La rectrice de l’Université de la Suisse italienne a décider de retourner à la recherche scientifique à l’École polytechnique fédérale de Lausanne. Gabriele Balbi, membre du rectorat actuel, la remplacera à titre intérimaire.
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5Déc2025
Politique des hautes écoles
Réélection du recteur de l’Université de Zurich Michael Schaepman
Selon le média insideparadeplatz.ch, le recteur de l’Université de Zurich Michael Schaepman aurait obtenu un résultat mitigé lors de sa réélection il y a deux semaines: «environ 100 des quelque 700 professeurs» n’auraient pas voté pour son nouveau mandat. Selon les critiques, le recteur ne s’opposerait pas suffisamment à l’interdiction de l’expérimentation animale. La porte-parole de l’Université à déclaré aux professeur·es qui ne souhaitaient pas donner de nouveau mandat au recteur que «Michael Schaepman a été nommé par le Sénat avec plus de 73 % des voix».
Plaidoyer de Luciana Vaccaro pour l’innovation sociale
Luciana Vaccaro, rectrice de la HES-SO et présidente de swissuniversities plaide pour l’innovation dans le domaine social, souvent dans l’ombre de l’innovation technologique de la «tech» et des sciences dures. Elle cite la plateforme Innovation Booster, mise sur pied par l’Association suisse pour la promotion de l’innovation sociale, qui a soutenu «des projets originaux» axés sur le thème «Innover ensemble les services à la personne».
Selon elle, une «caractéristique constante» de l’innovation sociale est «la notion de partage, non seulement d’expérience mais aussi de responsabilités, de prises de décision et de point de vue», notamment les interactions entre personnes issue de la société civile et chercheur·euses, à propos de projets conceptuels ou concrets. Elle écrit: «Cette nouvelle manière d’envisager l’interaction sociale touche aussi à la manière de former – notamment au niveau universitaire ou des hautes écoles. On ne construit plus un cours de haut en bas, mais on le fait avec celles et ceux qui vont en bénéficier.»
«Les fonctionnaires vaudois ne décolèrent pas et votent une «grève sans fin»»
«La fonction publique vaudoise a connu jeudi une nouvelle journée de grève pour protester contre le projet de budget 2026 et ses 305 millions de mesures d’économies. C’était la septième journée de colère des employés des services publics et parapublics depuis octobre.» (RTS)
«Lors d’une assemblée générale unitaire en soirée, le personnel des services publics et parapublics a voté à la quasi unanimité une nouvelle résolution. Celle-ci appelle à la poursuite du mouvement, de la mobilisation et de la grève dès vendredi et la semaine prochaine […] La résolution parle de «grève sans fin».» (Blick) Une nouvelle assemblée devra décider de la suite du mouvement mercredi prochain.
La journaliste du 24 heures Marie Maurisse écrit que «certains [employés des services publics et parapublics vaudois] pourraient renoncer à la mobilisation pour des raisons budgétaires, car chaque jour de grève est autant de salaire en moins». Après quelques calculs, elle explique ainsi que «nombre des salariés n’ont pas fait grève, mais sont allés manifester».
La Chine influence les universités suédoises
Un récent rapport montre comment la Chine influence les universités suédoises. Les expert·es de la Chine en particulier auraient le sentiment d’être soumis à «une influence autoritaire généralisée», écrivent les auteur·es de l’Université de Mälardalen et du Centre national des connaissances pour la Chine. Cela aurait pour conséquences sur les étudiant·es et chercheur·euses anxiété, stress et autocensure, cette dernière influençant très directement le travail scientifique. Les personnes ayant été interrogées dans le cadre de ce rapport ont ainsi déclaré avoir modifié ou retiré des articles, ou alors changé l’orientation de leur projet de recherches par crainte de représailles. Moyens de pressions, chantage et intimidations, seraient ainsi vécus par les chercheur·euses chinois·es en Suède.
Mais la Suède ne serait pas un cas isolé. «En mai 2024, Amnesty International a publié une étude montrant comment les étudiants chinois à l’étranger sont menacés, surveillés et harcelés par les autorités locales. La pression est souvent dirigée contre les familles en Chine.»
La science suédoise dépend dans une certaine mesure de la Chine, notamment grâce aux partenariats universitaires et aux financements de recherche Durant la dernière décennie, le nombre de chercheur·euses chinois·es présent·es dans le pays a doublé, atteignant environ 700. En plus de constituer un problème pour les étudiant·es et les chercheur·euses, l’influence de la Chine comporterait un risque pour la sécurité de la Suède. En effet, le parti communiste pourrait accéder à des connaissances dans des domaines sensibles, notamment ceux liés à des projets de recherche à double usage.
- liens d’intérêt
- espionnage
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- politique – Chine
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L’Unil dans les médias
Revue de presse de l’Unil en grève (le 4.12.2025)
«Plusieurs centaines d’étudiants et membres du personnel ont à nouveau cessé le travail jeudi pour protester contre les coupes budgétaires, prévues au niveau cantonal et fédéral. Dès 7h, les bâtiments Anthropole et Géopolis ont été bloqués. Depuis lundi, les groupes mobilisés ont maintenu une présence quotidienne sur le campus pour préparer la journée de grève de ce jeudi.» (20 minutes)
Watson est allé à la rencontre d’étudiant·es et personnel de l’Unil qui se sont mobilisés ce jeudi.
Revue de presse Unil 5 décembre 2025
4Déc2025
Politique des hautes écoles
Le bachelor HES avec une expérience pratique intégrée dans les matières MINT définitivement ancré dans le paysage académique suisse
Les programmes de bachelor avec une expérience pratique intégrée proposé par les hautes écoles spécialisées dans les matières MINT (mathématiques, informatique, sciences et technique) s’ancrent définitivement dans le paysage académique suisse. Les deux chambres fédérales ont désormais approuvé le projet du Conseil fédéral, qui était en phase pilote depuis 2016. Seront admis dans ces filières sans examen les titulaires d’une maturité professionnelle ou gymnasiale. Ces filières d’études durent quatre ans au lieu de trois, et la partie pratique en entreprise représente 40% de la durée totale des études. Le projet de loi nécessite d’être encore clarifié car le Conseil des Etats y a ajouté un article supplémentaire.
«L’intelligence artificielle redessine les campus américains»
«Des milliers d’étudiants se ruent vers les nouveaux cursus en IA. Au MIT, cette filière est déjà devenue le deuxième programme le plus prisé, tandis que 62% des formations en informatique classique voient leurs inscriptions chuter.»
«Censure à l’université» de Neuchâtel ?
«L’université de Neuchâtel a refusé de mettre à disposition une salle pour deux conférences sur la Palestine du professeur et chercheur Joseph Daher. Si l’UniNe se défend de toute censure, mettant en avant l’application du règlement, les associations organisatrices, tout comme le principal intéressé, y voient une décision politique.» L’UniNe explique que «les conférences données dans ses murs sont autorisées si elles sont organisées par une entité de type chaire ou institut et sous la responsabilité d’un·e professeur·e UniNE expert·e du domaine». Une membre de l’Association anti-impérialisme étudiante (AAIE) estime elle que le rectorat ne tient pas ses engagements pris lors de l’occupation estudiantine de mai 2024, à savoir de «laisser [l’association] organiser des événements afin d’aborder la question palestinienne».
En mars 2024, l’Université avait déjà refusé en ses murs la tenue d’une conférence de Salah Hammouri concernant le système judiciaire carcéral israélien, invoquant «un manque de personnel». Les évènements actuels se tiendront finalement à l’Hôtel des associations, un lieu d’intégration sociale.
«Après les débordements, l’appel au calme des politiques et des syndicats»
«Une nouvelle manifestation a eu lieu mercredi en fin d’après-midi devant le Grand Conseil vaudois, en plein débat sur le budget 2026 de l’Etat, dans une «ambiance bon enfant», indique le président du législatif. La veille, un rassemblement avait été marqué par des débordements.» (RTS)
Le Temps et le 24 heures reviennent sur les éléments de violence lors de la manifestation de mardi soir. «Ce qu’on retient à chaud, c’est que les débordements desservent avant tout la cause défendue par les syndicats. […] Car il faudra beaucoup de hauteur de vue de la part des députés pour oublier ce triste épisode et siéger dans un esprit apaisé ces prochains jours», écrit le journaliste du 24 heures Vincent Maendly.
Un premier vote du Grand Conseil vaudois valide la contribution de crise sur les salaires des fonctionnaires
«Le Grand Conseil accepte en première lecture un prélèvement de 0,7% sur les salaires dès la classe 5, malgré de fortes manifestations et l’opposition de la gauche. […] Ce vote devra encore être confirmé la semaine prochaine lors du deuxième débat.» (Le Temps) Plusieurs amendements ont été proposés mais refusés, notamment la demande de préservation des classes salariales 1-9 contre les classes 1-5 dans le projet initial, et la demande d’une ponction de 2,1% l’an prochain uniquement sur les montants au-delà des 100’000 premiers francs de salaire.
La RTS a étudié l’évolution salariale des fonctionnaires vaudois sur les dix dernières années, tout en comparant les secteurs public et privé. Elle en conclut, entre autres, qu’«en dix ans, les rétributions ont évolué très différemment entre les secteurs. Alors que les fonctionnaires ont vu le salaire médian augmenter de 1,6%, la hausse a été de 9% dans le privé. […] Les diplômés de l’Université œuvrant pour une collectivité publique ont vu leur rémunération baisser de 11%, alors qu’elle augmentait de 8% en entreprise.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 4 décembre 2025
L’Unil en grève ce jeudi 4 décembre
«La mobilisation contre les coupes budgétaires s’étend dans le canton de Vaud, avec une journée de grève ce 4 décembre. De nombreux établissements scolaires et institutions publiques sont concernés. […] L’Université de Lausanne et l’EPFL voient certains de leurs employés faire grève.» Parmi les hautes écoles, suivent également le mouvement la Haute école pédagogique (HEP Vaud), la Haute école de travail social (HETSL), la Haute Ecole de Santé Vaud (HESAV) et probablement le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). (Blick)
Le Comité unitaire UNIL-EPFL contre la hausse des taxes, les coupes dans la recherche et les politiques d’austérité annonce des blocages de l’Unil, propose des cours alternatifs de l’«université populaire» durant la grève, et publie ses revendications: l’abolition des taxes d’études et la mise en place d’un salaire étudiant, l’internalisation de tous les services privés, l’incorporation de délégations représentatives à la proportionnalité de chaque corps de l’Université à l’intérieur de chaque instance décisionnelle, la fin des contrats à durée déterminée.
3Déc2025
Politique des hautes écoles
L’Université de Berne transfère un centre de compétence à ses facultés
L’Université de Berne dissoudra d’ici fin 2025 le Center for Regional Economic Development (CRED) et transférera ses activités directement dans les facultés, estimant que ses prestations peuvent y être mieux intégrées. La recherche sur le tourisme sera reprise au sein d’un nouveau centre facultaire (FfT) rattaché au département d’économie, tandis que les autres domaines (économie régionale, géographie, entrepreneuriat) continueront dans leurs unités d’origine. Christoph Pappa, secrétaire général de l’Université de Berne, déclare : «Le CRED a été conçu comme un regroupement temporaire destiné à renforcer la recherche sur les développements économiques régionaux. Après un examen approfondi, la direction de l’université est arrivée à la conclusion que les prestations du CRED peuvent aussi bien être mises en œuvre au sein des facultés.»
Cette restructuration ne s’accompagne ni de suppressions d’emplois ni de changements pour les étudiant·es, et vise à renforcer durablement la recherche en développement économique régional et en tourisme au sein de l’Université.
«Le Conseil des Etats s’empare du budget 2026 dans un contexte de rigueur budgétaire»
La session d’hiver des Chambres fédérales a débuté lundi à Berne pour une durée de trois semaines. «Les sénateurs ont empoigné l’examen du budget 2026, avec le paquet de mesures d’économie du Conseil fédéral dans le viseur.» (RTS) «Le Conseil des Etats s’est sensiblement éloigné [du plan d’économies] soumis par le Conseil fédéral. Le débat se poursuivra jeudi au Conseil national.» (Le Temps)
Au Parlement vaudois, début mouvementé des discussions sur le budget 2026
Les parlementaires vaudois ont entamé mardi les discussions à propos du budget 2026. «Pour l’heure, les discussions sont restées générales, mais elles ont déjà confirmé que le projet du Conseil d’Etat ne contentait personne.» (Blick) «Après deux heures et demie de débat, le Grand Conseil a voté l’entrée en matière par 127 voix, contre 12 et 9 abstentions. Les oppositions proviennent des rangs de la gauche. […] Seul le PLR n’a pas menacé de refuser le budget en vote final.» (24 heures) A la fin de la séance du Grand Conseil, environ 1500 membres de la fonction publique et parapublique ont encerclé le parlement vaudois, accueillant les parlementaires sortant·es de leur séance.
«Pris à partie mardi soir à leur sortie du Grand Conseil lors d’une manifestation de la fonction publique, les députés vaudois ont condamné ces événements. La présidente du gouvernement, Christelle Luisier, s’est dite « atterrée ». Reconnaissant des « bousculades », les syndicats prennent des mesures en vue des prochains rassemblements.» (RTS)
Dans les colonnes du Courrier, Sébastien Guex, professeur honoraire de l’Université de Lausanne et spécialiste de l’histoire économique et sociale suisse, rejette l’idée d’une «crise» des finances publiques qui justifierait les mesures d’austérité. Selon lui, «rien ne justifie un tel alarmisme pour 300 millions de déficit sur un budget dépassant les 12 milliards. […] Non seulement il n’y a pas de crise des finances publiques, mais ces dernières sont idylliques.» Il ajoute que le problème ne se trouverait pas dans une grande augmentation des dépenses, mais dans le choix politique de ne considérer que «les déséquilibres de court terme». Selon lui, le Conseil d’Etat cherche à éviter d’aborder l’évolution sur le long terme des recettes fiscales, «qui joue pourtant un rôle central».
Roger Nordmann se porte candidat pour remplacer Rebecca Ruiz au Conseil d’Etat vaudois
Une semaine après l’annonce de la démission de Rebecca Ruiz, la liste des papables pour la succéder se réduit. L’ex-conseiller national Roger Nordmann se porte candidat lors de l’élection complémentaire du 8 mars.
«Les Vert-e-s ont déjà annoncé qu’ils soutiendraient la candidature socialiste et ne lanceraient donc personne dans la course. A ce jour, seule l’UDC a désigné son candidat à cette élection complémentaire au Conseil d’Etat. Il s’agit du député et ex-président du Grand Conseil Jean-François Thuillard.» (RTS)
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 3 décembre 2025
2Déc2025
Politique des hautes écoles
Une pétition réclame l’interdiction du voile islamique «de l’école enfantine à l’université»
Le comité d’Egerkingen, une association proche de l’UDC, a déposé une pétition de 12’000 signatures pour l’interdiction du voile à l’école. «Elle demande d’interdire les foulards liés à l’islam dans les écoles publiques suisses, des enseignants aux élèves, de l’école enfantine à l’université. Les couvre-chefs d’autres religions, comme la kippa juive, ne seraient en revanche pas concernés.» (RTS) Le texte mentionne également d’autres pratiques religieuses: «pas de déplacement d’examens lors du jeûne du ramadan, ni de congés pour fêtes musulmanes». Le Conseil fédéral devra prendre acte de la pétition. Le comité d’Egerkingen était à l’origine de l’interdiction des minarets et de celle de la burqa, des initiatives qui sont passées avec succès lors des votations. A noter que deux motions UDC seront déposées lors de la session d’hiver du Parlement: «l’une vise à interdire le port du voile à l’école pour les filles de moins de 16 ans, l’autre serait valable pour les employés de l’administration publique» (20 minutes). Le Comité d’Egerkingen annonce que si ces motions échouaient, il pourrait lancer une initiative populaire fédérale.
Objectivité scientifique mise en doute dans une thèse financée par le FNS
Le journaliste de la NZZ Rico Bandle interroge l’objectivité scientifique d’une thèse de doctorat acceptée au Geneva Graduate Institute cet automne, et la lie à «la montée d’idéologies dans de nombreuses universités en Europe et aux États-Unis». Le sujet de la thèse traite du trafic de sperme issu des prisons israéliennes, afin que le liquide soit livré aux femmes des prisonniers pour qu’elles puissent tomber enceintes par insémination artificielle.
L’anthropologue remis en question, Izzeddin Ara, a interrogé une cinquantaine de mères, qui sont tombées enceintes à la suite d’un trafic de sperme, et qui «voient leur maternité comme faisant partie de la résistance, qu’elles ont surmonté les épreuves non seulement pour elles-mêmes mais surtout pour la communauté palestinienne». Le journaliste voit plusieurs problématiques dans l’écriture de cette thèse. Il met notamment en avant la «grande probabilité» que ce travail glorifie des gens qualifiés de «prisonniers politiques» alors qu’ils auraient «planifié ou même exécuté des assassinats d’innocents». Il note également l’utilisation par l’auteur, lui-même d’origine palestinienne, du terme «Palestine historique» à la place de «Israël». Le journaliste se demande ainsi: «Pourquoi les professeurs responsables ne l’ont-ils pas informé des lacunes? Pourquoi une université reconnue accepte-t-elle une thèse aussi unilatérale qui peut être interprétée comme glorifiant le terrorisme ?» Selon lui, l’acceptation de cette thèse est directement liée à la montée actuelle d’idéologies dans les universités occidentales.
Le journaliste relève par ailleurs l’existence de liens étroits entre le Geneva Graduate Institute et le Qatar, le pays qui a financé le Hamas et dont les revenus pétroliers favorisent la diffusion de l’idéologie des Frères musulmans dans le monde entier. Marie-Laure Salles, directrice du Geneva Graduate Institute, précise néanmoins que la coopération avec le Qatar n’a aucune incidence sur le contenu de la recherche: «il n’y a absolument aucun financement du fonds qatarien pour nos activités de recherche ou notre programme de doctorat». Le doctorat d’Izzeddin Araj a été financé par une bourse d’excellence du FNS pour trois ans et par un financement interne de l’institut (qui est lui-même financé par la Confédération à hauteur de 18 millions de francs par an, ainsi que par le canton de Genève). Interrogé, le SEFRI déclare que la demande de recherche qui a servi de base à la décision concernant la bourse d’Izzeddin Araj en 2020 «est très différente du contenu de la thèse publiée en 2025», et renvoie la responsabilité à l’institut qui a supervisé le travail.
Comment lutter contre l’espionnage dans les hautes écoles suisses
Interviewé dans la NZZ am Sonntag, Günther Dissertori, recteur de l’EPFZ, explique que les hautes écoles suisses se préparent à renforcer leur protection contre l’espionnage scientifique. Afin d’hamoniser les pratiques entre les différentes institution, un groupe de travail (dirigé par lui-même) au sein de Swissuniversities propose que «chaque haute école crée un service dédié à la sécurité des connaissances». «Il serait notamment chargé du contrôle des exportations du savoir et de l’évaluation des candidatures sensibles. Le recteur recommande également la création d’un centre national de coordination, afin de mutualiser les informations, publier des alertes et éviter qu’un candidat refusé par une institution soit admis dans une autre.» Depuis que l’EPFZ a mis en place son nouveau protocole de sécurité (1 an), plus de 80 candidatures ont été refusées. (20 minutes)
«Le Grand Conseil sera «encerclé» mardi et mercredi avant la grève de jeudi»
Ce mardi dès 16h30, des collaborateur·ices de l’État ont été appelé·es à manifester devant l’entrée du parlement vaudois durant les débats à propos des coupes annoncées au budget 2026. Les syndicats annoncent que l’«encerclement» durera jusqu’à 18h ce mardi, et jusqu’à 22h ce mercredi. Jeudi marquera ensuite la 4e journée de grève contre les coupes salariales. Une assemblée générale jeudi à 18h30 décidera de la suite du mouvement, notamment «sur l’éventualité d’une grève reconductible ou d’autres actions», explique Françoise-Emmanuelle Nicolet, de SUD. Jusqu’à présent le Conseil d’État maintient son refus de négocier. Sa présidente Christelle Luisier a néanmoins informé les syndicats qu’ils seraient conviés à une consultation «dès le 1er semestre 2026» au sujet du «plan de retour à l’équilibre budgétaire à horizon 2030».
«L’université n’est pas un endroit pour moi»
L’enquête 2024 de Office fédéral de la statistique (OFS) montre que près de 29 % des étudiant·es suisses souffrent de symptômes de dépression modérée à sévère, un chiffre en hausse par rapport à 2020 (23%), et presque deux fois supérieur à celui de la population générale de 18-35 ans.
Les causes sont multiples: forte pression académique, manque de structure dans les études, obligations de travailler à côté, stress lié à l’avenir (crise climatique, instabilité politique, fluctuations économiques), peur de l’échec, perspectives professionnelles incertaines, phase de vie particulièrement sensible pour les jeunes adultes (détachement de la maison parentale, établissement de relations sociales). Pour certain·es, cela entraîne des phases de dépression, des abandons d’étude ou des arrêts maladie. Le manque d’accompagnement et la complexité administrative rendent l’accès à des aménagements ou traitements difficiles.
Selon Livia Bohli, du centre de conseil psychologique de l’Université de Zurich, il faut plus de services préventifs, une aide précoce et des améliorations structurelles, en particulier un meilleur accès à la psychothérapie. Markus Diem, directeur du centre de conseil aux étudiant·es de l’Université de Bâle, soutient également l’idée de structures plus contraignantes dans les universités (par exemple une obligation de présence), tout en relevant la possibilité d’organisation de groupes d’apprentissage et de soutien mutuel.
Toujours plus de pression sur les doctorant·es et post-doctorant·es
Une nouvelle enquête d’Actionuni, l’association faîtière du corps intermédiaire universitaire, montre que 22% des personnes interrogées présentent des symptômes dépressifs et beaucoup se sentent épuisées. Selon Actionuni, environ 80% des employé·es académiques en Suisse sont engagé·es pour une durée déterminée, et parmi elles·eux 39% déclarent être très stressé·es à cause de cela. A cela s’ajoute la souffrance d’une charge de travail élevée, de la pression de la concurrence et de salaires parfois bas. De plus, une forte hiérarchie de pouvoir entre professeur·es et collaborateur·es scientifiques existe. Un tiers des personnes interrogées ont été victimes de mobbing, de discrimination ou de harcèlement; 59% ont vécu ou observé que leurs supérieurs faisaient pression pour qu’elles travaillent le soir, le week-end ou pendant les vacances; 40% affirment que leur institution ne les écoute pas lorsqu’elles expriment leurs inquiétudes. Les personnes les plus concernées seraient les femmes et les personnes non-binaires, ainsi que les employé·es étranger·ères avec un permis de travail non-permanent.
«La valeur des diplômes s’est effondrée. L’IA change tout. »
«Dans un livre-choc, le chirurgien et conférencier français Laurent Alexandre plaide pour «l’arrêt des études». Selon lui, les universités doivent changer pour intégrer l’intelligence artificielle dans les cursus.» Il avance: «Il est essentiel de connaître l’histoire pour avoir une capacité prospective. Les jeunes doivent apprendre à entreprendre, à réfléchir, à devenir les entrepreneurs de l’IA.»
- sciences humaines et sociales
- employabilité des diplômé·e·s
- enseignement – compétences
- entreprenariat et spin-offs
- intelligence artificielle
Une commission réduit le paquet d’allègement de la Confédération, dont des coupes dans le domaine de la recherche et formation
La commission des finances du Conseil des Etats a réduit de 603 millions de francs les économies du programme d’allègement pour 2027. Elle a repris environ 80% des décisions du programme proposé par le gouvernement. Sur 57 mesures proposées par le Conseil fédéral, 31 sont reprises sans modification, et 26 sont modifiées ou refusées. 6 mesures supplémentaires sont proposées.
«La commission s’est opposée à plusieurs coupes dans les domaines de la formation et de la recherche. Les frais des étudiants des EPF devraient être plus importants qu’actuellement, mais nettement moins que prévu par le Conseil fédéral pour 2027. Cela concerne aussi […] divers projets liés aux hautes écoles, InnoSuisse ou l’encouragement à la formation continue.» La commission a néanmoins accepté une réduction de la contribution fédérale au Fonds national suisse. (Le Temps)
Débat sur le budget vaudois 2026
««24heures» a organisé une interview croisée entre la présidente de la Commission des finances du Grand Conseil, la PLR Florence Gross, et le vice-président de la commission, le socialiste Julien Eggenberger.»
A côté de l’Unil, «le Campus Santé sort de terre»
«La construction du Campus Santé va bon train à Chavannes-près-Renens, près du site de l’Université de Lausanne. Il comprendra à terme quatre bâtiments disposés autour d’un vaste espace arboré, d’une surface de près de 3,5 hectares. […] La mise en service des deux bâtiments est attendue pour la rentrée 2026.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 1er décembre 2025
Revue de presse Unil 2 décembre 2025
«Après trois jours d’occupation illégale du campus de l’UNIL, les étudiants ont levé le camp»
«À l’Université de Lausanne, une occupation d’étudiants a pris fin vendredi matin après trois nuits […] Jusqu’à 70 étudiants ont même dormi dans une partie du rez-de-chaussée du bâtiment Anthropole. Le rectorat a privilégié le dialogue pour éviter toute évacuation manu militari.» Les occupant·es se réunissent en ce début de semaine afin de voter s’ils·elles choisissent de manifester à Lausanne sous les fenêtres des autorités vaudoises ou s’ils·elles reprennent l’occupation.
28Nov2025
Politique des hautes écoles
Sécurité des connaissances : la CSHE adopte le rapport de swissuniversities
«Face à un contexte géopolitique en mutation et à l’intensification des collaborations internationales en recherche, le président du groupe de travail mis en place par swissuniversities fin 2024 sur mandat de la CSHE a présenté aujourd’hui une stratégie globale pour renforcer la sécurité des connaissances dans les institutions suisses, tout en préservant leur excellence scientifique et leur ouverture.»
Le rapport s’adresse aux hautes écoles et aux instances gouvernementales.
Faudrait-il compenser les coupes dans la recherche par le budget militaire?
«Réduction des fonds pour la recherche, mais augmentation du budget de l’armée. Serait-ce l’occasion de compenser les pertes en investissant la somme disponible dans la recherche sur l’armement?»
Dominique Foray, professeur émérite en management de l’innovation à l’EPFL et membre du Conseil suisse de la science, dit «Oui», Laurent Goetschel, professeur en sciences politiques à l’Université de Bâle et directeur de la fondation Swisspeace, dit «Non».
L’Unil dans les médias
Occupation de l’Unil et annonce de la prochaine journée de grève
Les nuits du 26 et 27 novembre un groupe de personnes mobilisées contre la hausse des taxes d’étude et les coupes budgétaires a passé une nuit dans le bâtiment Anthropole. Le mouvement a par ailleurs annoncé des manifestations les mardi 2 et mercredi 3 décembre devant le Grand Conseil, le jeudi 4 décembre en grève, «et plus encore s’il le faut».
Revue de presse Unil 28 novembre 2025
27Nov2025
Politique des hautes écoles
«Nouvelle journée de mobilisation de la fonction publique vaudoise»
«Plus de 20’000 personnes ont pris la rue hier soir à Lausanne pour protester contre les coupes budgétaires annoncées par le Conseil d’Etat pour 2026. Il s’agit de la quatrième journée de mobilisation depuis début octobre. D’autres grèves et actions ont ponctué la journée, notamment à l’Université de Lausanne (UNIL) et devant les bureaux des différents conseillers d’Etat.» (Le Temps) «Les syndicats ont, quant à eux, avancé le chiffre de 28’000 personnes durant la mobilisation.» (Le Courrier) «Une nouvelle mobilisation est annoncée le 2 et le 3 décembre, avec un appel à rassemblement pour encercler le Grand Conseil, et une grève le 4 décembre, mais pas de nouveau cortège.» (24 heures)
«Les syndicalistes ont aussi évoqué la démission de la conseillère d’Etat et ministre de la Santé Rebecca Ruiz, annoncée quelques heures auparavant. Les grévistes y voient une occasion manquée de «rompre la collégialité» et d’afficher un soutien clair au mouvement de grève qui germe depuis près de deux mois au sein des secteurs publics et parapublics.» (Le Courrier) Dans l’émission Forum de la RTS, Rebecca Ruiz explique que les manifestations des fonctionnaires ne sont pas liées à sa démission, qui est vraiment rattachée «au respect des dispositions légales pour que le corps électoral soit convoqué en temps voulu et d’éviter ainsi que cette élection ne se tienne de manière différée par rapport aux élections communales». Néanmoins, «le contexte financier très difficile» est «un élément en plus» qui rend sa «décision encore plus difficile».
La conseillère d’Etat vaudoise Rebecca Ruiz annonce sa démission
«La conseillère d’Etat vaudoise Rebecca Ruiz a annoncé mercredi sa démission du gouvernement cantonal. La ministre a déclaré ne plus être capable d’assumer sa fonction à cause de ses problèmes de santé. Elue en 2019, la socialiste lausannoise remettra son mandat au printemps 2026, a-t-elle précisé en conférence de presse» (RTS)
«Le Conseil fédéral rejette l’initiative «Boussole» sur les accords avec l’UE»
Le Conseil fédéral a refusé mercredi le texte de l’initiative «Boussole», qui veut que le paquet d’accords avec l’UE soit soumis au vote du peuple et des cantons. Il n’a pas proposé de contre-projet. «Dans son communiqué, le Conseil fédéral estime que l’initiative n’est pas susceptible de réunir une majorité. Et de rappeler que plusieurs projets ont tenté, dans un passé récent, d’étendre le référendum obligatoire aux traités internationaux, mais sans succès, autant au Parlement que dans les urnes. Le Conseil fédéral s’est lui prononcé en faveur du référendum facultatif quant au paquet d’accords avec l’UE.» (RTS)
Pour la faîtière des hôpitaux H+, il est urgent de réformer le système hospitalier
«Selon une étude commandée par la faîtière des hôpitaux H+, le paysage hospitalier suisse n’est pas organisé de manière durable, que ce soit sur le plan financier ou opérationnel. Il est donc urgent d’agir, aussi bien au niveau des hôpitaux que de la politique, des partenaires tarifaires et de la société.» (RTS)
Classement de Shanghai des meilleures facultés de médecine: Berne en tête pour la Suisse
Dans le «classement de Shanghai» des meilleures facultés de médecine, l’Université de Berne est en tête parmi les établissements suisses (catégorie des places 76 à 100). «Cette position est d’autant plus remarquable que l’Hôpital universitaire de Berne est souvent classé plus bas que les quatre autres hôpitaux universitaires suisses dans les classements internationaux des hôpitaux. Comparée aux autres hôpitaux universitaires de Suisse, Berne se distingue notamment par ses indices de réputation académique, ses distinctions internationales et le nombre de chercheurs abondamment cités.» En médecine dentaire, l’institution occupe même la quatrième place.
«La pénurie de main-d’oeuvre qualifiée recule en Suisse»
Selon une étude du groupe Adecco Suisse et du Moniteur du marché de l’emploi suisse (SMM) de l’Université de Zurich, «la pénurie de main-d’œuvre qualifiée a continué de diminuer en Suisse en 2025, pour la deuxième année consécutive, en raison du ralentissement économique. […] Si la demande en personnel qualifié reste particulièrement forte dans les secteurs de la santé, de la construction et de la technologie, elle est en revanche en baisse dans les professions administratives, informatiques et financières.» Les employé·es administratif·ves et commerciaux·ales, ainsi que les professions liées aux technologies de l’information, à la communication et à l’informatique, connaissent une baisse «significative» de pénurie de main-d’œuvre, ces groupes étant particulièrement exposés à l’intelligence artificielle (IA), note l’étude. «Cette pénurie en perte d’ampleur s’explique d’une part par un recul du nombre de postes vacants (-8%), mais aussi par la progression du nombre de demandeurs d’emploi (+17%) dans le pays par rapport à l’année précédente, le taux de chômage étant passé de 2,3% en 2024 à 2,8% en 2025.» La pénurie de main-d’œuvre a diminué le plus en Suisse alémanique (-23%), contre -17% pour la Suisse romande.
«L’EPFL pardonne aux étudiants qui avaient ciblé le stand israélien»
Quelques mois après les évènements qui avaient perturbé la fête de Vivapoly, l’EPFL renonce finalement à sanctionner les étudiant·es propalestinien·nes qui avaient scandé des «slogans antisionistes haineux». L’EPFL avait alors déposé une plainte pénale pour incitation à la haine.
«Après s’être entretenue avec les étudiants concernés, la direction annonce ce mercredi qu’aucune expulsion ne sera prononcée. À la place, les militants reçoivent un simple carton jaune pour avoir «contrevenu à la bienséance» et «porté atteinte aux membres de l’association Shalom». […] Cette décision se veut plus compréhensive du contexte qui a poussé ces étudiants à agir: «Dans une volonté d’apaisement et tenant compte notamment de l’émotion légitime entourant le conflit qui motivait la manifestation, l’école renonce à prononcer des mesures disciplinaires.»» (24 heures)
«Les CFF rappellent l’enjeu des collaborations académiques»
«Le Fribourgeois Vincent Ducrot, directeur général CFF, défend les partenariats avec les hautes écoles. L’entreprise finance elle-même des recherches pour pallier le manque de fonds publics.» La société dispose également d’une «plateforme interne qui permet de transmettre [ses] attentes aux hautes écoles», dont les échanges débouchent ensuite souvent sur «des projets concrets».
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 27 novembre 2025
«Des étudiants cassent du matériel très coûteux à l’Unil par erreur»
«Lors d’une action pacifique à l’Université de Lausanne (Unil), visant à dénoncer les coupes budgétaires touchant directement l’institution le mardi 25 novembre, des étudiants ont voulu perturber un cours dans le bâtiment Amphimax […] [en] débranch[ant] l’écran de contrôle de l’auditoire. Mais ce faisant, les étudiants ont créé un court-circuit dans le système […]. Les frais de réparation s’élèvent jusqu’à plusieurs milliers de francs et l’Unil envisage la possibilité de porter plainte contre les jeunes en question.» (Blick)
26Nov2025
Politique des hautes écoles
Budget cantonal 2026: poursuite de la grève et publication du rapport de la Cofin
Le mouvement d’opposition se poursuit cette semaine contre les coupes budgétaires proposées par le Conseil d’Etat. Mardi matin, plusieurs centaines de manifestant·es ont accueilli les député·es du Grand Conseil par des huées et des slogans critiques. Jusqu’à 3’000 personnes étaient en grève mardi, et diverses actions se sont déroulées durant la journée dans la capitale vaudoise, dont la remise d’une pétition contre les économies prévues spécifiquement à l’Unil. (Le Courrier, La Côte) «Le personnel appelle à poursuivre la mobilisation et la grève.» (RTS)
La Commission des finances (Cofin) a publié mardi son rapport sur le projet du budget 2026. «Ce projet de budget n’a pas convaincu grand monde», écrit le 24 heures, qui met en avant les 52 amendements déposés. Le rapport propose entre autres de revenir sur la contribution de crise des fonctionnaires, proposant à la place une contribution de 2,1% sur trois ans uniquement sur les montants au-delà des 100’000 premiers francs de salaire. La minorité de gauche propose des amendements destinés à limiter les coupes annoncées, dont des subventions aux hautes écoles. La majorité de la Cofin propose de valider le budget dans sa version amendée, en précisant qu’il reste «très fragile». (Le Temps)
«Les hautes écoles, garantes de la prospérité de la Suisse»
Dans les colonnes du Temps, la rectrice de l’Université de Genève Audrey Leuba et le recteur de l’Université de Zurich Michael Schaepman expriment leur inquiétude face aux coupes proposées dans le programme d’allègement budgétaire 2027.
Il et elle mettent en particulier en avant que la part des dépenses de la Confédération consacrée au domaine de la formation, la recherche et l’innovation (FRI) a diminué entre 2012 et 2024. L’Université de Genève est citée en exemple: le financement de la Confédération a augmenté de +23,3% ces 20 dernières années pour une augmentation de +35,6% d’étudiant·es. Il et elle écrivent: «Le programme est synonyme d’un désinvestissement de la Confédération, qui risque d’occasionner des pertes économiques plusieurs fois supérieures aux économies visées à court terme. Le financement public est un socle crucial pour assurer une formation de très haut niveau et une recherche de pointe reconnue à l’échelle mondiale. Un financement stable du domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation est essentiel pour garantir la prospérité et la qualité de vie futures en Suisse.»
Partenariat officialisé entre l’Université de Genève et l’Université palestinienne Al-Quds de Jérusalem
«L’Université de Genève annonce, ce mardi, avoir signé le 17 novembre un Memorandum of Understanding avec l’Université palestinienne al-Quds de Jérusalem.» (Watson)
«Ce MoU lie spécifiquement le Centre d’études humanitaires de Genève de la Faculté de médecine de l’Unige et la Faculté de santé publique d’AQU (Université al-Quds), l’une des plus importantes universités palestiniennes (12 000 étudiantes et étudiants). En s’appuyant sur leurs expertises respectives, l’accord favorisera les échanges scientifiques – recherches conjointes, partage de données, analyses thématiques – et contribuera à la formation de futurs responsables de programmes et d’organisations humanitaires.» (Université de Genève)
Le partenariat a une durée de 5 ans.
Première journée institutionnelle à Fribourg pour la HES-SO
«La HES-SO organise sa première journée institutionnelle à Fribourg dans un contexte épineux. […] Imaginée sur le modèle du Dies academicus, propre aux universités, cette cérémonie entend rendre hommage aux personnes qui font vivre les hautes écoles et rappeler le rôle essentiel de mise en relation de ces organisations.» A cette occasion, La Liberté interviewe Luciana Vaccaro, rectrice de la HES-SO et présidente de Swissuniversities. Elle aborde le contexte actuel de coupes budgétaires, la participation de la Suisse aux programmes européens de recherche et de formation, et les objectifs de la HES-SO, qui sont autour des thématiques de durabilité, technologie et intelligence artificielle.
L’Unil dans les médias
«Une pétition contre les coupes à l’Université de Lausanne»
Une pétition avec 3603 signatures a été remise ce mardi à la présidence du Grand Conseil vaudois, exprimant «une opposition ferme» contre les coupes prévues dans le budget de l’Unil par le Conseil d’Etat. Les signataires sont issus quasi exclusivement du corps estudiantin, intermédiaire, professoral, administratif et technique de l’Unil. La Fédération des associations d’étudiants (FAE), l’Association du corps intermédiaire et des doctorants (ACIDUL) et le syndicat SSP ont écrit dans un communiqué qu’il s’agit d’une «attaque directe» contre l’Université et les prestations qu’elle offre. Les trois associations et syndicats alertent sur le risque de détérioration des prestations, dont l’enseignement et l’encadrement des étudiant·es, ainsi que sur les risques de suppressions de poste et de péjoration de la recherche. Ils appellent le Grand Conseil à refuser les coupes proposées par le Conseil d’Etat lors du débat budgétaire en décembre.
Dans son projet de budget, le Conseil d’Etat a en effet annoncé des mesures d’économie de 20 millions pour l’Unil. «Pour le Département de l’enseignement et de la formation (DEF), l’évolution de la subvention de l’Unil ne comprend toutefois pas uniquement cette économie de 20 millions, mais aussi d’autres paramètres comme l’augmentation des charges liées à l’entretien des bâtiments ou les évolutions statutaires annuelles (salaires). «La subvention cantonale 2026 à l’Unil baisse donc en réalité de 13,9 millions (-3,8%), mais l’Université de Lausanne peut compenser en utilisant ses réserves», précise le DEF. Dans une prise de position envoyée à Keystone-ATS, le DEF affirme aussi «hautement improbable à ce stade» de conclure que l’Unil serait dans l’obligation, en raison de cette baisse, de «supprimer des cours, des postes ou même geler l’embauche.»» (Blick)
Une contribution collective signée «Acidul» parue dans Le Temps s’inquiète ouvertement des coupes budgétaires envers l’Unil: «Au nom des 3’500 personnes que nous représentons, nous lançons un appel: la formation et la recherche constituent des biens communs essentiels à la vie d’une société, que les cantons et la Confédération ont le devoir de soutenir. Sans une formation exigeante et accessible, et sans une recherche solidement financée, ce sont la richesse et la vision d’avenir du pays que l’on condamne.»
Revue de presse Unil 26 novembre 2025
25Nov2025
Politique des hautes écoles
«Les employés des services publics entament 48 heures de mobilisation»; à propos du salaire des fonctionnaires vaudois
Des assemblées sur les lieux de travail ont voté une résolution portée par les trois organisations FSF, SSP et Sud. Le texte stipule que la grève aura lieu sur les deux journées, les 25 et 26 novembre 2025. «Au CHUV et à l’université, des résolutions similaires ont été votées. La cité hospitalière a aussi voté un appel au respect du droit de grève.» La direction du CHUV «s’est engagée à limiter les réquisitions de personnel à la seule nécessité d’un service minimum», afin de contrer la problématique de salarié·es empêché·es de faire grève la semaine dernière à cause de cela. (24 heures)
«La journée a démarré dès le matin par un rassemblement d’environ 500 personnes devant le Grand Conseil à Lausanne.» (RTS)
Selon Romain Pilloud, président du Parti socialiste vaudois, la droite devrait être plus ouverte à des compromis concernant le budget cantonal 2026, notamment inspirés par des propositions de la gauche. Elles représentent «une alternative crédible, basée sur les principes de solidarité, de justice fiscale et de responsabilité afin d’éviter que notre population ne souffre de coupes faites dans l’urgence». (24 heures)
Par ailleurs, une campagne a été lancée par le Collectif vaudois Contre les coupes budgétaires qui fait appel particulièrement aux conseillers·ères d’État du Parti socialiste et des Vert·e·s de s’opposer aux coupes. Les signataires demandent aux élu·es de se distancier de la politique «antisociale» du Conseil d’état et de «prendre position en faveur de l’ouverture immédiate de négociations avec les organisations du personnel afin de répondre aux demandes légitimes des salarié·es du secteur public et du parapublic». Le Canton Vaud est par ailleurs qualifié de «pire employeur de toute la Suisse, aucun autre n’envisageant une telle ponction salariale, ni dans le secteur public, ni dans le privé!»
Dans la rubrique Courrier des lecteurs du 24 heures, Markus Meury écrit: «En baissant les salaires, les candidats potentiels vont bien réfléchir s’ils ne veulent pas plutôt travailler dans le privé. L’État sera encore moins compétitif, et le manque de personnel s’aggravera. […] Les revendications du personnel de l’État sont dans notre intérêt commun!» (24 heures)
Dans les colonnes du Courrier, Agostino Soldini, secrétaire central au Syndicat des services publics (SSP), dénonce la politique d’austérité «profondément antisociale» menée par le Conseil d’Etat vaudois, et salue la mobilisation «exceptionnelle» des salarié·es de l’Etat de Vaud. Il rappelle que la situation budgétaire du canton de Vaud est confortable; que le canton est en train d’appliquer une politique de défiscalisation du capital; le Conseil d’Etat passe sous silence la fraude du «bouclier fiscal». Il critique également le Conseil d’Etat qui, «à l’image des régimes autoritaires», «refuse carrément de négocier avec les organisations du personnel, un principe démocratique pourtant élémentaire». (Le Courrier)
Selon les informations de la RTS, qui se base sur les affirmations du Canton, «environ 85% des employés de l’État ne verront pas leur salaire diminuer en 2026 par rapport à 2025. En effet, malgré la contribution de crise et l’absence d’indexation au coût de la vie en 2026, la plupart des fonctionnaires recevront leur augmentation automatique annuelle, appelée « annuité ». Celle-ci compense, et au-delà, l’effet de la contribution pour une grande partie du personnel.» Certains salaires pourraient ainsi être augmentés, bien que moins que prévu par les contrats. L’impact de la contribution est lié à l’échelon dans lequel se trouvent les employé·es. Les classes salariales 1 à 5 devraient être épargnées par la mesure, les personnes aux échelons 6 à 21 de leur classe salariale auront un salaire net en 2026 au moins égal voire légèrement supérieur à celui de 2025, pour les échelons de 22 à 25, le salaire mensuel net en 2026 sera inférieur à celui de 2025.
En quoi les mesures transitoires du FNS différaient-elles des appels européens ?
Entre 2021 et 2024, le FNS a mis en œuvre des mesures visant à compenser l’exclusion des chercheurs suisses du programme Horizon Europe. Le FNS a analysé des différences entre le FNS et le Conseil européen de la recherche.
Le CERN traverse les crises mondiales sans trop souffrir
«Le CERN échappe aux coupes budgétaires malgré les crises mondiales. La directrice générale Fabiola Gianotti se réjouit du soutien financier continu des États membres et des collaborations internationales croissantes.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 25 novembre 2025
24Nov2025
Politique des hautes écoles
A propos du budget cantonal 2026 et la grève du 25.11.
Selon Olivier Meuwly, historien et politologue interviewé par Le Temps, «le refus du budget vaudois de la part de la gauche, avant même d’entamer les débats» s’inscrit dans un contexte de «durcissement des fronts», dans lequel tout compromis peut être considéré comme «une trahison». Il note que «le budget a une importance réelle dans la mesure où il n’y a pas moyen d’attaquer autrement. «S’il y avait le référendum budgétaire dans le canton, ça se réglerait par le vote du peuple. On l’a toujours refusé au nom de la stabilité», déclare-t-il. (Le Temps)
Selon Frédéric Julliard, responsable de la rubrique lémanique du Temps, «en demandant des efforts à sa fonction publique, en proposant des coupes d’urgence tout en réfléchissant à des économies structurelles, le Conseil d’Etat vaudois a le mérite d’affronter la réalité». Selon lui, les «errements passés» (la non-application du bouclier fiscal) méritent d’avoir des solutions réfléchies. Ainsi il encourage à «proposer des solutions», «débattre» et «faire des concessions». (Le Temps)
Selon André Würgler, la droite, «majoritaire autant au Grand Conseil qu’au Conseil d’État, c’est bien elle qui est responsable de la situation catastrophique actuelle» vis-à-vis du budget cantonal de 2026. (24 heures)
Par rapport à la grève du 18.11. et la manifestation de plus de 20’000 personnes en soutien à la fonction publique, un correspondant au Monde écrit: «Cette grande manifestation est inédite par son ampleur dans un pays peu porté sur la contestation, et qui règle habituellement ses divergences dans les innombrables votations (référendums ou initiatives) rythmant la démocratie directe. Signe avant-coureur d’un consensus helvétique qui se fissure, le cas vaudois est intéressant à plus d’un titre.»
La grève reprendra le 25 et peut-être le 26 novembre 2025. Voici le programme pour l’UNIL.
Rage kit a publié plusieurs émissions sur la grève vaudoise du 18. L’épisode 2 traite de la motivation des grévistes et l’épisode 3 sur la question pourquoi les femmes sont particulièrement touchées par les mesures d’austérité dans les crèches et dans le domaine de la santé.
Hausse de 100 francs de la taxe d’études à l’Université de Berne
«Dès le semestre d’automne 2026, la taxe d’études passera de 750 à 850 francs à l’Université de Berne et à la Haute école spécialisée bernoise (BFH). » (Le Courrier)
Les frais d’inscription supplémentaires payés par les étudiant·es étrangers·ères augmenteront également. Ils passeront de 200 francs par semestre à 1700 francs. Ce groupe paiera donc à l’avenir des frais d’inscription environ trois fois plus élevés que leurs camarades suisses. (Watson)
«Des changements majeurs sur la protection de nos données se préparent»
«La Commission européenne veut modifier sensiblement plusieurs règlements sur le numérique, du RGPD aux textes encadrant l’intelligence artificielle. Les informations personnelles des internautes pourraient notamment être plus facilement utilisées par les géants de l’IA.» C’est à se demander «si cet omnibus numérique ne vise pas à faire plaisir à Donald Trump et à ses champions du numérique.» s’interroge François Charlet, juriste et spécialiste de la protection des données.
Formats pédagogiques innovants à l’interface entre science et société
Ce rapport met en avant l’importance du dialogue entre la science et la société pour répondre aux grands défis contemporains. Une voie essentielle pour renforcer ce lien, dans une perspective inter- et transdisciplinaire, consiste à proposer des formats d’enseignement qui encouragent les étudiant·e·s à s’engager dans la sphère publique. Or, il manquait jusqu’ici une collection représentative de bonnes pratiques au sein des hautes écoles suisses.
S’appuyant sur un recensement non exhaustif de cours existants en Suisse et sur des ateliers participatifs avec des enseignant·e·s, cette publication présente des exemples concrets issus d’institutions suisses et introduit une nouvelle typologie des formats d’enseignement à l’interface science-société. Cette typologie offre un cadre structuré permettant d’analyser et de concevoir des cours selon six dimensions.
Le rapport met également en lumière les opportunités et les défis liés à la mise en œuvre de ces formats pédagogiques. Enfin, il propose trois axes prioritaires d’action pour renforcer et développer l’éducation orientée vers la relation entre science et société.
Octobre 2025 – Valeurs records dans l’Encouragement de projets du FNS
«Alors que les contributions fédérales stagnent, l’encouragement de projets du FNS atteint un niveau record avec 1451 requêtes demandant 1,3 milliard de francs. Le FNS en analyse les raisons et réexamine ses mesures existantes.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 24 novembre 2025
«Carine Carvalho, nouvelle préfète pour le district de Lausanne»
Carine Carvalho, codirectrice du Bureau de l’égalité à l’Unil, a été désignée par le Conseil d’État comme nouvelle préfète du district de Lausanne. Elle entrera en fonction le 1er mars 2026.
21Nov2025
Politique des hautes écoles
La présidente du Conseil d’Etat, Christelle Luisier, défend le budget 2026 face à une opposition «inédite»
«La présidente du Conseil d’Etat, Christelle Luisier, défend le budget 2026 face à une opposition et à des critiques inédites. Mesures d’austérité, dialogue avec la fonction publique, maintien des baisses fiscales: elle explique les choix à faire pour préserver les prestations.»
Moins d’étudiants sont partis à l’étranger en 2024 et leur santé psychique est préoccupante
«La mobilité internationale des étudiants suisses recule nettement: seuls 19% sont partis à l’étranger en 2024, contre 26% en 2020. L’enquête de l’OFS révèle aussi une santé psychique en baisse et un quart des étudiants confrontés à des discriminations.» (RTS)
Selon l’Union d’étudiant·es suisses (UNES), «Les résultats montrent […] un lien clair entre la santé mentale et les moyens financiers. La situation est particulièrement précaire pour les étudiant-e-s dont les parents n’ont pas de diplôme d’une haute école.» (UNES)
- égalité – genre
- stress lié aux études
- harcèlement sexuel et sexisme
- mobilité étudiante
- harcèlement moral – mobbying
- égalité – origine nationale
- santé au travail
«Accusés de violer le droit du travail depuis 10 ans, les HUG œuvrent à un « plan d’action »»
«Les syndicats dénoncent une décennie de non-respect de plusieurs dispositions légales sur le travail sans qu’une solution soit trouvée. Les HUG assurent s’y employer.» (RTS)
«Selon les calculs des syndicats, l’engagement de 749 équivalent temps plein aux HUG permettrait que l’hôpital puisse fonctionner dans le respect des dispositions légales.» Mais, note le syndicaliste Quentin Stauffer (SIT), «alors que toutes les instances sont conscientes du problème, les postes ne sont pas inscrits au budget».
Le directeur des HUG Robert Mardini admet au Forum que des postes manquent au sein de l’hôpital, mais conteste le nombre avancé par les syndicats.
«Comment l’étude scientifique de l’islam est sortie de l’ombre depuis les attentats djihadistes de 2015»
«Autrefois fleuron de la recherche française, l’islamologie a connu un décrochage à partir des années 1980. Les attaques de 2015 ont obligé les pouvoirs publics à se remobiliser dans ce domaine de la connaissance. Si la discipline a depuis retrouvé des couleurs, la rémission reste précaire pour ce sujet académique, mais aussi très politique.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 21 novembre 2025
20Nov2025
Politique des hautes écoles
La pénurie de généralistes en Suisse, un défi pour la formation des futurs médecins
«Le parcours d’un étudiant ou d’une étudiante en médecine ressemble souvent à celui d’un combattant. Durant six ans, il passe l’essentiel de son temps sur les bancs universitaires, à absorber énormément de théorie. C’est nécessaire, mais ça n’est pas suffisant pour se faire une idée concrète du métier. A l’exception de Fribourg ou de Zurich, où la formation a été réorientée sur la médecine de premier recours, l’immersion sur le terrain reste trop limitée ailleurs.»
«Les études reçues 8 sur 10»
«Plus de 80% des jeunes Vaudoises et Vaudois qui entament un bachelor terminent leur formation, selon la dernière édition de «Numerus», publié par Statistique Vaud. Trois quarts d’entre eux choisissent de rester dans le canton […]. Malgré une durée minimale de trois ans, le bachelor nécessite en moyenne quatre ans, et seuls 40% des étudiants le bouclent dans les délais.» Il existe d’importantes différences de taux de réussite entre les différentes hautes écoles vaudoises (Unil 64%, EPFL 56%, HES 80%). Les hommes semblent plus exposés à l’échec (1 sur 5 quitte les hautes écoles sans diplôme). Des réorientations sont fréquentes depuis les universités vers les HES ou la HEP. (La Côte) «Les garçons sont moins nombreux à entreprendre des études à l’Unil, à l’EPFL ou dans les hautes écoles vaudoises. La raison est que moins d’hommes que de femmes obtiennent un titre permettant d’entrer dans ces établissements.» En 2024, sur 2000 maturités tous types confondus, 44% ont été décernées à des Vaudois, contre 56% à des Vaudoises. (20 minutes)
Un tiers des jeunes étudiant·es choisissent de rejoindre l’Unil, qui est ainsi «la voie préférée des jeunes qui se lancent dans des études». A l’Unil, «le taux de réussite des jeunes venant d’autres cantons est comparable à celui des autochtones. Mais les personnes arrivant de l’étranger présentent un taux de réussite plus faible que les personnes résidant en Suisse.» (20 minutes)
Jeunes diplômé·es au chômage
Alors que le nombre d’universitaires au sein de la population suisse augmente (1/5 de la population en 2010, 1/3 aujourd’hui), le nombre de demandeur·euses d’emploi diplômé·es de l’enseignement supérieur s’amplifie également. Le journaliste de la NZZ Albert Steck parle d’une «académisation croissante de la formation», conséquence des changements rapides dans le monde professionnel: «les artisan·nes ont été remplacés par des travailleur·euses du savoir formés à l’analyse». Selon Patrick Chuard, économiste en chef de l’Association suisse des employeurs, un écart se creuse entre la production de notre système éducatif et la réalité du marché du travail. Il a analysé l’évolution du chômage et en a conclu que l’enseignement supérieur protégeait de moins en moins contre la perte d’emploi. «Depuis 2010, le nombre de chômeurs titulaires d’un master universitaire a augmenté de 70 %. La tendance est inversée pour les actifs ayant une formation professionnelle de base. Pour eux, le nombre de chômeurs a diminué de 40 %.»
Il y a 20 ans, le nombre de personnes universitaires inscrites aux offices de placement représentait 10% du chômage. Aujourd’hui, il s’agit de 34%. Les chiffres de la Confédération montrent que cette proportion a fortement augmenté, surtout au cours des trois dernières années. Il s’agit souvent de personnes ayant des diplômes techniques ou scientifiques. «Un doctorat de l’EPF a longtemps été considéré comme la garantie d’un poste fixe, alors que ce n’est plus le cas aujourd’hui», explique Martin Widmer, directeur adjoint de l’office de placement de Zurich-Selnau. Selon l’office du travail de Zurich, les universitaires sont en moyenne de plus en plus longtemps sans emploi. Alors qu ‘il y a deux ans, ils·elles étaient réemployé·es aussi vite que la moyenne cantonale, ils·elles ont besoin aujourd’hui d’un mois de plus. Mais les raisons de la hausse du taux de chômage parmi les universitaires sont multiples: Jeremias Klaeui, économiste au centre de recherche conjoncturelle de l’ETH, évoque en particulier la grande incertitude économique actuelle et les améliorations constantes des systèmes IA. Il existe également un ruissellement dû au nombre toujours plus grand de diplômé·es: «les emplois réguliers sont souvent attribués à des cadres excédentaires, les postes d’entrée aux personnes ayant plusieurs années d’expérience professionnelle. Et ceux qui veulent se lancer à nouveau sont laissés pour compte».
D’autres causes? La concordance entre exigences du marché du travail et jeunes diplômé·es qui fonctionne de moins en moins bien; l’automatisation qui touche aujourd’hui de plus en plus les employé·es de bureau et les étudiant·es (au contraire d’avant qui supplantait surtout les professions artisanales et industrielles); l’enseignement supérieur qui a souvent l’inconvénient d’être moins proche du marché et donc de moins pouvoir réagir aux changements.
«Le SEFRI doit mettre fin aux accords avec Israël»
Une lettre ouverte relayé par le collectif lausannois CLADS dénonce une convention du SEFRI avec Israël pour la recherche. «Ce type d’accord témoigne d’une coopération étroite et n’existe qu’avec une poignée de pays, faisant de ceux-ci des partenaires privilégiés de la recherche suisse.»
Les raisons avancées sont:
- le haut degré d’intrication existant en Israël entre ces universités, l’État et l’armée israélienne,
- les nombreux rapports sur les méthodes de guerre de l’État israélien à Gaza et les atteintes graves et systématiques aux droits fondamentaux des Palestinien·ne·s et
- les contraintes légales en droit international qui s’appliquent à la Suisse et à ses institutions.
Polémique autour d’une plaque honorifique
Des étudiant·es de l’Université de Fribourg demandent le retrait de la plaque honorifique dédiée à Chaim Weizmann, premier président d’Israël et chimiste. Ils·elles se rassemblent ce mercredi en fin de journée sous l’action de la coordination estudiantine pour la Palestine (CEP Unifr) et du syndicat SSP étudiant Fribourg. En plus du retrait de la plaque, les organisations demandent que la conférence qui porte son nom «soit rebaptisée conférence Omar M. Yaghi, en hommage au chimiste palestinien lauréat du Prix Nobel de la discipline en 2025».
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 20 novembre 2025
19Nov2025
Politique des hautes écoles
«La fonction publique vaudoise dans la rue contre les coupes budgétaires»
Mardi 18 novembre, des employé·es des structures publiques et parapubliques, soit du personnel de l’école obligatoire, des gymnases, de l’UNIL, des hôpitaux, des structures sociales, de la police, ainsi que des les milieux d’accueil de la petite enfance ont participé à une journée de grève et mobilisation dans tout le canton. Les participant·es se sont mobilisé·es contre «l’austérité» du projet de budget 2026 de l’exécutif cantonal, qui vise 305 millions d’économies, dont une contribution de crise de 0,7% sur les salaires. Selon les syndicats organisateurs de l’événement, 25’000 personnes étaient présentes dans les rues en soirée, 16’000 selon la police. En moyenne, il s’agit de près de la moitié des employé·es de l’Etat (42’000 salarié·es).
«À l’Université de Lausanne, en début d’après-midi, on comptait 1200 étudiants et plus d’une centaine de salariés en grève. Au cas où une baisse de 3,8% de la subvention cantonale à l’Université de Lausanne qui est prévue pour 2026 (−13,9 millions) serait validée par le parlement, les facultés ont anticipé en préparant leur plan de coupe: suppressions de postes, gel des embauches, coupes des subventions pour la diversité, suppression d’enseignements optionnels et recrutement de professeurs au statut précaire…» Kelly Harrison, secrétaire générale de l’Association du corps intermédiaire et des doctorants de l’UNIL, dit regretter que tous les niveaux soient touchés par les mesures. Elle s’inquiète également que les coupes concernent davantage les personnes «en bas de l’échelle». (24 heures)
«Contactée par Le Courrier, la présidente du Conseil d’Etat et cheffe des Finances, Christelle Luisier Brodard, défend la ligne gouvernementale: «Nous prenons acte de la mobilisation et sommes conscients de l’engagement et des efforts consentis chaque jour par le personnel. Mais nous faisons face à une situation financière qui se dégrade. Le projet de budget présente toujours un déficit de 300 millions, sans action, il aurait été de 800 millions», explique l’élue libérale-radicale.» (Le Courrier)
- coupes budgétaires
- financement public
- politique – Suisse
- politique – Vaud
- gestion des finances universitaires
- rapport Gaillard
Nouvelles données des CV : les femmes doivent davantage interrompre leurs recherches
«Le nouveau CV du FNS permet aux scientifiques d’indiquer le temps effectif consacré à leurs recherches. Notre analyse montre que les femmes sont davantage concernées par des interruptions que leurs collègues hommes.»
Carte interactive des niveaux de formation en Suisse
De nouvelles données de l’Office fédéral de la statistique permettent de voir la répartition des niveaux de formation en Suisse par hectare du territoire (100 mètres sur 100 mètres). Elles mettent en particulier en évidence une concentration des personnes très formées dans les villes, alors que les campagnes, localités plus petites et l’agglomération lausannoise comprennent le plus de personnes aux parcours scolaires courts.
Il s’agit d’une forme «d’inégalité» socio-économique entre ces deux régions, selon René Véron, professeur en géographie sociale à l’Université de Lausanne. «En Suisse, le niveau de formation a, par exemple, un fort impact sur les niveaux de revenus», explique-t-il. Selon l’OFS, le salaire brut médian s’élève à 5000 francs pour les professionnel·les diplômé·es de l’école obligatoire, contre 10’000 francs pour les universitaires. Le spécialiste précise toutefois: «Le fait que le niveau de formation soit inférieur dans ces quartiers ne signifie pas qu’il n’y fasse pas bon vivre ou que la criminalité y soit supérieure. Il faut faire attention à ne pas stigmatiser ces régions et leurs habitants.» Il explique que la demande pour des profils très qualifiés est plus importante en ville, et que les personnes plus formées sont souvent plus mobiles, revenant moins facilement vivre dans leur lieu d’origine. Selon le spécialiste, ce phénomène se rencontre partout dans le monde, sans être nécessairement problématique. «Ce qui est important, c’est de maintenir la qualité des services publics dans [toutes les] zones, pour préserver l’égalité des chances.» Il ajoute qu’un des dangers de cette séparation, ce sont «les phénomènes de polarisation et d’exclusion, où il n’y a plus d’échanges entre les catégories sociales», tels que dans certains pays voisins ou aux Etats-Unis. Mais «nous n’observons guère de telles ségrégations en Suisse», rassure-t-il.
Entretien d’Anna Fontcuberta i Morral avec 52 minutes
52 minutes, l’émission d’actualité humoristique de la RTS animée par Vincent Kucholl et Vincent Veillon, a invité la présidente de l’EPFL pour un entretien.
Ils et elles abordent, entres autres, les finances «critiques» de l’EPFL, la ré-adhésion de la Suisse au programme de recherche Horizon Europe, la proportion d’étudiantes en sciences «dures», les enjeux autour de l’intelligence artificielle et les candidatures américaines à l’EPFL.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 18 novembre 2025
Revue de presse Unil 19 novembre 025
17Nov2025
Politique des hautes écoles
Harvard et administration Trump: «c’est comme payer une taxe de protection à la mafia»
Le correspondant de la NZZ aux États-Unis, Christian Weisflog, a récolté plusieurs témoignages aux opinions divisées sur le campus de Harvard vis-à-vis de la politique de l’administration Trump.
L’étudiante et activiste juive Tova Kapla, fondatrice du groupe Students for Freedom (mouvement qui a soutenu la direction de l’Université par des lettres ouvertes et des manifestations pour ne pas céder aux exigences du gouvernement Trump), s’inquiète des actions de la Maison Blanche envers les leaders propalestinien·nes. Selon elle, la réaction de l’administration Trump n’aide pas les étudiant·es juif·ves, au contraire: «La démocratie profite aux juifs. L’histoire juive a montré que lorsque les gouvernements répriment la liberté d’expression, nous en souffrons souvent beaucoup.»
Le professeur et historien d’Harvard juif Derek Penslar, qui a étudié l’antisémitisme à Harvard en coprésidant un groupe de travail qui a publié un rapport en avril dernier, explique que, certes «le rapport a incontestablement documenté que Harvard a un problème avec l’antisémitisme et les préjugés anti-israéliens», mais l’antisémitisme existe sur le campus d’Harvard de la même manière que dans toute la société américaine. Il relativise en précisant que seul «un très petit nombre de professeurs» sont concerné·es. Le professeur dénonce en particulier une instrumentalisation politique de l’antisémitisme destinée selon lui à affaiblir les institutions indépendantes et à restreindre la liberté d’expression. Le professeur est actuellement devenu une cible pour une partie de l’administration Trump, et ne donne ainsi des interviews qu’aux médias européens.
Eli Solomon, étudiant juif en sciences politiques âgé de 19 ans, estime au contraire que «Trump exerce les pressions nécessaires sur Harvard». Selon lui, les réformes imposées rendent l’université plus sûre pour les conservateur·ces et les juif·ves, favorisant un débat plus ouvert. Tout comme le professeur Derek Penslar, il a l’impression qu’il ne s’agit que d’une petite minorité qui rejette catégoriquement les convictions conservatrices. «Certains instituts se sont efforcés d’engager davantage de conférenciers conservateurs. Et l’Université change ses méthodes de recrutement», explique l’étudiant. Pour lui, il manque encore un institut de pensée conservatrice à Harvard, tel qu’il en existe à Yale, Princeton ou Stanford.
Anika Christensen, assistante de recherche au laboratoire de génétique évolutionnaire et membre de Students for Freedom, explique de son côté que bien que de nombreuses subventions ont été débloquées, elles risquent d’être perdues si le gouvernement transfère la décision du tribunal à l’instance suivante. En outre, les demandes de nouveaux fonds pour la recherche à Washington seraient soumises à une censure idéologique: «Si l’on veut étudier quelque chose sur des souris femelles, cela pourrait déjà être trop féministe», déclare-t-il. Harvard a notamment annoncé une réduction de 75% des postes de doctorant·es en sciences à cause du manque de fonds.
Students for Freedom souhaite empêcher tout accord avec l’administration Trump. Selon le professeur Derek Penslar, il n’y aurait aucune garantie que le gouvernement respectera un accord avec Harvard. «Au bout de six mois, ils pourraient revenir et demander encore plus; c’est comme payer de l’argent pour protéger un patron de la mafia.» A minima, les témoignages d’Harvard peuvent et semblent inspirer d’autres universités américaines.
- liberté académique
- politique – Etats-Unis
- enseignement – pluralité
- recherche – pluralité
- conflit israélo-palestinien
France: «On sait qu’inéluctablement, toutes les universités seront en déficit»
«Les universités comptent sur le débat parlementaire pour changer la donne. Les nouvelles charges imposées représentent l’équivalent de «7.000 à 8.000 emplois» non remplacés, affirme le président de France Universités, Lamri Adoui, dans un entretien aux «Echos».»
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 17 novembre 2025
Le programme de la grève du 18.11.2025 contre les coupes budgétaires (VD, CH) et la hausse des taxes d’études
La FAE et la SSP présentent en grandes lignes le programme de la grève de demain, le 18.11.2025.
- coupes budgétaires
- financement public
- politique – Suisse
- politique – Vaud
- taxes d’études
- gestion des finances universitaires
- rapport Gaillard
14Nov2025
Politique des hautes écoles
Enquête Climat de travail et d’études à l’UNIL: publication des résultats 2024
«L’Université de Lausanne publie les résultats de sa deuxième enquête sur le climat de travail et d’études. Cette démarche vise à mieux comprendre les réalités vécues par les membres de la communauté universitaire et à renforcer les actions de prévention et d’accompagnement.»
Pour réformer les universités, il faut d’abord s’attaquer aux classements mondiaux
Les universités sont soumises à un système de classement qui privilégie certains aspects restreints de la vie universitaire. Certains acteurs·rices, dont l’Université de Zurich, appellent déjà à s’émanciper des classements, mais les initiatives isolées ne suffiront pas. L’autrice de l’article, Elizabeth Gadd propose trois changements qui permettraient aux établissements d’explorer de nouvelles méthodes de travail:
- Dénoncer les limites du système actuel
- Collecter de «meilleures données», des informations plus larges et plus pertinentes sur l’activité universitaire — impact sociétal, intégrité scientifique, durabilité, diversité, etc. — via des organismes indépendants comme l’OCDE ou l’UNESCO,
- Réformer les classements. Cinq réformes clés sont proposées :
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abandonner ou renommer les classements phares qui prétendent identifier « les meilleures » universités ;
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inclure toutes les universités, avec possibilité de fournir une déclaration narrative ;
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regrouper les établissements en catégories plutôt que de les classer un par un ;
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fournir des profils sans pondérations arbitraires ;
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compléter les données quantitatives par des informations qualitatives.
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En conclusion, les universités et leurs associations devraient tirer parti de leur rôle influent en tant que consommateurs de données de classement pour exiger davantage. «Cela permettrait aux universités de répondre aux besoins des sociétés qu’elles servent et de devenir des établissements adaptés à l’avenir.»
Un «réseau d’incitations» dans la recherche limite la liberté académique
Maria Leptin, présidente du Conseil européen de la recherche (CER), principal bailleur de fonds européen pour la recherche fondamentale, avance lors d’une conférence qu’une «réduction insidieuse de la liberté» est en train de se produire dans le monde universitaire. Cette menace est distincte de l’«oppression» exercée par les gouvernements sur les universités et les scientifiques dans les régimes populistes tels que les États-Unis et la Hongrie.
Il existe un «réseau d’incitations» qui «ne favorise pas nécessairement la liberté [de recherche] », a-t-elle déclaré. Ce réseau comprendrait à la fois les «appels constants à l’impact» lancés par les gouvernements, la pression pour publier dans des revues à fort impact et le manque de perspectives de carrière qui empêche les scientifiques de «prendre des décisions risquées, pourtant absolument nécessaires à la recherche».Une autre «demande constante d’impact» concerne les exigences des organismes de financement de la recherche et des gouvernements qui souhaitent que la science résolve les problèmes sociétaux.
Ce discours intervient à un moment où les décideurs politiques à Bruxelles négocient l’avenir du financement européen de la recherche et de l’innovation.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 14 novembre 2025
13Nov2025
Politique des hautes écoles
«Formation académique: le décalage à corriger»
Alice Gasparini, physicienne et enseignante, se penche sur la différence (conséquente) de niveau entre la fin d’études de Secondaire II et la 1e année académique. «Ce décalage, particulièrement marqué dans les filières scientifiques, interroge l’équité du système éducatif pris dans son ensemble et ses répercussions sociales à long terme.» Selon elle, ce décalage conduirait à un taux plus élevé d’abandon d’études, pour des raisons psychologiques, économiques, ou à cause de démotivation. En effet, le décalage observé conduirait souvent à un «besoin de facto d’une année de mise à niveau avant de pouvoir réellement entamer ses études universitaires». Formalisée à l’EPFL par la «MAN», cette année «se manifeste plutôt sous la forme d’abandons, d’échecs ou de réorientations à L’UNIGE», observe l’enseignante. Les effets négatifs seraient particulièrement marqués pour les personnes de familles moins aisées socio-économiquement et les femmes.
«Comment le Collège de France a annulé un colloque sur la Palestine»
Un colloque universitaire sur la Palestine a été annulé par le Collège de France. L’événement intitulé «La Palestine et l’Europe: poids du passé et dynamiques contemporaines», devait se tenir les jeudi 13 et vendredi 14 novembre, coorganisé par l’historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep Paris). Mais le dimanche 9 novembre, un communiqué annonce l’annulation de l’événement. Thomas Römer, administrateur du Collège de France y explique n’avoir pas eu d’autre choix que de renoncer «face à la polémique, mais aussi aux risques qui se manifestent autour de ce colloque».
Vendredi 7 novembre, un article du Point accusant le colloque d’être, entre autres, «pro-palestinien», «antisioniste» et «à haut risque», la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a annoncé sur X «saisir» le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste. Ce dernier a alors adressé une lettre à l’administrateur du Collège de France, dans laquelle il écrit: «Sans préjuger des propos qui seront effectivement tenus, je ne peux que constater, à la lecture du programme, un parti pris sur un sujet délicat et fortement polémique. […] Au vu de ce programme, je doute que vous soyez en mesure de garantir un débat où le pluralisme des idées puisse pleinement s’exprimer.» L’entourage du ministre assure au Monde que «c’est la décision exclusive du Collège de France que de choisir d’annuler le colloque» et qu’il n’y a eu «aucune pression» exercée par le ministre.
Mardi 11 novembre, le Collège de France a indiqué au Monde que, bien que le colloque respectait les règles générales en matière de liberté académique, «la question de la pluralité des analyses a été publiquement mise en cause par différents acteurs», ce qui aurait suffi à compromettre la tenue de l’événement, en plus de la crainte de «débordements».
«Tout cela est assez emblématique de ce qui se passe dans le monde académique avec des approches très orientées, un regard très militant sur la question du Proche-Orient», juge Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des juifs de France, qui salue la décision d’annulation. D’autres universitaires dénoncent au contraire une censure. Selon le politiste Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS et membre de l’Observatoire des atteintes à la liberté académique, «tout cela est accablant». «Le ministre a dérogé au principe de respect de la liberté académique, et il le sait. Dans un même courrier, le ministre dit qu’il est le garant de la liberté académique, mais qu’il se garde d’agir pour la garantir.»
L’association France Universités, réunissant les dirigeant·es des universités et établissements d’enseignement supérieur et de recherche, dit avoir appris «avec stupeur» cette annulation. Dans un communiqué du 10 novembre, elle fait part de son incompréhension et d’une «vive inquiétude» à l’égard des libertés académiques.
Une lettre ouverte circule actuellement dans les universités qui avance que «Le prétexte de « neutralité » académique apparaît ici comme un instrument de contrôle idéologique des institutions scientifiques pour dissuader toute production intellectuelle critique.» Les 2520 signataires (le 13.11 à 10h) demandent la démission du ministre français de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Les étudiant·es de l’Université de Bâle votent pour une cafétéria végane dès 2030
Parmi les 2’980 étudiant·es (28,3%) ayant participé au vote de l’Association des étudiant·es de l’Université de Bâle (Skuba), 52,6% ont voté pour que des repas exclusivement végans soient servis à la cafétéria universitaire dès 2030. Le résultat du vote n’a pour l’instant aucune conséquence et sera transmis à la direction de l’institution. Le porte-parole de l’Université, Matthias Geering, déclare qu’«il s’agissait de clarifier et de légitimer démocratiquement la position des étudiant·es» et qu’aucune décision n’a encore été prise. Il ajoute que, selon lui, il sera toujours possible «d’acheter un cappuccino au lait de vache ou un sandwich au jambon dans les établissements de restauration de l’Université de Bâle» (Basler Zeitung).
«En 2012 déjà, les discussions sur l’offre de restauration à l’Université de Bâle ont fait la une des journaux. A cette époque, le Conseil des étudiant·es s’est prononcé pour une première cantine sans viande en Suisse à l’initiative d’un groupe interne de l’Université. Après un référendum, […] au lieu d’une interdiction de la viande, il a simplement demandé que l’offre de menus végétariens et végans soit élargie, ce que l’Université a ensuite mis en œuvre.» (Watson)
«Des vertus du multilatéralisme en recherche: le cas d’ITER»
«Repousser les limites des sciences et de la technologie pour résoudre les défis de demain requiert parfois de faire ensemble ce qu’aucune nation ne peut faire seule. La réalisation du réacteur thermonucléaire ITER illustre parfaitement l’intérêt du multilatéralisme en recherche et innovation. La Suisse reprendra sa participation à cette infrastructure de recherche le 1er janvier 2026.»
L’égalité dans les citations
«Nature Reviews Psychology» a publié un éditorial invitant les scientifiques à adopter une écriture plus «inclusive», notamment en citant davantage les femmes et les minorités. Cette recommandation s’appuie sur une étude montrant que, dans les grandes revues de neurosciences, les hommes citent les travaux d’autres hommes 8 % plus souvent que ceux de femmes, tandis que les femmes citent les hommes 4,5 % plus souvent que leurs collègues féminines.
L’auteur de l’émission Sein und Streit (Deutschlandfunk) critique cette étude pour ignorer d’autres explications possibles, comme le hasard ou une qualité moyenne légèrement supérieure des travaux masculins. Il dénonce également l’hypothèse implicite selon laquelle les hommes agiraient sous l’effet de préjugés inconscients.
L’éditorial de Nature Reviews Psychology suggère que les scientifiques devraient identifier à l’avance le genre et l’origine ethnique des auteurs et autrices qu’ils et elles citent afin de corriger ces déséquilibres, revendiquant une «mission» inclusive.
L’auteur de l’émission dénonce cette approche comme un exemple de science militante, contraire à l’esprit de la recherche, dont la vocation est la recherche objective de la vérité, indépendante du genre ou de la couleur de peau. Il reproche également à la revue mère, Nature, d’avoir pris une tournure idéologique, en refusant désormais les travaux pouvant «nuire à la dignité» ou «stigmatiser» certains groupes — une politique qui encouragerait selon l’auteur l’autocensure et les biais de jugement.
Enfin, l’article établit un parallèle avec les débats américains sur les politiques de diversité, équité et inclusion (DEI), critiquées aussi bien par Donald Trump que par certains chercheurs. Selon l’auteur, modifier les règles de citation ne réduit pas la discrimination : cela ne fait que servir d’affichage moral au sein d’un cercle restreint d’universitaires sans effet réel sur la justice sociale.
«La recherche fondamentale à la source de l’innovation et du bien-être social»
«Le FNS consacre la majeure partie de son budget à la recherche fondamentale, un investissement qui porte ses fruits. Il présente désormais les bénéfices des nouvelles découvertes dans une série d’articles et de vidéos. […]
« Nous mettons ainsi davantage l’accent sur le lien entre résultats de la recherche et réussite économique », explique Christophe Giovannini, responsable de la communication du FNS. « Ce lien n’est en effet pas très visible de prime abord. »»
Le premier article de cette série est sur l’importance de la recherche fondamentale pour les assureurs.
- coupes budgétaires
- financement public
- impact des universités
- recherche – impact
- retour sur investissement (ROI)
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 13 novembre 2025
12Nov2025
Politique des hautes écoles
L’UE prévoit d’exclure les universités chinoises de la moitié du programme Horizon Europe
L’Union européenne prévoit d’exclure certaines entités chinoises de plusieurs volets de son programme de recherche Horizon Europe à partir de 2026, selon un projet de programme de travail. Les entités juridiques chinoises (bénéficiaires de subventions, partenaires associés ou sous-traitants) ne pourront plus participer à trois des six « clusters » (piliers thématiques) du Pilier 2 de Horizon Europe :
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Cluster 1 : Santé
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Cluster 3 : Sécurité civile et société
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Cluster 4 : Industrie numérique et espace
Elles resteront autorisées à participer à :
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Cluster 2 : Culture, créativité et société inclusive
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Cluster 5 : Climat, énergie et mobilité
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Cluster 6 : Ressources naturelles et agriculture
En outre, les universités chinoises dépendant du ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT) seront exclues de l’ensemble du programme, en raison de leurs liens étroits avec le secteur militaire, sans effet rétroactif sur les accords déjà existants.
- espionnage
- collaboration hautes écoles – militaire
- Horizon Europe (anciennement FP9)
- politique – Chine
- politique – Europe
- FP10
Interview de la présidente du Conseil européen de la recherche (CER)
Depuis 2021, Maria Leptin est présidente du Conseil européen de la recherche (CER), organisme européen chargé de promouvoir la recherche fondamentale avec un budget annuel d’environ 2,5 milliards d’euros. «Dans un entretien avec la NZZ, la scientifique qui a beaucoup voyagé plaide en faveur d’une Europe plus ouverte sur le monde dans le domaine de la recherche. Elle préconise une plus grande prise de risque vis-à-vis de la Chine et un pragmatisme dans la coopération avec les États-Unis.»
Selon elle, alors que l’Europe ne serait aujourd’hui «pas suffisamment accueillante» pour les chercheur·euses de haut niveau, la Suisse ne connaîtrait pas ce problème grâce à ses salaires élevés et à la langue d’enseignement qui est souvent l’anglais. Elle explique que la Chine progresse en matière de liberté académique, même si des restrictions politiques subsistent, et qu’elle est devenue une superpuissance scientifique car elle «a commencé à rapatrier ses meilleurs scientifiques occidentaux et à leur accorder une grande liberté. Ces chercheurs ont non seulement apporté leurs connaissances, mais ils ont également remplacé l’ancien autoritarisme par une nouvelle culture d’ouverture.» L’attitude vis-à-vis de la Chine en Europe devrait être: «être ouvert, mais pas naïf». Si nous ne collaborons pas avec, nous perdrions, d’autant plus que la Chine a une longueur d’avance sur l’Europe. Finalement, Maria Leptin affirme qu’«il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour promouvoir la science en Europe» et que, si tous les pays de l’UE investissaient 3% de leur PIB dans la science, l’Europe pourrait faire face à la concurrence mondiale.
«Le prix du génocide»
A l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève (Geneva Graduate Institute), deux professeur·es ont ouvertement critiqué leur collègue chercheur Tripurdaman Singh, pour avoir accepté le prix Dan-David (doté de 300’000 dollars), «la plus haute distinction mondiale pour les jeunes historien·nes», dont il était lauréat pour ses contributions à l’histoire récente de l’Inde et de l’Asie du Sud. En effet, les deux professeur·es d’anthropologie à l’Institut universitaire de Genève, Julie Billaud et Till Mostowlansky, accusent le lauréat d’«accept[er] des fonds provenant d’institutions complices de violences atroces», parce que la fondation décernant le prix, siegée a Lichtenstein, a un bureau à l’Université Tel-Aviv. Les deux professeurs ont illustré un article avec un montage photographique montrant Tripurdaman Singh recevant son prix au milieu de maisons détruites dans la bande de Gaza bombardée. En réalité, la cérémonie de remise des prix s’est déroulée à Rome.
Lors d’un échange avec les professeur·es dans le contexte d’un enregistrement de podcast à propos de ses recherches primées, le lauréat explique que «la discussion a presque exclusivement porté sur la question de savoir si, en acceptant le prix, je m’étais rendu complice du génocide ou si j’avais même enfreint les résolutions de l’ONU».
Le journaliste de la NZZ Rico Bandle écrit ensuite: «Depuis le 7 octobre, il est presque quotidien de voir des chercheurs des universités suisses subir des pressions, voire du harcèlement, parce qu’ils ne prennent pas suffisamment leurs distances avec Israël. Cela vaut en particulier pour la Suisse romande.» Puis il cite l’Université de Lausanne, où des militants ont dressé une liste noire des chercheur·euses coopérant avec des universités israéliennes. Le journaliste mentionne également une lettre (qu’il s’est procurée) du recteur de l’Université de Lausanne, Frédéric Herman, adressée au président de l’Université israélienne Ben-Guiron.
Interview de la rectrice de l’UNIGE Audrey Leuba
«La rectrice de l’université, Audrey Leuba, revient sur la manifestation ayant entouré le déplacement de Martin Pfister à Genève mercredi dernier.»