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Tendances des 2 dernières semaines

Initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions»: Un éclairage du Conseil suisse de la science CSS

«D’après le Conseil suisse de la science CSS, une évaluation objective de la situation est nécessaire: que révèlent les données disponibles concernant le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation (FRI)? Cet article de blog s’appuie notamment sur les prises de position du Fonds national suisse (FNS), des Académies suisses des sciences a+ et de swissuniversities, ainsi que sur une étude de scienceindustries et un avis juridique d’Astrid Epiney.»

Quel montant retenu sur le salaire des grévistes ?

L’automne dernier, plus de 5’800 employé·es de l’Etat de Vaud se sont mobilisé·es durant plusieurs jours pour protester contre l’augmentation des coupes budgétaires. Au total, le Canton a enregistré 27’747 jours de grève cumulés.

Cette mobilisation se traduit par une retenue salariale globale de 2,5 millions de francs pour l’ensemble des grévistes. Les syndicats (SSP Vaud, Syndicats Sud et FSF) ont réagi en activant un fonds d’indemnisation. Une situation qui fait dire ironiquement à la secrétaire syndicale Catherine Friedli : «Il est intéressant de voir le montant que l’État a économisé « grâce » à notre grève, en plus des mesures budgétaires.» (Le Courrier)

CERN : «La concertation sur le futur collisionneur s’ouvre, le débat fait déjà des étincelles»

«Le CERN a ouvert lundi la concertation publique autour de son Futur collisionneur circulaire (FCC), vaste tunnel de 91 km de circonférence qui se déploierait autour de Genève à travers les départements de l’Ain et de Haute-Savoie. Lors d’une «soirée de lancement» organisée dans un auditoire d’Uni-Mail et suivie d’un apéritif, plusieurs dirigeants du laboratoire européen se sont relayés pour présenter tant le processus participatif que le projet d’accélérateur géant de particules.» (Le Temps)

«Venus en nombre, les opposants, parmi lesquels figure en bonne place l’association Noé21, ont fustigé non seulement le bien-fondé du projet, mais le processus même de concertation publique, jugé non démocratique.» (La Tribune de Genève)

«NON à la disparition des livres en sciences humaines et sociales!»

Une pétition regrette une récente décision du Fonds national suisse (FNS) qui mettrait, selon les initiateurs, l’Association suisse des éditeurs de sciences humaines et sociales et LivreSuisse, en péril la publication des livres scientifiques.
«L’aide à la publication, pourtant nécessaire à une production scientifique de qualité, sera réduite de 20%. En outre, le périmètre d’éligibilité sera significativement resserré. Ainsi, dès 2027, les ouvrages n’émanant pas directement de travaux de qualification (thèses de doctorat ou d’habilitation) ou d’un projet de recherche FNS ne seront tout simplement plus financés. »

Roger Köppel invité à débattre à l’Université de Zurich

L’Association estudiantine de l’Université de Zurich (VSUZH) lance demain un nouveau format «Debate a Politician», inauguré par Roger Köppel. Un choix controversé pour entamer une série de débats visant la diversité des opinions. Si l’événement suscite des critiques virulentes sur le profil de l’invité et la normalisation de discours d’extrême droite, la VSUZH maintient son approche et promet un débat encadré.

De son côté, l’invité Roger Köppel, inspiré par le conservateur nationaliste américain Charlie Kirk qu’il qualifie de «martyr de la liberté d’expression», fustige l’évolution du milieu académique. Dans le Blick, il affirme que «la diversité d’opinions est menacée par la simplicité d’esprit» et que les universités soient devenues des «temples du progressisme de gauche et écologiste» manquant de contradiction.

 

 

Bilan des Hautes Ecoles et Université de Suisse italienne

Le bilan des Hautes Écoles de Suisse italienne affiche des résultats globalement positifs, bien que ces institutions se trouvent actuellement au coeur d’un bras de fer politique concernant leur gouvernance et l’accueil des étudiant·es étranger·ères.

La Ligue et l’UDC émettent des critiques à l’égard de la gestion actuelle. Une minorité politique a d’ailleurs refusé d’approuver le message officiel, dénonçant une proportion jugée trop élevée d’étudiant·es étranger·ères et de personnel non résident. Pour l’Université de la Suisse italienne (USI), ces oppositions pointent du doigts des problèmes managériaux ayant entrainé le départ prématuré de deux recteurs. De plus, les chiffres révèlent que le personnel frontalier représente 16% du corps académique et 13% du personnel administratif.

Malgré ces tensions, le bilan de la Haute École spécialisée de la Suisse italienne (SUPSI) reste positif, alors même qu’elle est l’institution la moins financée par son canton à l’échelle nationale.

Intégration houleuse du logiciel américain EPIC pour les hôpitaux vaudois

Le Conseil d’État vaudois défend l’adoption d’une plateforme informatique commune basée sur le logiciel américain EPIC pour le CHUV ainsi que onze établissements hospitaliers cantonaux, malgré un coût supérieur à 200 millions de francs.

Ce projet suscite de vivres inquiétudes concernant des surcoûts potentiels, une solution surdimensionnée pour des petits établissements et des risques pour la souveraineté numérique, alors que le système genevois DPI+ a été écarté.

Face à des contraintes budgétaires toujours plus importantes, les conseils d’administration des hôpitaux ont le droit de se demander s’ils peuvent trouver un autre fournisseur informatique. Cependant, l’avenir de cette harmonisation cantonale, censée faciliter le suivi des patient·es, dépend désormais des décisions du Grand Conseil.

Un lanceur d’alerte de l’EPFL blanchi en appel après avoir dénoncé une fraude scientifique

Condamné en première instance, le chercheur de l’EPFL Solal Pirelli a été entièrement blanchi en appel pour avoir dénoncé une fraude scientifique. En 2023, cet ancien doctorant avait révélé sur son blog qu’un professeur jordanien gonflait artificiellement son taux de citations. Le professeur incriminé l’a accusé de diffamation, mais par la suite une enquête de l’Association for Computing Machinery (ACM) a confirmé des falsifications systématiques. La Cour d’appel a donc acquitté le lanceur d’alerte, jugeant que la défense de l’intégrité scientifique relève de l’intérêt public.

Opposition à l’initiative «Pas de Suisse à dix millions»

«A l’occasion de la cérémonie des remises des flammes des soins infirmiers vaudois, Frédéric Borloz, Chef du Département de l’enseignement et de la formation professionnelle, souligne l’excellence de la formation dans le Canton de Vaud et son importance dans des professions essentielles.

Cette excellence serait menacée par l’initiative «Pas de Suisse à dix millions», dont des conséquences pénaliseraient les hautes écoles aussi bien dans leur rayonnement que dans leur capacité à attirer des chercheurs et des enseignants qualifiés et reconnus à l’international.»

L’UNES réitère également son opposition à l’initiative, qui menacerait la collaboration internationale et [une future association à] Erasmus+, tout comme la FAE.

 

Création de 1-2 nouveaux pôles nationaux de la recherche pour les sciences humaines et sociales

Selon Katharina Fromm, Rectrice de l’Université de Fribourg, lors d’une réunion de la Chambre universitaire et la Délégation recherche de swissuniversities avec le SEFRI et le FNS, il a été confirmé qu’il y aura un appel à projet pour 1-2 pôles nationaux de la recherche dans le domaine des Sciences humaines et sociales, avec idéalement deux universités «leading houses ».»

Les alliances européennes saluent le soutien de l’Europe

À Bruxelles, la Commission européenne et les député·es européen·nes s’affrontent sur la question de savoir dans quelle mesure les domaines de recherche seront intégrés à un instrument beaucoup plus vaste, le Fonds européen pour la compétitivité (FEC), dont le montant est estimé à 409 milliards d’euros.

De plus, le Conseil de l’UE semble soutenir tous les aspects des alliances universitaires, ce qui « revêt une grande importance politique », a déclaré Nicole Birkle, secrétaire générale de l’Alliance Forthem.

Il existe actuellement 73 alliances d’universités européennes, qui regroupent près de 650 établissements d’enseignement supérieur. Elles sont financées par Erasmus+, mais des liens avec d’autres programmes pourraient leur permettre de développer davantage leurs activités de recherche, d’innovation et de valorisation des connaissances.

FP10: craintes d’associations faîtières universitaires des pays associés

Des associations universitaires (Suisse, UK, Canada, Nouvelle-Zélande) réclament que le 10ème programme-cadre (FP10) d’Horizon Europe reste axé sur la recherche fondamentale motivée par la curiosité, craignant une soumission aux impératifs industriels ou de défense.

Ces faîtières universitaires, dont swissuniversities, « craignent que les priorités de recherche ne soient reléguées au second plan au profit de besoins technologiques immédiats, ou que le nombre de projets liés à la défense – dont ils seraient exclus – ne se multiplie ».

Dans une lettre ouverte adressée à la présidente du Conseil de l’UE et à la Commission européenne, ces organisations affirment que la recherche fondamentale et les subventions collaboratives du FP10 doivent rester résolument axées sur la recherche. (Science Business)

 

Un professeur de l’Université de Fribourg licencié

L’avocat du professeur François Gauthier dénonce un licenciement abusif lié aux prises de position de son client, engagé notamment contre la hausse des taxes universitaires et ses critiques en lien avec le Centre Suisse Islam et Société.

L’université reproche à François Gauthier de ne pas avoir rempli son cahier des charges et il serait aussi question de conflits avec certains collègues depuis plusieurs années.

« Quelle part de la littérature scientifique est générée par l’IA ? »

Un article de la revue Nature alerte sur la menace croissante que font peser les modèles de langage (LLM) sur l’intégrité scientifique. Depuis 2022, les « hallucinations bibliographiques » explosent, avec plus de 140 000 fausses citations recensées pour 2025, touchant particulièrement les sciences sociales.

Le problème met également en lumière la vulnérabilité des serveurs de prépublications (comme SSRN ou arXiv) dont la modération limitée facilite la diffusion de contenu non vérifiés. Face à l’absence de méthodes de détection standardisées, les institutions et plateformes improvisent des mesures de contrôle, comme les déclarations d’usage obligatoire.

Manifestation étudiante à Bâle contre la hausse des frais de scolarité

Plusieurs centaines d’étudiant·es et membres du personnel académique ont manifesté à Bâle pour protester contre les coupes budgétaires fédérales et la hausse des frais de scolarité. Les manifestant·es dénoncent le désengagement financier de la Confédération notamment au profit de dépenses militaires, en brandissant les slogans « l’éducation, pas les bombes » ainsi que « l’éducation gratuite pour tous, maintenant ! ».


 

« L’administration Trump accuse Yale de discriminer les candidats blancs et asiatiques »

Le ministère de la Justice accuse l’école de médecine de l’Université de Yale de discriminer les candidatures blanches et asiatiques, affirmant une sélection raciale favorisant les étudiant·es noir·es et hispaniques.

Cette action s’inscrit dans une offensive plus large de l’administration Trump contre les politiques d’admission de plusieurs universités, notamment après une attaque similaire visant l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

En réponse, Yale défend la rigueur et la légalité de son processus d’admission face à cette pression de l’administration Trump.

« La science n’est pas un parti » déclare la présidente de swissuniversities

Face à la montée de la défiance, des « vérités alternatives » et de l’instrumentalisation politique de la recherche, la présidente de swissuniversities Luciana Vaccaro souligne l’urgence de défendre la science pour en protéger l’intégrité.

De retour de la conférence annuelle de l’European University Association (EUA), elle rappelle que cette tendance menace l’équilibre financier, administratif et intellectuel des universités. Un tel déclin risque d’impacter directement les étudiant·es et de conduire à des décisions fondées sur l’ignorance.

Retour sur l’invitation du blogueur controversé Curtis Yarvin au Symposium de Saint-Gall

La venue de Curtis Yarvin mercredi dernier au Symposium de Saint-Gall, l’événement annuel organisé par les étudiant·es de l’Université (HSG), avait été précédée d’une vague d’indignation. L’américain est figure de proue de l’extrême droite techno-libertarienne et anti-démocrate autro-proclamé a été qualifié d’«éclaireur obscur» par le média Republik, ou d’«imposteur» par Caspar Hirschi, professeur à l’Université de Saint-Gall (St. Galler Tagblatt). Ce dernier s’interroge par ailleurs sur le fait que le Symposium lui offre une si grande exposition («Bühne), le plaçant aux côtés de l’un des politologues les plus renommés d’Europe (Ivan Krastev). «Cela a conféré une légitimité académique à Yarvin, alors qu’il n’était même pas capable de respecter la règle la plus élémentaire d’un débat, à savoir répondre aux questions. »

Malgré les tensions initiales et une lettre protestataire signé par 300 membres de la communauté universitaire, le symposium est resté remarquablement calme, aucune manifestation étudiante n’ayant éclaté à l’intérieur ou aux abords de l’université.

Lundi, des scientifiques en sciences sociales et humaines de l’Université de Saint-Gall ont organisé un débat sur la manière d’aborder les penseurs extrémistes. La plupart des intervenants n’auraient pas proposé de tribune à Curtis Yarvin.

Une question restante est si le rectorat de la HSG disposera à l’avenir d’un droit de veto officiel sur les invités aux colloques lorsque, comme dans le cas de Yarvin, la réputation de l’université est en jeu.

23 millions de francs pour l’Université de Saint-Gall

L’Université de Saint-Gall (HSG) a reçu un don de 23,75 millions de francs suisses de la part d’un ancien étudiant norvégien, Christen Sveaas. L’Université prévoit d’investir 20 millions de francs sur le marché des capitaux afin de générer des rendements à long terme, calqué sur le modèle de gestion financière des universités privées américaines.

Les 3,75 millions de francs suisses restants serviront à financer un programme visant à accueillir chaque année à Saint-Gall jusqu’à 45 étudiant·es de master particulièrement brillant·es de Suisse et d’Europe, afin de leur offrir un accompagnement et un perfectionnement ciblés.

Le Conseil suisse de la science recommande une stratégie nationale en matière d’infrastructure d’intelligence artificielle (IA)

«Le Conseil suisse de la science CSS voit d’importantes opportunités de développement stratégique pour la Suisse dans le domaine de la recherche intensive en données et en calcul. Dans son rapport, le CSS souligne le potentiel d’un développement ciblé des infrastructures de calcul existantes dans le domaine académique afin de répondre durablement aux exigences croissantes, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). […] Le CSS propose une infrastructure de calcul interopérable à plusieurs niveaux, couvrant les échelons de la position régionale à la position internationale, fondée sur une stratégie nationale, dirigée par un comité stratégique et soutenue par un financement à long terme.»

L’UNIGE lance un CAS sur le développement de l’enfant

«Dès la rentrée prochaine, le Centre pour la formation continue et à distance proposera un nouveau Certificat de formation continue (CAS) centré sur le développement de l’enfant. Il répond à une demande des professionnels et professionnelles de l’éducation et de la santé face à une augmentation des troubles du développement dans la population. L’objectif du cours consiste à renforcer le diagnostic, l’accompagnement et la prise en charge globale des enfants souffrant d’un trouble du développement et de leurs familles» (Université de Genève)

Jugement concernant la liberté d’expression et la liberté académique à l’Université de Sussex

La loi sur la liberté d’expression (Freedom of Speech Act), entrée en vigueur en août 2025, impose aux universités et aux établissements d’enseignement supérieur d’Angleterre de promouvoir la liberté académique afin de garantir que les débats puissent se dérouler sur les campus sans crainte de censure à l’encontre des étudiants, du personnel ou des intervenants exprimant des opinions conformes à la loi.

La Haute Cour anglaise a récemment statué sur un cas de potentielle violation de la liberté d’expression  au sein de l’Université Sussex.

Ce cas concerne une ancienne professeure, Kathleen Stock, qui a démissionné en 2021 suite aux manifestations suscitées par ses prises de positions sur l’identité de genre et les droits des personnes transgenres. L’Office for Students (organisme de surveillance de l’enseignement supérieur en Angleterre) avait initialement fait condamner l’université à une amende de £585,000.

Mais la Haute cour a trouvé que l’organisme de surveillance était biaisé, s0uhaitant faire un exemple de l’Université de Sussex.

Le secrétaire général de l’alma mater a déclaré: «Cette décision constitue un camouflet pour les responsables politiques qui ont utilisé l’OfS comme une arme politique dans les guerres culturelles sur les campus. L’organisme de régulation a perdu la confiance du secteur, et le gouvernement doit désormais repenser en profondeur la manière dont il entend œuvrer pour protéger l’enseignement supérieur.»

«Code d’éthique et Principes de la liberté de la recherche, de l’enseignement et de la transmission scientifiques en histoire»

Il y a plus de vingt ans, la Société historique suisse (SGG) a révisé son code d’éthique pour répondre aux enjeux actuels qui traverse la discipline tels que la numérisation ou l’utilisation des outils d’intelligence artificielle.

«Vingt ans plus tard, plusieurs des problématiques abordées restent néanmoins d’actualité — parfois avec une acuité renforcée. Les menaces de poursuites judiciaires visant des historien·ne·s, ainsi que les obstacles d’accès aux sources (refus de consultation au prétexte de la protection des données, caviardages, délais prolongés arbitrairement), restent des défis de taille pour les sciences historiques, comme l’illustrent plusieurs affaires récentes.»

L’Allemagne face aux harcèlements dans le milieu universitaire

Le milieu académique allemand est confronté aujourd’hui à une crise systémique où l’abus de pouvoir et le harcèlement semblent s’accommoder de structures devenues obsolètes.

Entre hiérarchies rigides et précarité, le système actuel protège trop souvent les professeur·es titulaires au détriment des jeunes scientifiques. Ces derniers·ères, dans une situation plus précaire, peuvent être exposés à plusieurs dérives graves, comme du chantage au renouvellement de contrat, des blocages arbitraires de diplômes par les directeurs et directrices de thèse, ou encore des comportements misogynes et violents.

Face à ce constat, une analyse de la revue Nature souligne l’urgence de réformes profondes pour assainir l’ensemble du milieu universitaire. Au niveau national, la communauté scientifique accentue sa pression pour obtenir des contrats d’une durée minimale de quatre ans, garantissant une stabilité pour la durée d’un doctorat.

Parallèlement, certains départements proposent de redistribuer le pouvoir en aplanissant les rapports de force et en multipliant les postes permanents.

CoARA à l’Unil : Plan d’action pour une évaluation de la recherche responsable

Signataire depuis 2023 de l’accord international Agreement of Reforming Research Assessment (CoARA), l’Unil veut moderniser ses pratiques d’évaluation scientifique. Ce plan vise à accentuer la diversité et la transparence des contributions académiques, en valorisant une approche dynamique collective et participative.

Engagée au sein du Swiss Chapter pour partager ses ressources, l’université détaille désormais ce projet sur une nouvelle page web dédiée.

Fribourg veut faciliter la reprise des études pour les personnes réfugiées

La Haute École de travail social et l’Université de Fribourg renforcent leur soutien aux étudiant·es réfugié·es grâce à un financement fédéral de 252 000 francs (2026-2028).

Ce programme combine cours de français académique, ateliers de confiance en soi (théâtre-forum) et sensibilisation de la communauté universitaire pour lever les mécanismes d’exclusion et faciliter l’intégration durable des personnes réfugiées dans l’enseignement supérieur.

Deux professeures ordinaires succèdent au professeur George Coukos au Département d’oncologie

Tatiana V. Petrova, experte en biologie vasculaire, et Johanna A. Joyce, chercheuse de renommée mondiale en biologie du cancer, reprennent la direction du Département d’oncologie.

Elles succèdent au professeur George Coukos qui dirige dorénavant le Laboratoire Ludwig de thérapie cellulaire aux Etats-Unis.

Elles auront pour missions de développer des programmes de recherche de pointe, renforcer les collaborations et soutenir les chercheur·euses à toutes les étapes de leur carrière.

«Résistance à l’Université de Saint-Gall (HSG) contre la venue du blogueur américain réactionnaire»

La polémique autour de la présence du blogueur américain Curtis Yarvin au Symposium de Saint-Gall ce mercredi s’amplifie. Un malaise gagne une partie du corps estudiantin, le corps professoral ainsi que la sphère politique. Une lettre ouverte circule notamment à l’université et une table ronde aura lieu demain pour débattre de la question de savoir si le fait de donner une tribune équivaut à légitimer. (Suzanne Enzerink sur LinkedIn)

Cédric Wermuth, co-président du Parti socialiste, a exprimé sa solidarité avec les employé·es de l’Université de Saint-Gall qui protestent contre la venue de Curtis Yarvin. « Lorsqu’un idéologue de premier plan d’un mouvement antidémocratique, misanthrope et néofasciste peut apparaître de manière aussi évidente dans une université suisse, une limite est franchie », déclare celui qui devait initialement participer à l’évènement. (Tagblatt)

Face aux critiques, le directeur de l’évènement, Beat Ulrich, estime que la confrontation directe et la contradiction solide sont plus efficaces que l’ignorance pour désamorcer les idées radicales. (St. Galler Tagblatt)

Curtis Yarvin participera à un débat avec le politologue bulgare Ivan Krastev,  fervent défenseur des démocraties libérales. Il prendra ensuite part à un entretien d’une heure avec Claudia Brühwiler, professeure à la HSG et spécialiste des États-Unis.

D’ailleurs, un autre symposium, organisé par ledit Ivan Krastev, a eu lieu en février 2026, avec, entre autes, Curtis Yarvin comme invité. Le magazine Die Zeit a dédié un article sur sa présence à ce symposium.

 

 

 

swissuniversities s’aligne sur la stratégie de politique de sécurité de la Suisse

La faitière des hautes écoles et universités suisses déclare dans une prise de position :

« Les hautes écoles suisses soutiennent le développement d’une stratégie politique de sécurité proposée par le Conseil fédéral et entendent assumer leur rôle. Par leur expertise et leur innovation, les hautes écoles sont des actrices centrales pour la sécurité et la résilience du pays. » 

L’Université de Saint-Gall, trop internationalisée?

Portée par une quête d’excellence, l’Université de Saint-Gall gagne en prestige international en attirant des professeur·es de renom grâce à des salaires élevés et des conditions de recherche privilégiées. Cette attractivité soulève cependant de nouveaux défis pour la région.

Notamment, la tendance du corps professoral à résider à Zurich plutôt qu’à Saint-Gall et à privilégier le recrutement de chercheurs issus de leurs propres réseaux étrangers, ce qui affaiblirait l’ancrage local de l’institution.

Par ailleurs, une éventuelle limitation du nombre d’étudiant·es, sous la pression budgétaire du canton, pourrait fragiliser les profils suisses moins compétitifs, particulièrement celles et ceux qui doivent concilier leurs études avec une activité professionnelle ou des charges familiales.

L’auteur s’interroge donc sur  les conséquences pour la région, ainsi que sur la pertinence d’investir des sommes conséquentes pour des cadres étrangers susceptibles de quitter la Suisse orientale après leurs études.

«La recherche sous pression : une question de priorités?»

La recherche en Suisse connaît une baisse des financements et le taux des demandes de financement acceptées a diminué de 36% en 2024 et de 30% en 2025. La demande croît plus vite que les ressources disponibles. De ce fait, un nombre croissant de projets d’excellence échouent non par manque de qualité scientifique, mais par simple manque de moyens financiers.

Andreas Meier, conseiller national (AG, Le Centre) et membre de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture, met en garde contre les effets délétères à long terme. Selon lui, en affaiblissant la formation des spécialistes et en limitant le nombre de projets lancés, c’est l’attractivité et la compétitivité de la science qui est en jeux. Cette évolution affecterait non seulement la recherche, mais aussi son application économique, pénalisant particulièrement les PME qui dépendent de ces innovations.

Enfin, les régions bénéficiant d’une solide base de recherche seraient les premières à ressentir les effets de ce désengagement.

«Ce «néofasciste» américain est invité à parler à des étudiants suisses»

Curtis Yarvin, informaticien et blogueur américain se réclamant d’une droite radicale et antidémocratique, est invité à intervenir à plusieurs reprises au St-Gallen Symposium à l’Université de Saint-Gall (HSG). Plateforme de référence mondiale, cet événement accueille chaque année de nombreuses personnalités issues de l’économie, de la politique et de la société pour débattre d’enjeux contemporains.

La présence de cette figure controversée, souvent décrite comme un «théoricien» influent de la droite autoritaire aux Etats-Unis, préoccupe certain·es étudiant·es et politiques. Les personnes organisatrices, quant à elles,  plaident pour une confrontation d’idées. La professeure Claudia Brühwiler déclare qu’il est nécessaire de débattre des dynamiques qui traversent actuellement la droite américaine.

En ce sens, Beat Ulrich, le directeur du Symposium affirme que : «Les voix idéologiquement influentes ne perdent pas de leur impact en étant ignorées, mais en étant confrontées à une contradiction argumentée, à une mise en contexte et à un débat ouvert». 

«Des employés de la HEP vaudoise dénoncent un climat de peur et une gouvernance incompétente»

«La Haute école pédagogique vaudoise semble faire face à une crise de gouvernance. Une enquête de la RTS révèle un climat de travail tendu, marqué par des décisions opaques et un manque d’écoute. La direction souligne la complexité de gérer une institution en croissance et qui se réorganise.»

« Que signifie façonner l’IA de manière responsable au sein d’une université ? »

Dans un entretien croisé paru dans le rapport annuel de l’Université de Zurich, la présidente du Conseil de l’université, Silvia Steiner, et le président de l’université, Michael Schaepman, ont présenté leurs futurs projets et orientations.

Au cœur de la stratégie de l’institution académique figure le développement du pôle dédié à l’intelligence artificielle. Ce centre n’a pas seulement pour but de connecter les expertises techniques des différentes facultés, mais vise surtout à promouvoir une innovation responsable. L’objectif est d’explorer l’IA comme un enjeu sociétal et humain, afin que cette technologie serve directement la science et la collectivité à travers un partage ouvert des connaissances.

Silvia Steiner le rappelle : « L’IA n’est qu’un outil parmi d’autres et ne remplace pas la réflexion personnelle, d’autant plus importante face à un accès élargi aux connaissances et à l’information ». 

Parallèlement, les deux dirigeant·es reviennent sur la politique professoral en privilégiant les compétences en leadership ainsi que l’encouragement des candidatures féminines. La compétitivité de l’établissement, l’interconnexion avec les autres universités ainsi que les conditions de travail des doctorant·es et postdoctorant·es sont également abordées.

«Innosuisse et armasuisse lancent un appel à projets dans le domaine des technologies à double usage»

«Par cette initiative, Innosuisse et l’Office fédéral de l’armement armasuisse visent à renforcer la recherche, le développement et l’innovation dans les domaines de la sécurité et de la défense, tout en générant des retombées concrètes pour l’économie et la société civiles. Elle porte sur les technologies à double usage, c’est-à-dire utilisables à la fois dans les domaines civil et sécuritaire. L’appel à projets, qui contribue à mettre en œuvre la stratégie en matière de politique d’armement du Conseil fédéral, sera lancé le 1er juillet 2026. Le budget de cette initiative s’élève à 20 millions de francs et sera réparti entre Innosuisse et armasuisse.»

«Doctorats en Suisse: une croissance soutenue et de bonnes perspectives professionnelles»

«Entre 2010 et 2024, le nombre de docto­rants dans les hautes écoles suisses a augmenté de 29%. Cette hausse est presque exclusivement due à une augmentation du nombre de doctorants dans les domaines de la médecine, des sciences techniques et des sciences exactes et naturelles. Les hautes écoles universitaires sont en mesure de faire face à cette augmentation tout en garantissant à leurs doctorants de bonnes conditions de réalisation de leur thèse. Enfin, sur le marché du travail, les personnes titulaires d’un doctorat ont en moyenne un taux de chômage plus faible et des revenus plus élevés que les personnes ayant obtenu un diplôme de bachelor ou de master.»

Deux mille salarié·es en grève à Harvard

Les membres et représentants du syndicat des étudiant·es diplômé·es de Harvard (regroupant notamment les salarié·es étudiant·es et chercheur·euses) sont en négociation depuis plus d’une année avec l’université. L’augmentation des salaires, une protection accrue des étudiant·es internationaux à risque de déportation, dans un contexte de forte tension entre les universités américaines et l’administration Trump ainsi qu’une amélioration de la lutte contre les discriminations sont défendus.

Deux dirigeant·es de l’université (John Manning et Meredith Weenick) ont affirmé que l’université a proposé, lors des négociations, une augmentation de 10% des salaires de tout le personnel recruté, étalée sur quatre ans.

Les leaders du syndicat étudiant précise que cette augmentation ne suffira probablement pas à compenser l’inflation annuelle et rappelle que Harvard est dépendante du travail de ses membres.

CERN : Une collaboration qui interroge

«La Convention internationale qui règle le fonctionnement du CERN précise dans son article 2.1 «L’Organisation s’abstient de toute activité à fins militaires». Mais qu’en est-il des recherches et développements (R&D) de matériel à double usage, c’est-à-dire utilisé d’un côté par des civils et de l’autre par l’industrie de l’armement?» La lettre de lecteur signé par Jean-Bernard Billeter met en lumière un partenariat du CERN avec le groupe THALES, premier groupe militaro-industriel de France.

«Les étudiant·es de l’EPFL approuvent à 86% un boycott d’Israël»

«Avec 375 votes pour le soutien du boycott académique et 44 votes contre, les étudiant·es [de l’association étudiante Unipoly] ont manifestement été convaincu·es par la nécessité de mettre fin au lien entre leur école et ses partenaires académiques en Israël. […] Reste à voir si la direction de l’EPFL entendra les revendications maintenant portées par son principal interlocuteur étudiant, celle-ci affichant toujours un refus systématique de revoir ses collaborations avec Israël.»

Valais : nouveau partenariat dans l’enseignement supérieur

Quatorze institutions académiques et de recherche du Valais (incluant la HES-SO, l’EPFL, la HEP, les universités de Lausanne et de Genève et plusieurs instituts spécialisés) s’unissent au sein d’un nouveau partenariat stratégique.

« La conférence vise à renforcer la coopération entre les établissements d’enseignement supérieur et de recherche valaisans et à souligner leur contribution au développement du canton », a déclaré François Seppey, directeur de la HES-SO Valais-Wallis et président du comité de cette alliance stratégique.

Ce rapprochement soutient notamment un projet de financement de 151,5 millions de francs pour la période 2026-2028, qui sera examiné par le Grand Conseil en mai.

La conférence a déjà publié une première déclaration s’opposant à la suppression envisagée du Conseil suisse de la recherche scientifique. Elle est convaincue qu’une telle mesure affaiblirait l’expertise scientifique indépendante au niveau national.

L’ensemble du comité consultatif scientifique de la NSF a été limogé par l’administration Trump

Les 22 membres du comité consultatif chargé de superviser la Fondation nationale pour la science (NSF) des États-Unis, l’un des principaux bailleurs de fonds de la recherche fondamentale, ont été démis de leurs fonctions le 24 avril sans aucune explication.

«Ce n’est pas la première fois que l’administration Trump limoge en masse des conseillers scientifiques fédéraux. L’année dernière, elle a licencié les 17 membres du Comité consultatif sur les pratiques de vaccination, qui jouait un rôle crucial dans la politique américaine en matière de vaccins, et a supprimé 14 comités consultatifs au sein de la NSF. Toujours l’année dernière, Trump a signé un décret supprimant plusieurs comités consultatifs, dont un consacré au COVID long, afin de réduire les dépenses publiques et de «promouvoir la liberté et l’innovation américaines». (Nature)

«Cette décision est préoccupante, car le Conseil national des sciences joue un rôle essentiel en matière de contrôle, de responsabilité et de transparence dans la manière dont la principale agence de recherche scientifique du pays prend ses décisions, qu’il s’agisse des investissements majeurs dans la recherche, des partenariats internationaux ou des critères d’attribution des subventions.» (Union of Concerned Scientists)

swissuniversities prépare un forum « Formation fondée sur des preuves »

La commission Recherche & Développement de la Chambre des Hautes écoles pédagogiques de swissuniversities prépare l’organisation d’un forum qui se tiendra en septembre 2026.

Ce évènement, porté par la faîtière des hautes écoles et universités suisses, a pour ambition d’intensifier le dialogue entre les praticien·nes de l’éducation, les responsables politiques et la communauté scientifique.

L’objectif de cette rencontre est de déterminer comment exploiter les connaissances existantes de manière ciblée afin de développer des solutions innovantes face aux défis actuels et futurs.

Défis et déficit budgétaire de l’Université de Bâle

Le rapport annuel de l’Université de Bâle, publié le 22 avril, met en lumière un déséquilibre budgétaire pour l’année 2025. Avec un budget opérationnel d’environ 815 millions de francs face à des revenus ordinaires s’élevant à 771 millions, l’institution a dû absorber ce déficit par l’utilisation de fonds propres libres de l’université.

Cette situation découle de plusieurs défis identifiés dans le rapport. L’établissement a notamment dû augmenter ses investissements pour répondre aux exigences croissantes en matière de cybersécurité. Parallèlement, l’université subit les effets de l’inflation et des variations de taux de change, tout en faisant face à une incertitude persistante sur le maintien des financements fédéraux.

L’université, quant à elle, affirme que sa situation demeure « solide » malgré ce déficit.


Rejet massif de la loi sur l’assainissement des finances de l’Etat (LAFE) à Fribourg

La population fribourgeoise a massivement rejeté le plan d’allègement budgétaire proposé par le Conseil d’Etat avec 68,7% de voix contre. Ce projet souhaitait imposer un frein aux dépenses publiques via la Loi sur l’assainissement des finances de l’État (LAFE).

Pour Gaétan Zurkinden, secrétaire régional du SSP et membre du comité référendaire, ce résultat constitue une victoire populaire majeure. Il déclare « C’est une victoire du peuple qui ne veut pas d’une dégradation des prestations dans la santé, l’enseignement et le social ».

Le conseiller d’Etat Jean-Pierre Siggen à lui reconnu dans l’émission Forum (RTS) un revers aussi net qu’inattendu. Il analyse cet échec par la nature même du projet, un « paquet » complexe de 18 mesures techniques qui a fini par cumuler les mécontentements des opposants. Il évoque également un contexte de participation très faible (moins d’un tiers des votant·es) ainsi qu’un calendrier électoral peut avantageux, déconnecté des grandes votations fédérales.

Critique du virage stratégique de Yale

Selon un article du New-York Times, l’Université de Yale envisage de supprimer de sa mission l’ambition de former des leaders dévoués au « bien commun ». Ce projet de réforme, issu du rapport mandaté par l’université sur la manière de restaurer la confiance du public dans les universités américaines, vise à recentrer l’institution sur la seule transmission du savoir. L’objectif étant de répondre aux doutes croissants sur la valeur des diplômes et aux accusations de partialité politique.

Cette orientation suscite une vive critique du président de l’Université Wesleyan (US) dans les colonnes du média américain. Ce dernier déplore la suppression de l’objectif historique de former des citoyen·nes capables de « diriger et de servir dans tous les domaines de l’activité humaine ».

Cette position de Yale est perçue comme une réaction directe aux attaques de l’administration Trump contre l’enseignement supérieur. En cherchant à se protéger des pressions politiques par une neutralité stricte, Yale sacrifierait, selon ses détracteurs, l’idéal de responsabilité sociale qui définit l’université américaine depuis ses origines.

L’institution répond dans un communiqué : « À l’heure où l’enseignement supérieur est mis à rude épreuve, il est impératif de comprendre notre raison d’être et ce que les universités font de mieux. Cela exige une vision claire, et non diffuse, de nos objectifs. »

Protestations contre la hausse des taxes d’études

Sous le slogan « Unis contre les frais de scolarité et la militarisation », le collectif zurichois «Students United»  se mobilise, s’opposeant au « Plan de relance 2027 », qui prévoit de doubler, voire de quadrupler les frais pour les étudiant·es internationaux.

«D’ores et déjà, deux tiers des étudiant·es travaillent parallèlement à leurs études. Pour beaucoup d’entre eux et elles, le coût élevé des études les obligerait probablement à prolonger leurs études de plusieurs semestres» pour financer les études  – «s’ils et elles en ont encore les moyens» d’en faire.

«Le choix d’un système informatique américain pour les hôpitaux vaudois est critiqué»

«Devisé à 207 millions de francs, l’achat d’Epic pour équiper les hôpitaux vaudois cristallise les craintes de dérapage budgétaire et de vulnérabilité face à l’administration Trump. […] Les députés vaudois expriment aussi la crainte d’une perte de souveraineté numérique, alors que l’administration Trump semble aujourd’hui prête à utiliser les licences informatiques comme un levier de pression. «Dans le cadre du tribunal pénal international à la Haye, du jour au lendemain, ils leur ont coupé tous les outils Microsoft, parce qu’ils avaient attaqué Monsieur Netanyahu, ami des Etats-Unis», relève Michäel Wyssa.»

 

«Un concept pour un apprentissage sur tout un semestre»

A l’EPFL, «[d]ans le cours de dynamique de Dennis Kochmann, plus de 700 étudiants se penchent en permanence sur la matière enseignée.» Pour cela, il a développé un concept d’enseignement qui combine des devoirs hebdomadaires en ligne avec des exercices interactifs et assistés par ordinateur en petits groupes. Résultat : une participation élevée, moins de stress aux examens et une durabilité accrue de l’apprentissage.

«Une incitation supplémentaire y contribue : ceux qui effectuent les devoirs hebdomadaires en ligne accumulent des points. Ceux-ci apportent un petit bonus sur la note finale.»

Déclaration de solidarité avec la communauté de l’éducation supérieure en Serbie

«À la suite de l’intervention des forces de police à l’Université de Belgrade le 31 mars 2026, le comité de l’Association européenne des universités (EUA) souhaite exprimer sa profonde inquiétude face à ces développements et à leurs effets néfastes sur les universités en Serbie. swissuniversities est membre de l’EUA et soutient cette déclaration.»

Le nouveau rapport suisse sur l’éducation remis en question

Le nouveau rapport suisse sur l’éducation, qui joue un rôle clé dans de nombreuses décisions en matière de politique éducative, fait l’objet de vivres critiques de la part de membres de la communauté scientifique.

Ces spécialistes de l’éducation dénoncent notamment un manque de rigueur scientifique, une dépendance excessive à des sources étrangères et des auto-citations, négligeant des domaines clés essentiels à la gestion et au développement du système éducatif suisse ainsi qu’une absence d’évaluation par des pairs.

« Le fait que d’importantes publications suisses, contenant des données suisses, ne soient même pas mentionnées suggère une recherche sélective et inappropriée » déclare Rolf Becker, qui a dirigé le département de sociologie de l’éducation à l’Institut des sciences de l’éducation de l’université de Berne pendant plus de 20 ans.

La Confédération et les cantons rejettent ces accusations, affirmant qu’il s’agit d’une synthèse administrative basée sur des recherches déjà validées.

« Nombre d’universitaires israéliens perçoivent le boycott comme une double peine »

Alors que l’UE maintient son accord d’association avec Israël ce mardi 21 avril, le milieu universitaire israélien dénonce un boycott croissant qu’il juge être une «double peine». Entre annulation de conférences et exclusions de programmes européens, les scientifiques, peuvent se retrouver isolé·es. De plus, la recherche israélienne a également été touchée par le départ d’étudiant·es internationaux après le début de la guerre à Gaza.

Lee chercheur Sarel Fleishman, membre du mouvement israélien pour la paix, dont la collaboration avec l’université de Delft a été rompue, ce boycott affaiblit la société civile : «Je comprends le sentiment qui anime les auteurs de boycott» affirme-t-il. «Mais la société civile elle-même est attaquée par le gouvernement. Elle est la seule à pouvoir mettre fin à cette horrible guerre en le renversant; le boycott international ne l’aide pas.» (Le Temps)

«Les taxes d’études actuelles de 720 francs sont aléatoires»

Dans un entretien accordé à la NZZ, le recteur de l’Université de Zurich prend position contre une hausse des frais de scolarité, malgré les pressions budgétaires de la Confédération.

Alors que le Conseil fédéral envisage de doubler les taxes pour les Suisses et de quadrupler celles des étudiant·es étranger·ères pour alléger les charges cantonales, le recteur plaide pour le maintien d’un modèle fondé sur l’accessibilité et l’autonomie académique.

Il estime qu’une hausse serait acceptable qu’accompagnée d’une réforme majeure des bourses. Pour retenir les talents et garantir le financement du système, il propose de maintenir des frais bas en échange de l’engament des diplômé·es à travailler et payer leurs impôts en Suisse durant au moins quatre ans.

Les universités anglaises pourraient se voir infliger des amendes pour avoir enfreint les règles relatives à la liberté d’expression

La loi sur la liberté d’expression (Freedom of Speech Act) est entrée en vigueur en août 2025; elle impose aux universités et aux établissements d’enseignement supérieur d’Angleterre de promouvoir la liberté académique afin de garantir que les débats puissent se dérouler sur les campus sans crainte de censure à l’encontre des étudiants, du personnel ou des intervenants exprimant des opinions conformes à la loi.
Elle interdit par ailleurs aux universités de recourir à des accords de confidentialité (NDA) dans les cas de harcèlement, d’intimidation et d’inconduite sexuelle.

L’Office for Students (OfS) en Angleterre mettra en place, dès la prochaine année universitaire, un dispositif «unique en son genre» permettant au personnel universitaire, aux intervenants extérieurs et aux membres non-étudiants de faire part de leurs préoccupations concernant les établissements d’enseignement supérieur.

Les universités anglaises qui ne parviennent pas à garantir la liberté d’expression s’exposent à des amendes pouvant atteindre 500 000 livres sterling ou 2% de leurs revenus, et risquent dans certains cas de perdre leur financement public, selon un nouveau système de plainte mis en place par le gouvernement.

 

Le Conseil des EPF rejette l’abolition du Conseil suisse de la science (CSS)

L’organe stratégique de direction du Domaine des EPF s’oppose à  la proposition du Conseil fédéral d’abolir le Conseil suisse de la science (CSS).

Il souligne que « La suppression du CSS priverait la Suisse d’un organe consultatif et d’évaluation reconnu pour la qualité de ses services et son coût modique. »

En affirmant également que la pénalisation de la Suisse par ses partenaires internationaux nuirait à sa réputation de pays engagé dans la science, la recherche et l’innovation.

« Le gouvernement suisse souhaite s’affranchir des logiciels américains »

Dans un revirement stratégique majeur, la Confédération helvétique a annoncé sa volonté de « réduire progressivement et à long terme sa dépendance vis-à-vis de Microsoft », comme le rapportait la NZZ am Sonntag. Ce virage, qui va à contre-courant des décisions prises ces dernières années, marque une volonté claire de miser davantage sur les logiciels libres pour les 54’000 postes de travail de l’administration fédérale.

Cette décision est largement saluée par la classe politique, qui s’inquiète de la sécurité des données d’Etat. Le conseiller national Nicolas Kolly (UDC) exprime d’ailleurs une méfiance grandissante envers les infrastructures américaines , soulignant le besoin de protéger les informations sensibles de la Confédération.

Berne pourrait s’inspirer du modèle allemand, qui dispose déjà d’une longueur d’avance grâce à son Centre pour la souveraineté numérique, une solution indépendante et libre.

La Confédération a d’ores et déjà commandé des études complémentaires pour planifier ce remplacement graduel pour garantir, à terme, la souveraineté numérique du pays.

 

«Yale ne se réfugie pas derrière la ruse consistant à blâmer Donald Trump»

Sous l’impulsion de sa présidente Maurie McInnis, l’Université de Yale a mandaté et publié un rapport d’une franchise inédite, validant les critiques majeures adressées au monde académique.

Madame McInnis y souligne l’urgence de ce virage : «Aujourd’hui, les universités du pays font face à une vague historique de demandes de changement. La confiance envers les institutions s’érode c’est un problème que nous ne pouvons ignorer. Pour que l’enseignement supérieur serve l’intérêt public, nous avons besoin de la confiance du public». Cette démarche a été saluée par le Wall Street Journal, qui y voit une rupture avec l’arrogance et la posture défensive habituelles du milieu universitaire. Le journal notant qu’ils «ne se réfugient pas derrière la ruse consistant à blâmer Donald Trump». 

Le document dénonce ainsi sans détour la dérive des coûts, la bureaucratie galopante, l’inflation des notes et l’opacité des admissions. Plus frappant encore, Yale admet l’existence d’une «monoculture» idéologique qui étouffe le débat.

Pour y remédier, l’université dit imposer à ses départements, dès l’année 2026-2027, une révision de leurs programmes afin de garantir une réelle diversité des perspectives intellectuelles et le respect de la liberté académique.

[L’article est accessible via le PressReader de la BCU.]

«Invité à Yale, un chercheur français interdit d’entrée aux États-Unis»

«Invité à intervenir à la prestigieuse université de Yale sur ses travaux autour de la «néofascisation», le chercheur en sciences sociales Mathieu Rigouste s’est vu refuser l’entrée sur le territoire américain par le Department of Homeland Security, sans justification officielle. Une décision qui empêche sa venue et plusieurs interventions prévues, et qui constitue, selon lui, une illustration concrète des mécanismes qu’il analyse depuis plusieurs années. […] Mathieu Rigouste souligne que ce type de situation ne se limite pas aux États-Unis.» L’article mentionne d’autres restrictions d’entrée de scientifiques en France, au Canada, à Israël et aux Etats-Unis.

Forces et faiblesses des HES

Cet article traite du rôle des hautes écoles spécialisées dans le système suisse de recherche et d’innovation, de l’analyse de leurs atouts structurels et des risques réels auxquels elles sont confrontées, ainsi que des questions systémiques en suspens dans un contexte plus large de politique universitaire.

Il vient à la conclusion qu’il faut protéger les HES activement : contre la tentation de l’académisation, contre les instruments de financement qui récompensent les mauvais profils et contre les structures qui, bien qu’elles portent le nom «HES», n’en incarnent plus l’essence.

«De mauvais remèdes contre la pénurie de médecins généralistes»

Dans une tribune publiée par la NZZ, le docteur Thomas Sartoretti livre une analyse critique des mesures actuelles visant à contrer la pénurie de médecins généralistes. Si le constat d’un manque de praticiens de premier recours est bien réel et tend à à s’aggraver, l’auteur nuance l’idée d’une pénurie globale en Suisse.

Selon lui, le pays souffre avant tout d’un problème de répartition géographique et disciplinaire. Les centres urbains font face à une offre excédentaire de spécialistes tandis que les zones rurales et la médecine générale sont délaissées. Sartorreti invite à relativiser les prévisions alarmistes basées sur une pénurie linéaire. Il souligne que l’impact de l’immigration des médecins étrangers pourrait rester stable et que les gains d’efficacité, portés par les évolutions technologiques et structurelles, augmentent la productivité globale du système de santé.

Dans ce contexte, une augmentation massive du nombre de diplômés sans vision d’ensemble pourrait s’avérer contre-productive. Il conclut en plaidant pour une gestion stratégique de la politique de santé : «il est indispensable de déterminer le nombre et le type de médecins dont le système à réellement besoin et qu’il peut financer».

La suppression du Conseil suisse de la science, toujours incomprise

Deux expertes, membres du Conseil suisse de la recherche scientifique (CSR), mettent en lumière des contradictions dans la décision du Conseil fédéral de dissoudre celui-ci.

Elles souligne d’abord le caractère soudain des cette mesure : «Cette proposition nous a pris totalement par surprise; nous n’avons été consultés nullement au préalable.» Elles poursuivent en disant pouvoir se fier qu’au rapport explicatif officiel. Celui-ci soutient que l’évolution des besoins et des défis dans le domaine de la recherche et de l’innovation a entraîné des changements fondamentaux.

Selon les autorités, les critères d’évaluation, de diffusion et de l’information et de formulation de recommandations politiques nécessiteraient une expertise plus rapide et spécialisée.

Le leadership, levier indispensable à la carrière universitaire au XXIe siècle?

Dans un monde académique en pleine mutation, l’excellence en recherche et les compétences pédagogiques ne suffisent plus à garantir la réussite d’une institution. Comme le souligne Karen Vandevelde pour l’Association européenne des universités (EUA), les universités doivent aujourd’hui composer avec un environnement ultra-réglementé et une compétition mondiale féroce pour obtenir des financements et attirer des talents. De plus, entre la gestion des budgets, l’encadrement des doctorants·es et les charges d’enseignement, la carrière de chercheur est de plus en plus complexe.

Face à ces défis, le leadership apparaît comme la solution indispensable pour restaurer l’attractivité des parcours académiques. L’enjeu est de transformer les institutions en profondeur et gagner en agilité en modernisant les structures administratives souvent trop lourdes et en permettant de diversifier les possibilités de carrière pour offrir des perspectives plus souples.

 

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