«L’EPFZ, l’EPFL et d’autres hautes écoles suisses mettent au point un modèle helvétique de langage d’intelligence artificielle (IA), qui sera présenté cet été. Leur but est de positionner la Suisse en tant que lieu de développement et d’utilisation d’une IA transparente et digne de confiance.»
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17Avr2025
Politique des hautes écoles
La HSG envisage de supprimer son master en durabilité
En raison de pressions économiques, l’Université de Saint-Gall (HSG) envisage de supprimer son master «Management, Organisation und Kulturtheorie» (MOK) qui devait, à partir de l’automne 2026, se transformer en «Master of Organizing Sustainability» (MOS). Des étudiant·es ont lancé une pétition (355 signatures mercredi) contre cette décision, et bénéficient du soutien du directeur de l’Institut d’éthique économique de la HSG, Thomas Beschorner.
«Cela aurait été une étape importante pour les progrès dont l’université a urgemment besoin dans le domaine de la durabilité », écrivent les initiateurs·ices de la pétition. Ils et elles craignent de plus que, «comme dans d’autres entreprises et universités d’Europe, l’esprit américain prenne le dessus et que des programmes sur la diversité et la durabilité soient supprimés». Ils et elles ajoutent que «l’arrêt du MOK crée un précédent qui légitime la suppression d’autres filières et certificats» et que «sans cette filière, la diversité de la HSG et sa reconnaissance internationale diminueraient».
«La réforme comprend des thèmes d’avenir comme le changement climatique, la biodiversité, l’économie et les droits de l’homme ainsi que les questions éthiques de la numérisation. La HSG ne devrait pas s’en priver», explique Thomas Beschorner. Il ajoute que selon lui, les entreprises et universités européennes devraient s’opposer fermement aux évolutions qui se propagent des Etats-Unis vers l’Europe.
«Selon un porte-parole de la HSG, le MOK est une filière coûteuse dont le nombre d’étudiants est en baisse. Le dossier va maintenant être soumis à différents comités. La décision finale revient au Conseil de l’Université. L’université dément tout lien avec la politique américaine.»
16Avr2025
Politique des hautes écoles
«Nos hautes écoles vont s’aligner sur le système américain»
La Confédération a planifié d’économiser, à partir de 2027, 460 millions de francs par an dans le domaine de la formation. Elle propose alors de doubler les taxes pour les étudiant·es suisses et de les quadrupler pour les étudiant·es étrangers·ères.
Le recteur de l’EPFZ, Günther Dissertori, parle d’un «changement de paradigme». Il s’inquiète : «Cette mesure est un premier pas vers la privatisation du système éducatif». Pour lui, une telle décision devrait être prise dans le cadre d’un large débat de société, et non pas sur la base d’un exercice d’économie à court terme. «Tôt ou tard, nos universités s’aligneraient sur le système américain», affirme-t-il. «Si les étudiants payaient autant pour leur formation, ils s’attendraient également à recevoir un diplôme. Cela pourrait entraîner une baisse de la motivation des étudiants. «Ils deviennent des clients et des clientes – et l’université se retrouve dans l’obligation d’apporter quelque chose». Cela affaiblirait l’engagement élevé dont font preuve les étudiants de l’ETH aujourd’hui.»
«Si l’EPF veut se conformer aux plans de la Confédération, elle doit économiser 78 millions de francs au total. Comme l’Ecole polytechnique est également concernée par les coupes prévues dans le Fonds national suisse, Innosuisse et d’autres domaines, il manquerait au total jusqu’à 125 millions de francs.»
- coupes budgétaires
- financement public
- politique – Suisse
- étudiant·e·s étrangers·ères
- égalité – origine sociale
- privatisation des hautes écoles
- accès aux études
- rapport Gaillard
«Harvard tient tête à Donald Trump»
«Aucun gouvernement – quel que soit le parti au pouvoir – ne devrait dicter aux universités privées leur enseignement, le choix de leurs étudiants et de leur personnel ou leur domaine d’étude et de recherche», a défié le président de Harvard, Alan M. Garber, dans une lettre adressée lundi au personnel et aux étudiant·es de l’université. Le président de Harvard a également publié la lettre qu’il a reçue vendredi de la part de l’administration Trump. Le gouvernement demandait des sanctions contre les étudiant·es ayant participé aux manifestations contre Israël ou l’interdiction du port du masque, mais pas seulement. «Washington voulait avoir son mot à dire sur toute la politique d’engagement et d’admission des étudiants.» L’université devait également «renoncer à toutes les incitations visant à augmenter la diversité sur les bancs mais aussi derrière les pupitres d’enseignement».
Alan M. Garber a répondu que l’université continuait de prendre des mesures contre l’antisémitisme, mais «en respectant la loi et les libertés d’opinion et de la recherche».
Finalement, le président prévient que «le retrait du gouvernement de ces partenariats [les programmes de recherche médicale, de physique quantique ou liés à l’intelligence artificielle] ne met pas seulement en danger la santé de millions de gens mais compromet la sécurité et la vitalité de notre pays». (Le Temps)
«L’administration Trump a réagi le soir même [lundi] en réduisant les subventions de 2,2 milliards de dollars (1,8 milliard de francs) et les contrats de recherche pluriannuels d’une valeur de 60 millions de dollars (49 millions de francs).» Toutefois, «Harvard dispose de la plus grande réserve financière de toutes les universités américaines. A la fin de l’année dernière, les actifs de la fondation s’élevaient à 53 milliards de dollars. Il y a une semaine, le conseil de la fondation a annoncé l’émission d’obligations pour un montant de 750 millions de dollars. Elles ne compenseront toutefois que partiellement le manque de subventions.» (NZZ)
Mardi, pour intimider les autres universités tentées de suivre cet exemple, Donald Trump lui-même a menacé sur son réseau Truth Social : «Peut-être que Harvard devrait perdre son exemption fiscale et être imposée comme une entité politique, si elle continue de défendre sa ‘folie’ politique, idéologique, inspirée par/soutenant le terrorisme». (Bluewin)
«Harvard a montré l’exemple aux autres établissements d’enseignement supérieur en rejetant une tentative illégale et maladroite d’étouffer la liberté académique. Espérons que d’autres institutions suivront cet exemple», a écrit l’ancien président Barack Obama sur le réseau X. (Le Temps)
«Face à un racket fédéral, Harvard a envoyé son message le plus clair et le plus courageux à ce jour : nos valeurs ne sont pas à vendre», a déclaré le comité éditorial du journal étudiant The Harvard Crimson. (Le Courrier)
«Aujourd’hui plus que jamais, il est impératif de proclamer haut et fort que la liberté et l’autonomie académiques sont les piliers essentiels de toute université. Là où ces principes vacillent, la pensée critique, la recherche innovante et le progrès collectif sont en danger», a écrit sur X Yves Flückiger, président des Académies suisses des sciences, avant de remercier Harvard et son président «d’avoir résisté aux pressions de l’administration américaine».
«Harvard n’est pas la seule université à être confrontée aux exigences de l’administration Trump. Des universités d’élite comme Princeton, Cornell, Northwestern et Pennsylvania sont également sous pression. Au total, soixante établissements d’enseignement supérieur se trouvent actuellement sous la surveillance du département de l’éducation.» (NZZ)
Obligation d’un taux de présence élevé pour les étudiant·es en médecine de l’Université de Zurich
Récemment, la faculté de médecine de l’Université de Zurich a informé d’une réforme du programme d’études : elle adapte la 5e et la 6e année d’études en médecine humaine, et demande aux étudiant·es d’être plus présent·es dans les amphithéâtres lors des cours. Alors que le premier élément de réforme est généralement approuvé par les personnes concernées, le deuxième point semble plus problématique, surtout pour les étudiant·es qui travaillent en parallèle de leurs études. «Grâce aux enregistrements, je peux décider moi-même quand et où j’étudie la matière», explique un étudiant qui travaille à temps partiel pour pouvoir financer ses études de médecine. «C’est pourquoi je regarde souvent les cours le soir». Dorénavant, un code QR s’affichera afin de répondre à un questionnaire sur la matière qui vient d’être apprise durant les cours. «Celui qui n’a pas assez de points à la fin du semestre est recalé».
L’Université indique que «l’interaction personnelle entre les enseignants et les étudiants est décisive pour mener à bien des formats d’enseignement axés sur des cas concrets». «Selon l’université, les étudiants doivent suivre environ douze cours par semaine pour atteindre le seuil de réussite. Cela correspond à trois demi-journées. Les leçons peuvent être choisies en fonction des préférences personnelles et de la gestion du temps. Fin avril, l’université informera les étudiants concernés.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 16 avril 2025
15Avr2025
Politique des hautes écoles
L’administration Trump gèle 2,2 milliards de subventions à Harvard
«L’administration Trump a annoncé lundi le gel de 2,2 milliards de dollars de subventions à l’université de Harvard. Celle-ci avait manifesté son refus de se plier aux exigences de la Maison Blanche suite aux manifestations propalestiniennes.» (RTS)
20 candidat·es pour le poste de recteur·ice à l’UNINE
Le processus de recrutement de la nouvelle rectrice ou du nouveau recteur de l’Université de Neuchâtel, lancé en février dernier, a attiré pas moins de vingt candidatures. Parmi elles, «de nombreuses candidatures de qualité», indique Didier Berberat, président du Conseil de l’Université. En été 2024, la procédure en avait attiré seulement 5.
La nouvelle rectrice ou le nouveau recteur devrait être nommé dans le courant de l’été, alors que l’entrée en fonction est prévue le 1er août 2025. «Comme il n’est pas sûr que la personne en question pourra se libérer rapidement, il sera probablement demandé à l’équipe qui compose le rectorat actuel si elle est d’accord de prolonger son mandat de deux ou trois mois.»
Des idées pour améliorer l’équité au travail
Iris Bohnet, professeure en économie à l’Université de Harvard, a récemment publié un livre sur l’équité à la place de travail («Make work fair»). Elle estime que plutôt que d’essayer de changer la mentalité des gens, «il est plus efficace de rendre le terrain de jeu équitable». Elle propose plusieurs mesures, comme l’anonymisation du processus de candidature.
Elle a notamment convaincu le comité du Prix Nobel de modifier le formulaire de proposition de candidatures pour permettre la proposition de plusieurs candidat·es : «Notre recherche a montré que nous faisons un choix multiple plus rationnel qu’un choix unique.»
Un autre exemple: «une grande entreprise australienne voulait savoir comment elle pourrait motiver les bons candidats et les candidates qui ont été rejetés de justesse à postuler à nouveau pour un autre emploi plus tard. Il s’est avéré que les femmes le faisaient deux fois moins souvent que les hommes. Nous avons posé quelques questions de diagnostic à la direction de l’entreprise : comment les candidats apprennent-ils qu’ils doivent postuler à nouveau? Et à qui écrivent-ils? L’entreprise a envoyé aux 20% les plus performant·es un e-mail les invitant à postuler à nouveau. Nous avons simplement ajouté une phrase à l’e-mail : «Vous faites partie des 20 meilleurs pour cent». Cette seule phrase a suffi à combler l’écart entre les sexes.»
Iris Bohnet avance par ailleurs qu’il est scientifiquement prouvé qu’un congé parental est favorable pour l’égalité des chances, et qu’il faudrait aussi introduire des incitations pour que les hommes prennent effectivement le congé de paternité.
- égalité – genre
- procédure d’appel
- Prix Nobel
- égalité – origine sociale
- égalité – origine nationale
- égalité
Une décennie après sa création, le Centre suisse islam et société de l’Université de Fribourg n’est plus contesté
Le Centre suisse islam et société (CSIS) de l’Université de Fribourg célébrera ses dix ans lors d’une manifestation ouverte au public le 6 mai. Ayant connu «une naissance mouvementée» (l’UDC avait été jusqu’au tribunal fédéral afin de «défendre son initiative demandant la fermeture du centre»), le centre a aujourd’hui une importance reconnue par «la plupart de [ses] interlocuteurs». Dans le cadre de cet anniversaire, ses directeurs, Amir Dziri et Hansjörg Schmid, sont interviewés par La Liberté.
«Le Centre suisse islam et société (CSIS) mène une activité variée mêlant recherche, enseignement interdisciplinaire, formation continue à vocation professionnelle et projets de transfert participatifs.» «Le CSIS est une structure de transmission du savoir entre l’université, la société et les communautés musulmanes», explique Hansjörg Schmid, l’un de ses directeurs.
«L’Université de Bâle réagit à la critique»
L’Université de Bâle a adapté son règlement sur la protection de l’intégrité personnelle et transformé son ancien service de coordination en service spécialisé dans l’intégrité personnelle (FPI). Ce dernier aura plus de ressources qu’auparavant. La démarche fait suite aux accusations selon lesquelles l’Université aurait protégé des auteurs de cas de harcèlement en automne dernier.
Dorénavant, il sera «possible de faire appel à une autre personne externe chargée de l’enquête, comme par exemple quelqu’un ayant des connaissances spécifiques dans le domaine de la violence sexuelle, mais qui n’est pas employé par l’université. L’indépendance d’une procédure doit ainsi être garantie.» Désormais, le délai dans lequel les personnes concernées peuvent déposer une plainte auprès du service juridique de l’Université est d’une année, contre six mois auparavant. Les plaintes peuvent concerner des incidents «de discrimination, de mobbing ou de harcèlement sexuel commis par une personne employée à l’université». «L’université peut clarifier des processus internes et décider de mesures telles que l’exmatriculation ou l’exclusion de l’université, mais elle ne peut pas engager de poursuites pénales. En cas de délits graves, les personnes concernées devraient porter plainte auprès de la police.» Le règlement entre en vigueur avec effet rétroactif au 1er janvier 2025, et son adaptation est «n’est apparemment qu’une étape parmi d’autres que l’université souhaite désormais franchir».
D’autres propositions d’amélioration actuellement à l’étude ont été faites par différents groupes universitaires comme la Skuba, l’Avuba et la Dozuba. Il s’agit par exemple de «formations obligatoires, d’informations sur la procédure de signalement à la FPI ou d’un nouveau poste de lanceurs d’alerte».
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 15 avril 2025
14Avr2025
Politique des hautes écoles
Anna Fontcuberta i Morral: «Profiter du malheur des Etats-Unis pour attirer des scientifiques à l’EPFL ne serait pas très éthique»
«Le retour de Donald Trump inquiète la communauté scientifique. À l’EPFL, on observe avec tristesse les attaques contre la recherche. Sa nouvelle présidente Anna Fontcuberta i Morral dit refuser d’exploiter cette crise pour attirer des scientifiques américains, une démarche qu’elle juge contraire à l’éthique.» (RTS)
«Les tendances actuelles en provenance des Etats-Unis inquiètent la présidente de l’EPFL : c’est mauvais pour le monde. Mais il est impossible de lutter contre cela. «Nous devons simplement rester comme nous sommes et montrer que notre société fonctionne mieux».» (SRF)
«Une grande université allemande» prévoit de proposer davantage de sessions de recrutement dans la Silicon Valley au cours des prochains mois. «Comme l’explique un collaborateur à la NZZ, on veut expliquer aux Américains, dans le cadre d’ateliers, comment on peut étudier, faire un doctorat ou un postdoc en Allemagne. L’UE veut également augmenter son budget de recherche.» Dans le même article, une professeure américaine en médecine humaine s’inquiète : «Sans recherche, la prochaine génération de scientifiques manquera», que cela soit dans l’université, dans des start-ups ou dans l’industrie des pharmaceutiques. (NZZ)
Un dossier du Economist explique par ailleurs pourquoi même les riches universités privés comme Columbia ne semblent pas équipés pour faire face à la pression du gouvernement américain, entre autres manque de liquidités.
«Les Frères musulmans ont investi les universités»
«Spécialiste de l’islam politique, la Suisso-Tunisienne Saïda Keller-Messahli revient sur le «concours de Coran» que souhaitait organiser une association étudiante musulmane de l’Université de Genève et que la direction universitaire a finalement interdit.»
Le concours consistait à apprendre des passages du Coran par coeur. Saïda Keller Messahli qualifie une des sourates (passage de coran) choisies par les organisateurs du concours, l’AMEUG, de problématique, car elle «s’attaque aux chrétiens, aux juifs et aux polythéistes.»
«Il ne faut pas qu’ils [ces sourates] soient transmis dans le cadre d’un enseignement ou d’un concours comme souhaitait l’organiser l’association AMEUG de l’Université de Genève. C’est aux musulmans de mener un débat sur les versets violents du Coran, or malheureusement cette liberté de penser n’existe presque nulle part dans les pays où l’islam est religion d’Etat».
Elle avance: «ce que je trouve sournois dans certaines associations musulmanes et que les Frères musulmans savent très bien utiliser, c’est qu’elles s’emploient à ne pas apparaître comme des groupes religieux aux yeux de l’extérieur. Or ces associations sont religieuses.»
«Rester, malgré les attaques de Trump, est un acte de résistance»
Suite aux nombreuses attaques de Donald Trump envers la science et les universités, des journalistes ont demandé à des professeur·es suisses si ils et elles envisageaient alors de quitter les États-Unis.
Un climatologue suisse estime que sa carrière en tant que climatologue est terminée. «Je cherche par conséquent un emploi dans d’autres domaines.»
Pour Dieter Egli, biologiste suisse spécialiste des cellules souches qui fait de la recherche aux États-Unis depuis plus de vingt ans, «il ne s’agit pas seulement de la politique de Donald Trump ou de la suppression des fonds de recherche», il déplore aussi «la qualité de vie qui «stagne», le manque de sécurité par rapport à l’Europe ainsi que l’influence trop limitée de la population sur la politique.»
Pour Tina Kempin Reuter, politologue originaire du canton de Zurich et professeure à l’Université d’Alabama «il est important de résister aux directives imposées par l’administration Trump». «Je ne peux le faire que si je reste aux États-Unis et que je profite de mes privilèges, en me faisant par exemple le porte-parole de mes jeunes collègues», dit-elle.
Pour Stephan Meier, économiste argovien et professeur à la Columbia Business School à New York, «cela deviendrait compliqué si les étudiants étrangers ne pouvaient plus être sûrs de pouvoir terminer leur formation en raison des interventions de Trump et des attaques contre les universités.» Il réfléchit à quitter les États-Unis si la situation s’aggravait encore.
Finalement, selon Stephan Meier, «l’objectif des coupes budgétaires de l’administration Trump à Columbia n’est pas de lutter contre l’antisémitisme sur le campus, même si c’est un vrai problème». «En fin de compte, c’est la vision libérale du monde qui est visée. Trump mène une guerre privée contre les universités d’élite qui ne l’ont pas soutenu. Les événements auxquels nous assistons actuellement vont probablement se poursuivre.»
«Il faut plus de place en Master de médecine à Fribourg»
Suite à l’exil forcé dans une autre université suisse de plusieurs étudiant·es fribourgeois·es pour faire leur master en médecine cet automne, un mandat et une motion avaient été déposés au Grand Conseil fribourgeois, dans le but de corriger cette situation. Actuellement, le gouvernement propose de refuser la motion.
Le gouvernement est en effet «favorable à réintroduire le critère de domicile, qui privilégie les Fribourgeois», mais à des conditions respectant l’accord intercantonal universitaire et sans l’inscrire dans la loi. Ensuite, il est ouvert à la possibilité d’augmenter le nombre de places en master de médecine, mais uniquement après une analyse préalable déterminant la faisabilité de cette éventuelle mise en œuvre. L’analyse «devra également montrer s’il est possible d’inclure dans la formation d’autres partenaires hospitaliers, en plus de l’Hôpital fribourgeois et du Réseau fribourgeois de santé mentale.»
Le Conseil d’État propose alors de réintroduire le critère de domicile dans l’ordonnance limitant le nombre de places d’études en master, et cela dès la rentrée académique 2027-2028. Il réalisera également une analyse chiffrée sur la possibilité d’une augmentation de places d’études.
La voie des universités reste partiellement fermée aux titulaires d’une maturité professionnelle
«Le Conseil fédéral refuse de faciliter l’accès à l’université pour les titulaires d’une maturité professionnelle ou spécialisée. L’examen complémentaire reste la règle, au nom du niveau académique. Une position que regrette l’Union des étudiants de Suisse.»
Malgré une admission à l’UNIGE, une Gazaouie est refusée par le Secrétariat d’Etat aux migrations
Une jeune Gazaouie, après avoir obtenu, avant la guerre, «des résultats extraordinaires à son bachelor (95 sur 100)», a souhaité postuler pour un master à la Faculté de traduction et d’interprétation (FTI) de l’Université de Genève. Malgré son admission à l’Université, l’obtention de bourses d’études de près de 90’000 francs, et l’accord de l’Office cantonal de la population et des migrations à Genève, le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) à Berne a annoncé son «intention» de s’opposer à cette demande.
«Ici, tout s’est mis en place. C’est une structure extrêmement compliquée à dresser, et ce veto du SEM est totalement incompréhensible. Il fait barrage à toutes les institutions qui soutiennent la jeune femme. De simples questions d’humanité devraient rendre certains choix évidents», explique Olivier Peter, choisi comme avocat par l’organisation Alama qui soutient l’étudiante. Le SEM motive sa décision entre autres par le fait que «le cursus retenu par la jeune femme pourrait être suivi ailleurs qu’en Suisse» et que «les probabilités de retour dans le pays d’origine à l’issue de ses études sont faibles».
«Cette «intention» du SEM est sujette à un «droit d’être entendu», qui pourrait encore l’infléchir et n’est donc pas définitive. Mais, au-delà du sort personnel de l’étudiante, elle a aussi de quoi heurter la volonté de l’Université de Genève. […] Soucieuse d’affirmer tout autant sa foi en la liberté académique que sa solidarité envers les universitaires de l’étranger (y compris de Gaza), elle a lancé toute une série de programmes – la Gaza Health Initiative, dispositif pour les chercheurs et chercheuses en danger – qui visent notamment à démontrer qu’elle n’est pas insensible à l’idée d’assumer son «rôle dans la cité».»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 14 avril 2025
11Avr2025
Politique des hautes écoles
Le FNS exhorte la Confédération à renoncer aux mesures d’allègement proposées
«Dans sa prise de position sur le « PAB 27 », le FNS s’est prononcé contre les mesures d’allégement de 10 % par an proposées par le Conseil fédéral en raison de leurs conséquences négatives pour l’économie et la société suisses.»
Les comptes du Canton de Vaud ont plongé dans le rouge en 2024
«L’exécutif cantonal a présenté hier ses comptes 2024. Déficitaires à hauteur de 369,2 millions de francs, ces derniers ne respectent plus le cadre légal du «petit équilibre». Des mesures d’assainissement s’imposent.» (Le Temps)
Le Conseiller d’Etat Frédéric Borloz, qui assure l’intérim aux Finances, avant que Christelle Luisier ne reprenne le flambeau en juin, affirme : «Nous allons travailler sur notre fonctionnement et maintenir les missions de l’État et les prestations à la population.»
«Dans un premier temps, les économies vont se faire sur les achats de matériel, sur les mandats de conseil, sur l’entretien des routes, des bâtiments, des forêts, des cours d’eau ou encore sur l’équipement informatique. Des contrats ne seront pas renouvelés et des conventions de subventionnement (CHUV, UNIL) seront revues.» (24 heures)
Les principaux défis du paysage FRI d’ici 2035, selon Carmen Baumeler
Carmen Baumeler, professeure et responsable de la recherche et du développement à l’École fédérale des hautes études en formation professionnelle (IFFP), désigne les trois plus grands défis du paysage FRI de son point de vue.
Promouvoir la recherche en éducation, la valoriser et utiliser les résultats de manière ciblée dans la pratique et la politique
«Les résultats de la recherche aident à adapter les méthodes d’enseignement et d’apprentissage aux défis actuels tels que l’intelligence artificielle ou à rendre le système éducatif plus perméable. Ces nouvelles connaissances peuvent et devraient être utilisées de manière encore plus ciblée dans la politique et la pratique – ce qui exige des efforts supplémentaires dans le domaine de la communication scientifique.»
Coopération plus étroite entre l’enseignement général et l’enseignement professionnel
«La pénurie de main-d’œuvre qualifiée concerne aussi bien les professions issues d’apprentissages (p. ex. infirmier·ères, informaticien·nes) que les professions académiques (p. ex. enseignant·es, médecins de famille). […] C’est pourquoi il est essentiel d’intensifier les échanges et la coopération entre les acteurs de l’enseignement général et professionnel, que ce soit au niveau secondaire II ou au niveau des hautes écoles et de la formation professionnelle supérieure.»
Promotion de l’apprentissage tout au long de la vie
«La sélection des jeunes au niveau secondaire I n’est pas optimale, car l’accès aux filières de formation dépend encore, entre autres, du contexte socio-économique. L’égalité des chances n’est donc pas garantie. […] Les changements de profession après la formation initiale sont fréquents. Pourtant, il existe des obstacles dans la mise en œuvre pratique de la perméabilité – par exemple dans la promotion d’un accès plus large à la maturité professionnelle ou dans la prise en compte des acquis individuels dans de nouvelles voies de formation. Des efforts supplémentaires sont nécessaires dans ce domaine.»
«La flexibilité dans les formations pour réduire la pénurie de personnel»
La présidente de swissuniversities et rectrice des HES-SO, Luciana Vaccaro, écrit: «Le 20 mars dernier, le Comité gouvernemental de la HES-SO, qui regroupe les ministres de tutelle des sept cantons fondateurs (GE, VD, NE, JU, FR, VS, BE), a signé avec le Rectorat la Convention d’objectifs 2025-2028, véritable feuille de route de l’institution, qui s’articule autour de quatre grandes missions: l’enseignement, la recherche, les contributions à la société et la politique institutionnelle.»
Selon la rectrice des HES-SO, la consolidation des formations bachelor et master et de leur caractère professionnalisant [dans ces conventions] traduit moyennant la flexibilisation des formations et la lutte contre la pénurie de personnes qualifiées. «Les deux sont intimement liés et s’insèrent dans une troisième priorité des objectifs de toute HES, la capacité des formations qui y sont dispensées d’être utiles à la société et de relever les grands défis de notre temps, entre durabilité et numérisation.»
L’Université de Bâle et l’Université de Berne ouvrent un centre de recherche
L’Université de Berne et l’Université de Bâle mettent en place un nouveau centre de recherche moléculaire. Soutenu par la Fondation Werner Siemens, ce projet doit contribuer au développement d’ordinateurs quantiques polyvalents.
L’Unil dans les médias
Evincé par l’UNIL, Joseph Daher a plaidé sa cause
«Le professeur propalestinien et les représentants de l’université avaient rendez-vous mercredi au tribunal.» (24 heures)
Par rapport aux manifestations pro-palestiniennes et en faveur du ré-engagement du professeur Joseph Daher et à l’incident du 2 février, le rédacteur du journal Juif Tachles Edgard Bloch suggère que l’UNIL est d’orientation antisioniste, («ce qui sert souvent de couverture à l’antisémitisme»). (Tachles)
«Science et politique, les liaisons dangereuses»
Pour Marie-Hélène Miauton, entrepreneuse et essayiste, «Trop de scientifiques confondent science et politique! Ils portent ainsi atteinte à la crédibilité de leur milieu puisque, aux yeux du grand public, ils sont les garants d’une neutralité factuelle, d’une objectivité rassurante dans un monde complexe, d’une saine distanciation face aux émotions qui aveuglent.»
Parmi les trois exemples, elle nomme « la politisation qui règne désormais dans les universités romandes, sous couvert de soutien à la Palestine, en contradiction flagrante avec la mission et les principes de l’alma mater».
- rôle des scientifiques
- engagement politique
- rôle des universités
- image de la science
- conflit israélo-palestinien
Revue de presse UNIL 11 avril 2025
10Avr2025
Politique des hautes écoles
«La Commission européenne veut assurer la participation de la Suisse aux programmes de l’UE»
La Commission européenne a demandé mercredi l’approbation des Etats membres de l’UE (27 au total) afin de signer l’accord sur la participation de la Suisse aux programmes de l’UE (EUPA), paraphé la semaine dernière par les négociateurs représentant de Berne et Bruxelles. Le texte de l’accord règle notamment la participation financière de la Suisse qui «dépendra en partie du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse», sans qu’une contribution financière concrète ne soit mentionnée dans le texte du contrat.
«L’accord permet une coopération dans les domaines de la recherche, de l’innovation et de la formation. […] Concrètement, la Suisse sera associée au projet de réacteur nucléaire de recherche civil ITER à partir de 2026 et à Erasmus+ à partir de 2027. La Suisse participant déjà au programme de recherche Horizon Europe depuis le 1er janvier, les chercheurs peuvent postuler pour des fonds.» (Blick) «Si elle ne signe pas cette année, la Suisse risque d’être exclue du programme de recherche.» (Watson)
La signature de l’accord sur l’EUPA est prévue pour novembre. L’EUPA pourra être appliqué provisoirement jusqu’à fin 2028 au plus tard. «Pour la participation à l’année de programme 2025, la Suisse verse sa contribution obligatoire à l’UE. Selon la secrétaire d’État Martina Hirayama, celle-ci s’élève à près de 630 millions de francs. Le Parlement l’a approuvée avec le paquet Horizon.» (Tages-Anzeiger)
Initiatives étudiantes pour des cafétérias véganes aux unis de Berne et Bâle
Mardi soir, le conseil des étudiants de l’Université de Bâle a voté en faveur d’une offre de restauration exclusivement végane d’ici 2030. La semaine dernière, le parlement des étudiants de l’Université de Berne a également voté en faveur d’une cantine végétalienne, sans date fixe de mise en œuvre. La proposition a été faite par l’initiative étudiante Plant-Based Universities (PBU), qui s’engage pour des universités véganes dans toute l’Europe. En Suisse, PBU est actif non seulement à Bâle et à Berne, mais également à l’ETHZ, à l’EPFL, à la ZHAW et à la Zürcher Hochschule der Künste.
Ces initiatives rencontrent néanmoins de nombreuses oppositions. «Une renonciation totale aux produits d’origine animale ne fait pas partie de la stratégie de la direction de l’université», annonce l’Université de Berne. L’institution souhaite néanmoins continuer à s’engager pour une alimentation durable. L’UDC de la ville de Berne n’est également pas très favorable à l’idée végane, qui serait une «grave atteinte à la sphère privée des consommateurs» et «contraire à la liberté économique». (Der Bund) Certain·es membres du conseil des étudiants de l’Université de Bâle veulent élaborer une pétition pour revenir sur la décision prise. (bz) Un tweet sur X de la conseillère nationale verte Meret Schneider, elle-même végane, déclare que cette démarche n’est «pas une bonne idée», car «elle durcirait les fronts». La conseillère nationale viserait plutôt une stratégie avec «plus de menus végétaux». (NZZ)
Il y a trois ans, le rectorat de l’Université de Bâle a décidé de créer une incitation financière pour l’alimentation sans viande en augmentant le prix de la variante non végétarienne. L’université de Bâle, qui cherche un nouveau prestataire pour ses cafétérias universitaires à partir de juillet, a publié un appel d’offre exigeant «une part sans viande d’au moins 60% de l’offre journalière à partir de mi-2026.» (bz) En 2023 la première cantine végane a ouvert à l’Université de Berne. (Der Bund)
Il y a cinq ans, le groupe ZFV a introduit à la cafétéria de l’Université de Lucerne un «concept de restauration essentiellement végétalien et végétarien». Toutefois, le concept a été interrompu au bout de deux semaines, dû à la pandémie de Corona. (NZZ) L’année dernière, l’Université de Neuchâtel a introduit une alimentation sans animaux. (Der Bund)
«L’étrange cas du professeur de l’EPFZ Tom Crowther»
Une vaste enquête a été menée par la NZZ sur «l’étrange cas du professeur de l’EPFZ Tom Crowther». Des accusations de harcèlement sexuel publiées dans les journaux du groupe Tamedia en août et décembre 2024 ont participé à atteindre la carrière du chercheur britannique, dont le contrat n’est pas prolongé et dont le groupe de recherche (une équipe de 40 doctorant·es, post-doctorant·es, scientifiques et autres collaborateur·trices) est dissous. Dans cette affaire, le droit d’être entendu de l’accusé semble avoir été abrogé. Les recherches de la NZZ indiquent que l’affaire est moins simple que ne le laisse supposer le compte-rendu de Tamedia. «Il s’agit d’une vidéo de téléphone portable qui a été transformée en affaire. Il s’agit d’accusations contre un professeur qui semblent douteuses. Et il s’agit d’une université qui laisse tomber son employé dans une procédure étrange.»
En effet, deux éléments semblent être particulièrement problématiques dans cette affaire.
Les articles du groupe Tamedia concernant le professeur accusé sont orientés vers les plaignant·es. Dans le premier article sur l’affaire publié août, les propos du professeur Tom Crowther sont à peine exposés et les éléments avancés en sa faveur ne sont pas repris. Dans le deuxième article publié en décembre, «Crowther ne s’exprime pas dans le texte. L’école supérieure lui avait demandé de ne pas s’adresser aux médias.»
Ensuite, la gestion de la crise par l’EPFZ est menée par «une procédure étrange», dans laquelle le professeur n’aura pas le droit d’être entendu. L’EPFZ a demandé à un cabinet d’avocats de la soutenir dans ses investigations en fournissant un rapport. Bien qu’on lui promette qu’il sera entendu, le professeur Tom Crowther doit garder le silence dans un premier temps. «Dannath [vice-présidente de l’EPFZ] rappelle à Crowther qu’il ne peut parler des accusations ni avec les collaborateurs de son groupe de recherche, ni avec ses partenaires, ni avec d’autres journalistes.» Et durant la procédure menée par ce cabinet d’avocat, «contrairement à ce qu’avait assuré le président de l’EPFZ en août, [Tom Crowther] n’a pas été interrogé.» Recevant le rapport du cabinet début décembre, l’EPFZ décide instantanément la mise à pied de Tom Crowther, dans un premier temps jusqu’à fin janvier. Le professeur peut emporter chez lui le rapport, dont «il ne peut en parler à personne, sauf à son avocat». «Mais les accusations contenues dans le rapport restent anonymes. Il ne s’agit pas d’une enquête officielle, mais seulement d’une clarification informelle, explique Julia Dannath. Cela signifie aussi que les preuves qui soutiendraient la perspective de Crowther ne sont pas demandées. Le professeur doit simplement accompagner le rapport de commentaires écrits.» Ainsi, «le professeur tente de réfuter le rapport du cabinet d’avocats. Il mentionne des documents qu’il n’a pas le droit de produire. Il fait référence à 44 collaborateurs, actuels et anciens, qui ont voulu l’aider et auxquels il n’a pas pu répondre, car l’EPF le lui avait interdit. En vain.» Finalement, le 17 janvier, le professeur mis à pied est tout de même officiellement interrogé. «Ce n’est que maintenant – alors qu’il est déjà clair qu’il doit quitter l’école supérieure – que Crowther peut présenter ces documents et prendre personnellement position», écrit la NZZ. «Le 20 février, Tom Crowther est finalement autorisé à prendre personnellement position sur les accusations de harcèlement – et à présenter d’autres documents : chats, photos, témoignages. Il l’avait demandé à Julia Dannath fin janvier. «There is so much evidence that I have not had the chance to show you», écrit-il dans un e-mail à la vice-présidente de l’EPFZ. Dannath lui assure que le rapport final de l’ensemble des investigations sur le cas Crowther sera rédigé de manière équitable. Ce document devrait être publié dans les semaines à venir.»
La NZZ, au vu du déroulé des procédures et publications, des interdictions de parole et de défense, se demande: «le professeur avait-il seulement une chance équitable de se défendre ?»
«Ce cas montre que les universités peuvent très vite se retrouver en difficulté lorsqu’elles doivent lutter contre de graves accusations portées en public contre un cadre supérieur. […] Après l’article de Tamedia cet été, l’ETH aurait pu garder son calme et analyser la situation avec précision. Elle a opté pour une autre voie. Au final, cette histoire ne laisse que des perdants : les journaux de Tamedia, qui pensaient avoir découvert un scandale et qui ont échoué en justice avec leur thèse. L’EPF de Zurich, qui a mené des enquêtes douteuses et qui ne cesse d’avancer de nouveaux arguments contre Crowther. Les collaborateurs du Crowther Lab, qui doivent se trouver un nouvel encadrant ou qui vont perdre leur emploi. Et Tom Crowther, un chercheur autrefois sollicité, qui doit tout recommencer à zéro», conclut l’article de la NZZ.
- direction des hautes écoles
- harcèlement sexuel et sexisme
- harcèlement moral – mobbying
- gestion de conflit
Le Conseil fédéral s’est penché sur les possibilités d’accès aux études universitaires et aux hautes écoles pédagogiques pour les titulaires d’une maturité professionnelle
«Le 9 avril 2025, le Conseil fédéral a adopté deux rapports donnant suite à des postulats, dans lesquels il examine les possibilités de faciliter l’accès aux études universitaires et aux hautes écoles pédagogiques (HEP) pour les titulaires d’une maturité professionnelle ou spécialisée. Il arrive à la conclusion que les dispositions actuelles ont fait leurs preuves. Il recommande aux cantons de procéder à un examen approfondi des différentes possibilités d’optimisation concernant l’accès à la formation préparant à l’enseignement au degré primaire.»
«Plus que jamais, nous devons faire face à l’antisémitisme»
Le ministre allemand de la Recherche, Cem Özdemir, a présenté aujourd’hui les résultats de la deuxième enquête rapide sur l’antisémitisme dans les universités, commandée par le ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche (BMBF). Pour la première fois, les directions des établissements d’enseignement supérieur ont été interrogées en plus des étudiants.
L’étude le montre : Les statistiques restent inchangées depuis le sondage de 2024, environ six à sept pour cent des étudiants ont des attitudes antisémites, «l’antisémitisme est donc moins répandu parmi les étudiants que dans la population générale. Environ 40 % des établissements d’enseignement supérieur font état d’incidents antisémites. La grande majorité des établissements d’enseignement supérieur ont mis en place des points de contact pour lutter contre l’antisémitisme, deux tiers ont organisé des réunions d’information, des tables rondes ou des expositions sur le thème de l’antisémitisme.»
L’Unil dans les médias
Interpellation : «Peut-on travailler sereinement à l’UNIL ?»
Lors de la séance du Grand Conseil vaudois, Aurélien Demaurex a fait une interpellation en réaction à l’incident du 2 avril dernier au sein du bâtiment Géopolis de l’Université de Lausanne (UNIL): «La situation est alarmante : lorsqu’un employé finit à l’hôpital et que la Direction est tournée en dérision sur les réseaux sociaux, il devient difficile de travailler sereinement au sein de l’Université.»
Face à cette situation «préoccupante», Aurélien Demaurex (et 20 cosignataires) posent les questions suivantes au Conseil d’État :
- Le Conseil d’État a-t-il abordé avec la Direction de l’UNIL les dérives inquiétantes liées aux manifestations sur le campus?
- Le Conseil d’État estime-t-il nécessaire de déposer plainte contre les auteurs des agressions?
- Le Conseil d’État envisage-t-il des mesures sécuritaires pour garantir la sécurité des employés, quitte à se substituer à la Direction si celle-ci se montre incapable d’agir?
Revue de presse UNIL 10 avril 2025
9Avr2025
Politique des hautes écoles
UNIGE: «Démission au comité scientifique»
Suite aux révélations d’un plagiat au sein du rapport du comité scientifique de l’Unige sur la question du rôle de l’Université dans le débat public, un étudiant membre du comité a démissionné du comité. Selon lui, ce plagiat est «un fiasco qui doit être assumé par l’ensemble des membres du comité, moi y compris.» Il ajoute: «Je ne veux pas non plus être la caution étudiante d’un rapport dont je ne partage d’aucune manière les conclusions.» Il constate d’ailleurs «l’absence au sein du comité scientifique de membres du corps intermédiaire, assistant·es ou chargé·es de cours par exemple, qui «auraient été peut-être mieux armé·es pour débattre avec des professeurs et des politiciens, membres de ce comité.» Il considère aussi que cette commission n’était pas le lieu propice à d’autres points de vue que celui de l’opinion de l’institution.» (Le Courrier)
«L’étudiant estime que le groupe a failli à sa mission: «La situation à Gaza continue d’appeler un positionnement affirmé de notre université, comme cela a été le cas avec la Russie. Mais le comité n’a jamais su répondre à cette contradiction.»» (Le Temps)
«La fuite des chercheurs américains»
«Entre financements annulés ou menacés de l’être, crainte de censure et d’atteinte à leurs libertés, de plus en plus de chercheurs ou d’aspirants chercheurs réfléchissent à quitter les Etats-Unis.» L’annonce du départ de Jason Stanley, professeur de philosophie et spécialiste du fascisme à l’Université américaine de Yale, pour rejoindre le Canada a mis en évidence le questionnement actuel des chercheur·euses américain·es. «C’est une période un peu surréaliste pour les scientifiques car nous ne savons tout simplement pas ce qui va se passer», explique Karen Sfanos, directrice d’un programme de recherche à l’Université Johns-Hopkins.
Plusieurs universités européennes et canadiennes ont déclaré avoir lancé «des initiatives pour attirer les talents américains». «Pour autant, l’option du départ est loin d’être accessible à tous, insiste une jeune chercheuse en sciences du climat souhaitant rester anonyme, les étudiants et doctorants étant les premiers affectés par les coupes budgétaires mais aussi les moins expérimentés, donc «ceux qui ont le moins de chance d’avoir le profil que les institutions de l’UE espèrent attirer».»
L’Unil dans les médias
Le SSP répond à la direction de l’UNIL concernant les accords institutionnels avec l’Université hébraïque de Jérusalem
Suite à la réponse de l’Unil au Syndicat suisse des services publics (SSP) concernant la demande d’application immédiate des recommandations préconisées par le rapport d’expert-e-s, le comité du groupe Hautes Ecoles du SSP réitère sa demande à l’Unil.
Revue de presse UNIL 9 avril 2025
«Joseph Daher sur tous les fronts»
«L’éviction du professeur Joseph Daher de l’Université de Lausanne mi-février mobilise toujours dans les milieux académiques et militants. Hier soir, le chercheur était invité à Genève par la CUAE, le syndicat des étudiant·es de l’université de Genève. Il y est venu présenter son nouveau livre, Gaza, un Génocide en cours. Palestine, Proche Orient et Internationalisme.»
«Aujourd’hui, le chercheur […] est convoqué aux Prud’hommes dans le cadre du conflit qui l’oppose à son ex-employeur. Il demande des mesures provisionnelles lui permettant d’enseigner en attendant le jugement sur le fond. Le Syndicat des services publics (SSP) appelle à la mobilisation lors de cette séance publique en fin de journée.»
Par ailleurs, ces dernières cinq journées des vidéos de soutien de 31 personnes ont été publiées sur le compte instagram de SSP Vaud.
8Avr2025
Politique des hautes écoles
«Trump rend l’Université de Berne nerveuse»
Donald Trump menace les universités américaines de réduire leurs fonds de recherche. Cela pourrait mettre en danger certains projets de l’Université de Berne. Actuellement, l’institution participe à 15 projets dits «fédéraux américains», pour un budget de 13 millions de dollars (11 millions de francs). Leur durée est de deux à cinq ans. «Une grande partie de ces fonds de recherche provient en premier lieu des National Institutes of Health, qui dépendent du ministère américain de la santé. Rien qu’au cours des 19 dernières années, près de 50 millions de francs auraient ainsi été versés à Berne pour la recherche médicale.» (Nau.ch) Concrètement, un projet de recherche sud-africain sur le VIH risque d’être réduit. Il porte sur le traitement et la prophylaxie des infections dans le pays.
L’Université de Berne risque également d’être impactée au niveau de ses données de recherche. L’Université collabore avec l’agence spatiale Nasa, en particulier concernant les données d’observation des satellites et des instruments de l’agence, et dont le budget sera probablement massivement réduit selon certains rapports. Les sciences du climat seraient également impactées à Berne. «Le meilleur modèle climatique avec lequel je travaille vient du NOAA Geophysical Fluid Dynamics Laboratory à Princeton», explique Thomas Frölicher, professeur au département de physique climatique et environnementale à Berne.
Actuellement, il arrive que des chercheur·euses européen·nes renoncent à se rendre aux Etats-Unis dans le cadre de conférences, congrès ou projets de recherche.
«L’université [de Berne] organisera le 1er mai une séance d’information interne sur la politique de recherche américaine. Il s’agira de discuter de la manière dont l’université et la communauté scientifique suisse pourraient réagir aux attaques de Trump contre la science.» (Der Bund)
- coupes budgétaires
- financement public
- liberté académique
- politique – Etats-Unis
- gestion de données de recherche
- collaboration entre hautes écoles
UNIGE: «Chercheuse plagiée, débat annulé»
Suite à la révélation du plagiat d’un chapitre entier du rapport du comité scientifique de l’Université de Genève sur «le rôle des universités dans le débat public», le rectorat a décidé d’annuler une discussion publique qui devait avoir lieu ce mardi 8 avril. Ce débat devait discuter des conclusions du document officiel. «Lundi vers 17 h, l’UNIGE a annoncé le retrait du rapport de son site internet et la reconnaissance par le Rectorat du plagiat. Ce dernier a demandé au comité scientifique de veiller à un référencement correct des travaux de Cécile Laborde. Toute mesure disciplinaire reste à ce stade réservée.» (La Tribune de Genève)
«Le rapport sera-t-il rétracté? Quid des éventuelles suites judiciaires si l’université d’Oxford et la politiste Cécile Laborde déposaient une plainte pour non-respect du droit d’auteur? Le ou les plagieur·es seront-ils et elles sanctionné·es?» questionne le journaliste du Courrier.
«Pour la CUAE, «ce plagiat démontre un manque de scientificité flagrant de la part du comité et l’absence totale de remise en question et de confrontation d’idées de la part de ses membres». L’association estudiantine demande aux membres du comité scientifique de «démissionner», et à la communauté universitaire «de se désolidariser du rapport du comité et d’admettre l’existence d’un plagiat».» (Le Courrier)
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 8 avril 2025
«Le directeur de la sécurité de l’Uni de Lausanne blessé dans un incident»
«Le directeur du Service de sécurité, environnement et prévention (UniSEP) de l’Université de Lausanne récupère d’une «commotion cérébrale», indique-t-il à Watson par téléphone.» La version des faits du directeur d’UniSEP et celle des activistes propalestinien·nes impliqué·es divergent concernant l’incident qui s’est passé lors d’une manifestation pro-palestinienne et contestataire sur le non-renouvellement du contrat du professeur Titulaire Joseph Daher à l’UNIL.
Sollicité suite à l’incident par Watson, le rectorat de l’université répond qu’il «évalue les éventuelles suites à donner» et rappelle qu’«il y a des règles et des processus pour l’utilisation des locaux de l’Unil, voir la directive 5.1» et que «toute utilisation des locaux est soumise à autorisation».»
Aurélien Demaurex, député vert’libéral au Grand Conseil vaudois, a annoncé vouloir déposer mardi 8 avril «une interpellation demandant au Conseil d’Etat de prendre position sur l’incident en question».
7Avr2025
Politique des hautes écoles
«Le rapport de l’UNIGE sur son rôle politique soupçonné de plagiat»
«Analysant le rôle de l’université de Genève dans le débat public, un rapport de l’institution reprend, sans la citer, une publication d’une chercheuse française. La direction de l’Unige dit prendre «très au sérieux» le risque d’un possible plagiat et va l’examiner «dans les meilleurs délais».» (Le Courrier)
Cette information, dévoilée par le Courrier, jette le doute sur la crédibilité du rapport.» (RTS)
«L’assurance qualité du diplôme européen risque de réinventer la roue»
La Commission européenne envisage de développer le diplôme européen, pierre angulaire du projet d’Espace européen de l’éducation. L’un des principaux problèmes de ce projet est l’assurance qualité.
Selon Peter Lievens, vice-recteur chargé de la politique internationale et de l’interculturalité à la KU Leuven (Belgique), membre de l’alliance Una Europa, l’UE devrait exploiter les outils et l’expertise qui ont fait leurs preuves avant de mettre en place un nouveau système. «Pour s’adapter à ce paysage et éliminer les obstacles à la coopération, nos structures évoluent rapidement. C’est pourquoi nous nous méfions d’une proposition d’assurance qualité interinstitutionnelle pour les alliances, telle qu’elle figure dans la proposition de recommandation du Conseil relative à un système européen d’assurance qualité et de reconnaissance, qui est actuellement examinée par le Conseil de l’UE.
«À ce stade, il est difficile d’imaginer qu’un tel système puisse compléter ou remplacer les processus d’assurance qualité existants. Toute initiative en matière d’assurance qualité pour les programmes conjoints devrait simplifier le paysage actuel ; investir du temps et des ressources dans de nouveaux systèmes et processus non testés risque au contraire de créer des couches supplémentaires de bureaucratie et de perdre l’adhésion des universités. […] Pour que l’enseignement supérieur européen soit réellement inclusif, les barrières doivent être abaissées, et rapidement. Cela signifie qu’il faut apporter des améliorations tangibles, dans le domaine de l’assurance qualité et au-delà, dès que possible, afin d’alléger la charge qui pèse sur les universités et leur personnel.»
«Analyse externe achevée : la procédure d’évaluation du FNS au banc d’essai»
«Des expert·es externes ont procédé à une analyse du format de CV et de la procédure d’évaluation du FNS. Leur rapport final livre de précieuses indications et recommandations pour l’optimisation de ses processus.»
Etats-Unis: «Liberté d’expression, anatomie d’une instrumentalisation»
«Symbole de l’identité du pays, le concept se retrouve au cœur d’une bataille des idées globalisées. Entre sa défense absolue face à la censure et la nécessité de réguler les discours de désinformation, le débat s’enflamme.»
Donald Trump a notamment déclenché une série de mesures ciblant les minorités, avant de s’adonner à une purge des termes jugés inadéquats par l’administration fédérale. ««Women», «racism» ou «pollution», «gender», «bias», ou encore «covid» figurent dans une liste de centaines de mots à bannir des sites de l’administration publique, et des recherches scientifiques sujettes à des subventions.
«Pour la sémiologue Cécile Alduy, c’est un glissement dangereux. «Si l’attaque du langage n’est pas suffisante pour fonder la qualification de fascisante, il faut rappeler que tous les régimes fascistes ont opéré une mainmise sur les mots et la capacité de penser par soi-même», analyse la professeure de littérature et de civilisation française à l’Université Stanford, citée par La Croix. Empêcher de nommer les travers et les dysfonctionnements de la société revient selon elle à soumettre le peuple, en «l’obligeant à une pensée unique». Elle précise: «La langue, c’est à la fois ce qui nous permet de penser […], de communiquer, de débattre et donc de construire un espace politique pluraliste, d’écoute et d’échange, où a lieu une confrontation positive des idées.» »
«L’ETH Zurich laisse sans réponse un questionnaire américain sur un projet de recherche»
Le service de presse de l’ETHZ a confirmé avoir laissé sans réponse un questionnaire de l’administration américaine sur un projet de recherche. L’ETHZ «justifie sa décision de ne pas remplir le questionnaire par le fait que les informations demandées «n’ont aucun rapport avec le projet de recherche concerné». De plus, ce type de rapport «ne correspond pas aux pratiques scientifiques habituelles». L’EPFZ ne sait pas quelles seront les conséquences de ce refus de répondre au questionnaire.» (RTS)
«En Suisse il y a un cadre légal qui garantit la liberté académique, et c’est ça qui fait foi pour nous», s’exprime dans Forum Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities. Elle ajoute que swissuniversities n’a pas émis de recommandations de réponse pour le formulaire. L’EPFL indique ne pas avoir reçu de questionnaire.
«A Genève, l’université voit de plus en plus grand»
Le Conseil d’Etat genevois a adopté un crédit d’investissement de 41 millions de francs pour permettre à l’UNIGE d’acquérir et d’aménager un bâtiment actuellement propriété de la RTS. Le projet de loi sera présenté à la Commission des travaux du Grand Conseil et adopté en plénière. Les travaux sont prévus jusqu’en 2031. Sur la même rive de l’Arve, le nouveau Centre des sciences physiques et mathématiques sera terminé en 2032, tandis que de l’autre côté de la rivière un nouvel édifice sera opérationnel en 2027, accueillant les facultés d’économie et de management ainsi que des sciences de la société.
Ces travaux s’inscrivent dans une démarche de rassemblement des activités de l’Université «disséminées à travers la ville», tout en répondant à l’accroissement de la fréquentation de l’Université (plus de 3000 nouveaux membres du corps estudiantin dans la décennie à venir).
Renouvellement d’accréditation européenne pour la HET-PRO
La HET-PRO (Haute Ecole de théologie protestante, à Saint-Légier (VD)) vient de «voir sa reconnaissance européenne confirmée». Elle a obtenu un renouvellement pour cinq ans de son accréditation par l’European Council for Theological Education (ECTE). Il y a quelques mois, l’école avait été accusée de «lieu de radicalisation» par un professeur honoraire de l’UNIL.
La Haute Ecole de théologie espère obtenir cette année son statut de haute école spécialisée, au niveau suisse. «Nous souhaitons avant tout que nos étudiants soient jugés sur la qualité de leur formation et de leur travail, et non sur des considérations administratives», explique David Richir-Haldemann, professeur à la HET-PRO.
Deux jours pour se sensibiliser aux situations de handicap
«Les 8 et 9 avril, dans le cadre de la campagne «UNIGE sans obstacles», deux journées de sensibilisation au handicap sont organisées à Uni Mail. Au programme: ateliers immersifs et rencontres avec des personnes concernées.»
L’Unil dans les médias
«Innovation sociétale: l’Université de Lausanne fédère une dynamique porteuse d’une société plus résiliente»
«Avec son HUB Entrepreneuriat et Innovation, l’Unil favorise des synergies nouvelles entre des étudiants et des acteurs sociétaux et économiques multiples. Une diversité de profils autour d’un même enjeu: innover au service du bien commun.» Anne Headon, directrice du HUB Entrepreneuriat et Innovation de l’Unil, et Emilie Romon Carnegie, responsable de son pôle d’expertise en innovation sociétale sont interviewées par Le Temps à ce sujet.
Revue de presse UNIL 7 avril 2025
4Avr2025
Politique des hautes écoles
Comment l’Europe entend séduire les scientifiques américains et protéger la liberté académique
«La nouvelle responsable de la recherche de l’Union européenne, Ekaterina Zaharieva, s’exprime dans Nature sur les moyens d’attirer les scientifiques américains mécontents et de réduire la bureaucratie liée aux subventions.» Elle affirme qu’«avant même l’arrivée de la nouvelle administration américaine, elle s’était engagé à faire de la préservation de la liberté académique et scientifique une priorité absolue de son mandat, et ajoute : «nous allons même proposer des mesures législatives l’année prochaine.»
Par ailleurs, elle se déclare favorable à une association indienne aux programmes de recherche: «Je pense que nous devrions entamer des négociations sur son association. S’il y a une volonté politique des deux côtés, nous pouvons terminer les négociations en moins d’un an.»
L’Unil dans les médias
«Le petit-fils de Mandela fait le buzz contre Israël dans les universités romandes»
Selon les recherches de la NZZ, Zwelivelile «Mandla» Mandela relaye la propagande du Hamas et entretient des liens avec des autocrates du monde entier. Le 23 mai 2024, «l’association palestinienne de l’université de Lausanne» l’aurait invité à un événement à proximité de l’Université de Lausanne. Selon cette association, l’événement devait initialement se tenir sur le campus, mais a dû être déplacé dans une salle privée en raison de retards d’organisation.
Le lendemain, Mandela s’est également exprimé à l’Université de Genève, à l’invitation de l’association des étudiants musulmans et d’autres groupes. Selon les informations de la NZZ, peu avant la manifestation, l’UNIGE avait reçu un message contenant des informations sur l’orateur. Plusieurs photos y étaient jointes : Sur l’une d’entre elles, Mandela apparaît aux côtés du leader du Hamas Ismail Haniya, tué depuis lors, et sur l’autre, Mandela pose devant un portrait du commandant Kassem Soleimani des Gardiens de la révolution iraniens, lui aussi tué. Le commentaire de Mandela sous la photo : «Nous saluons les héros de la lutte palestinienne». «Malgré cet avertissement, l’Université de Genève a décidé d’accepter la tenue de la conférence.»
«Par mesure de précaution, le responsable de la communication de l’université a assisté personnellement à l’événement. [Il] a alors pu constater une «accentuation très claire du rejet de toute forme d’antisémitisme et d’islamophobie». Les manifestations de Lausanne et de Genève n’ont pas été organisées uniquement par les étudiants, mais ont pu voir le jour grâce à ce que l’on appelle le Forum musulman européen (EMF). Le président de ce forum, un certain Abdul-Vakhed Niyazov, serait un «vieil ami» de Vladimir Poutine et fondateur du groupe «Muslims in support of president Putin».
«L’experte autrichienne en islamisme Nina Scholz, qui s’intéresse depuis longtemps à l’EMF, considère cette organisation comme un instrument de guerre hybride menée par Poutine contre l’Europe et Israël. Pour le Kremlin, il s’agit de renforcer les organisations qui poursuivent des objectifs antidémocratiques et anti-occidentaux.»
Revue de presse UNIL 4 avril 2025
3Avr2025
Politique des hautes écoles
«Horizon et Erasmus débloqués»
«La Suisse va réintégrer l’ensemble des programmes de recherches européens auxquels elle était associée avant le coup d’arrêt de 2021, à la suite de la rupture des négociations bilatérales prononcée par Berne.» (Le Temps) «Les représentants de Berne et de Bruxelles ont paraphé mercredi l’accord sur la participation de la Suisse aux programmes de l’UE. […] Les participants suisses aux programmes pourront obtenir directement des fonds européens et diriger des consortiums avec des organisations des Etats membres de l’UE.» (Le Courrier)
L’«accord sur les programmes de l’UE» fait partie du «paquet d’accords» pour prolonger les bilatérales. Il ne devrait toutefois pas entrer en vigueur avant un éventuel vote positif des Suisses en 2028. Il pourra toutefois être appliqué de manière anticipée dans le domaine de la recherche. «Il s’agit de six programmes qui concernent la recherche en général (Horizon Europe), la mobilité étudiante (Erasmus+), le nucléaire (Euratom et ITER), le numérique (Digital Europe) et la santé (EU4Health). […] Le calendrier varie toutefois d’un programme à l’autre. Horizon Europe, Euratom et Digital Europe entrent immédiatement en vigueur avec un effet rétroactif au 1er janvier, cela pour des questions de financement. La collaboration avec le réacteur thermonucléaire expérimental international (ITER) reprendra en 2026. La participation au programme EU4Health ne sera actée pour sa part qu’avec l’entrée en vigueur du paquet d’accords, au plus tôt en 2028. Quant à Erasmus+, un outil auquel les représentants des étudiants suisses sont très attachés, il faudra attendre 2027. Pour celui-ci, il faudra d’abord régler le problème de son financement. Contrairement à Horizon Europe, il n’est pas encore assuré.» (Le Temps)
«Défendre les sciences sociales»
Dans le contexte américain actuel d’attaque des sciences du climat et des sciences sociales, mais également par rapport à plusieurs polémiques en France, Irène Peireira, sociologue et philosophe, cofondatrice de l’IRESMO, défend les sciences sociales dans les colonnes du Courrier. Elle avance que très souvent, le discours de l’extrême droite sur les sciences sociales consisterait à affirmer que les universités sont remplies de «gauchistes». […] La réalité, c’est qu’à partir du moment où l’on étudie les inégalités sociales et les discriminations sociales – un pan important des travaux en sociologie –, on constate bel et bien l’existence effective d’inégalités et de discriminations.»
Par ailleurs, «une des grandes difficultés pour le grand public, c’est que les résultats scientifiques comme ceux des sciences sociales reposent sur des méthodes qui ne sont pas connues. Ce que l’on voit dans l’espace public, ce sont des résultats. […] Une autre difficulté tient au fait que les sciences sociales, comme d’autres sciences, sont en partie mathématisées à l’aide de statistiques. […] En outre, la statistique conduit à dépasser les exemples pouvant être observés par tout un chacun pour généraliser des résultats. Ce qui veut dire que les résultats statistiques peuvent ne pas correspondre, aux yeux du public, à ce qu’il a l’impression d’observer au quotidien à partir de cas isolés.»
Irène Peireira conclut : «Si l’extrême droite n’apprécie pas les sciences sociales, c’est qu’elles ne valident pas ses thèses en dépit de différentes tentatives.»
«Plus d’un million pour la recherche sur les organes génitaux féminins et sur le cancer»
Deux groupes de recherche lémaniques ont reçu mardi le prix scientifique Leenaards 2025, d’un montant de 1,4 million.
Le premier groupe de recherche dirigé par la Doctoresse Jasmine Abdulcadir (HUG) développe un outil pour mesurer la sensibilité des organes génitaux féminins dans le cadre de l’accompagnement des femmes victimes d’excision. «Le projet bénéficiera à toutes les femmes souffrant de troubles de la sensibilité génitale, domaine où les mesures scientifiques objectives sont encore « largement insuffisantes ». Les personnes présentant des blessures génitales suite à un accouchement ou des affections neurologiques sont aussi concernées.» (RTS)
L’autre équipe de recherche vient de l’EPFL et de l’Université de Genève et est dirigée par le Professeur Li Tang (EPFL). Elle se concentre sur les personnes atteintes d’un cancer résistants aux immunothérapies, se focalisant sur la structure des cellules cancéreuses. «Le groupe de recherche espère ouvrir la voie à de nouveaux traitements plus efficaces en ciblant une vulnérabilité mécanique de ces cellules.» (RTS)
«Pourquoi la science est-elle autant attaquée aux Etats-Unis?»
Le podcast Le Point J de la RTS interviewe Emmanuelle Perez-Tisserand, historienne spécialiste des Etats-Unis et instigatrice du mouvement Stand Up for Science en France sur les raisons des attaques envers la science aux Etats-Unis. La chercheuse explique:
«Il y a un dégraissage massif des emplois fédéraux. C’est une vieille idée conservatrice selon laquelle le gouvernement ne doit pas avoir une place trop grande dans la société et l’économie.» Il y a aussi «une attaque contre la dette publique qui serait, selon les républicains, trop importante, donc il faut réduire les budgets fédéraux.» Les universités sont particulièrement visées, étant vues comme des lieux de production de savoirs critiques pouvant s’opposer à l’agenda conservateur. Les intérêts des industries extractivistes jouent également un rôle, cherchant à minimiser les recherches sur le changement climatique. On peut également inscrire ce mouvement anti-science dans une histoire plus longue, le fait de semer le doute sur le consensus scientifique. C’est ce qu’on appelle les marchands de doutes.
Des dynamiques similaires sont observées ailleurs dans le monde. L’exemple le plus récent est l’Argentine de Javier Milei. Il a coupé un nombre important de financements, notamment dans les sciences humaines et sociales, dans les universités et la recherche, incitant à rechercher des financements dans le privé, ce qui pose la question de l’indépendance scientifique. En Europe aussi, en Hongrie ou en Turquie, des chercheur·euses ont été inquiété·es quant au sujet de leur recherche ou sur le financement des universités.
La recherche mondiale est affectée par cette situation aux Etats-Unis. «Près d’un quart de la recherche mondiale est produite aux États-Unis. Si elle est affectée, c’est tout le système qui est touché.» Certaines opérations de récupération de données sont actuellement en cours pour sauver ce qui peut l’être.
Julia Steinberger, également interviewée dans cet épisode du Point J en tant que professeure, chercheuse et membre du Collectif pour la liberté académique, la démocratie et la solidarité (CLADS), déclare que «les attaques contre la science aux Etats-Unis concernent aussi la Suisse.» Il s’agit de projets de collaboration, de bases de données, d’infrastructures qui sont menacés. Elle ajoute que la science est elle aussi attaquée en Suisse, mais dans ses capacités, c’est-à-dire à travers les coupes budgétaires que subit actuellement le domaine. «Cela va à l’encontre de ce que nous devrions faire, c’est à dire de compenser les pertes aux Etats-Unis», dit-elle.
L’Unil dans les médias
Demande de «création de postes stables à l’UNIL»
En mars 2025, ACIDUL, l’Association du corps intermédiaire et des doctorant·e·s de l’Université de Lausanne, a envoyé un courrier à la direction de l’UNIL afin de demander l’augmentation du nombre de postes pérennes au niveau du corps intermédiaire. Ce courrier, qui a également été envoyé au Conseil d’État vaudois, fait suite au sondage lancé par ACIDUL fin 2023 auprès du corps intermédiaire de l’UNIL, et dont les résultats ont été discutés en 2024 avec les associations facultaires du corps intermédiaire.
Voici les besoins demandés, exprimés par les membres des sept facultés de l’UNIL:
- l’augmentation de postes pérennes, en principe à temps plein, au niveau du corps intermédiaire
- l’autonomisation des postes de MER en FBM
- la révision des cahiers des charges des MER1 afin de leur garantir suffisamment de temps pour la recherche
- la reconnaissance de la valeur des MER1 dans la recherche et l’enseignement à l’UNIL
- la réduction du nombre d’heures d’enseignement pour un temps plein des MER2
- l’ajout de tâches d’enseignement aux cahiers des charges des premiers et premières assistantes, si demandé
- la limitation du recours aux chargé·e·s de cours
- le maintien des postes de MA, avec en parallèle des réflexions sur les processus de stabilisation actuels
Revue de presse UNIL 3 avril 2025
2Avr2025
Politique des hautes écoles
«Qu’apportent les études à l’individu et à la société?»
Dans un commentaire de la Neue Zürcher Zeitung, Stefan Legge, vice-directeur de l’Institut de droit et d’économie à l’Université de Saint-Gall se demande ce que les études apportent réellement à l’individu et à la société, en particulier si elles sont plutôt «un investissement ou un bien de consommation pour les étudiant·es».
Le professeur écrit: «L’État suisse subventionne les études dans une large mesure, notamment dans l’espoir que les diplômé·es gagnent des salaires élevés et fournissent ainsi des recettes fiscales sous-financières. Nous devrions donc examiner dans quelle mesure les études constituent effectivement un investissement rentable. […] Les études n’ont pas seulement été subventionnées par l’Etat, mais elles sont également liées à des coûts d’opportunité substantiels : Pendant de nombreuses années, les gens ont essentiellement renoncé à un revenu du travail et l’Etat a dû supporter des pertes fiscales correspondantes. Beaucoup d’argent a donc été investi.»
Après une brève analyse des données de l’Office fédéral de la statistique (OFS) sur les revenus professionnels bruts standardisés en 2023 pour des emplois à plein temps cinq ans après la fin des études, Stefan Legge ajoute : «Je suis bien sûr conscient que les études peuvent être utiles au-delà du simple calcul financier des coûts et des bénéfices. Mais il est au moins plus difficile de justifier des subventions publiques si le calcul financier n’est pas pertinent. Et elle l’est encore moins si l’on considère qu’environ un tiers des diplômé·es universitaires ne travaillent qu’à temps partiel. […] Nous avons tendance à rendre le fait d’être étudiant·e attractif. On peut douter que cela n’ait que des effets positifs. Les études deviennent aussi un bien de consommation lorsqu’elles procurent du prestige et des moments agréables.»
Finalement il conclut : «La Suisse devrait également se demander si le nombre de 270 000 étudiants est trop élevé et si tous ces jeunes gens investissent au mieux leur temps et l’argent des contribuables qui leur est consacré. Les appels maladroits à «plus d’argent pour l’éducation» ne servent pas à grand-chose. Des économies dans le domaine de l’éducation peuvent également être utiles si l’on considère que les études ne doivent pas être considérées comme un investissement en bloc – et encore moins comme un investissement rentable dans tous les cas.»
- financement public
- politique – Suisse
- rôle des universités
- impact des universités
- retour sur investissement (ROI)
«L’Espagne renforce les règles pour les universités privées»
En Espagne, pour 50 universités publiques, on compte aujourd’hui 46 universités privées. Pour le gouvernement, ce déséquilibre menace l’égalité des chances dans l’enseignement. En effet, les universités privées ne sont souvent ouvertes qu’aux étudiant·es aisé·es, et les diplômé·es du secteur public ne sont pas aussi bien loti·es que ceux·celles du secteur privé. Le gouvernement souhaite désormais renforcer les règles pour les universités privées. Elles devront à l’avenir accueillir au moins 4’500 étudiant·es en cinq ans et répondre à des critères de qualité plus stricts.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 2 avril 2025
«Les soutiens du professeur Joseph Daher maintiennent la pression sur l’Université de Lausanne»
Mardi, une manifestation de plusieurs dizaines de personnes en soutien au professeur Joseph Daher a eu lieu à l’UNIL. «Trois pétitions en sa faveur ont été remises au rectorat: une première signée par 215 membres du corps enseignant de l’Unil, une seconde signée par un millier d’étudiants et étudiantes et une troisième paraphée par plus de 2200 soutiens nationaux et internationaux, issus en grande partie du monde académique. Ces pétitions, portées par le Collectif pour la liberté académique, la démocratie et la solidarité (CLADS), évoquent une « procédure arbitraire » qui « s’inscrit plus généralement dans un contexte politique de pressions et de répression contre les scientifiques » solidaires de la cause palestinienne.» Mercredi, une conférence sur les attaques contre la liberté académique en France et aux Etats-Unis se tiendra à l’UNIL. La conférence est coorganisée par le CLADS. (RTS)
«[Le collectif Camp Unil Palestine] a exigé l’application du rapport d’éthique publié en janvier par l’université, qui préconise une réévaluation de certains accords avec des instituts israéliens et leur suspension temporaire. Puis, il a sommé l’Unil de réintégrer le professeur en histoire et sciences politiques Joseph Daher, récemment licencié.» (Le Courrier)
À Genève également, des étudiant·es propalestinien·nes se sont à nouveau réunis «pour protester contre les massacres de civils qui ont repris à Gaza et pour dénoncer l’absence de prise de position de leur université à ce sujet». «Dans un rapport rendu début mars, un comité similaire à celui de l’Unil avait conclu de son côté qu’il ne fallait pas reconsidérer les collaborations avec les institutions israéliennes. Le rectorat de l’Université de Genève donnera sa position officielle le 24 avril.» (RTS)
Quelques membres du corps enseignant se sont prononcé·es en solidarité avec Joseph Daher. (Le Courrier)
«Lorsque des manifestants ont essayé de s’introduire dans le bâtiment Geopolis, avec une espèce d’immense tranche de pastèque, poussée sur un charriot, [un] agent de sécurité a tenté de leur barrer le passage. Il a alors été pris à partie par plusieurs personnes, qui l’ont fait tomber.» Il s’est tapé la tête par terre et aurait perdu connaissance et dû être emmené dans un hôpital. (20 minutes)
- engagement politique
- direction des hautes écoles
- rôle des universités
- liberté d’expression
- conflit israélo-palestinien
1Avr2025
Politique des hautes écoles
Les principaux défis du paysage FRI d’ici 2035, selon Stefanie Walter
Stefanie Walter, professeure de relations internationales et d’économie politique et co-directrice du Centre de compétences de crise de l’Université de Zurich, désigne les trois plus grands défis de son point de vue.
1. Les effets négatifs des changements géopolitiques
Le changement géopolitique d’un ordre mondial stable et fondé sur des règles vers un ordre mondial plus incertain et fondé sur la puissance n’est pas seulement une mauvaise nouvelle générale pour les petites économies ouvertes comme la Suisse, mais a également un impact direct sur le domaine FRI.
2. Les risques du scepticisme scientifique international…
Le scepticisme grandissant envers les sciences aurait déjà eu des conséquences négatives sur son soutien financier public, notamment aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne. Cela a, selon Stefanie Walter des conséquences sur les collaborations internationales, et il y a également le risque que cette attitude anti-sciences se répande en Suisse.
3. et des opportunités pour une Suisse agissant de manière coordonnée
Les bouleversements massifs à l’étranger offrent la possibilité d’attirer en Suisse des chercheurs de pointe de ces pays. Stefanie Walter plaide en faveur de la création d’un «lieu d’accueil» facile à trouver pour les scientifiques intéressé·es, avec des informations sur les possibilités d’encouragement, les offres d’emploi ainsi que des informations pratiques sur un déménagement et la vie en Suisse.
Grande Bretagne: «la plupart des universités continuent d’utiliser des examens en ligne malgré les craintes de tricherie»
Une étude menée par des experts en intégrité académique révèle que 78 % des universités britanniques utilisent toujours des examens en ligne. Parmi elles, 74 % ont déclaré n’utiliser aucun service de surveillance, tandis que 26 % n’avaient recours à la surveillance ou au contrôle que pour certains de leurs examens, mais pas pour tous. Toujours parmi elles, 70 % des universités ont déclaré qu’elles n’avaient pas l’intention de réduire leur utilisation des examens en ligne, 19 % avaient l’intention de réduire leur utilisation et seulement 3 % avaient l’intention d’éliminer complètement les dispositifs.
Cette absence «généralisée» de surveillance devrait susciter des inquiétudes quant à la «validité de [ces] examens en tant que format d’évaluation et à l’assurance qualité des diplômes qui incluent ces évaluations», affirme l’étude. «La montée en puissance du ChatGPT et d’autres chatbots depuis l’introduction de ces mesures à l’époque de la pandémie a rendu cette question encore plus urgente», ajoute le rapport. De plus, cette absence de surveillance place également les étudiant·es dans la «position paradoxale de devoir travailler dans des “conditions d’examen” à distance, sans que l’université ne tente de les gérer». Un des auteurs de l’étude ajoute : «les étudiant·es sont obligés de choisir : ils trichent ou risquent d’obtenir des notes inférieures à celles de leurs camarades qui ont triché, ce qui a des conséquences sur leur employabilité».
«L’étude demande instamment de mettre fin à un «format d’évaluation qui semble manquer de validité fondamentale et dont les avantages périphériques éventuels sont discutables», et appelle à un retour à une «évaluation authentique» qui pourrait inclure des examens pratiques ou des évaluations orales, et qui pourrait donc être plus résistante à la tricherie.»
Des centaines d’étudiant·es sans passeport américain doivent quitter les États-Unis
Des centaines d’«étudiant·es invité·es» ont reçu un e-mail du ministère américain des Affaires étrangères leur demandant de quitter les Etats-Unis le plus rapidement possible, car leur visa a été annulé. Celles et ceux qui ne quitteraient pas immédiatement le pays devraient s’attendre à «des amendes, une détention et/ou une expulsion».
Cette mesure ferait partie de la campagne «Catch and revoke» du ministre des Affaires étrangères Marco Rubio. Il avait annoncé début mars qu’il allait utiliser l’intelligence artificielle pour évaluer les comptes de médias sociaux et autres données d’environ 1,5 million d’étudiant·es étranger·ères inscrit·es dans les universités américaines. Les étudiant·es concerné·es auraient participé à des manifestations pro-palestiniennes ou posté des éléments jugés «problématiques» par le ministère américain des Affaires étrangères.
Appel à des mesures pour lutter contre l’antisémitisme en Allemagne
En Allemagne, le représentant du gouvernement fédéral pour la vie juive, Felix Klein, fait état de «fortes pressions» subies par les étudiant·es juif·ves pour qu’ils·elles se distancient de l’État d’Israël et de ce qui se passe dans la bande de Gaza. Lorsqu’ils·elles s’y opposent ou qu’ils·elles signalent des incidents antisémites, ils·elles se heurtent souvent à l’indifférence. Felix Klein donne quelques pistes pour lutter contre l’antisémitisme, en particulier dans les universités, où il appelle à un renforcement de l’intervention des services de protection de la Constitution.
«Je constate que des mesures sont déjà prises dans les universités [comme la mise en place de délégué·es à l’antisémitisme]. Mais il faudrait proposer davantage de formations systématiques. Il en existe déjà sur le thème de l’antisémitisme, mais il en faudrait aussi sur Israël et l’histoire du conflit au Proche-Orient. […] Il manque surtout un institut de recherche sur le judaïsme contemporain. […] Ce serait un excellent signal si le nouveau gouvernement fédéral créait une incitation à enrichir le paysage de la recherche sur la vie juive contemporaine. Je suis convaincu que cela aurait également des effets positifs à long terme sur la lutte contre l’antisémitisme.»
Félix Klein appelle également à une amélioration de la législation en Allemagne. «Par exemple, le slogan «Mort à Israël», qui nie le droit d’Israël à exister, devrait être punissable. L’appel à la destruction d’un État n’est pas compatible avec les valeurs démocratiques», dit-il. Finalement, il conclut : «Le gouvernement fédéral devrait aborder la question de l’antisémitisme dans les universités de manière stratégique, en collaboration avec les universités et les Länder. Les universités devraient disposer de points de contact fixes auprès des autorités de sécurité afin de pouvoir signaler directement les incidents. Les universités ont également des règles pour d’autres dangers. Un exemple : avant un incendie, chacun sait déjà comment agir si un feu se déclare. Un tel plan de procédure doit également être garanti en ce qui concerne l’antisémitisme.»
Le gouvernement britannique condamne un «dogme woke»
En 2021, à l’Université de Sussex, la professeure de philosophie Kathleen Stock a été harcelée car elle a insisté sur la différence biologique entre les sexes et rejetait le concept d’une identité de genre indépendante de l’anatomie. Elle a finalement dû quitter son poste d’enseignante. Aujourd’hui, le gouvernement lui donne pourtant raison. L’Autorité de surveillance des universités Office for Students (OfS) a infligé à l’Université de Sussex une amende d’un montant de 585’000 livres pour non-respect de la liberté d’expression. L’OfS a été créé en 2024 afin de veiller aux libertés d’expression et académique. C’est un organisme public non ministériel, responsable devant le Parlement. Il reçoit des priorités stratégiques du ministère de l’Éducation, tout en restant indépendant du gouvernement.
- égalité – genre
- liberté académique
- liberté d’expression
- harcèlement moral – mobbying
- politique – Grande-Bretagne
«Le CERN publie l’étude de faisabilité de son futur collisionneur»
Le CERN a clos lundi l’étude de faisabilité du Futur collisionneur circulaire (FCC), un anneau de 91 km de circonférence à une profondeur moyenne de 200m qui succèderait à l’actuel LHC (27 km de circ.). La décision d’approbation de construction du FCC est prévue pour 2027 ou 2028, avec une fin des travaux d’ici à 2045. Le coût estimé est d’environ 15 milliards de francs. La majeure partie du financement proviendrait du budget annuel actuel du CERN.
De nombreuses critiques dénoncent un projet «énergivore, trop cher et délétère pour l’environnement» alors que les potentielles retombées scientifiques ne sont pas certaines, en plus d’un coût élevé qui pourrait contraindre à l’abandon d’autres projets de recherche. De l’autre côté, le physicien de l’Université de Zurich qui siège au comité des directives scientifiques du CERN, Gino Isidori, défend le projet. «Il ne s’agit pas seulement de découvrir une nouvelle particule, mais de comprendre quelque chose de tout à fait fondamental: le mécanisme de Higgs, unique en son genre. Ce mécanisme explique comment toutes les structures de l’univers acquièrent leur masse», explique-t-il. «Avec le FCC, l’Europe conserverait sa position de leader mondial de la recherche sur les particules.»
Etats-Unis: Les membres des académies nationales lancent un avertissement
Une lettre au peuple américain a été rendue publique hier, signée par plus de 1800 membres des 3 académies nationales de sciences, ingénierie et médecine (NAS, NAM et NAE), en faveur de l’indépendance de la recherche scientifique. «Nous demandons à l’administration de cesser son attaque massif contre la science américaine et nous invitons le public à se joindre à cet appel. »
Leading Houses : attribution des mandats pour la coopération bilatérale FRI 2025-2028 de la Suisse
«Pendant la période de financement 2025-2028, la Confédération continuera d’encourager la coopération dans le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation (FRI) entre acteurs suisses et partenaires extra-européens par le biais de programmes bilatéraux. La secrétaire d’État Martina Hirayama a signé fin mars 2025 des conventions de prestations avec cinq hautes écoles, qui sont ainsi mandatées en tant que Leading Houses pour la mise en œuvre de ces programmes. […] Les programmes de coopération bilatéraux avec des pays partenaires extra-européens sont l’un des instruments servant à la mise en œuvre de la « Stratégie internationale du Conseil fédéral dans le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation».»
L’Unil dans les médias
Le Donut UNIL 2023 : Mesurer les progrès vers une transition durable
«L’UNIL poursuit son engagement pour une transition écologique et sociale avec la publication du Donut 2023, une actualisation majeure depuis la première version réalisée en 2019.»
Revue de presse UNIL 1er avril 2025
31Mar2025
Politique des hautes écoles
«À Berne, des élus font du pied aux cerveaux américains»
Le parlementaire Baptiste Hurni (PS/NE) a déposé à la fin de la dernière session une motion afin d’attirer les chercheur·euses américain·es. Il propose notamment de créer de bonnes conditions-cadres : accélérer les procédures administratives, autoriser les chercheur·euses à accéder aux financements du Fonds national suisse, mais aussi leur offrir une prime à l’installation. La motion est soutenue par des élus du Centre, du PLR, ainsi qu’un MCG (Mouvement citoyens genevois).
Selon Baptiste Hurni, il s’agirait d’un investissement rentable: «Les chercheurs de ce niveau attirent les fonds internationaux. Cela permet d’engager des équipes, y compris et en priorité des chercheurs suisses. Ces derniers ne seraient donc aucunement prétérités.» «Renflouer les équipes est d’autant plus important en ce moment», à cause de tensions autour de la non-association complète au programme Horizon Europe, qui ont fait fuir quelques scientifiques.
Les rectorats des universités indiquent ne pas avoir changé leur processus de recrutement, ni en avoir l’intention. «Les hautes écoles suisses continueront à suivre leurs procédures établies, indique Martina Weiss, secrétaire générale de Swissuniversities. Les chercheurs des États-Unis sont, comme toute personne intéressée, invités à postuler aux offres d’emploi disponibles.»
L’EPFL, qui connait un tournus important de ses professeur·es, pourrait néanmoins saisir des opportunités américaines au vol. (Le Matin Dimanche)
L’exil des cerveaux américains
Des scientifiques souhaitent que les Hautes écoles et universités suisses accueillent leurs homologues américains visés par des coupes budgétaires massives de l’administration Trump dans la science et la recherche. Une chercheuse américaine sur le climat a récemment quitté son pays pour des raisons politico-financières pour s’intégrer dans un laboratoire d’un compatriote à l’EPFZ.
André Csillaghy, responsable du département de Data Science à la Haute Ecole d’Ingénierie et Techniques Environnementales (FHNW Brugg, près de Zurich) déclare : «Dans beaucoup de domaines, on manque de personnel qualifié. C’est une opportunité de pouvoir avoir plus de personnes qui viendraient ici.» Il préconise le lancement d’un programme national pour accueillir les scientifiques américains, à l’image de celui à l’Université Aix Marseille.
Le gouvernement américain supprime en masse des informations liées à plusieurs thématiques, notamment le changement climatique et la diversité. Des archivistes travaillent à identifier et sauvegarder ces données [voir aussi cet article].
Nathalie Chèvre, de l’Université de Lausanne, avoue de son côté qu’elle s’attèle à sauvegarder les bases de données américaines en lieu sûr, au cas où elles disparaîtraient. Par ailleurs, elle évoque également que la recherche est de moins en moins soutenue en Suisse et en Europe. (RTS)
L’article de Nau.ch traite l’exil de trois chercheurs renommés de l’Université de Yale qui se sont récemment exilés au Canada.
«L’antisémitisme progresse en Suisse romande»
La Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad) a publié son rapport annuel 2024 sur l’antisémitisme en Suisse. Elle «déplore une hausse importante d’actes hostiles envers la communauté juive.» «Face à [cette violence], il n’y a pas de véritable réponse politique», déclare Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la Cicad.
«Les manifestations de soutien aux Palestiniens et les mobilisations des étudiants au sein des universités romandes ont aussi été le théâtre de propos problématiques, selon l’association, qui cite le slogan controversé «From the river to the sea, Palestine will be free». Elle le considère comme «un appel à l’abolition de l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif».» (Le Temps)
L’Unil dans les médias
«Pas si facile de partir en séjour étudiant»
Plusieurs membres de l’Université expliquent au Temps les potentielles difficultés et freins à l’organisation d’un séjour universitaire de mobilité. Chaque année, plus d’une vingtaine d’étudiants de l’UNIL renonceraient à leurs projets d’échange.
«Certains étudiants nous contactent parce qu’ils ne trouvent pas d’informations sur les équivalences de cours, les demandes de bourses, les délais à respecter, observe Myriam Schneider, secrétaire générale de la Fédération des associations d’étudiant·e·x·s (FAE) de l’Université de Lausanne (Unil). C’est vrai que les cours choisis à l’étranger peuvent ne pas être reconnus ici, les crédits universitaires être calculés différemment, les dates de début de semestre ne pas être synchronisées… Il faut très bien faire son planning pour s’assurer que tout fonctionne.»
Actuellement un rapport est en consultation à l’attention du Conseil fédéral, proposant de réduire le forfait fédéral à 10% pour la mobilité internationale dans l’éducation et la formation. «De telles coupes réduiraient les chances de faire un séjour pour ceux qui ont moins de moyens financiers», avertit Olivier Tschopp, directeur de Movetia, agence nationale pour la promotion des échanges et de la mobilité dans le système éducatif. «Tout un pan de la population estudiantine n’envisage pas ces séjours parce que sa situation financière ne le lui permet pas. Elle doit travailler à côté pour vivre et craint de ne pas retrouver son emploi ni son logement à son retour», détaille Cédric Rychen, directeur du Service des affaires sociales et de la mobilité étudiante de l’Unil. «Réintégrer Erasmus+ signifierait toutefois une offre plus importante, des facilités administratives et des moyens financiers plus importants», note Olivier Tschopp.
Olivier Tschopp et Lukas Graf observent finalement depuis le covid une tendance, en Suisse et à l’étranger, aux séjours plus courts avec formats hybrides, tels que des Blended Intensive Programmes, que l’UNIL propose depuis 2 ans.
Revue de presse UNIL 31 mars 2025
28Mar2025
Politique des hautes écoles
Faire accéder les réfugié·es à l’enseignement supérieur pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée
«Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) et swissuniversities, la Conférence des recteurs des hautes écoles suisses, veulent ouvrir l’accès à l’enseignement supérieur en Suisse aux réfugiés qui ont le potentiel nécessaire, et contribuer ainsi à lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Cinq projets, proposés par les universités de Bâle, de Lausanne et de Lucerne, par la Haute école spécialisée du nord-ouest de la Suisse (FHNW) et par la Haute école pédagogique de Lucerne (HSLU), ont été sélectionnés pour la première phase du programme pilote.»
«Les universités européennes offrent l’«asile scientifique» aux chercheurs américains fuyant les coupes budgétaires de Trump»
Les universitaires américains qui espèrent échapper au gel des financements et à l’imposition d’une idéologie sont activement recrutés par des universités aux Pays-Bas, en Belgique et en France. (The Guardian)
Selon un sondage du magazine Nature (p=1600), 75% des scientifiques américains envisagent de quitter le pays. Beaucoup d’entre eux ont déclaré qu’ils cherchaient un emploi en Europe et au Canada.
«L’avenir du CERN est important pour la science et la coopération internationale»
Le Conseil du CERN va maintenant devoir prendre une décision difficile. À moins que certains pays n’injectent des fonds importants, le financement du Future Circular Collider (FCC) incertain. Mais attendre trop longtemps pourrait signifier qu’il y aura un grand écart entre l’ouverture de la nouvelle installation et la fermeture du Large Hadron Collider (LHC), et qu’une expertise précieuse pourrait être perdue.
Même si les physicien·nes ne sont pas d’accord sur ce que le CERN doit faire, ils et elles sont presque tous soucieux de l’avenir du laboratoire et doivent maintenant, avec leurs dirigeant·es, expliquer pourquoi les contribuables européens, qui financent la majeure partie du budget annuel du laboratoire, devraient eux aussi s’en préoccuper. Les enjeux dépassent le cadre de la science, et même celui de l’Europe.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 28 mars 2025
27Mar2025
Politique des hautes écoles
La HES-SO adopte ses objectifs pour les années 2025-2028
«La HES-SO Haute école spécialisée de Suisse occidentale et ses sept cantons partenaires ont renouvelé la Convention d’objectifs qui les lie […]. La convention fixe les objectifs de l’institution pour la période 2025-2028. L’attractivité des formations HES pour la société et les milieux professionnels, l’ancrage régional, la responsabilité sociétale et environnementale, ainsi que la recherche d’efficience dans la gestion de l’institution figurent parmi les priorités. »
Luciana Vaccaro reconduite à la tête de la HES-SO
«Le Comité gouvernemental a renouvelé pour quatre ans le mandat de la Rectrice Luciana Vaccaro, lors de sa séance du 20 mars 2025. Ce renouvellement garantit la continuité dans la direction académique et stratégique de la HES-SO jusqu’au 30 septembre 2029.»
Hausse du nombre de médecins insuffisante pour combler les besoins
Le nombre de médecins en Suisse a augmenté de 3,7% en 2024, soit 1502 personnes de plus qu’en 2023. «Cette augmentation est réjouissante, mais bien trop faible pour combler le manque de médecins», commente aisni la Fédération des médecins suisses (FMH) selon sa dernière statistique médicale.
«La densité de médecins de premier recours reste trop faible, avec une moyenne de 0,8 équivalent temps plein temps pour 1000 habitants au lieu de 1, comme le recommandent différentes études.» (RTS) A noter que «la répartition des médecins reste très inégale sur le territoire. Les grandes villes bénéficient d’une forte présence médicale, notamment en ce qui concerne les spécialistes» alors que des «disparités régionales sont marquées: l’objectif de 1,0 est atteint dans les zones urbaines, tandis qu’il chute à 0,4 dans les régions rurales» (medinside.ch).
«Si le nombre de médecins a augmenté, les taux d’occupation ont diminué et il est devenu rare de travailler 60 heures par semaine ou plus.» (RTS) La charge de travail moyenne diminue donc progressivement: elle est passée de 8,9 demi-journées par semaine en 2014 à 8,6 en 2024 (medinside.ch). De plus, les médecins souhaitent de plus en plus exercer à temps partiel et dans des cabinets de groupe.
«Pour remédier à la pénurie de médecins de premier recours et à la dépendance à l’étranger, la FMH demande une augmentation du nombre de places d’études et de postes de formation postgraduée ainsi que des conditions cadres propices.» (RTS) Néanmoins «tous les acteurs du système de santé ne partagent pas le point de vue de la FMH selon lequel la Suisse manquerait de médecins. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) souligne que le pays affiche déjà une densité médicale très élevée en comparaison européenne», avec 4,74 médecins pour 1’000 habitants en Suisse. Selon des économistes de la santé «une simple augmentation du personnel ne suffit pas: il faut améliorer l’efficacité du système et repenser ses structures». Ils craignent en effet une possible surabondance et une hausse des coûts (medinside.ch).
«L’université peut-elle me refuser l’entrée à cause de ma dyslexie?»
La Constitution suisse interdisant la discrimination des personnes handicapées, les cantons doivent prendre des mesures «que requièrent la prévention, la réduction ou l’élimination des inégalités». Ils sont néanmoins libres de décider comment et sous quelle forme ils le font.
Cependant, le Tribunal fédéral «qualifie un supplément de temps de mesure fondamentalement appropriée pour la compensation des désavantages». «[U]ne université ne peut pas refuser catégoriquement un supplément de temps lors de l’examen d’entrée, même sans réglementation spécifique dans un décret. Elle doit plutôt examiner dans chaque cas concret si le but de l’examen peut également être atteint avec un supplément de temps.» Selon le Tribunal fédéral, les facilités formelles d’examen accordées aux personnes handicapées peuvent également être «de pauses plus longues ou supplémentaires, d’un examen plus structuré, d’un examen en plusieurs étapes, d’autres formes d’examen ou de l’utilisation d’un ordinateur».
Départ de la directrice Angelika Kalt après 17 années au FNS
«Une page se tourne au FNS avec la retraite de sa directrice Angelika Kalt. Durant ces dernières 17 années, elle a joué un rôle central dans le développement de l’institution et la maîtrise de ses défis. […] Sa succession sera assurée par une co-direction. À partir du 1er avril, Katrin Milzow et Thomas Werder Schläpfer se partageront les tâches à la tête de l’institution. Tous deux sont déjà membres du Comité de direction, elle en tant que responsable du Développement de la recherche, lui comme responsable de l’Encouragement de la recherche.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 27 mars 2025
26Mar2025
Politique des hautes écoles
«Inquiétudes pour l’Institut du fédéralisme»
Alors que l’Institut du fédéralisme (IFF) de l’Université de Fribourg est privé de tout financement de la Confédération depuis la fin d’année 2024, ses responsables seront auditionnés jeudi par la Commission des institutions politiques (CIP) du Conseil national. En discussion, une loi fédérale spécifique lui garantissant un financement de base pouvant atteindre jusqu’à 1 million de francs par an. «L’éventuelle manne fédérale ne servirait en aucun cas aux activités de recherche et de formation, mais serait affectée aux missions de son centre international (IRCC). Ces prestations sont nombreuses, de l’accueil de délégations étrangères à des visites à l’étranger ou à l’accompagnement de projets», détaille Andreas Stöckli, codirecteur de l’IFF depuis 2018. «Les cantons contribuent justement au centre de compétence national, mais les activités internationales ont besoin de la Confédération. Dans le contexte géopolitique actuel, cet instrument de promotion du fédéralisme et de la démocratie est plus que jamais nécessaire», plaide Florence Nater, conseillère d’Etat neuchâteloise.
Plaidoyer pour le journalisme scientifique
Dans les colonnes du Temps, Odile Ammann et Aimée Zermatten, respectivement professeure associée à l’UNIL et chargée de cours à l’UNIBE, dénoncent les dernières restrictions budgétaires affectant la presse scientifique, ainsi que la formation, la recherche et l’innovation. «Elles illustrent la fragilité et l’érosion croissante d’institutions pourtant indispensables à la survie de l’Etat de droit et dont on pouvait penser que la protection, garantie depuis longtemps par la Constitution fédérale, était acquise: la recherche scientifique, d’une part, le journalisme, d’autre part. […] Tant la recherche scientifique que le journalisme ont pour mandat de livrer à nos sociétés démocratiques des informations fondées. Tous deux permettent aux citoyennes et citoyens de mieux comprendre – et, si nécessaire, de remettre en question de manière critique – ce qui les entoure et les concerne.» Les auteures du billet voient une «relation symbiotique» entre science et journalisme, et plaident en conclusion en faveur d’un «partenariat durable entre science et médias, indispensable pour faire face aux défis majeurs qui attendent nos sociétés.»
«Créer des instituts fédéraux» pour la formation de plus de médecins?
Dans les colonnes de l’AGEFI, l’ancien conseiller national (Centre) et professeur honoraire de l’EPFL Jacques Neirynck affirme qu’«il faudrait retirer la formation en médecine de la responsabilité des cantons, tout comme on l’a fait pour la technique et les sciences qui sont à sa base. […] On pourrait donc créer des instituts fédéraux pour former autant de médecins et bien mieux formés que ne peut le faire une université cantonale.» Cette mesure «heurtant de front un des piliers de la Suisse, son fédéralisme», Jacques Neirynck invite à repenser l’adaptation de notre système politique, car «les temps changent et mettent en cause les traditions les mieux établies parce qu’elles furent précieuses et deviennent gênantes.»
«La science n’est ni une religion ni un parti politique»
Dans les colonnes du Temps, la rectrice de la HES-SO et présidente de Swissuniversities Luciana Vaccaro invite le monde universitaire en entier, «des étudiants en bachelor jusqu’aux dirigeants des institutions académiques, à se battre pour la juste place de la science dans notre société».
«La défense de la science au niveau mondial a besoin d’un élan d’une autre amplitude pour contrer cette censure délétère. C’est d’autant plus nécessaire et urgent que la purge actuelle n’est qu’une des expressions, certes spectaculaire, d’un mouvement que l’on a vu croître un peu partout, y compris en Europe: le relativisme, qui place sur un niveau d’égalité la science et la croyance ou les opinions.»
Luciana Vaccaro explique qu’à court terme, il y aurait certainement des opportunités d’accueil des scientifiques américain·es, en s’appuyant par exemple sur des programmes du Conseil européen de la science. La Suisse aurait «beaucoup à y gagner, pour autant qu’elle ne se focalise pas sur une approche comptable de la recherche», précise-t-elle.
«L’avortement n’est pas un sujet de débat» à l’Université de Genève
Un article paru sur le site Renversé dénonce le rapport du comité scientifique de l’Université de Genève sur «le rôle des universités dans le débat public», dont les auteur·trices se disent «déçuexs et choquéexs par son contenu».
L’article signale en particulier la conclusion du rapport. En réponse à la question de savoir si les universités devraient se positionner sur le «débat public», le comité a écrit : «le comité scientifique estime que les universités ne doivent généralement pas prendre position sur des sujets comme la politique pénale ou fiscale, la légalité de l’avortement ou de l’euthanasie, la guerre en Ukraine ou le conflit israélo-palestinien».
Les auteur·trices de l’article accusent ainsi le rectorat actuel: « [le rectorat actuel] rejette l’université comme un espace de recherche, de réflexion appliquée, une institution en lien avec le monde extérieur, un endroit au sein duquel les savoirs permettent une prise de position critique, nuancée et argumentée sur un objet. Le rectorat actuel prouve son oubli de l’histoire en faisant comme si les thèmes sur lesquels il refuse de se positionner n’étaient pas basés sur des luttes sociales et la création du savoir pour y parvenir, mais des questions éthiques privées que chacun.e.x devrait se poser chez soi (et uniquement chez soi). L’université se lisse, et devient un business. Il faut attirer des étudiantexs, des financements, se hisser dans le classement, être un espace de prestige. Et quand l’objectif est de plaire à tout le monde, il faut bien se garder de prendre position et d’affirmer des positions tranchées – même sur des droits humains.»
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- liberté académique
- rôle des universités
- liberté d’expression
- éthique
- conflit israélo-palestinien
Don de 12,7 millions de francs controversé à l’Université de Zurich
Le concessionnaire automobile Emil Frey offre 12,7 millions de francs à l’Université de Zurich (UZH) pour la création d’un nouveau centre de recherche sur la mobilité individuelle. Baptisé UZH Center for the Future of Personal Mobility, il sera rattaché à l’Institut de gestion d’entreprise de la Faculté des sciences économiques. Il y sera notamment étudié les effets de la politique des transports et du climat, les propulsions et carburants alternatifs, les concepts de mobilité innovants, l’infrastructure pour le chargement et le ravitaillement, le rôle des véhicules autonomes, les offres de partage et les services de transport basés sur des applications.
«Quelle sera la crédibilité de la recherche aux yeux du public si elle a été cofinancée par une entreprise qui a un intérêt économique dans les résultats?», demande Markus Müller, professeur de droit public et administratif à l’Université de Berne. «Le thème de la circulation individuelle des personnes est important et doit être étudié surtout dans le contexte de la politique climatique, mais pas avec le soutien financier d’une entreprise de distribution automobile», affirme-t-il.
Marc Chesney, professeur émérite de finances au Department of Finance de l’UZH est du même avis : «En principe, une telle somme se fait au détriment de l’indépendance», déclare-t-il. Selon lui, la transparence est importante et une publication du contrat entre l’université et l’entreprise Emil Frey serait utile. Il ajoute qu’à l’heure du réchauffement climatique, il faudrait plutôt encourager la recherche sur la mobilité publique.
Depuis 2018, l’UZH publie les dons et les contributions de sponsoring de plus de 100’000 francs pour les chaires de fondation dans une liste transparente. L’ordonnance de l’UZH sur la collecte de fonds stipule que les contributions de sponsoring ne doivent pas «porter atteinte à la liberté de la recherche et de l’enseignement» ni «compromettre la réputation et la crédibilité de l’université».
Emil Frey sera membre du conseil consultatif externe pour le centre de recherche, qui sera composé de représentant·es de l’académie et d’autres spécialistes. Le conseil consultatif conseillerait par exemple le centre dans la mise en œuvre des résultats de recherche.
Sur 738 chaires à l’UZH, 26 sont aujourd’hui financées par le secteur privé. Avec 65 millions, l’UBS finance cinq chaires de la faculté des sciences économiques.
«La Suisse reste le pays à déposer le plus de brevets par habitant»
Selon le bilan annuel de l’Office européen des brevets (OEB), la Suisse a déposé 9966 demandes de brevet en 2024 (hausse de 3,2% par rapport à 2023), ce qui la classe au 3e rang en Europe et au 7e rang mondial. La Suisse est le pays qui a déposé le plus de demandes par habitant·e. Elle enregistre sa quatrième année consécutive de croissance. Au total, l’OEB a enregistré près de 200’000 demandes de brevets du monde entier.
«En Suisse, c’est le secteur de la technologie médicale qui a déposé le plus de demandes de brevets, avec 1045 dépôts. […] Le deuxième domaine technologique pour les inventions suisses est celui des techniques de mesure (908 demandes).» La plus forte croissance des demandes de brevets suisses a été enregistrée dans le domaine de l’informatique (+37,4%). Les brevets liés aux technologies des énergies propres pour des machines et appareils sont également en forte croissance (+21,3%, 813 demandes). (RTS)
«Outre les grandes entreprises, trois établissements d’enseignement supérieur figurent dans le top 30 des déposants suisses: les Ecoles polytechniques fédérales de Lausanne (100 demandes) et Zurich (85), ainsi que l’Université de Zurich (41). En 2024, l’EPFL était classée première université européenne pour les demandes de brevets à l’OEB, l’EPFZ en 3e position et l’Université de Zurich en 10e position.» (RTS) Parmi les entreprises suisses, ce sont Hoffmann-La Roche (710 demandes) et ABB qui déposent le plus d’innovations. (RTS, SRF)
En Suisse, l’arc lémanique compte parmi les régions les plus inventives (Vaud : 1222 demandes, Genève : 1104 ; Zurich : 1272). Selon l’économiste en chef de l’OEB, Yann Menière: «il faut un bel équilibre entre de grosses entreprises, comme Nestlé et Sicpa dans le canton de Vaud, ou Hoffmann-La Roche à Bâle, mais qui n’écrasent pas les autres.» Il salue également le mix, au bord du Léman, entre le milieu académique, avec l’EPFL, et un tissu industriel solide, composé de très nombreuses PME et start-up. Pour lui, les nombreuses interfaces entre les centres de recherche et l’industrie sont l’une des caractéristiques des pays qui ont un bon classement, selon le ratio brevets/population. (24 heures)
Les femmes restent, cette année encore, sous-représentées dans les demandes de brevet. En 2024, 26% de toutes les demandes déposées auprès de l’OEB en provenance de Suisse mentionnaient au moins une femme comme inventeur. Un pourcentage légèrement supérieur à la moyenne des Etats membres de l’OEB (25%). (RTS)
L’Unil dans les médias
«Le savoir, c’est l’ignorance: la science en danger»
Le journal Solidarités écrit que l’attaque généralisée contre la science aux États-Unis s’inscrit «dans une vague mondiale de répression des libertés académiques et d’expression sur les campus». Dans ce cadre, le média interviewe Julia Steinberger, co-rédactrice du GIEC et chercheuse à l’UNIL. Par rapport au «cas de Joseph Daher», elle qualifie le professeur de «bouc émissaire, la proie facile: précaire, d’origine syrienne, ouvertement politique, soutenant les étudiant·es.»
- liberté académique
- politique – Etats-Unis
- rôle des universités
- liberté d’expression
- durabilité et climat
- conflit israélo-palestinien