«La Suisse manque de médecins, mais recale des centaines d’étudiants»
Face à la dépendance de la Suisse aux médecins étrangers et à la forte sélectivité des cursus médicaux, améliorer la situation semble complexe mais nécessaire. La recherche de solutions bute notamment sur des questions financières. En 2016, la Confédération avait ainsi alloué 100 millions de francs à un « programme spécial en médecine humaine » afin d’augmenter le nombre de diplômés annuels, passant de 880 en 2016 à 750 places d’études supplémentaires chaque année.
Au-delà du manque de moyens financiers, des critiques sur les cursus sont également formulées par les étudiant·es. « Au-delà du nombre de places très restreint, je trouve que l’examen actuel favorise les profils très académiques, plutôt portés sur les spécialités, et ne valorise pas assez les qualités humaines ou le savoir être, qui sont au cœur du métier de généraliste.» déclare une étudiante en médecine.
De son côté, Patrick Bodenmann, vice-doyen de la faculté de médecine de Lausanne, insiste sur la nécessité d’une volonté politique claire, matérialisée par un engagement financier. Il nuance toutefois les demandes d’immersion clinique plus précoce en rappelant le manque de disponibilité des praticien·nes et l’obligation pour les étudiant·es d’acquérir un bagage théorique suffisant pour que les stages soient pertinents.