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Tendances des 2 dernières semaines

Pour la présidente de swissuniversities, l’enseignement supérieur est une mission nationale

La présidente de l’association faîtière des hautes écoles suisses, Luciana Vaccaro, s’oppose au souhait de la Confédération de se retirer du financement des universités cantonales et des hautes écoles spécialisées, comme suggéré dans le rapport intermédiaire « Désenchevêtrement 27 ». Elle estime que ce serait un danger pour la coordination nationale et augmenterait les disparités entre les cantons fortunés et ceux aux ressources plus modestes.

De plus, face à une concurrence internationale de plus en plus rude et pour garantir l’excellence du système éducatif suisse, elle déclare : « La Confédération et les cantons doivent continuer à assumer leur responsabilité commune et, surtout, à poursuivre une vision stratégique commune ».

Réactions sur une étude sur l’employabilité des diplômé·es

L’article du Tages-Anzeiger explique qu’en Suisse, les diplômés en économie et gestion font désormais face aux pires perspectives d’emploi parmi les diplômés universitaires, contrairement à l’idée longtemps répandue selon laquelle ces études garantissaient presque automatiquement un travail.

Selon de nouvelles données de l’Office fédéral de la statistique, 8 % des diplômés en sciences économiques sont sans emploi un an après l’obtention de leur diplôme, ce qui en fait la discipline la plus touchée par le chômage des jeunes diplômés. Les diplômés en sciences humaines et sociales s’en sortent désormais légèrement mieux. En moyenne, 6 % des diplômés universitaires sont sans emploi un an après la fin de leurs études.

Malgré ces perspectives moins favorables, les études d’économie restent plus populaires que jamais dans les universités suisses. Le nombre d’étudiants y est en forte progression, même si les sciences humaines, sociales et les sciences exactes demeurent les domaines les plus fréquentés.

L’article conclut sur une note relativement optimiste : un diplôme universitaire reste apprécié des employeurs, mais il ne suffit plus à lui seul. Les étudiants qui complètent leur formation par des stages, des expériences pratiques ou un engagement associatif conservent de bonnes chances de trouver un emploi. (Tages-Anzeiger)

L’article paru, entre autres, dans la Freiburger Nachrichten, met en avant l’importance de l’expérience pratique. Les employeurs recherchent souvent des candidats déjà expérimentés, ce qui crée un cercle vicieux pour les jeunes diplômés. Les formations les plus proches du marché du travail, notamment celles des hautes écoles spécialisées (HES), facilitent généralement davantage l’insertion professionnelle.

L’article de la NZZ en ligne souligne que les problèmes de la recherche d’emploi ne se limite pas au chômage. Parmi les jeunes diplômés universitaires qui trouvent un emploi près de la moitié occupent des postes temporaires,environ un tiers sont encore en stage et beaucoup travaillent à temps partiel faute de mieux, notamment dans les sciences humaines et sociales.

Cette situation a également un impact sur les revenus. Dans plusieurs cas, les titulaires d’un bachelor d’une Haute école spécialisée (HES) gagnent davantage que les diplômés universitaires titulaires d’un master, grâce à une meilleure insertion professionnelle et à des formations plus proches des besoins du marché du travail.

Les causes principales identifiées seraient le ralentissement économique et les tensions géopolitiques, qui freinent les embauches, les réductions budgétaires dans le secteur public, important employeur de diplômés et l’incertitude liée à l’intelligence artificielle, qui menace certains emplois qualifiés, notamment ceux reposant sur des tâches administratives ou répétitives.

«Le lobbyiste en veste de professeur»
L’article de Republik dresse un portrait très critique de l’économiste suisse Christoph Schaltegger, professeur à l’Université de Lucerne et fondateur de l’Institut de politique économique suisse (IWP). Selon l’enquête, Schaltegger utiliserait l’apparence de neutralité scientifique pour accroître son influence politique et promouvoir un agenda économique libéral favorable aux milieux d’affaires.

L’IWP, présenté comme un institut scientifique indépendant, est financé par de riches entrepreneurs, notamment Alfred Schindler (groupe Schindler), ainsi que d’autres grandes fortunes suisses. Malgré ce financement privé, l’institut bénéficierait de la crédibilité de l’Université de Lucerne, ce qui lui permettrait de peser davantage dans les débats publics et politiques. Christopher Schaltegger et plusieurs collaborateurs de l’IWP siègent ou ont siégé dans diverses commissions d’experts fédérales influençant des sujets importants comme les retraites, la fiscalité, les dépenses publiques ou les relations avec l’UE.

L’enquête rappelle qu’avant sa carrière académique, Schaltegger a travaillé pour le Département fédéral des finances sous le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz, et puis pour l’organisation patronale Economiesuisse.

Le journaliste de Republik affirme qu’il a joué un rôle dans la promotion de la réforme fiscale dite «Réforme de l’imposition des entreprises II», dont les coûts pour les finances publiques auraient été largement sous-estimés lors de la campagne de votation de 2008. Plus tard, le Tribunal fédéral a reproché au Conseil fédéral d’avoir fourni des informations trompeuses sur les conséquences financières de cette réforme.

Plusieurs économistes reprochent à l’IWP de publier surtout des policy papers non soumis à une évaluation scientifique par les pairs (peer review), d’utiliser des méthodologies contestées et de tirer des conclusions jugées idéologiques ou insuffisamment étayées. Selon eux, l’IWP présenterait parfois des positions politiques sous couvert d’expertise scientifique.

Crise de confiance entre les instituts de recherche du Groenland et les États-Unis : une opportunité pour l’Europe ?

Les deux principaux instituts de recherche du Groenland, l’Institut groenlandais des ressources naturelles et l’Université du Groenland, ont suspendu le lancement de nouveaux projets avec les scientifiques américains.« La raison en est l’évolution de la situation politique entre les États-Unis et le Kalaallit Nunaat [Groenland], ainsi que l’incertitude engendrée par l’intérêt américain pour le Kalaallit Nunaat », a déclaré la rectrice de l’Université du Groenland, Mari Kleist. 

Plusieurs risques majeurs ont également été pointés du doigt par la directrice de l’Institut de ressources naturelles, Josephine Nymand, comme la souveraineté des données numériques ou l’espionnage des réseaux sociaux des scientifiques voyageant outre-Atlantique.

Les scientifiques et directeur·ices de recherche en Europe, Tore Furevik et Camillia Kiss déclarent : « Pour l’Europe, cela signifie que la connaissance de l’Arctique n’est plus seulement une préoccupation scientifique. C’est également une question de préparation, de sécurité et de résilience économique et sociétale. » Ils insistent également sur la nécessité de disposer d’infrastructures, comme le High Arctic Ocean Observing System, pour surveiller l’océan sous la glace tout au long de l’année.

Le chômage progresse chez les diplômé·es des hautes écoles entre 2023 et 2025

Selon l’Enquête auprès des personnes diplômées des hautes écoles (EHA) réalisée par l’Office fédéral de la statistique (OFS), entre 2023-2025, le chômage a augmenté parmi les personnes fraîchement diplômé·es (jusqu’à 1 an après les études). «Il a notamment augmenté de 3,9% à 6,4% parmi les titulaires d’un master HEU et de 3,4% à 4,9% chez les titulaires d’un bachelor HES, tandis qu’il est resté limité à 0,7% chez les diplômés des hautes écoles pédagogiques (HEP). En 2025, la conjoncture économique est beaucoup plus souvent invoquée comme raison que parmi la volée 2022.

«Vérifiez avant de collaborer»: le risque méconnu du contrôle à l’exportation

A l’Université de Genève, «Le Service de soutien à la recherche organise des séances d’information sur le contrôle à l’exportation qui touche le transfert de biens, de technologies et de connaissances ainsi que les collaborations avec des partenaires sous sanctions internationales. […] Ces mesures visent, en Suisse du moins, à prévenir les activités criminelles (prolifération d’armes, terrorisme, violations des droits humains…).»

Un co-fondateur de Palantir finance des projets de recherche spatiale en Suisse

Nathan Gettings, co-fondateur de l’entreprise Palantir, «le groupe informatique le plus controversé au monde», s’est installé en Suisse et soutient notamment des projets de l’EPFL et l’EPFZ. Selon son site web de sa fondation CHiwi, le fondateur souhaite faire progresser le savoir collectif de l’humanité dans les domaines des mathématiques avancées, des énergies alternatives et de la recherche spatiale.

Selon l’article, la fondation ne s’intéresse guère au parcours de recherche d’un candidat ; peuvent postuler toutes les personnes, qu’elles soient françaises ou étrangères, dont les domaines de recherche englobent, par exemple, les ondes gravitationnelles, la cosmologie physique ou les théories alternatives sur la matière noire, l’énergie noire et le Big Bang, ce qu’il n’est toutefois pas nécessaire de documenter. Par ailleurs, à cette fin, le ou la candidat·e est invité·e à joindre son profil LinkedIn. «Ce processus se distingue ainsi nettement de celui du Fonds national suisse, dans le cadre duquel les candidates doivent justifier de leurs étapes de recherche et de leur expertise dans une discipline donnée.»

Les taxes d’études des étudiant·s étrangers·ères vont augmenter dans les hautes écoles tessinoises

L’USI et la SUPSI augmentent les frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·ères à partir de 2027 à CHF 5000.

Ces frais resteront fixés à 2’000 francs pour les étudiants suisses et pour d’autres catégories assimilées, notamment les étudiants étrangers domiciliés en Suisse au moment de l’obtention de leur maturité et les demandeurs d’asile titulaires d’un permis. Les nouveaux frais d’inscription ne concerneront pas les étudiants déjà inscrits, qui continueront à payer les frais semestriels qui leur étaient applicables au moment de leur première inscription.

La SUPSI augmente les frais d’inscription de 800 à 1 000 francs pour les résidents et de 1 600 à 2 000 francs pour les non-résidents.

Cette décision fait suite aux réductions des subventions fédérales prévues à partir de 2027. Pour la période 2027-2029, le Parlement a décidé d’une réduction annuelle d’environ 60 millions de francs, soit la moitié des 120 millions de francs de coupes initialement proposées par le Conseil fédéral.

L’ère de la transparence à l’hôpital universitaire de Zurich

Suite au licenciement du chirurgien cardiaque Francesco Maisano, l’Hopital universitaire de Zurich (USZ) a publié les liens d’intérêts et les activités accessoires des ses praticien·nes sur son site web.

«Si l’on part du principe que le renforcement des règles est souvent une réaction à des dysfonctionnements, le règlement du personnel de l’hôpital universitaire en dit long : au cours des quatre dernières années, le conseil d’administration de l’hôpital l’a renforcé autant de fois, sous la pression des responsables politiques et d’une opinion publique de plus en plus sceptique. À lui seul, le nombre de pages consacrées aux règles relatives aux activités annexes et aux conflits d’intérêts a triplé.»

Selon la responsable en chef de la conformité de l’établissement, cette démarche vise à identifier les conflits d’intérêts potentiels, comme des activités secondaires concurrentielles de l’hôpital ou des participations dans des start-ups qui l’approvisionnent. La direction a fermement rappelé l’obligation de transparence totale pour toute collaboration avec des entreprises qui fournissent des prestations à l’USZ ou qui prennent en charge ses patient·es.

Selon un porte-parole de l’hôpital universitaire, des infractions aux directives internes ont été constatées dans une dizaine de cas.

 

«Gare à nos annuités!»

«Au début de l’été, une fraction significative de la droite parlementaire a déposé une motion particulièrement hostile contre le personnel de l’Etat de Vaud. À l’initiative de la députée Florence Gross (PLR), cette motion demande au Conseil d’Etat de geler le versement des annuités en cas de comptes déficitaires.» Le Syndicat qualifie cela de «totalement inacceptable» :«La mobilisation contre cette attaque est indispensable. Dans l’immédiat, SUD a proposé à la FSF et au SSP de demander que les syndicats soient auditionnés par la commission parlementaire en charge de l’examen de cette motion.»

Question sur les politiques en matière de données ouvertes pour les non-membres de progammes de recherche européennes

Le Royaume-Uni a été temporairement suspendu du programme Copernicus pendant trois ans à compter de janvier 2021, après que des querelles politiques plus larges liées au Brexit l’ont empêché de rejoindre divers programmes scientifiques, notamment le programme de recherche et d’innovation «Horizon Europe».

Comme pour «Horizon Europe», cette absence a laissé des traces sur la participation du Royaume-Uni à Copernicus. Depuis que le pays a réintégré le programme en 2024, «les résultats obtenus par le Royaume-Uni ont jusqu’à présent été décevants », indique l’évaluation officielle, mais un rapport récent de Science Works, une association à but non lucratif qui milite en faveur de réformes du système scientifique et technologique britannique, a qualifié l’adhésion au programme Copernicus de «gaspillage d’argent si colossal qu’il est visible depuis l’espace». Il souligne que même si le Royaume-Uni quittait le programme, ses scientifiques et ses start-ups pourraient toujours accéder à la plupart des données de Copernicus, car celles-ci sont en grande partie en libre accès.

La Suisse, qui ne participe pas au programme, a confirmé en juin qu’elle ne chercherait pas à y adhérer en 2028 en raison de contraintes budgétaires. «Grâce à l’accès libre accordé jusqu’à présent, la Suisse est actuellement en mesure d’utiliser la quasi-totalité des données brutes, mais ne peut pas participer aux services opérationnels ni aux instances de gouvernance.»

Cela a suscité certaines inquiétudes quant à la pérennité du modèle des données ouvertes. Comment convaincre les pays de financer des projets scientifiques internationaux alors que les données qui en résultent sont, pour la plupart, mises gratuitement à disposition ?

Ekaterina Zaharieva espère qu’un accord sur le programme cadre FP10 sera conclu en 2026

La commissaire européenne à la recherche Ekaterina Zaharieva espère un accord entre la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de la compétitivité  sur le programme-cadre successeur à Horizon Europe, FP10 (2028-2034), avant la fin de l’année 2026. Un calendrier jugé « très, très difficile, mais pas impossible », a-t-elle soulignée. Elle rappelle qu’un accord rapide permettrait à l’Europe de réaffirmer son leadership scientifique mondial.

Cependant, des désaccords portant notamment sur la formation de conseils d’experts, des politiques industrielles ainsi que l’avenir du Pillier II d’Horizon, qui dispose de la plus grande part du budget, pourraient freiner l’adoption du texte.

Kurt Deketalaere, secrétaire général de la Ligue des universités européennes de recherche, estime que finir les négociations avant la fin 2026 n’est pas forcément réaliste à cause de divergences entre la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil «Compétitivité».

Ekaterina Zaharieva a déclaré que les organismes de recherche de l’Union devraient «se faire un peu plus entendre» pour faire valoir l’importance des investissements dans le programme de recherche et d’innovation de l’UE, non seulement auprès des ministres des Finances, mais aussi auprès des citoyens. «Cela nous aidera lors des négociations budgétaires», a-t-elle ajouté.

Comment l’Europe peut-elle renforcer la recherche sur le climat et les partenariats dans ce domaine ?

«C’est l’occasion pour l’Europe de se mobiliser et de travailler à la coopération et aux accords en matière de climat», note Katja Matthes, directrice du Centre Helmholtz de recherche océanographique GEOMAR, . «Le changement climatique est un problème international et une menace réelle, et nous devons accélérer l’action climatique par rapport à ce que nous faisons actuellement.»

Elle estime que ses collègues scientifiques doivent faire comprendre que le changement climatique n’est pas seulement une menace, mais aussi une opportunité de trouver des solutions. «Nous devons changer notre discours et élargir nos alliances stratégiques avec ceux qui sont disposés à agir», déclare-t-elle, «et heureusement, il y a beaucoup de personnes et de pays prêts à s’engager.»

Rassemblement en soutien à un ancien professeur de l’Unil

Au sortir de la séance de conciliation sur la résiliation du contrat d’un ancien professeur de l’Unil, «le statu quo persiste», selon Le Courrier. «Le dossier vient donc s’ajouter à celui, précédent, du contrat non renouvelé. Il se poursuivra lui aussi devant le Tribunal des prud’hommes.» Une vingtaine de personnes selon Le Courrier, (une trentaine, selon La Télé), s’étaient rassemblées en son soutien devant le Palais de justice de Montbenon, à Lausanne, vendredi 21 août dernier.

La recherche, un investissement stratégique : document de position de swissuniversities

«Dans un monde en mutation rapide, marqué par une concurrence internationale croissante et des incertitudes géopolitiques, la recherche doit rester un investissement stratégique pour la Suisse. La recherche produit des connaissances, forme les spécialistes de demain et stimule l’innovation. Grâce à cela, la recherche permet de relever les défis actuels et de demain. […] Elle requiert en premier lieu un financement public solide, continu et prévisible. Cette stabilité doit s’accompagner de hautes écoles et institutions fortes, d’un environnement attractif pour les talents et d’une coopération étroite aux niveaux national et international.»

L’IA face à l’oncologie de précision : « C’est comme si nous étions passés du noir et blanc à la couleur »

Selon une étude de janvier 2026 publiée dans The Lancet portant sur 106 000 mammographies, le dépistage assisté par l’IA a détecté 81% des cancers, contre 74% traditionnellement.

Selon Raphaël Gottardo, directeur du Centre de la science des données biomédicales du CHUV, « l’IA permet de décrypter le micro-environnement tumoral, c’est-à-dire d’avoir une sorte de carte d’identité de la tumeur et de savoir comment elle interagit avec son environnement ». Dès lors, comprendre en détail le milieu de la tumeur aide les médecins à choisir les meilleurs traitements. Pour cela, il faut entraîner des logiciels d’intelligence artificielle avec le plus de données possible. C’est le but de NAIPO, un projet suisse lancé en 2025 qui réunit des hôpitaux, des universités et des entreprises pour regrouper les dossiers des patient·es consentant·es.

L’Université comme ressource stratégique en Russie

L’autrice de l’article, la sociologue spécialiste des systèmes universitaires Alessia Lefébur, décrit comment, pour faire face à l’isolement occidental et la fuite des cerveaux, Moscou utilise ses campus comme leviers de stratégie internationale. Après sa suspension du processus de Bologne en avril 2022, la Russie aurait transformé l’enseignement supérieur et la formation des élites en instruments de politique extérieure.

L’article du Courrier met en avant les choix stratégiques du gouvernement russe qui a pour objectif de doubler le nombre d’étudiant·es étranger·ères d’ici 2030. Une ambition réaffirmée par Vladimir Poutine pour développer des partenariats en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. Au-delà des anciennes républiques soviétiques, les effectifs progressent grâce à l’apport de l’Inde, la Chine, le Soudan, la Guinée ou le Tchad.

Le Conseil stratégique du CHUV publie son rapport annuel 2025

«L’année 2025 est marquée par l’arrivée de la nouvelle Direction générale, la poursuite des travaux sur la stratégie de développement de l’hôpital et la consolidation de son rôle prévu par la loi. Au cours de l’année, le Conseil stratégique du CHUV a poursuivi sa mission de conseil et de préavis sur les grands dossiers stratégiques de l’institution.»

Que faire face au probable manque de médecins généralistes?

« Faut-il augmenter le nombre d’étudiants en médecine? Idéalement, oui.», affirme Jacques Cornuz, médecin et professeur honoraire de l’Université de Lausanne. «Mais cette option n’est guère envisageable, car les capacités universitaires suisses, en particulier pour les places de stages cliniques, vont rester similaires ces prochaines années pour des raisons budgétaires. Mais il existe d’autres pistes. […]»

Le NIH propose une refonte en profondeur de son système d’évaluation des demandes de subventions de recherche

«Les Instituts nationaux de la santé (NIH) des États-Unis ont proposé de revoir leur processus de sélection des projets de recherche à financer, ainsi que la manière dont ils communiquent les résultats de ces délibérations. […] Cependant, compte tenu de l’influence croissante des responsables politiques nommés dans les décisions relatives aux subventions fédérales sous l’administration du président américain Donald Trump, certains scientifiques estiment que la suppression de la transparence quant à la manière exacte dont une proposition a été notée pourrait ouvrir la voie à de nouvelles ingérences politiques.»

«“Fais ce qui te rend heureux” – je considère ce conseil comme néfaste»

Que devons-nous encore enseigner à nos enfants si, de toute façon, l’IA sera bientôt capable de tout faire mieux que nous ? Stefan Wolter, expert en éducation, s’exprime sur la compétence la plus importante pour l’avenir, comme la pensée critique, la lecture approfondie des textes, ainsi des connaissances du domaine («Fachkenntnisse»). Il estime qu’il y a un risque que les expert·es de leurs domaines vont gagner en efficience, de manière que les personnes du niveau moyen recevront moins de mandats. Les jeunes gens devraient donc opter pour un domaine dans lequel ils sont relativement meilleurs que la majorité, plutôt que ce qui leur apporte de la joie.

Roger Nordmann: l’entrée des patients dans le parcours de soins, « mon plus gros souci » à l’heure actuelle

«Nous n’avons pas assez de ressources pour le premier contact [d’un·e patient·e] avec un soignant – infirmière, ambulancier, employé d’EMS…», relève le conseiller d’Etat vaudois en charge de la Santé Roger Nordmann. «La première ligne de soins peut résoudre 90% des problèmes. Mais il y a un défaut de coordination.»

Un autre aspect de cette problématique serait la difficulté à trouver un médecin généraliste ou un pédiatre dans le canton. «Le conseiller d’État estime qu’il faut rendre ces professions plus attractives, en rendant la formation moins tortueuse et en accroissant les places de stage en cabinet.» (RTS)

Une pétition réclame une enquête après la mort du professeur britannique Jason Arday

«L’émotion est vive au Royaume-Uni après la mort du sociologue Jason Arday, qui s’est vraisemblablement suicidé dix jours après sa démission forcée de l’Université de Cambridge à la suite d’une campagne de harcèlement. Une pétition [signée par plus de 120’000 personnes] réclame une enquête sur le traitement médiatique.» (RTS)

«Il ne fait aucun doute que la mort tragique du Dr. Arday est la conséquence directe, prévisible et prévue du harcèlement médiatique dont il a été victime. La couleur de sa peau a joué un rôle déterminant dans ce harcèlement», déplore la pétition.

L’affaire Arday a également alimenté les accusations récurrentes de certains détracteurs selon lesquelles les universités qui prônent la diversité raciale le font au risque de compromettre le mérite académique.

Cornel Grey, professeure assitante dans le département de Genre, sexualité et études sur les femmes à l’Université Western, écrit: «Les universitaires noirs peuvent pleurer la perte d’un collègue relativement jeune tout en anticipant le fardeau que l’affaire Arday pourrait faire peser sur des chercheurs qui n’avaient aucun lien avec ses travaux, mais dont les qualifications pourraient désormais faire l’objet d’une nouvelle vague de suspicion.»

[Vous pouvez lire plus d’articles sur cette affaire ici, ici et ici.]

Entretemps, l’universitaire qui avait accusé Jason Arday de plagiat a été suspendu par son université. Nathan Cofnas avait précédemment affirmé que, dans une méritocratie, les Noirs occuperaient peu de postes à haute responsabilité.

 

 

«Comment le financement de la recherche influence la gouvernance de la recherche universitaire»

«Deux réformes majeures ont été mises en œuvre dans de nombreux systèmes universitaires européens : d’une part, les universités sont censées être devenues des acteurs stratégiques autonomes ; d’autre part, le financement de la recherche s’est transformé en un mélange complexe de subventions globales, souvent liées à la performance, et de subventions accordées sur la base de projets dans le cadre d’appels à projets.»

Les auteurs et l’autrice de cette publication ont élaboré un cadre conceptuel novateur pour démontrer que les modalités de financement ont une incidence sur la marge de manœuvre stratégique dont dispose la direction des universités pour orienter la recherche selon trois axes : le lieu où s’exerce la gouvernance des activités de recherche, la manière dont les stratégies sont mises en œuvre et les orientations prises par la recherche.

Cette question est examinée dans le cadre d’une analyse comparative des modes de gouvernance de la recherche dans les universités suédoises et autrichiennes, avec une analyse systématique des effets des différentes caractéristiques du financement de la recherche sur l’orientation stratégique de celle-ci au sein des universités.

Ouverture du Campus Santé : le Canton de Vaud concrétise l’un de ses projets les plus stratégiques pour l’avenir

«Le Canton de Vaud et ses partenaires ont franchi aujourd’hui une étape majeure dans le cadre d’une cérémonie de remise des clés du Campus Santé, à Chavannes-près-Renens. Dès la rentrée 2026, les bâtiments C4 – Centre coordonné de compétences cliniques, Haute École de Santé – Vaud (HESAV) et Neostar, résidence étudiante, accueilleront leurs premières utilisatrices et leurs premiers utilisateurs, donnant vie à un écosystème entièrement consacré à la formation, à la recherche et à la vie estudiantine dans le domaine de la santé.»

Les priorités des hautes écoles suisses (2029–2032 )

«Dans son nouveau document «Coordination de la politique des hautes écoles à l’échelle nationale 2029–32», swissuniversities fixe un cap commun pour les hautes écoles. Elle place au premier plan l’excellence de l’enseignement, de la recherche et du transfert de savoir, qui constituent leur mission fondamentale. Elle définit aussi six priorités thématiques et esquisse les investissements nécessaires à leur mise en œuvre»: «La souveraineté technologique, l’espace, l’enseignement, les infrastructures de recherche, la santé et la sécurité.» «Ces domaines répondent à des enjeux qui dépassent le seul cadre des hautes écoles. Ils touchent à la capacité de la Suisse à maîtriser les transformations qui façonnent son environnement.»

 

Révision des prêts et bourses d’étude à Fribourg

« Le canton de Fribourg a revu le règlement sur les bourses et les prêts d’études pour mieux tenir compte de la réalité vécue par les personnes en formation, qui travaillent parallèlement à leurs études. Les étudiant·es, qui exercent une activité lucrative pour financer leur formation à plein temps, ne seront plus pénalisés par une réduction de leur bourse. »

La modification, entrée en vigueur le 1er août, supprime la diminution de la bourse pour les personnes en formation à plein temps lorsque leur revenu dépasse la participation minimale exigée.

La HEG Fribourg se dote d’une nouvelle chaire Unesco sur la durabilité

« Dès novembre, la Haute Ecole de gestion (HEG) Fribourg sera institution hôte d’une nouvelle chaire Unesco, consacrée à la durabilité et à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Interdisciplinaire, celle-ci abordera la durabilité dans plusieurs domaines, entre l’environnement, le social, l’économie, l’ingénierie, le droit et la santé. Cette reconnaissance de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), renouvelable tous les quatre ans, facilite la collaboration scientifique locale, nationale et internationale. »

Des Palestiniens prennent des actions légales contre l’Université Columbia

Selon le «New York Times», cinq étudiants d’origine palestinienne de l’université Columbia ont désormais porté plainte contre l’établissement reprochant à la direction de l’université d’avoir défavorisé des étudiants palestiniens dans le cadre des manifestations contre la guerre à Gaza. Dans leur plainte, ils affirment que l’université n’a pas pris suffisamment de mesures pour les protéger d’un environnement hostile. Elle aurait participé «activement au harcèlement à caractère raciste, ethnique et politique» dont ont été victimes des étudiants, des membres du personnel et des enseignants palestiniens.

Un rapport sur les incidents racistes publié l’année dernière par l’université de Harvard mentionne également des cas de discrimination antimusulmane et anti-palestinienne entre étudiants. L’auteur de l’article de la Neue Zürcher Zeitung estime qu’il s’agit toutefois de «cas isolés. Cela n’a pas donné lieu à un climat antipalestinien généralisé. L’antisémitisme, en revanche, était systémique. À Harvard comme à Columbia.»

Un vice-recteur de l’université de Berne réclame un assouplissement des conditions d’obtention de visas pour les scientifiques africains

La Suisse souhaite renforcer la coopération scientifique avec l’Afrique. Une réunion d’ambassadeurs de haut niveau à Berne a permis de mettre en lumière les moyens nécessaires à cette fin.

Hugues Abriel, vice-recteur pour la recherche et l’innovation de l’Université de Berne avance une proposition très concrète : «Aidez-nous à obtenir des visas, des visas pour les chercheuses et chercheurs !»  Dans le cadre de l’«Initiative Afrique», l’Université de Berne entretient des relations de coopération avec plusieurs pays africains.

«La Chine, partenaire académique incontournable»

«Désormais principal fer de lance de l’innovation technologique, l’empire du Milieu s’est rendu incontournable, avec des laboratoires de recherche bien mieux dotés financièrement que les laboratoires français. Selon le ministère des affaires étrangères, la coopération universitaire entre la France et la Chine se matérialise par plus de 350 accords actifs (échanges, doubles diplômes…) et des flux soutenus de mobilité étudiante.» Le directeur de la stratégie et de la transformation de la Centrale Supélec, [Grande école d’ingénieurs française publique de l’université Paris-Saclay], Vincent Jolys, estime: «Il est important qu’on ne soit pas naïfs, il y a des enjeux de souveraineté, et chacun protège au mieux ses intérêts, mais le monde scientifique et de la formation reste ouvert.» (Le Monde)

Lettre de lecteur proposant un numerus clausus pour les étudiant·es de l’étranger

Dans une lettre ouverte publié dans les 24 heures, Jean-Claude Grangier regrette «Contrairement à d’autres pays, la Suisse ne fixe
aucun objectif national concernant le nombre d’étudiants internationaux. […] Quid de la préservation de la capacité du système et de l’accès des étudiants nationaux?»

Classement de Shanghai 2026

Selon le classement «Academic Ranking of World Universities», l’Université de Lausanne compte parmi les meilleures universités du monde. Voici le classement des universités suisses:

  • 19. EPFZ (22. en 2025)
  • 43. EPFL (44. en 2025)
  • 55. UNIGE (58. en 2025)
  • 65. Université de Zurich (64. en 2025)
  • 91. Université de Bâle (94. en 2025)
  • 151-200. Université de Berne (151-200 en 2025)
  • 151-200. Université de Lausanne (101-150 en 2025)
  • 601-700 USI (601-700 en 2025)
  • 901-1000 UNIFR (501-600 en 2025)

Dans le domaine de l’Administration publique, l’Université de Lausanne, à travers l’IDHEAP, se distingue une nouvelle fois sur la scène internationale (1ère place).

Suisse-Afrique : un atelier pour rapprocher science et diplomatie

«L’atelier « Science Diplomacy in Practice », organisé […] à l’Université de Berne par le DFAE et les universités de Berne et de Bâle, a réuni diplomates et scientifiques de Suisse et d’Afrique afin de renforcer les synergies entre recherche, innovation et diplomatie. Les participants ont salué la richesse des collaborations existantes et discuté de nouvelles pistes pour connecter plus étroitement l’écosystème scientifique aux réseaux diplomatiques suisses et africains.»

Decès de Jason Arday, ancien professeur à l’Université de Cambridge

Jason Arday, ancien professeur de sociologie de l’éducation et membre du Jesus College à Cambridge, a été retrouvé mort à son domicile peu après sa démission liée à des accusations de plagiat et de falsification de son curriculum vitae. Alors que l’université britannique affirme avoir soutenu le chercheur jusqu’au bout en lui fournissant un accompagnement en santé mentale et une protection face aux courriers racistes, ses proches dénoncent une campagne de désinformation de d’hostilité alimentée par une forte pression de la presse.

Au-delà du drame personnel, l’affaire ébranle le monde universitaire et suscite de vives inquiétudes quant à ses répercussions institutionnelles. Les dirigeant·es de Cambridge, tout en maintenant l’ouverture d’une enquête indépendante sur les accusations initiales, redoutent désormais que cet évènement ne serve de prétexte à des attaques collectives contre les minorités et ne fragilise la place des universitaires dans l’enseignement supérieur.

Remise en question de la sélection scolaire dans le canton de Vaud et Genève

La sélection solaire dans le canton de Vaud et à Genève, jugée parmi les plus précoces au monde (12-13 ans), fait débat. Malgré la présence de passerelles, les données prouvent que l’orientation initiale détermine en grande partie le destin scolaire des élèves. Cette structure précoce n’améliore donc pas la réussite, mais aggrave les inégalités sociales.

Face à la révision de la maturité gymnasiale dans le canton de Vaud, qui passera de 3 à 4 ans, le projet MAT-EO a été lancé pour repenser la transition entre l’école obligatoire et le gymnase, avec des propositions attendues pour avril 2027.

Les expert·es, comme Nicolas Margas, directeur de l’Observatoire de l’éducation et de la formation (Obsef) et professeur à l’Unil, rappellent toutefois que pour garantir la réussite de toutes et tous, la qualité de l’enseignement et la formation des enseignant·es restent des leviers bien plus puissants que les réformes de structure.

La science neutre face aux décisions politiques ? Regard du climatologue Reto Knutti

Dans un entretien accordé au Tages-Anzeiger, Reto Knutti, climatologue et professeur à l’ETH Zurich, questionne la frontière entre science et politique face à l’urgence climatique.

Selon lui, les scientifiques ne peuvent plus se contenter de livrer des chiffres bruts, ils doivent expliciter les conséquences et éclairer les différents choix politiques. Il rappelle que la Suisse est le seul pays à avoir validé l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050 par une votation populaire.

Il déclare : «Les faits scientifiques ne dictent ni décisions politiques ni actions sociales. Chaque action est le résultat d’un processus de négociation politique. Mais la science du climat et la politique se sont longtemps accrochées à l’idée fausse que si les faits sont suffisamment clairs, la politique et la société feront ce qu’il faut. C’était une erreur fatale. Au plus tard lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague en 2009, il est devenu clair que les faits sont parfaitement clairs, mais qu’un accord mondial ne se fait pas par hasard. Aujourd’hui, nous n’avons pas principalement un problème de connaissance, mais un problème de mise en œuvre. Il s’agit de communication, de psychologie perceptuelle, de politique, de diplomatie, de coûts et d’avantages. Nous avons inclus tous ces aspects et disciplines bien trop tard.» (Tages-Anzeiger)

Le festival Scientifica revient à Zurich

Destiné aux familles, enfants et adolescents, le festival des sciences Scientifica aura lieu du samedi 22 août au dimanche 30 août à Zurich. Co-organisé par l’UZH et l’ETH, l’événement propose une cinquantaine de mini-conférences, des visites guidées et de parcours immersifs dans plus de 40 laboratoires et installations. Tout au long de la semaine, les scientifiques des deux institutions partageront leurs domaines de recherche et proposeront des ateliers ludiques pour les enfants.

En tant que partenaire de l’évènement, la ville de Zurich accueillera de nombreuses animations, après un grand coup d’envoi donné au Parc de l’innovation.

Roger Nordmann: «Je serai candidat au Conseil d’Etat en 2027, et je souhaite conserver le DSAS»

Le nouveau chef de la santé vaudoise Roger Nordmann donne sa première interview depuis son entrée en fonction. Il souhaite entre autres «stabiliser le CHUV, «calmer le «CHUV bashing» propre à la politique vaudoise» et clarifier les priorités scientifiques. «Nous sommes tout de même heureux de disposer d’un hôpital universitaire, qui est aussi un hôpital de zone et un lieu de formation. Globalement, il fonctionne bien, même si des améliorations sont toujours nécessaires.»

Il craint cependant une acceptation de l’initiative des 12%. Pour lui, la situation serait dramatiquement aggravée si l’initiative des 12% était acceptée. «Le DSAS représente environ 42% du budget de l’État: il serait donc massivement touché.»

Pour les élections en 2027, Roger Nordmann souhaite conserver le DSAS. «Le canton doit se projeter vers l’avenir et relever ses grands défis: la numérisation, dans laquelle Vaud n’est pas en avance; la formation, rendue plus difficile par l’évolution de la société et la santé psychique des jeunes; ainsi que la prévention et l’adaptation au changement climatique.»

 

«Des traitements innovants contre le cancer grâce à un partenariat public-privé»

Créé en 2017 à Genève, le Centre de recherche translationnelle en onco-hématologie est issu d’un partenariat public-privé réunissant l’Université de Genève (UNIGE), les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et un consortium de fondations, dont la Fondation Dr Henri Dubois-Ferrière Dinu Lipatti. Il réunit aujourd’hui 34 groupes de recherche et plus de 300 collaborateurs. Dans l’article, Mikaël Pittet, professeur de l’UNIGE et titulaire de la chaire ISREC en onco-immunologie et membre de Ludwig Cancer Research, explique pourquoi la recherche translationnelle ne va pas de soi dans la pratique.

Employabilité : «La pratique bat la théorie»

L’article de la NZZ revient sur les résultats de l’étude menée par Stefan Wolter, du Centre de recherche en économie de l’éducation de l’Institut d’économie de l’Université de Berne. Cet article souligne l’importance fondamentale des compétences pratiques sur le marché du travail, une tendance qui ne cesse de gagner en importance, notamment dans le contexte de l’intelligence artificielle.

L’invité de La Matinale – Christophe Champod, nouveau recteur de l’Unil

Nouveau recteur de l’Unil depuis le 1er août, Christophe Champod affirme avoir repris une université solide malgré les tensions et les difficultés budgétaires récentes. Sa priorité est de restaurer la confiance au sein de l’institution et de réaffirmer la mission centrale de l’université : transmettre et produire des savoirs dans un cadre ouvert et respectueux.

Pour les cinq prochaines années, il identifie trois grands défis : l’intégration responsable de l’intelligence artificielle, le renforcement du soutien à la santé mentale des étudiantes et étudiantes et le développement des liens entre l’université et la société. Face aux contraintes financières, il admet que les coupes budgétaires sont une opportunité mais aussi une inquiétude:« je pense qu’on a un certain nombre de défis […] qui nécessiteront des moyens.»

Son ambition est de préparer une université durable capable de former des citoyen·nes critiques et prêts à relever les défis de demain.

Benchmarking universitaire en matière de mobilité sociale

Une commission dédiée en Angleterre a publié un nouveau rapport qui évalue dans quelle mesure les universités d’Angleterre favorisent la mobilité sociale.

Cette étude s’articule autour de la question: parmi les étudiants qui remplissent les conditions d’admission, les universités recrutent-elles de manière équitable, tous milieux socio-économiques confondus ? Les données disponibles indiquent que c’est le cas pour bon nombre d’entre elles, mais pas pour toutes.

Expérimentation animale aux Etats-Unis

Aux États-Unis, l’opposition à l’expérimentation animale dépasse les clivages politiques. Si la majorité des travaux repose sur les souris et les rats, les singes cristallisent les débats. Bien qu’ils représentent moins de 1% des sujets, leur proximité évolutive avec l’espèce humaine suscite de vives réactions.

Cette opposition grandissante s’est récemment traduite par l’annonce des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) de fermer un laboratoire de primates dédié à la recherche sur le VIH.

Ce rejet reflète un malaise éthique grandissant face à la souffrance animale. Cette réticence s’explique également par une confiance croissante envers les nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle et les méthodes alternatives (NAM). Cet enthousiasme n’est pourtant pas partagé par l’ensemble de la communauté scientifique. En 2023, les Académies nationales des sciences, de l’ingénierie et de la médecine ont conclu que ces alternatives restent incapables de reproduire les interactions complexes entre les organes d’un être vivant.

Enfin, des enjeux de leadership mondial et de concurrence avec la Chine entrent en ligne de compte. L’arrêt des tests aux Etats-Unis risqueraient de délocaliser la rechercher vers des pays soumis à des normes de bien-être animal beaucoup moins strictes.

 

«Pourquoi les scientifiques devraient être à l’origine de la transition visant à abandonner les méga-centres de données dédiés à l’IA»

«À mesure que l’on prendra conscience des coûts environnementaux et économiques liés à l’utilisation [de l’IA], la demande en solutions alternatives plus durables, plus respectueuses de la vie privée et plus adaptables ne manquera pas de croître.» Les auteurs et l’autrice de l’article paru dans Nature estiment que les universités et les instituts de recherche ont un rôle crucial à jouer dans cette transition.

Réactions sur l’affaire du plagiat présumé à Cambridge

Le professeur en sociologie Jason Arday, de l’université de Cambridge en Angleterre, a démissionné. On lui reproche des cas de plagiat et d’inexactitudes dans ses travaux scientifiques.

Il a mené des recherches sur son histoire personnelle en lien avec les retards de développement et l’autisme.  Caspar Hirschi, professeur d’histoire de la science à l’Université de Saint-Gall et auteur d’un livre sur l’expertise dans le débat public, estime qu’il lui manquait de distance critique par rapport à son expertise. «Les universités de pointe ont repris l’expertise d’Arday sans aucune critique, sans vérifier ce qui était vrai et ce qui ne l’était pas dans ses déclarations», affirme-t-il. L’assurance qualité de l’université n’a pas été respectée. (SRF)

Dans sa première réaction aux critiques adressées à Jason Arday, la Faculté d’éducation de l’université de Cambridge a succombé à un raisonnement erroné, caractéristique des milieux idéologiquement homogénéisés : le syndrome du «shoot-the-messenger». Au motif que l’un des détracteurs les plus virulents d’Arday, Nathan Cofnas, avait diffusé des théories racistes, on en a conclu que les accusations devaient nécessairement être fausses. (Caspar Hirschi via LinkedIn)

Par ailleurs, lorsque les premières critiques se sont fait entendre, le sociologue ne s’est pas défendu sur le plan scientifique, mais a immédiatement pris des mesures juridiques et policières à l’encontre de ses détracteurs, notamment un journaliste du Times Higher Education

L’Université de Cambridge a ouvert une enquête sur ce professeur de sociologie «qui s’inscrira dans le cadre d’une enquête plus large sur le recrutement des universitaires de haut niveau. (Times Higher Education)

L’historien saint-gallois estime qu’«[i]l reste judicieux d’encourager la diversité des profils et des parcours de recherche au sein des universités, dans la mesure où cela contribue à renforcer la culture de la réflexion critique et du scepticisme organisé au sein des communautés scientifiques. Toutefois, si les préoccupations en matière de diversité conduisent à un abaissement des normes de qualité à l’égard de certaines personnes ou de certains groupes, ou à la formation de cloisonnements idéologiques, elles manquent alors leur objectif.» (Caspar Hirschi via LinkedIn)

 

 

Débat en Allemagne sur l’orientation politique des études sociologiques

Deux chroniques du journal allemand Die Zeit,mettent en lumière le débat qui divise les sciences sociales entre les écoles de Munich et de Francfort.

D’un côté, les sociologues de l’Université Ludwig Maximilian de Munich Armin Nassehi et Irmhild Saake dénoncent une politisation de la discipline qui menace sa scientificité du domaine. Un problème du domaine serait que tout est étudié avec les lunettes qui s’intéressent à l’égalité, sans questionner le souhait sous-jacent d’effacer toute asymétrie.  «Le travail des sociologues serait de poser des questions plus rigoureuses sur le plan méthodologique et théorique, et non pas seulement de cultiver son propre folklore. De nombreuses nouvelles questions passionnantes se posent dès lors que l’on va au-delà de la plausibilité des attentes en matière d’égalité.»

[Les étudiant-es] «maîtrisent parfaitement le filtrage des réseaux sociaux, mais ne parviennent pas à évaluer les conséquences d’une schématisation extrême.»

De l’autre coté, les sociologues Stephan Lessenich (de la même université) et Sarah Nies (Université de Göttingen) estiment que la discipline subit des attaques injustifiées dans un contexte démocratique déjà fragilisé. Il et elle estiment que les sociologues munichois politisent sous le couvert de la neutralité et au nom de «questions purement scientifiques».

Face à ces tensions, le professeur en éthique de l’économie Thomas Beschorner (Université de Saint-Gall), regrette un débat trop passionné et verbeux, manquant de sérieux.

Le mouvement américain « Stand Up for Science » s’étend en Europe

Né en février 2025 aux États-Unis pour défendre la liberté académique face aux menaces politiques, le mouvement citoyen et scientifique « Stand Up for Science » s’implante en Suisse. L’objectif de cette expansion est de donner une dimension internationale à son action et d’inciter les universitaires européens à s’organiser de manière similaire.

Bien que l’Europe n’affronte pas des mesures aussi drastiques que celles de l’administration Trump, la dirigeante du mouvement, Colette Delawalla, appelle à la vigilance. Selon elle, la méfiance s’installe de manière subtile, par des coupes budgétaires progressives ou des discours anti-science. Elle appelle donc la communauté académique européenne à réagir dès les premiers signaux d’alerte pour protéger ses institutions. Si  les scientifiques européens disposent «d’un peu de temps supplémentaire pour commencer à réfléchir, à faire ces préparatifs et à renforcer la cohésion et la solidarité au sein de la communauté [ils] partiront avec cinq longueurs d’avance par rapport à là où nous en étions».

 

«Pourquoi la science doit renforcer son contrat social»

Face à la défiance croissante envers la science, Peter Gluckman, président du International Science Council (ISC), appelle à renforcer le contrat social de la science en améliorant la communication avec les politiques et en explicitant ses contributions à la société.

Il préconise un engagement accru des scientifiques auprès des ministères, de la société civile et des entreprises pour garantir le bien-être humain et environnemental.

Un professeur de Cambridge soupçonné de plagiat démissionne

La démission de Jason Arday, plus jeune professeur noir de l’Université de Cambridge, suite à des accusations de plagiat visant sa thèse de doctorat le 21 juillet dernier a relancé un vif débat au Royaume-Uni. Cette affaire cristallise les tensions autour des politiques d’inclusivité. Certains dénoncent un manque de rigueur au profit d’une « vertu de façade » et d’opportunisme politique. À l’inverse, dans son éditorial de vendredi, The Guardian regrette le discrédit jeté sur l’ensemble des initiatives en faveur de l’équité. Le quotidien anglais rappelle que ces polémique fragilisent des institutions déjà sous pression, alors même que les obstacles systémiques pour les étudiant·es noir·es demeurent bien réels.

Rapport sur l’évolution du nombre d’étudiant·e·s en sciences humaines et sociales

Mandaté par L’Académie suisse des sciences humaines et sociales (ASSH), un rapport analyse l’évolution du nombre d’étudiant·e·s dans les domaines des sciences humaines et sociales en Suisse entre les années 1980 et 2024. Bien que le nombre total d’étudiant·es ait augmenté, l’effectif de ces filières diminue face aux sciences techniques.

Le rapport constate une hausse pour les sciences sociales (28 % en 2023/24), une stagnation des sciences humaines et un recul marqué pour les Langues et Littératures (qui passent de 13 % à 4 % des étudiants).

Basé sur des analyses quantitatives et des entretiens réalisés avec des spécialistes de l’orientation, l’enquête révèle que l’intérêt personnel reste la motivation principale dans ces filières mais que les questions d’argent et de débouchés professionnels pèsent de plus en plus lourd dans la décision, surtout depuis la pandémie du Covid-19.

La FAE appelle à voter NON à l’initiative des 12%

La Fédération des associations d’étudiant·e·x·s (FAE) de l’Université de Lausanne (UNIL) se positionne en défaveur de l’initiative populaire « Baisse d’impôts pour tous : redonner du pouvoir d’achat à la classe moyenne », dit l’initiative des 12%.

Malgré son apparente attractivité, cette baisse mettrait en danger les prestations sociales ainsi que l’accès à l’enseignement et l’avenir de la formation dans un contexte de coupes budgétaires.

Editorial critique à la nouvelle stratégie scientifique américaine «de l’âge d’or»

Cet éditorial de Nature analyse de manière critique le rapport « Science: A New Golden Age », publié par la Maison-Blanche sous l’administration Trump et présenté comme une feuille de route pour relancer le leadership scientifique américain.

L’article reconnaît que le rapport soulève des questions importantes sur l’avenir de la recherche, notamment le financement des projets à haut risque, l’amélioration des infrastructures scientifiques et l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la recherche. Il met également l’accent sur des domaines stratégiques comme l’IA, l’informatique quantique, les semi-conducteurs, la robotique, l’énergie nucléaire et l’espace.

Cependant, les auteurs estiment que le plan souffre de plusieurs lacunes majeures :

  1. Manque de consultation transparente
    • Contrairement au célèbre rapport de 1945 de Vannevar Bush (Science: The Endless Frontier), qui avait été élaboré avec une large participation des communautés scientifiques, le nouveau rapport ne précise pas quels experts ou institutions ont été consultés.
    • Cette absence de transparence intervient dans un contexte où l’administration Trump a réduit le rôle des conseils scientifiques indépendants.
  2. Vision trop étroite de la recherche
    • Les priorités se concentrent principalement sur les sciences physiques, l’ingénierie et les technologies ayant un intérêt pour la sécurité nationale.
    • Des domaines essentiels comme la santé publique, le changement climatique, les sciences sociales et les humanités sont largement absents.
  3. Sous-estimation des défis sociétaux
    • Selon l’éditorial, les sciences sociales et humaines sont indispensables pour comprendre et gérer les effets profonds de l’IA sur les sociétés.
    • Les menaces liées aux pandémies ou au changement climatique sont également des enjeux majeurs de sécurité nationale qui mériteraient davantage d’attention.
  4. Absence de dimension internationale
    • Le rapport ne met presque jamais en avant la coopération mondiale ou les partenariats internationaux.
    • Cette approche est jugée irréaliste, car les grandes avancées scientifiques reposent historiquement sur la circulation des chercheurs, des idées et des collaborations entre pays.

Pour l’éditeur de Nature, le rapport représente une occasion manquée. Alors qu’il ambitionne de devenir l’équivalent moderne du rapport fondateur de 1945, il adopte une vision trop limitée, centrée sur certaines technologies et sur des priorités nationales. Les auteurs soutiennent qu’un véritable « âge d’or » de la science américaine nécessiterait :

  • une participation plus large de la communauté scientifique ;
  • un soutien aux sciences sociales, à la santé publique et aux humanités ;
  • une ouverture aux talents du monde entier ;
  • et un engagement accru dans la coopération scientifique internationale.
Employabilté des diplômé·es: «C’est une période difficile pour entrer sur le marché du travail.»

Gerd Winandi-Martin, directeur de «Career & Corporate Services» à l’Univeristé de Saint-Gall, estime que le marché de travail est tendu pour les diplômée. Il attribue cette situation à la conjoncture économique morose, aux tensions géopolitiques et à une révolution technologique qui incite certaines entreprises à adopter une attitude attentiste en matière de recrutement. Beaucoup seraient actuellement en train d’élaborer leurs stratégies en matière d’IA et d’adapter les profils de poste. «Un poste de débutant destiné aux étudiant·es sera sans aucun doute très différent dans deux ans de ce qu’il est aujourd’hui. »

Le «Doctor Europaeus+»

Uwe Brandenburg, directeur operationnel du Global Impact Institute, qui aide les universités à évaluer et à améliorer l’internationalisation de l’enseignement supérieur, y compris la formation doctorale, estime que l’Europe dispose déjà d’un outil pertinent pour promouvoir l’internationalisation des doctorats, mais que celui-ci est aujourd’hui sous-utilisé et dépassé : le label Doctor Europaeus, créé en 1991.

Ce label, qui s’ajoute à un doctorat national sans constituer un diplôme distinct, est attribué aux doctorant·es qui satisfont quatre critères :

  1. Un séjour de recherche d’au moins trois mois dans un autre pays européen.
  2. L’évaluation de la thèse par au moins deux examinateurs de pays européens différents.
  3. La participation d’un examinateur étranger au jury de soutenance.
  4. Une partie de la soutenance réalisée dans une langue européenne différente de celle du pays délivrant le diplôme.

Selon l’auteur, ces critères représentent toujours un excellent standard d’internationalisation. Pourtant, ses travaux d’évaluation montrent que, dans la majorité des universités européennes, ces pratiques restent loin d’être généralisées.

Pour tenir compte de des évolutions, Brandenburg propose de créer un Doctor Europaeus+. Les quatre critères historiques seraient conservés comme base minimale, mais complétés par :

  • une formation conforme aux principes de l’Association européenne des universités (EUA) ;
  • une formation à la science ouverte et à l’éthique de la recherche ;
  • le développement de compétences transférables ;
  • une véritable collaboration internationale ;
  • une gestion des données conforme aux principes FAIR ;
  • éventuellement, un badge numérique attestant ces acquis.
Le Doctor Europaeus+ serait beaucoup plus léger que par exemple le «European Degree Label», actuellement testé par l’Union européenne : chaque université pourrait l’attribuer elle-même en adaptant simplement ses règlements doctoraux.
Uwe Brandenburg constate également que très peu d’universités semblent aujourd’hui délivrer le Doctor Europeanus, principalement en Italie et en France. «Plus préoccupant encore, il n’existe aucun registre centralisé recensant les établissements qui l’accordent ni les doctorants qui en bénéficient. Cette absence de visibilité pénalise les étudiant·s qui souhaitent suivre un doctorat fortement internationalisé.»

 

La première «super-université» du Royaume-Uni

La première « super-université » du Royaume-Uni, issue de la fusion des universités de Greenwich et du Kent, devrait voir le jour en septembre. Le nouveau groupe universitaire de Londres et du Sud-Est, qui portera le nom de LASEUG (London and South East University Group), comptera plus de 50 000 étudiants répartis sur quatre campus à Londres, à Medway et dans le Kent, ce qui en fera le troisième plus grand établissement d’enseignement supérieur du Royaume-Uni.

Les universités continueront de fonctionner comme des entités académiques distinctes et conserveront leurs noms et identités propres. Les étudiant·es fréquenteront l’établissement de leur choix, y suivront leurs études et y obtiendront leur diplôme, mais le personnel des deux universités sera employé par le groupe universitaire.

Et au début de cette année, le King’s College de Londres et l’université de Cranfield ont annoncé leur intention de fusionner en août 2027.

Les universités britanniques sont confrontées à des pressions financières croissantes. L’Office for Students (OfS) – l’organisme de régulation de l’enseignement supérieur en Angleterre – a ainsi averti que 24 établissements risquaient de devenir insolvables et de fermer leurs portes au cours des 12 mois à compter de novembre dernier. Il a également indiqué que 45 % des établissements d’enseignement supérieur pourraient être confrontés à un déficit pour l’exercice 2025-2026.

USA : Le sénat s’oppose à la réforme du financement de la recherche scientifique

«Des sénateurs américains des deux bords politiques ont publié le 2 août un projet de loi de finances qui, s’il était adopté, suspendrait temporairement une proposition ambitieuse et controversée de la Maison Blanche visant à réformer la recherche scientifique financée par le gouvernement fédéral. Cette proposition, qui a pour objectif déclaré d’améliorer «la transparence, la responsabilité et le contrôle» des fonds fédéraux, contient des dispositions qui redéfiniraient le paysage scientifique américain, notamment en confiant à des responsables politiques nommés l’examen des subventions fédérales et en restreignant la collaboration entre les scientifiques américains et leurs homologues internationaux. Si elle est adoptée, cette réglementation de la Maison Blanche pourrait entrer en vigueur le 1er octobre.»

Les associations de défense de la science ont salué le projet de loi de la commission sénatoriale qui permettrait d’éviter la fermeture des services publics, mais également de préserver des processus scientifiques comme par exemple l’évaluation par des pairs. (Nature)

L’éditeur du Washington Post loue la proposition de réforme, particulièrement pour réduire la bureaucratie dans les sciences, mais défend l’importance de la mobilité scientifique, ayant un impact positif sur la prospérité américaine.

 

« La frénésie de l’académisation met en péril la prospérité »

Dans un article de la NZZ, le journaliste Sebastian Briellman déplore le recul de l’apprentissage professionnel au profit des études supérieures. Présentés comme la voie royale, le lycée et les études supérieures seraient trop valorisés. Bien que le chômage des jeunes est faible et la plupart des diplômé·es de l’enseignement supérieur trouvent un emploi, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée serait particulièrement élevée dans les métiers où l’on a besoin de professionnels qui, «dans l’idéal», ont acquis leurs compétences dans le cadre d’un apprentissage.

Il critique également l’inégalité par rapport au financement de l’éducation eb citant Stefan Wolter, chercheur en sciences de l’éducation : «Il n’est pas acceptable que les études d’un médecin exerçant à temps partiel soient financées par la caissière.»

Le Japon et l’UE signent l’accord d’association «Horizon Europe»

«Le Japon a officiellement signé un accord qui lie le pays au programme «Horizon Europe», permettant ainsi aux chercheurs japonais de postuler à certaines actions du programme au même titre que leurs homologues européens. Cet accord marque la dernière étape en date de l’expansion mondiale de ce programme de 93,5 milliards d’euros, après les accords conclus avec la Nouvelle-Zélande, le Canada et la Corée du Sud. Le Japon est à ce jour le pays le plus peuplé à avoir rejoint le programme.»

Critique aux coupes dans la recherche agricole suisse
Interrogé au Téléjournal sur les répercussions de la canicule actuelle sur l’agriculture, Christophe Longchamp, président d’Agora, regrette les coupes fédérales touchant Agroscope. Face aux défis majeurs que représentent le changement climatique et les sécheresses exceptionnelles, il rappelle l’importance d’agir dès aujourd’hui : « C’est maintenant qu’il faut faire des recherches. »
«L’Université de Genève doit devenir l’université mondiale de la responsabilité»

Klaus Schwab, fondateur et ancien président exécutif du Forum économique mondial (WEF), s’inquiète du déclassement de l’Université de Genève dans le classement QS, de la 85ème position en 2015 à la 168e place lors du classement actuel. «Ce message est clair: l’Université n’a pas encore transformé ses atouts exceptionnels en rayonnement académique mondial. Ce recul ne signifie pas que Genève manque de qualité. Il signifie qu’elle doit affirmer plus fortement sa mission propre.» Dans son récent livre «Universities, Professors and Students in the Intelligent Age», il défend l’idée que les universités doivent profondément se réinventer.

Klaus Schwab estime que l’UNIGE devrait se profiler comme l’université mondiale de référence à l’intersection de la gouvernance, de la science, de la diplomatie, de la santé, de l’humanitaire, du droit, de l’éthique et des technologies responsables.

Il reconnait que «le plan stratégique 2024-2034 de l’Université de Genève va déjà dans cette direction», mais cette «ambition mondiale» devrait être plus clairement identifiable. La récente tenue de la conférence AI for Good aurait montré le potentiel. L’université devrait par exemple devenir un partenaire académique structurant de tels événements réunissant  gouvernements, organisations internationales, entreprises technologiques, chercheurs et société civile, et montrer sa présence avant, pendant et après l’événement.

Et il conseille à l’UNIGE de concentrer ses forces sur quelques domaines où elle peut devenir incontournable.

«Le financement de la recherche menacé par l’opposition de l’Allemagne à une augmentation des dépenses de l’UE»

«Lors d’une visite à Dublin le 28 juillet, le chancelier allemand Friedrich Merz a appelé à des réductions «dans tous les domaines» de la proposition de la Commission européenne concernant le prochain budget à long terme de l’UE, pour un montant total de «plusieurs centaines de milliards d’euros».

Cette opposition farouche à l’augmentation des dépenses de la part du plus grand contributeur au budget de l’UE jette un doute supplémentaire sur les projets visant à développer de manière significative le programme de recherche et d’innovation «Horizon Europe». […] Le programme « Horizon Europe » actuel dispose d’un budget de 93,5 milliards d’euros sur sept ans, mais le nombre de candidatures est en hausse, ce qui entraîne une chute des taux de réussite.

L’Irlande, qui assure actuellement la présidence tournante de l’UE, jouera un rôle important de médiateur entre la France, qui soutient un budget européen plus important, et l’Allemagne.

À qui dit-on que c’est impossible ?

Selon Selon Johanna A. Joyce, professeure et codirectrice du département d’oncologie fondamentale de l’UNIL, «Le parcours des femmes dans la recherche sur le cancer a profondément évolué au cours des 25 dernières années, mais il ne faut pas confondre cette visibilité accrue avec l’égalité. Pour franchir une nouvelle étape, il faut repenser les écosystèmes scientifiques qui déterminent qui est retenu, reconnu, financé et considéré comme digne de confiance.»

Tendances des 2 dernières semaines