Le Conseil fédéral a présenté ses lignes directrices concernant l’IA, affirmant le besoin d’adaptations législatives sectorielles. Des projets de consultations sont attendus pour fin 2026.
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14Fév2025
Politique des hautes écoles
L’UE va investir 50 milliards d’euros pour stimuler l’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle
L’Union européenne prévoit d’investir 50 milliards d’euros pour soutenir le développement et l’application de l’intelligence artificielle. L’Europe espère ainsi mobiliser un total de 200 milliards d’euros au cours des cinq prochaines années.
La Commission s’était précédemment engagée à créer un Conseil européen de la recherche sur l’IA, sur le modèle du centre de recherche nucléaire du CERN à Genève, afin de mettre en commun les ressources.
«Trump Tracker»
Le journal Science alimente depuis le 13.02. un «Trump Tracker» qui traite les sujets liés à la politique du gouvernement américain par rapport aux sciences.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 14 février 2025
Le collectif Camp_unil_pal demande la supension des collaborations avec des universités en Israël, en Turquie, aux Etats-Unis et en Angleterre
Dans une vidéo postée sur Instagram, un membre du collectif Camp_unil_pal salue les recommandations du rapport éthique sur les collaborations externes et demande que l’UNIL «prenne immédiatement les mesures qui en découle[nt]».
«Selon le rapport, l’Université de Lausanne ne doit pas collaborer avec des institutions qui, par exemple, utilisent le travail des enfants, participent à une guerre d’agression ou violent des droits humains. Un tel cadre éthique existe dans de nombreuses universités à travers le monde. Cependant, l’UNIL, n’avait encore rien mis en place et agissait au cas par cas. Par exemple, elle avait rompu ses lien avec les universités russes qui soutiennent l’agression en Ukraine. En revanche, elle a maintenu toutes ses collaborations avec les universités israéliennes malgré leur implication dans les crimes de guerre commis à Gaza.
Ce rapport éthique ne concerne pas seulement la Russie ou l’Israël, l’UNIL a de nombreux partenariats avec des universités à travers le monde et il est important qu’elle les reconsidère sous l’angle des droits humains. Par exemple l’UNIL collabore avec quatre universités des Etats-Unis qui contribuent au développement d’armes nucléaires, selon l’ONG suisse ICAN. Au Royaume-Uni, elle est partenaire de l’Université de Sheffield, qui contribue au développement d’armes, selon deux ONG britanniques. En Turquie, elle est partenaire de l’Université d’Istanbul, qui ne respecte pas la liberté de réunion de ses étudiants queer, selon l’ONG turque ÜniKuir. Toujours en Turquie, elle entretient des relations avec l’Université de Koç, qui a banni un étudiant kurde alévi qui a été torturé par deux autre étudiants. Toutes ces collaborations doivent être étudiées au cas par cas afin de s’assurer que l’UNIL et ses chercheurs et chercheuses ne contribuent pas à des violations des droits humains. Dans certains cas, une étude approfondie peut demander beaucoup de temps. C’est pourquoi le groupe à recours à un dispositif applicable immédiatement: dès lors que des soupçons crédibles incriminent une université partenaire, l’Université doit suspendre les accords. […]»
- politique – Etats-Unis
- collaboration entre hautes écoles
- politique – Turquie
- politique – Grande-Bretagne
- conflit israélo-palestinien
13Fév2025
Politique des hautes écoles
«Les comptes de la Confédération en 2024 sont finalement meilleurs qu’attendus»
A la place d’un déficit de CHF 2,6 milliards de francs, les comptes de la Confédération en 2024 n’ont finalement qu’une petite insuffisance de CHF 80 millions de francs. La présidente de la Confédération et ministre des Finances Karin Keller-Sutter se dit «soulagée et satisfaite» de cette correction de 1,3%. Ces résultats, meilleurs qu’escomptés, sont principalement dus à une hausse des recettes (produit de l’impôt fédéral direct, de la TVA et de l’impôt anticipé, négociation des sociétés de l’énergie et des matières premières du canton de Genève) ainsi qu’au report de certaines dépenses extraordinaires, comme un versement pour les CFF. Cette nouvelle implique que le budget 2026 ne connaîtra pas de nouvelles coupes. Néanmoins, «un programme d’allègement budgétaire est toujours nécessaire», car les dépenses de deux domaines sont actuellement en augmentation: l’AVS ainsi que l’armée. Des recettes supplémentaires serviront également à la contribution obligatoire au programme Horizon Europe. La planification de coupes dans le domaine de la recherche et de la formation est donc maintenue. Largement critiquées par les acteurs et actrices du paysage académique, ces coupes risquent de mettre en danger la prospérité suisse et d’augmenter notre dépendance vis-à-vis de l’étranger, ce à quoi Karin Keller-Sutter répond: «on ne coupe pas, on freine la croissance» (Forum). La présidente de la Confédération explique que ce domaine a bénéficié d’une croissance durant ces dernières années, et qu’il connaîtra sûrement également une croissance après 2027. Elle ajoute que ces plans d’économies sont nécessaire afin d’éviter des hausses d’impôts.
Chez Les Vert·e·s, le conseiller national Gerhard Andrey (FR) avance que «les coupes massives annoncées sont totalement erronées», et exige du gouvernement qu’il retire «son paquet d’économies pour investir dans l’avenir, soit dans la protection du climat, les crèches, la formation et la coopération internationale» (Le Temps). Du côté du parti libéral-radical, le sénateur Pascal Broulis (PLR, VD) défend le programme d’allègements budgétaires, «peut-être dans une ampleur restreinte par rapport à ce qui a été proposé par le Conseil fédéral» (Le Temps). L’UDC est également favorable aux coupes envisagées, comme le souligne le conseiller national Yvan Pahud (VD): «c’est aujourd’hui qu’il faut prendre des mesures. Demain, ce sera trop tard» (24 heures).
- coupes budgétaires
- financement public
- politique – Suisse
- Horizon Europe (anciennement FP9)
- taxes d’études
- FP10
- rapport Gaillard
Économies douloureuses à l’UniFR, turbulences attendues dans les HES fribourgoises
«Le fait que la Confédération et le canton de Fribourg prennent simultanément des mesures d’économie est une constellation difficile pour nous», constate Katharina Fromm, rectrice de l’Université de Fribourg. En effet, sur les 312 millions de francs que l’Université de Fribourg a dépensés au total en 2023, 114 millions ont été apportés par le canton et 44 millions par la Confédération. 63 millions provenaient de la compensation intercantonale.
Les financements provenant du Fonds national suisse (FNS) pourraient être diminués de CHF 3,7 millions de francs prochainement pour l’Université de Fribourg. Pour pallier ces réductions de dépenses pour les hautes écoles, le Conseil fédéral souhaite que les instituts de recherche et les entreprises s’associent. Jusqu’à présent, les entreprises prenaient en charge 40 à 60% des coûts des projets. Désormais, elles devront le faire à hauteur d’au moins 50%. «Si l’économie se porte bien, c’est réalisable, mais si l’économie ne va pas bien, comme c’est le cas actuellement, on peut se demander si cette mesure est vraiment judicieuse», commente Katharina Fromm. Sans compter le fait que ces collaborations nécessitent parfois un temps de lancement relativement long, «pouvant s’écouler jusqu’à deux ans». Le Conseil fédéral exige finalement des étudiant·es qu’ils·elles paient des taxes d’études plus élevées.
Face à la pression des économies de la Confédération et du canton, l’université ne pourra pas éviter de réduire ses dépenses. «Nous devrons certainement passer par les comptes en interne», l’une ou l’autre coupe douloureuse dans les facultés et l’administration centrale ne pourra pas être évitée, affirme la rectrice.
A noter que le producteur de matériaux de construction Holcim et l’assureur La Mobilière ont conclu l’année dernière un partenariat avec l’Université de Fribourg. A la question de savoir si l’université pourra ainsi compenser la perte des fonds fédéraux et cantonaux, la rectrice Katharina Fromm répond: «les fonds de la Confédération et du canton sont affectés aux tâches fondamentales de notre université. Le soutien des entreprises est en revanche complémentaire. Il nous aide à développer nos forces actuelles et à faire avancer des projets de recherche interfacultaires.»
Les mesures d’économie de la Confédération et du canton pourraient également avoir des répercussions importantes sur les quatre hautes écoles spécialisées (HES) fribourgeoises dans les domaines de l’ingénierie et de l’architecture, de l’économie, de la santé et du travail social. «Des turbulences seront inévitables», lâche le directeur général Jacques Genoud. En effet, environ 80% du budget de ces HES provient de fonds publics, «un tiers provient de la Confédération et deux tiers des cantons», explique le directeur. D’une manière générale, il s’attend à ce qu’il devienne plus difficile de financer des projets de recherche. «Le financement disponible par des tiers devrait diminuer et la concurrence entre les universités et les écoles techniques devrait augmenter.» Une compensation complète par le biais d’un soutien supplémentaire du secteur privé est plutôt improbable : «le secteur privé lui-même connaît des difficultés», conclut-il.
Deux universités allemandes annulent des conférences en présence de l’une rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniennes
Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniennes occupés depuis 1967, devait s’exprimer à l’Université libre de Berlin (FU). Suite à la demande du maire de Berlin, Kai Wegner (CDU), l’université a décidé d’annuler cet événement «pour des raisons de sécurité». Kai Wegner, lui, parlait d’une «honte», car Francesca Albanese s’était «fait remarquer dans le passé par sa haine d’Israël et sa minimisation de l’organisation terroriste du Hamas».
Un autre événement avait déjà été annulé à l’Université Ludwig Maximilian de Munich (LMU). En réaction, des membres de l’Université de Munich avaient lancés une pétition en faveur de sa venue : «Cette annulation crée un dangereux précédent pour les universités, un précédent dans lequel le fait d’ignorer les avocats internationaux spécialisés dans les droits de l’homme et les représentants des Nations Unies devient une réalité et peut être répété. L’article 5 de la constitution allemande protège la liberté « des arts et des sciences, de la recherche et de l’enseignement » et, en tant qu’université financée par des fonds publics, la LMU, comme toutes les autres universités allemandes, doit respecter le principe de la liberté académique. Les universités doivent rester des bastions de la liberté d’expression et les échanges universitaires ne peuvent être soumis aux caprices d’une administration ou d’une autre. L’intégrité académique de la LMU est en danger.»
Le professeur qui avait invité Francesca Albanese à venir parler à Berlin, le philosophe et chercheur en sciences sociales Robin Celikates, trouve la décision de l’Université libre «très inquiétante» et un danger pour la démocratie.
Pour lui, les reproches adressés à Albanese s’inscrivent dans la lignée d’autres attaques contre l’autonomie des universités et la liberté scientifique ainsi que contre les principes et les institutions du droit international dans le monde entier. «Où, si ce n’est à l’université, une discussion ouverte et critique et un échange scientifique sur les questions fondamentales de l’approche juridique, politique et sociale de la violence guerrière devraient-ils être possibles ?», demande-t-il. Le fait que certaines personnes ne s’indignent pas de la destruction presque complète de Gaza, mais de ceux qui y font allusion, en dit «long sur la conception de la morale et du droit de ceux qui veulent empêcher de telles discussions».
Le Netzwerk für Wissenschaftsfreiheit («Réseau pour la liberté des sciences») critique la raison invoquée par la LMU de Munich pour annuler la conférence de Francesca Albanese. Le fait qu’une conférence soit intégrée dans une conférence scientifique est secondaire pour déterminer s’il s’agit d’une conférence scientifique. Néanmoins, il n’y voit pas une violation de la liberté scientifique.«D’une part, l’université a le droit et l’obligation d’empêcher la commission de délits tels que l’approbation de délits selon l’article 140 du code pénal. D’autre part, il existe de sérieux doutes quant au fait qu’il se serait agi d’une conférence scientifique. Un tel discours se caractérise par le fait qu’il diffuse des connaissances scientifiques et ne se contente pas de prendre parti unilatéralement dans un conflit politique. L’accusation de génocide, en particulier, doit être étayée par des arguments, car l’opinion dominante dans le monde scientifique ne part pas du principe d’un génocide. Chez certains critiques de l’annulation, mais pas tous, l’invocation de la liberté scientifique semble en outre peu crédible, car ils appellent eux-mêmes au boycott d’autres conférences ou nient le phénomène de l’annulation de conférences, ou diffament la discussion à ce sujet en la qualifiant de récit de droite.»
HES-SO : «Des projets de recherche transdisciplinaires pour une durabilité innovante»
«La HES-SO lançait en 2022 l’appel à projets Recherche transdisciplinaire en durabilité. Ce dispositif de soutien a permis de faire émerger des projets ambitieux, menés par des chercheuses et chercheurs engagés et des équipes pluridisciplinaires. […] Découvrez une sélection de ces projets à fort impact.»
Le Comité de la CDIP fera réaliser un état des lieux sur la formation continue des adultes
«La loi sur la formation continue (LFCo) est en vigueur depuis bientôt dix ans. Sur proposition de la Conférence suisse de la formation continue (CSFC), le Comité a décidé de faire réaliser un état des lieux sur les effets de cette loi. Le but est avant tout de mettre en évidence les changements survenus dans le domaine de la formation continue des adultes depuis l’entrée en vigueur de la LFCo et la mise en œuvre des mesures.»
Michael Schaepman, nouveau membre de la direction de la LERU
Le recteur de l’Université de Zurich Michael Schaepman a été élu comme membre de la direction de la League of European Research Universities (LERU).
France Universités propose d’inscrire la vie étudiante dans les missions des universités
France Universités revendique l’inscription de la mission vie étudiante et de campus dans les missions dévolues aux Établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP) et demande qu’une réflexion soit ouverte avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et l’ensemble des parties prenantes pour échanger autour de cinq propositions définies.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 13 février 2025
12Fév2025
Politique des hautes écoles
Mobilisation du paysage académique suisse contre les coupes budgétaires envisagées
Les acteurs et actrices du paysage académique se mobilisent face aux mesures d’économie prévues dans la formation et la recherche scientifique (plus de 460 millions de francs par an dès 2027). Ils et elles demandent au Conseil fédéral de revoir ses plans.
«Les économies dans la recherche et la formation renforcent la pénurie de personnel qualifié. Elles nuisent à l’économie et à la société suisses», affirme Michael Hengartner, président du Conseil des EPF au micro de la SRF. «Sélectionner les talents sur une base économique, je ne pense pas que ce soit le bon plan», affirme Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities dans le 19h30. «C’est un investissement, un franc investi dans la recherche et la formation en rapportera 5 à l’économie», ajoute-t-elle au micro de Forum. «Les taxes d’étudiant·es marqueraient de plus davantage de dépendance à des fonds extérieurs. L’autonomie des universités est une garantie de la qualité de la recherche. Ces investissements participent à notre souveraineté technologique (cybersécurité, IA, médicaments, etc.). On a pris pour acquis les investissements faits ces dernières années dans la recherche, alors que c’est un effort qui doit perdurer», conclut-elle.
Yves Flückiger, président de l’Académie suisse des sciences, fait part de sa «profonde inquiétude» en matière de concurrence internationale et de compétitivité de la Suisse. «On doit davantage dialoguer avec la société et la politique, pour montrer ce que le domaine FRI apporte.» (Le Temps, Arcinfo)
- financement public
- politique – Suisse
- taxes d’études
- impact des universités
- recherche – impact
- rapport Gaillard
«Le lobby automobile verse des millions à la HSG pour une chaire d’enseignement»
Dans le cadre de ses recherches sur la mobilité, l’Université de Saint-Gall (HSG) reçoit 2,86 millions de francs par an de la part d’importateurs suisses d’automobiles. Les autres sponsors sont Porsche, BMW et Toyota.
«Il n’y a ni restrictions ni conflits d’intérêts», assure le directeur de l’Institut de la mobilité de la HSG, Andreas Herrmann. «Il est important que le professeur soit employé par l’université et non par le sponsor», précise Mathias Finger, professeur émérite de EPFL. «Il serait bon pour de nombreuses universités d’avoir des chaires plus proches de la pratique», ce qui favoriserait la recherche interdisciplinaire, ajoute-t-il.
Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), 8% des fonds des universités proviennent aujourd’hui de fondations ou sont des mandats de recherche privés. Selon l’OFS, la HSG a reçu, en 2023, environ 13,5 millions de francs de la part d’acteurs privés, en plus de l’argent de fondations. Ces financements interviennent dans un contexte de souhait de réduction des fonds publics par la Confédération, alloués aux hautes écoles et aux universités. Il s’agit de 460 millions de francs au total.
En juin 2023, la HSG a retiré à un professeur la direction de l’Institut de gestion de la chaîne d’approvisionnement pour cause de conflit d’intérêts, car les domaines d’activité de son entreprise privée se seraient chevauchés avec le mandat de recherche de l’institut.
Neuchâtel : «L’Université cherche toujours son futur recteur»
«Après avoir consacré une demi-année à la recherche d’une nouvelle rectrice ou d’un nouveau recteur, l’Université de Neuchâtel repart au combat. Elle vient de mettre le poste au concours après que la première procédure a avorté.» L’annonce pour le poste a un peu évolué par rapport à celle qui a paru en juillet 2024, qui stipulait que la personne recherchée devait disposer avant tout d’un excellent profil académique. «Nous avons effectivement un peu élargi l’éventail des compétences requises», indique le président du Conseil. Il ajoute que le profil idéal dispose à la fois d’un profil académique et de compétences managériales.
Les partisans de Trump sont déjà à l’œuvre contre les politiques d’intégrité scientifique
«Si les Etats-Unis ont souvent été considérés comme plus avancés en matière de politique d’intégrité scientifique, notamment avec la création du Bureau de l’intégrité de la recherche dès 1992, l’Europe ne peut aujourd’hui se permettre de rester spectatrice. La recherche scientifique étant par nature internationale, un démantèlement même temporaire des politiques d’intégrité aux Etats-Unis aurait des répercussions mondiales à plus ou moins longue échéance. Il revient aux organisations et aux sociétés savantes européennes de faire preuve de vigilance et de soutenir activement leurs homologues qui, outre-Atlantique, devront se mobiliser pour l’indépendance de la science.»
L’Unil dans les médias
«Des étudiant·es déchantent face au manque d’éthique des études à la HEC»
Trois d’étudiant·es dénoncent un manque d’éthique dans leurs études à la faculté HEC de l’Université de Lausanne, en particulier concernant le greenwashing, de la maximisation du profit sans remise en question, et du manque de proposition d’alternatives à une croissance infinie. «Quand je sors des cours, je me dis souvent que l’on ne parle pas de l’impact que tu as sur les gens, mais uniquement de celui que tu as sur ton profit dans dix ans», avance une étudiante.
La HEC explique, pour sa part, travailler à une meilleure intégration de la durabilité dans les cours, notamment en collaboration avec des associations étudiantes. «L’école indique également plancher sur l’organisation d’événements, d’échanges, et d’offres de stage pour des ONG avec un objectif durable. «Ce qui est fondamental pour notre école, c’est de fournir des outils économiques, financiers, de comptabilité et de management, qui permettent à nos étudiants de travailler dans un environnement capitaliste, comme dans un environnement postcapitaliste – les outils de base ne changent pas. Nous n’enseignons pas de l’idéologie, mais des outils.»»
Revue de presse UNIL 12 février 2025
11Fév2025
Politique des hautes écoles
L’Alliance scientifique met en garde contre les plans d’économie de la Confédération
Une alliance scientifique entre swissuniversities, le Conseil EPF ,le FNS, les Académies suisses des sciences et Innosuisse, met le Conseil fédéral en garde contre une réduction des moyens alloués à l’éducation et contre une augmentation des taxes d’études, qui «auraient des conséquences drastiques pour l’économie et la société suisses». Elle lui demande de revoir en conséquence le paquet d’allègement budgétaire présenté fin janvier. Ce dernier prévoit des coupes dans la formation, la recherche et l’innovation à hauteur de plus de 460 millions de francs par an. (SRF)
L’Union des Etudiant·es de Suisse (UNES) avait déjà pris position en fin janvier et a lancé une pétition contre l’augmentation des taxes d’études.
- financement public
- politique – Suisse
- taxes d’études
- impact des universités
- recherche – impact
- rapport Gaillard
Une pétition de chercheur·es a été lancée contre le plan d’économies de la SRF
Des scientifiques suisses de renom, tels que Reto Knutti (professeur titulaire au département des sciences des systèmes environnementaux, ETHZ), Tanja Stadler (professeure titulaire et directrice adjointe au département des sciences et de l’ingénierie des biosystèmes, ETHZ), ou Matthias Egger (chef de groupe de recherche, VIH, hépatite et tuberculose, Université de Berne) ont signé avec 931 collègues une pétition lancée contre les économies prévues dans le domaine du journalisme scientifique à la SRF.
Les signataires, demandant une réévaluation des économies, argumentent ainsi leur incompréhension et leur inquiétude :
- Seuls des journalistes scientifiques compétent·es sont aptes à réduire la complexité du domaine de la recherche et la rendre compréhensible. Cette compréhension est nécessaire au vu des développements rapides dans la société, la science et la technique.
- Selon la Constitution, la radio et la télévision doivent contribuer à l’éducation et à la libre formation de l’opinion. «A une époque où les médias privés en Suisse réduisent leur couverture de sujets scientifiques, la SRF, en tant que radiodiffuseur de service public, porte une responsabilité particulière.»
- «L’affaiblissement de l’information scientifique de haute qualité crée un espace pour les fausses informations, les théories du complot et finalement une polarisation supplémentaire de la société.» Le journalisme scientifique permet de créer une base commune pour des débats et des décisions politiques basés sur des faits.
Investissements croissants dans les instituts de recherche privés
Selon l’Office fédéral de la statistique, la part de dépenses pour la recherche investie dans les instituts privés n’a fait qu’augmenter ces dernières années en Suisse. Elle permet la production d’études de haut niveau défiant ainsi la suprématie des universités. La part de financement de la recherche par l’Etat est actuellement de 27% en Suisse, contre 66% par les entreprises privées. La moyenne européenne se situe à 30% de financement par l’Etat et 57% par le secteur privé.
En 2024, la Fondation Botnar avait notamment annoncé le don d’un milliard de francs sur 15 ans dans l’Institut (privé) de médecine pédiatrique à Bâle. C’est autant d’argent dont dispose l’ensemble de l’EPFZ en six mois.
Un des avantages principaux de la recherche en institut privé est que toutes les ressources de l’institut peuvent être concentrées sur un seul projet, au contraire des universités où la recherche doit rester large en couvrant un domaine plus vaste. Un inconvénient réside cependant dans la plus grande possibilité d’influence pour les investisseur·euses dans le choix des priorités de la recherche.
Le Fonds national suisse (FNS) estime que cette évolution est positive et que «la recherche financée par le public et le privé est nécessaire pour que la Suisse puisse être compétitive au niveau international.» L’organisme s’inquiète néanmoins qu’en raison de la situation financière actuelle difficile de l’Etat, ce dernier ne décide de réaliser des économies dans le domaine de la science. En effet, le rapport des expert·es dirigé par Serge Gaillard proposait de réduire de 10% le budget du FNS financé par la Confédération, ce qui engendrerait une augmentation de la part de financement privé, rapprochant un peu plus la Suisse d’un environnement de recherche tel qu’il est aujourd’hui aux Etats-Unis ou au Japon.
«A condition de garantir une gouvernance propre, la qualité de la recherche et une publication transparente des résultats, les instituts financés par le secteur privé sont bons pour l’activité académique», s’exprime le philosophe René Scheu, directeur de l’Institut de politique économique suisse, financé par le secteur privé.
A noter que le succès des instituts privés en Suisse ne serait pas possible «sans les conditions sociales, juridiques et éducatives des universités publiques», seules responsables de la formation des nouveaux·elles chercheur·euses. Finalement, de nombreux instituts de recherches privés collaborent actuellement avec des universités dans leurs recherches, mais aussi pour leurs financements.
- financement tiers
- financement public
- politique – Suisse
- collaboration hautes écoles – entreprises privées
- rapport Gaillard
«Je suis fière d’être une femme de science»
Plusieurs articles ont été publié sur l’égalité des chances à l’occasion de la Journée internationale des femmes et filles en sciences.
«Et s’il n’y avait plus de tests sur les animaux dans la recherche médicale?»
«Dans un monde sans expérimentation animale, des centaines de milliers de souris et des dizaines de milliers de rats ne naîtraient pas chaque année rien qu’en Suisse. Mais quelles seraient les conséquences pour l’homme si les produits chimiques et les médicaments n’étaient plus testés sur les animaux? Et comment se développerait la recherche? SRF a posé la question à deux experts.»
Choix des mots : les étudiant·es trouvent judicieux de mettre l’accent sur la «compétence» plutôt que sur la «performance»
Le langage a une influence sur la réalité. Dans le cadre estudiantin universitaire, la pression perçue qu’impliquent des études peut être liée au choix des mots, soit à la manière de décrire les exigences. Nau.ch a entendu de la part d’étudiant·es qu’il est ainsi plus agréable pour eux·elles de parler de «compétences» plutôt que de «performances».
La Société des Etudiants Suisses (SES) ne s’est pas encore penchée sur la question, même si elle semble utiliser plutôt le terme «compétences» à l’interne. Il ne s’agit cependant pas forcément de considérations psychologiques, mais plutôt de la valeur réelle des études, qui réside dans «l’acquisition de compétences».
L’Université de Berne acquiesce aux déclarations des étudiant·es, et partage l’avis selon lequel «la véritable valeur des études réside dans l’acquisition de compétences». Ce sont néanmoins les professeur·es qui restent responsables de la définition des objectifs d’apprentissage. L’Université de Zurich affirme également que «la réussite des études est liée à l’acquisition de compétences», tandis que ce sont les facultés, instituts, enseignant·es ou responsables de modules qui définissent les exigences eux·elles-mêmes.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 11 février 2025
«Pourquoi le personnel des Hautes Ecoles doit prendre position»
Le comité Hautes Ecoles du Syndicat des services publics Vaud (SSP) appelle au boycott institutionnel des universités israéliennes dans un long plaidoyer, dont les principales lignes sont reproduites dans l’article du Courrier. Il réitère sa demande à l’UNIL de «passer aux actes et appliquer sans délai» les recommendations du groupe d’expert·es, qui «est très clair sur la nécessité de suspendre immédiatement les accords institutionnels dans les situations de violations graves du droit international ou des droits humains.»
- rôle des scientifiques
- rôle des universités
- collaboration entre hautes écoles
- recherche – éthique
- éthique
- conflit israélo-palestinien
10Fév2025
Politique des hautes écoles
Entretien avec la rectrice de l’Université de Bâle Andrea Schenker-Wicki
[A partir de 11:19.] La Confédération doit faire des économies et le Conseil fédéral souhaite économiser environs 3,6 milliards de francs dans le budget de 2026. Parmi les nombreuses mesures, certaines touchent les hautes écoles.
La rectrice de l’Université de Bâle Andrea Schenker-Wicki n’est pas enchantée [«not amused»] par ces mesures, estimant que l’éducation et la recherche sont centrales pour la Suisse. «Nous sommes très bien positionnés, et [pour le rester], cela demande toujours des efforts de tous les côtés, pas seulement de la Confédération, mais également des cantons.»
En ce moment, la Confédération finance les universités à 20%, c’est à dire 120 millions. Le rapport d’un groupe de travail propose aux universités de doubler les taxes d’études (environs 1’500CHF en moyenne) pour faire face aux coupes fédérales.
La rectrice souligne que les taxes d’études ne sont pas une compétence de la Confédération, mais une compétence des universités, HES et des cantons. «La Confédération n’a rien à dire à ce sujet.» Les mesures à prendre pour faire des économies sera décidé entre hautes écoles et les cantons. «C’est une situation totalement confuse, rien n’est clair et je ne veux pas peindre le diable sur la muraille.» Par ailleurs, si on veut continuer de garantir l’égalité des chances et augmenter les taxes d’études, les bourses d’études devraient ensuite être augmentées. Et cela aurait comme conséquence que les cantons financent ce que la confédération a fait comme économie. «Nous ne savons pas comment les étudiant·es réagiraient [à une hausse des taxes d’études]. Nous sommes un petit pays, nous avons besoin de personnel qualifié de l’étranger. Nous devons rester attractifs, dans le pays et à l’étranger.»
Le deuxième grand poste du paquet de mesures d’économie de la Confédération concerne la recherche. 130 millions de francs devraient être économisés dans la recherche fondamentale. Pour tous les établissements d’enseignement supérieur à forte intensité de recherche ceci «n’est pas une bonne idée» souligne la rectrice. Ce sont des investissements à long terme dans le futur. Andrea Schenker Wicki est très préoccupée par ce manque de financement, qui aurait un impact partout en Suisse.
swissuniversities présente le rapport de clôture du programme P-7 2021-2024 « Diversité, inclusion et égalité des chances dans le développement des hautes écoles »
«Ce programme, financé par la Confédération et les hautes écoles dans le cadre des contributions liées à des projets (PgB), a permis de travailler au développement des hautes écoles universitaires, spécialisées et pédagogiques vers plus d’inclusion, de diversité et d’égalité des chances. Si ce programme s’inscrit dans la continuité du programme précédent 2017-2020 en matière d’égalité des chances, il s’est toutefois élargi en abordant également les questions de diversité et d’inclusion. »
Luciana Vaccaro : mesures de luttes contre le harcèlement et défense de «la politique volontariste» des universités
Suite à la récente étude sur le harcèlement sexuel et sexiste menée au sein de la HES-SO, qui révélait que «le problème reste bien réel, et concerne une part importante de la société», la rectrice de la HES-SO et présidente de Swissuniversities Luciana Vaccaro annonce qu’elle va travailler en étroite collaboration avec les associations estudiantines pour pallier le problème. Elle ajoute qu’«il reste nécessaire d’améliorer la confiance [dans le cadre universitaire] qui permettra à toute personne de défendre ses droits» lors d’un cas de harcèlement. La rectrice et présidente défend également dans sa tribune «la politique volontariste» qui anime les universités, puisque ces dernières sont «un lieu de formation et de dialogue», ancré «au cœur –à la pointe même– de l’évolution de la société». Pour elle, les universités doivent rester des espaces de débat, mais dans le respect de l’intégrité d’autrui.
Coupes dans la rédaction scientifique de la SRF
Le conseiller fédéral Albert Rösti (UDC) a déjà annoncé, en guise de contre-projet à l’initiative de l’UDC qui vise à réduire la redevance de moitié, qu’il voulait réduire la redevance radio-TV de 335 à 300 francs. C’est entre autres pour cette raison que la SSR doit économiser environ 270 millions d’ici 2029. Sa directrice générale Susanne Wille a récemment calculé que cela pourrait coûter environ 1000 emplois dans ce domaine.
La rédaction scientifique de la radio SRF est particulièrement touchée: le budget du personnel doit être réduit d’environ un tiers. Le «magazine scientifique» disparaîtra complètement en 2026. Le rédacteur scientifique Christian von Burg a fait part de son désarroi sur Linkedin: «On arrache ainsi le cœur de la rédaction scientifique de la SRF».» En effet, leurs recherches ne sont pas seulement pertinentes pour le public spécialisé, mais sont également utilisées dans des formats d’actualité tels que «Echo der Zeit», «Rendez-vous», «Tagesschau», «10 vor 10». Plusieurs scientifiques interrogés par le Wissenschaftsmagazin regrettent cette décision.
«Une étudiante s’est fait griller la place d’échange à Harvard par la fille d’un milliardaire russe»
En 2024, le fils de la rectrice de l’UNIGE Audrey Leuba avait été sélectionné pour un échange d’un semestre à la prestigieuse université Harvard Law School (HLS). «Bien que le processus ne semble pas avoir été entaché de favoritisme, il a soulevé des questions». La Tribune de Genève révèle aujourd’hui que la sélection de l’année précédente a également provoqué des interrogations.
En 2023, le comité de sélection de l’Université de Genève avait transmis à Harvard, les deux meilleurs dossiers de candidature à l’échange, dans son ordre de préférence. Finalement, Harvard n’a pas suivi la prédilection de Genève, préférant sélectionner la fille d’un milliardaire russe au dossier brillant de l’autre étudiante. Selon l’UNIGE, le nombre d’écartement de son premier choix s’est produit avec Harvard «au moins trois fois» depuis 2007. Selon les informations de la Tribune de Genève, l’Université genevoise aurait voulu comprendre les raisons du choix de la prestigieuse université américaine mais n’aurait jamais obtenu de réponse.
Sollicité, le communicant de son père déclare que ce dernier «n’est pas donateur de Harvard et ne l’a jamais été».
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 10 février 2025
7Fév2025
Politique des hautes écoles
Attaques des câbles sous la mer baltique / la présidence de Trump, une opportunité?
Lors d’un débat d’experts sur l’impact de la géopolitique sur la recherche, deux sujets ont été beaucoup discutés.
- En novembre, deux câbles sous la mer baltique ont été coupés. Ces potentielles attaques, dans lesquelles certains soupçonnent une implication de la Russie, ont ébranlé les organisations responsables des flux de données de recherche. Les pays nordiques sont désormais tellement dépendants des systèmes de câbles sous-marins qu’ils ont pour objectif d’avoir trois liaisons entre chaque pays, a déclaré Cathrin Stöver, responsable des communications du réseau GÉANT, selon Science Business «fortement financé par l’UE».
- Robert-Jan Smits, président du conseil d’administration de l’Université de technologie d’Eindhoven, a souligné l’agitation que les décrets de Trump ont créés dans les agences scientifiques américaines au cours des premières semaines. Ces ordonnances, qui visent les initiatives en matière de diversité et d’inclusion, ont incité la National Science Foundation à passer au crible des projets de recherche existants des mots tels que «diversité» et «femmes», a rapporté Science, plus d’un millier de subventions faisant désormais l’objet d’un examen plus approfondi.Dans le même temps, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies ont demandé à leurs chercheurs de retirer les articles en cours d’examen qui contiennent des mots tels que «genre» ou «transgenre», a rapporté Nature. Cela semble être une réponse à un ordre exécutif de Trump sur le «rétablissement de la vérité biologique au sein du gouvernement fédéral».Il est déjà clair que les agences de financement américaines sont «remises à leur place» par la nouvelle administration Trump, a déclaré Robert-Jan Smits. Cela pourrait nuire à la collaboration internationale, a-t-il ajouté, mais représente également une opportunité pour l’Europe de débaucher des scientifiques basés aux États-Unis. «Ici, nous travaillons selon certaines valeurs. Nous avons la liberté académique et nous disposons également de fonds pour faire avancer les choses», a-t-il déclaré. (Science Business)
L’Unil dans les médias
«Liens avec Israël: un rapport secoue l’Uni de Lausanne»
«Dans le contexte de sa réponse au collectif propalestinien présent sur le campus, la Direction de l’UNIL (ci-après la Direction) a mandaté un groupe de travail avec l’objectif de proposer un cadre permettant d’évaluer les collaborations externes sous l’angle de l’éthique, de l’intégrité scientifique, du droit international et de la liberté académique, ainsi que d’accompagner et de soutenir les membres de la communauté UNIL dans l’évaluation de leurs collaborations.» (UNIL)
L’objectif était d’assurer une gestion des risques, pour éviter les violations graves des droits humains, et accompagner les chercheurs et les chercheuses dans l’évaluation de leurs projets. (RTS)
En réaction à la publication du rapport de cette commission indépendante de l’UNIL, David Vogel (V’L), membre du Grand Conseil vaudois, a sousmis un postulat qui questionne la pertinence de «boycotts des institutions ou des pays qui mènent des guerres meurtrières, participent à celles-ci ou bafouent les droits humains».
- direction des hautes écoles
- collaboration entre hautes écoles
- recherche – éthique
- conflit israélo-palestinien
«La façon de mener la recherche en économie sur la durabilité divise l’Unil»
Le recrutement d’un chercheur en économie écologique, spécialiste de la décroissance et du post-capitalime, à la faculté HEC de l’UNIL a suscité des critiques. «Une personne haut placé» de HEC parle d’un climat très à gauche à l’UNIL, et sous l’anonymat, «plusieurs professeurs jugent que l’idéologisation de la recherche et les restrictions de voyages en avion ou de matériel informatique demandées par l’Unil sont autant de freins à l’excellence académique.»
- recherche – qualité
- direction des hautes écoles
- durabilité des universités
- durabilité et climat
- enseignement – pluralité
- recherche – pluralité
Revue de presse UNIL 7 février 2025
6Fév2025
Politique des hautes écoles
Étude sur la réussite et l’abandon des études dans les hautes écoles suisses
Le professeur Franz Eberle vient de réaliser une étude scientifique permet d’analyser toutes les voies d’accès à une formation de degré tertiaire relevant de la typologie haute école universitaire (HEU), haute école spécialisée (HES) et haute école pédagogique (HEP) et met en lumière les taux de réussite correspondants.
Luciana Vaccaro : Les principaux défis du paysage FRI d’ici 2035
A l’occasion du 60e anniversaire du Conseil suisse de la science (CSS). Luciana Vaccaro, rectrice des HES-SO et présidente de swissuniversities, décrit les trois principaux défis selon son point de vue pour le domaine de la recherche et l’innovation d’ici 2035.
- «Le premier défi que je mentionnerais concerne la défense de la culture et des valeurs académiques, qui sont les socles sur lesquels repose l’accomplissement des missions des hautes écoles. L’autonomie institutionnelle et la liberté académique sont les garantes d’un savoir fiable et objectif, précondition essentielle à la vitalité d’une société démocratique.»
- «Le deuxième enjeu concerne l’ouverture internationale de nos hautes écoles. Plus précisément, il s’agira de trouver l’équilibre selon la formule consacrée: «aussi ouvert que possible, aussi prudent que nécessaire». […] face au développement des technologies à double usage et aux bouleversements géopolitiques, il devient de plus en plus évident que les collaborations internationales seront soumises à un devoir de diligence, aussi essentiel qu’il se révélera complexe à mettre en œuvre.»
- «Le dernier gros défi consistera à faire en sorte que les hautes écoles maintiennent le haut niveau de qualité dans la réalisation des missions de formation et de recherche»
- recherche – qualité
- autonomie – hautes écoles
- liberté académique
- enseignement – qualité
- collaboration entre hautes écoles
Un nouveau bâtiment pour la Haute école pédagogique à Chavannes-près-Renens
L’État de Vaud dévoile un projet de nouveau bâtiment dédié à la Haute école pédagogique (HEP-Vaud). Situé à proximité du futur siège de la Haute école de santé Vaud (HESAV), du Centre coordonné de compétences cliniques et de logements pour étudiants aux Côtes de la Bourdonnette, sur la commune de Chavannes-près-Renens, ce bâtiment viendra renforcer un pôle d’enseignement et de recherche en plein essor. «Sa structure hybride mêlera du bois scolyté issu des forêts vaudoises, béton recyclé et acier pour réduire son empreinte écologique, tandis que des panneaux photovoltaïques, installés sur le toit et les façades, assureront une grande partie de son autonomie énergétique. […] Sous réserve de l’approbation par le Grand Conseil du crédit d’investissement nécessaire, les travaux pourraient commencer en 2026, avec une mise en service envisagée pour 2028» (Bluewin). Le projet sera prochainement mis à l’enquête publique.
«Les CV narratifs risquent d’aggraver les biais qu’ils visent à corriger»
UK research and innovation (UKRI), l’agence nationale de financement de la recherche du Royaume-Uni, et l’Université d’Oxford encouragent l’emploi de CV narratifs lors de l’évaluation de chercheurs et chercheuses, qui est censé promouvoir l’égalité, la diversité et l’inclusion des candidatures.
Rachel Oliver, professeure en sciences des matériaux à l’Université de Cambridge, met en garde contre cette solution «à taille unique». «En particulier, le fait de juger les chercheurs en fonction de leurs antécédents plutôt que de leurs projets d’avenir est connu pour créer un biais, tendant à concentrer les ressources sur ceux qui en disposent déjà.»
«La recherche ne progresse que par la coopération»
La journaliste Anna Weber souligne dans son article l’importance de la collaboration internationale dans la recherche. Une telle coopération entre des universités américaines et chinoises aurait par exemple mené à la découverte de l’importance de la prise d’acide folique pendant la grossesse pour prévenir, dans 75% des cas, une malformation congénitale (le spina-bifida).
L’autrice regrette les pressions sur la collaboration internationale, que ce soit avec la Russie, la Chine ou avec l’Union européenne. Par exemple des lois anti-espionnage strictes permettent au régime chinois de criminaliser pratiquement tout transfert de données à l’étranger et depuis 2023, les chercheurs de l’étranger n’ont plus accès à la principale base de données académique de Chine. Autre exemple, «l’angle mort» de la recherche climatique en arctique: la moitié de l’arctique étant russe, les collaborations et l’accès aux données ne sont plus garanties suite aux sanctions contre la Russie depuis la guerre en Ukraine.
«La question désagréable devrait être posée beaucoup plus souvent lors des décisions politiques : Combien de progrès scientifiques sommes-nous prêts à abandonner pour protéger des intérêts économiques ou géopolitiques ? […]
Il existe de nombreuses raisons de limiter la collaboration entre les scientifiques. Parfois, il s’agit de donner un signal. Parfois, il s’agit de la sécurité nationale. Après tout, de nombreuses technologies et découvertes scientifiques n’ont pas seulement une utilité civile, mais éventuellement aussi militaire. Et parfois, il s’agit de la suprématie économique. Car la connaissance des dernières avancées dans le domaine de la haute technologie, de la médecine ou de l’intelligence artificielle est depuis longtemps un facteur économique décisif. Tous ces arguments ont leur raison d’être. Mais ils doivent être mis beaucoup plus en rapport avec les coûts qu’entraînent les restrictions de la coopération scientifique. […]
Chaque restriction de la coopération ralentit l’avancée des connaissances ; de l’argent et du temps sont gaspillés pour réaliser des expériences dont le résultat est connu depuis longtemps ailleurs dans le monde ; des vies ne sont pas sauvées parce que la découverte décisive est retardée.»
- espionnage
- mobilité scientifique
- collaboration hautes écoles – militaire
- politique – Suisse
- collaboration entre hautes écoles
- Horizon Europe (anciennement FP9)
- politique – Chine
- politique – Europe
- politique – Russie
Allemagne : Les études genre dans le collimateur de l’AfD
Alice Weidel, première candidate à la chancellerie de l’AfD, a annoncé lors de la convention fédérale du parti qu’elle souhaitait abolir les études genre et virer les professeur·es concerné·es. Sociologue à l’Université de Munich, Paula-Irene Villa Braslavsky dénonce tout d’abord un manque de compréhension, surtout dans le monde scientifique, du fait que de telles déclarations touchent directement «certain·es d’entre nous, les universitaires», en particulier car de nombreuses personnes du domaine scientifique n’auraient jamais subi d’attaques aussi existentielles et directes.
Elle indique que «les études genre sont depuis longtemps devenues un symbole […] sur lequel on projette tout et n’importe quoi», alors qu’il y aurait pourtant de nombreuses questions à débattre -sur l'(in-)activisme de la science, son utilité, son (a-)politisme, etc. Elle précise que des notions comme le genre peuvent également être utilisées par le monde politique uniquement de manière stratégique et opportuniste, «parce qu’elles fonctionnent».
Pourquoi les études genre sont vues comme un ennemi ? Pour deux raisons principalement, affirme la chercheuse. «D’une part, le terme «études genre» est associé à une sorte de contrôle d’État réalisme socialiste-RDA-soviétique, la science comme «programme de rééducation totalitaire». D’autre part, le terme est considéré comme le symbole d’une décadence de prospérité négligée de l’Occident capitaliste, comme l’expression d’un efféminé démasculinisant, comme quelque chose d’artificiel, d’étranger, d’élitiste.» Néanmoins, la chercheuse reconnait que certains aspects peuvent s’avérer tout de même critiquables dans les études de genre. «Parfois, le champ semble trop auto-justifié, et parfois je nous trouve aussi trop activistes ou imprécis.»
Pour la défense du domaine, la sociologue compare la recherche sur le genre à la recherche fondamentale. La question de l’utilité est importante, mais elle passe à côté de l’objectif de la science. Elle ajoute que la science fonctionne comme la culture : si elle veut être bonne, elle a besoin d’un espace de liberté. D’un point de vue plus pragmatique, Paula-Irene Villa Braslavsky explique que «nous avons explicitement besoin des études de genre parce qu’elles nous aident à comprendre dans quelle mesure le genre joue -ou ne joue pas- un rôle dans notre vie, dans notre monde.» Finalement, la chercheuse conclut l’interview ainsi : «Nous devons faire comprendre à la société que les attaques politiques contre la science – contre les professeur·es, les champs de recherche ou les institutions – sont des attaques contre les principes fondamentaux d’une démocratie plurielle et basée sur l’Etat de droit.»
«Programmes européens : Un sursis et des soucis pour la science suisse»
Le Courrier dédie la une au sujet de la réintégration suisse aux programmes européens pour la recherche comme Horizon Europe, et aux incertitudes liées à cet arrangement transitoire. «A ce stade, une non-association n’est pas exclue. Si elle se confirmait, les chercheurs suisses pourraient toujours prendre part aux projets européens, mais leur financement continuerait de provenir du SEFRI plutôt que de l’UE, comme ces dernières années. En revanche, ceux ayant postulé en tant que coordinateurs perdraient cette prérogative. Devenus simples bénéficiaires, ils se verraient donc forcés de confier la coordination à un partenaire européen.»
Pour Andrea Emilio Rizzoli, directeur de l’institut Dalle Molle pour l’intelligence artificielle de l’Université et de la Haute Ecole spécialisée de la Suisse italienne, «pas question de se porter candidat à la coordination d’un projet dans la situation actuelle, un rôle qu’il considère pourtant crucial. «A ce stade, la situation reste trop incertaine et la signature de l’accord n’est malheureusement pas entre les mains des scientifiques, déplore-t-il.»
Mark Thomson sera directeur général du CERN dès 2026
Mark Thomson, physicien chevronné pourvu d’une expérience managériale, prendra la direction du CERN à partir de 2026.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 6 février 2025
5Fév2025
Politique des hautes écoles
Recherche européenne : FP10 et recherche fondamentale, les oubliés du Competitiveness Compass
La semaine dernière, la Commission européenne a présenté sa communication sur le Competitiveness Compass for the EU, un guide qui a pour objectif de tirer parti des atouts de l’Europe dans la recherche scientifique de pointe et de l’innovation, ainsi que de supprimer les obstacles aux niveaux européen et national. Guidé par le rapport de Mario Draghi sur la compétitivité de l’UE publié fin 2024, le Competitiveness Compass for the EU annonce de nombreuses «actions phares», en plus de trois objectifs principaux : combler le retard en matière d’innovation par rapport aux États-Unis et à la Chine ; décarboner l’économie ; réduire les dépendances excessives et renforcer la sécurité.
Cette communication inquiète cependant les milieux de la recherche, dont le nouveau European Competitiveness Fund, le Competitiveness Coordination Tool, ainsi que la présidente du European Research Council (ERC) Maria Leptin. Le secrétaire générale de la League of European Research Universities (LERU) Kurt Deketelaere écrit : «Il s’agit d’une attaque sans précédent contre l’autonomie du European Research Council (ERC). […] La ligne de la communication sur la recherche fondamentale est tout aussi préoccupante. Elle mentionne simplement qu’un soutien ciblé sera apporté à la compétitivité industrielle, avec une approche plus stratégique et moins bureaucratique pour soutenir la transition de la recherche appliquée à la mise en place d’entreprises.» Il n’y a ainsi donc aucune place pour un 10e programme-cadre FP10 pour la Recherche et l’Innovation (successeur de l’actuel programme Horizon Europe), conformément au souhait de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen d’organiser le budget futur de l’UE autour de politiques et non de programmes.
Les leaders de la recherche au Parlement européen, tels que les députés Christian Ehler et Lina Gálvez Muñoz, ainsi que la LERU ont exprimé leur opposition à cette approche. Les auteurs de rapports Mario Draghi, Manuel Heitor et Enrico Letta ainsi que la LERU «souhaitent un FP10 autonome, axé sur l’excellence et la curiosité, doté d’un budget dédié et cantonné de plus de 200 milliards d’euros».
«Ethique académique : «La mobilisation paie!»»
La semaine dernière, l’UNIL publiait le rapport du groupe de travail chargé d’établir un cadre éthique pour les collaborations académiques externes. L’Université avait décidé en mai dernier de créer cette cellule d’expertise, en réponse aux actions du collectif étudiant qui occupait le campus pour exprimer sa solidarité avec Gaza. En réaction à la publication du rapport, le professeur Joseph Daher écrit dans les colonnes du Courrier : «Le constat s’impose que la direction de l’UNIL doit corriger sa trajectoire en appliquant dans les plus brefs délais les recommandations du rapport, y compris la suspension des collaborations avec les partenaires impliqués dans des violations graves ou systématiques des droits humains, comme c’est le cas de l’Université hébraïque de Jérusalem. En toute logique, l’UNIL devrait également mettre fin à toute les formes de pression envers les étudiant·es et le corps enseignant qui se sont mobilisés pour cette cause juste et légitime, confirmée de facto par le groupe d’expert·es dans son rapport.»
- rôle des universités
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- recherche – éthique
- éthique
- conflit israélo-palestinien
IA : OpenEuroLLM en réponse à OpenAI et DeepSeek
Face aux géants américain et chinois de l’IA OpenAI et DeepSeek, une alliance européenne a lancé son propre projet le 1er février dernier : OpenEuroLLM. Cette collaboration, qui rassemble une vingtaine d’entreprises et universités européennes, allie puissance de calcul, expert·es et volontarisme européen. Elle est soutenue par la Commission européenne, qui disait il y a une semaine sa volonté de créer sept «giga-fabriques d’IA» sur le continent, en débloquant 1,5 milliard d’euros. OpenEuroLLM recevra environ 20 millions d’euros de la part de Bruxelles et 14 millions d’euros issus des contributions des 20 partenaires du projet. Le budget total devrait s’élever à près de 80 millions d’euros, un rien comparé aux dizaines de milliards américains, mais un chiffre «[suffisant] pour construire le modèle multilingue de haute qualité que nous visons», affirme Jan Hajic, responsable du projet et professeur de linguistique informatique à l’Université Charles de Prague.
La Suisse, pas (encore) inclue dans l’alliance, avait lancé un projet similaire il y a 2 ans : Swiss AI. «Nous sommes déjà intégrés dans plusieurs consortiums et collaborons avec de nombreuses universités mentionnées. Nous explorerons certainement comment maximiser les synergies entre nos efforts respectifs», affirme Pascal Frossard, codirecteur de l’AI Center de l’EPFL. Jan Hajic souligne néanmoins de son côté que «malheureusement, ni la Suisse, ni le Royaume-Uni (contrairement à la Norvège, par exemple) n’ont signé les accords nécessaires avec la Commission européenne pour être admis dans les programmes et projets de l’Europe numérique. C’est très regrettable.»
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L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 5 février 2025
Rétrospective 2024 : Une année phare pour la durabilité à l’Université de Lausanne
«L’année 2024 a marqué une étape décisive dans la transition écologique et sociale de l’Université de Lausanne, lui permettant de renforcer sa position de leader. Voici un tour d’horizon des faits marquants de l’année écoulée.»
4Fév2025
Politique des hautes écoles
Comment les universités peuvent protéger et promouvoir la liberté académique
«En Europe et dans le monde entier, la liberté académique – et son proche parent, l’autonomie institutionnelle – sont de plus en plus sous pression. Pour l’Association des universtés européennes (EUA), il est essentiel de soutenir les universités en tant qu’acteurs centraux de la protection et de la promotion de la liberté académique. Dans cette prise de position, l’EUA propose des conseils concrets et pratiques sur la manière dont les universités peuvent protéger et renforcer la liberté académique.»
Les scientifiques débattent de la possibilité de fuir l’Amérique à cause de Trump – ou de risquer que leurs recherches soient censurées
«Ils utilisent la peur pour nous faire taire» : Deux scientifiques expert-es en changement climatiques expriment des stratégies différentes pour survivre au programme qualifié «anti-science» du président américain Donald Trump. Rose Abramoff, professeure assistante à l’Université de Maine, avait déjà constaté pendant la dernière présidence de Trump que les scientifiques s’autocensuraient. «C’est devenu une nécessité professionnelle. […] Nous, les chercheurs en général, faisions beaucoup d’obéissance anticipée».
Un fonctionnaire anonyme de l’agence pour la protection de l’environnement EPA, qui a demandé à rester anonyme, a fait l’expérience qu’une grande partie de leur travail a été «pratiquement bloquée» pendant les quatre années où Trump était au pouvoir. «Même si Trump, Musk, Kennedy et d’autres membres du camp MAGA se présentent comme des champions de la liberté d’expression, ce fonctionnaire a constaté un effet de refroidissement contre toute référence au changement climatique causé par l’industrie des combustibles fossiles.
«Nous avons dû parler du travail différemment », expliquent-ils. Personne n’a utilisé le mot «climat». Tout le monde s’est contenté de parler des résultats du travail sur le climat («climate work»), sans nécessairement nommer le climat tel qu’il est, si cela a un sens.» Rose Abramoff y ajoute: «Dans nos nouvelles propositions [de recherche], nous dirions par exemple «nous étudions la variabilité du climat» plutôt que «la science du climat» ou «la santé des sols» plutôt que «l’impact du climat sur le cycle du carbone dans le sol»».
Horizon Europe: Une fuite révèle une coupe de 62 millions d’euros pour la recherche sur la démocratie et la culture
Le dernier projet de programme de travail 2025 pour la recherche sur la culture, la créativité et la société inclusive dans le cadre d’Horizon Europe prévoit des réductions de 62 millions d’euros par rapport à la version que Science Business a divulguée en octobre. [A voir aussi ici.] Ce projet n’est probablement pas la version finale du programme de travail, et il est susceptible d’être modifié avant la publication officielle de tous les plans d’Horizon Europe pour 2025 au printemps.
Mais voici un aperçu de quelques coupes clé prévues dans le projet de janvier du programme de travail du «Cluster 2»:
Sous recherche innovante sur la démocratie et la gouvernance, la Commission européenne a supprimé les sujets suivants:
- «Understanding the forms of local democracy in low-income and low-middle income countries: €10.5 million
- Understanding and addressing gender-based violence against politically active women and LGBTIQ people: €7 million
- Government in transition: how governments change the way they work and prepare the civil service for the future: €7 million»
Dans le cadre de la recherche innovante sur le patrimoine culturel européen et les industries culturelles et créatives, les appels suivants ont été supprimés :
- «Cultural tourism for sustainable growth, wellbeing and job creation: €4 million
- Innovative technologies and methods to counteract illicit trafficking of cultural goods: €15 million»
Sous recherche innovante sur les transformations sociales et économiques, aucun thème n’a été supprimé, mais quelques millions ont été retranchés à la recherche sur l’équité intergénérationnelle dans le contexte des changements démographiques dans l’UE, ainsi que sur les migrations et le changement climatique.
Un nouveau cadre consolide le rôle des directeurs de recherche en Europe
Les responsables de la recherche («research managers») dans les projets de l’UE ont beaucoup à faire. Ils supervisent les budgets, la communication, les audits, l’assurance qualité, la conformité réglementaire et l’éthique. Ils rédigent des propositions, coordonnent les participant-es et servent de médiateurs. Leur liste de tâches est interminable, mais leur rôle est peu défini, la formation est rare et les perspectives de carrière sont souvent incertaines.
L’Association européenne des directeurs et administrateurs de recherche (EARMA) a développé un nouveau cadre européen, RM Comp, visant à améliorer cette situation en définissant ce que devraient être les aptitudes et les compétences d’un gestionnaire de recherche. Avec les actions de suivi prévues, l’objectif est d’améliorer la reconnaissance du rôle et de réconcilier les différentes approches nationales qui peuvent entraîner des problèmes de communication et ralentir les collaborations internationales.
Un nouveau projet d’EARMA prévoit d’élaborer un cadre de formation et d’enseignement reconnu. Il s’agira de consulter les prestataires de formation, de tester leurs idées et de définir à quoi devraient ressembler la formation et l’enseignement en matière de gestion de la recherche dans toute l’Europe.
La NSF américaine a dégelé les subventions, mais continue de scruter les projets de recherche
La National Science Foundation (NSF), qui finance environ 25 % de la recherche universitaire fondamentale aux États-Unis, a dégelé les subventions bloquées par un décret de Donald Trump. Elle a annoncé dimanche avoir rouvert un site web qui distribue l’argent des subventions de recherche aux scientifiques. Toutefois, elle continue de passer au crible les projets de recherche, afin de se conformer aux directives de Donald Trump.
Dans ce cadre de confusion, Nature s’est entretenue avec six membres du personnel de la NSF, qui ont «tous exprimé de vives inquiétudes quant aux récentes décisions de l’agence» et ont partagé des documents clarifiant le processus d’examen des subventions. Actuellement, environ 10’000 subventions de recherche ont été signalées et distribuées à divers directeur·ices de programme, chargé·es de les examiner. Les critères de signalisation des subventions invitent les responsables de programme à rechercher un langage «élargissant la participation», l’aide étrangère, la science du climat, l’énergie domestique et les «programmes discriminatoires, y compris les DEI (diversité, équité et inclusion) illégaux».
Face à ces différentes décisions et processus, de nombreux·euses scientifiques se retrouvent dans l’incertitude et la crainte. «La semaine dernière, plus de 100 boursiers postdoctoraux qui recevaient leur salaire directement de l’agence ont été exclus du système de paiement.» Ces blocage de subventions pourraient également être préjudiciables aux chercheur·euses en début de carrière, car les subventions «sont devenues un moyen de soutenir la formation des futur·es scientifiques».
A contrepied, certain·es scientifiques affirment qu’ils·elles voient une opportunité dans ces chamboulements. «L’élargissement de la participation aux STEM va au-delà de l’identité raciale, ethnique et sexuelle – il s’agit de veiller à ce que tous les esprits talentueux aient la possibilité de contribuer à notre main-d’œuvre dans le domaine des STEM», explique Suzanne Barbour, biochimiste et présidente d’un groupe chargé de conseiller la NSF sur la manière d’encourager la participation des groupes sous-représentés dans le domaine des sciences.
Finalement, alors qu’il n’existe pas de calendrier précis quant à la durée des blocages temporaires des gels de subvention, la NSF pourrait tout de même «avoir du mal à mettre fin légalement aux subventions, car leurs fonds sont affectés par le Congrès américain, ce qui signifie qu’ils sont protégés par la loi», explique Deborah Pearlstein, spécialiste du droit et de la politique publique à l’université de Princeton. De plus, il existerait un autre domaine dans lequel les actions de la NSF seraient en contradiction avec la loi : depuis 1980, le Congrès impose que l’agence cherche à élargir la participation des groupes sous-représentés.
«Comment l’UNIGE a envoyé le fils de la rectrice à Harvard»
En 2024, le fils de la rectrice de l’Université de Genève (UNIGE) Audrey Leuba a été choisi pour un échange d’un semestre à la Harvard Law School (HLS). Dix étudiant·es avaient alors candidaté pour le séjour aux frais d’enseignement (70’000 francs) exonérés par l’Université américaine. Deux dossiers avaient été transmis à Harvard, celui du fils d’Audrey Leuba classé en première position. Les liens familiaux ont dès lors éveillé des soupçons à l’UNIGE.
Luc Thévenoz, doyen de la Faculté de droit, affirme que l’identité du candidat et ses risques ont été discutés. «Lorsque j’ai constaté qui avait été choisi, je me suis renseigné sur la qualité du processus et me suis assuré que tout avait été fait dans les règles», explique-t-il, ajoutant que si la sélection avait été totalement anonyme, le classement aurait été le même. La sélection repose sur : les notes obtenues durant le cursus, le score à l’examen d’anglais TOEFL, l’évaluation d’un «projet académique» à Harvard, ainsi que sur le parcours de la personne. L’Université est arrivée à la conclusion «qu’elle ne peut empêcher un étudiant qui en a les capacités de se présenter à un concours au motif qu’un membre de sa famille occupe des fonctions dirigeantes». Cela créerait «une inégalité de traitement inacceptable», justifie son porte-parole, Marco Cattaneo.
L’UNIGE dispose d’un comité d’éthique, qui «n’a été saisi ni par le rectorat, ni par le Conseil d’État». Il pourrait toutefois décider de s’autosaisir «une fois qu’il se trouvera en possession des éléments détaillés du dossier».
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 4 février 2025
3Fév2025
Politique des hautes écoles
Le Valais veut sa propre université
Le Valais souhaite se doter de son université à l’horizon 2027. L’idée consiste à transformer l’actuelle Fondation UniDistance Suisse, qui existe depuis 1992, en Université du Valais. La future université fournira, comme aujourd’hui, une formation à distance. Le Conseil d’état vient de mettre en consultation un avant-projet de loi sur l’Université du Valais.
Gel temporaire des financements fédéraux américains pour la recherche suisse
Donald Trump a décrété un gel temporaire des financements fédéraux américains durant 90 jours, afin de vérifier la conformité des programmes avec sa volonté politique. Sont concernés la Confédération, les ONGs ainsi que les universités. Le Fonds national suisse (FNS) affirme que les États-Unis sont le principal partenaire de la Suisse dans le domaine de la recherche. Selon les informations de la RTS, «les programmes de recherche touchant à la diversité, à l’équité et à l’inclusion, comme les études de genre et les recherches sur les personnes transgenres, sont particulièrement concernés par cette pause. Les projets en lien avec les politiques environnementales et les technologies vertes sont également dans le viseur.»
L’UNIL passe actuellement en revue ses programmes de recherche. Elle a envoyé jeudi dernier un mail à ses chercheur·euses, afin de recenser les projets concernés par des fonds fédéraux américains, dans le but de se préparer à cette nouvelle donne.
Le vice-recteur de l’Université de Genève Sébastien Castelltort annonce qu’aucune suspension n’est annoncée à Genève pour le moment. «Nous avons quelques projets qui pourraient être concernés, notamment dans le domaine de la santé», précise-t-il. «Nous avons énormément de collaborations, qui ne passent pas forcément par des moyens financiers, mais des voyages ou des échanges. C’est donc clair qu’il y a une instabilité qui n’est pas du tout favorable à la recherche pour l’instant», conclut-il.
«Le gouvernement américain ne respecte apparemment pas la liberté de la science», affrime de son côté Balthasar Glättli, conseiller national (les Vert·e·s, ZU).
#MINTfluencers
Les journalistes du Forum interviewent Chloé Carrière « Galactic Chloé », créatrice de contenu scientifique et ingénieure aérospatiale. Son projet
#MINTfluencers souhaite encourager et coacher les influenceuses dans le domaine de la vulgarisation scientifique.
«L’EPFZ durcit ses conditions d’admission afin de lutter contre l’espionnage»
Comme le rapportait en décembre dernier une enquête de SWI swissinfo.ch, le durcissement des conditions d’admission de l’ETHZ afin de lutter contre l’espionnage suscitent la peur et la colère d’étudiant·es chinois·es.
L’ETHZ avait dévoilé, fin octobre, les contrôles de sécurité qui seraient dorénavant effectués sur les candidatures d’étudiant·es étranger·ères de certains pays. Afin de respecter la loi fédérale suisse sur le contrôle des biens à double usage, des biens militaires spécifiques et des biens stratégiques et la loi fédérale sur l’application des sanctions internationales, «l’institution est tenue de minimiser le risque de fuite de technologies et de connaissances susceptibles d’être utilisées à des fins militaires vers des pays faisant l’objet de sanctions internationales».
Le contrôle de sécurité de l’institut est basé sur quatre critères : le pays d’origine, la provenance d’un établissement présentant un risque pour la sécurité, les financements par le biais d’une bourse d’un pays sanctionné ou de sources douteuses, le domaine d’études. Le premier critère est le plus controversé : «Nous ne savons pas comment l’EPFZ définit la ‘biographie’», déclare un étudiant chinois. «En outre, tous les candidats d’une liste de 17 établissements d’enseignement chinois, 16 russes et 7 iraniens qui sont considérés comme un « risque pour la sécurité » doivent faire l’objet d’un contrôle.»
Presque tous les domaines d’études de l’ETHZ sont concernés, du fait qu’ils puissent également être utilisés à des fins militaires.
Le nombre d’étudiants chinois a augmenté fortement ces dernières années : entre 2010 et 2023, ce nombre est passé de 271 à 1362 à l’ETHZ, et de 139 à 598 à l’EPFL. Pourtant, le taux d’acceptation des candidat·es chinois·es aux masters de l’EPFL a considérablement diminué au cours de ces années, passant de 44% à 12% entre 2014 et 2024. Un taux inférieur au taux d’acceptation international (21%). L’EPFZ n’a pas fourni de statistiques sur ce taux.
Finalement, alors que de nombreux·euses étudiant·es chinois·es voient les études à l’étranger dans des pays occidentaux comme un moyen de fuir un pays autoritaire, le porte-parole de l’EPFL, Emmanuel Barraud, a affirmé: «les candidatures des étudiants étrangers sont évaluées sur la base de multiples critères, parmi lesquels les capacités sont primordiales, car cela évite que notre école ne soit utilisée comme un ‘refuge politique’ pour les personnes qui n’ont pas les qualifications nécessaires pour suivre nos cours.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 3 février 2025
31Jan2025
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 31 janvier 2025
30Jan2025
Politique des hautes écoles
Le chaos s’installe dans le monde scientifique américain alors que l’équipe de Trump décrète le gel des subventions fédérales
Les chercheurs américains sont ébranlés après la publication par l’administration du nouveau président Donald Trump, le 27 janvier, d’un décret gelant toutes les subventions et tous les prêts fédéraux à partir du 28 janvier. Un juge fédéral de Washington DC a temporairement bloqué le décret en fin de journée, mais il avait déjà incité de nombreuses universités américaines à déconseiller aux membres du corps professoral de dépenser les subventions fédérales pour des voyages, de nouveaux projets de recherche, des équipements, etc.
Dans une note envoyée aux agences fédérales le 29 janvier, l’administration du président américain Donald Trump a annulé son décret du 27 janvier. Karoline Leavitt, secrétaire de presse de la Maison Blanche, a toutefois déclaré sur la plateforme de médias sociaux X que cette dernière mesure n’était pas une annulation du gel des financements, mais un retrait de l’ordonnance du 27 janvier. On ne sait toujours pas quels sont les prêts et subventions fédéraux gelés.
Swissuniversities publie son plan d’action pour la réforme de l’évaluation de la recherche
Ayant rejoint The Coalition for Advancing Research Assessment (CoARA) en 2022, swissuniversities a été invitée à partager son plan d’action concernant la mise en œuvre des engagements fondamentaux de l’accord CoARA, concernant la réforme des méthodes et des processus d’évaluation de la recherche, des chercheur·euses et des organismes de recherche. Dans ce cadre, swissuniversities a publié son plan dans un plan d’action qui sera mis à jour périodiquement. Actuellement, il comprend deux dimensions principales:
- Encourager et coordonner les discussions critiques, notamment sur le thème de la réforme de l’évaluation de la recherche, et prendre en compte l’évaluation de la recherche dans l’élaboration des politiques. «Swissuniversities reconnaît la nécessité d’élargir les critères d’évaluation de la recherche, de prendre en compte un ensemble plus diversifié de contributions dans l’évaluation des carrières académiques et d’abandonner l’utilisation inappropriée des facteurs d’impact. En outre, swissuniversities facilite et encourage les discussions concernant la participation des institutions à certains systèmes de classement.» «Swissuniversities travaille spécifiquement sur le développement de l’évaluation de la recherche dans la perspective de l’Open Science. Ce thème a été abordé, entre autres, dans deux stratégies nationales qui se sont jusqu’à présent concentrées sur l’open access (The OA Strategy) et l’open research data (The ORD Strategy).»
- Soutenir des projets et des initiatives visant à faire progresser l’évaluation de la recherche, par le biais de la distribution de fonds fédéraux.
Le FNS lance une série de cours de leadership pour les jeunes scientifiques
Le Fonds national suisse (FNS) lance dès février 2025 une série de cours et ateliers sur le leadership pour les scientifiques en début de carrière. Il s’adresse aux bénéficiaires d’un subside SNSF Starting Grant, Eccellenza ou PRIMA. Le programme a pour but de former de bon·nes dirigeant·es, capables de «transmettre un fort sentiment d’appartenance à des chercheur·ses venant d’horizons différents», car «la science est une entreprise collective». Le projet s’inscrit dans le cadre des réflexions en cours du FNS sur les carrières académiques, qui «soulignent l’importance de créer des environnements de travail égalitaires et respectueux». Des évaluations réalisées ont pu montrer que la participation aux ateliers, proposés originellement uniquement aux femmes, a eu un impact positif sur leur carrière ainsi que sur leur développement personnel.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 30 janvier 2025
29Jan2025
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 29 janvier 2025
L’occupation de Géopolis a conduit à l’évaluation du cadre éthique des collaborations externes
Huit mois après les manifestations pro-palestiniennes sur le campus de l’UNIL, l’Université annonce avoir accepté la publication d’un rapport sur l’évaluation du cadre éthique de ses collaborations externes. Le rapport prévoit des procédures d’évaluation plus strictes, notamment sous l’angle de l’éthique et des droits humains. Il demande également des mesures provisionnelles «lorsqu’il existe des indications sérieuses que les violations en question continuent», et souligne finalement la nécessité d’une solidarité académique, demandant à l’UNIL de «mettre en œuvre une politique d’accueil envers des membres de communautés académiques menacées et de soutenir des projets de reconstruction d’activités d’enseignement et de recherche sur place».
Les accords institutionnels de l’UNIL possèdent désormais de nouvelles guidelines, alors que les projets individuels, de chercheur·euses à chercheur·euses, restent uniquement soumis au Conseil de l’Université (24 heures). L’UNIL annonce vouloir réévaluer de manière approfondie ses collaborations avec la Hebrew University of Jerusalem, unique institution israélienne avec laquelle des collaborations sont en cours.
«Ce rapport est salutaire. Il démontre qu’on peut sauvegarder la liberté académique, à condition qu’elle s’exerce dans un cadre qui respecte les droits humains», réagit un membre du collectif Geopolis Palestine. «L’UNIL est la première institution académique de Suisse à proposer un cadre aussi précis. Le collectif étudiant attend qu’il soit mis en œuvre dans les meilleurs délais et appelle les autres hautes écoles à se saisir de ses conclusions.» (Le Courrier)
28Jan2025
Politique des hautes écoles
«Lucerne renonce à son initiative cantonale sur Erasmus+»
Le Grand Conseil de Lucerne a décidé lundi de ne pas déposer d’initiative cantonale pour associer pleinement la Suisse au programme européen de mobilité Erasmus+. L’initiative aurait dû charger le Conseil fédéral de présenter aux Chambres fédérales un projet de financement.
Le député cantonal Samuel Zbinden des Vert·e·s, cosignataires de la motion, a affirmé que l’exclusion de la Suisse au programme nuisait à la formation professionnelle et universitaire ainsi qu’au sport. Le programme de remplacement Swiss-European Mobility Programme (SEMP) serait trop compliqué et trop cher, et ne donnerait pas accès aux universités européennes de pointe. Urs Christian Schumacher (Ebikon) de l’UDC a argumenté de son côté que les 26 millions de francs de frais de participation au programme pourraient être mieux investis dans la formation des médecins. (Luzerner Zeitung)
Le Grand Conseil a finalement décidé de transformer la motion en postulat. L’initiative cantonale a déjà été déposée dans plus de dix cantons.
«L’ETHZ au service du Pentagone»
Des recherches de la Weltwoche montrent que l’ETHZ entretient aujourd’hui plusieurs coopérations de recherche avec le Département de la Défense des États-Unis. Le département de Physique, le Laboratoire de chimie inorganique, le Center for Security Studies et l’Institut de neuroinformatique de l’ETHZ reçoivent tous des fonds du Département américain. D‘un point de vue légal, les accords de coopération de l’école ne sont pas un problème. Ils restent toutefois délicats, plaçant l’ETHZ au service de la politique étrangère américaine. Certains accords stipulent explicitement qu’ils doivent servir les intérêts des Etats-Unis ainsi que leurs priorités stratégiques. «Au-delà du respect des dispositions légales, l’ETHZ ne donne pas d’indications sur le choix des partenaires pour les coopérations», indique Vanessa Bleich, porte-parole de l’EPFZ. L’école ajoute qu’il s’agit dans tous les cas de recherche fondamentale. Néanmoins, les limites entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée restent parfois floues.
A contrepied, l’établissement zurichois a durci ses règles d’admission pour les ressortissant·es chinois·es. L’ETH a commencé à modifier les conditions d’accès pour les candidat·es aux études provenant de pays sanctionnés dès l’introduction de l’Ordonnance sur le contrôle des biens utilisables à des fins civiles et militaires, des biens militaires spécifiques et des biens stratégiques en 2016. La nouvelle n’a été publiée dans la presse qu’en automne 2024. «L’EPF attribue la rigueur de son approche à la situation en Chine, où les autorités exercent une forte influence sur la recherche. En 2021, par exemple, la République populaire a promulgué deux lois sur les données qui permettent au gouvernement d’accéder directement aux données des propriétaires d’informations, de les utiliser ou même de les modifier sans leur consentement.»
L’auteur de l’article écrit: «La démarche de l’ETHZ est en contradiction avec les objectifs stratégiques 2021 à 2024 du Conseil fédéral pour le Domaine des EPF. Ceux-ci prévoyaient d’établir les hautes écoles de Lausanne et de Zurich comme «leading house dans la coopération bilatérale de recherche» avec des pays asiatiques comme la Chine, le Japon et la Corée du Sud». «Tout cela révèle comment l’ETHZ s’est laissée entraîner dans la politique de confrontation de l’Occident. Il est grand temps de s’en détacher», conclut-il en fin d’article.
L’Unil dans les médias
L’UNIL publie un rapport sur l’éthique de ses collaborations
«Un groupe de travail de l’Université de Lausanne a évalué le cadre éthique de ses collaborations externes. Dans un rapport, il préconise une révision du règlement éthique, une réévaluation des accords mis en cause et leur suspension temporaire.» (RTS)
Revue de presse UNIL 28 janvier 2025
27Jan2025
Politique des hautes écoles
Des étudiant·es se plaignent des examens à l’écriture manuscrite
Certain·es étudiant·es se sont plaints de «douleurs» auprès de Nau.ch, après avoir dû participer à des examens en écrivant à la main. Interrogées par le média, les universités de Berne et Zurich insistent pourtant sur les examens manuscrits. «Dans les examens sur papier, il est plus facile de contrôler l’influence de l’intelligence artificielle sur le résultat de l’examen», affirme l’Université de Zurich. « [Les] examens manuscrits […] sont plus faciles à réaliser et à surveiller», ajoute l’Université de Berne.
Susanne Dorendorff, coach en écriture, conseille aux universités de conserver les examens sur papier. L’écriture manuscrite serait plus adaptée aux conditions des examens, neuroscientifiquement parlant : «le circuit synaptique souhaité réagit également de manière beaucoup plus précise à l’écriture manuscrite qu’à la ‘dactylographie’», avance l’experte.
Les différences nationales entravent le développement des diplômes européens
Une étude portant sur dix projets pilotes d’Erasmus+ révèle des obstacles importants à l’introduction de diplômes européens conjoints. Les obstacles comprennent des règles nationales incompatibles sur la structure des programmes, la durée, les langues d’enseignement et la reconnaissance de l’apprentissage mixte et en ligne («blended learning»), voire l’épaisseur du papier du diplôme. La Commissaire européenne Roxana Mînzatu affirme étudier plusieurs options.
Collaboration entre l’EHL et la police cantonale
En octobre dernier, l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) a lancé un projet pilote : transmettre les principes de l’hospitalité et de l’accueil de l’hôtellerie aux services de police. Le but de cette formation est de renforcer les relations entre policier·ères et citoyen·nes, les cours étant centrés sur l’empathie, le sentiment de sécurité et la qualité de la communication.
Ce projet s’inscrit dans la stratégie de diversification des activités et de contribution à des projets sociétaux de l’EHL. «Depuis 2021, l’école collabore avec le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) pour intégrer les principes de l’hospitalité dans le domaine médical.»
Jean-Christophe Sauterel, directeur de la communication de la Police cantonale vaudoise, note que dans une optique de poursuite du projet, «il serait nécessaire de l’adapter aux profils des participant·es, car [la formation] repose encore principalement sur une approche très académique».
IA: Washington limite l’accès de la Suisse aux puces informatiques
Les Etats-Unis ont exclu la Suisse des pays alliés qui peuvent avoir un accès illimité aux puces informatiques d’intelligence artificielle. Une décision critiquée par le ministre de l’économie Guy Parmelin qui souligne l’importance de la recherche suisse. «Dans les écoles polytechniques fédérales, on produit avec ces puces des innovations qui sont aussi importantes pour les Américains, explique-t-il.»
Aucune garantie de participation suisse aux programmes de recherche
A l’avenir, la Suisse devrait à nouveau participer au programme de recherche européen « Horizon ». Mais : le paquet d’accords négociés avec l’UE ne garantit pas à la Suisse qu’elle participera aux futurs programmes de l’UE. Chaque participation à un nouveau programme doit être négociée séparément. L’actuel programme Horizon Europe, anciennement FP9, sera remplacé par le FP10 en fin 2027.
Michael Gerber, chef de la division «Programmes et organisations internationaux» au Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI), est optimiste à ce sujet.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 27 janvier 2025
24Jan2025
Politique des hautes écoles
La Suisse se dote d’un centre pour renforcer la surveillance génomique des épidémies
Cette initiative place la Suisse à la pointe de la génomique des virus et bactéries pathogènes. Elle s’appuie sur des outils bio-informatiques avancés et une collaboration nationale et internationale renforcée, relève l’Institut suisse de bio-informatique (SIB), basé à Lausanne, qui dirige la nouvelle entité.
Le directeur du SIB Christophe Dessimoz souligne par ailleurs que pendant la pandémie, « il y a eu des avancées incroyables au niveau scientifique qui ont dû être appliquées dans l’urgence ». « Maintenant nous avons vraiment l’occasion de pérenniser ce qui a bien fonctionné, de s’assurer qu’il y a une bonne coordination et puis quand même de garder un pied dans la recherche, puisque les développements sont tellement rapides », dit-il.
UNIGE : nouvelle passerelle vers la Maîtrise en théologie
Avec l’introduction d’un nouveau certificat complémentaire, la Faculté de théologie offre aux étudiant-es ou aux personnes détentrices d’un baccalauréat dans d’autres disciplines la possibilité d’acquérir les connaissances fondamentales nécessaires en théologie pour aborder la maîtrise.
«Un Master sans notes, le cas unique en Suisse de la faculté de médecine de l’Université de Fribourg»
«A première vue, c’est le rêve de tout étudiant: suivre des cours sans jamais recevoir de notes. En 2019, l’Université de Fribourg a adopté cette approche avec son Master en médecine. Une méthode d’apprentissage unique en Suisse. Dans le monde, seule une vingtaine de formations universitaires fonctionnent de cette manière.»
Partenariat entre Holcim et l’UniFR : le Conseil d’Etat n’a pas son mot à dire
En octobre dernier, la députée Françoise Savoy interrogeait le bien-fondé du partenariat entre Holcim et l’Université de Fribourg, craignant notamment qu’une telle collaboration ne soit pas compatible avec les engagements de l’Université. Selon elle, Holcim fait partie des cent entreprises les plus polluantes de la planète, et fait l’objet de poursuites judiciaires. «Le Conseil d’Etat n’a pas son mot à dire sur la collaboration entre l’Université de Fribourg et le cimentier Holcim», a désormais répondu l’exécutif. «Le canton rappelle que l’institution dispose d’une personnalité juridique propre, ce qui la rend autonome dans la gestion de partenariats publics-privés, qu’elle régit selon des chartes et des directives internes.» (La Liberté) Le Conseil d’Etat soutient, de plus, que les fonds tiers, provenant d’entreprises privées comme Holcim, «constituent un pilier important» pour financer les universités. Cette collaboration avec Holcim aurait été faite «en respectant les dispositions applicables», et serait totalement compatible avec les engagements de l’UniFR, estime le Conseil d’Etat (FrApp).
- financement tiers
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- collaboration hautes écoles – entreprises privées
- profil – universités
- durabilité des universités
- durabilité et climat
Le poste de recteur de l’Université de Neuchâtel est remis au concours
Suite aux avis défavorables émis par l’assemblée de l’Université de Neuchâtel (UniNE) à l’égard des deux candidatures en lice et au retrait d’une des deux, le Conseil de l’Université a choisi de remettre au concours le poste de recteur. Deux experts externes, les professeurs Dominique Arlettaz et Yves Flückiger, anciens recteurs de l’Université de Lausanne et de celle de Genève, ont accepté de participer à nouveau au processus. Une commission de sélection comprenant cinq des neuf membres du Conseil de l’UniNE sera en charge de faire des propositions.
«J’espère que nous aurons des candidatures internes et externes. C’est un poste exigeant qui a posé des problèmes dans pratiquement toutes les universités», explique le président de l’UniNE, l’ancien conseiller aux Etats socialiste Didier Berberat. «Idéalement, il faudrait quelqu’un qui soit établi en Suisse, avec un parcours académique, une expérience de gestion en dehors d’une université, et qui connaisse bien les milieux politiques, économiques et sociaux,» conclut-il. (Le Temps)
Université de Saint-Gall : «une chaire universitaire sponsorisée par les importateurs de voitures»
Auto-Suisse, l’association des importateurs suisses de voitures, va sponsoriser une chaire à l’Université de Saint-Gall. Elle versera près de 2,7 millions de francs en huit ans à la «chaire Auto-Suisse pour la mobilité». Cela permettra de financer une chaire de recherche et d’enseignement à hauteur de 50 pour cent, a indiqué la HSG. (Watson) L’association Auto-suisse souligne que les tendances actuelles vers la numérisation, l’électrification et l’automatisation offrent un potentiel considérable pour l’industrie automobile, tout en constituant un risque pour les structures établies, dans le commerce de véhicules ou dans la mobilité. L’association souhaite ainsi donner l’opportunité aux chercheur·euses de se pencher sur ces thématiques.
La condition requise pour parvenir à une telle entente financière est toutefois que «la liberté de recherche, d’enseignement et de publication soit garantie entièrement et à tout moment», a déclaré le recteur Manuel Ammann. L’Université de Saint-Gall a besoin de ce type de partenariats pour satisfaire ses exigences en tant qu’institution de référence à l’échelle internationale dans le domaine des sciences économiques, ajoute-t-il.
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Luciana Vaccaro : «Nos étudiantes trouveront toujours une oreille attentive»
«Rectrice de la HES-SO, Luciana Vaccaro évoque l’en- quête sur le harcèlement sexuel menée au sein de l’institution. Et livre un plaidoyer pour les relations avec l’UE.»
Lancement d’un bachelor en soins infirmiers à temps partiel pour contrer la pénurie
Afin de contrer la pénurie de professionnel·les qualifié·es dans le domaine de la santé, «la Haute École de santé a annoncé [lundi] le lancement du Bachelor of Science HES-SO en soins infirmiers à temps partiel. Une première volée est prévue en septembre 2025.»
«L’action de la police lors de la manifestation contre Gaza à l’université était en partie illégale »
Le 14 mai 2024, 60 étudiant-es ont manifesté contre la guerre au Gaza dans l’Université de Zurich. Les manifestants se sont retirés après un ultimatum de l’université en début de soirée, dans le calme et sans causer de dégâts matériels. La police n’est pas intervenue. Trois jours plus tard, une autre manifestation était annoncée, et la police municipale a conduit des «des contrôles d’accès préventifs à toutes les entrées du bâtiment principal» de l’université.
Les personnes qui voulaient entrer devaient présenter leur carte d’identité et se faire fouiller les poches, ont rapporté les personnes concernées. Les personnes qui portaient ou avaient sur elles la keffieh palestinienne étaient dans le collimateur. Elles auraient dû la remettre ou se seraient vu refuser l’entrée. Certaines d’entre elles ont fait recours contre les décisions de la police et ont gagné. «La police municipale constate officiellement que les trois expulsions et la confiscation du foulard étaient illégales et se sont produites en violation des droits des personnes concernées». L’association étudiante VSUZH demande des excuses publiques, aussi de la part de l’université.
L’université souligne que l’intervention a eu lieu sans demande de l’UZH et n’était pas non plus coordonnée avec la police municipale, qui aurait mené les actions mentionnées sur le domaine public en dehors de la compétence de l’UZH.
Révision de la loi vaudoise sur la HEP
Mercredi, le gouvernement vaudois a mis en consultation un avant-projet de révision de la loi vaudoise sur la Haute École pédagogique (LHEP). Elle doit être réformée, en raison notamment de la forte hausse du nombre d’aspirant·es enseignant·es. «[La réforme] prévoit une nouvelle fonction de vice-recteur, une autre de chargé de cours ainsi que des changements liés aux conditions contractuelles du personnel d’enseignement et de recherche. […] L’avant-projet comporte aussi des adaptations à l’évolution du droit intercantonal et fédéral ainsi que l’introduction d’une procédure de réclamation sur les décisions relatives aux cursus des étudiants.» (24 heures) Le poste de vice-recteur «serait dédié aux aspects de formation et aurait pour mission de veiller aux liens avec les services employeurs», précise le DEF (Le Courrier).
«L’EPFL condamne la ferme modèle de Bassenges»
Le collectif agricole qui exploite actuellement la ferme de Bassenges, sur le campus de l’EPFL, devra libérer les lieux au 31 janvier 2026. Le Centre Bernoulli, dédié aux sciences fondamentales, remplacera l’ensemble de bâtiments datant du XVIIIe siècle. «Les terres actuellement dévouées à l’agriculture le resteront. Le site ne sera pas bétonné. Le cahier des charges du projet conservera des critères écologiques très forts», assure le porte-parole de l’EPFL Emmanuel Barraud. Malgré de nombreuses actions étudiantes depuis le printemps 2024, la direction «décide d’expulser un collectif porteur d’un véritable projet agroécologique», se désolent des militant·es, qui affirment qu’il existerait pourtant de meilleures alternatives «tant sur le plan financier qu’éthique». Un groupe d’étudiant·es en architecture à l’EPFL avait proposé à la direction de l’école d’autres lieux pour installer le centre Bernoulli.
L’affaire risque bien de se terminer devant les tribunaux. «D’une manière ou d’une autre, nous allons faire opposition à cette décision pour préserver la vocation agricole des bâtiments de Bassenges», assure Tom Müller, l’un des six exploitant·es de la ferme. (24 heures)
Yves Flückiger: «Les principaux défis du paysage FRI d’ici 2035»
Le président des Académies suisses des sciences Yves Flückiger décrit les trois principaux défis de la formation, la recherche et l’innovation selon son point de vue – dans une contribution au 60e anniversaire du Conseil suisse des sciences.
«La modernisation du métro m1 entre Lausanne-Flon et Renens n’arrivera pas avant 2032»
La conseillère d’Etat vaudoise en charge des infrastructures, Nuria Gorrite, a expliqué qu’il «subsistait «des divergences de vue» entre le Canton et les communes de l’Ouest lausannois au sujet du développement du m1.» Elle ajoute que «les variantes sur la table» ont des coûts qui vont presque «du simple au double». Toutefois, le projet devait permettre «une importante augmentation de capacité de la ligne, de l’ordre de 50%». Mais, le projet n’a actuellement pas «le niveau de maturité nécessaire» afin d’obtenir un financement de la Confédération. «Le désengorgement du m1 passera aussi par le développement des lignes de bus.»
Eurovision : collaboration avec des Hautes écoles
Dans le cadre de l’organisation de l’Eurovision en Suisse en mai prochain, «diverses institutions suisses seront mises à contribution, notamment la Haute école (HES) de design et d’art de Bâle, l’Ecole de design de Bâle, la HES des arts de Zurich (ZHdK), la HES des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) et la HES des Grisons. […] Ces collaborations ont pour but d’offrir aux jeunes talents «pour exprimer leur créativité et leur capacité d’innovation», souligne la SSR. Ils auront ainsi l’occasion d’acquérir «une précieuse expérience professionnelle et de mettre en lumière l’énergie créative de la Suisse sur la scène internationale».»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 24 janvier 2025
23Jan2025
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 23 janvier 2025
22Jan2025
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 22 janvier 2025
21Jan2025
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 21 janvier 2025
20Jan2025
Politique des hautes écoles
«Une haute école protestante accusée de «radicalisation»»
Alors que la HET-PRO (Haute Ecole de théologie protestante, à Saint-Légier (VD)) est actuellement en processus d’accréditation en tant que HES, le professeur honoraire de l’Université de Lausanne, Pierre Gisel, interpelle les autorités des Eglises réformées. Il accuse l’école, dans la revue scientifique ThéoRèmes, d’être notamment un «lieu de radicalisation» aux tendances «sectaires». Jean Decorvet, pasteur consacré dans l’Eglise réformée vaudoise (EERV) et recteur de la HET-PRO depuis sa création, affirme pourtant que «si une dimension spirituelle est bien présente dans le cursus, elle ne néglige pas la dimension intellectuelle.» Contactée, la sociologue et anthropologue Irene Becci, doyenne de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne (FTSR) est toutefois réservée sur l’approche «professante et professionnalisante» de l’école, qu’elle estime «incompatible avec une méthodologie académique».
Actuellement, les facultés de théologie classiques sont «en mal» d’étudiant·es, alors que la HET-PRO compte une cinquantaine d’inscrit·es tous cursus confonds. Suivant le processus d’accréditation, des experts visiteront la HET-PRO dans un mois. «La décision finale devrait ensuite être prise à la fin de l’année 2025», annonce Jean Decorvet.
«Cours de maths pour réfugié·es à l’EPFL»
Dès la rentrée de février, l’EPFL proposera des cours pour réfugié·es désireux·euses de rejoindre l’EPFL. Ces cours se dérouleront sur trois semestres : le premier se concentrera sur l’apprentissage du français (16h/semaine), tandis que durant les deux derniers, les réfugié·es rejoindront le CMS classique, avec des cours de mathématiques, de physique, d’informatique et de chimie, en plus de 6h/semaine de français. «Finalement, pour pouvoir entamer leur Bachelor à l’EPFL, ces étudiants devront réussir au semestre de printemps les examens du CMS, avec une moyenne générale d’au moins 4,0 sur 6, et avoir atteint un niveau B2 en français.»