«Recevoir une bourse d’une institution dont on ne fait plus partie? Voilà le sort de la vingtaine de chercheurs issus d’universités suisses, nominés pour les prestigieuses subventions du Conseil européen de la recherche «ERC consolidator grants». Problème: la Suisse ne fait plus partie du programme Horizon Europe depuis un an. Pour toucher ces fonds européens, les lauréats doivent ainsi quitter le pays. S’ils restent, les chercheurs perdent leur bourse ERC mais sont assurés de bénéficier de subventions équivalentes, financées par la Confédération. Cinq chercheurs, tous concernés par ce choix difficile, se confient à Heidi.news.»
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9Juin2022
Politique des hautes écoles
FNS : «Le CV au nouveau format peut être créé dès maintenant»
Dès le 3 octobre 2022, le FNS utilisera le nouveau format de CV – d’ores et déjà disponible – dans son instrument «encouragement de projets». Ce nouveau format «narratif» SciCV vise à mettre en valeur les réalisations des scientifiques au-delà des listes de publications, et de se mettre ainsi conforme à la Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche (DORA) de 2012.
Selon une étude de l’Université de Leiden, les répondant-es à l’enquête sur le SciCV ont estimé que les éléments narratifs du nouveau format étaient les plus utiles. Cependant, certaines personnes demandant des subventions n’ont pas apprécié de devoir passer autant de temps à rédiger ces descriptions. Et certains évaluateurs-rices ont critiqué l’utilisation d’un langage «vantard» dans les récits, comme «le premier», «expert», «unique» et «innovant».
Une autre caractéristique jugée utile est la preuve de l’«âge académique» des candidat-es. Cet âge est défini comme le nombre d’années en équivalent temps plein (ETP) travaillées dans le milieu universitaire et est calculé à partir de l’année de la première publication universitaire, plutôt que de l’année d’obtention de leur diplôme d’études supérieures. Cependant, certains examinateurs-rices et candidat-es n’étaient pas d’accord avec la façon dont ce calcul était affecté par le congé parental.
Par ailleurs, l’indicateur le plus critiqué dans le SciCV est le h-index, qui quantifie la productivité des scientifiques et l’impact de leur publications.
Les universités suisses en baisse de performance en comparaison internationale
Selon le classement QS World University Ranking de cette année, les universités suisses montrent une baisse de performance en comparaison internationale. DL’EPFZ perd une place et se situe désormais au 9ème rang du classement international. Elle reste toutefois la meilleure université d’Europe continentale. Elle est suivie par l’EPFL, qui occupe la 16e place (contre 14 auparavant).
La liste du top 10 est dominée par des universités américaines ou anglaises. Le Massachussets Institute of Technology (MIT) est en tête du classement international, suivi de l’Université de Cambridge et de l’Université de Stanford. Parmi les 70 meilleures du monde se trouvent également l’Université de Berne, l’Université de Bâle ainsi que l’Université de Lausanne.
Le QS World University Ranking de cette année est le plus important jamais réalisé, puisqu’il inclut 1418 institutions réparties sur 100 sites. Les résultats prennent en compte la répartition et la performance de 16,4 millions de travaux académiques publiés entre 2016 et 2020. Ils tiennent compte des avis d’expert·es de plus de 151 000 enseignants·e et de plus de 99 000 employeur·es.
Les quatres exigences des étudiant·es de Lucerne
Dans une lettre adressée au recteur de l’Université de Lucerne, plus de 100 étudiant·es demandent une prise de position sur les propos controversés de l’historienne économique Andrea Franc. Cette dernière accusait les étudiant·es en sciences humaines et sociales de manquer d’ambition, de refuser de travailler à plein temps et par là de peser sur les assurances sociales dans une interview avec la Neue Zürcher Zeitung (NZZ).
Les étudiant·es reprochent à Andrea Franc, enseignante dans la faculté d’économie, d’avoir utilisé des explications purement anecdotiques et des affirmations insinuantes, pas digne d’une discussion scientifique.
La lettre formule quatre revendications : Premièrement, la direction de l’université et le doyen de la faculté des sciences économiques doivent prendre publiquement position sur les déclarations d’Andrea Franc. Deuxièmement, la faculté des sciences économiques doit démontrer quelle «valeur ajoutée» l’enseignement de Franc apporte aux étudiant·es. Le doyen et Andrea Franc doivent en outre montrer «dans quelle mesure les cours du Dr. Andrea Franc se distinguent de ceux dispensés dans les disciplines des sciences humaines». Finalement, Andrea Franc doit étayer ses thèses de manière empirique.
La droite vote l’interdiction du point médian
A 98 voix contre 77, le Parlement fédéral a banni le point médian des documents de l’administration. Lancé par le conseiller national Benjamin Roduit (Centre/VS), la proposition d’interdire «l’écriture dite inclusive ou langage épicène» ne définit pourtant pas explicitement à quoi l’interdiction s’appliquera. Pour cette raison, le Conseil fédéral plaidait pour refuser l’interdiction en rappellant que le point médian n’est pas utilisé dans l’Administration fédérale et que dans ces directives, elle s’oppose à «l’utilisation des pratiques d’écritures alternatives ».
L’écriture inclusive a été récemment interdite en France, dans le canton de Genève, ainsi que celui du Valais. (20 minutes)
En même temps, l’administration de la ville de Zurich est tenue dans un futur à utiliser l’asterisque («Genderstern») pour assurer que les textes ne se réfèrent pas seulement aux hommes et femmes, mais également aux personnes non-binaires (e.g. «Sehr geehrte*r Claude Dupont»). (NZZ)
La ville de Saint-Gall a cependant décidé de ne pas utiliser l’asterisque (ou «:») parce que la Confédération ne l’utilise pas, parce que qu’il est trop peu courant et parce qu’il manque un concept pour les administrations germanophones sur l’utilisation harmonisée du langage administratif. (SRF)
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 9 juin 2022
8Juin2022
Politique des hautes écoles
Sur l’influence grandissante des Allemand-es dans les universités autrichiennes
L’auteur de l’article écrit que «les Autrichiens ont un problème avec leurs voisins [allemands] parce qu’ils se sont installés dans le monde de la culture et dans les universités de manière astucieuse. Ils sont partout et de plus en plus nombreux.» En effet, le nombre de professeur-es allemand-es a augmenté massivement depuis le début du siècle, et le programme dans les théâtres et musées est de plus en plus réalisé par des Allemands.
«Mais que montrent les hommes de théâtre allemands à leurs spectateurs de Graz, Linz, Innsbruck, Salzbourg, Klagenfurt et Bregenz ? Chaque périphérie aspire-t-elle au centre d’une internationalité qui, au final, n’est pas si internationale que cela, mais seulement allemande ? Ce sont des questions difficiles que l’Autriche n’est pas la seule à se poser. La Suisse aussi mène des débats sur une puissance culturelle hégémonique qui peut ou veut prétendre avoir vu plus du monde, parce que ce monde s’étend justement de Hambourg à Oberammergau […].»
En 2017, le Ministère autrichien des Sciences a mandaté une étude qui évalue les conséquences de la loi sur l’Université (2002), qui favorise l’internationalisation de l’enseignement et de la recherche. «L’internationalisation signifie en effet dans de nombreux cas la «germanisation»», constate le rapport. Cela concerne en particulier le domaine des sciences humaines et sociales («Geisteswissenschaften»). A l’Université de Graz, deux professeur-es sur trois qui travaillent dans ce domaine sont allemand-es. Ceci pose un problème, car «Les petites littératures, les zones littéraires marginales, échappent à un canon entretenu par les Allemands. Dans l’enseignement et la recherche, de nombreux auteurs qui n’entrent pas dans le schéma des sempiternels Handke et Bernhard n’apparaissent plus du tout. Une internationalisation qui ne fait que transporter des connaissances étrangères dans le pays sans les contaminer avec des connaissances locales n’en est pas une. Également tristement célèbres sont les réseaux de professeurs allemands qui amènent leurs assistants allemands dans les universités autrichiennes. En conséquence, l’internationalisation se supprime à nouveau.»
- mobilité scientifique
- enseignement – pluralité
- collaborateurs·rices étrangers·ères
- recherche – pluralité
Université de Fribourg: construction pour la faculté de droit
La fondation Tremplin quittera son site actuel au centre de Fribourg. Cela libère de la place pour le chantier de la Faculté de droit, qui se fait attendre depuis près de trois décennies.
Des réfugiées ukrainiennes à l’Université de Neuchâtel
En quelques mois, l’Institut de langue et civilisation française de l’Université de Neuchâtel aura dispensé des cours de français à plus de 130 réfugiées ukrainiennes (et quelques hommes), y compris les participants aux habituels cours d’été qui viennent de débuter.
Par ailleurs, l’Université de Neuchâtel a reçu une douzaine de demandes d’inscription pour la rentrée en septembre.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 8 juin 2022
7Juin2022
Politique des hautes écoles
L’employabilité des diplômé-es en sciences humaines : un fact-checking
Le Tages-Anzeiger a publié un «fact-checking» des déclarations que l’histoirienne économique Andrea Franc a fait dans un entretien avec la NZZ par rapport aux étudiant-es et diplômé-es en histoire, et en sciences humaines et sociales en général.
Les journalistes du Tages-Anzeiger viennent à la conclusion que la plupart des affirmations d’Andrea Franc sont fausses ou ne se laissent pas vérifier.
«L’université: ni temple, ni forum, ni arène»
Anne Emery-Torracinta, Conseillère d’État genevoise en charge du Département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse, commente les revendications d’un groupe d’étudiant-es qui souhaitent avoir un lieu pour faire de la prière musulmane, mais aussi aux conférences interrompues récemment par des manifestant-e empêchant la prise de parole prévue des intervenant-es.
«Quelle place doivent prendre à l’université les revendications politiques ou idéologiques, et jusqu’où les conflits inhérents à la vie sociale doivent-ils être autorisés à y pénétrer? […] «l’université a pour vocation essentielle les progrès du savoir au moyen de la rationalité critique. L’université n’est donc ni un lieu de croyance, ni un forum d’affirmation identitaire, ni une arène de gladiateurs.»
Les mécanicien·nes de la société
Pour le journaliste Peter Morf, les scientifiques qui souhaitent changer le monde représentent un danger pour la société. Leur volonté de rendre le monde «meilleur» les pousse à prétendre à des connaissances qui’ils et elles n’ont pas.
Par ailleurs, il accuse de nombreux scientifiques de penser que le comportement humain peut et devrait être influencé activement («nudging»).
Les souffrances du corps intermédiaire de l’Université de Bâle
Le corps intermédiaire, qui se constitue de collaborateur·ices scientifiques, doctorant·es et post-doctorant·es souffrent dans les universités suisses. Une enquête menée en 2020 par l’Association des assistant·es de l’Université de Bâle (Avuba) révèle que les collaborateur·ices travaillent régulièrement plus que leur taux d’occupation ne le prévoit et sont employé·es pour une durée déterminée avec peu de perspectives d’emploi par la suite.
Le hashtag allemand #IchBinHanna qui circule depuis quelques semaines sur Twitter met en lumière la précarité accrue du corps intermédiaire. Il a été créé en réponse au ministère fédéral allemand de l’éducation et de la recherche qui avance que les contrats à durée déterminée sont une condition nécessaire à l’innovation.
En Suisse, seul 10% des post-doctorant·es ont la chance d’obtenir un poste de professeur·e. En raison des contrats généralement limités à un an, le 90% des employé·es restant sont condamné·es à abandonner leur activité de recherche et se réorienter professionnellement.
Interrogée à ce sujet, l’Université de Bâle explique que les contrats à durée déterminée sont dûs d’une part aux projets financés par des fonds tiers limités dans le temps. D’autre part, les postes à durée indéterminée auraient pour conséquence que moins d’offres d’emploi seraient disponibles à l’université, car les postes resteraient occupés plus longtemps.
Les sanctions scientifiques en temps de guerre, un outil à l’efficacité discutable
«Avec l’invasion de l’Ukraine, une salve de sanctions s’est abattue sur la Russie. D’abord d’ordre économique, puis aussi scientifique, certaines revues scientifiques ayant décidé de boycotter les manuscrits émanant de chercheurs travaillant au sein d’institutions russes. Certaines institutions, comme le CERN, ont suspendu les nouvelles collaborations avec la Russie. Que penser de ces boycotts? Se sont-ils au moins montrés efficaces par le passé? Dans un long article publié par Nature, l’historien des sciences américain Michael Gordin revient sur les événements du siècle dernier, et comment ils peuvent éclairer la situation actuelle entre la Russie et l’Occident.»
Pourquoi connaît-on si peu de femmes scientifiques?
«Les grands scientifiques ayant marqué l’Histoire ne sont-ils que des hommes? Pourquoi si peu de femmes de sciences sont-elles passées à la postérité?» Le podcast Micro sciences transforme l’absence de femmes scientifiques en grandes réponses historique et agnotologique.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 7 juin 2022
3Juin2022
Politique des hautes écoles
Accréditation de l’Université de Fribourg
L’Université de Fribourg a reçu son accréditation nécessaire pour conserver son statut d’université. «Parmi les bons points attribués à l’Université de Fribourg, le groupe d’experts salue son vaste réseau international, les liens étroits avec le canton et la ville de Fribourg, l’optimisation du système d’assurance qualité depuis un dernier audit. Les experts émettent cependant une condition: l’Université de Fribourg devra procéder à une évaluation périodique de tous les membres du corps professoral. Ils recommandent en outre à l’université de mieux expliquer à l’État l’urgence de disposer de ressources supplémentaires.»
Des étudiant-es de l’Université de Lucerne et de Bâle réagissent à l’interview de la NZZ avec l’historienne Andrea Franc
L’interview de l’enseignante des universités de Bâle et de Lucerne Andrea Franc suscite l’émoi des étudiant-es. L’historienne en économie reprochait aux étudiant-es en sciences humaines et sociales de vivre sur la fortune de leurs parents ou aux frais du contribuable, car ils et elles ne travailleraient qu’à de faibles taux d’occupation. En outre, elle met globalement en doute les capacités intellectuelles des étudiant-es : «Je crains que beaucoup d’entre eux ne puissent même pas répondre correctement aux questions des tests de naturalisation», avait déclaré Andrea Franc. Les étudiant-es en sciences humaines se contenteraient en outre de «passer leur temps à l’université et de fumer des joints tout au long de leurs études».
Des étudiant-es de l’Université de Lucerne demandent une prise de position de la direction de l’université et «une prise de distance claire par rapport aux déclarations diffamatoires». «[L’opinion de Andrea Franc] ne correspond pas à l’opinion et aux expériences de l’Université de Lucerne. Nous avons une toute autre impression de nos étudiant-es», répond le chargé de communication de cette université Lukas Portmann. «On constate en outre que les diplômé-es en sciences humaines s’intègrent parfaitement dans le marché du travail. Nous ne souhaitons pas prendre position sur d’autres points.»
Selon le président de l’association étudiante de l’Université de Bâle Skuba, «Ce que Mme Franc a raconté est tout simplement loin de toute réalité.» L’association prévoit également de rédiger une lettre ouverte au rectorat: «Le but est d’obtenir des excuses pour ces déclarations indéfendables.» Interrogée, l’Université de Bâle renvoie à son Code de conduite. Celui-ci stipule que l’on communique de manière respectueuse et que l’on exprime des critiques de manière constructive. «Le choix des mots utilisés par Madame Franc ne correspond pas à cette image», déclare Matthias Geering, directeur de la communication de l’Université de Bâle.
- employabilité des diplômé·e·s
- enseignement – qualité
- taxes d’études
- liberté d’expression
- gestion de conflit
La diplomate Livia Leu a répondu par écrit à la Commission européenne
La secrétaire d’Etat helvétique Livia Leu a répondu par écrit aux questions de Bruxelles sur la position de la Suisse face à l’Union européenne (UE). […] [Elle] insiste sur le fait qu’à l’avenir, la participation des pays tiers aux programmes de l’UE doit être garantie. Cela concerne surtout le programme de recherche Horizon Europe, mais aussi le programme de formation Erasmus+. La Suisse est actuellement exclue des deux.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 3 juin 2022
2Juin2022
Politique des hautes écoles
Qui profite réellement de la bourse d’«excellence» de l’UZH ?
Pour retenir les talents académiques, l’Université de Zurich (UZH) a lancé un nouveau programme de soutien en début d’année. Vingt diplômé·es de bachelor ayant obtenu d' »excellents résultats » recevront 10 000 francs par semestre en master sans contrepartie.
Les recherches du journal die Wochenzeitung (WOZ) dévoilent que ces bourses sont majoritairement données à des hommes sans soucis financiers. La WOZ documente que sur les 38 dossiers de candidature admis, seuls 13 émanaient de femmes. Dans la faculté de médecine vétérinaire, aucune femme n’a posé sa candidature, alors que les femmes y représentent 83% du corps étudiant. Également aucune femme n’a candidaté dans la faculté d’économie. L’UZH indique elle-même que la faible proportion de boursières s’explique par la réticence des femmes à postuler.
La WOZ cherche l’explication dans les conditions d’admission à la bourse : uniquement les 10% des meilleurs étudiant·es étaient autorisé·es à participer. «Le terme ‘excellence’ ne s’adresse qu’aux personnes qui sont orientées vers la carrière. Il semble que ce soit surtout des hommes », explique Sascha Deboni, représentant des étudiants au sein du groupe d’accompagnement de la bourse d’excellence. Or, l’excellence ne s’exprime pour lui pas seulement par des notes. Il propose alors d’assouplir les conditions d’admission à vingt ou trente pour cent des meilleurs étudiant·es.
De plus, une évaluation des dossiers de candidature pour la bourse de l’UZH montre que seule une minorité a vraiment besoin de cet argent. Seuls 5 des 38 candidat·es ont indiqué devoir travailler à côté pour financer leurs études. La grande majorité des candidat·es n’ont pas d’emploi fixe ou seulement des emplois qui ne dépassent pas un minimum de travail à l’université.
Contre-réplique à l’historienne de l’économie Andrea Franc
Dans la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) le professeur de philosophie et doyen de la Faculté des sciences culturelles et sociales de l’Université de Lucerne, Martin Hartmann réagit à un interview de l’historienne de l’économie Andrea Franc donné dans la NZZ le 25.05.
Pour rappel, Andrea Franc reprochait aux étudiant·es en sciences humaines et sociales de manquer d’ambition et de renoncer volontairement à un emploi à plein temps suite aux études. Par conséquent, ces diplômé·es paient moins d’impôts. Elle y voit une inégalité par rapport aux contribuables qui financent ces études.
Selon Martin Hartmann, il est trop simpliste d’assumer que le taux élevé de temps partiel (57.6%) dans son domaine est uniquement dû à une envie d’avoir plus de temps pour les intérêts personnels. Andrea Franc ne mentionne par exemple pas le facteur temps lié à la charge parentale, toujours encore majoritairement assuré par les femmes. «Si l’on tient compte du fait que les femmes étudient plutôt les sciences humaines et sociales que les disciplines Mint, il se peut qu’il y ait au moins une explication partielle au taux élevé de temps partiel des femmes.» argue-t-il.
Il critique entre autres la vision de Andrea Franc qui ne fait pas de différence entre l’éducation et la formation, c’est-à-dire une acquisition de connaissances plus axée sur la formation de la personnalité d’un apprentissage plus axé sur la profession. Pour Andrea Franc, l’éducation devient une formation qui doit garantir le succès professionnel et l’efficacité économique. Une vision qui veut limiter ou du moins punir économiquement tout ce qui n’est pas efficace au sens économique du terme, argue Martin Hartmann.
L’Unil dans les médias
Portrait de Hannah Perekhoda, doctorante et militante pour l’Ukraine
Le Temps dresse le portrait de Hannah Perekhoda, assistante et doctorante en sciences politiques à l’Université de Lausanne. Origine de Donetsk et vivant en Suisse depuis 2013, elle est la fondatrice du «Comité Ukraine» qui soutient les organisations progressistes, féministes, écologistes et antiautoritaires ukrainiennes depuis la déclaration de guerre de Poutine.
Revue de presse UNIL 2 juin 2022
1Juin2022
Politique des hautes écoles
Le FNS rejoint la cOAlition S pour le libre accès immédiat aux articles scientifiques
«Le FNS vient de décider de rejoindre la cOAlition S, la plus grande initiative mondiale d’organismes de financement de la recherche en faveur de l’Open Access (OA). « La recherche repose sur la collaboration. En tant qu’organismes de financement de la recherche, c’est également en collaborant que nous atteindrons au mieux nos objectifs. Le libre accès aux articles scientifiques est l’un de ces objectifs », déclare Matthias Egger, président du Conseil national de la recherche. « La cOAlition S a démontré qu’elle peut être un moteur de ce changement structurel. »
En tant que membre de cette coalition, le FNS mettra en œuvre le Plan S. Cela signifie que les chercheuses et chercheurs devront désormais rendre leurs articles immédiatement accessibles gratuitement, et non plus avec un délai d’embargo de six mois comme c’était le cas auparavant. […] En outre, le FNS prévoit de définir comme standard pour les articles une licence CC-BY. […] Les nouvelles règles OA entreront en vigueur au plus tôt le 1er janvier 2023.»
«Le système britannique de visas pour les meilleurs diplômé-es exclut les universités de l’UE»
Le gouvernement britannique offre depuis récemment des visas de travail « accélérés » pour les diplômées d’une université non britannique figurant parmi les 50 premières dans au moins deux des classements suivants : les classement mondiaux des universités du Times Higher Education, de Quacquarelli Symonds ou le Classement de Shanghai.
L’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) sont les deux seules universités suisses à figurer sur ces listes.
Selon Science Business, des critiques affirment depuis longtemps que ces classements d’universités favorisent des pays comme les États-Unis, et en particulier le Royaume-Uni, qui concentrent une grande partie de leurs fonds de recherche dans une poignée d’énormes universités de recherche globale qui dominent ensuite les premières places. L’Europe continentale, quant à elle, tend historiquement vers une répartition plus large et plus équilibrée des universités, tant sur le plan géographique qu’en termes de financement. Le fait que la liste des universités britanniques les mieux classées ne comporte pas une seule institution d’Asie du Sud, d’Amérique du Sud ou d’Afrique – y compris dans l’une des agences de classement sur lesquelles elle est basée – a également suscité un tollé.
Plagiat : Les universités face à la mauvaise conduite scientifique
Une étude publiée aux Pays-Bas démontre que plus de la moitié des 6800 scientifiques interrogé-es dans les universités néerlandaises commettent régulièrement des fautes professionnelles légères. Il s’agit notamment de la dissimulation de résultats négatifs d’études, de l’encadrement insuffisant de jeunes chercheur-euses et de l’absence de documentation. Concernant les faux-pas volontaires et graves, une personne sur douze admet avoir commis de la falsification d’images et de résultats, de la manipulation du déroulement de la recherche ou du plagiat.
En Suisse, les chiffres précis sur la mauvaise conduite scientifique ne sont pas enregistrés de manière centralisée. Les universités décident elles-mêmes si et quelles procédures elles veulent rendre publiques. Selon la juriste Regina Aebi-Müller de l’Université de Lucerne, il n’est pas dans l’intérêt des hautes écoles d’exposer les erreurs. La crainte d’une atteinte durable à l’image de marque est trop grande.
Si par contre une infraction n’est pas constatée dans sa propre haute école, mais dans une demande de financement de la recherche, une procédure incombe au promoteur. Le Fonds national suisse (FNS) a mis en place un organe de contrôle qui vérifie chaque année 5 % des demandes d’encouragement soumises. Dans l’échantillon de 2020, le FNS a contesté l’intégrité de 20 des 357 demandes contrôlées, mais n’a sanctionné que trois personnes.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 1er juin 2022
31Mai2022
Politique des hautes écoles
Le Fonds national suisse amasse un trésor de plusieurs millions de francs
Le Fonds national suisse (FNS) dispose d’héritages et de dons privés d’une valeur de plus de 135 millions de francs. Régulièrement, des personnes lèguent au FNS des sommes importantes dans l’objectif de soutenir des projets de recherche. Le FNS compte au total 15 héritages et dons de ce type dans ses caisses. Dans un cas, le don remonte à il y a 50 ans et n’a pas été touché. Au cours des derniers douze années, le FNS n’a financé aucun projet de recherche avec les dons.
En conséquence, la fortune totale de ces fonds ne cesse d’augmenter. Alors qu’en 2010, elle s’élevait encore à 55 millions de francs, aujourd’hui elle atteint déjà 137 millions. L’augmentation est due d’une part aux revenus de la fortune et aux gains de change et d’autre part à de nouvelles donations qui ont été faites au cours de ces dernières années.
La directrice du FNS, Angelika Kalt défend cette politique de retenue : Premièrement, les dons privés ne peuvent être utilisés que pour des domaines de recherche qui correspondent à la volonté des donateur-trices qui ont défini, parfois très étroitement, le but de l’utilisation. De plus, les testateur-trices et donateur-trices auraient confiance dans le fait que le FNS n’encourage avec leur argent que des «projets exceptionnels», argue-t-elle. «Ces dernières années, tous les projets qui méritaient d’être soutenus ont été financés avec des fonds de la Confédération.» L’utilisation supplémentaire de fonds privés n’était donc «pas justifiée». Mais l’exclusion de la Suisse du programme de recherche Horizon Europe de l’UE va probablement aussi renforcer la demande de fonds du FNS. «C’est pourquoi nous devons réfléchir à la manière dont nous pourrons à l’avenir utiliser davantage les fonds privés», explique Angelika Kalt. Un concept est en cours d’élaboration à cet effet.
Dans le site web Weltwoche Daily, Christoph Mörgeli, [anciennement professeur à l’Université de Zurich,] écrit que «La déclaration de la directrice du FNS ne peut être interprétée que de deux manières : Soit les projets des 14.000 scientifiques soutenus sont tous «exceptionnels». […] Mais cela est très, très improbable pour 14.000 personnes. Ou alors, les 14.000 scientifiques soutenus par l’argent des contribuables et leurs projets ne sont justement pas «exceptionnels» et ne peuvent donc pas correspondre à l’objectif des fondateurs, donateurs et testateurs privés. Les deux variantes soulèvent des questions.»
Manque de statistiques sur le statut familial des professeur-es
Malgré une majorité d’étudiantes, les professeurs masculins sont en majorité dans les universités. Pour connaître les raisons de ce phénomène, il serait, selon le rédacteur en chef du SonntagsBlick, intéressant de savoir si les professeurs ont plus souvent un plus grand nombre d’enfants que leurs homologues féminins. Si cela serait le cas, il faudrait prendre des mesures, par exemple lors de la procédure d’appel ou bien en améliorant l’encadrement dans les crèches ou leur prix.
Malheureusement, les Universités de Bâle, Berne, Genève et Zurich n’ont pas pu fournir des statistiques sur le statut familial des professeur-es. «Ce qui ressort ici, c’est une lacune dans les données, comme on le trouve dans les manuels. Et c’est une raison importante pourquoi en 2022 les femmes ont toujours plus de mal que les hommes. Tant que quelque chose d’aussi vital que les enfants, la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle n’intéressent pas les instances responsables, il n’y aura pas d’égalité des chances. «Personne ne doit donc s’étonner que la science et la recherche, et en fin de compte notre quotidien à tous, soient marqués par l’empreinte masculine. Puisque les hommes sont majoritaires dans la recherche, les hommes sont la norme dans la recherche.» L’auteur prend comme exemple comme le TDAH ou les crises cardiaques qui sont beaucoup moins souvent détectés chez le genre féminin par manque de recherches.
Université de Bâle réticente à admettre des étudiantes ukrainiennes
En avril, des centaines d’étudiantes ukrainiennes ont déposé leur candidature pour une place d’études à l’Université de Bâle. S’agissant d’étudiantes invitées («Gaststudierende»), l’admission est limitée à trois semestres et elles ne sont pas autorisées à obtenir des diplômes universitaires de l’Université de Bâle.
Malgré un afflux initial de demandes, seules deux étudiantes ukrainiennes ont été admises. Michel Geering, porte-parole de l’université explique le faible taux d’admission, entre-autres, par le manque de connaissances en allemand. Alors qu’il n’est pas nécessaire d’apporter la preuve de ces connaissances pour être admis, les examens et travaux écrits sont tout de même en allemand, ce qui constitue un obstacle majeur pour la majorité des étudiantes venant d’Ukraine.
De plus, certaines connaissances spécialisées qui sont nécessaires pour étudier en Suisse manquent à de nombreuses étudiantes ukrainiennes. La raison étant qu’en Suisse, la durée de formation pour obtenir la maturité est de deux ans de plus qu’en Ukraine. « Ces deux années de formation manquent à certaines étudiantes et devraient être rattrapées avant qu’elles puissent étudier à l’université », explique Geering. Selon ce dernier, la grande partie des requérantes seraient mieux placées dans une haute école spécialisée qu’à l’université.
Des militant-es installent des places pour sans-abri dans les jardins de la HETSL
Le collectif 43m2 a installé un campement sauvage dans les jardins de la Haute École de travail social et de la santé Lausanne (HETSL) pour réclamer davantage de places d’urgence. L’objectif du campement est de pouvoir accueillir une trentaine de sans-abri qui ne peuvent plus profiter des structures d’accueil fermés pour l’été.
Alessandro Pelizzari, directeur de l’HETSL, s’est entretenu avec une délégation du mouvement. «Notre communauté de la Haute Ecole partage les préoccupations du collectif par rapport à la nécessité de trouver des solutions pour les sans-abris. Je leur ai aussi dit que l’HETSL est un lieu de formation et de recherches et ne peut pas pallier les besoins qui existent dans le canton pour l’accueil des sans-abris.» Il leur a demandé de quitter les lieux, mais ne prévoit pas de déposer plainte.
Prière musulmane à l’Université de Genève
Dans la rubrique « Débats », la journaliste Marie-Hélène Miauton énumère les raisons pour lesquelles elle s’oppose à une salle de méditation qui permettrait aux étudiant-es musulman-es de prier au sein de l’Université de Genève.
La recherche suisse en danger
Conradin Cramer, Conseiller d’Etat (Parti libéral-démocrate) et Directeur de l’éducation du canton de Bâle-Ville, voit la recherche Suisse en danger et « tire la sonnette d’alarme » dans une tribune d’invité de la Basler Zeitung. Avec les négociations sur Horizon Europe bloquées, Bâle perd continuellement du terrain dans la recherche internationale, et par là sa réputation en tant que ville des sciences, argue-t-il. La décision de la Confédération d’assurer les financements manquants pour les projets qui sont normalement financés par Horizon Europe ne suffit pas pour garantir la place internationale de la recherche suisse. «Pour les chercheurs, l’échange international, l’appartenance à la communauté scientifique, la mesure de la concurrence sont tout aussi nécessaires que les moyens financiers», écrit-il. «Le déclin est insidieux, mais se dessine de plus en plus clairement»
Les États-Unis, l’Inde, le Japon et l’Australie vont développer leur collaboration dans le domaine des sciences et des technologies
Les États-Unis, l’Inde, le Japon et l’Australie prévoient d’intensifier leur coopération dans des technologies clés telles que les semi-conducteurs, les systèmes quantiques, les télécommunications et l’espace, dans le cadre du dernier regroupement géopolitique visant à limiter la puissance chinoise.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 31 mai 2022
30Mai2022
Politique des hautes écoles
Entre sciences et politique, des relations toujours houleuses depuis la pandémie
«En théorie, les connaissances scientifiques doivent servir la décision politique. Mais dans la pratique, les relations entre les chercheurs et les décideurs sont parfois houleuses. Ce que sont venues rappeler la pandémie de Covid-19, bien sûr, mais aussi les crises du climat et de la biodiversité. Comment pacifier les relations, et s’assurer que la courroie de transmission des savoirs soit la plus efficace possible en cas de crise? L’Académie des sciences naturelles (Scnat) revenait, avec un panel d’experts de haut niveau, sur les clés d’une collaboration réussie entre le système politique suisse et ses experts scientifiques à l’occasion d’un événement organisé fin mai.»
Postulat demandant d’analyser un éventuel biais du test d’admission pour les études de médecine à l’Université de Fribourg
Un postulat demande à analyser le test d’admission pour les études de médecine à l’Université de Fribourg. Rédigé par Jean-Daniel Schumacher (PLR) et ancien député Michel Zadory (UDC), le postulat met en avant un potentiel biais de langue. S’appuyant sur le propos du professeur Stéphane Cook, médecin-chef du service de cardiologie de l’Hôpital fribourgeois et membre du comité scientifique du test d’aptitude AMS de Swissuniversities, le test pénaliserait les francophones par rapport aux germanophones. La raison étant qu’uniquement les germanophones ont accès à des cours préparatoires organisés dans les régions de Zurich et de Bâle. Les aspirant·es germanophones auraient alors plus de possibilité de s’entraîner, arguent les initiant-es du postulat.
Le Conseil d’Etat est d’accord d’étudier la question et d’examiner d’éventuelles mesures pour garantir une égalité de traitement entre les communautés linguistiques.
Maturité à harmoniser
Une réforme mise en consultation prévoit que le collège (ou gymnase, ou lycée) dure au minimum quatre ans dans toute la Suisse. Alors que cela est déjà le cas dans la majorité des cantons, le canton de Vaud, Neuchâtel et Jura ainsi que la partie francophone du canton de Berne seraient obligés, dès 2027, d’ajouter une année de cursus.
L’harmonisation a pour objectif de renforcer la comparabilité des diplômes et par là de continuer à garantir la reconnaissance du titre dans tout le pays. Notamment le fait que les étudiant·es peuvent être admis·es à l’université ou dans une école polytechnique fédérale sans examens d’entrée doit être préservé sur le long terme, indique le communique de presse de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP).
Le canton de Vaud attend l’entrée en fonction du nouveau conseiller d’Etat (Frédéric Borloz le 1er juillet) avant de s’exprimer publiquement sur la révision. Alors qu’une majorité des cantons, la Confédération et les Hautes écoles soutiennent une telle harmonisation, le canton du Jura et Neuchâtel s’y opposent.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 30 mai 2022
27Mai2022
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 27 mai 2022
25Mai2022
Politique des hautes écoles
Le Parti socialiste veut relancer le débat sur une adhésion à l’Union européenne
Selon Le Temps, «la relation avec l’Union Européenne est dans une impasse. L’interlocuteur de la Suisse à Bruxelles, Maros Sefcovic, n’est pas venu à Davos comme le souhaitait Ignassio Cassis.
Entretemps, «Le parti [socialiste] propose une stratégie en trois phases. D’ici fin 2023, il faudrait régler la participation de la Suisse aux programmes de coopération comme Horizon Europe ou Erasmus, en signant un premier accord de stabilisation. A l’horizon 2028, la Suisse et l’UE doivent parvenir à un accord économique de coopération.
Suivrait alors l’ouverture des négociations avec Bruxelles en vue d’une adhésion. Les plus optimistes espèrent à la fin de la décennie. D’autres au PS évoquent plutôt une vingtaine d’années.» (RTS)
«Les étudiants perdent leur temps»
L’historienne de l’économie Andrea Franc, qui travaille dans les universités de Bâle et de Lucerne, regrette en Suisse autant le niveau des études en histoire que le manque d’engagement d’une bonne partie des étudiant-es. «Les personnes quoi ont déjà travaillé dans un cadre inspirant – comme dans une université anglo-saxonne – voient à quel point on manque d’inspiration ici.
Par ailleurs, le fait qu’une bonne partie des diplômé-es, surtout des sciences humaines et sociales, finissent par travailler en temps partiel pose un problème pour la société: premièrement, les contribuables paient la longue formation de ce groupe, et deuxièmement, le travail à temps partiel répandu a des conséquences sur les assurances sociales. «Le système social suisse repose sur l’idée que les gens exploitent leur potentiel et ne renoncent pas volontairement à une activité lucrative, c’est-à-dire qu’ils passent deux jours à la piscine en demandant une réduction de primes. Le fait que les universitaires travaillent à temps partiel, est un phénomène nouveau.»
Andrea Franc estime que le système serait plus libéral si les taxes d’études étaient calculés en fonction du salaire des parents.
«A Genève, la pente glissante empruntée par le syndicat des étudiants»
« Navire amiral du militantisme estudiantin, la Conférence universitaire des associations d’étudiant.e.x.s (CUAE), son organisation et sa proximité affichée avec la «gauche radicale» occupent depuis un certain temps les débats des couloirs universitaires. Appuyant l’action des militants LGBTIQ+ qui ont censuré une conférence organisée par l’université et jugée «transphobe», la CUAE défend aujourd’hui les étudiants menacés par le dépôt d’une plainte du rectorat. Plus que ses positions syndicales, ce sont ses méthodes d’action qui questionnent étudiants et associations facultaires. »
La question de la liberté d’expression à l’Université
Pour Alexandre de Senarclens, député au Grand Conseil genevois, (PLR), la liberté d’expression est mise en danger dans les universités Suisses. Les actions militant-e-s LGBTQI+ qui se sont déroulées à l’Université de Genève ces dernières semaines s’apparentent pour lui à l’imposition d’une police de pensée. Transposé des Etats-Unis, le militantisme woke et la cancel culture des Etats-Unis se répandent et obtiennent même le soutien de la Conférence universitaire des associations d’étudiant.e.x.s (CUAE), argue-t-il.
« L’idée qu’un petit groupe de personnes déterminées et fanatisées puisse empêcher toute discussion est à l’opposé de l’Etat de droit et de la charte éthique de l’université qui rappelle l’importance d’une présentation d’opinion et d’école de pensée différente. » – argue-t-il.
Lettre de soutien à Yves FLückiger
Dans la Weltwoche, le journaliste Peter Rothenbühler félicite la décision du recteur de l’Université de Genève, Yves Flückiger de porter plainte contre les activites LGBTQI+ qui avaient perturbé deux conférences.
Pour lui, l’indépendance de l’université doit également être défendue sur un deuxième front: «Les islamistes exigent de pouvoir étendre des tapis de prière dans les couloirs entre les cours. Malheureusement, les associations d’étudiants ont soutenu les groupes identitaires et ont fait savoir que les étudiants devaient malheureusement veiller eux-mêmes à l’ordre si la direction de l’université n’était pas disposée à empêcher la diffusion de thèses « transphobes ».»
Renforcer la présence féminine dans les domaines MINT
En Suisse, les femmes restent largement absentes des domaines MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et disciplines techniques) « Dans les filières de l’informatique et de la technique, on tourne autour de 10% à 15% de femmes», relève Edith Schnapper, responsable des programmes encourageant la relève en Romandie auprès de l’Académie suisse des sciences techniques (SATW). »
La cause de ce faible taux se trouve dans une tendance d’auto-exclusion de la part des filles qui s’opère à l’âge de la puberté. A cette période les filles sont souvent poussées à se conformer aux stéréotypes genrés qui attendent d’elles de pouvoir concilier travail et famille. «C’est le moment où les pressions sont les plus fortes pour correspondre au sexe biologique, pointe Farinaz Fassa Recrosio. Tant que le temps parental est inégalement partagé, les jeunes filles rationalisent et choisissent une profession où les deux activités sont compatibles.»
Pour renforcer la présence féminine dans le domaine technique, le Canton de Vaud a lancé un projet pilote pour encourager les gymnasiennes à choisir le niveau « renforcé » en maths. Plusieurs autres initiatives se sont établies ces dernières années, comme par exemple l’initiative WINS (Women in science), qui propose des ateliers uniquement pour les filles.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 25 mai 2022
Pétition pour que l’UNIL retire le doctorat honoris causa à Mussolini
Le doctorat honoris causa accordé par l’Université de Lausanne au dirigeant fasciste italien en 1937 fait dorénavant l’objet d’une pétition pour que cette distinction lui soit retirée à titre posthume.
24Mai2022
Politique des hautes écoles
Compétences pour collaborer avec des universités chinoises
Selon un récent article, des universités suisses auraient collaboré avec la «National University of Defense Technology» dans au moins 87 cas depuis le début du millénaire.
La journaliste Katrin Büchenbacher juge que les universités suisses devraient être moins naïves dans leurs collaborations avec des universités chinoises. Elle demande qu’elles emploient des «lignes directrices, d’outils et des conseils» pour évaluer les risques potentiels d’une collaboration et pour détecter des liens que les universités chinoises entretiennent avec le militaire ou l’industrie de la défense. Les hautes écoles pourraient également faire appel à des compétences externes : il existe en Suisse de plus en plus de conseillers et de groupes de réflexion spécialisés dans la Chine.
Pour l’auteure, swissuniversities aurait récemment manqué une chance lors de sa ligne directrice «pour une collaboration internationale responsable», car le document ne mentionne pas explicitement la Chine. «La Confédération pourrait également mettre en place des incitations financières intelligentes en limitant l’utilisation de fonds étrangers dans des domaines stratégiques et en mettant elle-même davantage de moyens à disposition. Car les incitations financières de la Chine ne doivent pas être sous-estimées : Si les chercheurs militaires chinois sont payés par leur gouvernement, la scientifique suisse doit faire moins de demandes de financement et peut alors faire abstraction du fait que son collègue travaille pour le militaire chinois.»
Plainte de l’Université de Genève: la colère du syndicat étudiant
Le syndicat des étudiant-es CUAE se mobilise. Il reproche à l’Université d’avoir organisé des événements qu’elle juge «transphobes». «Mais l’annonce, par voie de presse, d’un dépôt de plainte ajoute une couche à la colère du syndicat étudiant. «Quand la société civile dénonce de la transphobie, le rôle de l’Université est de recevoir les dénonciations, de se remettre en question et d’entamer un dialogue, réagit la CUAE, par voix d’une de ses représentantes. «C’est effrayant de savoir que si on montre un désaccord envers une menace des droits fondamentaux de certaines minorités, la répression se fait par un dépôt de plainte.»
«Pour Marco Cattaneo, porte-parole de l’UNIGE, «il faut distinguer clairement l’interruption violente d’une conférence publique, quel qu’en soit le sujet, et la lutte contre la transphobie, qui est une priorité». L’institution dit travailler avec des associations pour informer, prévenir et protéger les personnes en situation de fragilité ou de grande souffrance mais condamne fermement les «violences qui ont entouré la conférence du 17 mai».
«Les universités, victimes du Zeitgeist»
Selon le journaliste David Birner, les récentes disruptions à l’Université lors de conférences sur la question du genre montrent que les universités sont devenues une plateforme principale pour les idéologies identitaires, particulièrement en sciences sociales et en lettres. «Les incidents survenus à Genève devraient être une raison suffisante pour que les universités s’interrogent sur leur propre rôle dans cet esprit hypersensible de l’époque.»
«La liberté de la science est un droit auquel je ne touche pas»
«L’association de la Suisse à Horizon Europe est clairement l’objectif, déclare le conseiller fédéral Guy Parmelin, en charge de l’éducation et de la recherche. Il estime aussi que la Suisse dispose de suffisamment d’instruments pour le dialogue entre la politique et la science.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 24 mai 2022
23Mai2022
Politique des hautes écoles
A Genève, la diplomatie scientifique dévoile ses atours
«Cette semaine, organisée avec 21 partenaires genevois, suisses et internationaux par le Geneva science and diplomacy anticipator (Gesda) — une fondation créée par le Conseil fédéral et les autorités genevoises début 2019 —, a permis de mieux comprendre ce qu’est la diplomatie scientifique et l’importance de celle-ci. L’exemple type le plus souvent cité est le maintien des échanges individuels entre chercheurs américains et russes pendant la guerre froide.»
«A L’EPFL, une clé crypto pour sécuriser la médecine personnalisée»
«Les entreprises et les institutions consolident leurs données pour mieux les exploiter. Des données qui seraient encore plus pertinentes si ces institutions pouvaient avoir accès à des pools de données plus larges en collaborant entre elles, en particulier dans le domaine de la santé. Mais cela suppose d’avoir la garantie que ces données soient parfaitement sécurisées. Le réseau suisse de santé personnalisé (SPHN) vient de confier un projet pilote dans le domaine du cancer à Tune Insight, une spin-off du labo de protection des données de l’EPFL, dans ce domaine.»
Yves Flückiger nommé à la tête de la Ligue européenne des universités de recherche
Nomination prestigieuse et symbolique pour le monde académique suisse. Yves Flückiger, recteur de l’Université de Genève, a été élu samedi à la présidence de la Ligue européenne des universités de recherche (LERU). Il sera ainsi aux avant-postes pour plaider la cause suisse devant l’Union européenne.
Les hautes écoles suisses font de la recherche avec l’armée de Pékin
«A l’initiative de la plateforme d’investigation néerlandaise Follow the Money, soutenue par le centre de recherche allemand Correctiv, des journalistes de sept pays européens ont enquêté sur les relations universitaires entre l’Europe et la Chine. China Science Investigation a pu recenser quelque 350 000 collaborations de recherche entre des universités européennes et des universités chinoises, qui ont vu le jour au cours des 22 dernières années. Environ 3000 de ces collaborations ont été établies avec des chercheurs d’universités militaires chinoises.»
En Suisse, 87 projets ont été élaborés en collaboration avec des chercheur·eues des institutions militaires chinoises concernées. Il s’agit en grande partie de collaborations avec l’EPFZ et l’EPFL. Par ailleurs, depuis le début du millénaire, le Fonds national suisse a alloué plus de 231 millions de francs à près de 600 projets menés par des hautes écoles suisses avec des chercheur·euses chinois·es. Le politologue Ralph Weber de l’Université de Bâle est contre une interdiction générale de projets de recherches conjoints mais estime qu’il serait avantageux si les scientifiques suisses étaient davantage sensibilisé-es à la question de savoir avec qui et en quoi ils et elles coopèrent, et s’il existait également des offres de conseil correspondantes.
Fribourg : nouveaux universitaires moins sereins
L’Université de Fribourg vient de publier les résultats de leur sondage sur le bien-être de ses nouveaux étudiant·es. Mené une première fois en automne 2020, alors que l’enseignement était à distance, ce deuxième tour concerne la période de novembre 2021, où la majorité des étudiant·es étaient en présentiel grâce au certificat Covid.
Les résultats montrent une augmentation dans la préoccupation liée à l’organisation et planification des études, une incertitude croissance quant au choix des études, et la difficulté de concilier études et une activité rémunérée.
Trois autres indicateurs ont évolué à la hausse : les étudiant·es témoignent de plus de problèmes de gestion du stress dû à la charge de travail, à l’organisation des études et à une situation personnelle difficile.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 23 mai 2022
20Mai2022
Politique des hautes écoles
Frédéric Borloz sera le nouveau responsable de la formation vaudoise
La répartition des départements est connue. Les écoles sont aux mains du PLR Frédéric Borloz et Christelle Luisier (PLR) sera présidente.
Le militaire chinois emploie des scientifiques européens
D’ici 2049 – date du centenaire de la République populaire de Chine – le président Xi Jinping veut faire de la Chine une puissance technologique, économique et militaire mondiale. Pour ce faire, Xi a fait avancer ce qu’il appelle la fusion militaro-civile : L’armée chinoise, les universités et les entreprises technologiques doivent collaborer étroitement en échangeant des connaissances et des technologies. La Chine a également besoin de l’échange de recherche avec l’étranger. Depuis 2007, l’armée chinoise gère un programme spécifique visant à acquérir des connaissances et des technologies occidentales.
Une enquête menée par onze médias européens sous la direction de la plateforme d’investigation Follow the Money montre à quel point les universités européennes sont liées aux institutions militaires chinoises. Près de 3000 projets de recherche ont vu le jour depuis le début du millénaire en collaboration avec des chercheurs militaires chinois.
Les services secrets et les groupes de réflexion européens appellent à la prudence depuis des années. En Suisse, le service de renseignement soulignait encore en 2016 surtout le risque d’espionnage économique. Aujourd’hui, il met explicitement en garde les scientifiques contre les activités d’espionnage de la Chine. De nombreuses coopérations de recherche ne semblent pas problématiques au premier abord, mais il ne faut pas être naïf, disent les experts. «La Chine exploite de manière ciblée la liberté de recherche et l’ouverture d’esprit en Occident», déclare la scientifique et journaliste Didi Kirsten Tatlow.
Cet article est la première partie d’une enquête de la NZZ. La deuxième partie mettra le point fort sur les pratiques des Hautes écoles universitaires de Suisse.
Conférences perturbées à l’université: le malaise
En l’espace d’un mois, des militants ont interrompu deux événements jugés transphobes. Une journaliste de la Tribune de Genève interroge les différentes parties prenantes.
«Du côté de l’UNIGE, on considère ces événements comme «intolérables». «Les manifestants s’en prennent de façon violente au cœur même de l’activité académique, en contradiction totale avec nos valeurs», commente Marco Cattaneo, porte-parole de l’UNIGE.»
Selon la Faitière des organisations étudiantes CUAE, «L’Université n’en fait pas assez car nous assistons à un double standard. Le même jour, elle organise une exposition sur la transphobie dans le hall d’Uni Mail mais tient une conférence transphobe dans une salle d’un autre bâtiment».
««Nous rappelons que les personnes LGBTIQIA, et particulièrement les personnes trans, ne constituent pas un mouvement idéologique, mais un ensemble de personnes déjà suffisamment marginalisées en raison de leur orientation sexuelle, affective et/ ou de leur identité de genre. Nous condamnons la montée des dis- cours antitrans qui mettent en danger les vies des personnes trans», ajoute quant à lui le Collectif radical d’action queer
(CRAQ ), précisant qu’il n’est pas à l’origine de l’action du mardi 17 mai mais qu’il s’en porte solidaire.»
De jeunes titulaires de doctorat en quête de reconversion
«Alors que le nombre de postes de maître de conférences a été réduit de moitié en dix ans, les diplômés se destinant à la recherche bifurquent, faute de perspectives.»
Les sciences et technologies du mouvement ont leur pôle en Valais
«Baptisé SpArk, un pôle dédié au développement des sciences et des technologies du mouvement a été lancé officiellement jeudi à Sion. Il est né d’une collaboration entre le chef-lieu valaisan et la fondation The Ark. Le nouveau pôle s’articule autour de quatre piliers: l’innovation technologique, les aspects scientifiques liés au mouvement, l’industrialisation et les start-up, la médecine et le sport, a expliqué le chef du projet, Patrick Flaction, lors d’une conférence de presse. Ce centre s’appuiera sur un groupe d’experts en physiologie, biomécanique, neurosciences ou encore en orthopédie, physiothérapie ou performance. Mais ce réseau « va encore s’étoffer », a précisé Patrick Flaction.»
Débat européen sur l’évaluation de la recherche
Les institutions de recherche allemandes mettent en garde contre une réforme centralisée («top down») de l’évaluation de la recherche en Europe, alors que la Commission européenne et les parties prenantes s’apprêtent à signer un projet d’accord sur de nouvelles lignes directrices pour l’évaluation des chercheurs.
La Fédération genevoise de coopération souhaite renforcer sa collaboration avec le monde académique
«Dominique Rossier, nouvelle présidente de la Fédération genevoise de coopération, a pour ambition de renforcer la collaboration entre les associations de solidarité internationale et le monde académique. […] Elle est aujourd’hui responsable du master en politiques et pratiques du développement pour l’Afrique francophone à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID). Un CV qu’elle entend mettre à profit au sein de la FGC pour renforcer les interactions entre réflexion et action, entre expérience de terrain et expertise scientifique.»
Au Japon, une école de médecine condamnée pour avoir privilégié ses étudiants masculins
«Une école de médecine japonaise avait rendu son examen d’entrée plus difficile pour les femmes. Elle a été condamnée jeudi pour discrimination sexiste et devra verser des dédommagements à 13 d’entre elles.»
Hansjörg Wyss fait un don de 100 millions à l’EPF et l’Université de Zurich
Sept ans de mise en place et de consolidation, Hansjörg Wyss fait don d’environ 100 millions de francs supplémentaires au Wyss Zurich Translational Center. Cette institution de l’ETH Zurich et de l’Université de Zurich encourage les projets de start-up dans les domaines de la médecine régénérative et de la robotique.
En 2014, le milliardaire et philanthrope suisse a fait un premier don de 120 millions de dollars à l’ETH Zurich et à l’Université de Zurich dans le but de créer un centre commun à l’interface de la médecine, des sciences naturelles et de l’ingénierie.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 20 mai 2022
19Mai2022
Politique des hautes écoles
Quatre ans de gymnase
«Une maturité gymnasiale devrait durer à l’avenir au moins quatre ans. Le Conseil fédéral a mis en consultation hier une révision de l’ordonnance correspondante. […] Il s’agit avant tout de garantir l’accès sans examen aux hautes écoles universitaires et pédagogiques.»
Interview avec Yves Flückiger sur les actions militant·es LGBTQ lors d’une conférence
Yves Flückiger, recteur de l’Université de Genève (UNIGE) intervient dans l’émission Forum pour discuter de l’action des militant·es LGBTQ, à savoir l’interruption d’une conférence dans les murs de l’université, jugée «transphobe» par les militant·es. En l’espace de trois semaines, deux événements ont été empêchés pour cette raison. En réaction, l’UNIGE a déposé une plainte pénale. Si il s’avère que des étudiant·es de l’UNIGE ont participé à ces actions, ils et elles sont susceptibles de se faire suspendre par le Conseil de discipline de l’UNIGE.
Augmentation du budget de l’Université de Fribourg
Le Grand Conseil fribourgeois a accepté un mandat pour soutenir l’Université de Fribourg face à la baisse de subventions et transferts due au nouvel accord intercantonal. Concrètement, le mandat prévoit «le versement de 300 000 francs par an pour l’entretien des infrastructures, l’octroi de 2,2 millions de francs supplémentaires pour le financement de nouveaux besoins en personnel ainsi que la compensation du manque à gagner induit par le nouvel Accord intercantonal sur les contributions aux coûts de formation des hautes écoles universitaires (AIU)».
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 19 mai 2022
18Mai2022
Politique des hautes écoles
A l’Université de Genève, une conférence jugée «transphobe» a été interrompue
«A Genève, des militants et militantes ont à une nouvelle fois interrompue hier soir une conférence qu’ils jugeaient «transphobe», et c’est la deuxième fois en trois semaines que des soutiens de la communauté trans empêchent un évènement dans les murs de l’Université. Et cette fois-ci, l’Université va porter plainte.» (RTS)
Les archéologues peuvent-ils aider à rendre la société plus verte?
«L’archéologie n’est pas qu’une affaire de vieilles pierres! Son rôle est bien plus actuel qu’on se le figure, à l’interface entre sciences humaines, aménagement du territoire et construction. Pour Marc-Antoine Kaeser, directeur du Laténium et professeur à l’Institut d’archéologie à l’Université de Neuchâtel, l’archéologie a aussi un rôle clé à jouer dans la transition climatique, en gardant vivante la mémoire des territoires et de leurs mutations. Il y consacre un essai, publié en avril 2022 par l’Académie suisse des sciences humaines et sociales.»
Les projets actuels du Conseil suisse de la science
Sabine Süsstrunk, présidente du Conseil suisse de la science (CSS), informe sur les projets actuels de cet organe:
- Concernant la situation professionnelle des postdoctorant-es, le CSS prépare des recommandations dans le but d’offrir de meilleures perspectives aux postdoctorants, et ce, «aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des milieux scientifiques».
- Par ailleurs, «à la suite de la pandémie de Covid-19, le CSS s’est par ailleurs demandé comment la Suisse pourrait améliorer sa préparation à d’éventuelles nouvelles crises.»
- «Le CSS a mandaté une étude qui a pour but d’établir un inventaire des conseils scientifiques proposés par la politique fédérale et de les soumettre à un examen critique. Selon les premiers résultats de cette étude, des situations de crise différentes impliquent des formes de conseil scientifique différentes. Les organes ad hoc, qui sont mis en place juste avant ou pendant une crise, présentent des inconvénients au niveau du processus de conseil et de la mise en œuvre des mesures. Les organes permanents ont quant à eux le désavantage de ne pas définir clairement les rôles à assumer lors des situations de crise.»
- rôle des scientifiques
- carrière académique
- employabilité des diplômé·e·s
- collaboration hautes écoles – politique
Recherche sur le Covid-19 se stabilise pour la première fois depuis le début de la pandémie
Après une croissance explosive et sans précédent en 2020 et 2021 de la recherche sur le Covid-19, la vague de publication commence à se stabiliser pour la première fois. Maintenant que de nombreuses lacunes dans les connaissances cliniques et épidémiologiques ont été comblées, la plupart des clinicien-nes et épidémiologistes se concentrent de nouveau sur leurs propres intérêts spécialisés. «Il existe de nombreuses autres maladies [infectieuses] mortelles prioritaires qui ont été négligées pendant l’ère Covid-19 et qui nécessitent une attention particulière.», avance Alimuddin Zumla, chercheur en maladies infectieuses à l’University College London.
L’impact moindre des publications Ccovid-19, et les récompenses professionnelles moindres qui en découlent pourrait être l’une des raisons pour lesquelles certain-es chercheur-es se retirent, argumente Philip Shapira de l’Université de Manchester, qui a analysé la base de données de plus de 500 000 articles liés à la pandémie. Aussi, les rédacteur-es de revues sont devenus plus sélectifs concernant la publication d’articles sur le Covid-19.
Le CERN se rapproche du libre accès total
Depuis 2014, le CERN exige que tous les articles de recherche primaire, examinés par des pair-es et émanant d’auteur-es de l’organisation, soient publiés en libre accès.
Dans un communiqué, le CERN annonce d’être sur le point d’honorer pleinement cette politique : En 2021, 93,7 % des 1058 publications des auteurs du CERN ont été publiées en libre accès. «Atteindre un taux de 100% d’OA [libre accès] pour les résultats de recherche du CERN n’est pas simplement une aspiration ; c’est une exigence politique et un élément clé de notre approche holistique de la science ouverte, dont la pratique globale est, selon nous, essentielle à la réalisation de notre mission scientifique.»
Le président Zelensky invite les universités américaines à contribuer à la reconstruction du système d’enseignement supérieur ukrainien
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté les universités américaines à fournir l’expertise en matière de défense, de cybersécurité, d’aéronautique et de santé nécessaire pour reconstruire l’économie et les infrastructures de son pays ravagé par la guerre. Mais les modalités d’octroi de cette aide ne sont pas claires, pas plus que ce que le secteur universitaire américain, largement privé, pourrait faire pour aider à long terme.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 18 mai 2022
17Mai2022
Politique des hautes écoles
Yves Flückiger se prononce sur les revendications des étudiant-es de l’UNIGE
Dans un interview avec le Temps, le recteur de l’Université de Genève (UNIGE) Yves Flückiger se prononce sur les controverses qui agitent actuellement l’Alma mater. Concernant la revendication des étudiant-es musulman-es pour un lieu de prière, il répond qu’aucune dérogation de la loi sur la laïcité ne sera admise. Seul un lieu de méditation peut être imaginé, mais qui exclurait toujours la pratique religieuse de la prière.
Pour lui, cette revendication s’apparente avant tout à une action politique. «On peut imaginer que ces étudiants, ou les personnes qui parlent en leur nom, cherchent le conflit, ou du moins qu’ils souhaitent un durcissement pour pousser l’institution à réagir», dit il par rapport à une pétition demandant l’ouverture d’une salle de méditation, signée par trois mille personnes.
Alors que les mouvements militants ont toujours été présents à l’université, il avance que «aujourd’hui, il y a davantage de porosité, amplifiée par les réseaux sociaux, ce qui fait gonfler revendications et polémiques. Beaucoup d’entre elles nous viennent directement des campus anglo-saxons. Les reporter ici, dans d’autres contextes, revient à ne pas tenir compte d’une réalité qui est différente. Je trouve cela dommageable. Je note aussi une autre différence: les mouvements de l’époque avaient lieu sans interdire la parole.»
Sur twitter l’assistante doctorante à l’UNIGE Laure Piguet a réagi sur cet article.
Création d’un centre de recherche sur l’espace
Un centre de compétence de l’Agence spatiale européenne (ESA) va être créé à l’Institut Paul Scherrer (PSI) à Villigen (AG). Un accord de coopération a été signé mardi par la secrétaire d’Etat Marina Hirayama et le directeur général de l’ESA Josef Aschbacher. L’European Space Deep-Tech Innovation Centre doit jouer un rôle de coordinateur et rendre possible la réalisation de projets réunissant des partenaires des hautes écoles et de l’industrie en Suisse et dans les Etats membres de l’ESA.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 17 mai 2022
16Mai2022
Politique des hautes écoles
La culture du débat en Allemagne a perdu son éclat
Dans la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), historien à l’Université de Saint-Gall, Caspar Hirschi remémore les années 2000 en Allemagne, où régnait une culture de débat vive dans la sphère publique. Selon l’historien, les débats scientifiques étaient nourris par les prémisses qu’on était pas d’accord sur presque tout, sauf sur le fait qu’il valait la peine d’en débattre en commun.
Aujourd’hui, cette volonté curieuse de se confronter à d’autres points de vue a été remplacée par «une panique morale qui incite à rejeter préventivement tout ce qui ne correspond pas à sa propre vision du monde», argue-t-il. Il redoute l’arrivée d’un «habitus de la pensée précipitée» qui préfère le jugement rapide à la gestion de l’ambivalence. En comparaison, la culture du débat en Suisse semble presque détendue et bien plus ouverte à des avis contraires.
Caspar Hirschi estime que la perte d’une illusion de sécurité suite à certains événements (Fukushima, Brexit, l’élection de Trump, la pandémie, l’invasion de l’Ukraine) a eu une influence négative sur l’esprit d’ouverture qui régnait en Allemagne.
Quelle place pour la réligion à l’Université?
Dans un article d’opinion du Temps, la journaliste Laure Lugnon commente la polémique autour de la revendication des étudiant·e·s musulman·e·s pratiquant·e·s de l’Université de Genève (UNIGE) de disposer d’une salle de méditation pour pouvoir effectuer leurs prières. Depuis des années, ces dernier·ère·s devaient prier dans une cage d’escaliers, car la loi genevoise sur la laïcité ne permet pas l’exercice du culte dans les lieux de l’État, et par conséquent dans les bâtiments de l’UNIGE.
Fortement opposée à cette pratique, la journaliste interprète la revendication comme un combat politique identitaire. Pour elle, l’affaire est claire : «l’université est le lieu du savoir, du questionnement, de l’esprit critique et de la raison, lesquels n’ont que faire des identités et des chapelles. Ces dernières sont de l’ordre de l’intime […]. Vouloir les imposer dans l’espace étatique et public est un acte politique qui commande une réponse politique.».
Le Président des HES s’oppose à la motion sur l’équivalence des diplômes de la formation professionnelle supérieure
Le Conseil national a adopté début mars la motion sur l’équivalence des diplômes de la formation professionnelle supérieure. Il s’agit d’introduire des nouveaux titres comme «Professional Bachelor» et «Professional Master» dans le but de revaloriser les formations professionnelles. La prochaine étape sera le passage de la motion au Conseil des Etats.
André Silberschmidt, Président de la HES et conseiller national (PLR, ZH) s’oppose à cette motion. Le titre de «bachelor»/«master» introduit une «académisation» inadaptée à l’enseignement des HES qui est orienté sur la formation professionnelle, argue-t-il. De plus, ces titres ne sont pas adaptés à l’hétérogénéité et spécialisations des diplômes professionnels. Au niveau international, les diplômes des HES se verraient comparés à un autre niveau de formation et, par conséquent, indirectement dévalorisés.
L’Unil dans les médias
Actions contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie à l’UNIL
«À l’occasion de la journée du 17 mai, venez découvrir les actions menées et le travail quotidien effectué à l’UNIL pour prévenir et agir contre les discriminations à l’encontre des personnes LGBTIQ+.»
Revue de presse UNIL 16 mai 2022
13Mai2022
Politique des hautes écoles
«Dix ans plus tard, les chercheurs universitaires suisses toujours autant précarisés»
«Concilier travail académique et vie familiale, un exercice impossible? Un rapport du Bureau d’études de politique sociale et du travail (BASS) souligne que pour une majorité de chercheurs – et surtout de chercheuses – la tâche est difficile. «Pour réussir dans le monde académique, on doit souvent sacrifier sa vie privée», explique Laure Piguet, assistante à l’Université de Genève et active dans le comité Petition Academia.»
Le FNS effectue des recherches sur ses propres activités
Aux côtés du Research on Research Institute, le Fonds national suisse pour la recherche (FNS) contribue à la base de connaissances internationales sur l’encouragement de la recherche. Ils présenteront leurs projets lors d’une manifestation hybride à Berne.
A AgroParisTech, le discours d’étudiants refusant les «jobs destructeurs» qui leur sont promis
«C’est l’histoire d’une remise des diplômes qui dérape. A l’AgroParisTech, samedi 7 mai, huit jeunes diplômés ont tout simplement appelé leurs camarades de promotion à changer de voie. Ou quand les problématiques écologiques s’invitent au cœur du système agroalimentaire français. Dénonçant une école dont la formation participe «aux ravages écologiques et sociaux en cours», ce collectif appelé «Des agros qui bifurquent» clame son rejet des notions de développement durable, de croissance verte ou encore de neutralité des sciences.» (Heidi.news)
«Nous devons réfléchir au rôle de l’automatisation du travail dans notre société»
«Il y a un mois, l’EPFL et l’Université de Lausanne mettaient en ligne un outil permettant de calculer la probabilité qu’un métier soit à l’avenir automatisé et confié à des robots intelligents. Les deux établissements proposent également des reconversions professionnelles pour ceux qui sont les plus à risque. Si ce projet dresse un tableau intéressant de l’avenir du travail face à l’évolution de la technologie, il soulève beaucoup de questions quant aux avantages et aux risques plus larges liés à l’automatisation de nos emplois. Anna Leander, professeure en relations internationales et sciences politiques à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève (IHEID), experte en sécurité des marchés, y répond.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 13 mai 2022
12Mai2022
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 12 mai 2022
11Mai2022
Politique des hautes écoles
Les effets de la ménopause et comment les universités peuvent aider
Les symptômes de la ménopause – par exemple l’insomnie, la fatigue et la difficulté à se concentrer – peuvent avoir un impact important sur la carrière. Selon une étude réalisée au Japon, 5% des personnes affectées quittent leurs emplois, refusent des promotions, réduisent leurs heures de travail ou ont été rétrogradées à cause des symptômes. La ménopause survient souvent au moment où les gens accèdent à des postes plus élevés et plus exigeants. Dans le domaine de la recherche, comme dans d’autres carrières, «cette coïncidence amène très certainement certaines personnes à reconsidérer leurs ambitions professionnelles, ajoutant au phénomène du «tuyau percé» (leaky pipeline) des femmes dans les sciences. Selon l’éditorial de Nature, «Les femmes qui traversent cette étape de la vie ne devraient pas avoir à reculer ou à abandonner leur carrière en raison d’un manque de soutien de la part des employeurs. […] Chacun doit faire ses propres choix, mais personne ne devrait se sentir forcé de prendre une décision à cause d’un lieu de travail peu accueillant.»
La Royal Society à Londres, par exemple, a lancé l’année dernière un groupe de soutien pour la ménopause à l’intention du personnel et élabore actuellement des lignes directrices afin de s’assurer que les femmes savent comment accéder à un soutien, tel qu’un ajustement des rôles, des heures de travail ou de la technologie.
«Alignons notre pratique scientifique sur les enjeux impérieux de ce siècle»
«Face aux crises globales qui se dessinent, des étudiants des Ecoles normales supérieures s’engagent pour une recherche «impliquée», davantage connectée à la société.»
«De la pandémie au climat, pourquoi ça clashe entre scientifiques et politiciens»
Selon la journaliste de Heidi.news, Sarah Sermondadaz, «La rencontre de lundi 2 mai entre experts du climat et de la biodiversité devait être un rendez-vous solennel. Au final, elle a plutôt fait figure de rendez-vous manqué, avec seulement un gros tiers des membres des élus suisses présents. Les élus évoquent un couac de communication du parlement.» Par ailleurs, «L’événement a été émaillé d’un clash entre le conseiller national PLR Philippe Nantermod – qui avait annoncé son absence, expliquant «qu’il n’irait pas à la messe anticapitaliste et pro-décroissance» – et la professeure à l’Unil Julia Steinberger, co-autrice du Giec, présente lundi dernier», qui lui a riposté dans cet article.
Sarah Sermondadaz avance: «En fait ce qui différencie les scientifiques du climat et les politiciens, c’est que les premiers ont désormais l’habitude de composer avec le politique. […] Du côté du politique, on ne peut pas toujours en dire autant.»