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Le projet touristique de la Porta Alpina, imaginé il y a plus de 20 ans comme une gare souterraine dans le tunnel de base du Gothard, reliée à Sedrun (Grisons) par un ascenseur de 800 mètres, n’a jamais vu le jour en raison de problèmes de financement et de calendrier.
Aujourd’hui, une nouvelle utilisation est envisagée : transformer cette infrastructure en centre de recherche en physique quantique. Des scientifiques souhaitent y installer un interféromètre atomique, un instrument de mesure extrêmement précis qui pourrait notamment contribuer à démontrer l’existence de la matière noire. Le projet est porté par un consortium international réunissant notamment le CERN, l’Université de Zurich et la Haute école spécialisée des Grisons. Des études réalisées l’an dernier ont conclu que Sedrun constitue «le meilleur site d’Europe» pour ce type d’expériences, selon le responsable du projet, Lucas Lombriser.
Le projet, dont le coût est évalué à environ 500 millions de francs suisses, doit encore obtenir le soutien financier de plusieurs pays et institutions. Si tout se déroule comme prévu, les travaux pourraient débuter en 2030 et l’installation entrer en service en 2035.
Sarah de Rijcke, rectrice de l’Université de Leiden, estime que la liberté académique et l’autonomie des universités sont essentielles à la production d’un savoir fiable. Face aux pressions politiques, économiques et sécuritaires qui affectent la recherche dans plusieurs pays, elle propose six principes : protéger l’indépendance de la recherche, préserver la recherche fondamentale, reconnaître le rôle démocratique des universités, équilibrer sécurité et ouverture, protéger les chercheurs contre les pressions et renforcer la transparence envers la société. Selon elle, sans ces garanties, la qualité et la crédibilité des connaissances scientifiques risquent de s’affaiblir.
Le rectorat de l’université de Saint-Gall (HSG) a précisé la stratégie climatique de l’université et défini les axes prioritaires pour la prochaine phase de mise en œuvre, qui s’étendra jusqu’à fin 2028.
Le rectorat a décidé de viser la neutralité carbone pour les émissions directes liées à l’activité de l’établissement d’ici 2030, ainsi qu’une réduction de 25 % de l’ensemble des émissions d’ici 2030 par rapport à l’année de référence 2019.
Le Conseil d’État genevois a dévoilé son budget 2027, chargé de centaines de mesures d’économies. Une des mesures est d’augmenter les taxes d’études de 50%, soit de CHF 500 à CHF 750 par semestre, une mesure que le Grand Conseil avait rejeté en 2025 (PL 13411-A). Pourtant sur le plan budgétaire, c’est une goutte d’eau : le trou à combler est de 500 millions, cette surtaxe n’en comblera pas l’ombre d’un pourcent. Selon le syndicat d’étudiant·es faitière CUAE, «Ça ne sert à rien, sinon désigner un coupable facile.»
L’EPFZ va recevoir en don un ordinateur quantique du fabricant américain IBM, comme compensation («offset») contre l’achat des avions F-35 par la Confédération.
Le groupe d’armement Lockheed Martin, producteur de F-35, en tire également profit : en collaboration avec IBM, il souhaite mener des recherches sur un nouveau type de méthode de navigation utilisant la technologie quantique sur l’ordinateur quantique.
«La nouvelle plateforme d’évaluation des enseignements automatise les démarches, simplifie l’expérience des étudiant·es et fournit des outils d’analyse rapides. L’institution entend ainsi faciliter la participation étudiante et accompagner plus efficacement le développement des pratiques pédagogiques.»
Pour accroître leur attractivité, les établissements supérieurs moins plébiscités par les étudiant·es doivent proposer « une offre pointue, alignée avec le tissu économique de la région et avec des infrastructures adéquates. » selon Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities. Afin de se démarquer, ces institutions misent sur des stratégies variées comme la semaine de quatre jours à la Haute École Arc, le bilinguisme à l’Université de Fribourg, ou encore la proximité forte entre le corps enseignant et le corps estudiantin valorisée à l’Université de Neuchâtel.
Cependant, ces établissements font face à d’importants défis réglementaires et budgétaires. Une inquiétude majeure réside dans le projet de réforme de la Confédération « Désenchevêtrement 27 », qui prévoit le transfert complet du financement et de la planification des hautes écoles vers les cantons. «Ce changement pourrait aller jusqu’à provoquer la fermeture de hautes écoles dans les cantons périphériques et réduire ainsi l’égalité des chances de se former si on ne naît pas dans l’Arc Lémanique par exemple, estime Luciana Vaccaro. De quoi menacer aussi les grands établissements: ils ne pourront pas absorber des milliers d’étudiants supplémentaires si les plus petits ferment», alerte la présidente de swissuniversities.
L’ouvrage collectif Présences fascistes en Suisse. Autour du doctorat honoris causa de Benito Mussolini (1937), publié à l’été 2026, met en lumière les relations complexes entre la Suisse, plus particulièrement l’Université de Lausanne et l’élite vaudoise de l’époque, avec le régime de Mussolini.
Ce livre fait suite aux travaux d’un groupe de travail du Centre interdisciplinaire de recherche en éthique (CIRE-UNIL), dont le rapport officiel publié en 2024 reconnaît une faute grave commise par l’université en 1937 et souligne l’importance du devoir de mémoire. Pour Nadja Eggert, directrice du CIRE, la démarche est claire : «Il ne s’agit pas de nier mais de regarder cet épisode en face, d’essayer de le comprendre et de l’analyser dans le but de ne plus le reproduire».
«Des femmes toujours plus nombreuses que les hommes, une université à distance qui progresse dans notre canton, une HES-SO Valais-Wallis toujours plus attractive ou encore, au niveau des universités, Lausanne qui gagne toujours plus de terrain par rapport à Fribourg. Voici les principaux enseignements de notre deuxième baromètre de la formation tertiaire en Valais.»
«En collaboration avec le Groupe de pilotage IA de la HES-SO, un conseiller pédagogique de la Haute École de Santé de Sion a développé une plateforme évolutive consacrée à l’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur.»
Caspar Hirschi, historien à l’université de Saint-Gall, donne une conférence sur ce thème à l’Académie autrichienne des sciences (ÖAW) à Vienne. Il estime actuellement que la liberté scientifique est principalement menacée par les partis populistes de droite – comme les Républicains aux États-Unis.
Ces derniers auraient mis au point un «scénario perfide» visant à restreindre cette liberté – en prétendant en réalité la sauver. Dans leur lutte contre « l’endoctrinement moral » véhiculé par des disciplines telles que les études de genre, ils recourent eux-mêmes à des recettes très morales. Plutôt que de prôner la moralisation, Hirschi mise donc sur la morale, et plus précisément sur une « éthique libérale de la liberté scientifique », dans la lignée du sociologue Max Weber.
Une motion élaborée par la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national demande au Conseil fédéral d’élaborer, en collaboration avec les cantons, les partenaires sociaux et les acteurs concernés, une «stratégie nationale garantissant une formation continue et une reconversion professionnelle préventives pour les personnes dont l’activité professionnelle est susceptible d’être considérablement modifiée ou supplantée en raison de mutations technologiques, économiques ou réglementaires, telles que l’utilisation de l’intelligence artificielle».
Le Conseil fédéral rejette la motion tandis que le Conseil des États préconise d’identifier si les mesures actuelles ont besoin d’être complétées. Selon la directrice du secrétariat romand de la Fédération suisse pour la formation continue (FSEA), Caroline Meier Quevedo, «Cela témoigne d’un manque de vision politique».
Le fait que l’IA affecte les branches avec une intensité variable ainsi que la disparité entre les cantons concernant les mesures liées à la formation continue sont invoqués par le Conseil fédéral.
Chaque année à Genève, environ 3’800 demandes de bourses dont déposées pour des études au niveau tertiaire, avec un taux d’octroi de 49%. Les démarches pour obtenir une aide peuvent être disparates, ainsi que l’identification des différents services ainsi que leur ordre et leur hiérarchie. Certain·es étudiant·es relèvent des difficultés à obtenir des informations claires sur les aides auxquelles ils-elles pouvaient prétendre ou sur les démarches à effectuer.
Le Service des bourses et prêts d’études (SBPE) se base notamment sur le revenu déterminant unifié (RDU), comme celui des parents, établi à partir de la dernière taxation fiscale. Dans 7 cas sur 10, les revenus sont considérés comme suffisants.
La sociologue et philosophe Irene Pereira s’étonne que les système éducatif favorise l’insertion professionnelle des jeunes moyennant des stages ou d’alternance, «tout en omettant de les former systématiquement sur leurs droits, pourtant réaffirmés dans de multiples conventions internationales et européennes.» Selon elle, il y a «un manque grave dans les cursus concernant les droits humains économiques et sociaux.»
L’UNES, en collaboration avec le groupe de travail Open Access Suisse, réclame un droit de publication secondaire impératif pour l’enseignement et la recherche financés par des fonds publics ainsi qu’un accès numérique gratuit à la littérature obligatoire (lectures obligatoires) pour les étudiant·es. La situation actuelle ne garantit pas aux chercheurs et chercheuses une possibilité de rendre leurs propres publications librement accessibles.
« Un droit de publication secondaire impératif établit un cadre clair et renforce le libre accès à la recherche financée par des fonds publics », déclare le professeur Marc Thommen, professeur de droit pénal et délégué Open Science de l’Université de Zurich, ainsi qu’initiateur du groupe de travail Open Access Suisse.
Garantir un accès sans barrières aux textes académiques permettrait la mise à disposition numérique et gratuite de la littérature obligatoire par les hautes écoles et le corps enseignant à l’intention des étudiant·e·s. «En Suisse, des coûts supplémentaires de 500 francs par semestre pour la littérature obligatoire suffisent déjà à empêcher les étudiant·e·s en situation financière précaire de poursuivre leurs études. Un accès équitable au savoir ne doit pas dépendre du portemonnaie des étudiant·es ou de celui de leurs parents», déclare Isabelle Birkhäuser, co-présidente de l’UNES.
«Devant comparaître en octobre en France pour «apologie du terrorisme», la militante pro-palestinienne Rima Hassan participera à une table ronde le 23 septembre à l’Unige. Thème de la rencontre annoncée: «Médias et Palestine: la bataille des récits». Un membre du corps enseignant relaie des critiques de ses collègues sur la tenue de cet événement», notamment «l’absence de tout membre académique de l’Unige à cette table ronde, «alors que beaucoup parmi eux ont une expertise sur le sujet», et que «des propos flirtant avec l’antisémitisme fusent au cours de la rencontre». Les organisateurs·rices de la table ronde affirment qu’«aucun propos discriminatoire, raciste, antisémite, islamophobe, xénophobe, sexiste ou haineux ne sera toléré».
Le nouveau recteur de l’Università della svizzera italiana USI, le neurologue Claudio Bassetti, a présenté les principaux défis auxquels l’établissement est confronté. Sa priorité est de renforcer les valeurs fondamentales de l’université : autonomie, collaboration, excellence et ouverture internationale. Il souhaite également encourager davantage le travail commun entre les différentes facultés tout en respectant leurs spécificités. Bassetti insiste aussi sur l’importance des liens avec le Tessin et la société. Selon lui, l’USI doit accroître son impact régional et mieux se faire connaître afin que la population tessinoise se sente davantage concernée et fière de son université.
Concernant la hausse des frais de scolarité, qui atteindront 10 000 francs par an pour les étudiant·es non résident·es, il espère que cela n’entraînera pas une baisse des inscriptions. Il estime que l’USI reste attractive grâce à la qualité de son enseignement, à son encadrement favorable et à sa situation géographique, tout en voulant continuer à attirer des étudiants suisses, italiens et internationaux.
À propos de l’intelligence artificielle (IA), Claudio Bassetti considère qu’elle est désormais incontournable et qu’elle transformera l’avenir. Le défi est donc de l’intégrer de manière responsable dans l’administration, l’enseignement et la recherche, tout en préservant le rôle central de l’intelligence humaine, de la créativité et du jugement des personnes.
Enfin, il se dit préoccupé par l’augmentation du chômage parmi les jeunes diplômés. Même si l’USI accompagne déjà ses étudiant·es vers le marché du travail, il estime qu’il faut renforcer ces efforts et adapter la formation aux évolutions futures afin d’améliorer l’employabilité des diplômé·es.
Le Grand Conseil de Saint-Gall a approuvé en première lecture la loi révisée sur les bourses d’études. À une faible majorité, le Grand Conseil a décidé qu’à l’avenir, pour les études, les deux tiers de la contribution à la formation seraient accordés sous forme de bourse et un tiers sous forme de prêt.
Un professeur de l’université de Lausanne, Michael Esfeld, donnera une conférence pour une fondation liée au parti d’extrême droite allemand AfD, la Desiderius Erasmus Stiftung. «Le professeur souligne également qu’il ne s’exprimera ni au nom de l’université de Lausanne, ni d’aucune autre institution mentionnée dans sa présentation.»
L’attachée de presse de l’Unil affirme qu’elle «n’engage pas l’université de Lausanne». «Monsieur Esfeld est soumis, comme tout universitaire, aux limites légales de la liberté d’expression».
Aujourd’hui, les futurs médecins de famille suivent le même parcours que tous les autres médecins avant de se spécialiser en médecine interne générale ou en pédiatrie.
Le projet propose au contraire un cursus distinct dès le début des études, entièrement centré sur les besoins de la médecine de premier recours, permettant d’obtenir le diplôme environ deux ans plus tôt et sans diminution du niveau de qualité de la formation.
Les promoteurs du projet insistent sur le fait qu’il ne s’agirait pas de former des « médecins au rabais », mais des spécialistes de la médecine de premier recours.
La proposition est portée notamment par les députés zurichois du PLR Linda Camenisch et Reto Agosti. Elle nécessiterait une modification de la loi fédérale sur les professions médicales afin de reconnaître la médecine de premier recours comme une profession médicale universitaire à part entière.
Les universités restent toutefois prudentes. L’EPFZ s’est intéressée à l’idée avant de prendre ses distances. L’Université de Zurich juge qu’un tel cursus pourrait être peu attractif pour les étudiant·es et doute qu’il permette de former suffisamment de médecins pour combler la pénurie.
Les critiques craignent également une baisse du prestige de la profession, une diminution des salaires ou encore une formation trop spécialisée.
Les promoteurs rejettent ces arguments et estiment qu’une formation plus ciblée améliorerait au contraire la qualité de la médecine de proximité.
A Neuchâtel, la HE-Arc tire le bilan de la semaine de 4 jours introduite l’année dernière pour les étudiant·es en Bachelor ingénierie. Les journées sont denses, mais ce cours a connu une hausse d’inscriptions de plus de 10% et les étudiant·es interrogé·es sont content·es de faire moins de trajets et il n’y a pas plus d’abandons et d’échecs que précédemment et la qualité persiste.
L’Université de Fribourg (Unifr) accueille environ 10 600 étudiants à la rentrée académique 2026, soit une légère hausse par rapport à l’an dernier et le niveau le plus élevé depuis 2021. Cette progression reflète les efforts de l’institution pour renforcer son attractivité.
Plusieurs nouveautés ont contribué à attirer davantage d’étudiants :
- Une passerelle permettant aux diplômés des hautes écoles spécialisées (HES) d’accéder à un master en droit à l’Unifr.
- Un bachelor complet en sciences politiques, qui a immédiatement suscité l’intérêt d’une trentaine d’étudiants.
- Un master interdisciplinaire « Digital Society », consacré aux transformations numériques et enseigné en anglais, présenté comme un succès.
- Un bachelor entièrement en ligne en théologie, destiné notamment aux personnes exerçant une activité professionnelle ou ayant des obligations familiales.
Les masters traditionnels en économie, droit et psychologie restent très attractifs.
Parallèlement, plusieurs nouveaux programmes connaissent un fort succès :
- développement durable (Sustainable Development),
- European Global Studies,
- ingénierie biomédicale (Biomedical Engineering),
- informatique,
- biologie moléculaire,
- pharmacie et Drug Sciences.
L’Université de Bâle cherche surtout à se développer dans les domaines qui correspondent à ses priorités de recherche, soit: la santé et les sciences de la vie (Life Sciences), la numérisation, la durabilité et le changement social («gesellschaftlicher Wandel»).
À l’approche du semestre d’automne 2026, l’ETH Zurich et l’Université de Zurich (UZH) enregistrent une légère hausse du nombre de nouveaux étudiants malgré un marché du travail plus incertain pour les diplômés universitaires. Cependant, l’essor de l’intelligence artificielle modifie sensiblement les choix d’études.
L’ETH compte désormais plus de 26 000 étudiants, soit plus du double d’il y a vingt ans. Sascha Spoun, président de l’université Leuphana de Lunebourg et spécialiste de l’enseignement supérieur, s’explique cette croissance aussi par le fait que de plus en plus d’étudiants suisses et étrangers sont prêts à déménager pour leurs études.
Le Nouvelliste, en partenariat avec UniDistance, organise pour sa 2ème année consécutives le Rendez-vous de la formation, qui aura lieu le 17 septembre à Sion. Cette année, le sujet est le travail à coté des études. Selon l’article, 72% des étudiant·s allient études et travail.
«Face à cette réalité, les écoles tertiaires doivent-elles se renouveler et adapter leurs formations?»
«Le nombre d’animaux utilisés pour des expériences en Suisse a atteint un niveau historiquement bas en 2025. Dans le même temps, les contraintes sévères imposées dans le cadre de l’expérimentation animale ont augmenté.»
Une initiative populaire déposée en 2024 demande par ailleurs une interdiction totale de l’expérimentation animale. La date de la votation n’a pas encore été fixée et le Conseil fédéral recommande de rejeter ce texte.
Edouard Bugnion, professeur d’informatique à l’EPFL et vice-président pour l’innovation et l’impact à l’école polytechnique de Lausanne, est interrogé sur les études en informatique face à l’arrivée de l’IA.
Sur le front de l’emploi, après l’obtention d’un bachelor HES en technique et IT, 6,4% des diplômé·es sortent sans emploi, c’est un taux qui a doublé en deux ans selon les chiffres de l’OFS. Edouard Bugnion estime qu’il faut mettre les chiffres en perspective: «6,4%, c’est à peu près la moyenne de toutes les filières des étudiants qui sortent de nos études. Donc, il y avait historiquement un taux de chômage inférieur à la moyenne, substantiellement inférieur à la moyenne dans les domaines des technologies de l’information. Aujourd’hui, on revient un peu vers une moyenne, il ne faut pas mettre ça au-delà de simplement l’évolution de la conjoncture»
Par ailleurs, l’IA transformerait tout, «elle transforme bien évidemment les métiers de l’informatique, mais elle transforme encore plus d’autres métiers que l’on n’associe pas du tout à l’informatique». Il conseille donc aux élèves de faire des études qui les intéressent : «il n’y a aucune certitude sur les 40 ans d’une carrière»
Le partenariat européen FOREST lance son premier appel à projets conjoint avec le FNS, visant à mobiliser la recherche et l’innovation afin d’accélérer la transition vers une bioéconomie circulaire forestière durable. Ce partenariat vise à renforcer la résilience des écosystèmes, notamment en favorisant la biodiversité et la fertilité des sols, et à améliorer l’adaptation aux effets du changement climatique.
«La HES-SO Valais-Wallis signe une rentrée record, portée par l’ingénierie et les soins infirmiers.» Au total, il y a une croissance de 6,4% par rapport à 2025, qui contraste avec les économies fédérales annoncées.
François Seppey, Directeur de la HES-SO Valais-Wallis, regrette ces dernières : «La formation, la recherche et l’innovation sont des secteurs sur lesquels il n’est pas acceptable d’économiser.»
Mohammad Hosseini, chercheur spécialisé en éthique et intégrité dans la recherche à l’Université Northwestern et éditeur d’un journal scientifique, observe que de plus en plus d’études suivent la même formule: les scientifiques trouvent des bases de données publiques, les donnent à une IA, et génèrent ainsi une «belle étude».
En 2021, son journal recevait 160 soumissions. Cette année, il a déjà reçu plus de 800 de demandes de publications, ce qui pose des problèmes importants pour l’évaluation de la qualité des recherches.
Il estime que «Faire valoir l’éthique et la morale, promouvoir les bonnes pratiques, cela ne fonctionne pas. Il serait plus efficace de créer des régulations basées sur des lois existantes.» Les citations inventées par l’IA pourraient par exemple être considérées comme une faute professionnelle, ce qui aurait comme conséquence des sanctions et la perte des financements, voire des diplômes.
«Assurer la pérennité de sa carrière grâce à un diplôme à l’épreuve de l’IA est un défi de taille», affirme Charlie Ball, expert en emploi des diplômés chez Jisc, l’agence britannique chargée du numérique, des données et des technologies dans l’enseignement supérieur.
Il souligne que le débat devrait moins porter sur l’identification de parcours professionnels spécifiques à l’abri de l’IA, et davantage sur la manière de doter les jeunes d’un ensemble de compétences leur permettant de s’adapter rapidement aux évolutions du marché du travail.
Cependant, il nomme ces secteurs d’activité qui pourraient offrir une meilleure protection face à l’IA que d’autres:
- Recherche et développement
- Ingénierie
- Arts créatifs et divertissement
- Médecine
- Soins infirmiers et obstétrique/études de sage-femme («midwifery)
Selon un rapport publié mardi par l’Académie américaine des arts et des sciences, les établissements d’enseignement supérieur américains ont délivré 164 847 licences en sciences humaines en 2025, soit le chiffre le plus bas depuis 1991. Ce total représente une baisse de 30,4 % par rapport à 2012, année où les diplômes en sciences humaines connaissaient leur apogée.
Le nouveau recteur de l’Unil est interviewé dans le Temps et le téléjournal (Le 19h30), entre autres sur la précarité étudiante et les coupes budgétaires dans l’université.
«Intelligence artificielle, santé des étudiants, judiciarisation des rapports de travail: il précise ses priorités.» (Le Temps)
«Profondément inquiète des effets de l’offensive repétée contre les services pubiques au niveau fédéral et cantonal, l’Association du corps intermédiaire et des doctorant·e·s de l’Université de Lausanne (ACIDUL) a rejoint le comité unitaire « NON à l’arnaque fiscale des 12% .»
Par ailleurs, elle a publié un article sur les effets des coupes budgétaires cantonales à l’Unil. [«Cet article est en cours de révision, selon les retours des décanats.»]
«Ce montant englobe l’utilisation de réserves (440 millions) et des mesures d’économie (65 millions), mais reste suspendu au scrutin du 27 septembre sur la baisse d’impôts de 12%. […] « Si [cette initiative] est acceptée, des mesures d’économie seront inévitables, avec une diminution des prestations dans tous les domaines», a prévenu Christelle Luisier», ministre des Finances vaudoises.
Par rapport aux coupes fédérales dans le budget des hautes écoles suisses, Nicolas Dufour écrit dans l’éditorial: «Une stabilisation, peut être un léger coup de frein à redouter. Mais une coupe de 10% concernant le Fonds national suisse peut être jugée aussi aveugle qu’indéfendable.» d’autant plus qu’il y a des coupes cantonales pendant que les effectifs montent, par exemple à l’Unil. Le journaliste conclut: «la langueur, voire l’indifférence désormais réservée aux défis de la science et de la formation a de quoi inquiéter.»
«Trois semaines après son inauguration, le Campus Santé de Chavannes-près-Renens s’apprête à accueillir une foule d’étudiants. Les immatriculations à la Haute École de santé Vaud (Hesav) connaissent en effet une hausse spectaculaire par rapport à 2025: le bachelor en soins infirmiers enregistre une augmentation de près de 54%, avec 215 inscrits contre 140. Toutes filières confondues, la progression atteint 40%.»
En Suisse, les études d’économies révèlent de grandes disparités entre les universités. Un an après le diplôme, le taux de chômage atteint 17,3 % à Genève et 13,7% à Lausanne, contre seulement 2,7% à Saint-Gall (HSG). Cela pousse les universités à réagir face aux changements dans le secteur, notamment avec l’implémentation de l’intelligence artificielle. L’Université de Lausanne veut notamment renforcer son programme en numérisation et multiplie les évènements de réseautage comme les Career Days.
«Depuis le 7 octobre 2023, plusieurs étudiants gazaouis ont quitté leur territoire pour poursuivre leurs études à l’étranger, malgré des obstacles immenses. À Genève, neuf d’entre eux s’apprêtent à entamer leur cursus universitaire, grâce au soutien de l’association Alama.»
«En Suisse, la rentrée ne se fait pas sans quelques appréhensions quant à l’incursion de l’intelligence artificielle sur le marché de l’emploi. Trois personnes en formation offrent un regard plus positif sur la question.»
Le Grand Conseil valaisan apporte son soutien politique à un projet de master valaisan en médecine déjà bien avancé. En collaboration avec le canton de Fribourg, il pourrait accueillir ses premiers étudiant·es en 2029. «Seule l’UDC du Valais romand s’oppose, craignant des coûts trop élevés.»
L’Union européenne souhaite encourager l’innovation au sein de l’UE et redéfinit désormais les modalités d’attribution des marchés publics. Selon la proposition de la Commission eurpéenne, les entreprises suisses ne devraient en principe plus pouvoir participer à l’appel d’offres.
Ce financement concerne les nouvelles technologies expérimentales, c’est-à-dire des solutions que des communes ou des entreprises publiques souhaitent acquérir, mais qui ne sont pas encore disponibles sur le marché. Par exemple, des robots destinés aux hôpitaux ou des logiciels d’intelligence artificielle pour le ramassage des ordures.
Il s’agit d’une décision importante pour la Suisse, pôle de recherche et de développement étroitement lié à l’Europe. Le Directeur de Swissmem souligne: «Les entreprises et les universités suisses comptent parmi les meilleurs et plus importants partenaires [de l’UE], notamment en matière d’infrastructures de recherche.»
«L’offre d’enseignement fera encore plus la part belle à l’intelligence artificielle à l’occasion d’une rentrée marquée par un très léger recul des nouvelles admissions.»
Selon les chiffres de l’enquête «Réalité étudiante» réalisé par la FAE avec l’aide du centre FORS, près de la moitié des étudiant·es (46%) ne peuvent pas faire face à un imprévu de 500 CHF, et plus d’un tiers a déjà renoncé à des dépenses d’alimentation ou d’hygiène. Elles·ils seraient également 61,9% à sacrifier leurs loisirs faute de moyens, ce qui les isole de la vie du campus. Face à l’urgence et aux 400 demandes d’aide déjà reçues aux services des affaires sociales (SASME), l’Unil renforce son accompagnement social et envisage de créer des ateliers de gestion budgétaire.
De plus, pour défendre l’avenir de la formation, la FAE veut sensibiliser la population et les politiques et appelle à voter NON à l’initiative « 12% » le 27 septembre.
«Alors que les négociations sur le budget de l’UE pour la période 2028-2034 entrent dans une phase décisive, la Ligue des universités européennes de recherche (LERU) et six autres grandes organisations de recherche européennes [Cesaer, Coimbra Group, EU-Life, EUA, The Guild et Yerun,] appellent les États membres et le Parlement européen à placer résolument la recherche et l’innovation au cœur de la stratégie d’investissement de l’Europe.»
«De nombreux jeunes aux études se privent de nourriture, de produits d’hygiène ou de soins médicaux faute de moyens. Ce constat est issu d’un sondage effectué par la Fédération des associations d’étudiants de l’Université de Lausanne, dont les premiers résultats ont été publiés mercredi, à quelques jours de la rentrée universitaire.»
«Le Financial Times a publié son classement annuel des meilleurs programmes de Master en Management dans le monde (FT Ranking 2026). HEC Lausanne (UNIL) est fière d’annoncer que son Master en Management se classe au 58ème rang mondial, soit une progression de 17 places par rapport à l’année dernière.»
Un rapport de l’Observation suisse de la santé (Obsan) prédit une aggravation de la pénurie de personnel soignant en Suisse, après avoir analysé trois niveaux de qualification allant des aides diplômés aux infirmier·ères tertiaires. Cette étude s’intéresse également à l’évolution du nombre de diplômé·es qui vont intégrer ces institutions de santé. Ce rapport indique que, actuellement, les diplômés suisses ne couvrent que 40 à 55% des besoins des hôpitaux, EMS et soins à domicile, tandis que 14% des étudiant·es abandonnent leur cursus par manque d’accompagnement. Investir dans la formation des infirmiers est donc une solution clé pour revaloriser la profession et pallier le manque de médecins.
Face à une pénurie qui s’aggrave, la Suisse ne peut plus dépendre uniquement du recrutement à l’étranger. Pour y répondre, l’offensive de formation lancée en 2024 vise à monter le personnel en compétences, lui offrant plus d’autonomie pour soulager directement les médecins dans la prise en charge des patient·es. Parallèlement, les débats à Berne prévoient d’améliorer les conditions de travail pour pérenniser la relève, notamment via des perspectives de carrière claires, la participation à l’organisation du travail et une réduction du temps de travail à salaire égal.
Depuis sa création en 2007, l’ERC n’a jamais ajusté ses plafonds de financement pour tenir compte de l’inflation, qui a progressivement fait grimper les coûts liés au fonctionnement des laboratoires, à l’achat de matériel et, surtout, au recrutement de personnel.
Avant même que les scientifiques ne puissent acheter le moindre équipement, une grande partie de la subvention est absorbée par les salaires, les frais généraux des établissements et d’autres coûts indirects universitaires, qui étaient auparavant plafonnés à 20 % des coûts directs éligibles, avant qu’un taux forfaitaire de 25 % ne devienne la norme de l’ERC dans le cadre d’Horizon 2020. Et les salaires ont aussi augmenté, tout particulièrement en Allemagne. En l’espace de dix ans seulement, un chercheur y a constaté une hausse des salaires d’environ 35%.
«Désinformation, risques environnementaux pour la santé, crises sociales : comment la recherche peut-elle contribuer à éclairer les décisions publiques ?» À la Faculté des sciences sociales et politiques (SSP) et à la HEC de l’Unil, plusieurs chercheur·euses mettent leur expertise au service d’un réseau national qui rapproche sciences et autorités.
Jérôme Valluy, maître de conférence en sciences de l’information et de la communication à Paris 1, Panthéon-Sorbonne, témoigne des bouleversements que l’IA a introduit dans le domaine de l’enseignement supérieur.
Il affirme : «Il faut absolument que les profs plongent dans cet océan glacé avant les étudiants, qu’ils se mouillent pour pouvoir indiquer aux étudiants où sont les récifs, quels sont les dangers, quels sont les risques, quelles sont les précautions à prendre. Or, il n’y a qu’une seule façon de connaître ces machines, c’est de les utiliser de façon intensive et continue pendant des temps très longs. Or, ça n’a pas été fait jusqu’à présent par la plupart des professeurs d’université, puisqu’on estime que moins de la moitié s’y sont mis, alors que près de la totalité des étudiants sont déjà sur ces machines. Donc ce décalage entre professeurs et étudiants est très problématique.»
Jérôme Valut a par ailleurs lancé une méthode «un peu particulière» (selon un journaliste de la RTS), d’évaluer la prise de note des étudiants durant le cours.
Plusieurs rapports contradictoires alimentent une polémique d’indépendance concernant les coûts de la création d’une centrale nucléaire. Un rapport des Académies suisses des sciences annonçant des coûts jusqu’à 43 milliards de francs aurait été trompeur et contiendrait des faiblesses méthodologiques, ont dénoncé sept chercheurs et chercheuses de l’ETH Zurich, de l’EPFL de Lausanne et de l’Institut Paul Scherrer (PSI) dans une lettre à la «NZZ am Sonntag». Bien que l’Académie estime que son estimation soit correcte et que la publication n’était pas «destinée à une revue scientifique spécialisée», elle reconnait une erreur de chiffres dans la publication.
La Haute Ecole spécialisée de Zurich (ZHAW) a également été accusée d’être instrumentalisée par les opposant·es du nucléaire. Une étude mandatée par la Fondation Suisse de l’Energie (SES) et menée par le professeur Jürg Rohrer conclut que le projet nucléaire soutenu par Albert Rösti mettrait en danger jusqu’à 16’000 emplois. Trois députés cantonaux zurichois voient un éventuel conflit d’intérêts et estiment que l’indépendance scientifique de l’étude par rapport à la base de calcul «nécessite tout particulièrement d’être clarifiée». La ZHAW rejette ces accusations. Elle affirme être «attachée à l’indépendance scientifique et à une recherche sans a priori».
Selon un rapport de la plateforme néerlandaise de journalisme d’investigation « Follow the Money », des fonds européens auraient fait l’objet d’un détournement dans au moins cinq communautés d’innovation de l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT). Ce dernier est accusé par des ancien·nes employé·es de «détournement de fonds publics, d’éventuels conflits d’intérêts, des défaillances en matière de contrôle, voire des cas potentiels de fraude » dans la moitié des Communautés de connaissances et d’innovation (CCI).
Cela renforce la pression en faveur d’une réforme de la législation régissant l’EIT, suite à la faillite de la communauté «Fabrication» de l’EIT survenue plus tôt en 2026.
Dans le but de renforcer les normes en matière de recherche, les gouvernements et les organismes de financement des pays dotés de systèmes de recherche émergents mettent de plus en plus en place des mesures disciplinaires à l’encontre des chercheurs qui commettent des fautes. Ces mesures comprennent notamment la suppression des primes, la restriction de l’accès aux subventions et la baisse du classement des établissements liés à des cas de mauvaise conduite.
Ces réformes interviennent alors que les cas de mauvaise conduite scientifique sont en augmentation dans le monde entier.
La science invoque régulièrement l’idée de servir l’intérêt général, ne serait-ce que pour justifier, en partie, son financement public. Pourtant, on reconnaît de plus en plus que les structures et les mécanismes d’incitation actuels en matière de recherche font obstacle à la réalisation de cet idéal.
Les autrices de cette publication proposent une conception en réseau qui considère la science comme inhérente au bien commun et constitutive de celui-ci, inspiré de la tradition aristotélicienne.
«Un accord ouvre la voie au transfert, d’une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars, de projets de l’Institut des maladies infectieuses des NIH [Instituts nationaux de la santé] vers le ministère de la Défense.»
«En partant du principe que le ministère de la Défense consacre ces fonds à la recherche scientifique, celle-ci risque de se concentrer moins sur le citoyen américain lambda que sur la santé des soldats », s’inquiète un employé de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID).
Et des chercheur·es en biosécurité mettent en garde contre le fait que le transfert de la recherche biomédicale vers le secteur militaire menace la transparence et la transposition clinique qui caractérisent les travaux financés par les NIH.
«Les élèves de 15 ans en Suisse obtiennent de bons résultats en sciences et en lecture mais surtout en mathématiques où ils sont dans le top 10 mondial, selon la dernière enquête PISA publiée mardi. Depuis 2015, les compétences en lecture et mathématiques sont toutefois en baisse, aussi bien en Suisse que dans l’OCDE.»
Le Conseil fédéral ne voit aucun moyen de mieux rémunérer les cantons universitaires pour leurs prestations en matière de formation. Les cantons sans université, notamment les plus petits, refusent jusqu’à présent catégoriquement de mieux soutenir les étudiants originaires de leur canton en modifiant l’accord intercantonal universitaire.
Seule exception : le canton de Bâle-Campagne, qui est devenu en 2007 le deuxième canton de référence de l’Université de Bâle. Le refus catégorique du Conseil fédéral de modifier la pratique actuelle renforce la probabilité que le canton de Bâle-Campagne réduise massivement, par référendum, les contributions versées à l’Université de Bâle. L’initiative lancée par les communes contre le mode de financement actuel n’est pas sans chance.
Si le canton de Bâle-Campagne finançait ses étudiants de la même manière que les autres cantons non-universitaires, l’Université de Bâle se retrouverait avec un déficit annuel de 125 millions de francs – une somme qui ne pourrait être compensée qu’en fermant plusieurs facultés.
La victoire de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) en Saxe-Anhalt (ex-RDA) menace directement les universités, dans un pays où l’éducation relève de la compétence exclusive des Länder. La Saxe-Anhalt dispose de l’Université Martin-Luther de Halle-Wittenberg (MLU) et l’Université Otto-von-Guericke de Magdebourg (OVGU), ainsi que plusieurs écoles de sciences appliquées.
Les préoccupations du secrétaire général de la Guilde des universités européennes à forte intensité de recherche, Jan Palmovski, exprimées sur LinkedIn, vont tout particulièrement aux minorités de ce pays, notamment aux Juifs·ves, aux immigré·es et aux réfugié·es, craignant que le climat social à leur égard ne devienne plus hostile, et que l’on puisse bientôt tenir en public des propos qui, aujourd’hui, seraient inacceptables.
Puis, il détaille les méfaits du programme de l’AfD qui vise notamment à supprimer les études de genre et postcoloniales, à se rapprocher de la Russie et revenir à la situation antérieure au processus de Bologne, entre autres.
Selon l’éditorial du Blick, «La Suisse n’a pas besoin d’un maximum de diplômé·es de l’enseignement supérieur. Elle a besoin de bons professionnels – et d’excellents diplômé·es de l’enseignement supérieur. Il craint, comme Rudolf Strahm, une académisation du pays : «On observe désormais les premiers signes en Suisse également. […] C’est justement maintenant, alors que l’IA met sous pression de nombreuses activités académiques, que de plus en plus de jeunes sont attirés par le lycée et l’université.»
À l’approche de la rentrée universitaire, de nombreux·euses étudiant·es cherchent encore à se loger, notamment à Genève et Lausanne. Le principal bailleur académique du canton de Vaud, La Fondation Maisons pour Étudiants Lausanne (FMEL), a enregistré entre 3000 et 4000 demandes pour la rentrée. Parallèlement, la hausse des prix touche également le marché privé. Sur la plateforme commune de l’Unil et l’EPFL, qui met en relation étudiant·es et logeur·euses, les tarifs des chambres chez l’habitant ont progressé. Alors qu’ils oscillaient auparavant entre 700 et 750 francs, ils atteignent désormais 800 francs par mois.
«23 organisations actives dans les domaines de la formation, de la jeunesse et du sport – dont swissuniversities – se prononcent, dans une lettre commune, en faveur de la participation de la Suisse au programme Erasmus+ dès 2027.» (Swissuniversities)
«190 millions de francs, voilà l’enveloppe que le Parlement doit débloquer pour renouer avec le programme européen, c’est 142 millions de plus que ce que coûte le programme national qui a remplacé Erasmus après l’exclusion de la Suisse en 2014, et pour certains élus, c’est tout simplement trop cher. La commission des finances recommande d’ailleurs au Conseil des États de dire non et même la commission de l’éducation dit timidement oui à une voix près. Pour les milieux concernés, au contraire, cet argent serait très bien investi.» Erasmus+ offre des opportunités dans la formation professionnelle, le sport, les activités de jeunesse et même l’école.
Pour David Rey, président du syndicat des enseignants romands, il s’agit d’un programme qui est très intéressant permettant d’aller échanger avec des collègues d’autres pays qui ont des systèmes scolaires différents, des organisations différentes, jugeant que c’est intéressant de pouvoir aller voir ce qui se passe ailleurs pour revenir après en Suisse avec des bonnes pratiques, des idées pour essayer de faire évoluer notre système. «Je pense que c’est l’ensemble de la société, de l’économie qui peut profiter de ce genre de programme.»
Le Conseil des Etats se prononcera en septembre, mais même en cas d’un «Oui», le retour rapide de la Suisse dans le programme européen sera encore suspendu au verdict du Conseil National à la fin de l’année. (RTS : La Matinale)
Une nouvelle chaire dédiée aux laves torrentielles a été créée par l’Université de Genève, dirigée par Markus Stoffel. «L’idée est de «mieux comprendre à quel degré le changement climatique va influencer ces processus et comment», relève-t’il.
Il s’agit aussi d’évaluer comment ces mécanismes vont impacter l’aménagement du territoire et donner à la population et aux autorités la possibilité de se préparer.
«Les prix Ig-Nobel ont quitté les Etats-Unis pour la première fois de leur histoire. Ces récompenses parodiques, qui distinguent des recherches scientifiques aussi sérieuses qu’insolites, ont été décernées jeudi au Palais des congrès de Zurich.» (RTS)
À mesure que les capacités de l’IA se développent, les scientifiques et les maisons d’édition étudient comment celles-ci peuvent faciliter l’évaluation par les pairs — et dans quels domaines elles présentent encore des lacunes.
À la tête d’UBS Suisse entre 2006 et 2010 et actuel président de la Fondation pour l’Université de Neuchâtel, Alain Robert-Tissot précise le rôle et les ambitions de la plus jeune fondation universitaire de Suisse. Créée en 2021, cette institution prend vie dans un contexte de plus en plus complexe et compétitif pour le monde académique. L’ancien dirigeant insiste sur le fait que l’apport d’argent privé ne se substitue en aucun cas aux financements publics et usuels alloués aux différentes facultés. Il déclare cependant : « Les universités vont devoir davantage rechercher des fonds hors du secteur public. »
La Fondation agit alors comme un accélérateur grâce à la levée de fonds tiers, ce qui lui permet de soutenir de manière agile des projets jugés particulièrement porteurs. «Le premier servira à renforcer l’attractivité de l’Université de Neuchâtel pour les étudiants étrangers en créant une nouvelle filière de psychologie. Le deuxième développera une expérience sur la biodiversité à Chasseral. L’étude simulera une augmentation de la température de 2 degrés sur les organismes d’un périmètre défini. Finalement, le troisième projet sera consacré au soutien de la filière de journalisme de l’Université.» (RTN)
Pour faire connaître La Fondation, celle-ci a accueilli la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter pour discuter des finances publiques.
«La Confédération lance un essai avec des logiciels open sources, des programmes dont le code est public et qui n’appartiennent à aucun géant de la tech.»
«Ce projet pilote va concerner 3000 postes de travail, soit 7% du personnel de l’administration fédérale. Mais pas n’importe qui, en priorité les employés qui ont accès aux données les plus sensibles, notamment les dossiers du Conseil fédéral.»
Des universitaires européens affirment être de plus en plus confrontés à des cyberattaques et à des actes d’intimidation de la part de la Russie, alors que les tentatives de Moscou visant à étouffer les recherches critiques s’étendent à l’Union européenne.
Plusieurs organismes de recherche européens spécialisés dans la politique et l’histoire de l’Europe de l’Est déclarent avoir été victimes de tentatives de piratage et avoir été qualifiés d’organisations «indésirables», voire «extrémistes», ce qui revient à criminaliser toute forme de coopération.
Certains chercheurs allemands ont même été avertis par les services de sécurité que des pirates informatiques pourraient tenter de dérober des documents à caractère compromettant les concernant et de les publier sur Internet.
Partout dans le monde, les enseignant·es repensent leurs méthodes d’évaluation : qu’il s’agisse de concevoir des examens que les outils d’intelligence artificielle ne peuvent pas réussir ou d’intégrer subrepticement des consignes cachées destinées à l’IA dans les exercices afin de démasquer les étudiant·es qui trichent.
«Jusqu’au 4 septembre, Genève est le centre névralgique de la biologie computationnelle européenne. Un champ interdisciplinaire qui explore les jeux de données disponibles pour mieux comprendre le vivant.»
Aleksandra Walczak, biophysicienne, en explique les enjeux, notamment concernant l’accessibilité des données de recherche. (Le Temps)
Christophe Dessimoz, directeur de l’Institut Suisse de bioinformatique, résume: «Les données, c’est bien sûr le fondement de la science. Mais on voit que c’est aussi de plus en plus important pour les défis de société, comme la santé, la sécurité alimentaire ou la biodiversité. […] Il faut pouvoir faire parler toutes ces données entre elles, les connecter, en employant des outils, comme des bases de données, des méthodes d’informatique comme on les a dans la bioinformatique.» Et ce d’autant plus à l’ère de l’intelligence artificielle. «Et c’est un domaine où la Suisse est très forte», conclut le directeur. (RTS)
L’intelligence artificielle peut faciliter l’enseignement et l’apprentissage. Elle ne devrait toutefois pas nous faciliter la tâche à l’excès. Les pédagogues Sascha Schneider et Joshua Weidlich de l’Université de Zurich (UZH) s’expriment sur les chatbots, l’externalisation de la réflexion et les difficultés souhaitables.
L’UZH met en place un système de tutorat basé sur l’IA, dans lequel les enseignant·es peuvent développer ensemble leurs cours et échanger sur la manière d’utiliser l’IA de manière pertinente dans l’enseignement. Il y a également un projet en cours visant à développer davantage les possibilités innovantes en matière d’organisation de l’enseignement.
L’UZH travaille également sur des systèmes de soutien basés sur l’IA. Un «buddy» IA devrait aider les étudiant·es à structurer leurs études et indiquer aux enseignant·es, par exemple, quels cours traitent de contenus similaires et où se trouvent les liens thématiques. Cela permettrait de mieux mettre en réseau les connaissances, plutôt que de les confiner dans des « silos » de cours.
La Haute école spécialisée à distance de Suisse (FFHS), dont le siège est à Brigue, a remporté l’appel d’offres lancé par Armasuisse pour assurer la formation technique de spécialistes civils en cybersécurité pour l’Armée suisse.
«Face à la multiplication de diplômes universitaires liés à des «médecines complémentaires», plusieurs praticien·nes et enseignant·es dénoncent un entrisme des pseudosciences. Une mission de «cartographie et d’évaluation de la qualité» des formations doit être lancée pour «mieux les réguler».»
«Réduire les inégalités scolaires, mieux évaluer les pratiques pédagogiques, produire des connaissances directement mobilisables : telle est l’ambition du Programme prioritaire de recherche [PPR] Sciences pour l’éducation, qui entend structurer durablement la recherche française sur les grands défis éducatifs. […] Les recherches du PPR Sciences pour l’Éducation – qu’elles portent sur les apprentissages, les pratiques pédagogiques, l’orientation, la formation des enseignants, l’organisation scolaire ou encore le numérique éducatif – doivent contribuer à produire des solutions concrètes capables d’améliorer durablement le fonctionnement de l’ensemble du système éducatif, soit de l’école primaire à l’entrée dans l’enseignement supérieur. Chaque dispositif soutenu doit également être conçu pour mesurer précisément ses effets sur les élèves, les enseignants et les établissements scolaires.
Les retombées attendues pour la société sont nombreuses : améliorer la qualité des apprentissages et des résultats scolaires et réduire les inégalités éducatives afin de renforcer l’égalité des chances et la cohésion sociale. […]»
Les déplacements professionnels des scientifiques constituent l’une des principales sources d’émissions de CO2 de la recherche. Pour y remédier, le Fonds Nation Suisse (FNS) instaure de nouvelles directives applicables dès le 1er septembre 2026. L’objectif est de voyager de manière plus durable en réduisant et regroupant les déplacements. Les scientifiques sont ainsi invité·es à privilégier les réunions en ligne ou des transports plus respectueux du climat comme le train, même si les coûts s’avèrent plus élevés.
Ces mesures s’intègrent dans la stratégie de durabilité du FNS, regroupant également son adhésion à l’Agenda 2030 des Nations Unies et sa contribution active à la Stratégie pour le développement durable 2030 de la Confédération.
Walter Rosenthal, président de la Conférence allemande des recteurs d’université, se penche sur cette question dans la perspective des prochaines élections régionales. Dans cette interview, il explique quelles mesures ont été prises face à la potentielle montée au pouvoir de l’extrême droite. Il s’inquiète notamment des atteintes annoncées à la liberté des établissements d’enseignement supérieur de déterminer leurs thèmes de recherche et leurs programmes d’enseignement constitueraient une violation de la liberté scientifique protégée par la Constitution. La suppression prévue du système licence-master nuirait durablement à la mobilité des étudiants.
«Sur le plan politique, les directions des établissements d’enseignement supérieur sont […] tenues à la neutralité, mais il y a des limites. Si, par exemple, la Loi fondamentale est bafouée ou menace de l’être, alors chacun doit adopter une position très, très claire. Nous devons sans cesse rappeler que la solidarité entre les institutions scientifiques, mais aussi la solidarité avec d’autres groupes sociaux, est un élément central. Et cela implique que nous adoptions une position claire.»
La Suisse n’est pas membre du programme Copernicus, et le Conseil fédéral a réaffirmé cette position en juin pour la période 2028-2034, contre la volonté du Parlement. Il justifie cette décision par la situation financière tendue : selon les estimations, l’adhésion coûterait à la Suisse environ 48 millions de francs par an.
La plupart des données brutes de Copernicus sont librement accessibles et peuvent être utilisées sans adhésion – par exemple pour le suivi national de la sécheresse ou la surveillance des risques naturels en Suisse, notamment afin de détecter à temps d’éventuels glissements de terrain. En adhérant, elle pourrait contribuer à ce que Copernicus adapte davantage ses données aux besoins des Alpes – par exemple pour l’observation des glaciers ou des mouvements de terrain.
Cette absence d’adhésion a également des conséquences économiques. Selon une étude réalisée à la demande de la Confédération, les entreprises suisses perdent ainsi chaque année des marchés d’une valeur d’environ 35 millions de francs.
Le Conseil fédéral prévoit de réexaminer la question de l’adhésion à ce programme en 2032. Le Parlement pourrait toutefois encore influencer cette décision : une motion est actuellement en cours d’examen, qui demande au Conseil fédéral d’entamer rapidement des négociations en vue de la participation de la Suisse au programme européen d’observation de la Terre «Copernicus». Le Conseil national l’a approuvée en juin ; c’est désormais au Conseil des États de se prononcer.
«Le 2 septembre 2026, le Conseil fédéral a nommé Tobias Walser, scientifique de l’environnement, au Conseil des EPF en tant que délégué des assemblées des écoles de l’ETH Zurich et de l’EPFL.»
Le magazine Nature a interrogé neuf recruteurs et chercheurs pour identifier les compétences clés pour les scientifiques de tout horizon à l’ère de l’IA.
Les expert·es conseillent d’intégrer ces technologies au quotidien et de maintenir une veille active face à leur évolution rapide. « Il n’est pas nécessaire d’apprendre toutes les recettes du monde pour se sentir à l’aise en cuisine… mais il faut avoir des connaissances de base » souligne Regina Barzilay, informaticienne au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Face aux résultats générés, la rigueur reste indispensable. Il faut systématiquement vérifier les réponses de l’IA, notamment en s’assurant que ses estimations de probabilité correspondent aux distributions réelles des données de test. Enfin, pour les scientifiques souhaitant aller plus loin, les recruteurs recommandent de maîtriser Python, le langage de programmation incontournable du domaine.
Dans un entretien pour le journal Le Temps, le directeur général des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), Robert Mardini, revient sur les enjeux et défis économiques de l’institution. Il aborde également les impératifs de formation et d’encadrement des futurs médecins.
Bien que le nombre de diplômé·es en médecine en Suisse a augmenté, passant de 882 en 2016 à 1381 en 2024, la capacité des hôpitaux à offrir une formation postgraduée de qualité est arrivée à saturation, selon lui. En tant que premier centre de formation en Suisse romande, les HUG constituent le principal goulet d’étranglement. Le manque de personnel encadrant et de structures adaptées empêche d’absorber efficacement ce flux de jeunes diplômé·es. Pour éviter la rupture, la direction a dû échelonner l’embauche de 435 médecins et soignant·es sur quatre ans, une planification qui suffira à peine à combler la pénurie.
Alors que la Suisse anticipe 40 000 postes médicaux vacants d’ici 2030, Robert Mardini avertit qu’augmenter le nombre d’étudiant·es est inutile sans une stratégie de rétention. L’accent doit dès lors être mis sur la création de vrais plans de carrière médicaux et une réorganisation profonde des plannings hospitaliers.
Le 3 septembre prochain, l’UNES propose une conférence autour des enjeux d’une éventuelle association de la Suisse au programme Erasmus+ . La principale organisation faîtière et syndicale de représentation étudiante au niveau national propose d’échanger avec les étudiant·es des hautes écoles et universités suisses autour de deux questions centrales : Pourquoi Erasmus+ est-il important pour la formation, l’économie et la société suisse? À quoi pourrait ressembler une association concrète et comment la Suisse pourrait-elle en tirer le meilleur parti ?
Le «Joint Medical Master», le master de médecine de Saint-Gall, a vu le jour en 2020. Mais cette structure complexe, fruit d’une collaboration entre l’Université de Zurich (UZH), l’hôpital cantonal de Saint-Gall et l’université de Saint-Gall (HSG), n’a fait ses preuves que partiellement. Dans le cadre du projet «Med500+», les études de médecine doivent faire l’objet d’une réforme en profondeur et le nombre de places doit passer de 430 à 700 pour 2030. Et cette structure s’appellerait alors «Campus médical de l’UZH en Suisse orientale», alliant enseignement, formation clinique et recherche sur le site de Saint-Gall. L’Université de Saint-Gall n’en fait plus partie.