Le Gouvernement du canton du Jura a validé mardi une collaboration avec l’EPFL: elle aura un représentant permanent dans le Jura dès cet été. Il sera basé au Parc suisse de l’innovation à Courroux. Ses missions seront «de faire connaître aux entreprises jurassiennes les compétences de recherche des institutions du Domaine des EPF, puis de leur mettre ces compétences à disposition tout en contribuant ainsi à attirer et maintenir des jeunes talents dans le Canton du Jura. Le tout dans le but de favoriser l’innovation et tendre vers la diversification du tissu économique régional».
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Filtres des articles
28Mai2025
Politique des hautes écoles
«L’Agence spatiale européenne ouvre une antenne en Suisse»
L’Agence spatiale européenne (ESA) a inauguré hier en Argovie l’European Space Deep-Tech Innovation Centre (ESDI). «Financée par le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (3 millions de francs entre 2023 et 2025), l’ESA (6,4 millions de francs d’apport de départ) et les EPF suisses (7 millions sur quatre ans), la structure souhaite «accélérer l’adoption commerciale et la disponibilité des technologies de pointe (deep-tech) au profit de l’ESA, de ses Etats membres et du secteur spatial européen». Membre fondatrice, la Suisse verse chaque année 190 millions de francs à l’agence.» (Le Temps)
«La deep-tech est complexe, risquée et chère. Mais elle est nécessaire. Dans le domaine spatial, mais aussi pour renforcer les capacités industrielles et l’indépendance technologique du continent», explique Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA (Le Temps) Johann Richard, directeur de l’ESDI, explique que le centre dédié aux technologies de pointe aura une double utilité, faisant le lien entre science pure et applications concrètes, et bénéficiant aussi bien aux astronautes qu’«à monsieur et madame Tout-le-Monde sur Terre». «Cette double utilité rend une technologie particulièrement pertinente sur le plan économique», explique-t-il.(La Liberté)
«La situation américaine est un appel à l’action sur le continent, affirme Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA. Les coupes annoncées auront un impact partout. Également au Japon, au Canada. C’est le moment pour notre continent de se positionner. Nous avons aussi l’excellence académique, mais nous manquons de volonté de diriger. Pourtant, l’Europe est capable de grandes choses. Nous devons avoir le courage et l’ambition de voir grand.» (Le Temps)
Arrivé d’un géant de l’industrie pharmaceutique à Bâle
BeOne Medicines, avec un chiffre d’affaires Chiffre d’affaires de 3,8 milliards de dollars en 2024, transfère son siège à Bâle.
«Bâle est très attractive pour une entreprise de recherche», explique Reto Kessler, Country Manager de BeOne Medicines en Suisse : «Nous avons ici accès à 400 entreprises de biotechnologie différentes et à plus de 30’000 talents dans le secteur des sciences de la vie.»
Le conseiller d’Etat Kaspar Sutter ajoute : « En particulier dans la période actuelle, avec ces tensions mondiales, cette décision montre que nous offrons une sécurité de la recherche et une sécurité juridique ».
«Un futur collisionneur circulaire déjà obsolète»
Un chercheur associé au Laboratoire de sociologie urbaine de l’EPF dénonce l’incompatibilité écologique du projet du nouveau collisionneur du CERN dans les colonnes du Courrier. Il écrit:
«Ni l’invocation du progrès scientifique ni la plus-value de compétitivité pour la région genevoise ne sauraient justifier un projet incompatible avec la transition écologique. Si on ne doute pas des bienfaits pour les avancées de la physique, il est ironique de vouloir percer à jour les débuts de l’univers avec des moyens qui en compromettent l’avenir. Le projet du CERN rappelle la nécessité de comprendre la portée et la responsabilité de nos infrastructures techniques et des économies qui les soutiennent.»
- financement public
- politique – Suisse
- durabilité des universités
- recherche – impact
- durabilité et climat
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 28 mai 2025
27Mai2025
Politique des hautes écoles
La politique d’une «méga-fusion» au sein des EPF
Suite à la réception d’une lettre du ministre de l’économie Guy Parmelin lui demandant de faire un «état des lieux» de sa structure, le Conseil des EPF a lancé le projet Fit for the future, par lequel il souhaite notamment regrouper ses quatre plus petits instituts de recherche en une entité, le «Swiss National Lab».
Les opposant·es des quatre instituts de recherche dénoncent une «méga-fusion», qui comprendrait plus de 4500 collaborateurs sur 12 sites différents dans 9 cantons, avec des thématiques de recherche très diversifiées, allant «de la recherche sur la surface des matériaux aux mesures des inondations, de la protonthérapie pour les malades du cancer au contrôle des eaux usées». Ils et elles craignent également pour leur autodétermination, en plus d’un surplus de bureaucratie et de coûts élevés de fusion.
Le Parlement est également sceptique envers le projet. «En octobre 2023 déjà, la commission de l’éducation du Conseil national a rejeté par 23 voix contre 1 les efforts de fusion du président de l’EPF Hengartner et a exigé que le Conseil des EPF procède à son évaluation structurelle «sans préjuger des résultats»».
Actuellement, les deux EPF ainsi que deux des quatre instituts (le PSI et le WSL) sont «positifs ou plutôt positifs» vis-à-vis du Swiss National Lab. Les deux autres instituts attendent des informations complémentaires concernant la fusion, qui seront disponibles à l’automne 2025. «Malgré l’absence de données de base, le Conseil des EPF a déjà pris une «décision d’orientation» en faveur d’une fusion lors de sa séance des 4 et 5 décembre 2024.» Il «attend de cette fusion des gains d’efficacité en matière de gestion du personnel, d’informatique ou de coordination, ainsi qu’une réduction des doublons dans les thèmes de recherche». Si le projet est mis en œuvre, les quatre directeurs des quatre instituts de recherche devraient siéger à la direction du Swiss National Lab – et seraient ainsi rétrogradés.
«Le Conseil des EPF prendra une décision «probablement en 2026». Les observateurs ne doutent pas que le regroupement sera forcé.» «Le lobbying de l’EPF dans ce cas a été très fort et le processus a certainement été orienté dans une direction dès le début», déclare le conseiller national PLR Christian Wasserfallen
The Economist regrette l’impact de l’assaut sur les sciences aux Etats-Unis
The Economist (accès via la BCU) a publié toute une série d’articles sur les effets de la politique de l’administrative Trump sur les sciences, aux Etats-Unis et ailleurs.
p. 10 «America’s assault on science»
Pendant que le gouvernement Trump s’en prend aux universités d’élite et à la recherche, «des véritables problèmes de fonctionnement de la science en Amérique sont négligés», notamment la bureaucratie: «Les meilleurs chercheurs américains déclarent passer deux jours sur cinq à remplir des formulaires et à effectuer d’autres tâches administratives, plutôt qu’à travailler en laboratoire. La recherche devient de plus en plus incrémentale («incremental»). De nouveaux modes de financement, tels que les loteries, méritent d’être expérimentés. Jusqu’à présent, cependant, la Maison Blanche n’a pas présenté de plans visant à améliorer le fonctionnement de la science. En effet, lorsque les scientifiques ne savent pas si leurs travaux seront encore financés ou s’ils saisissent les tribunaux pour contester la suppression arbitraire de subventions, la science américaine perd de son efficacité, au lieu d’en gagner.» Par ailleurs, les triomphes économiques américains et sa force militaire sont étroitement liés aux succès scientifiques. «En se retirant, l’Amérique cédera du terrain à la Chine autoritaire en tant que superpuissance scientifique, avec tous les avantages que cela comporte.»
p. 37 – «The revolution comes for Boston»
Les politiques du président Donald Trump sur les universités et les réductions proposées par son administration pour le financement de la science menacent non seulement l’écosystème tentaculaire de recherche et de biotechnologie du Massachusetts, mais aussi l’avantage concurrentiel du pays en matière d’innovation, en biotechnologie en particulier.
p. 68 – «The science subsidy»
Par rapport aux retombées internationales, «c’est presque certain que l’Amérique enregistre un excédent scientifique avec le reste du monde, en fournissant beaucoup plus aux étrangers qu’elle ne reçoit en retour», que cela soit par la formation des étudiant·es étrangers·ères, la publication scientifique, la recherche et le développement, la technologie, et le savoir-faire et l’investissement.
«La Chine, qui dépasse déjà l’Amérique dans certains domaines scientifiques, peut espérer tirer parti de cette situation. Pourtant, peu d’étrangers souhaitent faire leur doctorat en Chine. Un système politique fermé ralentit la diffusion des innovations au-delà des frontières internationales. Il en va de même pour la barrière de la langue.» D’ailleurs, «des décennies de recherche sur les clusters économiques montrent qu’elles sont rarement répliquées» ailleurs: «If America’s scientific system sneezes, the rest of the world will catch a cold.»
69 – 71 «Looming disaster»
Le président américain espère réduire le budget des NIH (National institutes of health) de 38 %, soit près de 18 milliards de dollars, celui de la NSF (National Science Foundation) de 4,7 milliards de dollars, soit plus de 50 %, et supprimer près de la moitié de la direction de la mission scientifique de la NASA. «Au total, les réductions proposées pour les agences fédérales de recherche s’élèvent à près de 40 milliards de dollars. Nombre d’entre elles sont déjà passées sous le bistouri», et les coupes «sont plus larges et plus profondes qu’il n’y paraît» à première vue, et de manière plus chaotique et des fournitures de laboratoire sont devenues plus difficiles à obtenir. Selon des documents fuités, la branche recherche de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) cesserait très probablement d’exister et les satellites d’observation de la Terre de la NASA seraient également mis à mal, par exemple.
71 – «Chilling effects»
Des citoyens ordinaires vont être affectés par ces coupes, comme par exemple les fermiers dépendent de prévisions météorologiques fiables, les malades ont besoin de données du CDC sur la distribution et le traitement des maladies, et l’EPA (Environmental Protection Agency) met en place des régulations qui protègent le public de contaminants, et plusieurs agences alertent le public dans le cas des différentes catastrophes naturelles.
«Le gouvernement finira peut-être par comprendre que le fait d’avertir les gens des tempêtes mortelles et de faciliter l’accès aux soins médicaux permet d’aider bien d’autres personnes que les élites. Mais pour l’instant, du moins, il y a peu de signes d’un tel revirement de politique.»
72 «Your loss is our loss»
«An exodus from the world’s scientific superpower beckons.» Le nombre de postulations pour des postes académiques hors des Etats-Unis ont augmenté de manière significative, de 32% sur le site de Nature, et selon un sondage de ce même journal, 75% des scientifiques dans les Etats-Unis envisagent de partir. Par ailleurs, des candidatures de l’étranger ont baissés de 25%, selon les données da Nature, et cette tendance est plus accentuée encore pour les candidatures au doctorat: Sur le site FindAPhD il y a eu 50% de candidatures en mois venant de l’Europe.
Les données du site web Studyportals montrent un intérêt moindre des Américains pour les doctorats nationaux et une augmentation de l’intérêt pour les bourses d’études internationales par rapport à 2024, près de 50% plus de renseignements sur les programmes en Suisse par rapport à l’année passée. Et aussi les personnes des pays non-américains s’intéressent particulièrement aux programmes PhD en Suisse, avec une augmentation de plus de 40% par rapport à l’année passée, ce qui range le pays en deuxième place après l’Australie.
«Et ce n’est pas fini.» La National Science Foundation (NSF), autre grand bailleur de fonds fédéral, pourrait perdre 52 % de son financement. Si le budget est adopté par le Congrès, The Economist estime que plus de 80 000 chercheurs pourraient perdre leurs emplois. «Le financement américain de la science universitaire serait nettement inférieur à celui de la Chine ou de l’Union européenne, après ajustement des coûts.» Et le financement n’est pas le seul problème, mais également l’insécurité actuelle concernant les visas. D’autres encore craignent que le gouvernement s’immisce dans leurs recherches. Kevin Hall, chercheur au NIH, a démissionné en avril après deux incidents : une fois, des membres du gouvernement l’auraient demandé de ne pas utiliser un mot impopulaire auprès des partisans de Trump et une fois il a été empêché de présenter une étude des collaborateurs de Robert F. Kennedy qui auraient édité les réponses aux interviews sans son consentement.
D’autres pays pourraient attirer ces chercheurs américains cherchant à s’exiler, mais «la perturbation nuirait à la science dans son ensemble».
- mobilité scientifique
- politique – Etats-Unis
- mobilité étudiante
- impact des universités
- recherche – impact
Les conséquences des coupes budgétaires américaines envers le NIH
Les conséquences des coupes budgétaires de Donald Trump envers les National Institutes of Health (NIH) ont des répercussions dans le monde entier, y compris en Europe. C’est en effet eux qui investissent de loin le plus d’argent dans la recherche médicale au monde. Ces conséquences pourraient même avoir des impacts sur le long terme.
Alors que «dès son premier jour au pouvoir, [Donald Trump] a imposé une interdiction de communication à tous les collaborateurs des NIH», et qu’«il a ordonné à l’agence de vérifier si tous les projets qu’elle soutient correspondent aux priorités du nouveau gouvernement», actuellement «bien que des millions aient déjà été investis dans leurs études, de nombreux chercheurs doivent maintenant les abandonner ou faire une pause forcée. Selon les données de la plateforme Internet «Grant Watch», plus de 800 projets de recherche sont désormais concernés.»
«Les projets directement stoppés ne sont toutefois que la pointe de l’iceberg – ils concernent environ 1 pour cent de tous les projets de recherche actuellement financés par les NIH. L’ancien directeur de l’Institut de médecine générale des NIH, Jeremy Berg, met en évidence un autre problème, encore plus important: Les NIH accordent actuellement nettement moins de promesses de financement que d’habitude. Alors que l’année dernière, entre janvier et mi-mai, environ 10 milliards de dollars de fonds ont été distribués, cette année, sur la même période, ils ne sont que 7 milliards environ.»
«Si les National Institutes of Health n’ont effectivement pas dépensé une grande partie de leur budget à la fin de l’année, le gouvernement pourrait s’en servir comme argument pour procéder à de véritables coupes budgétaires. C’est en tout cas ce que craignent des observateurs comme Jeremy Berg. Dans une proposition récemment publiée pour le budget de l’année prochaine, le gouvernement a proposé une réduction de 40% du budget des NIH. En outre, il ne devrait plus rester que cinq des 27 instituts des NIH. Les experts s’attendent toutefois à ce que le Congrès rejette la proposition du gouvernement et ne réduise pas ou peu le budget de l’agence de recherche.»
Le chercheur Mathias Jucker parle de «mettre certains projets dans une sorte de mode d’économie d’énergie. On pourra probablement continuer à suivre les patients, mais les essais thérapeutiques tant attendus ne pourront pas commencer pour l’instant. […] Cela a des conséquences pour tous les patients atteints […] Le sable dans les rouages scientifiques retarde le processus de découverte et donc le développement de nouveaux médicaments.»
L’approche du FNS concernant les collaborations américaines et les objectifs de la nouvelle co-direction
«Katrin Milzow et Thomas Werder Schläpfer ont pris les rênes du FNS le 1er avril. Tous deux sont convaincu·es que le FNS est bien armé pour relever les défis à venir grâce à l’engagement de ses collaborateurs·trices.» Leur vision du FNS? «Une organisation d’expert·es, qui continue d’être agile, innovante et efficace, travaillant en partenariat avec le Conseil de la recherche.»
Katrin Milzow explique que l’adaptation historique du FNS est notamment possible «grâce au système de milice». «Nos principes de soutien éprouvés, tels que la compétitivité, la qualité et l’indépendance, restent inchangés. Nous encourageons ainsi la créativité et la flexibilité des chercheuses et des chercheurs. […] Notre objectif est de mettre en place des mécanismes de financement simples, qui s’inspirent de notre conception élargie de l’excellence et favorisent une culture de recherche performante. Cela renforce en effet la résilience de la recherche et, partant, la capacité de notre société à assurer son avenir. L’échange avec des partenaires tels que les hautes écoles, les académies, Innosuisse et le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) joue ici un rôle central. Notre Assemblée des délégué·es constitue également une base solide à cet égard», déclare Katrin Milzow.
Thomas Werder Schläpfer dénonce de son côté le risque actuel de dépendance de l’étranger de notre pays face aux coupes budgétaires proposées par le Conseil fédéral.
Finalement, la nouvelle co-direction souligne que «dans la situation géopolitique actuelle, il est en outre particulièrement important d’anticiper et d’intensifier de manière ciblée la coopération internationale». (snf.ch)
Alors que la base de données du Fonds national suisse (FNS) indique près de 900 projets de recherche liés aux États-Unis, Torsten Schwede, président du Conseil de la recherche du FNS, affirme que tous «se poursuivront sans restriction» du côté suisse. Cela est possible car «l’argent est séparé, même pour les projets communs. Aucun franc suisse de recherche ne traverse l’Atlantique». Si de l’argent venait à manquer du côté américain, le FNS s’assurerait ainsi que la partie suisse d’un projet soit garantie, car sinon les investissements du FNS seraient perdus. Des plans précis de refinancements ne sont toutefois pas encore précisés. «Pour l’instant, il s’agit plutôt de limiter les dégâts que d’avoir vraiment le sentiment que nous pourrions influencer massivement les choses», explique Torsten Schwede. «Attendre de voir ce qui se passe, et réagir si quelque chose se passe.» (SRF)
- coupes budgétaires
- financement public
- politique – Etats-Unis
- politique – Suisse
- innovation
- rapport Gaillard
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 27 mai 2025
«Logo Unil : pourquoi une nouvelle identité visuelle est toujours une question sensible?»
La journaliste du site Cominmag.ch écrit par rapport au nouveau logo de l’Unil que «tout changement visuel est à haut risque émotionnel» et modifier les logos, «voire les abandonner, peut être perçu comme un reniement ou une perte d’héritage.» Par ailleurs, «Quand la refonte n’est pas suffisamment expliquée ou accompagnée, elle donne l’impression d’un caprice de direction ou d’un simple relooking.»
Pourtant, «Une nouvelle identité visuelle permet d’exprimer un repositionnement, une montée en gamme, un engagement sociétal ou une transformation digitale», «aidant la marque à émerger, à affirmer sa personnalité et à occuper un territoire visuel propre», tout en prenant en compte les contraintes de la communication digitale.
26Mai2025
Politique des hautes écoles
«La guerre entre Harvard et Donald Trump»
Jeudi 22.05.2025, l’administration Trump a annoncé qu’elle retirait le droit d’accueillir des étudiant·es étranger·ères à la prestigieuse université privée Harvard, l’accusant d’antisémitisme et d’une prétendue collusion avec le PC chinois.
La ministre Kristi Noem a assorti sa décision choc d’un ultimatum: si Harvard veut retrouver ce «privilège», elle doit fournir dans les 72 heures toute une série d’informations dont elle disposerait sur d’hypothétiques activités «illégales» de ses étudiants étrangers dans les cinq dernières années.
Une juge a provisoirement mis un terme à l’interdiction des étudiants étrangers à Harvard, mais la situation reste précaire.
Près de 1300 étudiants chinois sont actuellement inscrits à Harvard selon les chiffres officiels et près de 300’000 étudient dans d’autres universités aux États-Unis. (20 minutes)
«L’université de science et technologie de Hong Kong (HKUST) a déjà invité vendredi les étudiants internationaux inscrits à Harvard à poursuivre leurs études à HKUST, promettant des «procédures d’admission simplifiées et un soutien académique pour faciliter une transition sans accroc pour les étudiants intéressés»». (Blick)
Mathias Risse, professeur de droits humains et affaire contemporaines à Harvard, avance: «Personne ne nie qu’il y a eu des incidents antisémites à Harvard. […] Mais premièrement, l’université a commencé à les traiter systématiquement bien avant l’arrivée de Trump au pouvoir. Deuxièmement, des études ont montré que l’épicentre de l’antisémitisme aux Etats-Unis se situe clairement dans les milieux d’extrême droite et non dans les universités.» Il accuse l’administration Trump de ne pas se préoccuper de l’hostilité envers les juifs mais de s’en servir comme prétexte ». (Tages-Anzeiger)
Le 24 heures livre un «retour en cinq actes sur cette guerre entre Donald Trump et la plus ancienne et puissante université américaine, depuis le 10 mars. (24 heures)
Pour le semestre d’automne, 12 personnes de l’Université de Saint-Gall se sont inscrits pour un programme d’échange. Et actuellement, 32 étudiant·es de Suisse sont inscrits à Harvard, dont 22 de l’EPFZ, la seule université suisse à avoir un accord de partenariat avec Harvard. Celle-ci suit les derniers développements aux Etats-Unis « avec une inquiétude croissante». Si les échanges internationaux venaient à manquer, la haute école estime que la force d’innovation de la science ainsi que la compétitivité de la Suisse seraient également menacées. (SonntagsBlick)
Dans un commentaire publié dans le Tages-Anzeiger, le journaliste Peter Burghardt estime que les universités de Harvard et de Columbia méritent notre solidarité parce qu’ils s’engagent pour la liberté académique et une société ouverte. (Tages-Anzeiger)
Steven Pinker, professeur en psychologie à Harvard, estime que les universités américaines doivent «se redresser et regagner la confiance du public. Cela semble banal, mais trop souvent les universités ont été guidées par le désir d’apaiser leurs étudiants, d’éviter de se faire des ennemis et de ne pas faire la une des journaux. Nous avons vu comment cela a fonctionné.» Au lieu de cela, les dirigeants des universités devraient être prêts à affirmer l’objectif primordial d’une université – la découverte et la transmission du savoir – et les principes nécessaires à sa poursuite. Les universités ont le mandat et l’expertise nécessaires pour poursuivre la connaissance, et non la justice sociale. La liberté intellectuelle n’est pas un privilège des professeurs, mais le seul moyen pour des êtres humains faillibles d’acquérir des connaissances. Les désaccords doivent être négociés par l’analyse et l’argumentation, et non par les récriminations du sectarisme et de la victimisation.» Il regrette que les opinions conservatrices soient largement surreprésentées à Harvard, mais relativise: «la politique des étudiant·es n’est pas plus imputable à l’endoctrinement des professeurs que leurs cheveux verts et leurs cloisons nasales percées.» (New York Times)
«Recours et soutien pour la ferme de Bassenges»
«Jeudi soir, le collectif des Amiexs de Bassenges a profité de l’événement Vivapoly, organisé par l’EPFL et qui met en lumière les diverses associations du campus, pour dérouler une banderole sur laquelle figurait «L’EPFL s’accapare les terres, Bassenges résiste». A cette occasion, les étudiant·es ont relevé le manque de transparence dont l’université ferait preuve. Leurs critiques portent également sur la politique de l’EPFL vis-à-vis de ses associations estudiantines.»
«Pourquoi les étudiants vaudois et genevois rament autant à l’EPFL»
«24 heures s’est procuré les chiffres de l’EPFL sur les taux de réussite des Romands au bachelor. Des disparités apparaissent selon la durée et les exigences des formations secondaires cantonales. Toutes facultés confondues, ce sont les Jurassiens qui arrivent en tête de ce classement (67,9%), devant les Valaisans (59,5%). Vaud est avant-dernier et Genève a le bonnet d’âne avec 48,4%. Ces deux cantons détiennent le record du nombre de maturités délivrées: 32% des Vaudois et 34% des Genevois de moins de 25 ans en ont une, contre 22% en Valais.»
«Mieux soigner les femmes»
«Depuis un an, l’université de Zurich dispose d’une chaire de médecine de genre, pour sensibiliser les étudiant·es aux différences biologiques, sociales et culturelles entre les sexes, qui influencent santé et pathologies.» Cette branche est désormais obligatoire pour toutes les personnes qui étudient la médecine humaine à l’Université de Zurich.
Aujourd’hui, seule l’Université de Zurich possède en Suisse une chaire en médecine de genre. Toutefois, cette discipline est intégrée dans les cursus des hautes écoles de Lausanne, Genève, Bâle, Berne et Fribourg et est en train de s’établir plus largement dans les hautes écoles. «Ainsi, dans une déclaration d’intention, les facultés de médecine helvétiques se sont récemment prononcées en faveur de la création d’un institut suisse commun pour la recherche dans la médecine de genre. Parallèlement, la Société suisse de médecine et genre a vu le jour en novembre 2024. Pensée comme un organisme interprofessionnel, elle regroupe différents corps de métier liés à la santé et promeut des échanges sur la thématique.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 26 mai 2025
«Gros malaise à l’UNIL après l’annonce d’un nouveau logo pas au goût de tous»
«A peine révélé, le nouveau logo de l’Université de Lausanne est déjà très critiqué, et l’institution aussi. Plusieurs voix y voient le symbole d’une gestion «monarchique». L’institution réfute. Une interpellation à ce sujet sera déposée au Grand Conseil vaudois mardi. […] Le Conseil d’Etat vaudois devra répondre aux questions des élus signataires. L’Exécutif partage-t-il le sens des priorités de la direction de l’UNIL? Que pense-t-il du coût total induit par la modification du logo et craint-il que cette somme manque dans la recherche et l’enseignement? Et plus généralement, quel est son avis sur la gestion de cette démarche par l’université?»
«La Cicad s’implante dans le canton de Vaud»
La Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad) «dispose désormais de locaux – qu’il a fallu sécuriser à grands frais – à côté de la gare de Lausane ainsi que d’une salariée, Dalia Donath, spécialement chargée de la coordination des activités dans le canton de Vaud. Je suis très heureux de savoir que la Cicad va avoir enfin un bureau à Lausanne affirme dans une vidéo l’historien et professeur à l’Université de Lausanne Jacques Ehrenfreud.»
«Pour Jacques Ehrendfreud trois lieux principaux ont été les relais d’une «hostilité inquiétante» : l’université «qui a été un épicentre», le centre de la ville et une partie de la presse romande. Le «problème principal» est pour lui la «passivité de la majorité». «Il s’agit véritablement d’un combat et pour mener ce combat on a besoin de la Cicad à Lausanne.»»
23Mai2025
Politique des hautes écoles
L’administration Trump interdit à Harvard d’accueillir des étudiants étrangers
«L’administration Trump a annoncé jeudi qu’elle retirait le droit d’accueillir des étudiants étrangers à la prestigieuse université privée Harvard, privant d’un moyen de rayonnement important l’institution contre laquelle le gouvernement américain a lancé une vaste offensive.» (RTS : La Matinale : Le journal de 6h, à partir de 8:39 min),
Commentaire de Ryan Enos, professeur à Harvard. (RTS : La Matinale : Le journal de 7h, à partir de 8:29min)
Pour de nombreuses universités américaines, les revenus des étudiants internationaux représentent une part importante du budget – notamment parce que ces derniers paient souvent des frais de scolarité nettement plus élevés que les étudiants nationaux. (SRF)
Savoir et Pouvoir
La RTS présente dans son émission Histoire vivante une mini-série de 5 épisodes sur le savoir et le pouvoir, avec des experts de l’UNIL. L’occasion de la publication de cette série sont les attaques à la liberté des sciences aux Etats-Unis, les réactions en Europe par rapport à cela (c.f. le premier épisode).
- Des scientifiques pour se faire la guerre
- Les sciences en guerre
- L’église, les sciences et les égalités académiques
- Entre foi et raison : Galilée, Lemaître et Darwin et
- La vaccination
- engagement politique
- liberté académique
- politique – Etats-Unis
- politique – Suisse
- rôle des universités
- politique – Europe
Matthias Sulzer : Construire des ponts entre la recherche et l’industrie
Le Conseil des EPF a nommé Matthias Sulzer membre de la direction de l’Empa. Depuis janvier 2025, Matthias Sulzer dirige le département « Sciences de l’ingénierie » de l’Empa et s’occupe de toute la palette des matériaux et technologies pour l’environnement construit.
L’Unil dans les médias
Perturbation pro-palestinienne lors du Dies académicus
Une vingtaine de manifestant·es pro-palestinien·nes ont interrompu le discours du ministre vaudois de l’Enseignement Frédéric Borloz lors du Dies academicus 2025 de l’Université de Lausanne, accusant l’université d’être «complice d’un génocide».
Revue de presse UNIL 23 mai 2025
L’Université de Lausanne s’offre un nouveau logo
L’Université de Lausanne dévoile son nouveau logo à l’occasion du Dies Academicus, la cérémonie annuelle officielle de l’institution.
22Mai2025
Politique des hautes écoles
«Dans le canton de Vaud, le nombre de fonctionnaires augmente deux fois plus vite que la population»
«La question du nombre de fonctionnaires dans l’administration publique vaudoise est particulièrement brûlante, à l’heure où le canton doit faire des économies pour éponger un déficit d’environ 370 millions de francs. Pour une partie de la droite, une cure d’amaigrissement au sein de la fonction publique s’impose. Le 6 mai dernier, les postulats de Cédric Weissert et Fabrice Moscheni, tous les deux membres de l’UDC, étaient soutenus par la majorité de droite du Grand Conseil.
Nouvelle formation à la Haute École de gestion (HEG) de Genève: des cours de préparation au brevet fédéral de «paralegal»
Depuis mars 2025, la Haute École de gestion (HEG) de Genève assure les premiers cours de préparation au brevet fédéral de «paralegal» pour les assistant·es juridiques. Ce brevet répond à la demande de la Fédération suisse des avocats (FSA) d’avoir une reconnaissance harmonisée en Suisse pour les collaborateur·ices juridiques, qui étaient jusqu’alors formé·es sur le terrain. «Un paralegal est un assistant dans un service juridique qui, sans être juriste, est certifié dans les principaux domaines du droit», explique Gordon Aeschimann, codirecteur du cours de préparation au brevet fédéral.
La formation dure une année, avec huit modules comprenant 25 journées de cours, en présentiel, en plus du temps de travail dédié à la préparation de chaque séance ainsi que les travaux à réaliser. La formation coûte 11’600 francs, dont la moitié est remboursée par le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (Sefri) une fois l’examen réussi, «qui coûte lui-même 2250 francs. La plupart des employeurs prennent en charge ces frais.»
Nouvelle manifestation propalestinienne à l’Université de Fribourg
Mercredi midi, une manifestation propalestinienne d’une centaine de personnes, principalement de jeunes adultes, a eu lieu sur le campus universitaire de Fribourg, un an après l’occupation du hall d’un des bâtiments. Les revendications du mouvement sont les mêmes que l’an dernier: «l’université doit cesser toute collaboration avec les universités et hautes écoles israéliennes, reconnaître le génocide en Palestine et accueillir des étudiants et doctorants palestiniens». La manifestation s’est déroulée dans le calme et a été observée par 5 policier·ères, le service de sécurité de l’université «est resté en arrière-plan».
«En ce qui concerne les revendications, [l’université] renvoie à la prise de position commune du rectorat et de la représentation des étudiants AGEF de l’été dernier. Il y est écrit que tous deux «en appellent au respect du droit humanitaire et des droits de l’homme». Le devoir de protection de la population civile est ancré dans ces derniers. En outre, l’université écrit sur demande qu’elle n’a aucune collaboration avec des universités israéliennes qui pourrait être problématique. «Si certains chercheurs souhaitent collaborer avec des collègues d’Israël, cela est protégé par la liberté académique».»
Le FP10 sera «autonome» mais «étroitement lié» au Fonds européen de compétitivité, annonce la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen
«Notre programme-cadre Horizon Europe restera un programme autonome», a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen dans un discours prononcé le 20 mai. Néanmoins il devra être «étroitement lié» au Fonds européen de compétitivité, a-t-elle précisé. Le fonds «offrirait un soutien pour le parcours d’investissement d’un projet, de l’idée au marché, de la recherche au démarrage, à la mise à l’échelle et à la fabrication mondiale», «nous avons besoin d’un flux continu entre la recherche fondamentale, la recherche appliquée, les start-ups et la mise à l’échelle», dit-elle.
Cette annonce intervient «après des mois d’incertitude quant à la structure du Fonds européen pour la compétitivité, qui devrait rassembler les investissements de l’UE dans des secteurs critiques, tels que l’intelligence artificielle, l’espace, les technologies propres, la biotechnologie et la défense». Alors que les député·es européen·nes et les lobbies de la recherche ont défendu l’autonomie du FP10 vis-à-vis de la Commission, les détails de son maintien annoncé ne sont actuellement pas encore précisés.
Ce discours de la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen fixe ainsi un point de départ pour les prochaines négociations. «Le prochain budget à long terme de l’UE devrait débuter en 2028, mais d’ici là, la Commission doit présenter une proposition écrite et convaincre le Parlement européen et les États membres d’une révision complète de la structure du budget de l’UE et de la manière dont il peut contribuer à l’essor des technologies avancées et des innovations.»
«Le Conseil fédéral adopte le message concernant les filières d’études HES intégrant une partie pratique dans le domaine MINT»
«Le 21 mai 2025, le Conseil fédéral a transmis au Parlement le message relatif à la modification de la loi sur l’encouragement et la coordination des hautes écoles (LEHE). Cette modification offre aux hautes écoles la possibilité de proposer dans le domaine des mathématiques, de l’informatique, des sciences naturelles et de la technique (MINT) des filières d’études bachelor intégrant une partie pratique [les PiBS] sur le marché du travail. Cette offre d’études a été testée dans le cadre d’un projet pilote.» Ainsi, «le nouvel art. 25a permet aux titulaires d’une maturité gymnasiale ou d’une maturité professionnelle d’intégrer directement les filières PiBS sans justifier d’une expérience du monde du travail préalable. Il précise également que les filières PiBS durent quatre ans, soit une année de plus que les filières d’études standard. […] Les filières PiBS contribuent par ailleurs à la lutte contre la pénurie de personnel qualifié. […] Le Conseil des hautes écoles de la Conférence suisse des hautes écoles, qui avait examiné le projet de loi avant le début de la procédure de consultation, s’était déjà exprimé en faveur du projet de loi.»
Les meilleures salaires d’Europe pour attirer les scientifiques
Selon Sifted, site soutenu par le Financial Times, «La Suisse se distingue comme le leader de la région en matière de salaires. «Elle possède certaines des meilleures écoles du monde et dispose de nombreuses ressources », explique à Sifted Jaime Llodra, chercheur invité à l’Université de Berne.»» Le même article relativise que les prix en Suisse étaient 37 % plus élevés que la moyenne de l’OCDE, (tandis que les prix aux États-Unis étaient 25 % plus élevés que la moyenne de l’OCDE), et présente une statistique d’Eurostat, qui conclue que Londres et Genève sont les villes les plus chères à louer en Europe. Les loyers des autres villes de Suisse ne figurent pas dans la graphique.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 22 mai 2025
21Mai2025
Politique des hautes écoles
Non-conformité d’une procédure de nomination à l’Université de Genève: la justice pointe «un vice grave»
A l’Université de Genève, en 2019, le directeur du département de linguistique avait demandé au doyen de la Faculté des lettres d’ouvrir une procédure de nomination par appel, afin qu’une professeure de linguistique soit promue professeure ordinaire. Le collège des professeurs de la Faculté des lettres s’est réuni afin de décider de l’ouverture de la procédure de nomination. Elle est rejetée.
La professeure fait alors opposition, invoquant «la promotion du sexe sous-représenté et le respect de l’égalité de traitement entre femmes et hommes conformément à la législation fédérale sur l’égalité». L’UNIGE déclare son opposition irrecevable car l’expression de l’ouverture d’une procédure «n’est pas susceptible de recours selon le droit cantonal genevois».
Aujourd’hui, la décision des juges de la Chambre administrative «valide pleinement les arguments de la professeure. Il apparaît ainsi que l’UNIGE a contrevenu à son propre règlement sur le personnel et que le collège de professeurs est «incompétent» lorsqu’il s’agit de décider d’une nomination.» La décision a également confirmé une violation de la loi fédérale sur l’égalité. Il s’agit finalement d’un «vice grave et manifeste» selon la justice.
«Il s’agit d’un cas très clair de discrimination à la promotion», résume Me Nathalie Bornoz, avocate de celle qui s’est élevée contre le fonctionnement de la faculté.
«Ce que les étudiant·es disent de la réforme de l’EPFZ»
Trois étudiant·es et ancien·nes étudiant·es de l’EPFZ s’expriment sur leurs situations et ressentis durant les études et sur la réforme annoncée par l’EPFZ. Pas entièrement favorables aux nouvelles mesures, tous·tes mettent cependant en avant le même élément : leurs parents les ont largement soutenu·es financièrement durant leurs études.
Un étudiant de 4e semestre de bachelor en ingénierie mécanique parle de dures conditions d’études. Il a étudié tous les weekends et travaillé plus de 60 heures par semaines en «période d’apprentissage» («Lernphase»). Il avance toutefois que les 9 semaines actuelles de phase d’apprentissage estivales ne sont pas nécessaires et que 4 ou 5 semaines suffiraient. Un de ses amis craint une perte de qualité et donc de réputation de la haute école, car étant donné que le temps d’apprentissage sera réduit, la matière sera aussi adaptée. Il est lui-même d’avis que l’EPFZ veillera à maintenir la qualité des cours.
Une ancienne étudiante en architecture, diplômée en 2000 de l’EPFZ, affirme s’être sentie «portée» par «le quotidien structuré de l’EPF», en comparaison à ses études à l’Université où elle était «complètement livrée à elle-même pour toute l’organisation des études». Durant ses semestres d’études, elle a pu travailler comme assistante auxiliaire à la chaire d’architecture solaire. Elle a néanmoins «en quelque sorte manqué deux étés» consacrés à ses études. Bien qu’elle ait été «frappée par le rythme effréné de l’EPFZ lors de son semestre à l’université de Columbia à New York», elle estime que «l’intensité des études est aussi une bonne et importante préparation à l’exercice futur de la profession».
Un diplômé de bachelor en génie électrique et technologies de l’information raconte que ce qui l’a «poussé à la limite, c’est la charge physique : rester assis huit heures par jour à étudier». Mais la matière l’a presque toujours suffisamment intéressé pour qu’il s’y mette volontiers. Arrivant bien à décompresser et veillant à toujours avoir une compensation sportive, l’étudiant estime que cette réforme est pour celles et ceux qui n’ont pas la chance qu’il a, des étudiant·es ayant par exemple des migraines dues au stress. A l’exception de la première année, il a toujours travaillé à côté de ses études, en dispensant des cours à l’EPFZ ainsi qu’en faisant des remplacements. Dans certains cas, il a dû manquer une semaine complète de cours, qu’il lui était possible de rattraper grâce aux longues sessions estivales d’apprentissage. Bien qu’il avance que la réforme soit favorable aux personnes désirant faire leur service civil durant l’été et particulièrement importante pour l’égalité des chances, il y est plutôt opposé : «Je ne serais pas favorable à des examens en cours de semestre, comme le prévoit la nouvelle réforme. Si l’on veut comprendre la matière d’un cours à un certain niveau, il faut beaucoup de temps pour l’étudier.»
EPFZ : plus de vacances pour alléger la charge des étudiant·es et pour une meilleure égalité des chances
Les conditions d’études à l’EPFZ seront passablement réformées, à partir de l’automne 2027 : le nombre de semaines de vacances par année passera de 3 à 10, et les étudiant·es auront à présent droit à une année supplémentaire afin de terminer leurs études.
En comparaison, la HSG accorde à ses étudiant·es un total de 24 semaines sans cours par an (dont une partie est dédiée à des travaux, des préparations et des examens), tandis qu’à l’EPFL, 12 à 14 semaines par an sont complètement libres. Pourtant les étudiant·es de l’EPFL déclarent que le stress est tout de même trop important malgré le nombre de semaines de vacances.
«Dans le cadre de la réorganisation, l’ETH Zurich a examiné et évalué les calendriers académiques et les expériences d’autres universités de premier rang dans le classement mondial […] en règle générale, elles accordent aux étudiants entre 8 et 20 semaines sans cours, préparation et examens.» «Le MIT est une école de pointe, même s’il ne réduit pas les vacances à trois ou quatre semaines», explique le chef de projet Marco Gerber.
Stefan Wolter, professeur d’économie de l’éducation explique que «les études à l’ETH comptent parmi les plus injustes socialement ». «Celui qui n’obtient pas le financement de ses études ne peut généralement pas se le permettre, car il est pratiquement impossible de travailler à côté.» Le professeur d’économie de l’éducation explique également que «des qualités telles que la persévérance et le sens du devoir sont déterminantes pour la réussite professionnelle future», ainsi «les employeurs peuvent compter sur le fait que les diplômés de certaines hautes écoles supportent un niveau de stress élevé».
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 21 mai 2025
20Mai2025
Politique des hautes écoles
«Le rôle actif des unis israéliennes» et la «complicité» des universités occidentales
Selon la chercheuse israélienne Maya Wind, «les universités israéliennes sont l’un des moteurs de la politique coloniale de l’Etat hébreu». Dans son livre Towers of Ivory and Steel. How Israely universities deny Palestinian freedom (2024), elle conclut que «ce que disent les Palestiniens est absolument vrai. Les universités représentent un pilier structurel de l’Etat israélien qui les opprime. Et, au cours des dix-neuf derniers mois, elles ont joué un rôle clé pour appuyer le génocide à Gaza». Selon elle, cette attitude justifie le boycott académique réclamé dans les hautes écoles de Suisse et d’ailleurs.
La chercheuse avance en particulier que les infrastructures des universités israéliennes ont été «planifiées, conçues et construites comme des piliers de la conquête territoriale israélienne – et de son corollaire, la dépossession palestinienne. Leurs campus, stratégiquement situés, ont d’ailleurs été construits directement sur des terres palestiniennes, sous la forme d’enclaves isolées, bordées et clôturées, situées au sommet de montagnes ou de collines.» La chercheuse ajoute que «depuis 1948, les universités israéliennes jouent un rôle clé pour l’industrie militaire et l’armée israéliennes. Dans chacune d’entre elles, il existe des programmes d’études sur mesure pour entraîner la police, les forces de sécurité et les soldats israéliens. On y développe aussi des armes, y compris biologiques.» Finalement, «les facultés israéliennes de droit, d’éthique et de philosophie développent des interprétations du droit international humanitaire visant à justifier le régime d’exception militaire imposé aux Palestiniens et à faciliter l’impunité de la puissance occupante. Dans tous les départements, y compris celui des sciences humaines et sociales, la recherche est subordonnée au projet colonial de l’Etat israélien.»
Dans ce contexte, la chercheuse israélienne Maya Wind affirme qu’en boycottant les universités israéliennes, il est possible de déstabiliser le régime d’apartheid israélien. Elle précise: «Israël en est d’ailleurs conscient, et dépense des millions de shekels pour saboter les mouvements de contestation dans les universités occidentales.» Elle conclut: «Voilà pourquoi il est si important de continuer à construire la mobilisation au sein des universités, à l’image des étudiants suisses. En Occident, nous avons à cet égard une responsabilité particulière, car le système universitaire israélien est lié aux Etats-Unis et à l’Europe sous tous ses aspects – financement, bourses, collaborations académiques, etc. Il faut répéter que toutes les universités qui collaborent avec l’académie israélienne sont directement impliquées dans la violation des droits des Palestiniens et dans le massacre de masse en cours depuis dix-neuf mois.»
Selon le journaliste du Courrier Guy Zurkinden, le constat de la chercheuse «clarifie les enjeux du bras de fer qui oppose, depuis plus d’une année, des centaines d’étudiant·es et de chercheur·ses helvétiques à leurs directions». Il écrit: «D’abord, [le constat de la chercheuse] confirme la légitimité de la revendication d’un boycott académique d’Israël – mais aussi son efficacité, car les hautes écoles y sont totalement dépendantes des collaborations avec leurs homologues occidentales. Ensuite, il bat en brèche les refus et les atermoiements des états-majors universitaires, qui se justifient en invoquant une séparation – de fait inexistante – entre Etat et académies en Israël. Enfin, il confirme le scandale que représente la répression qui s’abat sur les mobilisations estudiantines.»
L’expérimentation animale est-elle encore indispensable en 2025?
«En Suisse, environ 500’000 animaux sont utilisés chaque année pour la recherche. Ce chiffre reste stable depuis 25 ans, malgré les progrès technologiques et le développement de méthodes alternatives. Dans le podcast Zoom Info, la RTS explore comment ces pratiques persistent et quelles sont les alternatives émergentes.»
«En comparaison internationale, y a-t-il trop de fonctionnaires en Suisse?»
A l’image de Donald Trump et Elon Musk aux Etats-Unis, des élus suisses, souhaiteraient tailler dans l’administration publique. Les recommandations du groupe de réflexion libéral Avenir Suisse vont dans ce sens.
L’émission FactCheck de la RTS a fait le point sur la situation et contredit AvenirSuisse sur plusieurs points.
- 11,2% de la population active travaillent pour une administration publique, de la Confédération aux communes, ce qui classe la Suisse dans le tiers inférieur des membres de l’OCDE.
- Entre 2003 et 2023, le nombre de fonctionnaires pour 1000 habitants a diminué de près de 0,3 points, si on prend en compte la population croissante.
- Selon l’OFS, le salaire médian mensuel dans le public est de 8094 francs contre 6510 francs dans le privé. Cela s’explique en partie par le fait que le secteur public emploie des personnes plus hautement qualifiées, souvent plus âgées. «Les salaires publics sont globalement similaires à ceux du privé», est la conclustion d’un rapport de PricewaterhouseCoopers.
- Les salaires publics et privés sont intimement corrélés: «une augmentation de 1 % de la croissance des salaires réels dans le secteur public implique une croissance des salaires dans le secteur privé de 0,3 %. Dans le même esprit, une augmentation de 1 % de l’emploi dans le secteur public permet une croissance des salaires dans le secteur privé de près de 0,3 %.» (Banque Centrale européenne)
Création de la «Fondation pour l’université de Genève» afin de financer la recherche
«L’université de Genève vient de se doter d’une fondation pour la recherche. Créé en mars 2025, cet organisme sans but lucratif entend renforcer l’impact de l’université (Unige) «en matière de recherche, d’enseignement et de services à la cité»». Elle participera notamment au financement de «projets ambitieux qui dépassent les capacités du budget ordinaire de l’Université» et «contribuera aussi à moderniser les équipements de l’institution». La fondation a été créée à la demande de la Fondation Hans Wilsdorf qui financera en grande partie cette nouvelle structure.
Le conseiller scientifique de Donald Trump défend les coupes budgétaires comme une chance de «revitaliser» la science américaine
Lors d’un discours à l’Académie nationale des sciences (NAS), Michael Kratsios, conseiller scientifique du président américain Donald Trump, a défendu les coupes drastiques dans le financement fédéral de la recherche comme une mesure nécessaire pour «revitaliser» la science américaine. Il a affirmé que la communauté scientifique offre un rendement décroissant depuis 1980 et doit apprendre à faire plus avec moins.
Kratsios a critiqué la culture actuelle de la recherche, estimant que les biais politiques et l’accent mis sur la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI) ont sapé la confiance du public envers les universités et détourné la science de sa quête objective de vérité, par exemple le manque d’auto-critique concernant l’enseignement à distance durant la pandémie de COVID-19, qu’il considère comme des preuves du conformisme nuisible à la science, et une affaire de manipulation de données dans le laboratoire du neuroscientifique Marc Tessier-Lavigne, qui est devenu président de l’Université de Stanford après [et qui a démissionné depuis].
Il a également soutenu la réduction des remboursements indirects aux universités et les a incitées à rechercher des financements privés. Bien qu’il ait promis de réduire les lourdeurs administratives imposées aux chercheurs, il n’a donné aucun détail concret.
Kratsios a rejeté l’idée que ces coupes poussent les scientifiques à quitter les États-Unis, affirmant que le pays reste le leader mondial de la recherche scientifique.
«Les diplômes HES offrent un salaire de plus en plus reluisant»
Selon l’étude bisannuelle de la faîtière HES Suisse publiée hier, l’organisme constate que le salaire annuel médian des diplômé·es HES est de 112’852 fr. En Suisse romande, il s’élève à 97’000 francs, contre 92’300 francs il y a deux ans. «Si les domaines de la finance et des assurances dominent toujours, avec un salaire médian annuel de près de 140’000 francs, les branches du social et de la santé affichent de nets progrès (95’000 francs)» (20 minutes), tout en restant néanmoins «nettement en dessous des autres en matière de rémunération des diplômés HES» (Medinside).
L’étude constate également que les salaires moyens des diplomé·es HES sont souvent supérieurs à ceux des diplômé·es universitaires, «en particulier durant les premières années de carrière» (Blick). «Ce sont des salaires respectables, et même plus élevés que lors de la dernière enquête il y a deux ans», déclare Toni Schmid, le directeur de FH Suisse. «Cela montre aussi que les diplômés des hautes écoles spécialisées jouent un rôle porteur dans l’économie suisse et sont bien rémunérés.» (Medinside)
Quelques autres points sont relevés par Blick:
- «Un peu plus de 30% des 11’906 diplômés HES interrogés occupent une fonction de cadre, et environ 67% d’entre eux ont moins de 40 ans.»
- «Les salaires des femmes restent inférieurs à ceux des hommes, comme c’était déjà le cas il y a deux ans – cela, même lorsqu’on filtre les résultats selon la fonction de cadre, le diplôme ou l’âge.»
- «C’est la région lémanique qui affiche les salaires les plus bas – presque 20% de moins qu’à Zurich.»
- «Ce qui ressort particulièrement de l’étude de cette année, c’est l’intérêt nettement accru pour un master consécutif, c’est-à-dire une formation universitaire de type Master of Science ou Master of Arts. Ainsi, 11,7% des participants prévoient de se spécialiser dans leur domaine par ce biais. En 2023, ils n’étaient que 2% à en avoir l’intention.»
- Comme les années précédentes, la volonté de formation continue est plus grande chez les femmes que chez les hommes.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 20 mai 2025
HEC Lausanne devrait être plus ouverte à «une réflexion rigoureuse et profonde sur la diversité de la discipline»
Un étudiant en bachelor d’économie politique et histoire économique, président de Rethinking Economics Genève, demande dans les colonnes du Courrier si les «outils» enseignés à HEC Lausanne sont «réellement dénués de toute idéologie». Il plaide pour des facultés d’économie ouvertes à «une réflexion rigoureuse et profonde sur la diversité de la discipline».
Selon l’étudiant, les modèles de la croissance économique, du marché du travail, de l’offre et de la demande, «faisant office d’outils quantitatifs simples à intégrer» sont enseignés à HEC Lausanne «comme des représentations objectives et universelles de l’économie». Or, selon lui, «ces hypothèses ne sont pas neutres» et les considérer comme des «outils» sans les inscrire dans leur dimension idéologique reviendrait à les inscrire dans «une discipline qui serait quasiment descriptive de lois naturelles», alors que l’économie serait au contraire «une science sociale faite de débats, de courants de pensée et d’approches multiples qui font sa complexité et sa profondeur».
L’étudiant écrit ainsi: «Les modèles enseignés à HEC ne sont certes pas à jeter: ils font partie d’un lot d’instruments que doit posséder un·e économiste dans sa boîte à outils. Mais plutôt que les ériger en vérités dénuées d’empreinte idéologique, reconnaissons qu’ils ne forment qu’une partie d’un ensemble plus vaste d’approches, de perspectives et de théories qui façonnent la discipline économique. Enseignons-les aux côtés d’approches interdisciplinaires telles que l’histoire économique, la sociologie économique ou les méthodes qualitatives. Enseignons les perspectives de l’économie écologiste, institutionnaliste, féministe… avec une rigueur au moins équivalente à celle offerte à l’économie néoclassique.»
19Mai2025
Politique des hautes écoles
Réforme des plans d’études à l’ETHZ: plus de vacances pour les étudiant·es
La santé psychique des étudiants de l’EPFZ s’est détériorée entre 2019 et 2024. Selon un sondage, environ un·e étudiant·e sur sept dit ne pas aller bien, les plaintes les plus fréquentes étant anxiété, problèmes de sommeil, faible estime de soi, symptômes dépressifs, épuisement et désespoir. Ce problème préoccupe la direction de l’institution, qui a annoncé une réforme des plans d’études: dès septembre 2027, de nouvelles grilles horaires et de nouveaux règlements d’examen entreront en vigueur. La principale modification est le passage de trois semaines de congé annuelles à dix : sept en été, la semaine de Pâques actuelle ainsi qu’une semaine supplémentaire en automne et une autre fin février. Cette réforme vise à alléger la de travail des étudiant·es. D’autres mesures sont également prévues: la durée maximale des études est prolongée, et en cas d’échec à un groupe d’examens, il n’est plus nécessaire de tout repasser, mais seulement ce qui était insuffisant. (NZZ)
Il ne s’agit pas seulement de prendre plus de vacances, mais de créer du temps pour des emplois ou des stages. Le recteur de l’EPFZ Günther Dissertori souligne que «le nombre de semaines d’études ne dit rien sur la qualité des études».
Nic Cantieni, président de l’association des étudiant·es, salue la réforme qui «aide à mieux concilier les études avec le travail, la famille et les loisirs.»
L’économie voit cette réforme d’un bon oeil. Le président d’Economiesuisse , Christoph Mäder, estime : «Si les très bonnes connaissances et la très bonne formation des étudiant·es à l’EPF sont complétées par un lien accru avec la pratique, cela ne peut être que précieux, tant pour l’économie que pour les étudiants.
La réception au sein du corps professoral, n’est pas unanime. En effet, «il y a beaucoup de travail à faire pour les départements et les enseignants», souligne Nicolas Gruber, chef du département des sciences de l’environnement, qui salue néanmoins l’extension de la pause estivale. Le mathématicien Thomas Willwacher doute de son côté qu’il soit possible à l’avenir d’enseigner autant de matières en supprimant autant de temps d’apprentissage. Un autre professeur doute également que les études à l’ETHZ puissent maintenir leur niveau.
Le recteur, qui s’attendait «à une plus grande révolte», considère que les réactions sont dans l’ensemble plutôt positives. Il réfute la suggestion du journaliste de la NZZ qu’il s’agit d’une «concession pour la Génération Z», : ««Ils sont super. Et ils sont aussi très résistants». Il ne s’agit pas simplement de donner plus de vacances aux étudiants, dit-il. Les semaines de congé supplémentaires en été sont utilisées pour effectuer des stages ou pour exercer une activité professionnelle. « Ce sont des expériences importantes qui peuvent aussi leur être utiles pour leurs études.»
Les mouvements de protestation au sein des universités comme preuve d’ouverture envers la société
Le journaliste et historien Urs Hafner écrit dans la NZZ que la critique des universités a «une longue tradition» qui ne leur a néanmoins «jamais porté préjudice». Le journaliste réalise ainsi un tour d’horizon historique des critiques vis-à-vis des universités dès le XIIIème siècle, afin d’y inscrire finalement les différents mouvements de protestation actuels ayant lieu dans les milieux académiques suisses. Dans ce contexte, le journaliste écrit que ces mouvements de protestation aspirent à «communiquer avec le public et être ouvertes à la société et à ses préoccupations».
L’historien résume ainsi les critiques envers les universités, qui viennent de gauche comme de droite : «La plupart des motifs de la critique de l’université n’ont guère changé au cours des 800 dernières années»: «l’étudiant qui flâne», «la question de l’utilité» selon laquelle «les hautes écoles n’apporteraient pas d’avantages à la collectivité, mais uniquement à leurs membres aisés» car «les scientifiques ne seraient pas capables de s’exprimer de manière compréhensible, [et] le peuple s’en moquerait de toute façon». Par ailleurs, depuis 1968, «des étudiants et des étudiantes activistes tentent régulièrement de faire bouger leur université. Depuis peu, ils réclament une langue non binaire, des menus végétaliens et, une fois de plus, un positionnement politique.»
Finalement, alors que depuis les manifestations propalestiniennes sur les campus, «les universités ne répondent pas à ces demandes» et «ne veulent ni se positionner politiquement ni restreindre leur liberté scientifique», le journaliste conclut ainsi son article: «Toutefois, les mouvements de protestation sont unilatéraux et politiques. Les étudiantes et étudiants tentent de mobiliser pour leurs objectifs et de marquer le discours sociopolitique. Ils aspirent à ce dont les hautes écoles se vantent depuis une trentaine d’années : communiquer avec le public et être ouvertes à la société et à ses préoccupations. Pas de tours d’ivoire, justement. L’histoire montre clairement que les hautes écoles peuvent se réjouir de la critique – elle ne leur a jamais fait de mal. Elles ont besoin de la société, même si celle-ci ne frappe pas toujours à leur porte avec bienveillance.»
«Le théâtre forum pour dénoncer le sexisme dans la recherche»
La troupe Spe(c)tator explore le sexisme dans la recherche par le théâtre forum. La projet Coffee Machine s’inspire de cas réels liés au monde de la recherche académique. «Ils sont répertoriés et analysés dans l’étude de la professeure Klea Faniko, spécialiste des discriminations et de la diversité, et responsable du Bureau de l’égalité de l’université de Genève. Depuis sa création en 2022, la pièce a été jouée dans des cadres variés, tels le CERN, des organisations internationales, l’université de Genève, l’EPFL, etc.»
Travaillant à l’intersection du social, de l’artistique et de la médiation culturelle, les membres de la troupe voient cette pratique artistique comme un outil de transformation collective, qui dénonce des situations de discrimination et permet le renforcement des capacités des victimes. «Nous n’apportons pas nos propres solutions. Plutôt, nous posons des questions sincères auxquelles nous n’avons pas les réponses», précise Nyan Storey, directeur artistique de Speta(c)tor.
Initiative d’inclusivité dans la progression des carrières managériales en milieu académique
26 professeures, venant de toute la Suisse, ont été sélectionnées pour la participation au programme national de formation H.I.T., «High Potential University Leaders Identity & Skills Training Program – Inclusive Leadership in Academia». Dirigé chaque année par l’université de Zurich en collaboration avec 11 hautes écoles, «ce programme de leadership au féminin se déroulant sur cinq jours entend faciliter l’accès des professeures à des postes de leaders académiques – tels que directrice, doyenne ou rectrice».
Le communiqué de l’UNIGE, précise que «de telles initiatives visent à briser le plafond de verre et à favoriser une meilleure équité et inclusivité dans la progression des carrières managériales dans le milieu académique».
Parmi les sélectionnées se trouvent deux professeures de l’UNIL.
«Une étudiante demande le remboursement de ses frais de cours parce que son professeur utilise l’IA»
Un professeur de la Northeastern University de Boston aux États-Unis a interdit à ses étudiant·es l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA), alors qu’il en a fait usage lui-même afin d’élaborer ses documents de cours. S’en rendant compte, une étudiante a demandé le remboursement des frais pour le cours (8’000 dollars) en déposant une plainte auprès de l’école. Pour l’étudiante, l’utilisation de l’IA par son professeur constituait une violation manifeste des propres directives de l’Université. L’institution a néanmoins rejeté sa demande.
Le New York Times rapporte que l’enseignant incriminé, Rick Arrowood, aurait admis les faits, et qu’il serait désormais d’avis que les enseignant·es doivent être plus transparent·es sur le thème de l’IA.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 19 mai 2025
16Mai2025
Politique des hautes écoles
Confirmation de l’augmentation du financement du CER pour les meilleurs chercheurs mondiaux s’installant en Europe
«La décision du Conseil européen de la recherche (CER) d’accroître son soutien aux chercheurs de premier plan qui s’installent en Europe a été officiellement adoptée aujourd’hui. En plus de ses subventions habituelles, le CER offre un financement de démarrage supplémentaire pour aider les nouveaux boursiers à établir leur laboratoire ou leur équipe de recherche en Europe. Ce financement est désormais doublé, passant d’un million d’euros à deux millions d’euros. Cette mesure s’appliquera dès le concours de subventions avancées du CER, dont l’ouverture est prévue le 22 mai 2025.»
Nature a publié un guide sur les initiatives, en Europe et ailleurs, qui attirent les scientifiques américaines à l’étranger.
Le Conseil européen établit une feuille de route pour l’obtention d’un diplôme européen commun
Les ministres de l’Éducation de l’UE ont approuvé la création d’un label de diplôme européen conjoint, un certificat supplémentaire destiné aux étudiants suivant des programmes de diplôme conjoints entre universités de plusieurs pays, dont au moins deux membres de l’UE. Ce label, prévu pour 2026, représente une première étape vers un véritable diplôme européen.
Un plan en trois phases a été adopté : lancement du label en 2026, évaluation jusqu’en 2028, puis décision en 2029 sur l’introduction d’un diplôme européen complet. Celui-ci nécessiterait des changements législatifs nationaux, rendant son adoption volontaire.
Le label, plus simple à mettre en œuvre, vise à renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur européen. Un laboratoire politique piloté par la Commission sera chargé d’élaborer les modalités du label. Des voix saluent l’approche prudente, qui favorise la coopération transnationale sans compromettre l’autonomie institutionnelle ni la qualité académique.
Ce projet s’inscrit dans la continuité du processus de Bologne et de la volonté de faire de l’éducation une “cinquième liberté” du marché unique européen, selon l’ancien Premier ministre italien Enrico Letta.
En Europe, la pression s’accroît pour que la coopération scientifique de l’UE avec Israël soit réexaminée
Plusieurs universités européennes, dont dix en Belgique (notamment KU Leuven, UCLouvain, Gand et les universités de Bruxelles), appellent à suspendre les liens scientifiques entre l’UE et Israël, face à la crise humanitaire à Gaza. Elles dénoncent le silence de l’Europe face aux violations des droits humains, et jugent cette inaction comme une atteinte à la crédibilité internationale. Ces universités rejoignent une mobilisation académique croissante, avec des pétitions, des ruptures de partenariats et des boycotts. Des pays comme les Pays-Bas, la France et la Finlande envisagent aussi de revoir les accords avec Israël. Toutefois, certains responsables européens, comme le membre du parlement européen Christian Ehler (Allemagne), rejettent ces initiatives, les qualifiant de discriminatoires et insistent sur le maintien de la coopération scientifique. La Commission européenne n’a pas encore réagi.
«Personnel infirmier: Neuchâtel veut en former 1100 supplémentaires»
«Le canton de Neuchâtel prend des mesures cantonales visant à renforcer la formation, l’attractivité et l’exercice de la profession infirmière, en lien avec la mise en oeuvre de l’initiative fédérale. L’objectif est de former 1100 nouveaux infirmiers d’ici à 2032, dont 60% en Hautes Ecoles spécialisées (HES) et 40% en Ecoles supérieures (ES).»
Les étudiant·es propalestinien·nes ont levé leur occupation à Uni Dufour
Les étudiant·es de la Coordination étudiante pour la Palestine cepunige ont levé le camp d’Uni Dufour jeudi soir, occupé depuis mercredi matin. «Jeudi soir, alors que le bâtiment avait été fermé la veille, entre cinquante et cent manifestant·es ont forcé les portes lors d’un rassemblement de soutien à l’extérieur. Mais l’arrivée de plusieurs patrouilles de police a incité une grande partie des occupant·es à ressortir. La quinzaine de personnes restées à l’intérieur ont pris la décision de lever l’occupation dans la foulée.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 16 mai 2025
L’UNIL devient partenaire associé à SAMUELE , un modèle d’auto-évaluation pour les universités qui encouragent l’apprentissage tout au long de la vie
«L’Université de Lausanne est fière de contribuer en tant que partenaire associé à SAMUELE (Self-Assessment Model for Universities Embracing LLL in Europe), une nouvelle initiative cofinancée par le programme Erasmus+. Ce projet rassemble des établissements d’enseignement supérieur européens afin de renforcer la mise en œuvre de l’apprentissage universitaire tout au long de la vie (ULLL).»
15Mai2025
Politique des hautes écoles
FP10: Rumeurs sur un nouveau scénario
Les responsables de la politique de recherche et d’innovation de l’UE s’inquiètent de la fuite d’un nouveau tableau détaillant la structure du Fonds européen pour la compétitivité, qui semble être conçu pour rassembler plusieurs programmes de financement de l’UE – y compris le successeur d’Horizon Europe (FP10) – au sein d’une nouvelle structure de gouvernance.
Selon cet organigramme, la Commission européenne prévoit de créer cinq piliers au sein du Fonds pour la compétitivité :
- numérisation ;
- résilience, défense et espace ;
- transition propre et décarbonisation ;
- santé et biotechnologie ; et
- recherche « blue sky » et carrières.
Les clusters d’Horizon Europe semblent être dispersés dans ces cinq piliers et regroupés avec d’autres programmes existants : Digital Europe, Connecting Europe Facility, le Fonds européen de défense, EU4Health, le programme LIFE et d’autres. Le Conseil européen de la recherche, qui est l’organisme phare de financement de la recherche de l’UE, est également regroupé dans le cinquième pilier de la structure prévue.
Eszter Lakos, membre de la commission de la recherche et de l’industrie du Parlement européen, a fait part de ses vives inquiétudes quant à la structure proposée dans le tableau qui a fait l’objet d’une fuite: «Les inquiétudes les plus pressantes concernent le manque de clarté de la structure de gouvernance et l’absence de composantes essentielles du programme, notamment les infrastructures de recherche, les actions Marie Skłodowska-Curie, l’Institut européen d’innovation et de technologie et la dimension de l’élargissement de la participation», ajoutant que l’autonomie du Conseil européen de la recherche semblait également menacée.
«Trump supprime les exigences en matière de diversité, la Suisse les renforce »
Alors que le président américain supprime actuellement les obligations en matière de diversité, arguant qu’il souhaite une société dans laquelle seule la performance compte et non la couleur de peau, le journaliste de la NZZ Rico Bandle observe que depuis quelques années, la tendance est inverse en Suisse et la diversité compte toujours plus. Le Conseil suisse de l’accréditation mettait la pression sur les établissements d’enseignement pour prendre des mesures en faveur de l’égalité.
Actuellement, la Conférence suisse des hautes écoles est en train de réviser les standards de qualité pour l’accréditation des établissements. Rico Bandle écrit à ce propos: «Dans l’ordonnance actuellement en vigueur, seule la promotion de «l’égalité des chances» et de «l’égalité effective entre hommes et femmes» est inscrite. La «diversité» et «l’inclusion» doivent désormais y être ajoutées, ce qui laisse supposer que ce domaine aura encore plus de poids. Et ceci suscite la question quelle diversité est en question (couleur de peau, de point de vue)
Le Conseil d’accréditation souhaite souligner qu’«Il ne s’agit pas d’introduire des quotas de couleur de peau ou d’orientation sexuelle». Mais dans la politique universitaire, on attache typiquement de l’importance à «une composition diversifiée du corps estudiantin et enseignant. Cela peut inclure des expériences d’immigration, des identités sexuelles différentes ou l’origine sociale éloignée de l’éducation («bildungsferner Hintergrund») ».
Rico Brandle avance que dans les grandes universités publiques, […] le fait qu’une personne moins qualifiée soit parfois prise en compte pour un poste afin de compenser les inégalités entre les sexes n’y est plus inhabituel. Pour les petites universités privées, la situation est différente.» A la Haute école de théologie universitaire (STH) de Bâle, le professeur et responsable du processus d’accréditation Stefan Schweyer estime d’ailleurs que «la liberté de recherche est atteinte par la forte concentration sur les questions d’égalité».
Le journaliste conclut l’article en avançant que «la plupart des tendances sociales se propagent avec un certain retard des Etats-Unis vers l’Europe et la Suisse», et donc qu’il est donc possible que «le mouvement inverse de Trump se produise tôt ou tard» ici en Suisse.
- autonomie – hautes écoles
- égalité – genre
- accréditation
- liberté académique
- langage épicène
- égalité – origine sociale
- égalité – origine nationale
- égalité – orientation sexuelle
- égalité
Le rectorat de l’Unige est occupé
Après Uni Mail la semaine dernière, la Coordination étudiante pour la Palestine (CEP) a organisé une manifestation devant le rectorat à Uni Dufour durant toute la journée d’hier. Une vingtaine de personnes était présente dans la matinée, rejointes par une petite centaine en fin d’après-midi. «Malgré la résistance du personnel de sécurité posté devant la porte, quelque 80 personnes sont parvenues à pénétrer dans le hall de l’université et à monter à l’étage du rectorat.» (Le Courrier)
«Les revendications de la CEP sont inchangées. La Coordination exige du rectorat la mise en place d’un boycott académique vis-à-vis d’Israël, notamment en stoppant les collaborations avec les universités et les institutions du pays. La CEP veut également que le rectorat prenne position publiquement sur le génocide en cours à Gaza.» (Le Courrier)
«On a constaté qu’on avait du mal à avoir un débat sur le fond avec la rectrice qui restait sur sa position, explique un membre du groupe média de la CEP-Unige. Ici, elle aura plus de mal à nous éviter.» «On nous a reproché de déranger les étudiant·es à Uni Mail, ici on ne dérange que les personnes qui décident. On peut dire que nous avons fait un pas vers le rectorat.»
Le rectorat n’a pas été présent de la journée. La seule communication échangée hier a été un email qui prévient que si les étudiant·es ne quittent pas les lieux ils et elles s’exposent à l’intervention de la police et doivent «compter avec le fait qu’une plainte pénale sera déposée et qu’elle ne soit plus retirée». Cette plainte, pour violation de domicile, a été entre temps déposée.
«Il y a une vraie déception, s’exprime Marco Cattaneo, porte-parole de l’UNIGE, car nous avons la volonté d’écouter la communauté, avant de prendre position, et ce genre d’initiative ne facilite pas le dialogue.» (Tribune de Genève)
Ce matin, les manifestant·es se sont réveillé·es sans intervention de la police durant la nuit.
Une étude montre les coûts des restrictions d’accès au programme de recherche Horizon
Selon une nouvelle étude de l’association sectorielle (chimie/ pharma) Scienceindustries, les restrictions d’accès au programme de recherche Horizon Europe de 2021 à 2024 n’ont pas pu être entièrement compensées par des financements supplémentaires du contribuable suisse. Les auteur·ices de la publication évoquent une «perte systémique d’influence et de compétitivité» de la Suisse.
«Suite aux restrictions d’accès de la Suisse au programme de l’UE à partir de juillet 2021, les chercheurs suisses pouvaient certes continuer à participer à des projets collaboratifs d’Horizon, mais le financement devait être assuré par la Suisse. Les chercheurs suisses ne pouvaient plus postuler pour des fonctions de direction dans des projets de l’UE et étaient exclus du prestigieux «soutien à l’excellence» de l’UE via des projets individuels. Tout comme la Ligue des champions en football, le programme de l’UE est considéré dans la recherche comme une scène attractive pour les talents. Cette scène permet de s’exposer, d’établir des contacts, de se mesurer et de faire des expériences.» Les personnes directement impactées par cette restriction étaient issues de milieux universitaires, mais aussi d’entreprises innovantes.
«Sur la base de calculs de simulation de l’UE et d’estimations suisses, il est à craindre, selon l’étude, qu’une limitation à long terme de l’accès au programme de recherche de l’UE ne se répercute pas seulement sur certaines entreprises, mais «sur la compétitivité de l’industrie du savoir dans son ensemble». Le programme de recherche de l’UE Horizon Europe dispose d’un budget total d’environ 95 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Selon les calculs de l’UE basés sur trois modèles économiques, ce programme permettrait d’augmenter la création de valeur dans l’économie européenne d’environ 4 à 11 euros par euro investi jusqu’en 2045.»
Face aux nombreux avantages du programme, «même les Britanniques» ont souhaité participer au programme de recherche européen. Ils et elles ont obtenu pour 2024, par un accord politique, l’accès souhaité en tant que «membre associé» à Horizon Europe.
Depuis début 2025, un accès provisoire pour la Suisse a été mis en place. Il ne suffit toutefois pas «à de nombreuses entreprises en raison du manque de sécurité juridique».
- financement public
- politique – Suisse
- Horizon Europe (anciennement FP9)
- politique – Europe
- recherche – impact
- FP10
Une «dérive idéologique inquiétante» dans les universités suisses
Dans les colonnes du Temps, le secrétaire général de la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad) Johanne Gurginkiel, dénonce une «confusion» et une «dérive idéologique» dans certains milieux militants et universités suisses. Pour lui, les défenseur·euses de l’antifascisme assimilent le sionisme au fascisme, favorisant une «haine du juif».
Il écrit: «Il flotte une détestable et nauséabonde odeur dans les couloirs de certains milieux militants et d’universités suisses. Une odeur de confusion idéologique, de morale à deux vitesses, de colère mal canalisée. En vitrine, l’antifascisme, mais en coulisse, une vieille obsession revient par la porte de service: la haine du juif – pardon, du «sioniste».»
Pour Johanne Gurginkiel, la récente exposition Gaza: un génocide en 4K qui s’est tenue à l’Université de Genève est un «révélateur d’une dérive idéologique inquiétante». «En juxtaposant crimes nazis et images du conflit israélo-palestinien, elle détournait le sens de la Shoah: une manipulation, sorte de «négationnisme moral», qui banalise l’extermination planifiée de 6 millions de juifs. Le rectorat l’a malgré tout présentée comme un exercice de liberté d’expression, tandis que l’Ameug [Association musulmane des étudiant·e·s de l’Université de Genève] et certains milieux antifas s’en sont donné à cœur joie, confortés par le silence des groupes dits «progressistes».» L’auteur du commentaire cite encore d’autres exemples de «confusion idéologique», comme par exemple le cortège «Antifasciste, Antisioniste» organisé à Genève le 12 avril.
Pour conclure, «la Cicad appelle à un sursaut politique, civique et citoyen face à l’antisémitisme, à une vigilance lucide, une pédagogie patiente et une défense ferme d’un débat démocratique respectueux des Mémoires, des faits et de la dignité humaine.»
«L’affaire Crowther continue de couver à l’EPFZ»
Un rapport de l’EPFZ conclut que le professeur en écologie Thomas Crowther de l’EPFZ n’a pas suivi les règles de gouvernance « sur une variété de sujets ». Ce rapport expurgé – qui ne cite pas le nom de M. Crowther mais décrit des détails qui correspondent à son cas – fait également état de multiples allégations de comportement inapproprié à l’égard d’employés. À la suite de ces conclusions, M. Crowther s’est vu refuser la titularisation et quittera l’institution en septembre, à l’expiration de son contrat, a annoncé l’université.
Dans son rapport, l’EPF critique également le fait qu’après la publication d’un article du Tages-Anzeiger en août, le professeur a facturé à cette rédaction les frais de son avocat et de son travail médiatique à l’EPF. L’école supérieure lui aurait fait remarquer à plusieurs reprises qu’il était interdit de faire appel à une agence de communication externe. Dans le rapport de l’EPF, Crowther regrette à cet égard «quelques négligences mineures» et a remboursé l’argent. Selon le récent article du Tages-Anzeiger, «Son offensive de communication a en tout cas porté ses fruits. […] [L]a NZZ a publié un article détaillé qui présentait Crowther comme une victime – mais sans attendre le résultat de l’enquête. Le conseiller en relations publiques du professeur a ensuite écrit dans les médias sociaux, en se référant à l’article de la NZZ, que son client était victime d’un «système institutionnel».»
Un récent article de la NZZ met, par ailleurs, en avant les critiques d’une partie des membres du « Crowther Lab », qui a adressé une lettre de soutien à la direction de l’EPFZ et la direction des ressources humaine. Les auteurs-rices de la lettre reprochent à l’EPFZ d’avoir mené une enquête «peu rigoureuse» et «erronée», qui était n’était ni juste ni neutre. «Cela a créé un environnement d’intimidation, de partialité et de distorsion des faits.»
L’administration Trump veut expulser une chercheuse de Harvard
«Une chercheuse russe, à l’École de médecine de la célèbre université, est menacée d’expulsion vers son pays d’origine qu’elle avait fui pour des raisons politiques.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 15 mai 2025
«Le salut nazi d’un étudiant met le feu à la faculté de médecine de l’Université de Lausanne»
Un photographie prise le 20 février dernier immortalise des étudiant·es en cinquième année de médecine de l’UNIL lors de leur dernier jour de cours. Alors qu’ils et elles «posent en mode joyeux lurons […] l’un d’entre eux oriente son bras d’une manière qui laisse peu de place au doute: c’est un salut nazi, un geste que le principal intéressé n’a, semble-t-il, pas cherché à nier.» L’étudiant en question «a présenté ses excuses à ses camarades dans la foulée de son geste, qu’il a qualifié d’«inacceptable» et sans lien avec ses convictions ni aucune idéologie.»
«Sous le titre «Un salut nazi passé sous silence à l’Université de Lausanne», le site d’information collectif d’extrême gauche renverse.co dénonce, dans un post publié le 6 mai, le «laisser-faire» de l’alma mater, jugé «inacceptable dans le contexte actuel marqué par une augmentation des incidents et agressions racistes en Suisse comme ailleurs.» Regrettant que «les membres de la communauté universitaire impliqué–es dans le mouvement de solidarité envers le peuple palestinien subissent sévèrement la répression» au contraire de l’auteur du salut nazi, les militants de renverse.co jugent l’Université «complaisante envers l’extrême droite décomplexée». En effet, l’auteur du salut nazi n’a toujours pas été sanctionné à ce jour.»
Rappelant que «plusieurs exemples historiques illustrent le soutien et la participation de médecins à des régimes fascistes et nazis», l’Association des étudiantes en médecine de Lausanne (AEML) a demandé à l’UNIL et à la Faculté de biologie et de médecine d’organiser un cours ainsi qu’une conférence publique sur «les relations entre fascisme et médecine dans une perspective historique». L’idée de conférence publique n’ayant pas été retenue, Pierre-Alexandre Bart, directeur de l’Ecole de médecine, «indique avoir contacté Ralf J. Jox, directeur de l’Institut des humanités en médecine, pour organiser une intervention sur cette problématique sous un angle historique et éthique».
«L’affaire a été […] transmise officiellement en début de semaine au vice-recteur de l’Université de Lausanne en charge de l’enseignement, le professeur Giorgio Zanetti. Le conseil de discipline de l’alma mater pourrait être mobilisé, avec à la clé, des sanctions comme un avertissement, une suspension ou une exclusion.»
14Mai2025
Politique des hautes écoles
«Face à l’explosion du chômage, Lausanne parie sur les sciences de la vie»
«Avec une hausse de près de 41% du nombre de chômeurs en seulement deux ans, Lausanne traverse une période délicate sur le plan de l’emploi. Pour inverser cette tendance, la Ville mise sur le développement des sciences de la vie.» Le municipal en charge de l’économie, Pierre-Antoine Hildbrand, évoque notamment l’impact du Biopôle («un véritable moteur de croissance ») et l’arrivée du Swiss Data Science Center au Biopôle [en novembre 2024] ainsi que son nouveau statut d’infrastructure de recherche nationale.
Risques de sécurité pour la recherche
Le Conseil scientifique allemand (Wissenschaftsrat) a déclaré dans un communiqué : «Le tournant international en matière de politique de sécurité pose également des défis fondamentaux au système scientifique et à notre société : les cyberattaques, l’influence et la fuite des connaissances menacent les universités et les instituts de recherche allemands.» Le Conseil «appelle à une sensibilisation accrue et à une gestion professionnelle des risques liés au savoir». Il liste ainsi les menaces actuelles envers la recherche:
- La fuite des connaissances, en citant notamment l’exemple du réseau Khan.
- L’influence indésirable, en particulier des gouvernements. Le gouvernement chinois est cité en exemple, des professeur·es étant signalé·es aux autorités et des autorités annulant certaines activités scientifiques.
- Les dépendances financières et scientifiques. Les collaborations avec les États-Unis sont actuellement inquiétées.
- La violation des principes éthiques de la recherche, en particulier le cas de l’anonymisation des sources dans le contexte de questions de migration par exemple.
- Les partenaires de pays critiques. «La collaboration avec des partenaires scientifiques ou économiques comporte également des risques potentiels. […] Le risque de fuite des connaissances est double.» Des erreurs conscientes peuvent être intégrées à des modèles et des bases de données sensibles peuvent être mises en accès.
Finalement, Conseil scientifique allemand plaide pour une plate-forme nationale pour la sécurité des connaissances, qui devrait être mise en place le plus rapidement possible. «En tant que point de contact central, elle doit soutenir les acteurs scientifiques de manière rapide et non bureaucratique dans l’évaluation des risques liés aux connaissances en leur fournissant des informations complètes.» L’article publié sur wissenschaftsrat.de comporte un schéma qui «résume de manière idéale l’évaluation des risques».
- liens d’intérêt
- espionnage
- cybersécurité
- collaboration hautes écoles – militaire
- risques pour la recherche
- recherche – éthique
- politique
- éthique
Annonce d’occupation du rectorat de l’Université de Genève par des étudiant·es propalestinien·nes
L’association cepunige a annoncé via Instagram son occupation du rectorat de l’Université de Genève à UniDufour durant toute la journée. Un grand rassemblement devrait avoir lieu à 17h.
«Prends tes révisions, ton sac de couchage et rejoins-nous», peut-on lire sur un de leur post Intagram, en dessus d’un «stop à la complicité de l’unige !»
«Le Hamas veut infiltrer les universités américaines»
«Le Hamas a déjà infiltré le système éducatif américain de manière ciblée depuis de nombreuses années» selon Wendy Sachs, réalisatrice du documentaire «October 8», qui a pour thématique la dégénération de l’antisémitisme dès le lendemain du massacre du Hamas. Entretien avec la réalisatrice Wendy Sachs et son producteur et monteur Nimrod Erez.
Pour Wendy Sachs, le fait que les manifestations anti-israéliennes aient commencé un jour seulement après le massacre du Hamas signifie que les étudiant·es étaient au courant du massacre à venir. «En fait, il y a actuellement un procès devant un tribunal fédéral de district à New York, dans lequel cette accusation est examinée», explique la réalisatrice. Pour elle, des personnes liées au Hamas se seraient concertées avec des sympathisant·es en Amérique. «Le Hamas avait un plan depuis des décennies. Il voulait infiltrer les universités américaines. C’est ce que nous expliquons dans le film. Ce n’est pas une théorie du complot. Il y a des déclarations à ce sujet dans la procédure judiciaire en cours», argumente-elle. «En outre, lors des manifestations, on voit des activistes et des adultes, qui sont peut-être aussi payés.»
Selon la réalisatrice, il serait important, pour le Hamas, d’infiltrer des groupes d’étudiant·es «parce que c’est là que commence la formation de l’opinion. C’est à partir des cercles universitaires que l’état d’esprit se propage. […] On commence par les jeunes esprits influençables. Les esprits les plus brillants de l’élite – car ce sont les futurs leaders.»
Wendy Sachs ajoute que le Hamas ou l’Iran ne seraient pas les seuls à soutenir ces groupes d’étudiant·es, il y aurait aussi d’autres organisations telles que la Fondation Soros, la Fondation Rockefeller et d’autres organisations à tendance de gauche.
Finalement, pour Wendy Sachs, Harvard «obscurcit» actuellement son rapport sur l’antisémitisme en publiant en même temps une étude sur l’islamophobie. Pour elle, ces deux problématiques n’ont pas du tout la même portée.
«La politique a la responsabilité de protéger la liberté de la science de l’extérieur ; la science de la faire vivre de l’intérieur.»
La liberté de la science est l’un des acquis les plus précieux des démocraties occidentales. Elle est toutefois actuellement menacée dans de nombreux pays, notamment aux Etats-Unis. «Pour que la science en Europe ne s’égare pas elle aussi sur une pente glissante, il faut que les choses changent ici», écrit un journaliste de la NZZ Sven Titz. Selon lui, «la science doit faire deux choses : d’une part, si elle défend l’indépendance de la recherche face aux gouvernements, elle doit expliquer encore mieux que jusqu’à présent la valeur de la liberté scientifique ; d’autre part, pour sa crédibilité, elle doit veiller davantage à la protection de la liberté scientifique en interne.»
«Depuis longtemps, l’Occident ne remet plus fondamentalement en question la liberté de la science. C’est pourquoi sa vulnérabilité a été quelque peu oubliée», explique le journaliste. Il ajoute que la science manque d’un lobby fort et n’a guère de moyens de pression. En effet, les conséquences de lacunes dans la recherche ne se sentent souvent que des années plus tard. Il complète: «la liberté de la science ne sert pas uniquement à garantir l’utilité de la recherche pour la société. […] La liberté scientifique sert aussi à défendre une culture de la curiosité et de l’usage critique de la raison qui est essentielle pour nos pays.»
Finalement, le journaliste écrit: «L’ouverture des résultats est une caractéristique essentielle de la recherche scientifique, et cela doit rester ainsi. Mais pour pouvoir défendre cette valeur de manière convaincante face à l’Etat, la science doit prouver plus clairement qu’elle fait de la liberté scientifique le critère de son action, même en son sein.»
«Relève et proportion des femmes dans les professions MINT : le Conseil fédéral mise sur les mesures qui ont fait leurs preuves»
«Le 14 mai 2025, le Conseil fédéral a approuvé un rapport sur la promotion de la relève et l’augmentation de la proportion des femmes dans les professions MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et technique). Ce rapport indique qu’un grand nombre de mesures ont déjà été mises en œuvre dans ce contexte et qu’il est prévu de les reconduire. […] Le Conseil fédéral […] considère qu‘il n‘y a actuellement pas lieu d‘agir à l‘échelle fédérale.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 14 mai 2025
13Mai2025
Politique des hautes écoles
Interview sur la liberté de la science et la mise en danger de la démocratie avec des président·es des associations faitières universitaires
Interview sur la liberté de la science et la mise en danger de la démocratie avec Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities et rectrice de la Haute École spécialisée de Suisse occidentale, et Walther Rosenthal, président de la Conférence allemande des recteur·ices d’université.
Luciana Vaccaro et Walther Rosenthal affirment que nous sommes en train de vivre une des plus grandes atteintes à la liberté académique. En Suisse, pour l’instant, l’EPFZ est la seule institution à avoir reçu un questionnaire des Etats-Unis, faisant acte de pression. En Europe, la plus grande menace actuellement est probablement de perdre l’accès à des banques de données très importantes aux Etats-Unis. Bien que les chercheur·euses réalisent des copies de ces bases, «cela ne peut pas remplacer la mise à jour quotidienne de ces bases de données», explique Walther Rosenthal. Luciana Vaccaro affirme: «Nous devons absolument devenir plus souverains. Nous devrions réfléchir en Europe, en tant que continent, à notre propre base de données, à nos propres clouds.»
Actuellement des étudiant·es et chercheur·euses d’Europe ne participent plus aux conférences qui ont lieu aux États-Unis, certain·es n’étant même pas autorisé·es à entrer sur le territoire américain. A l’inverse, des scientifiques américain·es n’ont pas été autorisé·es à venir en Europe.
Alors qu’il y a actuellement plus de demandes de candidatures en provenance des Etats-Unis, Luciana Vaccaro s’attend surtout à ce que «beaucoup moins de personnes de Suisse ou de l’UE aillent aux États-Unis». «Nous devons maintenant veiller à ce que les talents restent ici.» Pour Walther Rosenthal, l’Europe ne devrait pas «mener une guerre des talents» en s’efforçant d’activement attirer des scientifiques américain·es.
Walther Rosenthal affirme: «La science en Europe doit devenir plus attrayante. L’objectif de 3% n’est atteint que dans quelques pays de l’UE. Mais nous avons aussi trop de bureaucratie en Europe.»
De son côté, Luciana Vaccaro déclare: «Nous devons faire trois choses : premièrement, investir davantage dans la recherche, car il en va de notre souveraineté et de notre prospérité. […] Deuxièmement, nous devons protéger la liberté académique. Et troisièmement, nous devons continuer à mener une politique de portes ouvertes. 50% des professeurs des universités suisses sont des étrangers, dans les hautes écoles spécialisées, ils sont 30%. Nous avons un système de concurrence ouvert que nous devons maintenir.» Elle ajoute encore: «Le Conseil fédéral a proposé les mesures d’économie avant que la crise géopolitique ne s’aggrave. Je pense qu’à un moment où la souveraineté est globalement menacée, les réflexions seront différentes. Faire des économies aurait des conséquences dramatiques, et pas seulement pour les universités : L’économie manquerait de personnel qualifié.»
Finalement, les président·es d’université s’accordent sur l’importance des sciences humaines, alors que l’Europe ne semble «s’intéresser qu’aux disciplines techniques». Luciana Vaccaro déclare ainsi: «Le progrès le plus important du siècle dernier a été notre démocratie. Il y a cent ans, je n’aurais pu ni étudier, ni travailler, ni voter. Nous devons défendre cela. Ces jours-ci, nous voyons à quel point ces acquis sont fragiles. C’est pourquoi nous continuons à encourager fortement les sciences humaines en Suisse. L’éducation est la meilleure protection contre l’extrémisme.» Walther Rosenthal ajoute: «Je suis tout à fait d’accord. D’un point de vue global et chez nous aussi en Allemagne, de moins en moins d’étudiants choisissent ces matières. Cela me préoccupe. Pour comprendre la radicalisation politique, par exemple, nous avons besoin de sociologues et de psychologues. Et la société a également besoin d’études sur le genre, même si Trump ne veut pas l’admettre.»
- sciences humaines et sociales
- coupes budgétaires
- liberté académique
- politique – Etats-Unis
- politique – Suisse
- politique – Europe
«Le monde universitaire suisse a besoin de plus de compétences en matière d’études asiatiques»
«La Suisse est confrontée à un défi croissant : un manque flagrant d’expertise académique sur les relations internationales de l’Asie. Alors que l’importance économique et géopolitique du continent ne cesse de croître, cette pénurie devient de plus en plus importante.», estiment Simona Grano, responsable du domaine de recherche « Relations Chine-Taïwan » et maître de conférences («senior lecturer») à l’Université de Zurich et Lionel Fatton, professeur assistant et responsable du programme de bachelor en relations internationales au Campus Webster de Genève et collaborateur de recherche à l’Institut de recherche sur l’histoire des transferts d’armes à l’échelle mondiale de l’Université Meiji [à Tokyo]. «Sans une expertise solide, le pays risque de devenir simplement réactif face aux crises futures, plutôt que de façonner les résultats dans son propre intérêt.»
«Si plusieurs universités suisses proposent des cours de langue et de culture liés à l’Asie, très peu se concentrent sur la politique internationale ou la dynamique stratégique de la région. Seules deux institutions – l’Institut d’études asiatiques et orientales de l’Université de Zurich et le Master en études asiatiques de l’Université de Genève – proposent des programmes complets en études asiatiques. Même là, l’expertise en matière de géopolitique et de relations internationales est limitée et souvent concentrée entre les mains d’une poignée de chercheurs [et chercheuses].»
Impacts sur les associations d’étudiant·es aux universités de Genève, de Zurich et à l’EPFZ suite au «jugement Zofingue»
Alors que le Tribunal fédéral vient d’autoriser l’UNIL et l’EPFL à retirer le statut d’association universitaire à la société étudiante exclusivement masculine Zofingue, l’Université de Genève «n’a pas encore arrêté de position définitive sur les conséquences de la nouvelle jurisprudence du Tribunal fédéral». Marco Cattaneo, porte-parole, de l’UNIGE, affirme: «L’UNIGE, dont la charte d’éthique proscrit elle aussi toute discrimination fondée notamment sur le sexe, sera bien entendu attentive à cette jurisprudence.» Marco Cattaneo précise: «certains groupes de travail ou certaines activités peuvent faire exception, lorsque les discriminations pratiquées ont un lien objectif avec leur but légitime».
Interrogée, la présidente de l’association Venusia Genevensis, société sœur de Zofingue exclusivement féminine, affirme avoir «peur que cette décision entrave maintenant les sociétés féminines». (Tribune de Genève)
A Zurich, «les effets de la décision du juge lausannois sont à peine perceptibles, voire pas du tout. Cela s’explique par le fait que les relations entre les hautes écoles et les associations d’étudiants en tout genre sont réglées différemment qu’à Lausanne.»
A l’EPFZ, c’est l’association des étudiant·es (VSETH) qui est chargée de reconnaître les organisations étudiantes. La reconnaissance de l’EPFZ existe toutefois, mais «aucune association d’étudiants n’y est enregistrée. Elles ne peuvent donc pas perdre leur statut d’organisation reconnue, contrairement à l’EPFL.» De plus, il serait difficile d’obtenir cette reconnaissance car une condition est en effet que les organisations soient ouvertes à tous·tes.
L’Université de Zurich, de son côté, compte 19 associations d’étudiant·es, dont certaines sont exclusivement masculines et une exclusivement féminine. «Jusqu’à présent, aucune mesure concrète n’a été prise concernant le retrait de l’accréditation», a déclaré Melanie Nyfeler du service de presse de l’université de Zurich. «Le jugement sera examiné et la suite de la procédure sera évaluée.» (NZZ)
Le journaliste du In$ide Paradeplatz juge la décision du Tribunal fédéral comme un signe que «l’égalité des chances est depuis longtemps passée sous les roues d’une uniformité motivée par une politique identitaire. Ce qui ne convient pas est exclu. [..] L’arrêt du Tribunal fédéral apporte une réponse inquiétante – et remet ainsi en question les valeurs fondamentales d’une société ouverte.»
«Les enseignants-chercheurs sont un grand corps malade» : plongée dans le malaise des universitaires français·es
Dans son dernier ouvrage, le sociologue Dominique Glaymann analyse le sentiment de perte de sens exprimé par une partie des enseignant·es-chercheurs·euses français·es, s’appuyant sur une enquête de plus de 800 scientifiques, menée entre 2020 et 2022.
Il estime que ce sentiment est un effet de la mise en œuvre du Nouveau management public, notamment de la «massification du supérieur», la «professionnalisation» des études supérieures qui met maintenant plus l’accent sur l’enseignement de compétences (plutôt que des connaissances), ainsi que de la «bureaucratisation néolibérale», de la course à l’excellence et des difficultés financières des universités depuis leur autonomie en 2007.
«[…] [I]l y a, je crois, une grande partie des collègues qui le vivent effectivement mal car, outre le rythme intense et le temps qui manque toujours, ils voient leur métier changer et ont le sentiment de travailler toujours plus pour une qualité de moins en moins bien assurée, pour l’enseignement comme pour la recherche.»
Dominique Glaymann avance l’hypothèse d’une « déprofessionnalisation » à l’œuvre chez les enseignant·es-chercheurs·euses, «l’éparpillement des tâches qu’ils vivent, ainsi qu’une forme de déqualification, en devant endosser des activités ne correspondant ni au contenu ni au niveau de leur «fiche de poste».
«Il y a ensuite la perte d’autonomie, avec un métier de plus en plus soumis aux logiques d’évaluation, de production à tenir, d’appels à projet, dans un système de moins en moins régulé par les pairs. Et il y a, enfin, le sentiment, exprimé par un nombre croissant d’enseignants-chercheurs, d’une perte d’utilité et de reconnaissance sociales».
«Virée de l’uni pour avoir sauvé sa mère»
Fin 2022, l’Université de Zurich a suspendu une étudiante qui a raté de peu un examen en ligne qu’elle devait repasser, car elle a dû s’occuper, durant l’épreuve, de soins médicaux d’urgence pour sa maman. Souhaitant poursuivre son examen suite à l’incident, sa mémoire lui aura causé des troubles, qu’un médecin spécialiste diagnostiquera par la suite. L’étudiante évoque des circonstances exceptionnelles et indépendantes de sa volonté auprès de son Université, mais l’alma mater «reste inflexible» et lui indique qu’elle peut faire recours.
La jeune femme a fait appel à un avocat, qui manque malheureusement le délai de recours. L’exclusion de l’Université devient donc définitive. L’avocat essaiera un recours jusque devant la Cour européenne des droits de l’homme, qui l’a rejeté. L’étudiante «ne pourra plus jamais s’inscrire en économie dans une université suisse. Le choc a été tel qu’elle a dû être hospitalisée en clinique psychiatrique pendant un temps.»
Le rectorat de l’UNIGE «sous le feu des critiques»
«Hier soir, reprenant à son compte le principe du town hall – forme de conférence publique – introduit par le rectorat à l’automne passé, la CUAE [association faîtière et syndicat des étudiant.e.x.s de l’Université de Genève] s’est chargée d’organiser un débat questionnant ouvertement la position des autorités universitaires sur le génocide en Palestine. L’occasion aussi d’aborder plus largement la question de la démocratie au sein de l’alma mater, mise à mal, ont estimé les intervenant·es, par l’invisibilisation répétée d’une partie des voix de la communauté académique.»
«Le problème [démocratique] n’est pas vraiment nouveau: en 2019, une commission formée au sein de l’Assemblée universitaire avait planché sur un rapport intitulé «Vers une excellence démocratique», pour répondre à ce qui était alors qualifié de «crise démocratique». Les pistes d’amélioration de ce rapport comprenaient une meilleure répartition des corps de l’université dans les instances participatives, mais aussi une meilleure prise en compte des décisions de ces organes, et une meilleure valorisation de l’engagement et de la critique. Six ans plus tard, ce rapport a semble-t-il été oublié dans un tiroir.»
Edouard Gentaz, vice-recteur chargé du vivre-ensemble, était le seul représentant du rectorat présent lors de cette soirée. La date du town hall organisé par le rectorat lui-même n’est pas encore connue, bien que l’évènement soit annoncé depuis des semaines.
USA VS Science: Les impacts sur le campus de l’EPFL
«Tour d’horizon des mesures prises par le gouvernement de Donald Trump et de leur impact sur les étudiantes et étudiants de l’EPFL.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 13 mai 2025
12Mai2025
Politique des hautes écoles
Revues académiques américaines menacées par Donald Trump
Depuis fin avril, plusieurs revues savantes américaines ont reçu un courrier inquisiteur de la part du procureur fédéral du district de Columbia, Edward R. Martin, leur reprochant d’être partisanes dans le débat scientifique. «Le public a certaines attentes et vous avez des responsabilités», leur écrit le procureur.
Deux revues consacrées aux liens santé-environnement ont annoncé le 23 avril «avoir suspendu, jusqu’à nouvel ordre, la réception des articles de recherche et études qui leur sont soumis pour publication, «en raison de changements récents dans les moyens opérationnels» qui leur sont alloués».
Interrogés, les National Institutes of Health (NIH) «assurent que la mise en pause actuelle n’est pas le signe de la fin du journal: il s’agirait d’opérer «une transition vers un modèle plus rationnel maintenant la capacité d’EHP [une des revues (Environmental Health Perspectives) ayant stoppé ses nouvelles publications] à publier des recherches à fort impact».
Manolis Kogevina, rédacteur en chef adjoint de la revue, «estime pour sa part que la revue devrait sortir du giron des institutions fédérales et être cédée à une organisation tierce si elle veut poursuivre ses activités librement». «Il semble que l’administration [américaine] actuelle ne soit pas en mesure de garantir l’indépendance du journal, dit le chercheur. On ne peut pas publier une revue scientifique dans ces conditions.»
Fin de l’occupation pro-palestinienne à Uni Mail
Les membres de la Coordination étudiante pour la Palestine, qui occupaient depuis mercredi midi le hall du bâtiment principal de l’Université de Genève, ont quitté les lieux jeudi soir. Ils et elles souhaitaient éviter une arrestation par la police qui avait été sollicitée à intervenir par le rectorat. Ce dernier avait également menacé, par mail, de déposer une plainte pénale, comme il l’avait fait l’année passée, avant de la retirer.
Jeudi après-midi, une délégation de la Coordination a participé à un entretien d’une cinquantaine de minutes avec la rectrice Audrey Leuba, «qui n’est pas entrée en matière sur la suspension des partenariats avec les universités israéliennes. A plusieurs reprises, elle a invité ses interlocuteur·rices à se référer au rapport produit en mars par le comité scientifique, dont la mission était de se pencher sur le rôle de l’université dans le débat public». (Le Courrier)
Une réunion publique est annoncée ce lundi à 18 h 30 à Uni Dufour, en collaboration avec la CUAE, la faîtière des associations étudiantes. (Tribune de Genève)
Par ailleurs, 5 membres de la Coordination étudiante pour la Palestine (CEP) ont été élus à l’Assemblée du corps étudiant de l’UNIGE, ce qui représente la moitié des sièges du corps étudiant.
«Quand une université cède, on s’attaque à la suivante»
Entretien sur la liberté de la science avec Mitchell Ash, historien des sciences et professeur émérite d’histoire du début de l’ère moderne à l’Université de Vienne, américain d’origine.
Pour l’historien, la stratégie du président américain est la suivante: «on s’attaque à une université, et si elle cède, on s’attaque à la suivante. On monte ainsi les universités les unes contre les autres, selon la devise «diviser pour mieux régner».» Le fait que le gouvernement veuille maîtriser la politique du personnel des universités, orientée vers le mot-clé DEI (Diversity, Equity and Inclusion) «est vraiment inadmissible. Car la politique du personnel est un élément important de la liberté scientifique, c’est-à-dire de la question de savoir qui peut faire de la recherche et enseigner.»
Mais pour Mitchell Ash, cette action contre les universités ne serait qu’une partie d’une stratégie globale. «En outre, le régime tente de contrôler le contenu de la recherche, un autre élément de la liberté scientifique. Il fait dépendre les fonds de recherche de l’apparition de certains mots comme diversity ou gender dans les demandes de recherche. […] C’est la culture du cancel à l’état pur. Jusqu’à présent, la cancel culture était un reproche des conservateurs contre les gauchistes. Mais maintenant, cela s’exerce réellement, et d’une manière que même de nombreux conservateurs trouvent effrayante.»
En Europe, la liberté de la science, c’est-à-dire le libre choix des thèmes de recherche et le libre choix des organes de publication, est aussi menacée. «En Allemagne, beaucoup de choses passent par ce que l’on appelle le Deal Consortium. Il est censé améliorer l’accès à la recherche en concluant des contrats avec de grands éditeurs. Cela semble bien, mais il y a un hic: ceux qui veulent publier en dehors de ces structures ont souvent moins de chances dans la profession ou sont discriminés à l’université. Cela limite la liberté de décider soi-même où et comment publier sa recherche – et c’est précisément l’un des fondements de la liberté scientifique. Elle est donc structurellement menacée. C’est presque plus dangereux, car cela ne concerne pas seulement les «fauteurs de troubles» dans les sciences sociales et culturelles, mais toutes les disciplines.»
Est-ce que l’Europe peut profiter de ce qu’il se passe aux Etats-Unis, par de la fuite des chercheur·euses par exemple ? «En Europe aussi, l’argent est rare. Et cela ne résout pas le problème global. […] L’évolution actuelle ne peut en fait profiter qu’à la Chine. Le pays est déjà en tête en ce qui concerne le nombre de publications de haute qualité.» Étant donné que la Chine n’est pas une démocratie, il n’y existe pas de liberté scientifique, toutefois «une sorte de flexibilité scientifique» y est présente. «Le régime laisse faire les chercheurs s’il voit un intérêt à long terme. En l’occurrence, la chronologie du Parti communiste chinois est différente de celle des Etats-Unis, où des élections ont lieu tous les deux ans. Ils comptent en décennies et en générations.»
Finalement, pour l’historien, l’exil des cerveaux américains «n’est pas une solution» pour le contexte actuel du monde de la recherche américain. «Cela sauve bien sûr la psyché individuelle de la pression. Mais ce n’est pas une solution pour le système. Je ne dis pas cela comme une critique fondamentale, c’est simplement une description objective de cette stratégie. Les stratégies qui sont efficaces sont institutionnelles. C’est ce que fait Harvard actuellement. L’université se défend et poursuit le gouvernement en justice. Nous verrons si cela aboutit.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 12 mai 2025
9Mai2025
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 9 mai 2025
8Mai2025
Politique des hautes écoles
UNIGE: Des chaires d’excellence pour défendre la science
L’UNIGE lance en effet un programme de chaires d’excellence, créées pour attirer les meilleurs talents dans des domaines stratégiques : La médecine, les neurosciences, la physique, les mathématiques, voire le domaine de la vie dans l’Univers forment les piliers de cette première phase, mais d’autres disciplines pourraient suivre, selon les opportunités.
La rectrice Audrey Leuba, qualifie ce moment de lancement de «particulièrement opportun», «puisque la science est menacée de toutes parts. Financées par la Fondation Hans Wilsdorf à hauteur de 10 millions de francs en 2025, ces chaires joueront également un rôle d’accélérateur, en facilitant l’accès à des financements compétitifs et en stimulant les partenariats stratégiques. »
«L’occupation du hall d’UniMail par des étudiants propalestiniens se poursuit»
Une septantaine de jeunes (100 selon la NZZ, 200 selon Le Courrier) de la Coordination étudiante pour la Palestine de l’Université de Genève (CEP-UNIGE) occupent à nouveau le bâtiment d’Uni Mail depuis mercredi midi, ayant principalement deux revendications: la suspension immédiate des collaborations entre l’UNIGE et des universités israéliennes, et un appel public à l’ensemble des institutions académiques suisses pour qu’elles en fassent autant. Cette occupation a lieu un an jour pour jour après une action similaire. «L’année dernière, les étudiants propalestiniens étaient restés dans le hall d’Uni Mail pendant une semaine, jour et nuit, avant d’être finalement évacués par la police.» (RTS)
«Contactée, l’UNIGE assure de son côté qu’elle reste un lieu de dialogue, mais elle précise quand même que ces locaux doivent normalement être réservés pour de telles manifestations. Elle rappelle aussi que le bâtiment d’Uni Mail ferme ses portes à 23h. Elle juge l’occupation nocturne illicite et a déjà prévenu la police.» (RTS: Forum)
«Le calendrier appartient aux forces de l’ordre», avance le porte-parole de l’Université Marco Cattaneo. «La liberté d’expression est essentielle et doit être respectée mais les règles de l’institution aussi» . (RTS : Le 12h45)
Un étudiant du CEP témoigne que des manœuvres policières auraient été observées pendant la nuit. (Le Courrier)
«Parallèlement à l’occupation d’Uni Mail par la CEP, le collectif Change for Palestine s’est également adressé au rectorat» dans un email envoyé lundi. Ce dernier s’appuie sur une note juridique selon laquelle l’université de Genève peut engager sa responsabilité si «elle maintient des partenariats avec des entités impliquées dans des crimes graves» en «omettant de diligenter un audit ou une évaluation malgré des alertes récurrentes». La note recommande le lancement d’un audit interne des collaborations institutionnelles ainsi que la suspension, en l’attente des résultats, des partenariats concernés.» Le collectif a laissé le rectorat jusqu’au 12 mai pour réagir. (Le Courrier)
Les universités ont «plus de pouvoir pour résister à la politique qu’elles ne le pensent»
Nous sous-estimons l’influence et le poids que les universités -«les cerveaux de nos pays» – ont dans des discussions politiques, «et nous nous laissons trop souvent et trop rapidement entraîner dans la politique quotidienne», estime le vice-recteur de l’Université de Vienne Helmut Kern. Pendant qu’il serait bon de «garder une certaine distance» par rapport à la politique, les universités devaient «répondre aux politiciens» lorsqu’elles étaient attaquées. D’autre part en ces temps difficiles sur le plan économique et politique, l’internationalisation et la formation de partenariats avec d’autres universités sont «une question de survie» pour son université.
Christopher Cripps, vice-président pour l’Europe et les affaires internationales de l’Institut polytechnique de Paris, est d’accord sur ce point: «En temps de crise, on se tourne vers ses amis.» Toutefois, il ajoute que les universités «doivent savoir quand tirer un trait, quand se retirer» lorsqu’un partenariat ne fonctionne plus ou qu’il y a un conflit de valeurs. «Ces valeurs, vous pouvez l’imaginer, incluent la liberté académique comme élément non négociable, la souveraineté et la sécurité, [et] la propriété intellectuelle. […] Si les valeurs ne voyagent pas, elles ne sont que du marketing.»
Funmi Olonisakin, vice-présidente chargée de l’international, de l’engagement et des services au Kings College London, considère par ailleurs que le travail de partenariat entre les universités européennes est loin d’être suffisant. Par ailleurs, si les universités «ne prennent pas des mesures prudentes pour créer un environnement de mentalité mondialisée, la même polarisation existera à l’intérieur des universités».
«L’EPFL bascule à nouveau dans la censure»
«L’association Unipoly s’est vue récemment censurée deux événements», le premier traitant de «la complicité des universités dans les violations du droit international et des moyens de pression comme le boycott», le deuxième visant à «présenter le coût social et environnemental en RDC lié à la production de technologie».
«L’EPFL a refusé le premier événement sous prétexte que la position défendue n’était pas assez “équilibrée”, selon l’association et que l’événement ne respectait pas les statuts d’Unipoly qui vise à “promouvoir l’écologie solidaire” et ceux de Polyquity. Cependant, malgré des propositions de modifications et la proposition du titre d’événement : “Écocide et droit international: rôle des universités et moyens de pression” et dont le retrait de Polyquity dans l’organisation de l’événement, l’EPFL semble avoir maintenu sa décision.»
«Concernant l’événement sur l’extractivisme en RDC, l’EPFL aurait d’emblée refusé d’accueillir cet événement, prétextant qu’il serait hors du cadre de cette association. […] L’EPFL ne se serait montré que prête à accepter l’évènement à condition d’en modifier la composition des invités. Une situation inacceptable pour Unipoly qui juge que “ces décisions de l’EPFL témoignent d’une dérive autoritaire inquiétante.”» L’évènement se tiendra finalement sur le campus de l’UNIL le mardi 13 mai.
- engagement politique
- censure
- associations estudiantines
- rôle des universités
- conflit israélo-palestinien
Interview avec une historienne de Harvard: les éventuels aspects positifs des attaques de l’administration Trump
L’historienne des sciences juive de Harvard Naomi Oreskes évoque les raisons des attaques de l’administration Trump et les éventuels aspects positifs qu’elles pourraient avoir.
La professeure déclare: «Il y a eu des problèmes d’antisémitisme à Harvard. Mais les attaques du gouvernement américain contre l’université sont motivées par des raisons politiques. […] L’administration Trump fait toute une histoire de l’antisémitisme. Pourtant, Harvard fait également état d’hostilité envers les musulmans. Mais le gouvernement ne défend pas les étudiants musulmans. Cela montre qu’il y a quelque chose de louche.» (NZZ)
La professeure ajoute: «Je pense que les coupes budgétaires soulèvent des questions légitimes [comme par exemple] la question de l’équilibre entre les disciplines à l’université. […] La répartition des subventions a entraîné une croissance des sciences naturelles et de l’ingénierie au détriment de nombreux autres domaines, dont les sciences humaines traditionnelles, les sciences sociales et les arts. Cela a entraîné un énorme déséquilibre intellectuel, [alors que] les sciences historiques et culturelles font partie des moyens les plus importants pour comprendre le monde. Le monde a aussi besoin de nous. […] Les faits ne sont pas des choses simples. Il faut beaucoup de travail pour les ancrer dans la société. Pour cela aussi, les sciences humaines et sociales sont nécessaires.» (Tages-Anzeiger)
La professeure conclut: «Si l’évolution actuelle conduit à une institution [Harvard] peut-être un peu plus autocritique, peut-être un peu moins exagérément focalisée sur les sciences naturelles et la technique, et qui se penche plus intensément sur l’éventail de disciplines, d’approches et de points de vue dont nous avons besoin, je trouve que c’est une bonne chose.» (Tages-Anzeiger)
- sciences humaines et sociales
- rôle des scientifiques
- coupes budgétaires
- politique – Etats-Unis
- rôle des universités
- antisémitisme
«Nouveau collisionneur du CERN: un héritage pourri pour nos petits-enfants»
«Le CERN aimerait construire un nouveau collisionneur géant à la frontière franco-suisse. Au vu de son coût financier et écologique, un tel projet est tout bonnement ahurissant, juge notre chroniqueur Michel Huissoud, ex-Contrôleur général des finances à Berne, qui joint sa voix au concert de critiques.»
Le chroniqueur écrit: «Pour moi, le problème le plus grave est celui de l’héritage pour les générations futures. Après avoir creusé pour 6 milliards un tunnel de 90 kilomètres de long, le CERN va y enfouir à plus de 200 mètres de profondeur une usine souterraine pour plus de 30 milliards de francs. Qui la ressortira un jour? A quel prix? Et qui financera ce démantèlement? Ces questions essentielles n’ont hélas jamais été abordées. Une recommandation à nos décideurs: il faut exiger des garanties.»
- financement public
- politique – Suisse
- durabilité des universités
- recherche – impact
- durabilité et climat
«Recherche biomédicale: la Suisse privée de plusieurs millions de dollars américains»
Jeudi dernier, les National Institutes of Health ont annoncé geler une grande partie de leurs financements internationaux. Cette décision touche des dizaines d’organisations suisses, parmi lesquelles les université de Berne (3,9 millions de dollars), Lausanne, Fribourg et Genève qui ont reçu des financements au cours des deux dernières années.
«Les sommes provenant des États-Unis sont souvent relativement modestes, tempère l’immunologiste français Alain Fischer pour «Euronews»: en ce sens, la nouvelle politique est «plutôt symbolique». Même sans financement direct, de nombreuses formes de coopération restent envisageables. Néanmoins, cette décision américaine représente un obstacle supplémentaire à la coopération scientifique internationale, dans un contexte de forte concurrence pour les financements.»
Gender gap: pourquoi la recherche oublie le cerveau féminin
Les femmes sont plus touchées que les hommes par de nombreuses maladies cérébrales: «Environ deux tiers des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont des femmes, trois quarts pour la sclérose en plaques, et les femmes souffrent deux à trois fois plus souvent de migraines que les hommes. Les femmes souffrent également bien plus souvent que les hommes de maladies psychiques comme les dépressions et les troubles anxieux», avance Antonella Santuccione, neuroscientifique et co-fondatrice du Womens Brain Project (qui est devenu le Womens Brain Foundation en 2024). Et pourtant, la recherche, le diagnostic et la thérapie s’orientent encore aujourd’hui principalement sur le corps masculin.
«Dans les études précliniques, on utilise généralement des animaux de laboratoire mâles, car le cycle féminin apporte une complexité supplémentaire. Dans les études cliniques de phase 1 et 2, la majorité des sujets de recherche sont également des hommes. Ce n’est que dans les études de phase 3, dans lesquelles les médicaments sont testés sur un plus grand groupe de patients avant d’être autorisés, que l’on intègre désormais davantage de femmes, mais elles ne représentent souvent même pas la moitié des sujets de recherche», explique-t’elle. «Les médicaments agissent différemment chez les femmes – et les effets secondaires graves chez les femmes sont souvent une raison pour laquelle ils sont retirés».
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 8 mai 2025
«Formation des futurs médecins : changer des choses, et vite!»
Selon un sondage réalisé en 2023 par la Swisma, l’Association suisse des étudiants en médecine, un tiers des étudiant·es en médecine hésitaient à abandonner leurs études alors même qu’ils touchaient au but. Patrick Bodenmann, vice-Doyen Enseignement et diversité FBM, constate: «la médecine a longtemps été un sacerdoce, et la nouvelle génération n’en veut plus.». […] [N]ous devons aujourd’hui trouver des solutions pratiques, faisables, face à un problème (le désenchantement) de plus en plus urgent.» Il évoque notamment la création d’un groupe de réflexion sur la question avec des membres de l’école de médecine de la FBM et des décanats de Genève et Fribourg.
7Mai2025
Politique des hautes écoles
L’Université de Genève est à nouveau occupée
L’association cepunige a regretté via Instagram que l’Université de Genève maintient ses collaborations «avec des institutions qui participent activement au génocide, à l’apartheid et à la colonisation en Palestine, elle pourrait voir sa responsablité juridique engagée, et manque à ses obligations réputationnelles et politiques.»
L’association appelle à la mobilisation et l’occupation dans le hall d’UniMail «jusqu’à ce que l’UNIGE et les universités suisses suspendent leurs collaborations et prennent position publiquement».
L’association étudiante CUAE soutien cette action.
«L’antisémitisme à l’université obscurcit la pensée»
La NZZ interroge le professeur émérite d’infectiologie Manuel Battegay de l’Université de Bâle sur la propagation de l’antisémitisme dans les universités. Selon lui, l’antisémitisme dans les universités «obscurcit véritablement la pensée». Il déclare toutefois que «contrairement aux Etats-Unis, il faut dire que les directions des universités suisses reconnaissent ces problèmes et ont bien réagi» face aux occupations dans les universités.
Le professeur explique que le monde entier fait face à «un tsunami antisémite» et que «les universités ne sont pas épargnées». «Au lieu des faits, c’est de plus en plus l’idéologie qui domine dans les universités. […] Une partie de la société est en train de perdre la capacité d’écouter et d’agir sur la base de preuves.» Pour lui, l’«intelligence» des universités porte en elle «le risque de déformer la perception des choses. A force d’analyser, on ne voit plus le grand titre. On se trompe dans la structure analytique. C’est ce que nous voyons dans les idéologies actuelles. Dans le wokisme, le postcolonialisme.»
Le professeur regrette le corps professoral qui soutient ces idéologies. «C’est une petite partie, mais qui ne doit pas être sous-estimée. Il n’est pas acceptable qu’un professeur comme celui de Bâle soutienne un travail qui accuse Israël d’attaquer les Palestiniens avec des sangliers. Ce n’est plus de l’ouverture scientifique, ce sont des fake news. Ou que des professeurs fraternisent avec des étudiants qui occupent les universités en criant «From the river to the sea».»
Selon le professeur, l’antisémitisme dans les universités, «c’est une minorité bruyante, mais elle a un effet dangereux. Justement parce que celle-ci est académique. Je souhaite que la société se lève. C’est ce qui se passe. Et la grande majorité ne veut pas non plus dénier à Israël le droit d’exister. C’est la voie à suivre – et non pas le mouvement dogmatique dans les universités, qui veut éliminer les autres opinions et qui a les juifs particulièrement dans son champ de vision.»
Afin de contrecarrer l’antisémitisme ambiant en Suisse et plus particulièrement dans le milieu académique, Manuel Battegay explique qu’«il ne faut pas tomber dans le rôle de victime» mais «apporter une contribution à la société». La sienne est d’expliquer le judaïsme, et «qu’il est positif».
«La première pierre du Campus biennois de la Haute école spécialisée enfin posée»
Après des années d’attente, la construction du Campus biennois de la Haute école spécialisée bernoise a débuté par la pose symbolique de la première pierre. Le coût de l’infrastructure s’élève à 400 millions, financés par le canton et la Confédération «avec la participation d’un partenaire privé». «Le Campus Biel/Bienne abritera sous un même toit les départements technique et informatique ainsi qu’architecture, bois et génie civil de la Haute école spécialisée bernoise (BFH)» et ouvrira ses portes à la rentrée 2028.
«La science doit avant tout être crédible»
«La confiance dans la science est aujourd’hui grande. Pourtant, les premières fissures apparaissent», écrit Mirko Bischofberger, qui travaille dans le domaine de la communication scientifique, dans un commentaire de la NZZ. L’auteur du texte observe une montée dans le monde entier des mouvements populistes «qui remettent fondamentalement en question le savoir des experts» et de plus en plus de pression dans le monde de la recherche, comme l’attestent les coupes budgétaires et une politisation croissante du domaine. Cependant, pour lui, «la perte de confiance ne peut pas être attribuée à un manque de visibilité», «aujourd’hui, il ne faut pas plus de relations publiques, mais plus de crédibilité. Et le chemin qui y mène passe par un système scientifique qui mise à nouveau davantage sur la qualité que sur la quantité».
Il écrit: «Le véritable problème réside plutôt dans le système scientifique lui-même. La pression pour la publication – connue sous le nom de «publish or perish» – a créé des incitations à évincer systématiquement la qualité au profit de la quantité. La recherche est aujourd’hui décomposée en unités publiables très petites. Ce n’est pas le gain de connaissances à long terme qui est évalué, mais le nombre de publications et leur «impact». Le système de publication actuel alimente la croissance et les rendements grotesques des revues spécialisées qui publient presque tout – contre paiement. Le processus de peer review, l’épine dorsale de l’assurance qualité scientifique par d’autres chercheurs, est aujourd’hui de plus en plus souvent contourné. En conséquence, le nombre d’études publiées est plus élevé que jamais, et beaucoup d’entre elles font la une des journaux sans avoir été vérifiées.»
«Une partie de la solution pourrait donc consister à publier moins et plus soigneusement, plutôt que d’investir dans une nouvelle expansion de la communication scientifique. La science devrait résister à la tentation de suivre chaque tendance ou de publier chaque résultat. La mission de la science n’est finalement pas de gagner en visibilité, mais d’explorer le monde. Car la science ne devient pas plus crédible lorsqu’elle crie plus fort, mais lorsqu’elle parle plus clairement – et seulement lorsqu’elle a quelque chose à dire.»