires, ce qui donne une impression de scientificité. Cette approche s’observe désormais aussi dans le domaine de la politique européenne […]. Il serait plus que regrettable qu’une politisation de la science ait lieu dans la politique de l’UE, comme dans la politique climatique.» (Die Weltwoche)
Canton de Vaud – Recours contre la limitation du nombre de médecins
Vaud Cliniques, l’association faîtière des cliniques privées, fait recours auprès de la Cour constitutionnelle. Depuis juillet, le Conseil d’Etat vaudois a décidé d’appliquer une limitation pour les neurochirurgien∙nes pratiquant dans le canton, ce que l’association considère comme une «atteinte particulièrement grave à la liberté économique du corps médical».
Le Secrétaire général de Vaud Cliniques, Jérôme Simon-Vermot, craint les suites d’une telle décision. «On touche à une spécialité, puis à une autre, puis à une autre. Cela pose entre autres un problème fondamental pour les étudiant∙es en médecine» déclare-t-il au 24 Heures.
«La HEAD dépense de l’argent public sans se soucier des règles»
La Haute Ecole d’art et de design (HEAD) de Genève, se voyait assigner un contrôle de l’audit sur les dépenses par la Cour des comptes après des dénonciations internes. François Paychère, Magistrat chargé dela mission, présente les résultats et relève «qu’aucune infraction pénale n’a été constatée». Néanmoins, «[i]l ressort del’investigation que près d’un tiers des achats analysés (10 sur 34) ne respectait pas les règlesde mise en concurrence (pas assez de fournisseurs sollicités)». En plus, les systèmes de contrôle ont été jugés «insuffisants», en particulier dans le contrôle des activités accessoires exercées par les enseignant·es, ce qui «génère un risque de conflits d’intérêts dans le choix d’un fournisseur». Huit recommandations ont été adressées par la Cour des comptes, «deux d’entre elles se voient attribuer une priorité «très élevée»».
«La HEP brade-t-elle ses diplômes pour certifier plus de profs?»
Le député au Grand Conseil, Jerome De Benedictis (PVL/VD), avait déposé une interpellation au Conseil d’Etat. Il demandait des chiffres sur le taux d’échec des étudiant·s à la HauteÉcolepédagogique (HEP), spéculant sur le fait qu’avec les «risques de pénurie de profs […], l’État [serait] susceptible d’exercer «une pression qui pousserait […] à faire diminuer le taux d’échec lors des stages ou des examens»».
Les chiffres que le Conseil d’État a fournis dans sa réponse montrent que le taux d’échec définitif en bachelor est «même légèrement plus haut» pour l’année 2021-2022 que pour l’année 2018-2019. Le Conseil d’État affirme «[qu’aucune] concession sur la qualité de la formation n’est faite, même si des besoins importants se profilent dans le domaine de la formation […]. De même, aucune pression explicite ou implicite n’a été formulée à l’égard de la HEP ou de ses enseignantes et enseignants afin de baisser le taux d’échec à des examens ou des stages».
Le député De Benedictis, n’étant pas satisfait de la réponse du Conseil d’État, annonce poursuivre une analyse sur le terrain à ce sujet.
Plus d’étudiant·es dans le canton de Vaud en raison du COVID-19
«La pandémie de Covid-19 a amené davantage d’étudiant·es sur les bancs des hautes écoles vaudoises […]. Avec la crise sanitaire et les fortes restrictions de voyage, il devenait compliqué de prendre une année sabbatique après le gymnase, explique la dernière édition de «Numerus» de Statistique Vaud. D’autre part, les conditions de promotion ou de redoublement ont été assouplies dans les hautes écoles en 2020, permettant aux élèves de prolonger leur cursus, relève un communiqué.» (24heures)
«En deux ans, entre 2020 et 2022, le nombre d’élèves est passé de 37 000 à 40 000 dans les hautes écoles vaudoises. Les effectifs ont en revanche stagné (+ 0,2%) à la rentrée 2022, voire baissé à l’Unil, à la HEP et dans les HES du canton […]. [L]es bourses et prêts d’études attribués par le canton ont augmenté en 2020 et 2021. Au niveau des hautes écoles, la hausse s’élève à 15% en deux ans pour les bourses et 66% pour les prêts. En 2021, les montants octroyés ont atteint 32 millions pour les bourses et 750 000 francs pour les prêts.» (La Côte)
Malgré son titre haut en couleur, un article de la NZZ prend la température dans le milieu académique et relativise la «menace potentielle» de Chat-GPT.
«L’écho sur Chat-GPT est énorme en interne et en externe» explique Jean Terrier, chef de projet Digital Literacies à l’université de Bâle, «mais il reste à voir si nous assistons vraiment à une révolution.» Selon lui, Chat-GPT est «[…] un outil très utile. Mais pas une véritable disruption.» Il se base sur des tests qu’il a lui-même effectué et des groupes de travail se penchent également sur la question dans son université.
«Six universités sur dix n’ont pas de règles. L’université de Bâle se trouve encore dans une minorité avec ses directives assez concrètes.» Du côté de Berne, Corinne Mühlemann, qui occupe une chaire à l’Institut d’histoire de l’art de l’Université de Berne, a mené une expérience en collaboration avec ses étudiant∙es, pour leur faire prendre conscience des limites concrètes de l’outil. Leur constatation : l’exercice ne s’est pas avéré si simple. Chat-GPT a «tendance à marginaliser des groupes entiers de personnes» et se met à inventer des publications lorsqu’il n’y a pas assez d’information disponible. Corinne Mühlemann souligne également le fait que les questions posées à l’intelligence artificielle doivent être précises, si l’on souhaite obtenir des réponses de qualité.
«Cinq hautes écoles suisses dans les alliances de l’UE»
«La Commission européenne a accordé des nouveaux fonds dans le cadre de son initiative pour l’enseignement supérieur. Sept alliances transnationales ont reçu un soutien, a annoncé Bruxelles lundi. Cinq universités et hautes écoles suisses y participent». Il s’agit de l’EPFL, l’EPFZ, L’Université de Berne, la Haute école zurichoise pour les sciences appliquées (ZHAW), et la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO).
Movetia, l’agence suisse pour les échanges et la mobilité, communique que 40% de toutes les Hautes écoles universitaires et spécialisées de Suisse participent à des alliances transnationales. «La participation à l’initiative ne peut toutefois pas remplacer une association aux programmes de l’UE […]. En raison de l’absence d’association helvétique au programme de mobilité européen Erasmus+, les institutions de formation suisses ne reçoivent pas de fonds de l’UE. Si elles veulent participer à une alliance, elles doivent financer elles-mêmes 40% de leur budget d’alliance, les 60% restants étant pris en charge par la Confédération […]. Il n’est donc pas exclu que l’encouragement de la participation suisse à l’initiative universitaire de l’UE se fasse sur le dos d’autres mesures d’encouragement – par exemple au détriment de la mobilité pour les étudiantes et les étudiants.»
«Pour accroître le nombre d’étudiant·es en médecine»
Le conseiller national Baptiste Hurni (PS/NE) a déposé «une motion et un postulat à Berne pour éviter la pénurie annoncée [de médecins]». Monsieur Hurni explique que la «dépendance à l’égard des médecins étranger·es ne cesse de croître depuis plusieurs années. Entre 2012 et 2021, moins de 10 000 médecins ont été formé·es en Suisse, alors que plus de 28 000 diplômes étrangers avaient été reconnus […]. Le parlementaire demande donc un soutien fédéral aux universités pour qu’elles augmentent lenombred’étudiantes et étudiantsenmédecine. Un plan d’action devrait être lancé rapidement afin de produire des résultats d’ici dix ou quinze ans.»
Vives réactions face à la fin de l’«affirmative action»
Le fossé entre les magistrats de la Cours Suprême se creuse de plus en plus, à la suite de la décision des six membres conservateur∙trices de mettre fin à la discrimination positive. Les deux camps parlent d’égalité, mais pas de la même manière.
Le parti conservateur se base sur le 14e amendement de la Constitution et prône l’égalité afin de ne plus faire de différence entre les couleurs de peau, une lecture jugée «originaliste» par le parti opposant. La crainte de la gauche est que «ce retour en arrière n’entraîne une baisse significative du nombre d’étudiants noirs, hispaniques ou issus d’autres minorités sur le campus», mais aussi que cela n’«exacerbe la ségrégation et diminue l’inclusivité des institutions.»
Faisant écho à l’annonce du jeudi 29 juin, la Maison Blanche a pris parti en encourageant les universités américaines à considérer d’autres facteurs, tels que les finances, le lieu de naissance ou si la personne a déjà été victime de discrimination par le passé.
Une nouvelle faculté née de la collaboration entre l’UNIFR et la HEP Fribourg
Le 29 juin dernier, les député·es fribourgeois·es ont accepté «de réunir sous un même toit la formation à l’enseignement». Née d’une collaboration entre l’Université de Fribourg (UNIFR) et la Haute Ecole pédagogique de Fribourg (HEP FR), «[l]a future entité, effective à la rentrée 2025/2026 ou 2026/2027 au plus tard, prendra la forme d’une nouvelle faculté dédiée aux sciences de l’éducation et de la formation».
Questionnements autour du budget de l’Université de Neuchâtel
Le Grand Conseil décidera après septembre si l’Universitéde Neuchâtel (Unine) recevra ou non 200 millions de francs en plus pour la période 2023-2026, soit environ 5 millions de francs en plus par année. Cette augmentation est souhaitée par la commission du Grand Conseil. Dans le rapport de la commission Université il est indiqué que «[t]outes les universités suisses ont obtenu des hausses de budget en 2023, sauf l’Unine».
Au vu du fait que «[l]a taxe d’études del’Unine est la plus basse de Suisse», le Conseil d’Etat voudrait l’augmenter, la faisant passer de 425 francs à 720 francs par semestre. Si pour certain·es il s’agit d’un «petit effort financier» demandé aux étudiant·es, pour d’autres «cela irait à l’encontre del’égalité des chances».
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