«Le coût élevé de la maternité pour les chercheuses»
«De nombreuses docteures repoussent leur projet parental de peur de freiner leur carrière». Plusieurs scientifiques témoignent d’un climat de travail hostile aux projets de famille des jeunes chercheuses. Dans un univers universitaire hyper-concurrentiel et internationalisé, la raréfaction des postes exacerbe les inégalités de genre. Ainsi, une femme sur trois quitte la recherche académique après avoir eu un enfant, selon une étude sur le parcours de 13 000 scientifiques.
Face à ce constat, beaucoup de chercheuses attendent d’avoir un poste fixe pour essayer d’avoir un enfant, quitte à s’exposer plus tard, à l’approche de la quarantaine, à des fortes difficultés de conception. Ces freins structurels dans le monde académique peuvent se traduire jusque dans les recrutements. Selon la chercheuse Marie Janot-Caminade, des rapports de jurys de Maîtres de Conférences reprochent continuellement aux candidates le « trou » dans leur carrière, sans jamais envisager l’existence légitime d’un congé maternité.
Poussées à bout par une institution qui ne reconnaît pas leur investissement, de nombreuses scientifiques finissent par s’interroger sur le sens de leur engagement. L’abandon de la voie académique ne se fait généralement pas d’un coup, mais est souvent progressif.