«Les sciences sont attaquées parce qu’elles ont trahi la promesse faite aux puissances»
Les sciences de l’environnement, nées pendant la guerre froide au service des militaires, se sont muées en sciences d’alerte, rappelle le chargé de recherche en philosophie (CNRS, Aix-Marseille Université) Sébastien Dutreil.
«Ce n’est pas la science qui est attaquée [aux Etats-Unis et en Argentine, de la manière la plus brutale; ailleurs, y compris en France, sous d’autres formes]. Il y a des perdants – environnement, biomédecine, humanités critiques – et des gagnants – quantique, IA, matériaux critiques. Ce qui est en cause, ce n’est pas la science motrice d’innovation, de progrès technique et de l’abondance : ce sont les sciences de la limite et du contre-pouvoir ; c’est l’université dépositaire des valeurs des Lumières – tolérance, égalité, démocratie, universalisme, émancipation, discussion critique.»