- 25.11.2025 Revue de presse Unil
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25Nov2025
24Nov2025
Politique des hautes écoles
A propos du budget cantonal 2026 et la grève du 25.11.
Selon Olivier Meuwly, historien et politologue interviewé par Le Temps, «le refus du budget vaudois de la part de la gauche, avant même d’entamer les débats» s’inscrit dans un contexte de «durcissement des fronts», dans lequel tout compromis peut être considéré comme «une trahison». Il note que «le budget a une importance réelle dans la mesure où il n’y a pas moyen d’attaquer autrement. «S’il y avait le référendum budgétaire dans le canton, ça se réglerait par le vote du peuple. On l’a toujours refusé au nom de la stabilité», déclare-t-il. (Le Temps)
Selon Frédéric Julliard, responsable de la rubrique lémanique du Temps, «en demandant des efforts à sa fonction publique, en proposant des coupes d’urgence tout en réfléchissant à des économies structurelles, le Conseil d’Etat vaudois a le mérite d’affronter la réalité». Selon lui, les «errements passés» (la non-application du bouclier fiscal) méritent d’avoir des solutions réfléchies. Ainsi il encourage à «proposer des solutions», «débattre» et «faire des concessions». (Le Temps)
Selon André Würgler, la droite, «majoritaire autant au Grand Conseil qu’au Conseil d’État, c’est bien elle qui est responsable de la situation catastrophique actuelle» vis-à-vis du budget cantonal de 2026. (24 heures)
Par rapport à la grève du 18.11. et la manifestation de plus de 20’000 personnes en soutien à la fonction publique, un correspondant au Monde écrit: «Cette grande manifestation est inédite par son ampleur dans un pays peu porté sur la contestation, et qui règle habituellement ses divergences dans les innombrables votations (référendums ou initiatives) rythmant la démocratie directe. Signe avant-coureur d’un consensus helvétique qui se fissure, le cas vaudois est intéressant à plus d’un titre.»
La grève reprendra le 25 et peut-être le 26 novembre 2025. Voici le programme pour l’UNIL.
Rage kit a publié plusieurs émissions sur la grève vaudoise du 18. L’épisode 2 traite de la motivation des grévistes et l’épisode 3 sur la question pourquoi les femmes sont particulièrement touchées par les mesures d’austérité dans les crèches et dans le domaine de la santé.
Hausse de 100 francs de la taxe d’études à l’Université de Berne
«Dès le semestre d’automne 2026, la taxe d’études passera de 750 à 850 francs à l’Université de Berne et à la Haute école spécialisée bernoise (BFH). » (Le Courrier)
Les frais d’inscription supplémentaires payés par les étudiant·es étrangers·ères augmenteront également. Ils passeront de 200 francs par semestre à 1700 francs. Ce groupe paiera donc à l’avenir des frais d’inscription environ trois fois plus élevés que leurs camarades suisses. (Watson)
«Des changements majeurs sur la protection de nos données se préparent»
«La Commission européenne veut modifier sensiblement plusieurs règlements sur le numérique, du RGPD aux textes encadrant l’intelligence artificielle. Les informations personnelles des internautes pourraient notamment être plus facilement utilisées par les géants de l’IA.» C’est à se demander «si cet omnibus numérique ne vise pas à faire plaisir à Donald Trump et à ses champions du numérique.» s’interroge François Charlet, juriste et spécialiste de la protection des données.
Formats pédagogiques innovants à l’interface entre science et société
Ce rapport met en avant l’importance du dialogue entre la science et la société pour répondre aux grands défis contemporains. Une voie essentielle pour renforcer ce lien, dans une perspective inter- et transdisciplinaire, consiste à proposer des formats d’enseignement qui encouragent les étudiant·e·s à s’engager dans la sphère publique. Or, il manquait jusqu’ici une collection représentative de bonnes pratiques au sein des hautes écoles suisses.
S’appuyant sur un recensement non exhaustif de cours existants en Suisse et sur des ateliers participatifs avec des enseignant·e·s, cette publication présente des exemples concrets issus d’institutions suisses et introduit une nouvelle typologie des formats d’enseignement à l’interface science-société. Cette typologie offre un cadre structuré permettant d’analyser et de concevoir des cours selon six dimensions.
Le rapport met également en lumière les opportunités et les défis liés à la mise en œuvre de ces formats pédagogiques. Enfin, il propose trois axes prioritaires d’action pour renforcer et développer l’éducation orientée vers la relation entre science et société.
Octobre 2025 – Valeurs records dans l’Encouragement de projets du FNS
«Alors que les contributions fédérales stagnent, l’encouragement de projets du FNS atteint un niveau record avec 1451 requêtes demandant 1,3 milliard de francs. Le FNS en analyse les raisons et réexamine ses mesures existantes.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 24 novembre 2025
«Carine Carvalho, nouvelle préfète pour le district de Lausanne»
Carine Carvalho, codirectrice du Bureau de l’égalité à l’Unil, a été désignée par le Conseil d’État comme nouvelle préfète du district de Lausanne. Elle entrera en fonction le 1er mars 2026.
21Nov2025
Politique des hautes écoles
La présidente du Conseil d’Etat, Christelle Luisier, défend le budget 2026 face à une opposition «inédite»
«La présidente du Conseil d’Etat, Christelle Luisier, défend le budget 2026 face à une opposition et à des critiques inédites. Mesures d’austérité, dialogue avec la fonction publique, maintien des baisses fiscales: elle explique les choix à faire pour préserver les prestations.»
Moins d’étudiants sont partis à l’étranger en 2024 et leur santé psychique est préoccupante
«La mobilité internationale des étudiants suisses recule nettement: seuls 19% sont partis à l’étranger en 2024, contre 26% en 2020. L’enquête de l’OFS révèle aussi une santé psychique en baisse et un quart des étudiants confrontés à des discriminations.» (RTS)
Selon l’Union d’étudiant·es suisses (UNES), «Les résultats montrent […] un lien clair entre la santé mentale et les moyens financiers. La situation est particulièrement précaire pour les étudiant-e-s dont les parents n’ont pas de diplôme d’une haute école.» (UNES)
- égalité – genre
- stress lié aux études
- harcèlement sexuel et sexisme
- mobilité étudiante
- harcèlement moral – mobbying
- égalité – origine nationale
- santé au travail
«Accusés de violer le droit du travail depuis 10 ans, les HUG œuvrent à un « plan d’action »»
«Les syndicats dénoncent une décennie de non-respect de plusieurs dispositions légales sur le travail sans qu’une solution soit trouvée. Les HUG assurent s’y employer.» (RTS)
«Selon les calculs des syndicats, l’engagement de 749 équivalent temps plein aux HUG permettrait que l’hôpital puisse fonctionner dans le respect des dispositions légales.» Mais, note le syndicaliste Quentin Stauffer (SIT), «alors que toutes les instances sont conscientes du problème, les postes ne sont pas inscrits au budget».
Le directeur des HUG Robert Mardini admet au Forum que des postes manquent au sein de l’hôpital, mais conteste le nombre avancé par les syndicats.
«Comment l’étude scientifique de l’islam est sortie de l’ombre depuis les attentats djihadistes de 2015»
«Autrefois fleuron de la recherche française, l’islamologie a connu un décrochage à partir des années 1980. Les attaques de 2015 ont obligé les pouvoirs publics à se remobiliser dans ce domaine de la connaissance. Si la discipline a depuis retrouvé des couleurs, la rémission reste précaire pour ce sujet académique, mais aussi très politique.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 21 novembre 2025
20Nov2025
Politique des hautes écoles
La pénurie de généralistes en Suisse, un défi pour la formation des futurs médecins
«Le parcours d’un étudiant ou d’une étudiante en médecine ressemble souvent à celui d’un combattant. Durant six ans, il passe l’essentiel de son temps sur les bancs universitaires, à absorber énormément de théorie. C’est nécessaire, mais ça n’est pas suffisant pour se faire une idée concrète du métier. A l’exception de Fribourg ou de Zurich, où la formation a été réorientée sur la médecine de premier recours, l’immersion sur le terrain reste trop limitée ailleurs.»
«Les études reçues 8 sur 10»
«Plus de 80% des jeunes Vaudoises et Vaudois qui entament un bachelor terminent leur formation, selon la dernière édition de «Numerus», publié par Statistique Vaud. Trois quarts d’entre eux choisissent de rester dans le canton […]. Malgré une durée minimale de trois ans, le bachelor nécessite en moyenne quatre ans, et seuls 40% des étudiants le bouclent dans les délais.» Il existe d’importantes différences de taux de réussite entre les différentes hautes écoles vaudoises (Unil 64%, EPFL 56%, HES 80%). Les hommes semblent plus exposés à l’échec (1 sur 5 quitte les hautes écoles sans diplôme). Des réorientations sont fréquentes depuis les universités vers les HES ou la HEP. (La Côte) «Les garçons sont moins nombreux à entreprendre des études à l’Unil, à l’EPFL ou dans les hautes écoles vaudoises. La raison est que moins d’hommes que de femmes obtiennent un titre permettant d’entrer dans ces établissements.» En 2024, sur 2000 maturités tous types confondus, 44% ont été décernées à des Vaudois, contre 56% à des Vaudoises. (20 minutes)
Un tiers des jeunes étudiant·es choisissent de rejoindre l’Unil, qui est ainsi «la voie préférée des jeunes qui se lancent dans des études». A l’Unil, «le taux de réussite des jeunes venant d’autres cantons est comparable à celui des autochtones. Mais les personnes arrivant de l’étranger présentent un taux de réussite plus faible que les personnes résidant en Suisse.» (20 minutes)
Jeunes diplômé·es au chômage
Alors que le nombre d’universitaires au sein de la population suisse augmente (1/5 de la population en 2010, 1/3 aujourd’hui), le nombre de demandeur·euses d’emploi diplômé·es de l’enseignement supérieur s’amplifie également. Le journaliste de la NZZ Albert Steck parle d’une «académisation croissante de la formation», conséquence des changements rapides dans le monde professionnel: «les artisan·nes ont été remplacés par des travailleur·euses du savoir formés à l’analyse». Selon Patrick Chuard, économiste en chef de l’Association suisse des employeurs, un écart se creuse entre la production de notre système éducatif et la réalité du marché du travail. Il a analysé l’évolution du chômage et en a conclu que l’enseignement supérieur protégeait de moins en moins contre la perte d’emploi. «Depuis 2010, le nombre de chômeurs titulaires d’un master universitaire a augmenté de 70 %. La tendance est inversée pour les actifs ayant une formation professionnelle de base. Pour eux, le nombre de chômeurs a diminué de 40 %.»
Il y a 20 ans, le nombre de personnes universitaires inscrites aux offices de placement représentait 10% du chômage. Aujourd’hui, il s’agit de 34%. Les chiffres de la Confédération montrent que cette proportion a fortement augmenté, surtout au cours des trois dernières années. Il s’agit souvent de personnes ayant des diplômes techniques ou scientifiques. «Un doctorat de l’EPF a longtemps été considéré comme la garantie d’un poste fixe, alors que ce n’est plus le cas aujourd’hui», explique Martin Widmer, directeur adjoint de l’office de placement de Zurich-Selnau. Selon l’office du travail de Zurich, les universitaires sont en moyenne de plus en plus longtemps sans emploi. Alors qu ‘il y a deux ans, ils·elles étaient réemployé·es aussi vite que la moyenne cantonale, ils·elles ont besoin aujourd’hui d’un mois de plus. Mais les raisons de la hausse du taux de chômage parmi les universitaires sont multiples: Jeremias Klaeui, économiste au centre de recherche conjoncturelle de l’ETH, évoque en particulier la grande incertitude économique actuelle et les améliorations constantes des systèmes IA. Il existe également un ruissellement dû au nombre toujours plus grand de diplômé·es: «les emplois réguliers sont souvent attribués à des cadres excédentaires, les postes d’entrée aux personnes ayant plusieurs années d’expérience professionnelle. Et ceux qui veulent se lancer à nouveau sont laissés pour compte».
D’autres causes? La concordance entre exigences du marché du travail et jeunes diplômé·es qui fonctionne de moins en moins bien; l’automatisation qui touche aujourd’hui de plus en plus les employé·es de bureau et les étudiant·es (au contraire d’avant qui supplantait surtout les professions artisanales et industrielles); l’enseignement supérieur qui a souvent l’inconvénient d’être moins proche du marché et donc de moins pouvoir réagir aux changements.
«Le SEFRI doit mettre fin aux accords avec Israël»
Une lettre ouverte relayé par le collectif lausannois CLADS dénonce une convention du SEFRI avec Israël pour la recherche. «Ce type d’accord témoigne d’une coopération étroite et n’existe qu’avec une poignée de pays, faisant de ceux-ci des partenaires privilégiés de la recherche suisse.»
Les raisons avancées sont:
- le haut degré d’intrication existant en Israël entre ces universités, l’État et l’armée israélienne,
- les nombreux rapports sur les méthodes de guerre de l’État israélien à Gaza et les atteintes graves et systématiques aux droits fondamentaux des Palestinien·ne·s et
- les contraintes légales en droit international qui s’appliquent à la Suisse et à ses institutions.
Polémique autour d’une plaque honorifique
Des étudiant·es de l’Université de Fribourg demandent le retrait de la plaque honorifique dédiée à Chaim Weizmann, premier président d’Israël et chimiste. Ils·elles se rassemblent ce mercredi en fin de journée sous l’action de la coordination estudiantine pour la Palestine (CEP Unifr) et du syndicat SSP étudiant Fribourg. En plus du retrait de la plaque, les organisations demandent que la conférence qui porte son nom «soit rebaptisée conférence Omar M. Yaghi, en hommage au chimiste palestinien lauréat du Prix Nobel de la discipline en 2025».
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 20 novembre 2025
19Nov2025
Politique des hautes écoles
«La fonction publique vaudoise dans la rue contre les coupes budgétaires»
Mardi 18 novembre, des employé·es des structures publiques et parapubliques, soit du personnel de l’école obligatoire, des gymnases, de l’UNIL, des hôpitaux, des structures sociales, de la police, ainsi que des les milieux d’accueil de la petite enfance ont participé à une journée de grève et mobilisation dans tout le canton. Les participant·es se sont mobilisé·es contre «l’austérité» du projet de budget 2026 de l’exécutif cantonal, qui vise 305 millions d’économies, dont une contribution de crise de 0,7% sur les salaires. Selon les syndicats organisateurs de l’événement, 25’000 personnes étaient présentes dans les rues en soirée, 16’000 selon la police. En moyenne, il s’agit de près de la moitié des employé·es de l’Etat (42’000 salarié·es).
«À l’Université de Lausanne, en début d’après-midi, on comptait 1200 étudiants et plus d’une centaine de salariés en grève. Au cas où une baisse de 3,8% de la subvention cantonale à l’Université de Lausanne qui est prévue pour 2026 (−13,9 millions) serait validée par le parlement, les facultés ont anticipé en préparant leur plan de coupe: suppressions de postes, gel des embauches, coupes des subventions pour la diversité, suppression d’enseignements optionnels et recrutement de professeurs au statut précaire…» Kelly Harrison, secrétaire générale de l’Association du corps intermédiaire et des doctorants de l’UNIL, dit regretter que tous les niveaux soient touchés par les mesures. Elle s’inquiète également que les coupes concernent davantage les personnes «en bas de l’échelle». (24 heures)
«Contactée par Le Courrier, la présidente du Conseil d’Etat et cheffe des Finances, Christelle Luisier Brodard, défend la ligne gouvernementale: «Nous prenons acte de la mobilisation et sommes conscients de l’engagement et des efforts consentis chaque jour par le personnel. Mais nous faisons face à une situation financière qui se dégrade. Le projet de budget présente toujours un déficit de 300 millions, sans action, il aurait été de 800 millions», explique l’élue libérale-radicale.» (Le Courrier)
- coupes budgétaires
- financement public
- politique – Suisse
- politique – Vaud
- gestion des finances universitaires
- rapport Gaillard
Nouvelles données des CV : les femmes doivent davantage interrompre leurs recherches
«Le nouveau CV du FNS permet aux scientifiques d’indiquer le temps effectif consacré à leurs recherches. Notre analyse montre que les femmes sont davantage concernées par des interruptions que leurs collègues hommes.»
Carte interactive des niveaux de formation en Suisse
De nouvelles données de l’Office fédéral de la statistique permettent de voir la répartition des niveaux de formation en Suisse par hectare du territoire (100 mètres sur 100 mètres). Elles mettent en particulier en évidence une concentration des personnes très formées dans les villes, alors que les campagnes, localités plus petites et l’agglomération lausannoise comprennent le plus de personnes aux parcours scolaires courts.
Il s’agit d’une forme «d’inégalité» socio-économique entre ces deux régions, selon René Véron, professeur en géographie sociale à l’Université de Lausanne. «En Suisse, le niveau de formation a, par exemple, un fort impact sur les niveaux de revenus», explique-t-il. Selon l’OFS, le salaire brut médian s’élève à 5000 francs pour les professionnel·les diplômé·es de l’école obligatoire, contre 10’000 francs pour les universitaires. Le spécialiste précise toutefois: «Le fait que le niveau de formation soit inférieur dans ces quartiers ne signifie pas qu’il n’y fasse pas bon vivre ou que la criminalité y soit supérieure. Il faut faire attention à ne pas stigmatiser ces régions et leurs habitants.» Il explique que la demande pour des profils très qualifiés est plus importante en ville, et que les personnes plus formées sont souvent plus mobiles, revenant moins facilement vivre dans leur lieu d’origine. Selon le spécialiste, ce phénomène se rencontre partout dans le monde, sans être nécessairement problématique. «Ce qui est important, c’est de maintenir la qualité des services publics dans [toutes les] zones, pour préserver l’égalité des chances.» Il ajoute qu’un des dangers de cette séparation, ce sont «les phénomènes de polarisation et d’exclusion, où il n’y a plus d’échanges entre les catégories sociales», tels que dans certains pays voisins ou aux Etats-Unis. Mais «nous n’observons guère de telles ségrégations en Suisse», rassure-t-il.
Entretien d’Anna Fontcuberta i Morral avec 52 minutes
52 minutes, l’émission d’actualité humoristique de la RTS animée par Vincent Kucholl et Vincent Veillon, a invité la présidente de l’EPFL pour un entretien.
Ils et elles abordent, entres autres, les finances «critiques» de l’EPFL, la ré-adhésion de la Suisse au programme de recherche Horizon Europe, la proportion d’étudiantes en sciences «dures», les enjeux autour de l’intelligence artificielle et les candidatures américaines à l’EPFL.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 18 novembre 2025
Revue de presse Unil 19 novembre 025
17Nov2025
Politique des hautes écoles
Harvard et administration Trump: «c’est comme payer une taxe de protection à la mafia»
Le correspondant de la NZZ aux États-Unis, Christian Weisflog, a récolté plusieurs témoignages aux opinions divisées sur le campus de Harvard vis-à-vis de la politique de l’administration Trump.
L’étudiante et activiste juive Tova Kapla, fondatrice du groupe Students for Freedom (mouvement qui a soutenu la direction de l’Université par des lettres ouvertes et des manifestations pour ne pas céder aux exigences du gouvernement Trump), s’inquiète des actions de la Maison Blanche envers les leaders propalestinien·nes. Selon elle, la réaction de l’administration Trump n’aide pas les étudiant·es juif·ves, au contraire: «La démocratie profite aux juifs. L’histoire juive a montré que lorsque les gouvernements répriment la liberté d’expression, nous en souffrons souvent beaucoup.»
Le professeur et historien d’Harvard juif Derek Penslar, qui a étudié l’antisémitisme à Harvard en coprésidant un groupe de travail qui a publié un rapport en avril dernier, explique que, certes «le rapport a incontestablement documenté que Harvard a un problème avec l’antisémitisme et les préjugés anti-israéliens», mais l’antisémitisme existe sur le campus d’Harvard de la même manière que dans toute la société américaine. Il relativise en précisant que seul «un très petit nombre de professeurs» sont concerné·es. Le professeur dénonce en particulier une instrumentalisation politique de l’antisémitisme destinée selon lui à affaiblir les institutions indépendantes et à restreindre la liberté d’expression. Le professeur est actuellement devenu une cible pour une partie de l’administration Trump, et ne donne ainsi des interviews qu’aux médias européens.
Eli Solomon, étudiant juif en sciences politiques âgé de 19 ans, estime au contraire que «Trump exerce les pressions nécessaires sur Harvard». Selon lui, les réformes imposées rendent l’université plus sûre pour les conservateur·ces et les juif·ves, favorisant un débat plus ouvert. Tout comme le professeur Derek Penslar, il a l’impression qu’il ne s’agit que d’une petite minorité qui rejette catégoriquement les convictions conservatrices. «Certains instituts se sont efforcés d’engager davantage de conférenciers conservateurs. Et l’Université change ses méthodes de recrutement», explique l’étudiant. Pour lui, il manque encore un institut de pensée conservatrice à Harvard, tel qu’il en existe à Yale, Princeton ou Stanford.
Anika Christensen, assistante de recherche au laboratoire de génétique évolutionnaire et membre de Students for Freedom, explique de son côté que bien que de nombreuses subventions ont été débloquées, elles risquent d’être perdues si le gouvernement transfère la décision du tribunal à l’instance suivante. En outre, les demandes de nouveaux fonds pour la recherche à Washington seraient soumises à une censure idéologique: «Si l’on veut étudier quelque chose sur des souris femelles, cela pourrait déjà être trop féministe», déclare-t-il. Harvard a notamment annoncé une réduction de 75% des postes de doctorant·es en sciences à cause du manque de fonds.
Students for Freedom souhaite empêcher tout accord avec l’administration Trump. Selon le professeur Derek Penslar, il n’y aurait aucune garantie que le gouvernement respectera un accord avec Harvard. «Au bout de six mois, ils pourraient revenir et demander encore plus; c’est comme payer de l’argent pour protéger un patron de la mafia.» A minima, les témoignages d’Harvard peuvent et semblent inspirer d’autres universités américaines.
- liberté académique
- politique – Etats-Unis
- enseignement – pluralité
- recherche – pluralité
- conflit israélo-palestinien
France: «On sait qu’inéluctablement, toutes les universités seront en déficit»
«Les universités comptent sur le débat parlementaire pour changer la donne. Les nouvelles charges imposées représentent l’équivalent de «7.000 à 8.000 emplois» non remplacés, affirme le président de France Universités, Lamri Adoui, dans un entretien aux «Echos».»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 17 novembre 2025
Le programme de la grève du 18.11.2025 contre les coupes budgétaires (VD, CH) et la hausse des taxes d’études
La FAE et la SSP présentent en grandes lignes le programme de la grève de demain, le 18.11.2025.
- coupes budgétaires
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- gestion des finances universitaires
- rapport Gaillard
14Nov2025
Politique des hautes écoles
Enquête Climat de travail et d’études à l’UNIL: publication des résultats 2024
«L’Université de Lausanne publie les résultats de sa deuxième enquête sur le climat de travail et d’études. Cette démarche vise à mieux comprendre les réalités vécues par les membres de la communauté universitaire et à renforcer les actions de prévention et d’accompagnement.»
Pour réformer les universités, il faut d’abord s’attaquer aux classements mondiaux
Les universités sont soumises à un système de classement qui privilégie certains aspects restreints de la vie universitaire. Certains acteurs·rices, dont l’Université de Zurich, appellent déjà à s’émanciper des classements, mais les initiatives isolées ne suffiront pas. L’autrice de l’article, Elizabeth Gadd propose trois changements qui permettraient aux établissements d’explorer de nouvelles méthodes de travail:
- Dénoncer les limites du système actuel
- Collecter de «meilleures données», des informations plus larges et plus pertinentes sur l’activité universitaire — impact sociétal, intégrité scientifique, durabilité, diversité, etc. — via des organismes indépendants comme l’OCDE ou l’UNESCO,
- Réformer les classements. Cinq réformes clés sont proposées :
-
abandonner ou renommer les classements phares qui prétendent identifier « les meilleures » universités ;
-
inclure toutes les universités, avec possibilité de fournir une déclaration narrative ;
-
regrouper les établissements en catégories plutôt que de les classer un par un ;
-
fournir des profils sans pondérations arbitraires ;
-
compléter les données quantitatives par des informations qualitatives.
-
En conclusion, les universités et leurs associations devraient tirer parti de leur rôle influent en tant que consommateurs de données de classement pour exiger davantage. «Cela permettrait aux universités de répondre aux besoins des sociétés qu’elles servent et de devenir des établissements adaptés à l’avenir.»
Un «réseau d’incitations» dans la recherche limite la liberté académique
Maria Leptin, présidente du Conseil européen de la recherche (CER), principal bailleur de fonds européen pour la recherche fondamentale, avance lors d’une conférence qu’une «réduction insidieuse de la liberté» est en train de se produire dans le monde universitaire. Cette menace est distincte de l’«oppression» exercée par les gouvernements sur les universités et les scientifiques dans les régimes populistes tels que les États-Unis et la Hongrie.
Il existe un «réseau d’incitations» qui «ne favorise pas nécessairement la liberté [de recherche] », a-t-elle déclaré. Ce réseau comprendrait à la fois les «appels constants à l’impact» lancés par les gouvernements, la pression pour publier dans des revues à fort impact et le manque de perspectives de carrière qui empêche les scientifiques de «prendre des décisions risquées, pourtant absolument nécessaires à la recherche».Une autre «demande constante d’impact» concerne les exigences des organismes de financement de la recherche et des gouvernements qui souhaitent que la science résolve les problèmes sociétaux.
Ce discours intervient à un moment où les décideurs politiques à Bruxelles négocient l’avenir du financement européen de la recherche et de l’innovation.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 14 novembre 2025
13Nov2025
Politique des hautes écoles
«Formation académique: le décalage à corriger»
Alice Gasparini, physicienne et enseignante, se penche sur la différence (conséquente) de niveau entre la fin d’études de Secondaire II et la 1e année académique. «Ce décalage, particulièrement marqué dans les filières scientifiques, interroge l’équité du système éducatif pris dans son ensemble et ses répercussions sociales à long terme.» Selon elle, ce décalage conduirait à un taux plus élevé d’abandon d’études, pour des raisons psychologiques, économiques, ou à cause de démotivation. En effet, le décalage observé conduirait souvent à un «besoin de facto d’une année de mise à niveau avant de pouvoir réellement entamer ses études universitaires». Formalisée à l’EPFL par la «MAN», cette année «se manifeste plutôt sous la forme d’abandons, d’échecs ou de réorientations à L’UNIGE», observe l’enseignante. Les effets négatifs seraient particulièrement marqués pour les personnes de familles moins aisées socio-économiquement et les femmes.
«Comment le Collège de France a annulé un colloque sur la Palestine»
Un colloque universitaire sur la Palestine a été annulé par le Collège de France. L’événement intitulé «La Palestine et l’Europe: poids du passé et dynamiques contemporaines», devait se tenir les jeudi 13 et vendredi 14 novembre, coorganisé par l’historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep Paris). Mais le dimanche 9 novembre, un communiqué annonce l’annulation de l’événement. Thomas Römer, administrateur du Collège de France y explique n’avoir pas eu d’autre choix que de renoncer «face à la polémique, mais aussi aux risques qui se manifestent autour de ce colloque».
Vendredi 7 novembre, un article du Point accusant le colloque d’être, entre autres, «pro-palestinien», «antisioniste» et «à haut risque», la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a annoncé sur X «saisir» le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste. Ce dernier a alors adressé une lettre à l’administrateur du Collège de France, dans laquelle il écrit: «Sans préjuger des propos qui seront effectivement tenus, je ne peux que constater, à la lecture du programme, un parti pris sur un sujet délicat et fortement polémique. […] Au vu de ce programme, je doute que vous soyez en mesure de garantir un débat où le pluralisme des idées puisse pleinement s’exprimer.» L’entourage du ministre assure au Monde que «c’est la décision exclusive du Collège de France que de choisir d’annuler le colloque» et qu’il n’y a eu «aucune pression» exercée par le ministre.
Mardi 11 novembre, le Collège de France a indiqué au Monde que, bien que le colloque respectait les règles générales en matière de liberté académique, «la question de la pluralité des analyses a été publiquement mise en cause par différents acteurs», ce qui aurait suffi à compromettre la tenue de l’événement, en plus de la crainte de «débordements».
«Tout cela est assez emblématique de ce qui se passe dans le monde académique avec des approches très orientées, un regard très militant sur la question du Proche-Orient», juge Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des juifs de France, qui salue la décision d’annulation. D’autres universitaires dénoncent au contraire une censure. Selon le politiste Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS et membre de l’Observatoire des atteintes à la liberté académique, «tout cela est accablant». «Le ministre a dérogé au principe de respect de la liberté académique, et il le sait. Dans un même courrier, le ministre dit qu’il est le garant de la liberté académique, mais qu’il se garde d’agir pour la garantir.»
L’association France Universités, réunissant les dirigeant·es des universités et établissements d’enseignement supérieur et de recherche, dit avoir appris «avec stupeur» cette annulation. Dans un communiqué du 10 novembre, elle fait part de son incompréhension et d’une «vive inquiétude» à l’égard des libertés académiques.
Une lettre ouverte circule actuellement dans les universités qui avance que «Le prétexte de « neutralité » académique apparaît ici comme un instrument de contrôle idéologique des institutions scientifiques pour dissuader toute production intellectuelle critique.» Les 2520 signataires (le 13.11 à 10h) demandent la démission du ministre français de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Les étudiant·es de l’Université de Bâle votent pour une cafétéria végane dès 2030
Parmi les 2’980 étudiant·es (28,3%) ayant participé au vote de l’Association des étudiant·es de l’Université de Bâle (Skuba), 52,6% ont voté pour que des repas exclusivement végans soient servis à la cafétéria universitaire dès 2030. Le résultat du vote n’a pour l’instant aucune conséquence et sera transmis à la direction de l’institution. Le porte-parole de l’Université, Matthias Geering, déclare qu’«il s’agissait de clarifier et de légitimer démocratiquement la position des étudiant·es» et qu’aucune décision n’a encore été prise. Il ajoute que, selon lui, il sera toujours possible «d’acheter un cappuccino au lait de vache ou un sandwich au jambon dans les établissements de restauration de l’Université de Bâle» (Basler Zeitung).
«En 2012 déjà, les discussions sur l’offre de restauration à l’Université de Bâle ont fait la une des journaux. A cette époque, le Conseil des étudiant·es s’est prononcé pour une première cantine sans viande en Suisse à l’initiative d’un groupe interne de l’Université. Après un référendum, […] au lieu d’une interdiction de la viande, il a simplement demandé que l’offre de menus végétariens et végans soit élargie, ce que l’Université a ensuite mis en œuvre.» (Watson)
«Des vertus du multilatéralisme en recherche: le cas d’ITER»
«Repousser les limites des sciences et de la technologie pour résoudre les défis de demain requiert parfois de faire ensemble ce qu’aucune nation ne peut faire seule. La réalisation du réacteur thermonucléaire ITER illustre parfaitement l’intérêt du multilatéralisme en recherche et innovation. La Suisse reprendra sa participation à cette infrastructure de recherche le 1er janvier 2026.»
L’égalité dans les citations
«Nature Reviews Psychology» a publié un éditorial invitant les scientifiques à adopter une écriture plus «inclusive», notamment en citant davantage les femmes et les minorités. Cette recommandation s’appuie sur une étude montrant que, dans les grandes revues de neurosciences, les hommes citent les travaux d’autres hommes 8 % plus souvent que ceux de femmes, tandis que les femmes citent les hommes 4,5 % plus souvent que leurs collègues féminines.
L’auteur de l’émission Sein und Streit (Deutschlandfunk) critique cette étude pour ignorer d’autres explications possibles, comme le hasard ou une qualité moyenne légèrement supérieure des travaux masculins. Il dénonce également l’hypothèse implicite selon laquelle les hommes agiraient sous l’effet de préjugés inconscients.
L’éditorial de Nature Reviews Psychology suggère que les scientifiques devraient identifier à l’avance le genre et l’origine ethnique des auteurs et autrices qu’ils et elles citent afin de corriger ces déséquilibres, revendiquant une «mission» inclusive.
L’auteur de l’émission dénonce cette approche comme un exemple de science militante, contraire à l’esprit de la recherche, dont la vocation est la recherche objective de la vérité, indépendante du genre ou de la couleur de peau. Il reproche également à la revue mère, Nature, d’avoir pris une tournure idéologique, en refusant désormais les travaux pouvant «nuire à la dignité» ou «stigmatiser» certains groupes — une politique qui encouragerait selon l’auteur l’autocensure et les biais de jugement.
Enfin, l’article établit un parallèle avec les débats américains sur les politiques de diversité, équité et inclusion (DEI), critiquées aussi bien par Donald Trump que par certains chercheurs. Selon l’auteur, modifier les règles de citation ne réduit pas la discrimination : cela ne fait que servir d’affichage moral au sein d’un cercle restreint d’universitaires sans effet réel sur la justice sociale.
«La recherche fondamentale à la source de l’innovation et du bien-être social»
«Le FNS consacre la majeure partie de son budget à la recherche fondamentale, un investissement qui porte ses fruits. Il présente désormais les bénéfices des nouvelles découvertes dans une série d’articles et de vidéos. […]
« Nous mettons ainsi davantage l’accent sur le lien entre résultats de la recherche et réussite économique », explique Christophe Giovannini, responsable de la communication du FNS. « Ce lien n’est en effet pas très visible de prime abord. »»
Le premier article de cette série est sur l’importance de la recherche fondamentale pour les assureurs.
- coupes budgétaires
- financement public
- impact des universités
- recherche – impact
- retour sur investissement (ROI)
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 13 novembre 2025
12Nov2025
Politique des hautes écoles
L’UE prévoit d’exclure les universités chinoises de la moitié du programme Horizon Europe
L’Union européenne prévoit d’exclure certaines entités chinoises de plusieurs volets de son programme de recherche Horizon Europe à partir de 2026, selon un projet de programme de travail. Les entités juridiques chinoises (bénéficiaires de subventions, partenaires associés ou sous-traitants) ne pourront plus participer à trois des six « clusters » (piliers thématiques) du Pilier 2 de Horizon Europe :
-
Cluster 1 : Santé
-
Cluster 3 : Sécurité civile et société
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Cluster 4 : Industrie numérique et espace
Elles resteront autorisées à participer à :
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Cluster 2 : Culture, créativité et société inclusive
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Cluster 5 : Climat, énergie et mobilité
-
Cluster 6 : Ressources naturelles et agriculture
En outre, les universités chinoises dépendant du ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT) seront exclues de l’ensemble du programme, en raison de leurs liens étroits avec le secteur militaire, sans effet rétroactif sur les accords déjà existants.
- espionnage
- collaboration hautes écoles – militaire
- Horizon Europe (anciennement FP9)
- politique – Chine
- politique – Europe
- FP10
Interview de la présidente du Conseil européen de la recherche (CER)
Depuis 2021, Maria Leptin est présidente du Conseil européen de la recherche (CER), organisme européen chargé de promouvoir la recherche fondamentale avec un budget annuel d’environ 2,5 milliards d’euros. «Dans un entretien avec la NZZ, la scientifique qui a beaucoup voyagé plaide en faveur d’une Europe plus ouverte sur le monde dans le domaine de la recherche. Elle préconise une plus grande prise de risque vis-à-vis de la Chine et un pragmatisme dans la coopération avec les États-Unis.»
Selon elle, alors que l’Europe ne serait aujourd’hui «pas suffisamment accueillante» pour les chercheur·euses de haut niveau, la Suisse ne connaîtrait pas ce problème grâce à ses salaires élevés et à la langue d’enseignement qui est souvent l’anglais. Elle explique que la Chine progresse en matière de liberté académique, même si des restrictions politiques subsistent, et qu’elle est devenue une superpuissance scientifique car elle «a commencé à rapatrier ses meilleurs scientifiques occidentaux et à leur accorder une grande liberté. Ces chercheurs ont non seulement apporté leurs connaissances, mais ils ont également remplacé l’ancien autoritarisme par une nouvelle culture d’ouverture.» L’attitude vis-à-vis de la Chine en Europe devrait être: «être ouvert, mais pas naïf». Si nous ne collaborons pas avec, nous perdrions, d’autant plus que la Chine a une longueur d’avance sur l’Europe. Finalement, Maria Leptin affirme qu’«il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour promouvoir la science en Europe» et que, si tous les pays de l’UE investissaient 3% de leur PIB dans la science, l’Europe pourrait faire face à la concurrence mondiale.
«Le prix du génocide»
A l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève (Geneva Graduate Institute), deux professeur·es ont ouvertement critiqué leur collègue chercheur Tripurdaman Singh, pour avoir accepté le prix Dan-David (doté de 300’000 dollars), «la plus haute distinction mondiale pour les jeunes historien·nes», dont il était lauréat pour ses contributions à l’histoire récente de l’Inde et de l’Asie du Sud. En effet, les deux professeur·es d’anthropologie à l’Institut universitaire de Genève, Julie Billaud et Till Mostowlansky, accusent le lauréat d’«accept[er] des fonds provenant d’institutions complices de violences atroces», parce que la fondation décernant le prix, siegée a Lichtenstein, a un bureau à l’Université Tel-Aviv. Les deux professeurs ont illustré un article avec un montage photographique montrant Tripurdaman Singh recevant son prix au milieu de maisons détruites dans la bande de Gaza bombardée. En réalité, la cérémonie de remise des prix s’est déroulée à Rome.
Lors d’un échange avec les professeur·es dans le contexte d’un enregistrement de podcast à propos de ses recherches primées, le lauréat explique que «la discussion a presque exclusivement porté sur la question de savoir si, en acceptant le prix, je m’étais rendu complice du génocide ou si j’avais même enfreint les résolutions de l’ONU».
Le journaliste de la NZZ Rico Bandle écrit ensuite: «Depuis le 7 octobre, il est presque quotidien de voir des chercheurs des universités suisses subir des pressions, voire du harcèlement, parce qu’ils ne prennent pas suffisamment leurs distances avec Israël. Cela vaut en particulier pour la Suisse romande.» Puis il cite l’Université de Lausanne, où des militants ont dressé une liste noire des chercheur·euses coopérant avec des universités israéliennes. Le journaliste mentionne également une lettre (qu’il s’est procurée) du recteur de l’Université de Lausanne, Frédéric Herman, adressée au président de l’Université israélienne Ben-Guiron.
Interview de la rectrice de l’UNIGE Audrey Leuba
«La rectrice de l’université, Audrey Leuba, revient sur la manifestation ayant entouré le déplacement de Martin Pfister à Genève mercredi dernier.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 12 novembre 2025
11Nov2025
Politique des hautes écoles
La Suisse réintègre le programme Horizon Europe
«Le ministre de l’Economie Guy Parmelin et la commissaire européenne Ekaterina Zaharieva ont signé lundi à Berne l’accord sur les programmes de l’UE (UEPA). […] Cet accord fait partie du paquet Suisse-UE et peut être appliqué de manière anticipée et provisoire avec effet rétroactif au 1er janvier 2025. Il entérine l’association de la Suisse à Horizon Europe, au programme Euratom et au programme Digital Europe à cette date, indique le Département fédéral de l’économie dans un communiqué.» (RTS)
En cas de participation d’instituts de recherche suisses aux appels à projets Horizon Europe depuis début 2025, le financement était assuré par la Confédération. Dorénavant, ce sera la Commission européenne qui prendra en charge le coût des projets. «En contrepartie, la Suisse versera une contribution obligatoire à l’UE. Pour 2026, celle-ci s’élèvera à quelque 611 millions de francs.» (Watson)
L’accord signé prévoit aussi la participation de la Suisse à l’infrastructure de recherche ITER dès 2026 et celle à Erasmus+ à partir de 2027. La participation au programme EU-4Health est attachée à l’entrée en vigueur de l’accord sur la santé, qui fait partie du paquet global d’accords entre la Suisse et l’UE.
L’Université de Bâle manque son objectif climatique : 1500 vols de plus qu’il y a deux ans
L’Université de Bâle s’était fixé comme objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports aériens de 30% par rapport au niveau de référence des années 2017 à 2019, misant sur une diminution du nombre de voyages en avion. Alors que cela a relativement bien fonctionné au début (4596 vols en 2022, soit une baisse de 44 % par rapport à 2017), le dernier rapport sur le développement durable de 2024 montrent que les déplacements en avion sont actuellement en augmentation (5425 vols en 2023, puis 6113 en 2024). L’objectif de diminution de 30% n’a pas été atteint pour la première fois en 2024 (25%) depuis 2020.
Les chiffres de 2025 sont en attente. Depuis janvier de cette année, un nouveau règlement sur les frais est en vigueur à l’université: pour les destinations accessibles en moins de six heures en train, il faut en principe renoncer à l’avion».
Le Grand Conseil critique la manière dont l’Université de Zurich traite les agressions sexuelles
En 2024, l’Université de Zurich a été critiquée à plusieurs reprises pour ne pas avoir publié de statistiques sur les agressions sexuelles. Le Grand Conseil avait alors exigé la publication des chiffres qui étaient uniquement accessibles à la direction. Depuis 2024, les chiffres sont désormais publiés dans les rapports d’activité de la commission RSB (règlement sur la protection contre le harcèlement sexuel), mais ils sont absents du rapport annuel actuel, déplore le Conseil cantonal. Plusieurs politicien·nes de différents partis qualifient l’absence de ces statistiques d’inacceptable et de non professionnelle.
L’Institut de recherche juridique d’Obwald rejoint l’Université de Lucerne
Fondé en 2022 à Sarnen, l’Institut obwaldien de recherche juridique (Institut für Justizforschung – IJF) sera entièrement rattaché à la faculté de droit de l’Université de Lucerne dès le 1er janvier 2026. L’institut continuera à bénéficier d’un soutien financier du canton d’Obwald. «Selon le communiqué de l’Université, l’IJF est le premier institut de recherche universitaire en Suisse à traiter de manière «exhaustive et interdisciplinaire» les questions relatives à la justice. Il se considère comme un «centre de compétence national» et donne des impulsions au droit, à la politique et à la société.» (Nau.ch)
Réactions suite à l’interruption du discours de Martin Pfister à l’UNIGE: louanges et appel à porter plainte
Le journaliste du Temps Frédéric Koller, modérateur de la table ronde de la conférence sur les accords bilatéraux organisée à l’Université de Genève la semaine dernière, loue la réaction de Martin Pfister suite aux troubles de l’évènement par des manifestations propalestinien·nes. N’ayant pas fui l’évènement suite aux troubles, il a tenu la conférence une fois le calme revenu, évoquant à peine «les troubles pour souligner que l’université était certes le lieu du débat démocratique, mais qu’il fallait pour cela être ouvert au dialogue.» Le journaliste pointe également le délai d’intervention du service de sécurité, qui aurait pu être plus rapide au vu de l’appel sur les réseaux sociaux à empêcher Martin Pfister de s’exprimer. «Soucieux de respecter la liberté d’expression dans un lieu de débat public par excellence, les responsables de l’université ont singulièrement manqué d’autorité pour signifier une règle simple à son exercice: l’acceptation du dialogue. Face à l’impossibilité de celui-ci, l’intervention d’un service de sécurité aurait été avisée après cinq minutes.» (Le Temps)
Selon le conseiller national Vincent Maitre (Le Centre/GE), «l’Université de Genève doit déposer plainte». En effet, selon lui, «les personnes qui ont essayé d’empêcher le conseiller fédéral de parler se sont rendues coupables d’une infraction punie par l’article 181 du code pénal relatif à la «contrainte»». Le juriste et avocat de profession se réfère à cet article de loi: «Quiconque entrave de quelque manière que ce soit une personne dans sa liberté d’action, l’oblige à faire, à ne pas faire ou à laisser faire un acte, est puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.» Contacté, le rectorat de l’Université de Genève affirme que «l’option est ouverte». (Watson)
Le lendemain de la conférence à Genève, les organisateur·ices (la Fondation Gobat pour la paix) d’une table ronde ouverte au public à Bienne sur la politique de la Suisse au Proche-Orient a été annulée, se tenant à huis clos et en ligne. (Watson)
L’association étudiante CUAE et la Coordination étudiante pour la Palestine Genève condamnent dans un communiqué les réactions de «certain-exs politicien-nexs, relayés par les médias, qui cherchent une fois de plus à délégitimer le mouvement pour la Palestine. […] Qualifier cet événement d’atteinte à la démocratie revient à oublier que la démocratie repose aussi sur la liberté d’expression, la désobéissance civile et la responsabilité morale face à la justice.» Et le Conseil fédéral aurait rompu le dialogue avec les mobilisations en Suisse pour la Palestine depuis longtemps, ce qui met «à mal les principes de la démocratie». (CUAE)
Interview de la présidente de l’EPFL Anna Fontcuberta i Morral
«La première femme présidente de l’EPFL vise une approche humaine et collaborative. Quid des collaborations avec l’économie, des liens avec les États-Unis et de la politisation du champ académique? Quid du financement de ce pachyderme et de ses infrastructures pharaoniques, de l’augmentation sans cesse croissante du nombre d’étudiants?»
Pression sur les profs des HES genevoises dans leurs récoltes de fonds pour la recherche
Dans les HES genevoises, les professeur·es doivent récolter des fonds pour mener leurs recherches. «Une activité chronophage et qui leur met une énorme pression.»
A l’Hepia et à la HEG, les professeur·es ont un entretien de service généralement tous les quatre ans. Ce dernier évaluent en particulier l’enseignement, la recherche mais aussi «l’argent ramené». De nombreuses critiques et plaintes sont alors adressées à la direction, en particulier à propos d’une «pression constante»: la direction n’octroieraient aux professeur·es qu’un temps limité et insuffisant dédié à la recherche de fonds, des objectifs financiers sont fixés et des menaces de licenciements y sont parfois liées en cas d’objectif non atteint, le stress engendré pourrait conduire à «prétériter la qualité de l’enseignement».
La problématique est similaire à la Haute Ecole de santé (Heds). Les enseignant·es sont poussé·es à: proposer des modules de formation continue (onéreux) sur plusieurs jours ou plusieurs semaines, donner des conférences publiques ou privées de manière rémunérée, augmenter leur temps d’enseignement pour compenser si les deux premières mesures ne rapportent pas assez d’argent à l’institution. «J’ai le sentiment que se développe petit à petit une culture de l’individualisme, une absence de partage et de communication entre enseignants. […] Ce n’est pas une perte de temps, mais une perte de sens», déplore une professeure.
La direction générale dit prendre au sérieux ces problématiques, et affirme que des mesures à mettre en place pour diminuer la pression sont en cours de réflexion.
Des étudiant·es de droit dénoncent les frais élevés de lectures obligatoires
Des étudiant·es, particulièrement en droit à l’Université de Zurich, font part à Nau.ch des coûts élevés de leurs lectures de cours obligatoires. En 2019 déjà, le journal étudiant N’jus faisait état de plus 500 francs de dépenses par an par étudiant·es pour les lectures obligatoires. De plus, le fait que certain·es enseignant·es imposent leurs propres ouvrages comme lectures obligatoires est controversé. Les étudiant·es se verraient alors parfois contraint·es de choisir leurs professeur·es en fonction du prix des livres qu’ils·elles recommandent. Certes, les bibliothèques mettent des exemplaires à disposition, mais ceux-ci ne peuvent souvent pas être empruntés ou alors sont «cachés» par d’autres étudiant·es.
À la demande de Nau.ch, l’Université de Zurich souligne qu’il n’existe aucune obligation officielle d’achat de livres ou de polycopiés. Mais pour certains examens, certains supports imprimés sont nécessaires, surtout en études de droit. Les appareils numériques étant généralement interdits, les livres électroniques, moins chers, ne sont généralement pas acceptés. Ou lorsqu’ils le sont, c’est uniquement après l’achat du livre imprimé, notamment pour des raisons de droits d’auteur, précise l’Université de Zurich .
Les étudiant·es parlent alors d’une «obligation indirecte d’acheter des livres». La thématique est régulièrement discutée, en particulier en droit, mais des filières telles que la médecine seraient également concernées.
L’Unil dans les médias
Collaboration de 4 institutions pour un nouveau centre de formation en santé
«Le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), la Faculté de biologie et de médecine de l’Université de Lausanne (UNIL), la Haute École de Santé Vaud (HESAV) et l’Institut et Haute École de la Santé La Source ont récemment signé le contrat de société du «C4», leur futur Centre coordonné de compétences cliniques. Cette nouvelle infrastructure, exploitée de manière collaborative, devrait fortement contribuer à dynamiser la formation en santé dans le canton de Vaud.»
Revue de presse Unil 11 novembre 2025
10Nov2025
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 10 novembre 2025
7Nov2025
L’Unil dans les médias
CHUV : bras de fer avec le canton
«Les syndicats Sud, SSP et FSF ont rencontré le Conseil d’État vaudois mercredi pour la première fois après l’annonce, la veille, de la suppression de 50 postes de chercheurs en oncologie du CHUV. Le gouvernement complète cette annonce en affirmant que «les négociations vont se dérouler jusqu’à fin janvier». […] Le «maintien de la recherche et des emplois doit être réglé sur la base d’un financement public», demande Sud.» (24 heures)
«La fédération syndicale SUD estime que l’Etat et le CHUV disposent des moyens nécessaires pour maintenir ces activités, par un financement public direct, plutôt qu’en laissant leur pérennité dépendre de fonds externes. Le syndicat conteste notamment l’argument selon lequel les recherches en question ne produiraient pas encore d’applications concrètes en clinique. «Avec ce raisonnement, on ne ferait plus aucune recherche fondamentale!» s’indigne Aristides Pedraza», syndicaliste de SUD. (Le Courrier)
Revue de presse Unil 7 novembre 2025
6Nov2025
Politique des hautes écoles
Interruption du discours de Martin Pfister à l’UNIGE par une manifestation propalestinienne
Invité à s’exprimer à propos des Bilatérales III avec l’UE, Martin Pfister, conseiller fédéral chargé de la Défense, a été interrompu dans son discours par une manifestation d’une quarantaine (RTS)/cinquantaine (Le Courrier, 20 minutes) de militant·es propalestinnien·nes. Au centre des critiques se trouve l’achat de drones de la société israélienne Elbit, d’une valeur de 300 millions de francs. D’abord empêché·es de rejoindre l’auditoire, les militant·es avaient finalement été autorisé·es à entrer. Peu après le début de l’action, des policiers en tenue anti-émeute sont apparus, et les manifestant·es sont sorti·es dans le calme escorté·es par des policiers en civil. «Notre ligne est de laisser les gens s’exprimer et poser des questions. La règle est l’écoute, par opposition à l’interruption totale d’un événement», a expliqué le porte-parole de l’UNIGE Marco Cattaneo. Le discours a pu être repris après 25 minutes d’interruption.
Le paysage mondial de la recherche connaît actuellement une profonde transformation
L’éditeur Elsevier a publié dans un rapport sur la publication scientifique: L’enquête auprès de chercheurs du monde entier afin de recueillir leurs expériences, leurs défis et leurs aspirations. Leurs réponses révèlent non seulement leur perception de l’évolution «rapide» de l’environnement de la recherche et de l’innovation, mais aussi les mesures nécessaires pour le renforcer à l’avenir.
Alain Berset honoré d’un doctorat honoris causa pour son rôle de médiateur entre science, politique et société
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 6 novembre 2025
5Nov2025
Politique des hautes écoles
Nouvelles directives à l’Université de Lucerne afin de compenser un «déficit structurel»
Le conseil de l’Université de Lucerne compense un déficit structurel par des mesures d’austérité dans trois de ses facultés ainsi que dans son administration. Il s’agit de «ne pas réaffecter certain·es professeur·es après leur départ à la retraite, de renoncer aux postes permanents directs (ordinariats) en cas de nouvelles nominations, de réduire les effectifs des professeur·es, de déplacer les ressources et de mieux utiliser les synergies».
Les mesures suivantes ont été prises:
- Faculté de théologie : environ 0,5 million de francs d’économie. Les postes vacants sont pourvus de professeur·es assistant·es au lieu de titulaires ordinaires, 2 postes de professeur (60 % et 30 %) ont été supprimés, un poste à 40 % de professeure sortante n’a pas été pourvu, la faculté collaborera davantage avec l’institut d’éducation religieuse.
- Faculté des sciences culturelles et sociales : environ 0,9 million de francs d’économie. Fusion de deux chaires (théorie sociologique et sociologie de la communication), suppression des disciplines de recherche scientifique et de sciences religieuses (dont les professeurs partent à la retraite), les nouvelles nominations ne seront pas des ordinariats mais des professeur·es assistant·es.
- Faculté d’économie : environ 0,33 million de francs d’économies. Réduction du nombre de postes de professeur·es assistant·es. Les contrats de travail existants ne sont pas concernés.
- Administration : environ 0,22 million de francs d’économies. Pas de suppression de postes, mais des économies dans le domaine des services et de l’infrastructure «en utilisant mieux les synergies et en optimisant la planification des ressources».
La mise en œuvre des mesures prendra plusieurs années.
Racisme aux HUG, un danger pour les patient·es
Alain Tito Mabiala, journaliste et écrivain congolais exilé en Suisse, revient sur l’affaire du racisme au HUG. Il dénonce en particulier le danger pour les patient·es qu’implique ce «racisme systémique», telles que des injustices graves.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 5 novembre 2025
«Le CHUV risque de supprimer 50 postes en oncologie»
«Le CHUV à Lausanne réorganise sa recherche en oncologie, menaçant 50 postes. L’hôpital ouvre des négociations pour un plan social, proposant des solutions internes et à l’UNIL. La direction vise à recentrer les ressources sur la recherche clinique.» (Blick)
«L’annonce tombe trois semaines après celle de la réorganisation du département d’oncologie de l’hôpital vaudois. […] De leur côté, les sages-femmes du CHUV ont exprimé hier leur colère, dénonçant des conditions salariales inéquitables et déplorant le silence de l’État face à leurs revendications.» (24 heures)
4Nov2025
Politique des hautes écoles
«Avenir de la science en Suisse : leadership ou déclin?»
Olivier Dessimoz, directeur de l’Institut suisse de bio-informatique (SIB), alerte sur la nécessité pour la Suisse de consolider son leadership scientifique dans un contexte international incertain. Il souligne que, comme le montre la situation actuelle aux États-Unis, un pays peut rapidement voir sa recherche affaiblie.
La Suisse fait face à deux menaces principales :
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Les coupes budgétaires dans l’éducation, la recherche et l’innovation.
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Le risque d’isolement en cas d’échec des négociations avec l’Union européenne.
Dessimoz insiste sur le rôle stratégique des infrastructures de données biologiques et biomédicales, essentielles à l’innovation et à la souveraineté scientifique du pays. Il rappelle deux exemples concrets :
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Pendant la pandémie de Covid-19, les ressources développées par le SIB ont permis une réaction rapide et efficace (modélisation du virus, suivi des variants).
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La base de données UniProt, codéveloppée à Genève, a été citée dans plus de 5800 brevets, illustrant son importance pour l’innovation suisse.
Il met en garde contre les conséquences d’un désengagement financier ou politique, qui affaiblirait la compétitivité et la capacité d’innovation de la Suisse. À l’inverse, la coopération internationale et la participation à des projets mondiaux renforcent sa souveraineté.
En conclusion, il appelle à investir dans les infrastructures de données, à soutenir la recherche nationale et à favoriser la collaboration internationale, afin de maintenir la Suisse à la pointe du leadership scientifique à l’ère de l’intelligence artificielle et des grands défis sanitaires et environnementaux.
La communauté de recherche allemande souhaite récupérer des données stockées dans des clouds américains
La Communauté de recherche allemande (DFG) a lancé une initiative visant à sécuriser les bases de données menacées, stockées sur des serveurs cloud étrangers. Elle met en garde contre le risque que ces données ne soient plus disponibles pour la science, que ce soit aujourd’hui ou à l’avenir. Il est donc important de sécuriser les données pertinentes et de les rendre accessibles en permanence aux chercheurs locaux. L’objectif principal est de renforcer la résilience des infrastructures de données dans le domaine de la recherche.
La plus importante et la plus grande organisation scientifique autonome pour la promotion de la recherche en Allemagne soutient, dans le cadre de cette initiative, des mesures telles que l’acquisition de capacités de stockage et la mise à disposition de ressources humaines pour l’exploitation, la conservation ou l’agrégation technique des données. Les vérifications juridiques nécessaires ainsi que l’intégration des stocks sécurisés dans des structures et des clouds suprarégionaux ou européens sont également éligibles à un financement. L’accent est mis sur le développement de conditions-cadres et de technologies permettant d’intégrer les référentiels correspondants dans ces réseaux européens.
En substance, la DFG se positionne ainsi en faveur de la souveraineté numérique tant vantée. Il s’agit pour elle de pouvoir disposer de ses propres données, infrastructures et technologies et d’en décider de manière autonome. Le principal problème réside dans le cadre juridique américain, en particulier le Cloud Act. Cette loi autorise les autorités américaines à accéder, dans certaines circonstances, aux données stockées par des entreprises américaines. Cela vaut également lorsque ces bits et octets se trouvent physiquement sur des serveurs situés en dehors des États-Unis.
Cette loi représente un risque considérable pour la recherche allemande, car les informations et les résultats sensibles sont théoriquement exposés à l’accès par des autorités étrangères. Elles pourraient également ne plus être disponibles du jour au lendemain pour des raisons politiques ou réglementaires. La dimension politique entre ici en jeu, notamment sous la forme du président américain Donald Trump. Sa ligne imprévisible et protectionniste, qui pourrait remettre en cause les accords transatlantiques existants, y compris en matière d’échange de données, est considérée comme un signal d’alarme pour les aspirations actuelles à la souveraineté.
- cybersécurité
- politique – Etats-Unis
- gestion de données de recherche
- collaboration entre hautes écoles
- gestion – ressources informatiques
- souveraineté numérique
Des mesures de sécurité pour la recherche européenne entreront en vigueur prévu pour 2026
Le 28 octobre, la Commission européenne a présenté plusieurs initiatives pour renforcer la sécurité de la recherche dans l’UE. Ces mesures incluent la création d’une plateforme de diligence raisonnable destinée à aider les chercheurs à évaluer les risques liés à la coopération internationale, ainsi qu’un centre d’expertise sur la sécurité de la recherche, prévu pour mi-2026.
Selon Claire Gray (LERU), les chercheurs manquent d’outils fiables et accessibles pour évaluer les risques de collaboration internationale, les solutions existantes étant coûteuses et incomplètes. Des modèles étrangers existent, comme la plateforme américaine Secure Center soutenue par la NSF, mais leurs coûts restent incertains.
Lors d’une conférence européenne sur la sécurité de la recherche, la Commission a insisté sur la mise en œuvre d’un cadre européen adapté. Des participants, tels que Vincent Klein Ikkink (Cesaer), ont averti contre une copie du modèle américain et plaidé pour une approche européenne proportionnée, collaborative et adaptée à la diversité du système de recherche.
Les experts recommandent que le futur centre d’expertise intègre un guichet d’aide, une boîte à outils virtuelle et une plateforme d’échange sécurisée pour partager incidents, bonnes pratiques et leçons tirées.
La commissaire Ekaterina Zaharieva souhaite par ailleurs inscrire la sécurité de la recherche dans la loi, via le futur European Research Area (ERA) Act, afin de prévenir les transferts technologiques indésirables ou les atteintes à l’éthique. Cette proposition suscite des réserves, certains craignant une surréglementation.
Pour Science Europe, la loi doit seulement fixer des normes minimales communes, sans alourdir la charge administrative ni freiner la collaboration internationale.
Les discussions ont mis en avant la difficulté d’équilibrer ouverture et protection, chaque État membre ayant ses propres priorités. L’objectif n’est pas d’isoler l’Europe, mais de mieux gérer les risques dans un contexte géopolitique complexe.
Enfin, plusieurs intervenants, dont Julien Chicot (The Guild), ont insisté sur la nécessité d’un changement culturel : les outils techniques et juridiques ne suffisent pas. Il faut développer une culture de la sécurité de la recherche fondée sur la confiance, la responsabilité et la sensibilisation, sans opposer science ouverte et sécurité.
Une fossé entre ville et campagne se creuse en termes d’éducation
Dans les dernières 30 années, la proportion de la population suisse titulaire d’un diplôme de l’enseignement supérieur a augmenté de 44%.
Mais il y a des grandes différences entre ville et campagne. Pour le rédacteur en chef du Sonntagszeitung, «ce n’est pas étonnant, car les jeunes s’orientent vers les possibilités locales lorsqu’ils choisissent leur formation. Plus l’offre de gymnases, de HES et de formations continues est large, plus ils sont susceptibles d’opter pour une carrière universitaire.» Cependant, «selon des chercheur·es de l’Université de Lucerne le niveau d’éducation et le revenu des parents influencent beaucoup moins la réussite professionnelle de leurs enfants en Suisse qu’aux États-Unis, en France ou même en Allemagne. Les enfants issus de familles ayant un faible niveau d’éducation formelle auraient relativement de bonnes chances d’obtenir eux-mêmes un revenu élevé en Suisse.»
Critique aux appels à projets collaboratifs en sciences sociales dans le programme Horizon Europe
Pour la période de financement 2028–2034, la Commission européenne prévoit d’allouer 7,6 milliards d’euros à la recherche sur la « société » dans le cadre du Pilier II d’Horizon Europe. Malgré cette générosité, le système de financement présente de graves défauts structurels, surtout dans les sciences sociales : bureaucratie excessive, eurocentrisme, et constitution artificielle de consortiums répondant à des critères administratifs plutôt qu’à des logiques scientifiques.
L’auteur, Andreas Schedler, chargé de recherche senior à l’Institut pour la démocratie de l’Université d’Europe centrale, Budapest, illustre ces problèmes à travers un appel à projets intitulé « The autocratic appeal: nature, drivers and strategies », qui a reçu 45 propositions pour seulement 3 financées. Cet appel, typique selon lui, souffre de thèmes trop vastes et confus, demandant aux chercheurs de tout étudier à la fois : régimes politiques, acteurs, données descriptives et prédictives, causes structurelles et psychologiques, comparaisons historiques, approches pluridisciplinaires, etc.
En plus de cette surcharge thématique, l’appel accumule des sous-thèmes disparates (autocratie numérique, égalité de genre, minorités, arts, médias, etc.), reflétant davantage des priorités politiques que scientifiques. Les questions posées sont souvent naïves et ignorent l’état actuel de la recherche, comme si rien n’avait encore été étudié sur l’autoritarisme ou la résistance démocratique.
L’auteur critique également la naïveté technocratique d’Horizon Europe, qui exige des chercheurs qu’ils produisent des recommandations « scientifiquement robustes » pour « sauver la démocratie » ou « améliorer le bien-être des citoyens », alors même que les problèmes politiques sont fondamentalement conflictuels et incertains.
Au final, ces projets deviennent souvent des simulations : chercheurs et Commission font semblant que les objectifs sont atteints tant que les cases administratives sont cochées. Pour l’auteur de l’article, il faudrait mettre fin à cette farce, car les ressources limitées de la recherche devraient être utilisées de manière plus sensée.
Il conclut par une métaphore : le système européen du financement de la recherche ressemble à un empereur nu — somptueux en apparence, mais dépourvu de substance réelle.
L’Égypte rejoint le programme scientifique phare de l’Europe, suscitant des inquiétudes quant à la liberté académique
La semaine dernière, les responsables de l’Union européenne ont annoncé avec jubilation que l’Égypte avait rejoint Horizon Europe, le programme phare de financement de la recherche de l’Union. Elle est ainsi devenue le deuxième pays africain – et le 21e pays non membre de l’UE – à pouvoir prétendre à des subventions européennes dans des conditions pratiquement identiques à celles de ses homologues européens.
Cette décision prise le 21 octobre a toutefois suscité des critiques de la part de certains observateurs, qui ont fait valoir que l’engagement d’Horizon Europe à promouvoir la liberté académique était en contradiction avec le bilan problématique de l’Égypte en matière de droits humains, notamment l’emprisonnement d’universitaires. L’Egypte figure parmi les 10 derniers pourcents dans le classement Academic freedom index.
Interview du Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz
Dans une interview donnée à la RTS et au Temps, le Prix Nobel d’économie en 2001 Joseph Stiglitz fait un point de la situation aux États-Unis et évoque les risques liés à la deuxième présidence de Donald Trump.
Le scientifique affirme que lorsque le président accuse une université d’avoir violé une loi, il n’y a pas de procès, ni de jury, mais uniquement le jugement du président, ce dernier faisant du chantage en demandant aux universités de payer en échange de l’obtention de contrats gouvernementaux. Le Prix Nobel s’inquiète particulièrement de l’érosion de la démocratie américaine, dont le monde universitaire fait partie intégrante. «Le monde universitaire a été créé afin de porter un regard sur ce qui se passe dans notre société, notre gouvernement, nos entreprises, et signaler ce qui ne fonctionne pas correctement. C’est absolument nécessaire dans une démocratie.» Le monde universitaire est cependant actuellement particulièrement inquiet de la suppression de la liberté académique.
La dimension émotionnelle du changement climatique chez les scientifiques
Parmi les chercheur·euses suisses sur le changement climatique ayant participé à l’enquête de SwissInfo en 2025, «72% affirment se sentir émotionnellement affectés par leur travail et l’évolution du climat. 41% le sont «occasionnellement», 31% «plusieurs fois par semaine». Seuls 6% déclarent ne pas ressentir de sentiment particulier.» Le média met en avant certaines études sur la souffrance émotionnelle causée par le changement climatique qui montrent que les scientifiques, «constamment exposés à la réalité et aux conséquences du réchauffement» peuvent être mené·es à éprouver «un sentiment d’impuissance, à des états d’anxiété et à la dépression».
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 4 novembre 2025
3Nov2025
Politique des hautes écoles
Un tiers des chômeurs sont des jeunes diplômés universitaires
«Les jeunes diplômés universitaires peinent de plus en plus à trouver un emploi en Suisse. Leur part dans la population au chômage est passée de 27% à plus de 34%, alors que leur présence globale sur le marché du travail n’a augmenté que de 1%, rapporte, lundi, le «Tages-Anzeiger». Les métiers académiques comme développeur, prof de langues ou spécialiste marketing sont particulièrement touchés.» (20 minutes)
L’IA serait partiellement en cause, indique une étude récente du centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ (KOF).
Nouveau centre de formation de la HEdS à Marly, FR
La Haute école de santé fribourgeoise a ouvert un nouveau centre de formation à Marly, unique en son genre.
La prévention et la promotion de la santé sont au cœur de cette prestation, tout en servant comme lieu de formation pour les étudiant·es. Sous l’oeil de leurs formateurs·rices, les étudiant·es fournissent par exemple des bilans de santé à CHF 15. «Ce système doit aussi à terme combler une lacune dans le système de santé», l’offre de soins primaires faisant largement défaut en Suisse.
C’est également un lieu de stages pour les masters en ostéopathie et en psychologie de la santé.
«La médecine du futur doit s’intéresser à l’esprit et à l’âme»
«En plus d’être somatique et psychologique, la médecine devrait-elle être spirituelle? C’est ce que défend le professeur Jacques Besson, psychiatre et ancien chef du Service de psychiatrie communautaire du CHUV. Jeudi 30 octobre, dans le cadre du Toussaint’S Festival, à Lausanne, le médecin donnait une conférence intitulée «Exploration de la conscience: pour une médecine postmatérialiste».»
Grèves dans la fonction publique face aux plans d’assainissement des cantons (FR, VD, GE)
Suite à la grève du 1er octobre à Fribourg et à une manifestation à Lausanne le lendemain, «des grèves se dessinent sur les bords du Léman [face aux plans d’assainissement des différents cantons]: à Genève, elle se tiendra le 11 novembre – après confirmation le 6 novembre – et les 18, 25 et 26 novembre dans le canton de Vaud, assorties de deux manifestations. Les syndicats vaudois préviennent déjà que la grève pourrait se poursuivre tant que le Conseil d’Etat ne proposera pas des garanties du retrait de ses mesures d’économie.» (Le Temps)
Par ailleurs, une assemblée de mobilisation vers la grève aura lieu le 12.11.2025 à Géopolis.
Les universités suisses doivent baisser les taxes d’études pour les ressortissants de l’UE
Une condition de l’accord-cadre entre l’Union européenne et la Suisse est que les taxes d’études dans les universités et EPF suisses pour les ressortissants de l’Union européenne soient à la même hauteur que les taxes d’études pour des Suisses.
C’est déjà le cas (ou à peu près) dans les universités de Bâle, Berne, Genève et Lausanne.
Une adaptation des taxes d’études induira des pertes importantes pour l’Université de Suisse italienne et l’Université de Saint-Gall (7,7 et 7,6 millions de francs par an). Et pour les deux EPF de Zurich et de Lausanne, cette réglementation creusera à l’avenir un trou de 23,6 millions dans leurs caisses. Les deux établissements viennent tout juste d’introduire des frais d’inscription plus élevés et devraient donc bientôt les supprimer.
La Confédération s’est déclarée prête à indemniser les universités concernées pour cette perte, mais uniquement pour les quatre premières années. Elle prévoit de prendre en charge la moitié des coûts pour les hautes écoles cantonales. Quant aux deux EPF, qui appartiennent à la Confédération, elle entend assumer l’intégralité des coûts.
À Saint-Gall et au Tessin, le mécontentement règne. Par ailleurs, le Tessin représente une minorité linguistique et culturelle. «Ces projets risquent d’accroître les inégalités entre les cantons et de nuire à la cohésion nationale», estime Marina Carobbio (PS), directrice de l’éducation du Tessin
Le risque que la Suisse doive bientôt prendre en charge la formation supérieure de milliers d’étudiants supplémentaires provenant de l’UE est toutefois minimisé dans les accords. Les restrictions d’admission, comme dans le domaine de la médecine, restent autorisées, et il sera possible de maintenir les quotas, voire d’en introduire de nouveaux. Une clause dite de statu quo («Stillstandsklausel») doit, à l’inverse, garantir que le nombre actuel d’étudiants provenant des pays de l’UE ne puisse être réduit par des restrictions.
Par ailleurs, les universités de l’Union européenne ne pourront plus demander aux étudiant·es suisses des frais d’inscription supérieurs à ceux demandés aux citoyen·nes européen·nes.
«Le monde scientifique pourrait perdre toute sa crédibilité»
Récemment, dans le cadre de sa participation en tant que réviseur à la conférence BDCAT2025 à Nantes, le professeur à la Haute École d’ingénierie et d’architecture de Fribourg (HEIA-FR) Sébastien Rumley a fait la mauvaise expérience d’être confronté à des évaluations d’articles (reviews) très probablement générées par intelligence artificielle. Il dénonce les utilisations abusives de l’IA et appelle la communauté scientifique à réagir.
«Il faut impérativement que les chercheurs qui recourent à l’IA – mais aussi ceux qui ne l’utilisent pas – se rendent compte des conséquences en cas d’utilisation abusive.» Selon lui, les chartes publiées par les conférences à propos de l’utilisation de l’IA ne sont pas assez connues du monde scientifique et ne suffiraient pas. Le professeur ajoute que l’HEIA-FR a dû modifier son règlement de telle manière à ce que «n’importe quel travail demandé aux étudiants peut être suivi d’un interrogatoire pour vérifier si l’auteur l’a bien fait lui-même», explique-t’il. Il ajoute qu’un des défis du monde scientifique sera à l’avenir de trier la «surabondance» de publications. Selon lui, à terme, uniquement les publications les plus qualitatives seront retenues, et les conférences soucieuses de leur réputation devront investir dans de vrais comités d’expert·es pour les relectures, potentiellement rémunéré·es et doté·es de «radars».
«L’UNIGE discute d’un partenariat avec une université palestinienne»
L’Université de Genève est actuellement en discussion avec l’Université Al-Quds de Jérusalem afin de mettre sur pied une collaboration dans le domaine de la santé. «Des discussions avec l’Université Al-Quds sont effectivement en cours mais ne se sont pas, à ce jour, concrétisées dans un Memorandum of Understanding (MoU)», précise le vice-recteur Stéphane Berthet, chargé des Relations internationales et interinstitutionnelles de l’UNIGE. «La collaboration envisagée porte sur la recherche dans le domaine de la santé et en aucun cas sur la mobilité estudiantine», précise le vice-recteur. (Watson)
La Suisse, pionnière en médecine de genre
Londa Schiebinger, historienne des sciences à l’Université de Stanford, se consacre à l’influence positive du genre sur la recherche. Elle en déduit trois «solutions» pour corriger le système actuel:
1. attirer davantage de femmes et de groupes sous-représentés dans les domaines des sciences, de la médecine et de la technologie, car ses travaux démontrent que les équipes de recherche mixtes obtiennent de meilleurs résultats
2. briser les préjugés inconscients et les schémas culturels dans les institutions
3. «corriger les connaissances» produites par les universités et les établissements médicaux.
Elle se réjouit beaucoup que les universités suisses souhaitent intégrer les contenus liés à la médecine de genre dans leur enseignement médical. «À Stanford, nous n’en sommes pas encore là.» Il n’existe que peu de cours spécifiques sur le thème de la médecine de genre. Elle regrette par ailleurs la pression que le gouvernement américain applique sur la recherche dans ce domaine.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 3 novembre 2025
«L’avenir de Palmyre, détruit par Daech, se joue à l’Université de Lausanne»
«Une conférence internationale s’est réunie en toute discrétion à l’UNIL, pour la première fois depuis la chute du régime syrien. «Un tournant» pour la Perle du désert.»
31Oct2025
Politique des hautes écoles
En médecine, le numerus clausus vacille
«Alors que l’Union suisse des professions libérales s’inquiète de la pénurie de médecins, une motion veut assouplir les critères de sélection. Mais se pose la question des moyens à disposition»
«Un budget vaudois plus fragile que jamais»
«Le déficit attendu l’année prochaine par le canton fait grincer des dents. La gauche annonce le refus du projet en l’état, tandis que le PLR, l’UDC et les Vert’libéraux se positionnent en arbitres d’un débat explosif.»
L’UE va inscrire la sécurité de la recherche dans la législation
De nouvelles lois sur la sécurité de la recherche seront intégrées dans le futur Acte sur l’Espace européen de la recherche (ERA Act), a annoncé la commissaire européenne à la recherche, Ekaterina Zaharieva.
Ces lois auront pour objectif de protéger l’Union européenne contre des risques tels que le transfert non souhaité de technologies sensibles, les influences étrangères malveillantes ou encore les violations éthiques ou d’intégrité provenant de pays tiers.
L’ERA Act vise à instaurer des obligations juridiques et des incitations pour les États membres afin de créer un marché unique de la recherche. La Commission européenne avait déjà laissé entendre, en juin, qu’elle pourrait y inclure des mesures de sécurité, et la déclaration d’Ekaterina Zaharieva confirme désormais cette intention. Les détails concrets de la loi ne devraient cependant être dévoilés qu’en 2026, lors de la présentation officielle de l’Acte.
Lors de la première conférence de la Commission consacrée à la sécurité de la recherche, le 28 octobre à Bruxelles, Zaharieva a également annoncé trois nouvelles initiatives prévues pour 2024 :
-
La création d’un centre européen d’expertise en sécurité de la recherche ;
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La mise en place d’une plateforme d’évaluation des risques liés aux coopérations internationales ;
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L’élaboration d’une méthodologie commune permettant aux États membres de tester la résilience de leurs organisations de recherche.
Pourquoi ne pas miser davantage sur nos start-up?
La Conseillère nationale Estelle Revaz présente dans Le Temps des mesures à prendre pour encourager le transfert technologique et les start-ups en Suisse:
- «Une commande publique agit comme un label de confiance qui attire les investisseurs privés. La France et le Royaume-Uni l’ont compris depuis longtemps avec des quotas ou appels d’offres réservés aux entreprises innovantes.»
- Le mandat des institutions fédérales devrait, selon elle, inclure« le soutien à la croissance et au maintien en Suisse des start-up prometteuses, par exemple via une plateforme reliant investisseurs et jeunes pousses, et/ou un fonds tournant qui pourrait s’auto-alimenter au fil des succès.»
- Une e-Residency helvétique pourrait permettre à des étrangers et Suisses de créer une start-up en Suisse en 15 minutes, stimulant l’économie. Elle «renforcerait notre souveraineté technologique, et nous permettrait d’influencer la définition
des standards de demain» tout en permettant à la Suisse d’atteindre «la masse critique nécessaire pour attirer
durablement les investisseurs internationaux.»
Selon Science Business, l’Union européenne souhaite également faciliter des start-ups et scale-ups innovants, à travers l’Union européenne moyennant un réglement ou une directive qui s’appelle le 28e régime. «Le nombre « 28 » dans le nom provient des 27 États membres de l’UE et de leurs systèmes juridiques nationaux, qui sont étendus par une nouvelle possibilité à l’échelle de toute l’UE.» (Wikipedia)
Il s’agit de «mesures visant à faciliter la commercialisation sur l’ensemble du marché unique, mesures visant à garantir que les start-ups et les scale-ups puissent accéder aux capitaux dont elles ont besoin pour financer leur expansion, mesures visant à faciliter la mise en conformité des entreprises de taille intermédiaire avec la législation, marchés publics visant à soutenir l’innovation, mesures visant à attirer et à retenir les talents et «bacs à sable» réglementaires.» (Projet lancé en janvier 2025)
Ekaterina Zaharieva, commissaire chargée des start-ups, de la recherche et de l’innovation, a averti que restreindre l’utilisation du nouveau système d’enregistrement à des entreprises jugés «innovateurs» risquait de faire perdre un temps précieux.
Serena Borbotti-Frison, directrice générale du groupe de lobbying Allied For Startups y ajoute: « Il serait peut-être plus facile de convaincre les politiciens de ne soutenir dans un premier temps que les entreprises innovantes, mais il est difficile de définir ce qu’est une entreprise innovante.»
Friedrich Merz lance une agenda High Tech pour 18 milliards d’euro
Le chancelier allemand Friedrich Merz a lancé une Agenda High Tech qui soutiendrait les six secteurs suivants:
l’IA, la technologie quantique, la microélectronique, la biotech, la fusion et production d’énergie neutre en carbone et des technologies pour une mobilité neutre en carbone.
Outre les technologies clés, cette agenda met également en œuvre des projets dans des domaines de recherche stratégiques importants. Il s’agit de l’aéronautique et de l’aérospatiale, de la recherche en matière de santé, de la recherche en matière de sécurité et de défense, de la recherche sur les océans, le climat et la durabilité, ainsi que des sciences humaines et sociales (p.37).
Les objectifs:
- «Grâce à une offensive en matière d’IA, nous voulons que 10 % de notre performance économique soit basée sur l’IA d’ici 2030, augmenter la productivité du travail et faire de l’intelligence artificielle (IA) un outil important dans les domaines centraux de la recherche et des applications. […]»
- «Nous améliorons de manière mesurable la disponibilité et l’utilisabilité des capacités d’IA (algorithmes, données, ordinateurs, outils logiciels, puces IA) pour la science, la recherche, l’économie, l’administration et la société. […]»
- «Nous deviendrons un acteur central pour la prochaine génération d’IA et dans la concurrence mondiale. […]»
- «Nous renforçons la base de main-d’œuvre qualifiée dans les technologies quantiques. […]»
Les universités adhèrent au programme européen en matière de compétitivité
Selon un rapport de l’Association européenne des universités (EUA), les universités adoptent une approche pragmatique face à la nouvelle orientation de l’UE en matière de compétitivité. Elles adhèrent non seulement aux nouvelles priorités économiques du Conseil de l’Europe, mais y voient également une opportunité à saisir, par exemple en mettant en avant leurs atouts dans le domaine de la R&D liée à la défense, là où elles en disposent.
Le rapport «Universities and Competitiveness» s’appuie sur des ateliers et des entretiens menés auprès de 45 dirigeants et responsables universitaires basés dans 21 pays. Les participants ont notamment été invités à envisager trois scénarios théoriques pour 2035, dans lesquels les fondements politiques et économiques sont solides, en déclin ou en voie de disparition.
Au cours de ce processus, les universités participantes se sont montrées à l’aise avec le programme en matière de compétitivité ait été formulé par les institutions européennes à Bruxelles, «le défi est reconnu et partagé par les universités», indique l’EUA dans son rapport.
«Dans le même temps, ils ressentent clairement la main de Bruxelles qui tente d’aligner le monde universitaire sur les priorités politiques, par exemple à travers des initiatives telles que la loi sur l’Espace européen de la recherche, Choose Europe et l’Union des compétences. «Bien que cela ne signifie pas pour autant un pilotage détaillé et descendant des universités en soi, ces initiatives fixent des objectifs politiques généraux et une orientation pour le secteur, tout en émettant certaines hypothèses sur le rôle des universités dans la société», indique le rapport.» (Science Business)
L’Unil dans les médias
La communauté de l’UNIL adopte des outils IA générative
«Du 29 novembre au 13 décembre 2024, le Groupe expert IA de l’Université de Lausanne a mené un vaste sondage auprès de la communauté universitaire afin de mieux comprendre les usages, perceptions et attentes liés à l’intelligence artificielle (IA). Avec 1827 répondant·es, cette enquête a constitué une base précieuse pour orienter la stratégie institutionnelle de l’UNIL en matière d’IA.»
Revue de presse Unil 31 octobre 2025
30Oct2025
Politique des hautes écoles
Projet de modification de la loi sur la Haute école pédagogique vaudoise
Le Conseil d’État propose un projet de modification de la loi sur la Haute école pédagogique, dont le principal objectif est d’introduire une voie de réclamation. La voie de droit actuellement prévue pour les étudiantes et les étudiants ne permet plus de traiter les recours dans des délais raisonnables. […] Une première instance similaire existe déjà à l’Université de Lausanne et dans les hautes écoles spécialisées du Canton.
Nouveau centre de recherche sur l’intelligence artificielle dans le secteur des assurances
Le Zurich Insurance Group (Zurich), l’Université de Saint-Gall et l’EPFZ ont fondé un nouveau centre de recherche qui vise à repenser l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les assurances. Appelé «Zurich AI Lab», la collaboration a pour but de rechercher et développer de nouveaux modèles commerciaux, processus et offres dans le secteur des assurances. Elle garantit aux partenaires académiques une totale liberté de recherche. (Inside IT)
Des cadres de la compagnie d’assurance Zurich, des professeur·es, doctorant·es et étudiant·es de master travailleront sur des sites à Saint-Gall, Zurich et Singapour.
«La justice zurichoise sanctionne l’occupation de l’EPFZ en mai 2024 par des militants»
Cinq militant·es pro-palestinien·nes ont été condamné·es pour violation de domicile à des amendes avec sursis pour l’occupation de la halle principale de l’EPFZ le 31 mai 2024. Deux personnes ont été acquittées car la plainte envers elles était invalide au niveau procédurale. La défense a annoncé faire appel de la décision.
La présidente du tribunal a déclaré que le droit de propriété de l’EPFZ a été appliqué. Les arguments de la défense (notamment un état d’urgence, la liberté d’expression et celle de réunion) ont été rejetés. Le tribunal a estimé que d’autres moyens légaux existaient pour faire valoir leurs opinions. De plus, l’EPFZ avait indiqué sa disposition à dialoguer avec les manifestant·es. Tou·tes les accusé·es ont cependant été acquitté·es du chef d’accusation de participation à une manifestation non autorisée, car l’EPFZ, en tant qu’établissement de droit public, est soumise au droit fédéral et le droit communal ne peut donc pas s’appliquer.
D’autres procédures sont toujours en cours, notamment le procès contre les militants·e qui ont occupé le bâtiment principal de l’EPFZ le 7 mai 2024. (RTS, NZZ)
- engagement politique
- associations estudiantines
- rôle des universités
- liberté d’expression
- conflit israélo-palestinien
«Retards dans l’octroi des titres de médecins- la pression monte sur la FMH»
«Quelque 2500 dossiers sont en attente auprès de l’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue (ISFM), unique organisme habilité à délivrer ces titres en Suisse. Les délais d’attente sont de douze mois alors qu’ils ne devraient pas en excéder deux à trois.» Ces délais retardent l’entrée dans la vie active des jeunes diplômé·es et peuvent entraîner un manque à gagner d’environ 1’000 francs par mois. Afin de défendre leurs intérêts, quelque 150 médecins ont créé l’association «La relève médicale suisse». Jeudi de la semaine dernière, plusieurs associations de médecins (Asmac, AMIG, Asmav) ont rédigé une lettre ouverte dans laquelle elles exigent le recrutement de davantage de personnel pour traiter les dossiers (ce que la FMH assure être en train de faire) ainsi qu’une rencontre avec la Fédération des médecins (FMH) d’ici au 6 novembre.
Yvonne Gilli, présidente de la FMH, assure qu’une cellule de crise a été créée et qu’une aide informatique est fournie à l’ISFM.
L’Unil dans les médias
«Unisanté a déménagé»
«Le déménagement d’Unisanté sur le campus du Biopôle à Lausanne s’est achevé. Le centre universitaire de médecine générale et de santé publique propose désormais une offre médicale complète à proximité de la station de métro Vennes, sur les hauts de la capitale vaudoise.» (Le Courrier)
«Ce déménagement permet notamment de rassembler, sur un seul site, des activités jusqu’ici réparties sur une dizaine de lieux: le nouveau siège comprend des espaces cliniques, des laboratoires, ainsi que des locaux dédiés à la recherche et à la formation.» (MedInside)