L’Université de Genève est actuellement en discussion avec l’Université Al-Quds de Jérusalem afin de mettre sur pied une collaboration dans le domaine de la santé. «Des discussions avec l’Université Al-Quds sont effectivement en cours mais ne se sont pas, à ce jour, concrétisées dans un Memorandum of Understanding (MoU)», précise le vice-recteur Stéphane Berthet, chargé des Relations internationales et interinstitutionnelles de l’UNIGE. «La collaboration envisagée porte sur la recherche dans le domaine de la santé et en aucun cas sur la mobilité estudiantine», précise le vice-recteur. (Watson)
Bienvenue dans Synopsis!
Filtres des articles
3Nov2025
Politique des hautes écoles
La Suisse, pionnière en médecine de genre
Londa Schiebinger, historienne des sciences à l’Université de Stanford, se consacre à l’influence positive du genre sur la recherche. Elle en déduit trois «solutions» pour corriger le système actuel:
1. attirer davantage de femmes et de groupes sous-représentés dans les domaines des sciences, de la médecine et de la technologie, car ses travaux démontrent que les équipes de recherche mixtes obtiennent de meilleurs résultats
2. briser les préjugés inconscients et les schémas culturels dans les institutions
3. «corriger les connaissances» produites par les universités et les établissements médicaux.
Elle se réjouit beaucoup que les universités suisses souhaitent intégrer les contenus liés à la médecine de genre dans leur enseignement médical. «À Stanford, nous n’en sommes pas encore là.» Il n’existe que peu de cours spécifiques sur le thème de la médecine de genre. Elle regrette par ailleurs la pression que le gouvernement américain applique sur la recherche dans ce domaine.
31Oct2025
Politique des hautes écoles
En médecine, le numerus clausus vacille
«Alors que l’Union suisse des professions libérales s’inquiète de la pénurie de médecins, une motion veut assouplir les critères de sélection. Mais se pose la question des moyens à disposition»
«Un budget vaudois plus fragile que jamais»
«Le déficit attendu l’année prochaine par le canton fait grincer des dents. La gauche annonce le refus du projet en l’état, tandis que le PLR, l’UDC et les Vert’libéraux se positionnent en arbitres d’un débat explosif.»
L’UE va inscrire la sécurité de la recherche dans la législation
De nouvelles lois sur la sécurité de la recherche seront intégrées dans le futur Acte sur l’Espace européen de la recherche (ERA Act), a annoncé la commissaire européenne à la recherche, Ekaterina Zaharieva.
Ces lois auront pour objectif de protéger l’Union européenne contre des risques tels que le transfert non souhaité de technologies sensibles, les influences étrangères malveillantes ou encore les violations éthiques ou d’intégrité provenant de pays tiers.
L’ERA Act vise à instaurer des obligations juridiques et des incitations pour les États membres afin de créer un marché unique de la recherche. La Commission européenne avait déjà laissé entendre, en juin, qu’elle pourrait y inclure des mesures de sécurité, et la déclaration d’Ekaterina Zaharieva confirme désormais cette intention. Les détails concrets de la loi ne devraient cependant être dévoilés qu’en 2026, lors de la présentation officielle de l’Acte.
Lors de la première conférence de la Commission consacrée à la sécurité de la recherche, le 28 octobre à Bruxelles, Zaharieva a également annoncé trois nouvelles initiatives prévues pour 2024 :
-
La création d’un centre européen d’expertise en sécurité de la recherche ;
-
La mise en place d’une plateforme d’évaluation des risques liés aux coopérations internationales ;
-
L’élaboration d’une méthodologie commune permettant aux États membres de tester la résilience de leurs organisations de recherche.
Pourquoi ne pas miser davantage sur nos start-up?
La Conseillère nationale Estelle Revaz présente dans Le Temps des mesures à prendre pour encourager le transfert technologique et les start-ups en Suisse:
- «Une commande publique agit comme un label de confiance qui attire les investisseurs privés. La France et le Royaume-Uni l’ont compris depuis longtemps avec des quotas ou appels d’offres réservés aux entreprises innovantes.»
- Le mandat des institutions fédérales devrait, selon elle, inclure« le soutien à la croissance et au maintien en Suisse des start-up prometteuses, par exemple via une plateforme reliant investisseurs et jeunes pousses, et/ou un fonds tournant qui pourrait s’auto-alimenter au fil des succès.»
- Une e-Residency helvétique pourrait permettre à des étrangers et Suisses de créer une start-up en Suisse en 15 minutes, stimulant l’économie. Elle «renforcerait notre souveraineté technologique, et nous permettrait d’influencer la définition
des standards de demain» tout en permettant à la Suisse d’atteindre «la masse critique nécessaire pour attirer
durablement les investisseurs internationaux.»
Selon Science Business, l’Union européenne souhaite également faciliter des start-ups et scale-ups innovants, à travers l’Union européenne moyennant un réglement ou une directive qui s’appelle le 28e régime. «Le nombre « 28 » dans le nom provient des 27 États membres de l’UE et de leurs systèmes juridiques nationaux, qui sont étendus par une nouvelle possibilité à l’échelle de toute l’UE.» (Wikipedia)
Il s’agit de «mesures visant à faciliter la commercialisation sur l’ensemble du marché unique, mesures visant à garantir que les start-ups et les scale-ups puissent accéder aux capitaux dont elles ont besoin pour financer leur expansion, mesures visant à faciliter la mise en conformité des entreprises de taille intermédiaire avec la législation, marchés publics visant à soutenir l’innovation, mesures visant à attirer et à retenir les talents et «bacs à sable» réglementaires.» (Projet lancé en janvier 2025)
Ekaterina Zaharieva, commissaire chargée des start-ups, de la recherche et de l’innovation, a averti que restreindre l’utilisation du nouveau système d’enregistrement à des entreprises jugés «innovateurs» risquait de faire perdre un temps précieux.
Serena Borbotti-Frison, directrice générale du groupe de lobbying Allied For Startups y ajoute: « Il serait peut-être plus facile de convaincre les politiciens de ne soutenir dans un premier temps que les entreprises innovantes, mais il est difficile de définir ce qu’est une entreprise innovante.»
Friedrich Merz lance une agenda High Tech pour 18 milliards d’euro
Le chancelier allemand Friedrich Merz a lancé une Agenda High Tech qui soutiendrait les six secteurs suivants:
l’IA, la technologie quantique, la microélectronique, la biotech, la fusion et production d’énergie neutre en carbone et des technologies pour une mobilité neutre en carbone.
Outre les technologies clés, cette agenda met également en œuvre des projets dans des domaines de recherche stratégiques importants. Il s’agit de l’aéronautique et de l’aérospatiale, de la recherche en matière de santé, de la recherche en matière de sécurité et de défense, de la recherche sur les océans, le climat et la durabilité, ainsi que des sciences humaines et sociales (p.37).
Les objectifs:
- «Grâce à une offensive en matière d’IA, nous voulons que 10 % de notre performance économique soit basée sur l’IA d’ici 2030, augmenter la productivité du travail et faire de l’intelligence artificielle (IA) un outil important dans les domaines centraux de la recherche et des applications. […]»
- «Nous améliorons de manière mesurable la disponibilité et l’utilisabilité des capacités d’IA (algorithmes, données, ordinateurs, outils logiciels, puces IA) pour la science, la recherche, l’économie, l’administration et la société. […]»
- «Nous deviendrons un acteur central pour la prochaine génération d’IA et dans la concurrence mondiale. […]»
- «Nous renforçons la base de main-d’œuvre qualifiée dans les technologies quantiques. […]»
Les universités adhèrent au programme européen en matière de compétitivité
Selon un rapport de l’Association européenne des universités (EUA), les universités adoptent une approche pragmatique face à la nouvelle orientation de l’UE en matière de compétitivité. Elles adhèrent non seulement aux nouvelles priorités économiques du Conseil de l’Europe, mais y voient également une opportunité à saisir, par exemple en mettant en avant leurs atouts dans le domaine de la R&D liée à la défense, là où elles en disposent.
Le rapport «Universities and Competitiveness» s’appuie sur des ateliers et des entretiens menés auprès de 45 dirigeants et responsables universitaires basés dans 21 pays. Les participants ont notamment été invités à envisager trois scénarios théoriques pour 2035, dans lesquels les fondements politiques et économiques sont solides, en déclin ou en voie de disparition.
Au cours de ce processus, les universités participantes se sont montrées à l’aise avec le programme en matière de compétitivité ait été formulé par les institutions européennes à Bruxelles, «le défi est reconnu et partagé par les universités», indique l’EUA dans son rapport.
«Dans le même temps, ils ressentent clairement la main de Bruxelles qui tente d’aligner le monde universitaire sur les priorités politiques, par exemple à travers des initiatives telles que la loi sur l’Espace européen de la recherche, Choose Europe et l’Union des compétences. «Bien que cela ne signifie pas pour autant un pilotage détaillé et descendant des universités en soi, ces initiatives fixent des objectifs politiques généraux et une orientation pour le secteur, tout en émettant certaines hypothèses sur le rôle des universités dans la société», indique le rapport.» (Science Business)
L’Unil dans les médias
La communauté de l’UNIL adopte des outils IA générative
«Du 29 novembre au 13 décembre 2024, le Groupe expert IA de l’Université de Lausanne a mené un vaste sondage auprès de la communauté universitaire afin de mieux comprendre les usages, perceptions et attentes liés à l’intelligence artificielle (IA). Avec 1827 répondant·es, cette enquête a constitué une base précieuse pour orienter la stratégie institutionnelle de l’UNIL en matière d’IA.»
Revue de presse Unil 31 octobre 2025
30Oct2025
Politique des hautes écoles
Projet de modification de la loi sur la Haute école pédagogique vaudoise
Le Conseil d’État propose un projet de modification de la loi sur la Haute école pédagogique, dont le principal objectif est d’introduire une voie de réclamation. La voie de droit actuellement prévue pour les étudiantes et les étudiants ne permet plus de traiter les recours dans des délais raisonnables. […] Une première instance similaire existe déjà à l’Université de Lausanne et dans les hautes écoles spécialisées du Canton.
Nouveau centre de recherche sur l’intelligence artificielle dans le secteur des assurances
Le Zurich Insurance Group (Zurich), l’Université de Saint-Gall et l’EPFZ ont fondé un nouveau centre de recherche qui vise à repenser l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les assurances. Appelé «Zurich AI Lab», la collaboration a pour but de rechercher et développer de nouveaux modèles commerciaux, processus et offres dans le secteur des assurances. Elle garantit aux partenaires académiques une totale liberté de recherche. (Inside IT)
Des cadres de la compagnie d’assurance Zurich, des professeur·es, doctorant·es et étudiant·es de master travailleront sur des sites à Saint-Gall, Zurich et Singapour.
«La justice zurichoise sanctionne l’occupation de l’EPFZ en mai 2024 par des militants»
Cinq militant·es pro-palestinien·nes ont été condamné·es pour violation de domicile à des amendes avec sursis pour l’occupation de la halle principale de l’EPFZ le 31 mai 2024. Deux personnes ont été acquittées car la plainte envers elles était invalide au niveau procédurale. La défense a annoncé faire appel de la décision.
La présidente du tribunal a déclaré que le droit de propriété de l’EPFZ a été appliqué. Les arguments de la défense (notamment un état d’urgence, la liberté d’expression et celle de réunion) ont été rejetés. Le tribunal a estimé que d’autres moyens légaux existaient pour faire valoir leurs opinions. De plus, l’EPFZ avait indiqué sa disposition à dialoguer avec les manifestant·es. Tou·tes les accusé·es ont cependant été acquitté·es du chef d’accusation de participation à une manifestation non autorisée, car l’EPFZ, en tant qu’établissement de droit public, est soumise au droit fédéral et le droit communal ne peut donc pas s’appliquer.
D’autres procédures sont toujours en cours, notamment le procès contre les militants·e qui ont occupé le bâtiment principal de l’EPFZ le 7 mai 2024. (RTS, NZZ)
- engagement politique
- associations estudiantines
- rôle des universités
- liberté d’expression
- conflit israélo-palestinien
«Retards dans l’octroi des titres de médecins- la pression monte sur la FMH»
«Quelque 2500 dossiers sont en attente auprès de l’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue (ISFM), unique organisme habilité à délivrer ces titres en Suisse. Les délais d’attente sont de douze mois alors qu’ils ne devraient pas en excéder deux à trois.» Ces délais retardent l’entrée dans la vie active des jeunes diplômé·es et peuvent entraîner un manque à gagner d’environ 1’000 francs par mois. Afin de défendre leurs intérêts, quelque 150 médecins ont créé l’association «La relève médicale suisse». Jeudi de la semaine dernière, plusieurs associations de médecins (Asmac, AMIG, Asmav) ont rédigé une lettre ouverte dans laquelle elles exigent le recrutement de davantage de personnel pour traiter les dossiers (ce que la FMH assure être en train de faire) ainsi qu’une rencontre avec la Fédération des médecins (FMH) d’ici au 6 novembre.
Yvonne Gilli, présidente de la FMH, assure qu’une cellule de crise a été créée et qu’une aide informatique est fournie à l’ISFM.
L’Unil dans les médias
«Unisanté a déménagé»
«Le déménagement d’Unisanté sur le campus du Biopôle à Lausanne s’est achevé. Le centre universitaire de médecine générale et de santé publique propose désormais une offre médicale complète à proximité de la station de métro Vennes, sur les hauts de la capitale vaudoise.» (Le Courrier)
«Ce déménagement permet notamment de rassembler, sur un seul site, des activités jusqu’ici réparties sur une dizaine de lieux: le nouveau siège comprend des espaces cliniques, des laboratoires, ainsi que des locaux dédiés à la recherche et à la formation.» (MedInside)
Revue de presse Unil 30 octobre 2025
29Oct2025
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 29 octobre 2025
28Oct2025
Politique des hautes écoles
Vent debout contre les coupes budgétaires fédérales
La commission des finances a entendu pendant deux jours les parties prenantes touchés par les coupes fédérales (tous les domaines sont touchés, à l’exception de l’armée et de l’AVS). Les partis prenants sont d’accord de faire des économies, mais pas dans leur domaine. Elle n’a pas encore pris de décision préliminaire.
Selon le journaliste de la NZZ, le débat à venir promet d’être «court et intense». «Après le Conseil des États en décembre, ce sera au tour du Conseil national en mars 2026, puis probablement du peuple en septembre. Il est presque certain que la gauche lancera un référendum. À moins que la majorité bourgeoise ne modifie profondément le projet. La situation deviendra vraiment difficile si le projet échoue. À moins que des recettes fiscales supplémentaires ne tombent du ciel, le Conseil fédéral et le Parlement devront décider dans les plus brefs délais de coupes budgétaires relativement drastiques afin de respecter le frein à l’endettement.»
Karin Keller-Sutter, cheffe des finances au Conseil fédéral, a développé un Plan B «dissuasif»: «Si le paquet échoue, la Confédération devra réduire à court terme les dépenses qui restent inchangées, car les autres sont liées par la loi. Cela concernerait notamment la formation et la recherche, l’aide au développement, l’agriculture et l’armée. Selon le Conseil fédéral, des coupes budgétaires pouvant atteindre 10 % seraient nécessaires. Sa conclusion : «En cas d’échec de l’EP27, un nouveau paquet de mesures d’allègement budgétaire devrait être rapidement mis en place, en tenant compte, le cas échéant, d’augmentations d’impôts.» (Neue Zürcher Zeitung)
Selon la SRF, «Après les protestations des cantons, de l’Union suisse des paysans et des institutions de formation et de recherche [par exemple swissuniversities], le Conseil fédéral maintient ses plans d’économies, mais le «paquet d’allègements» ne devrait plus permettre d’économiser 3,6 milliards de francs, mais 3 milliards.»
La communauté scientifique salue le projet de bourses «loterie» dans le cadre d’Horizon Europe, à condition qu’il soit bien mené
Plusieurs acteurs de la communauté scientifique soutiennent l’idée d’introduire un système de tirage au sort dans le financement de la recherche européenne (Horizon Europe), à condition que les meilleures propositions gardent les meilleures chances d’obtenir des fonds.
Selon Kamila Kozirog, de l’Association européenne des universités, l’introduction d’un élément de randomisation pourrait réduire les biais et alléger la charge de sélection, mais elle devrait se limiter à des tirages au sort de départage, lorsqu’un petit nombre de projets reçoivent exactement les mêmes notes.
La Commission européenne prévoit d’expérimenter ce type de tirage au sort pour départager les ex æquo, dans le but de lutter contre la sursouscription («oversubscription») du programme : en 2025, seuls 12 % des projets soumis ont été financés. Cependant, il ne s’agira pas d’un pur hasard : les tirages seront conditionnels, combinés à une évaluation, plus traditionnelle, par les pairs.
Aujourd’hui, les départages reposent sur une procédure complexe à cinq critères (couverture des objectifs de l’appel, excellence, impact, équilibre hommes-femmes, etc.), utilisée dans 22 % des cas entre 2021 et 2023. Ce système est jugé chronophage et parfois subjectif, bien qu’il ait le mérite de promouvoir certaines valeurs européennes comme l’égalité de genre.
Certains experts, comme Jörg Schmiedmayer (Université technique de Vienne), estiment que le tirage au sort pourrait être utile uniquement pour les projets proches du seuil de financement, tandis que les meilleurs projets devraient être financés directement. D’autres suggèrent de limiter le nombre de candidatures par institution afin de réduire le volume de dossiers et d’améliorer leur qualité.
Enfin, plusieurs évaluateurs soulignent que les vrais ex æquo sont rares et que la solution la plus efficace serait d’augmenter le budget consacré à l’excellence scientifique, plutôt que de recourir largement au hasard.
- évaluation par des pairs
- financement public
- Horizon Europe (anciennement FP9)
- évaluation – chercheur·e·s
- FP10
La pénurie de personnel qualifié s’aggrave dans les professions libérales
«Le manque de personnel qualifié s’aggrave en Suisse dans les professions libérales. Environ 70% des actifs dans des métiers comme la médecine, l’architecture, la physiothérapie, le notariat ou le conseil en orientation considèrent la pénurie de personnel comme un problème majeur dans leur secteur.» (RTS)
L’Union suisse des professions libérales (USPL) «réclame désormais des mesures pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, telles que l’augmentation du nombre de personnes en formation dans les domaines de la santé et de la technique, ainsi que la hausse des tarifs, en particulier pour les médecins généralistes, pédiatres, physiothérapeutes, psychologues, chiropracteurs et orthophonistes indépendants. […] De plus, les formations dans les disciplines concernées devraient préparer de manière adéquate à une éventuelle activité indépendante.» (USPL)
L’UE encourage le secteur de la recherche à adopter des pratiques durables
Les actions Marie Skłodowska-Curie (MSCA) viennent de publier une mise à jour complète de la Charte verte des MSCA. Des documents d’orientation accompagnent la charte et proposent des recommandations concrètes, des exemples et des outils destinés à aider les chercheurs et les organisations à aligner leurs pratiques de recherche sur les objectifs de durabilité.
Les préconisations couvrent des domaines tels que:
- les déplacements, les événements et les réunions,
- les environnements de recherche gourmands en ressources,
- l’utilisation du matériel, des logiciels et des données,
- les installations, les infrastructures et les achats.
- gestion de données de recherche
- durabilité des universités
- gestion – ressources informatiques
- durabilité et climat
Expériences visant à instaurer la confiance dans la science
Meagan Phelan, directrice de la communication pour la famille de revues Science, souligne l’importance de la transparence dans la recherche pour améliorer la confiance publique dans la science. Elle donne cinq conseils:
- «Associez l’ouverture à l’explication. Le libre accès est un fondement, pas une ligne d’arrivée. Les éditeurs apportent une valeur ajoutée en aidant le public à interpréter la science, grâce au contexte, aux commentaires d’experts et au cadrage narratif.»
- «Montrez la science en action. Ne cachez pas les débats ni les incertitudes.» Un exemple est d’organiser une conversation entre chercheurs qui semblent être venu à des conclusions divergentes.
- «Donnez aux auteurs les moyens d’assurer la transparence» de leur recherche
- «Faites preuve d’intégrité en public»: communiquer des rétractions
- Communiquer sur le rôle des maisons d’édition
- open access
- vulgarisation scientifique
- transparence – recherche
- open science
- médias et universités
- image de la science
- open data
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 28 octobre 2025
27Oct2025
Politique des hautes écoles
«Le CHUV dans le top dix des hôpitaux les plus actifs d’Europe pour la recherche»
Selon une étude menée par l’Office européen des brevets (EPA) à Munich, le CHUV et l’Hôpital universitaire de Zurich (USZ) sont parmi les 10 hôpitaux les plus actifs en matière de recherche en Europe. L’enquête avait pour but d’identifier les institutions hospitalières ayant déposé le plus de brevets au cours des 20 dernières années. Voici le classement des hôpitaux suisses selon leur nombre de brevets:
- 8ème: Hôpital universitaire de Zurich (USZ) (364 brevets)
- 9ème: CHUV (356 brevets)
- 11ème: Hôpital universitaire de Bâle (317 brevets)
- 23ème: HUG (181 brevets)
La fuite des cerveaux américains, un avantage à saisir
La politique du gouvernement Trump envers la recherche pousse de nombreux·euses scientifiques américain·es ou expatrié·es à quitter les États-Unis. Cependant, en Suisse, les universités et leurs faîtières ne proposent actuellement pas de forte politique d’accueil pour ces scientifiques américain·es. Des chercheur·euses prestigieux·euses ont néanmoins pu être engagé·es de manière ponctuelle, tel·les les prix Nobel Esther Duflo et Abhijit Banerjee à l’Université de Zurich, grâce à un financement privé de la Fondation Lemann. La réticence actuelle des universités suisses pourrait être liée à des restrictions budgétaires dans le domaine au sein du pays, ainsi que par les faits de ne pas vouloir provoquer publiquement les États-Unis ou compromettre des partenariats de recherche avec eux.
Selon plusieurs expert·es et le rédacteur en chef du journal, cette situation représente cependant «une énorme opportunité pour les universités européennes». Il ne s’agirait pas seulement d’accueillir des scientifiques américains·es, mais aussi de récupérer des chercheur·euses qui ne voudraient désormais plus rejoindre les Etats-Unis pour tout ou partie de leur carrière.
Patrick Aebischer, ancien président de l’EPFL propose alors la solution suivante: combiner financement public et privé afin de transformer la fuite des cerveaux américains en avantage durable pour l’innovation helvétique.
L’Unil dans les médias
Transition écologique, comment passer du «on fait tout ce qu’on peut» à «on fait ce qu’il faut»?
Dans cet article publié dans le numéro spécial de la revue NOV’AE d’INRAE, le vice-recteur Transition écologique et campus de l’UNIL écrit comment une stratégie de transition écologique devrait être à la hauteur des enjeux dans une institution, en mettant en place des mesures comme :
- l’évaluation de la biosphère (Donut)
- l’assemblée citoyenne
- une feuille de route ambitieuse
Revue de presse Unil 27 octobre 2025
24Oct2025
Politique des hautes écoles
«Les statisticiens doivent s’engager pour une meilleure littératie des données»
Deux scientifiques de l’UNIL, Fabienne Crettaz von Roten, professeure, et Esther Eustache, première assistante de l’ ISSUL, ont écrit: «Il est essentiel que les statisticiens poursuivent et renforcent leurs efforts pour rendre les données accessibles et compréhensibles par tous. Mais encore faut-il leur en donner les moyens, la formation et la reconnaissance. Universités, administration, institutions de recherche: toutes doivent soutenir ces démarches, les valoriser dans les carrières, et encourager les collaborations entre statisticiens, journalistes et acteurs de la société civile. Il est de la responsabilité des scientifiques, mais aussi des décideurs, des médias et du système éducatif, de construire les conditions d’un dialogue entre les données et la population.»
«L’attention sera la supercompétence du XXIe siècle»
«L’UNIGE propose en janvier 2026 une microcertification de deux jours sur les compétences attentionnelles en milieu professionnel. L’occasion d’explorer les mécanismes de l’attention ainsi que les stratégies pour les renforcer.»
À la suite d’un article de Raphaël Zaffran, directeur adjoint du Centre pour la formation continue et à distance et codirecteur de la formation en question consacré au défi de la concentration à l’ère de l’économie de l’attention, il a été sollicité par plusieurs acteurs du tissu économique et social genevois. «Inquiets de l’érosion de l’attention au sein de leurs équipes, ils nous ont confirmé que cette problématique constituait une préoccupation grandissante.»
L’Égypte rejoint officiellement Horizon Europe
L’UE et l’Égypte ont officiellement signé un accord conclu en avril qui permet aux chercheurs et innovateurs égyptiens d’accéder à toutes les parties du programme.
La recherche universitaire devient-elle trop compétitive ?
«Les taux de réussite des principales subventions de recherche européennes sont en baisse, certains atteignant à peine quelques points de pourcentage, car l’augmentation du nombre de demandes dépasse largement les fonds disponibles. Les données recueillies par Nature montrent que les chercheurs, en particulier ceux qui sont au début de leur carrière universitaire, sont confrontés à une concurrence de plus en plus féroce pour poursuivre leur carrière dans la recherche.»
La France reste championne européenne des brevets dans la recherche publique
«Depuis vingt ans, la France occupe cette place de leader en termes de nombre de brevets déposés par des organismes de recherche publique. […] L’Office européen des brevets souligne d’ailleurs une caractéristique typique de la recherche française : le partenariat entre les différents organismes. Universités, organismes publics de recherche et hôpi taux universitaires sont fréquemment codemandeurs de demandes de brevets. De même, la France se distingue par le nombre de ses start-up associées à des demandes de brevets européens émanant d’organismes publics de recherche, d’universités ou d’hôpitaux universitaires […].»
Abus de pouvoir: Le cas Thomas Crowther
«Il était considéré comme un chercheur vedette : le climatologue rénommé Thomas Crowther a enseigné pendant sept ans à l’ETH Zurich, puis a dû quitter l’institution en raison d’accusations d’abus. L’affaire est close, mais elle en dit long sur le problème de l’abus de pouvoir dans les universités suisses.»
Le professeur avait enfreint à plusieurs reprises les règles internes dans différents domaines. De plus, il a exercé ses responsabilités de direction d’une manière qui contredit en partie les valeurs de l’ETH Zurich.
Tom Crowther est donc licencié au lieu d’être engagé cette année comme professeur à durée indéterminée à l’ETH. L’ETH a mis ensuite en place un système de signalement en ligne amélioré. Sur demande, elle précise également que les futur·es professeur·es sont aujourd’hui soumis à un examen plus approfondi de leurs compétences en matière de direction qu’il y a quelques années. Selon son expérience, il faut avant tout une chose pour lutter contre les abus de pouvoir dans les universités, explique la sociologue et politologue Margrith Hugentobler, co-fondatrice de l’organisation Speak up in Academia :«En fin de compte, le message doit venir du sommet : «Cela ne sera pas toléré chez nous.»»
France : «La refonte des études de médecine repoussée à 2027»
«Le gouvernement a lancé une « concertation nationale » pour refondre les études de santé en une voie unique. Le Sénat vient de donner le premier coup de pioche au système actuel, jugé trop complexe.»
L’Unil dans les médias
Expérimentation animale à la FBM: bilan 2024 et évolutions en cours
«Le nombre d’animaux utilisés dans la recherche biomédicale à l’Université de Lausanne et au CHUV en 2024 reste dans la lignée des tendances observées depuis dix ans. En parallèle, les expériences les plus contraignantes pour les animaux reculent, témoignant d’une évolution progressive des pratiques scientifiques.»
Revue de presse Unil 24 octobre 2025
23Oct2025
Politique des hautes écoles
«Les protocoles universitaires» : nouvelle recherche sur l’abus de pouvoir dans les universités suisses
«L’abus de pouvoir est nettement plus répandu dans les universités suisses que ne le laissent supposer les cas isolés retentissants rapportés ces dernières années», résume le journal d’investigation REFLEKT qui a publié les résultats d’une étude sur ce sujet. «En très peu de temps» 180 personnes ont répondu à l’appel de témoignages, 38 d’entre eux·elles ont été interviewé·es.
Les accusations des personnes interrogées vont «du harcèlement moral et des humiliations à la discrimination, au harcèlement sexuel et aux agressions. Une grande majorité d’entre elles décrivent des problèmes psychologiques résultant d’abus de pouvoir, le plus souvent des dépressions, des troubles du sommeil, des troubles anxieux et des crises de panique»
Les doctorant·es sont particulièrement exposé·es à ces problèmes. Les réponses révèlent des problèmes structurels dans le monde scientifique : «les hiérarchies rigides, les contrats à durée déterminée ou l’autonomie universitaire favorisent les abus de pouvoir et rendent les sanctions difficiles. De nombreuses victimes n’osent même pas signaler les incidents. Et lorsqu’elles osent le faire, les conséquences pour les professeurs sont rares.»
Les journalistes en viennent à la conclusion que les mesures prises par les universités (dont la plateforme anonyme de dénonciation de l’UNIL) «ne semblent remplir leur fonction que de manière limitée». (Reflekt)
«Les personnes qui décident des mesures à prendre ne sont pas neutres », critique Janet Hering, professeure émérite et ancienne directrice de l’institut Eawag dans le domaine des EPF. «Parfois, leurs décisions visent à protéger l’institution plutôt que les personnes concernées.» (SRF)
Sept universités américaines rejettent le «compact» de l’administration Trump
Le «Compact for Academic Excellence in Higher Education», élaboré par l’administration Trump et envoyé le 1er octobre à neuf grandes universités américaines, propose aux établissements d’enseignement supérieur un avantage financier en échange de leur adhésion à une série de critères idéologiques et administratifs.
Principales dispositions du pacte
Les universités signataires devraient :
-
Exclure tout critère démographique (sexe, race, religion, orientation sexuelle, etc.) dans les décisions d’admission, d’aide financière ou de recrutement.
-
Garantir une “neutralité institutionnelle” et supprimer les structures jugées hostiles aux idées conservatrices.
-
Interdire aux employés de s’exprimer publiquement sur des sujets politiques ou sociaux, sauf à titre personnel.
-
Définir les notions d’“homme” et de “femme” selon les fonctions biologiques et reproductives.
-
Rendre gratuites les études en sciences dures dans les universités disposant d’un fonds de dotation supérieur à 2 millions de dollars par étudiant.
-
Déclarer toute source de financement étranger.
Ce pacte a été envoyé à : l’Université de Pennsylvanie, de Virginie, d’Arizona, du Texas à Austin, de Californie du Sud, Vanderbilt, Dartmouth, Brown et le MIT.
Réactions et controverses
La Maison-Blanche a défendu l’initiative, déclarant que refuser le pacte revenait à “céder aux bureaucrates de gauche radicale.”
Mais plusieurs universitaires ont dénoncé une atteinte grave à la liberté académique. Simon Marginson (Université d’Oxford) a estimé que le pacte instaurerait un niveau de contrôle fédéral inédit sur la pensée nationale.
Le 12 octobre, Donald Trump a élargi l’offre à toutes les universités américaines via Truth Social.
Réponses des universités (au 20 octobre)
Toutes les universités sollicitées ont rejeté le pacte :
-
MIT (10 octobre) : le texte viole la liberté d’expression et l’indépendance universitaire.
-
Brown University (15 octobre) : le pacte menace la gouvernance autonome et la liberté académique.
-
University of Southern California (16 octobre) : il compromettrait la recherche et la libre pensée.
-
University of Pennsylvania (16 octobre) : l’université réaffirme son engagement pour le mérite et la coopération scientifique avec l’État.
-
University of Virginia (17 octobre) : tout financement conditionné à des critères non fondés sur le mérite nuirait à l’intégrité scientifique.
-
Dartmouth University (18 octobre) : l’ingérence politique, qu’elle vienne de droite ou de gauche, est inacceptable.
-
University of Arizona (20 octobre) : a proposé une alternative, un “Statement of Principles” pour un dialogue sur les relations entre universités et gouvernement fédéral.
En résumé : Sept sur les 9 universités adressés en premier ont refusé le “compact”, qu’elles jugent contraire à la liberté académique, à l’autonomie institutionnelle et à l’indépendance scientifique. (Eos)
La recherche sans le grand frère américain
Le journaliste de la NZZ Michael Brendler explique que les récentes coupes budgétaires aux Etats-Unis dans la recherche ont permis de mettre en avant les dépenses importantes que le pays a fait dans la recherche, en comparaison aux minces investissements de l’Europe. Selon le journaliste, à l’heure où «le pays ne comprend plus pourquoi il doit assumer seul les coûts de la recherche», c’est à l’Europe de prendre la relève aujourd’hui.
Concernant les investissements américains, le journaliste note particulièrement que :
- maintes fois, les Etats-Unis prenaient même en charge des coûts d’études réalisées sur des patient·es européen·nes;
- les Etats-Unis prenaient le plus souvent l’argent en main afin de clarifier les grandes questions médicales dans les études, en particulier dans la recherche dite translationnelle, qui fait passer des connaissances du laboratoire au test sur patient·e;
- les coûts d’investissements sont sur des échelles totalement différentes entre les continents: 1,6 milliard de dollars américains pour élucider le mystère du Long Covid contre à peine 160 millions de dollars pour l’UE; 34,6 milliards de dollars américains dépensés pour la recherche en santé par les National Institutes of Health (NIH), avec 1,1 milliard de participation de la Commission européenne.
Le journaliste donne ensuite quelques conseils à l’Europe, certains selon les recommandations du rapport Heitor, dans le but d’assumer davantage de responsabilités dans la recherche médicale, en redéfinissant la relation avec les États-Unis:
- approcher les Américain·es et leur proposer de participer aux coûts de Pubmed et d’autres bases de données;
- participer au cofinancement des études médicales importantes et de grande envergure (ce qui pourrait être réalisé par un ensemble de pays et qui permettrait que l’Europe ait son mot à dire si les Etats-Unis décidaient soudainement d’abandonner);
- se concentrer sur les projets-clés individuels («actuellement, l’organisation se disperse trop en essayant de satisfaire tout le monde, en premier lieu tous les États membres»);
- favoriser la concurrence au lieu de la distribution de fonds non ciblée;
- investir dans l’infrastructure de recherche (laboratoires, grands appareils, …);
- prendre des risques.
«Horizon Europe doit rester civil»
Jan Palmowski, secrétaire général de la Guilde des universités européennes à forte intensité de recherche, estime qu’il existe de meilleures façons pour l’Union européenne de financer la recherche militaire que d’intégrer celle-ci au programme Horizon Europe.
La Commission européenne propose en effet qu’à partir de 2026, le programme Accelerator du Conseil européen de l’innovation (EIC) puisse financer des technologies de défense. Cela mettrait fin à quarante ans de financement strictement civil dans les programmes européens de recherche. La Commission envisage aussi d’ouvrir le prochain programme-cadre (FP10, dès 2028) à la recherche à double usage (civil et militaire).
Jan Palmowski identifie cinq problèmes majeurs :
-
Risque de détournement de budget : la recherche militaire et duale coûte plus cher et absorberait des fonds destinés à la recherche civile. De plus, des instruments comme le Fonds européen de défense (FED) ou le futur Fonds européen de compétitivité (ECF) existent déjà pour soutenir ces activités.
-
Exclusions internationales : les projets de défense seraient limités aux entités de l’UE, de l’EEE et de l’Ukraine, excluant des pays partenaires comme le Royaume-Uni ou la Suisse. Cela réduirait l’ouverture scientifique et la coopération internationale.
-
Atteinte à la science ouverte : les projets dual-use pourraient restreindre la publication des résultats au nom de la sécurité, remettant en cause dix ans d’efforts pour une recherche ouverte et transparente.
-
Déséquilibre entre recherche fondamentale et appliquée : Horizon Europe est déjà très orienté vers l’innovation appliquée. Intégrer la défense accentuerait encore ce déséquilibre, au détriment de la recherche fondamentale.
-
Impact sur la communauté scientifique : la participation à des projets explicitement militaires pourrait bouleverser l’identité et les valeurs des chercheurs européens.
M. Palmowski conclut que, dans un contexte géopolitique tendu, il est compréhensible que la Commission mette en avant la dimension militaire. Mais il regrette qu’elle n’affirme pas aussi fortement la valeur civile de la recherche européenne. Il appelle donc à préserver le caractère civil de Horizon Europe et à ouvrir un débat urgent sur les implications d’un virage vers la recherche duale ou militaire.
Ignazio Cassis inaugure l’Albert Einstein School of Public Policy à l’EPFZ
L’EPFZ a inauguré son Albert Einstein School of Public Policy, un centre interdisciplinaire qui associe politique, sciences naturelles et technologie et l’administration publique afin de relever les plus grands défis sociaux de notre époque.
«C’est plus facile à dire qu’à faire», note la NZZ. En effet, comme l’a fait remarquer le Conseiller fédéral des Affaires étrangères Cassis dans un discours, les scientifiques sont du «type Excel», tandis que les politiciens sont du «type Word». Les deux dépendent l’un de l’autre. «La science sans politique est inefficace, la politique sans science est désorientée», a déclaré Cassis. Néanmoins, la science ne doit pas devenir politique. Et la politique doit continuer à peser le pour et le contre afin de transformer les connaissances en actions.
La venue du Conseiller fédéral était l’occasion d’une petite manifestation pro-palestinienne devant le bâtiment, qui s’est tenue «sans incidents».
- rôle des scientifiques
- collaboration hautes écoles – politique
- collaboration hautes écoles – institutions de droit public
- conflit israélo-palestinien
«Où va la spirale des hautes énergies du CERN?»
Jacques Grinevald, philosophe et historien des sciences, et Philippe de Rougement, député des Vert·es au Grand Conseil genevois, tout deux membres du Réseau objection de croissance de Genève (ROC-GE), critiquent dans les colonnes du Courrier le projet du «futur collisionneur circulaire» (FCC) du CERN. Ils dénoncent en particulier ses impacts environnementaux, ses impacts sociaux, «la pulsion de domination et du phénomène de foi dans la science» au détriment de la nature. Ils critiquent également un aspect procédural anti-démocratique du projet: le fait qu’en date du «9 décembre 2020, le Conseil d’Etat demande au conseiller fédéral Parmelin d’élaborer un plan sectoriel qui serait «de nature à diminuer les procédures de recours»».
108 collaborateur·ices demandent une résiliation totale des partenariats de la HES-SO avec Israël
«Un e-mail signé par 108 collaborateur·ices du réseau des Hautes Ecoles de Suisse occidentale (HES-SO) dénonce la «demi-mesure» prise par le rectorat concernant ses partenariats israéliens. Les signataires exigent la résiliation de toutes ses collaborations problématiques.» Fin août dernier, la HES-SO annonçait la suspension du partenariat entre la HEAD et l’école d’ingénierie et de design Shenkar à Tel Aviv (Voir: [01.09.2025 – «La HES-SO se détache d’Israël»]). Mais, «d’autres partenariats dits «non actifs» entre la HEAD et l’ECAL avec l’Institut technologique de Holon (HIT) et l’académie d’arts et de design Bezalel, ainsi qu’un accord entre l’ECAL et l’école d’ingénierie et de design Shenkar n’ont pas fait jusqu’ici l’objet de communication de la part de la HES-SO.» (Le Courrier)
Interpelée, la HES-SO affirme que la suspension et non pas la résiliation des accords entre la HEAD et l’école d’ingénierie et de design Shenkar à Tel Aviv «tient à la volonté de maintenir une méthodologie rigoureuse et réévaluable, dans le cadre de relations académiques, plutôt qu’une réaction politique». Quant aux autres partenariats, la HES-SO déclare qu’ils sont actuellement en réactualisation, qui mènera «de fait à une non-reconduction ou à une résiliation».
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 23 octobre 2025
22Oct2025
Politique des hautes écoles
«Plus de 3000 médecins exerçant en Suisse n’ont pas de diplôme reconnu»
Le décès d’un patient de 22 ans en psychiatrie, où la pénurie de personnel qualifié est particulièrement marquée, suite à une erreur de médication, soulève désormais des questions sur la formation des médecins. Son médecin exerçait sans diplôme reconnu en Suisse.
Environ 40% des médecins exerçant en Suisse viennent de l’étranger, dû à la pénurie de praticien·nes. Cependant, le nombre de ces médecins exerçant sans diplôme reconnu en Suisse augmente fortement depuis plusieurs années. Plus de 3’100 seraient actuellement enregistrés, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Les diplômes étrangers reconnu par la Suisse sont ceux des pays de l’UE et de l’AELE, les autres ne bénéficiant d’aucune reconnaissance. «Malgré cela, ces médecins sont autorisés à exercer ici.»
A propos de ce qui est autorisé en Suisse, les avis divergent. Pour l’Office fédéral de la santé publique, les médecins non reconnus devraient toujours travailler sous surveillance. Pour le département argovien de la santé et des affaires sociales, celles- et ceux-ci pourraient «prendre des décisions autonomes en tenant compte de leurs connaissances et de leur expérience». «Ce qui est certain, c’est que les cliniques et les hôpitaux bénéficient d’une très grande marge de manœuvre pour engager des médecins dépourvus de diplômes ou de titres de spécialiste reconnus», notent les journalistes. L’avocat Gregori Werder, spécialisé dans le droit de la santé et le droit du personnel, estime que ce domaine, particulièrement sensible pour les patient·es, souffre d’un flou réglementaire, en l’absence de directives précises. D’après lui, les cliniques bénéficient d’une grande liberté pour juger de l’aptitude professionnelle.
Pas de nouvelles de Roger Köppel et de son «tour» dans les universités suisses
Un mois après son annonce du concept «Köppel on Campus», une sorte d’imitation des débats de Charlie Kirk avec les étudiant·es suisses sur des sujets controversés, Roger Köppel, ancien conseiller national UDC et éditeur en chef de la «Weltwoche», n’a toujours pas annoncé de dates pour ses séances de débat.
Le média Nau.ch fait état de demandes régulières d’étudiant·es désireux·euses de connaitre les dates du début du tour. Le média «n’a connaissance jusqu’à présent que d’une seule université ayant reçu une demande de visite du campus: l’université de Zurich, où [Roger] Köppel a étudié la philosophie politique et l’histoire». Le porte-parole de l’université de Zurich annonce que «le service des manifestations de l’UZH discutera prochainement du concept et des conditions-cadres avec Monsieur Köppel.» Les universités de Berne, Bâle et Lucerne ainsi que l’ETHZ déclarent de leurs côtés qu’aucune demande n’a encore été reçue à ce sujet.
Voir: [16.09.2025 – «Köppel on Campus»: promouvoir la culture du débat dans les universités suisses] et [18.09.2025 – «Köppel on Campus»: un format mal transposé pour la Suisse, auxquels les étudiant·es semblent ouvert·es]
Des activistes perturbent la conférence d’un professeur israélien à l’Université de Bâle
Vendredi dernier, une vingtaine d’activistes propalestinien·nes de «Basel4Palestine» ont perturbé une conférence donnée par le physicien invité israélien Yonathan Anahory. Ils·elles accusent le professeur de l’Université hébraïque de Jérusalem d’être complice d’Israël, son université coopérant avec les forces armées israéliennes.
Le département de physique a appelé la police, qui est intervenue après que les activistes soient parti·es. Le responsable de communication de l’Université Matthias Geering rejette catégoriquement le reproche de «complicité de génocide». L’Université de Bâle s’oriente dans les coopérations de recherche sur des arguments académiques et non politiques, dit-il.
«Feu vert de Bruxelles à l’accord sur la recherche avec Berne»
«Les Etats membres de l’UE ont donné mandat à la Commission européenne de parapher l’accord sur les programmes de recherche avec Berne. L’accord, sous l’acronyme EUPA, règle la participation suisse à Horizon Europe, à Erasmus+, à Euratom, à Iter (projet de réacteur de fusion internationale), à Digital Europe et à EU4Health. Il pose également les bases pour une éventuelle future participation à d’autres programmes de l’UE.» La signature devrait avoir lieu le 10 novembre à Berne. Pour permettre la mise en œuvre totale de l’EUPA, la Suisse devra avoir terminé pour fin 2028 le processus démocratique, qui déboucherait potentiellement sur une acceptation du paquet d’accords conclu avec Bruxelles. La participation de la Suisse à Horizon Europe est retroactive pour le début de l’année 2025, celle pour d’autres programmes européens interviendra progressivement, par exemple dès 2026 pour Iter et dès 2027 pour Erasmus+.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 22 octobre 2025
21Oct2025
Politique des hautes écoles
«L’Université de Fribourg innove avec un microcertificat sur la durabilité»
En collaboration avec la HEIA-FR, l’Université de Fribourg propose la nouvelle microcertification «Sustainability in Practice» «intéressantes pour le marché de l’emploi». Proposé à tous les étudiant·es de bachelor et master, ce diplôme a pour objectifs la maîtrise d’outils de diagnostic, de planification et d’évaluation pour aboutir sur un résultat concret.
L’Unil dans les médias
«Ils voulaient empêcher notre cours»
Jacques Ehrenfreund, professeur d’histoire juive à l’Université de Lausanne, revient dans une interview sur l’occupation de l’UNIL en 2024 par des activistes pro-palestinien·nes. «L’Université de Lausanne est en quelque sorte le centre du militantisme pro-palestinien en Suisse.», avance le journaliste Rico Brandle.
Jacques Ehrenfreud décrit une atmosphère hostile sur le campus, marquée par des slogans niant le droit d’Israël à exister et un climat d’intimidation à l’encontre des étudiant·es juif·ves. Lors d’une conférence qu’il devait donner avec un collègue islamologue sur les origines du conflit, des militant·es auraient tenté d’empêcher la tenue du cours. Par la suite, ses interventions ont dû être surveillées par la sécurité.
Par ailleurs, plusieurs étudiant·es juif·ves de l’Université de Lausanne lui auraient confié qu’ils (ou elles) ne souhaitaient plus étudier dans certaines facultés. Il existerait un problème fondamental dans les universités, en particulier dans les sciences sociales : le manque de diversité politique. «On insiste toujours sur l’importance de la diversité en termes de couleur de peau, d’origine ou d’orientation sexuelle. Mais le problème réside dans le manque de diversité des opinions politiques. Dans certains domaines universitaires, celle-ci a complètement disparu au cours des dernières décennies.» Il mentionne par exemple les études post-coloniales, «idéologie centrale de la gauche occidentale», qui ignoraient l’histoire juive et l’islamisme. Il avance qu’il serait urgent de remédier à ce manque de diversité idéologique, tout en respectant l’autonomie de l’université.
Revue de presse Unil 21 octobre 2025
Accord extrajudiciaire entre la rédaction de la NZZ et l’historien Bernhard C. Schär
En septembre dernier, le journaliste Rico Bandle de la NZZ a remis en question la qualité scientifique d’une étude du chercheur Bernhard C. Schär, accusant notamment ce dernier d’avoir «à plusieurs reprises fait l’objet de graves erreurs scientifiques». Le chercheur s’est opposé fermement à ces accusations, qu’il qualifie d’«insoutenables» et d’«attaque grave» contre sa réputation. Pour rappel, face à cela, quelques 670 professeur·es, chercheur·euses et personnes privées de Suisses et d’ailleurs l’ont soutenu à travers deux lettres ouvertes.
Suite à un accord extrajudiciaire, la NZZ s’est engagée à publier une réponse le 16 octobre dernier. Il y précise qu’il n’est pas possible de prouver qu’il y a une «erreur scientifique» à propos de l’étude en question. Les «erreurs scientifiques graves sont des manipulations de données avérées, le plagiat ou la falsification délibérée de résultats de recherche. Rien de comparable ici». L’affirmation selon laquelle «ce n’est pas la première fois que des erreurs scientifiques graves sont prouvées» à l’encontre du chercheur est également qualifiée de fausse. «Il est vrai que des erreurs scientifiques ne lui ont jamais été prouvées».
La NZZ n’a pas commenté cette réponse.
«La Vortex Race attire l’attention des médias internationaux»
«Jeudi dernier, pour sa 5e édition, cette course unique en son genre a rassemblé plus de 2000 participants sur le campus de l’Université de Lausanne, attirant l’attention de médias internationaux comme CNN et France 3.»
20Oct2025
Politique des hautes écoles
Des activistes interrompent une conférence à l’Université de Saint-Gall
Quatre activistes pour le climat ont interrompu une conférence à la HSG de Saint-Gall donnée par l’investisseur Urs Wietlisbach, co-fondateur de Partners Group. Ils·elles ont accusé l’intervenant à l’image publique de philanthrope vert de n’investir que des sommes modestes dans des solutions durables, au profit des grandes investissements dans les énergies fossiles. Les manifestant·es ont également attiré l’attention sur l’Initiative pour l’Avenir des Jeunes socialistes.
La hausse des taxes d’études, une question d’équité envers la formation professionnelle
Dans une tribune ouverte de la NZZ, Werner Inderbitzin défend l’augmentation des taxes d’études dans les hautes écoles. Selon lui, elles répondent à une question d’équité compte tenu du «traitement très inégal» entre formation universitaire et formation professionnelle. Les propositions de doublement et quadruplement des taxes d’études sont selon lui «une augmentation modérée», dont les éventuelles difficultés sociales résultantes pourraient être palliées par le biais de bourses.
Il relève en particulier que l’obtention d’un bachelor dans une haute école spécialisée est financé par les pouvoirs publics à hauteur de 60’000 à 120’000 francs, des montants encore plus élevés dans les universités, alors que les étudiant·es paient en moyenne 1’500 francs par an. Dans une école supérieure, les étudiant·es paieraient elles- et eux-mêmes environ 15’000 francs pour l’apprentissage, et jusqu’à 40’000 francs pour certains brevets fédéraux (par exemple pour devenir entrepreneur en construction).
- différence entre HES et universités
- taxes d’études
- égalité – origine sociale
- égalité
- différence entre HES et formation professionnelle
L’Université de Genève pérennise ses repas à 5 francs
L’entreprise zurichoise SV Group est reconduite pour la gestion des cafétérias de l’UNIGE, garantissant notamment des repas étudiants à 5 francs pour au moins trois ans à partir d’août 2026, avec une possible extension de 5 ans. L’ancien modèle de repas à 5 francs mis en place n’étant pas économiquement viable pour les prestataires, les nouveaux contrats modifient la répartition des coûts: le contrat de bail est passé à celui d’une prestation de service, l’université prenant désormais à ses frais les investissements dans les cuisines et les salles. L’institution annonce vouloir faire appel à un prestataire externe indépendant afin de mesurer la qualité des repas via le Nutri-Score et l’Éco-score, ainsi que des indicateurs de durabilité sociale comme les salaires moyens des collaborateur·ices. L’Université réfléchit également à une éventuelle internalisation des structures de restauration, voulue par l’Assemblée de l’Université. Selon une étude de la Haute école de gestion de Genève, la reprise en gestion interne «est faisable, mais engendrerait un surcoût de plusieurs millions de francs. Une subvention annuelle d’aménagement et de fonctionnement de 5,5 millions et une enveloppe unique d’investissement de 3,5 millions seraient nécessaires», explique Marco Cattaneo, porte-parole de l’UNIGE. Un financement complémentaire du Département de l’instruction publique serait alors nécessaire à cette mise en place.
La gestion des distributeurs automatiques sera également à nouveau confiée à l’entreprise Dallmayr. Le café sera maintenu à 1 franc, et les machines seront plus durables.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 20 octobre 2025
17Oct2025
Politique des hautes écoles
Aux Etats-Unis, un enseignant poussé à l’exil
«Mark Bray, historien de l’antifascisme à l’Université Rutgers, a déménagé en urgence en Espagne avec sa famille après avoir été pris pour cible par les milieux d’extrême droite, dont l’organisation Turning Point USA, cofondée par l’influenceur ultraconservateur Charlie Kirk, assassiné le 10 septembre»
La rédactrice en chef de Nature plaide pour une science ouverte sur le monde
Magdalena Skipper, rédactrice en chef de Nature, estime que la science passe une période «difficile». Mais elle estime que «malgré la défiance et les faits alternatifs, les chercheurs restent parmi les professionnels les plus dignes de confiance. Il est donc important de se concentrer sur cette confiance et de la renforcer, en montrant non seulement ce que la science découvre, mais comment elle est faite. La transparence est la clé. Autre levier: la représentation. Les gens auront plus facilement confiance en des chercheurs qui leur ressemblent. Mettre en avant les femmes, les personnes de couleur et celles issues de milieux sous-représentés est essentiel pour renforcer la crédibilité et la légitimité de la science dans le contexte actuel.»
«L’épineuse question de la souffrance dans l’expérimentation animale»
«Le nombre d’expérimentations animales avec un degré de souffrance maximal n’avait plus été aussi élevé depuis 25 ans. Alors que le peuple s’apprête à voter une nouvelle fois sur cette question sensible, immersion dans l’animalerie du Centre médical universitaire de l’Université de Genève.»
La Commission européenne prévoit un mécanisme d’alerte pour les cas d’utilisation abusive de l’IA dans le domaine scientifique
La Commission européenne prévoit de mettre en place un mécanisme qui aiderait les chercheurs à signaler leurs préoccupations concernant l’utilisation abusive de l’IA dans le domaine scientifique. Cela pourrait inclure la création d’un organisme indépendant ou d’un point de contact au niveau de l’UE chargé de gérer les cas de dénonciation («whistleblowing»).
Cette proposition générale a été bien accueillie par la communauté scientifique, même si des questions subsistent quant à l’approche adoptée.
Plusieurs universitaires demandent que les universités soient impliquées dans la création d’un tel mécanisme dès le début «afin de garantir que les règles soient réalistes, reflètent les conditions réelles de la recherche et respectent la diversité des cultures de recherche à travers l’Europe».
Ceci serait particulier important lorsqu’il existe un risque d’ingérence politique dans la recherche. «De nombreux partis populistes en pleine expansion à travers l’Europe développent une rhétorique anti-science et s’attaquent à certains domaines de recherche», déclare Julien Chicot, responsable de la politique de recherche et d’innovation à la Guilde des universités européennes à forte intensité de recherche. «Dans ce contexte [. . .], tout mécanisme de dénonciation devrait être activé par les chercheurs dans le cadre d’un débat scientifique plus large sur la qualité et l’intégrité de l’utilisation de l’IA dans la recherche. Sinon, la liberté de la recherche scientifique pourrait être menacée.»
swissuniversities : rétrospective 2020-2024 des projets et programmes
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 17 octobre 2025
Un nouveau Lab’ Santé et Droit à l’Unil
«Le Lab’ Santé et Droit, créé par les professeur·es Audrey Lebret et Frédéric Erard de l’Université de Lausanne, est un nouveau groupe de recherche et d’enseignement consacré à l’étude du droit de la santé et du vivant. »
16Oct2025
Politique des hautes écoles
Annonce de grèves et manifestation(s) des services publics et parapublics vaudois
Le Syndicat des services publics (SSP) Vaud annonce une grève du personnel des services publics et parapublics vaudois contre les mesures d’austérité de l’Etat de Vaud les mardis 18 novembre et le 25 novembre 2025 «si le Conseil d’Etat ne revient pas en arrière.»
D’autres événements similaires:
- Le mardi 21.10, ACIDUL invite «toutes les personnes qui seront affectées par les coupes» à participer à l’assemblée «pour discuter et décider des actions à suivre, dont la grève».
- Le jeudi 30.10. manifestation du SSP et FSF.
France : «La liberté académique est plus fragile que jamais»
Selon Stéphanie Balme, directrice du Centre de recherches internationales à Sciences Po, la liberté académique de recherche et d’enseignement est actuellement en péril au cœur des Etats de droit d’Europe et du monde, «affectant à parts égales les sciences humaines et sociales et les sciences expérimentales». La directrice appelle à son inscription dans la Constitution.
Dans son rapport pour France Universities, la chercheuse fait état de nombreuses atteintes à la liberté académique et de leurs conséquences en France en 2024-2025: pressions idéologiques sur les contenus d’enseignement et de recherche, annulations de conférences, campagnes de stigmatisation d’enseignants-chercheurs sur les réseaux sociaux, etc. Au contraire d’autres droits fondamentaux, la liberté académique n’aurait pas de culture politique ni citoyenne en France. Les universitaires qui en souffriraient seraient souvent isolés, et les capacités institutionnelles à contrer la problématique seraient limitées. «Cette vulnérabilité est aggravée par la dépendance aux financements publics, la précarisation des carrières, la surcharge administrative et l’absence d’autonomie institutionnelle réelle», écrit la directrice.
Elle propose alors une stratégie proactive selon 4 axes en faveur de la défense et promotion de la liberté académique:
- un renforcement du socle juridique (constitutionnalisation de la liberté académique, réaffirmation de l’autonomie des établissements et l’indépendance des personnels, reconnaissance du principe du secret des sources, …)
- des actions des universités en faveur de la liberté académique (chartes, observatoires indépendants, formation des directions, …)
- une promotion de la culture de la liberté académique dans l’espace public (campagnes nationales, …)
- une inscription de ces mesures dans la diplomatie scientifique européenne (rétablissement d’un classement européen avec un indice de liberté académique, instauration d’un observatoire européen, création d’un passeport européen pour les chercheur·euses réfugié·es, …)
Nathalie Dompnier, présidente de l’Université de Lyon interviewée à propos des menaces envers la liberté académique, souligne que la liberté académique est liée à l’indépendance des universités: «sans cette indépendance, l’institution n’a pas la capacité de protéger les chercheurs. Les universités sont les premières cibles des gouvernements populistes ou autoritaires, ce qui montre qu’elles tiennent un rôle dans une société démocratique». Selon elle, il manque aujourd’hui du soutien afin d’améliorer les pratiques de diffusion du savoir scientifique, les financements tendant à diminuer pour de telles activités de médiation. Elle ajoute qu’il faudrait également «travailler la culture du raisonnement qui aboutit à des connaissances scientifiques».
- réfugié·e·s
- autonomie – hautes écoles
- mobilité scientifique
- liberté académique
- politique – France
- Scolars at Risk
Sorbonne tourne le dos au classement des universités THE
L’Université de la Sorbonne (France) a annoncé son retrait du classement Times Higher Education (THE), rejoignant un mouvement croissant d’universités qui rejettent les palmarès internationaux jugés réducteurs et opaques.
Selon sa présidente, Nathalie Drach-Temam, ces classements fonctionnent comme des « boîtes noires » : leurs méthodes manquent de transparence, posent des questions éthiques et ne reflètent pas la diversité des missions universitaires (recherche, enseignement, engagement sociétal). La Sorbonne dénonce l’usage d’indicateurs quantitatifs amalgamés en un score unique, incapable de représenter la richesse des activités d’une université.
Ce retrait s’inscrit dans un mouvement international : des universités comme Yale, Harvard, Columbia, ou encore Zurich, ont déjà quitté les classements tels que US News, QS ou THE, pour privilégier des évaluations basées sur la qualité réelle plutôt que sur la quantité de publications.
La Sorbonne souligne que ces méthodologies, centrées sur les revues anglophones, biaisent les résultats au détriment des sciences humaines et sociales et négligent des dimensions essentielles comme l’inclusion, le développement durable ou le dialogue science-société. De plus, elles peuvent inciter les universités à adopter des stratégies superficielles pour améliorer leur rang, au lieu de renforcer durablement la qualité.
Membre de la Coalition for Advancing Research Assessment (CoARA), la Sorbonne soutient une réforme des méthodes d’évaluation afin de redonner aux établissements le contrôle de leurs critères. Elle participe aussi au classement Leiden, jugé plus transparent et fondé sur des données ouvertes.
Dans la même logique, l’université quitte la base de données Web of Science (Clarivate), critiquée pour son caractère fermé et son biais linguistique. Elle se tourne désormais vers des plateformes ouvertes et collaboratives comme OpenAlex, promouvant un modèle où les universités reprennent la maîtrise de leurs données et les rendent accessibles à la société.
La Suisse lance un réseau national de conseils scientifiques sur quatre grands axes
La Suisse a lancé un nouveau réseau national de conseil scientifique, afin de pouvoir éclairer les autorités et responsables politiques avec des faits et analyses issus de la recherche. L’objectif général du réseau est d’améliorer la capacité du pays à faire face aux crises. Le réseau, qui réunit des expert·es de diverses disciplines principalement issu·es des hautes écoles et instituts de recherche suisses, comprend actuellement quatre grands thèmes: santé publique, cybersécurité, défis internationaux, désinformation (encore en phase de constitution). Les expert·es seront chargé·es d’«observer les évolutions internationales, identifier les risques potentiels pour la Suisse et, le cas échéant, fournir une expertise indépendante».
Un code de conduite garantit l’équité et la transparence du travail scientifique des membres du réseau, qui sont contraints d’adopter une posture impartiale: ils et elles sont responsables de «fournir des données et des analyses fondées sur la science, sans formuler de recommandations politiques». La sélection finale des membres est validée par les présidences des six institutions du domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation (BFI), dont le Conseil des EPF, swissuniversities et le Fonds national suisse (FNS).
Olga Baranova, directrice de l’organisation CH++, organisation indépendante qui milite pour une politique fondée sur les preuves et l’innovation numérique en Suisse, regrette que le manque de possibilités d’impact politique des scientifiques.
L’Unil dans les médias
«Ce n’est qu’en croisant les regards que nous parviendrons à trouver des solutions aux défis environnementaux de demain»
Dans son dernier blog, Frédéric Herman, recteur de l’UNIL, souligne l’importance que la société pouisse s’appuyer, lors d’un événement, comme par exemple l’éboulement survenu à Blatten, sur une expertise solide et interdisciplinaire, comme celle que développe l’UNIL dans son Centre d’Expertise sur les Extrêmes Climatiques.
.
- interdisciplinarité
- rôle des scientifiques
- rôle des universités
- impact des universités
- durabilité et climat
Revue de presse Unil 16 octobre 2025
15Oct2025
Politique des hautes écoles
Nouvelle chaire de fondation à Berne pour l’informatique clinique en cancérologie
IA: Antenne européenne en Suisse
Dans le cadre de son réseau de fabrication de l’intelligence artificielle (IA), l’UE va créer en Suisse une «antenne» avant tout axée sur la météorologie. «Ces antennes permettent de se connecter à des usines d’IA, lesquelles servent à leur tour de plateformes aux universités, aux centres de supercalculateurs ou aux entreprises. L’objectif est de faire progresser les applications de l’IA dans divers domaines tels que la santé, l’espace ou le climat, lit-on sur le site de la Commission européenne. L’antenne en Suisse porte le nom de Hearts (Helvetic AI Ressources, Technologies and Services).» (La Liberté)
L’UE financera les antennes à hauteur de 51 millions de francs via l’entreprise commune pour les supercalculateurs européens.
«Il faut établir un «CER pour les laboratoires»», déclare le lauréat du prix Nobel d’économie
Selon le lauréat du prix Nobel de l’économie Philippe Aghion, «l’UE devrait établir un Conseil européen de la recherche (CER) équivalent pour soutenir à long terme les laboratoires de recherche». Son travail soutient que la croissance économique repose sur «une destruction créative», c’est-à-dire l’éviction d’anciennes entreprises par de nouvelles avec de meilleures idées et technologies.
Selon lui, l’Europe n’a actuellement ni les institutions ni les politiques nécessaires pour des innovations révolutionnaires dans le domaine de la haute technologie. Avoir un CER pour les laboratoires permettrait un financement à long terme des centres de recherches, apportant un soutien stable aux «équipes de recherche organisées autour de sujets prioritaires plutôt que de carrières individuelles».
Le prix Nobel a également souligné que l’Europe manquait d’un équivalent de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) aux États-Unis, opinion partagée par Mario Draghi, dont les recommandations alimentent actuellement la politique européenne de recherche et d’innovation. Ce dernier précise que «le programme de recherche et d’innovation Horizon Europe de l’UE ne soutient pas suffisamment «l’innovation de rupture»» selon lui.
Le journaliste de Science Business soulève que l’Europe est prise dans un dilemme entre soutenir ses «champions industriels existants», tels que les géants allemands de l’automobile et de la chimie, ou transférer des ressources vers de nouvelles entreprises. Des programmes-cadres ont déjà été critiqué pour avoir donné trop d’argent à de grandes entreprises historiques telles qu’Airbus, dont le budget R&D ne serait pas assez soutenu.
Genève inaugure le premier réseau quantique de Suisse, tentant de combler le retard du pays
«Le Geneva Quantum Network (GQN) est un réseau qui va servir à la recherche et l’enseignement en physique quantique. Il s’appuie sur des fibres optiques existantes, mais non utilisées, de l’Office cantonal des systèmes d’information et du numérique (OCSIN). Une première à Genève, mais aussi en Suisse.» Ce partenariat public-privé «réunit et relie aujourd’hui plusieurs entités: outre l’OCSIN, participent le CERN, la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (HEPIA), les entreprises ID Quantique et Rolex, avec son entité Rolex Quantum, qui fabrique des horloges atomiques optiques, une technologie récente et extrêmement précise» et l’Université de Genève.
Le Conseil de l’UE propose une éligibilité limitée pour les projets à double usage dans Horizon Europe
Les gouvernements de l’UE souhaitent modifier les règles d’éligibilité d’Horizon Europe afin de limiter les pays pouvant participer à des projets à double usage et de défense. Cette suggestion ajoute des garde-fous au projet de la Commission européenne visant à permettre aux start-ups à double usage de bénéficier de subventions et d’investissements en capital par l’intermédiaire du Conseil européen de l’innovation (CEI).
Actuellement, tous les projets de recherche et d’innovation Horizon Europe, y compris ceux soutenus par le CEI, doivent se concentrer exclusivement sur des applications civiles.
«Kurt Deketelaere, secrétaire général de la Ligue européenne des universités de recherche, s’oppose à l’extension du programme à des applications non civiles, mais, compte tenu du contexte, il estime que l’ajout de restrictions géographiques est judicieux. «Le fait que le Conseil ajoute désormais des restrictions géographiques pour les bénéficiaires potentiels semble une évidence du point de vue de la sécurité et de l’autonomie stratégique », a-t-il déclaré. Son principal espoir est que le Royaume-Uni et la Suisse, les principaux partenaires de l’UE dans Horizon, ne soient pas exclus. Ce qui importe en fin de compte pour la communauté scientifique, c’est de protéger le caractère ouvert du plus grand cadre de recherche collaborative au monde.»
- collaboration hautes écoles – militaire
- politique – Suisse
- Horizon Europe (anciennement FP9)
- politique – Europe
- FP10
«Racisme systémique» aux HUG
La responsable des soins du Département réadaptation et gériatrie (DRG) des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ainsi que plusieurs collaborateur·ices ont dénoncé des propos à caractères racistes au sein de leur institution. La direction générale des HUG a alors mandaté un cabinet d’avocats vaudois, afin de mener un audit. L’enquête a récolté une septantaine de témoignages relatant des propos discriminatoires et racistes au sein de l’institution, en particulier entre les cadres et le personnel de terrain, souvent d’origine étrangère. Il a également fait état de dysfonctionnements managériaux.
Selon plusieurs employé·es, l’enquête «minimise les propos discriminatoires en les expliquant en partie par des conflits de personnes». «Il y a un racisme systémique au sein de l’institution», indique une source interne. Bien qu’il soit réfuté par la direction, un potentiel conflit d’intérêts entre le cabinet d’avocat et l’hôpital pourrait exister. Il est notamment déploré que peu de collaborateur·ices de terrain aient été entendu·es comparé aux cadres dans le cadre de l’enquête. De plus, aucune sanction n’aurait été prise jusqu’ici, si ce n’est celle d’une victime potentielle qui aurait été «mise à l’écart», alors que la cadre mise en cause poursuivrait ses activités sur un autre site.
Il a alors été demandé à la direction générale de «revoir la portée de l’audit pour que l’enquête externe traite du problème de discriminations à l’échelle de l’institution». Ses conclusions devraient aboutir, selon le personnel, à «des recommandations concrètes (suivi, prévention, procédures claires) pour améliorer le climat de travail et corriger les comportements problématiques». Les collaborateur·ices demandent également la mise ne place de «personnes-ressources» pour accompagner les victimes de discrimination, et exigent des sanctions.
Les HUG déclarent poursuivre des investigations afin de «prendre d’éventuelles décisions managériales ou des mesures individuelles».
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 15 octobre 2025
14Oct2025
Politique des hautes écoles
Promotion d’un changement de culture concernant les résultats négatifs
Des chercheurs appellent à une réforme du système scientifique pour renforcer la confiance du public, améliorer les soins aux patient·es et assurer une formation plus fiable des intelligences artificielles. Selon Stephen Curry, conseiller stratégique au Research on Research Institute (Royaume-Uni), il est urgent de lutter contre les «biais de publication», c’est-à-dire la tendance à publier uniquement les résultats positifs ou spectaculaires, au détriment des résultats négatifs ou nuls.
Un article publié dans PLOS Biology dénonce cette culture profondément enracinée, qui conduit à une perte de ressources, un ralentissement de la recherche, une distorsion des preuves scientifiques et des impacts concrets sur les soins médicaux. Les auteurs et autrices affirment que les résultats négatifs sont essentiels, car ils permettent d’éviter les impasses et d’éclairer les recherches futures.
Le texte appelle tous les acteurs de la recherche — financeurs, institutions, maisons d’édition — à s’engager pour la diffusion de toutes les données, quelles qu’en soient les conclusions. Les changements proposés incluent :
- l’obligation pour les chercheurs de publier tous les résultats ;
- une réforme de l’évaluation des chercheurs, axée sur la qualité des hypothèses et des méthodes plutôt que sur le prestige des revues ;
- une ouverture des éditeurs aux résultats négatifs.
Bien que cela représente une charge de travail supplémentaire, Stephen Curry, auteur de cet article, suggère que les financeurs travaillent avec les chercheurs et chercheuses pour concevoir des formats de rapports simples.
Pour enclencher ce changement de culture, les scientifiques derrière l’étude estiment qu’il faudrait le soutien de quelques financeurs ou institutions influentes, comme UK Research and Innovation ou le Conseil européen de la recherche. Ce mouvement s’inscrit par ailleurs dans la continuité des initiatives telles que la Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche (DORA) et la Coalition européenne pour l’avancement de l’évaluation de la recherche (CoARA).
Enfin, ils et elles soulignent que la communauté scientifique semble prête à engager cette transformation, et qu’un soutien institutionnel fort pourrait accélérer le passage à une science plus transparente et complète.
Les scientifiques exhortés à exiger une gouvernance indépendante dans Horizon Europe
En finançant largement la recherche fondamentale, les États-Unis ont créé un écosystème propice à l’innovation privée, sans subventionner directement les entreprises. La Chine suit aujourd’hui la même voie, tandis que l’Europe, faute d’investissements suffisants, prend du retard. Le déséquilibre est frappant : l’augmentation de 500 millions d’euros du budget du Conseil européen de la recherche paraît dérisoire face aux milliards investis dans les universités américaines.
Contrairement aux idées reçues, la majorité du financement scientifique américain soutient la recherche fondamentale, d’où sont issues toutes les grandes révolutions technologiques – ordinateurs, internet, vaccins, intelligence artificielle. En Europe, au contraire, la tendance actuelle privilégie les projets à court terme et les applications industrielles, au détriment de la recherche fondamentale.
Les débats sur le prochain programme-cadre européen (FP10) illustrent cette dérive. Bien que la recherche fondamentale y soit encore protégée, son avenir reste incertain, notamment en raison du lien possible avec le Fonds européen de compétitivité (ECF), qui exclut la recherche de base. Une telle orientation menacerait, selon le recteur de l’Université de Ljubljana Gregor Majdič, le modèle de progrès européen fondé sur la connaissance. Il appelle donc à une action urgente : augmenter les investissements dans la recherche fondamentale et renforcer les liens entre universités, industrie et société. Sans cela, l’Europe risque de devenir simple consommatrice des innovations venues d’ailleurs.
La pensée critique et l’empathie sont des compétences qu’une IA ne peut pas remplacer
Les diplômé·es d’informatique et de gestion d’entreprises, qui historiquement connaissaient une certaine sécurité de l’emploi, vivent aujourd’hui une insécurité à cause de l’IA, comme en témoignent les récents licenciements par les géants de la technologie. Selon une journaliste du Tages-Anzeiger, la pensée critique et l’empathie sont des compétences qu’une IA ne peut pas remplacer, et ce sont des branches telles que la philosophie, la sociologie ou la littérature qui les enseignent. Ces branches permettent d’apprendre à penser au-delà de l’évidence et de la masse, «une compétence clé dans l’ère des machines apprenantes». Selon la journaliste, il est nécessaire d’avoir ainsi des personnes étudiant ces domaines qui comprennent les conséquences des nouvelles technologies et développent des solutions aux défis de la société. «[La pensée critique et l’empathie] sont indispensables pour que des pays comme la Suisse puissent se démarquer des industries de l’éducation telles que la Chine», écrit-elle.
L’autrice a nommé son article un plaidoyer pour les sujets «d’orchidée» («Orchideenfächer»), un terme familier désignant une matière d’étude originale, inhabituelle, rare, qui n’est enseignée que dans quelques universités ou suivie que par un petit nombre d’étudiant·es, et réagit avec cet article à une interview avec l’ex-banquier privé Konrad Hummler, qui avait avancé dans le colloque Ermatingen sur la migration que les responsables politiques devraient retirer aux universités les fonds publics destinés aux cursus «marginaux». Il commente par rapport à cela dans le Tages-Anzeiger du 08.10.2025: «Deux questions se posent : est-il juste qu’un pays comme la Suisse attire des spécialistes hautement qualifiés provenant de l’étranger ? Et notre propre population ne devrait-elle pas être en mesure de fournir ces prestations ? Nous ne devons toutefois pas tomber dans une économie planifiée en matière de politique éducative. Cela reviendrait à canaliser la relève vers des disciplines qui ne seront peut-être plus nécessaires dans cinq ans.»
Trois ans après le lancement de ChatGPT, savons-nous où cela nous mène ?
Depuis son lancement il y a trois ans, ChatGPT a révolutionné l’accès à l’intelligence artificielle générative, suscitant à la fois enthousiasme et inquiétudes (plagiat, sécurité, contenus médiocres). Dans la recherche et l’édition, l’IA s’impose comme outil d’aide à la rédaction, à la synthèse et à la détection de fraudes scientifiques, avec des solutions comme Grammarly, Perplexity ou Clear Skies. Selon l’auteur de l’article, le secteur entre aujourd’hui dans une phase de maturité et d’intégration des outils IA dans les workflows. À long terme, on envisage l’émergence d’agents IA autonomes capables de gérer tout le cycle de la recherche, ce qui pourrait transformer la manière de produire et d’évaluer la science.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 14 octobre 2025
Visite d’une délégation vietnamienne
Jeudi 9 octobre, la délégation vietnamienne provinciale de Khanh Hoa a rendu visite à l’Université de Lausanne. Une session de travail a été partagée, notamment afin de faire progresser la coopération internationale dans les domaines de l’éducation, de la santé et des sciences et technologies. Un lien spécial existe entre Khanh Hoa et l’Unil par l’héritage du Dr. Alexandre Yersin, un scientifique vaudois distingué ayant étudié à l’Académie de Lausanne [qui est devenu l’UNIL] et qui a passé la majeure partie de sa vie à vivre et travailler à Khanh Hoa.
13Oct2025
Politique des hautes écoles
«Les universités doivent s’ouvrir davantage aux talents non universitaires»
Le vice-chancelier adjoint et doyen de l’Université de Bath Marcus Munafò, écrit qu’historiquement, les universités ont toujours considéré que les universitaires étaient capables de tout faire, avec peu de formation, et que seuls eux devaient diriger les institutions académiques. Ainsi, les postes de direction exigent souvent un parcours académique prestigieux. Pourtant, les compétences nécessaires pour gérer une université dépassent largement la recherche et l’enseignement : elles incluent le leadership, la gestion, l’innovation et la compréhension d’environnements complexes et changeants.
De récentes études au Royaume-Uni montrent que les dirigeants recrutés hors du milieu universitaire obtiennent souvent de meilleurs résultats, notamment parce qu’ils possèdent des compétences managériales rares dans le secteur. Comme dans le sport, où les meilleurs entraîneurs ne sont pas toujours d’anciens champions, la crédibilité d’un dirigeant ne dépend pas uniquement de ses performances académiques.
Les universités doivent donc clarifier les compétences qu’elles recherchent pour les postes de direction et distinguer les aptitudes académiques des aptitudes managériales. Il est également nécessaire d’encourager les candidatures venues de l’extérieur, à tous les niveaux. Des initiatives comme les «professors of practice» ou la classification de «praticiens» à l’Université de Bath visent à valoriser les parcours professionnels non académiques.
Ces évolutions posent des défis – notamment en matière d’équité et de reconnaissance – mais elles enrichissent les institutions et permettent des carrières plus diversifiées. Une autre piste consiste à favoriser la circulation entre monde académique et monde professionnel, pour créer des carrières plus perméables.
Enfin, Marcus Munafò juge que modèle de l’universitaire capable de tout faire, hérité du XIXᵉ siècle, n’est plus adapté. Dans un contexte difficile pour l’enseignement supérieur, les universités gagneraient à apprendre d’autres secteurs, tout en maintenant leur identité académique.
«La science est devenue un puissant enjeu géopolitique»
Interview de la professeure de l’EPFL et physicienne Marilyne Andersen, directrice générale du Geneva Science and Diplomacy Anticipator (Gesda), fondation créée en 2019 qui «a pour mission d’identifier les innovations scientifiques émergentes dans les laboratoires du monde entier, et d’anticiper leur impact». Le 5ème sommet de la Gesda, qui rassemble les mondes politique, diplomatique et scientifique, se tiendra à Genève du 15 au 17 octobre, avec pour priorités la neurotechnologie, les interfaces cerveau-ordinateur ou l’ordinateur quantique.
Abordant les défis et ambitions de la fondation, sa directrice générale explique que «l’une des valeurs ajoutées de Gesda est l’accent mis sur la collaboration multilatérale», dans un contexte géopolitique international où elle est souvent remise en question, notamment «par des dirigeants comme Donald Trump». «La science devient un puissant enjeu géopolitique. Ce n’était pas autant le cas avant», précise-t-elle.
«L’idée [de la Gesda] est d’arrêter d’être en constant retard par rapport aux crises du moment et davantage dans une action préventive avant de se retrouver dans l’urgence.» La directrice générale donne l’exemple de l’ordinateur quantique: «On pourrait se dire que, face aux géants de la technologie, c’est une fatalité, il n’y a rien à faire. Gesda dit précisément le contraire, qu’on peut se préparer au quantique en amont, pour ne pas être totalement pris de court et commencer tout de suite à mettre en place le cadre nécessaire pour y faire face et y avoir accès. Après coup, quand la compétition est lancée, c’est plus compliqué.»
Jeune Consulting, une association de l’UniNE qui fait le lien entre étudiant·es et monde professionnel
«Cette «mini-entreprise» permet à ses membres, environ 30 étudiants par année, de réaliser des mandats pour des entreprises de la région. Ils peuvent ainsi directement être impliqués dans le monde professionnel, dans leur domaine de prédilection, par exemple le marketing digital, la comptabilité ou l’ingénierie. Tout l’intérêt des étudiants, c’est justement de commencer à travailler en parallèle de leurs études.»
L’Unil dans les médias
«Trump «annule» les savoirs (en santé), produisons-en!»
La politique scientifique de Trump et de la mouvance MAGA efface les savoirs au profit d’idéologies, menaçant la santé publique mondiale, avancent quatre professeurs de l’UNIL, y compris Renaud du Pasquier, doyen de la FBM.
Face à cela, l’Institut des humanités en médecine (IHM) du CHUV et de l’UNIL s’engage à produire une science rigoureuse et créer de nouveaux savoirs critiques sur des sujets sensibles (vaccination, accès aux soins, vulnérabilité, droit de la santé) et de lancer une étude sur «le vécu des scientifiques suisses face à une science, et une santé, en péril».
Revue de presse Unil 13 octobre 2025
«Après une enquête, le CHUV réorganise l’oncologie»
Suite à une enquête au Département d’oncologie du CHUV, ce dernier va se réorganiser. L’enquête a fait état d’«irrégularités ou en tout cas des zones de flou dans les procédures». Cependant, «les collaborateurs du CHUV ont constamment été guidés par la volonté d’agir dans l’intérêt de la santé et pour le bien des patients» et «il n’y a pas eu de faute de la part des collaborateurs du CHUV», précise la directrice générale du CHUV, Claire Charmet.
La réorganisation scinde en deux entités l’ancien Département d’oncologie: un Département d’oncologie clinique au CHUV et un Département d’oncologie fondamentale à l’UNIL. Ce dernier comprendra la branche Ludwig Lausanne. Cette réorganisation fait suite aux recommandations du Contrôle cantonal des finances: il sera en effet plus facile de distinguer les budgets de l’ancien Département d’oncologie.
«Conséquence du remaniement […], le professeur George Coukos quitte le CHUV et concentrera ses activités à l’UNIL. Chef du Département d’oncologie depuis 2012 et directeur de la branche lausannoise du LICR, il était une figure de l’hôpital universitaire.» Au CHUV, Solange Peters a été nommée à la tête du nouveau Département d’oncologie clinique.
«Le CHUV annonce une évolution dans les activités de recherche. Le volet académique sera renforcé et les ressources seront «orientées vers les domaines au plus fort potentiel clinique et scientifique pour concentrer les efforts sur des projets aux retombées plus prometteuses pour les patients»».
«Bruno Le Maire, une erreur de casting»
Dans les colonnes ouvertes du Temps, l’entrepreneuse et essayiste Marie-Hélène Miauton critique sévèrement le choix de l’Université de Lausanne d’avoir recruté Bruno Le Maire comme professeur invité.
10Oct2025
Politique des hautes écoles
Deux lauréats du Prix Nobel rejoindront l’université de Zurich
Les économistes Esther Duflo et Abhijit Banerjee, lauréats du prix Nobel, rejoindront l’Université de Zurich en juillet 2026. Grâce à des fonds externes fournis par la Fondation Lemann, les deux chercheurs créeront un nouveau centre dédié à l’économie du développement, à l’éducation et aux politiques publiques.
L’idée d’un fonds fédéral pour les universités
Face aux projets d’austérité du gouvernement suisse, qui prévoit notamment de doubler les frais d’études pour les étudiant·es suisses et de les quadrupler pour les étrangers, de nombreux étudiant·es ont manifesté à travers le pays. Pour éviter ces coupes budgétaires, la Conseillère nationale socialiste Sarah Wyss (SP, Bâle) propose une alternative : créer un fonds alimenté par les excédents de la Banque nationale suisse (BNS) afin de financer les universités, en particulier les filières d’importance nationale comme les sciences de la vie. Ce fonds impliquerait à la fois la Confédération et les cantons.
Actuellement, ces excédents servent à rembourser les dettes liées à la pandémie Covid-19. Le projet de Sarah Wyss suscite donc la controverse : certains, comme le président de la SVP bâloise Peter Riebli, estiment qu’une nouvelle solution fédérale est nécessaire, mais se demandent qui paiera les dettes si les excédents sont utilisés autrement. D’autres, comme le centriste Marc Scherrer, jugent l’idée réaliste et digne d’examen, compte tenu des difficultés financières du canton de Bâle-Campagne.
Sarah Wyss admet que sa proposition n’est pas une solution définitive, mais souhaite ouvrir un débat national sur un financement équitable et durable des universités. Elle suggère que certains cursus, considérés d’intérêt national, soient financés par ce fonds, comme l’ETH de Zurich l’est par la Confédération.
La commission des finances du Parlement discute actuellement de l’usage des excédents de la BNS. Sarah Wyss veut y soulever la question de savoir s’il est vraiment pertinent de rembourser la dette au moment où la quote-part d’endettement de la Suisse est historiquement basse.
Enfin, la conseillère nationale Florence Brenzikofer (vert·es) soutient cette démarche et plaide, elle aussi, pour un modèle de financement à long terme des hautes écoles, garantissant la stabilité et l’investissement dans la formation, considérée comme la principale ressource du pays.
L’UE lance des stratégies en matière d’IA pour stimuler la compétitivité et la science
L’Union européenne veut faire de l’Europe un continent leader en intelligence artificielle (IA). La commissaire européenne au numérique, Henna Virkkunen, a présenté une nouvelle stratégie pour l’IA, alors que seulement 13 % des entreprises européennes utilisent déjà cette technologie — un chiffre jugé alarmant.
La Commission prévoit des investissements de plusieurs milliards d’euros, notamment :
-
3 milliards via le programme Horizon Europe pour la recherche, (un montant similaire dans le programme suivant FP10, selon Science Business)
-
600 millions pour l’accès des chercheurs à des supercalculateurs,
-
et 1 milliard pour encourager les entreprises à adopter l’IA, espérant ainsi déclencher jusqu’à vingt fois plus d’investissements privés.
Onze secteurs sont ciblés, dont la santé, le bâtiment et les transports.
Mais le projet est critiqué : les objectifs restent flous et certaines initiatives locales n’auraient pas forcément besoin du soutien de Bruxelles. Beaucoup craignent un effet d’annonce sans résultats concrets, comme pour le European Chips Act de 2022, dont les ambitions n’ont pas été atteintes. (Neue Zürcher Zeitung)
Cette course à l’investissement s’inscrit dans un contexte mondial de concurrence technologique, où les États-Unis et la Chine avancent plus vite. Inspirée par le rapport Draghi, la Commission veut relancer une politique industrielle européenne, mais son bilan reste faible, notamment dans le domaine des technologies vertes et des semi-conducteurs.
En somme, la stratégie IA de l’UE témoigne d’une volonté politique forte, mais aussi d’un risque de surenchère et de bureaucratie, sans garantie d’efficacité réelle. (Neue Zürcher Zeitung)
Selon Science Business, la stratégie «AI in Science» ouvrira la voie à la création de la «Resource for AI Science in Europe» (Raise), qui vise à concrétiser l’engagement de la Commission de créer un «CERN pour l’IA». «Grâce à cette stratégie et à Raise, nous occupons un espace qui est vide au niveau international, car nos principaux concurrents, sans nommer les États-Unis et la Chine, n’ont pas de stratégie», a déclaré un responsable de la Commission lors d’une conférence de presse précédant le lancement de la stratégie. «Ils investissent beaucoup d’argent dans l’IA dans le domaine scientifique, mais pas de manière structurée et raisonnée.»
Raise offrira aux scientifiques et aux innovateurs un accès à des ressources stratégiques, des données, des outils, une puissance de calcul et un financement accru pour la recherche dans et pour l’IA, et devrait également stimuler la participation du secteur privé. Les bases de Raise seront jetées par des projets pilotes qui seront financés par les appels à propositions Horizon Europe en 2026-2027.
Expérimentation animale: le Conseil fédéral rejette une nouvelle initiative abolitionniste
«Les expériences sur des animaux ne doivent pas être interdites en Suisse. Le Conseil fédéral a transmis mercredi au Parlement son message sur l’initiative « Oui à un avenir sans expérimentation animale », trois ans après le large rejet par le peuple d’un autre texte.»
Témoignage contre l’augmentation des taxes d’études
Le gouvernement suisse prévoit de doubler les frais d’inscription pour les étudiant·es suisses et de les quadrupler pour les étudiants étrangers, dans le cadre d’un plan fédéral d’économies. Cette mesure suscite de fortes protestations dans tout le pays, des milliers d’étudiant·es étant descendus dans la rue pour dénoncer une politique jugée injuste et antisociale.
Le témoignage de Sadaf Sedighzadeh, étudiante à l’Université de Zurich, illustre la difficulté de financer des études déjà coûteuses. Fille de réfugiés iraniens, elle travaille dans plusieurs emplois pour subvenir à ses besoins, tandis que ses parents paient les frais universitaires (720 CHF par semestre). Une hausse à 1440 CHF la mettrait en grande difficulté et la pousserait peut-être à abandonner ses études.
Aujourd’hui, 72 % des étudiants suisses travaillent pendant leurs études et financent en moyenne 42 % de leurs dépenses eux-mêmes. Les bourses, censées garantir l’égalité des chances, ne couvrent qu’une faible part (4 %) et varient fortement selon les cantons, accentuant les inégalités sociales et régionales.
Le Syndicat des étudiants suisses (VSS) et plusieurs partis de gauche dénoncent une « attaque classiste contre l’éducation », qui exclurait davantage les jeunes issus de milieux modestes ou de l’immigration. Les cantons, confrontés à des coupes fédérales dans la formation, risquent néanmoins de devoir appliquer ces hausses faute d’alternatives financières.
Face à cette situation, les étudiant·es, enseignant·es et organisations scolaires appellent à une solidarité entre tous les acteurs du système éducatif pour défendre un accès équitable à la formation en Suisse.
L’Unil dans les médias
Revue de presse Unil 10 octobre 2025
9Oct2025
Politique des hautes écoles
Le classement mondial des universités par le Times Higher Education
Le classement mondial 2026 des universités et hautes écoles par le magazine spécialisé Times Higher Education est sorti. «L’ETH Zurich maintient sa position de meilleure haute école d’Europe continentale, se classant 11e au niveau mondial […], tandis que l’Université de Lausanne atteint son meilleur classement à la 125e position.» La Suisse se montre stable, écrit Times Higher Education. Le top 10 comprend uniquement des universités anglo-saxonnes. «Les universités asiatiques remontent le classement, emmené par la Chine.» (Blick)
Voici le classement des universités suisses selon leur rang:
- 11: ETH Zurich (=11 en 2025)
- 35: EPF Lausanne (32 en 2025)
- 108: Université de Berne (104 en 2025)
- 120: Université de Bâle (126 en 2025)
- 125: Université de Lausanne (134 en 2025)
- 166: Université de Genève (171 en 2025)
- 251-300: Università della Svizzera italiana (301-350 en 2025)
- 351-400: Université de Saint-Gall (=351-400 en 2025)
- 401-500: Université de Fribourg (=401-500 en 2025)
- 601-800: Université de Neuchâtel (501-600 en 2025)
- 1001-1200: L’Université des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) (=1001-1200 en 2025)
- 1201-1500: HES-SO (1201-1500 en 2025)
Création du premier Conseil scientifique intercantonal sur le climat
«Six cantons romands unissent leurs ressources afin de mandater l’expertise nécessaire pour leur politique climatique. Ils ont signé une convention, créant ainsi le Conseil scientifique romand pour le climat. […] [Le conseil] sera composé de représentants et représentantes du milieu de la recherche dans 16 domaines d’expertise, dont notamment ceux des sols, des forêts ou de l’innovation, et débutera ses travaux début 2026. »
L’Unil dans les médias
Le Conseil d’État a désigné Christophe Champod comme futur recteur de l’Unil
«Sur proposition du Conseil de l’Université de Lausanne, le Conseil d’État vaudois a nommé le Professeur Christophe Champod au poste de Recteur de l’Université de Lausanne pour la période 2026-2031.»