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Les sciences humaines et sociales en crise ?

Le rédacteur Thomas Ribi analyse dans la NZZ les crises successives qui secouent les sciences humaines, ravivées au printemps 2026 par les débats sur le manque de financement public dans ces disciplines.

Face à une Confédération qui aurait tendance à privilégier les projets à forte utilité économique, ces domaines luttent pour leur reconnaissance depuis leur naissance au XIXe siècle tout en demeurant indispensables pour décrypter les contradictions du monde moderne. En début de l’année le Conseil fédéral n’a pas accordé de pôle de recherche national à ce domaine. Suite à une lettre de protestation, un appel à projets spécial a été lancé à l’intention des projets relevant des sciences humaines et sociales. Un autre domaine de recherche va désormais bénéficier d’un financement, il reste en ce moment ouvert lequel.

Ce qui préoccupe en partie les chercheur·euses, outre des besoins financiers, c’est « le sentiment profond de devoir toujours passer après les autres », comme l’a écrit l’Académie des sciences humaines et sociales.

Thomas Ribi écrit que de nombreuses universités et instituts s’adaptent à l’air du temps en proposant des cursus tels que les «Digital Humanities» ou les «Social Media Studies», qui promettent un diplôme valorisable sur le marché du travail.
«Ou bien elles s’enlisent dans une recherche soi-disant politiquement engagée : l’activisme anti-israélien est présenté comme de la science, tandis que la science établie est démasquée comme un concept raciste grâce auquel l’Occident a asservi le monde. Cela ne rend pas pour autant les sciences humaines plus crédibles.»

Il estime qu’au fonds, leur mission reste la même : comprendre comment l’homme façonne le monde. «Tant qu’ils s’acquittent de cette mission, ils ne sont pas superflus.»

  • 14.10.2026 – Neue Zürcher Zeitung – Geisteswissenschaften in der Krise – na und