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Un élu veut que l’accès à l’université passe par l’apprentissage

Selon une initiative parlementaire du Conseiller national Andreas Glarner (UDC/GL), tous les élèves devraient à l’avenir avoir suivi avec succès un apprentissage avant d’être admis dans une haute école, arguant que les personnes ayant une expérience professionnelle «terminent leurs études de manière plus ciblée, changent moins souvent de filière, sont mieux préparées à la vie professionnelle et s’intègrent plus rapidement sur le marché du travail», supprimant ainsi de fait la voie de formation générale passant par la maturité gymnasiale.

Pour swissuniversities défend le système actuelle, jugeant que la diversité des offres de formation au niveau secondaire II permet aux jeunes de trouver la voie correspondant le mieux à leurs aptitudes et à leurs intérêts.

L’Union patronale suisse voit également l’initiative «d’un œil critique», soulignant, entre autres, qu’aujourd’hui déjà, tous les jeunes qui souhaitent faire un apprentissage ne trouvent pas forcément une place de formation adaptée».

 

États-Unis : « Se battre pour l’avenir de la science nécessite une large coalition »

L’Association des universités américaines (AAU) a indiqué la semaine dernière que les inscriptions des étudiant·es de troisième cycle dans les grandes universités de recherches, qui délivrent la moitié de tous les doctorats aux États-Unis, ont baissé de 15% par rapport à l’année dernière.

Cette nouvelle fait suite à la décision prise le mois dernier de la Fondation nationale pour la science (NSF) de réduire les subventions consacrées à la science fondamentale de 30%, voire plus. Pour Holden Thorp, chimiste et ancien chancelier de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, les Etats-Unis doivent se doter d’un plan cohérent qui définisse les étapes permettant à la science universitaire de prospérer, tout en mobilisant le soutien de l’ensemble de la communauté scientifique, qu’il déplore comme étant relativement silencieuse.

Cela intervient dans un contexte où l’administration Trump effectue des coupes significatives de subventions concernant, en partie, des recherches « politiquement sensibles ».

Soutien renouvelé au Conseil suisse de la science

Le proposition du Conseil fédéral du 28 janvier 2026 de dissoudre le Conseil suisse de la science (CSS) au profit d’expertises à court terme a suscité une forte mobilisation.

Les milieux politiques, économiques et scientifiques soutiennent massivement le maintien du CSS. Ils rappellent qu’un conseil indépendant, rentable et doté d’une vision globale à long terme est indispensable au système helvétique et à son ancrage international, contrairement aux expertises à court terme fournies par des comités ad hoc ou par le biais de mandats externes.

Fort de ce soutien, le CSS réaffirme sa volonté de guider l’avenir de la recherche, tout en acceptant d’évoluer.

La naissance d’un enfant pendant les études supérieures a un impact plus fort sur les mères

Une étude menée auprès de 8’000 chercheur·euses dans 119 pays, relayée par la revue Science, révèle que concilier parentalité et doctorat pénalise fortement la réussite universitaire. Seules 21% des femmes et 27% des hommes débutent leur famille à ce stade critique, où se jouent les basent de leur carrière. De plus, l’arrivée d’un enfant freine l’obtention du diplôme par rapport aux pairs sans enfant.

« L’idée n’est pas que les femmes doivent s’adapter davantage aux calendriers universitaires », explique Chaoqun Ni, maître de conférences en sciences de l’information à l’université du Wisconsin-Madison. « Le problème, c’est le calendrier lui-même. Si la carrière était conçue pour permettre une parentalité précoce – si cela n’entraînerait pas de désavantages permanents -, les femmes n’auraient pas à faire ce choix en premier lieu. » 

Les aides institutionnelles, comme le congé parental et les crèches abordables, peuvent profiter à toute personne confrontée aux exigences de la parentalité et de la recherche. Mais dans de nombreux cas, ce sont les femmes qui assument une plus grande part de la charge mentale liée à la garde des enfants. De plus, leur santé est plus susceptible d’être affectée. Pour les expert·es, la solution n’est pas que les femmes s’adaptent, mais que les institutions réforment le calendrier académique. Un soutien plus solide serait alors indispensable pour intégrer la parentalité sans créer de désavantages professionnels permanents.

L’article rappelle également qu’en Suisse, l’agence de financement de la recherche a modifié la procédure de candidature afin que les membres de la recherche n’aient plus à fournir de CV, souvent pénalisé par l’arrivée d’un enfant, mais d’une liste descriptive de leurs contributions le plus significatives.

«Face à l’IA, la peur des écoles de commerce forcées de se réinventer»

«Bousculées par l’intelligence artificielle, qui ringardise certains apprentissages, et face à l’inflation des diplômes, les grandes écoles de commerce font leur révolution. L’initiative de l’ESCP, qui lancera en 2027 une School of Technology parrainée par Yann Le Cun, révèle une mutation profonde, la volonté d’acquérir une dimension tech devenu indispensable.»

Une disposition dissimulée dans une modification réglementaire américaine permettrait aux citoyens de contester juridiquement les recherches fédérales « woke »

«Pensez-vous qu’une bourse fédérale de recherche particulière constitue un gaspillage de l’argent des contribuables? Toute personne suffisamment indignée pour intenter une action en justice à ce sujet pourrait bientôt pouvoir compter sur le soutien du ministère américain de la Justice (DOJ).

Cette possibilité est dissimulée dans une proposition de grande envergure visant à réécrire les règles régissant la manière dont le gouvernement américain gère des milliers de milliards de dollars de subventions de recherche et d’autres programmes fédéraux, de manière à renforcer la capacité du président Donald Trump à bloquer toute dépense qu’il considère comme «woke» ou inutile.

Ouverture d’un bachelor en systèmes d’information et business analytics

«À la rentrée de septembre 2026, l’Université de Genève consolidera son offre de formation avec un bachelor en systèmes d’information et business analytics, rattaché à la Geneva School of Economics and Management (GSEM).

Cette nouvelle offre fait suite à la dissolution du Centre Universitaire d’Informatique (CUI), décidée en décembre 2025. Elle garantit la pérennité des formations de base, jusqu’alors dispensées par le Centre, en les inscrivant dans un cadre institutionnel stable. […]  La transformation nécessaire de l’enseignement supérieur nécessite d’importantes ressources. Cela concerne tous les acteurs – de la direction des établissements d’enseignement supérieur aux enseignants et aux étudiant·es –, tout comme les Länder (régions) et l’État fédéral.»

Le Conseil allemand de la science préconise la « souveraineté intellectuelle» comme principe directeur pour l’utilisation de l’IA dans l’enseignement supérieur

Dans ses «Recommandations pour l’enseignement supérieur à l’ère de l’IA générative», le Conseil scientifique allemand (WR) prône la «souveraineté intellectuelle» comme principe directeur, destiné à servir de repère aux établissements d’enseignement supérieur et à tous les acteurs concernés, et à guider leur approche de l’IA générative. Il appelle à l’autonomie, à la réflexion critique et à la résistance face à la simplification.

«Hautes écoles menacées»

«Dans le cadre du gigantesque projet de désenchevêtrement des tâches, la Confédération aimerait refiler aux cantons tout le secteur des hautes écoles et universités, qu’elle finance aujourd’hui à hauteur de 30% pour les premières et 20% pour les secondes.»

«Le gouvernement cantonal [fribourgeois] estime par ailleurs que le groupe de travail «devrait mener une réflexion sur les effets dynamiques des désenchevêtrements proposés». Sa crainte est que les cantons héritent de charges en forte progression et que l’opération blanche ne le soit plus à moyen terme.»

Le Conseiller d’État valaisan et président de la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique, Christophe Darbellay, partage cette crainte.

Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, regrette par ailleurs que le désengagement de la confédération qui pourrait venir avec ce projet de désenchevêtrement affaiblisse cette coordination nationale. De plus, les petits cantons comme Neuchâtel pourraient être amenés à faire des choix entre filières.

L’UNES prend position sur le développement durable dans les hautes écoles suisses

«Les hautes écoles ont une responsabilité sociale : elles forment les décideur·euse·s e de demain, produisent des connaissances et des innovations à travers leurs recherches et elles influencent l’opinion publique. La Fédération Suisse d’Organisations Etudiant·e·s pour un Développement Durable (FDD) et l’Union des étudiant·e·s de Suisse (UNES) rappellent cette responsabilité aux hautes écoles et les invitent à la considérer non seulement comme un devoir, mais aussi comme une chance. En effet, il s’agit d’une opportunité de présenter à la société des marges de manœuvre durable et viables pour l’avenir. Dans le cadre de leur collaboration, la FDD et l’UNES ont élaboré des objectifs pour les hautes écoles suisses. Ces objectifs portent notamment sur sept (7) domaines : participation estudiantine, formation et enseignement, gouvernance et direction des universités, recherche et développement, infrastructure et quotidien de la vie universitaire, laboratoire des hautes écoles et innovation, ainsi que la politique des hautes écoles.» (UNES)

Série d’articles sur l’écosystème de l’innovation genevoise

«À l’occasion des 50 ans de l’Office de promotion des industries et des technologies (OPI), qui sponsorise cette Exploration, Heidi.news a arpenté les laboratoires genevois. Ceux de l’école d’ingénieurs Hepia ou de l’école horlogère, ceux du Wyss Center sur le Campus Biotech, de Rolex, de dsm-Firmenich ou de la myriade de PME sous-traitantes.»

 

Le Centre de recherche sur les écosystèmes d’altitude (CREA) mise sur la science participative

Le projet  « JADE« ,  Jardins Associés pour le Développement d’un tourisme scientifique en montagne, créé en 2017 par le Centre de recherche sur les écosystèmes d’altitude (CREA Mont-Blanc) et le Jardin alpin Flore-Alpe de Champex-Lac, est installé sur l’alpage de Loriaz. Ce projet s’inscrit dans le cadre de plusieurs protocoles de science participative dédiés à l’étude du changement climatique.

Selon le chercheur en écologie du CREA Colin Van Reeth , «cette approche collaborative avec des bénévoles multiplie les regards sur le terrain et sensibilise le public à l’environnement.» Selon le site web du projet «au-delà de son impact sur l’activité locale et les revenus qu’il génère, il offre également une opportunité unique de sensibiliser le public à la beauté de la montagne et à la nécessité de préserver ces écosystèmes fragiles.»

Les offres de conseil et d’information jugées trop chères à Berne pour les étudiant·es ?

La direction de l’Université de Berne défend la légitimité de ses nombreuses prestations de conseil et d’accompagnement spécifiques face aux critiques relayées par le Blick.

Menée par le nouveau conseiller d’État Reto Müller (PS), la direction de l’éducation rejette ces reproches en mettant en avant la nécessité du travail des conseiller·ères ainsi que de leurs services, qui couvrent 32 000 étudiant·es et 12 000 collaborateur·ices répartis dans quatre établissements d’enseignement supérieur.

 

Conciliation parfois complexe entre armée et études

Le lundi 29 juin, 8 253 recrues, dont 205 femmes, ont entamé leur service militaire. Pour les étudiant·es, concilier ces deux univers peut s’avérer difficile. L’armée précise toutefois que les examens académiques constituent un « motif impératif de congé », permettant d’obtenir une dispense pour y participer.

Eléonore Coignet, responsable des affaires militaires de médecine de l’Université de Lausanne, est en première ligne pour accompagner les étudiant·es face à ces défis.

Giotto.ai : une solution suisse d’IA ?

Lancée le 1er juillet par une start-up lausannoise, Giotto.ai propose une alternative grand public axée sur la souveraineté numérique face aux géants américains.

Fondée par Aldo Podestà, cette intelligence artificielle suisse se distingue par un modèle multimodal et transparent , matérialisé par le bouton « execution trace » permettant de suivre le raisonnement de la machine.

Si l’affichage des résultats demande parfois un peu de patience, la solution proposerait des réponses concises, précises et justes.

Le désenchevêtrement est un danger pour la formation et la recherche

Dans cette chronique, Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, critique le projet «Désenchevêtrement 27», qui vise, selon elle à confier entièrement aux cantons la planification et le financement des hautes écoles, réduisant ainsi fortement, voire supprimant, le rôle de la Confédération.

L’auteure estime que le projet représente plusieurs risques majeurs :

  • une fragmentation accrue du paysage académique, alors que les défis actuels (intelligence artificielle, concurrence internationale, évolution des parcours de formation) nécessitent davantage de coordination ;
  • un transfert de charges financières vers les cantons, malgré la promesse de neutralité des coûts ;
  • une menace pour les petites hautes écoles, dont certaines pourraient devenir non viables sans les contributions fédérales ;
  • un renforcement des inégalités régionales, avec une concentration de l’enseignement supérieur autour des grands pôles de Zurich-Bâle et de l’Arc lémanique.

Pour Luciana Vaccaro, ce projet mettrait en danger la qualité de la formation et de la recherche en Suisse ainsi que la capacité d’innovation des régions. Elle plaide donc pour le maintien d’un rôle fort de la Confédération afin de préserver l’équilibre qui a contribué au succès du système suisse de formation, de recherche et d’innovation.

Composition du Grand Conseil vaudois en 2027

Nuria Gorrite (PS) annonce dans la presse qu’elle ne briguera pas un nouveau mandat au Conseil d’Etat en 2027.

Du PLR, Christelle Luisier, Frédéric Borloz et Isabelle Moret, avaient annoncé leur intention de se représenter en février 2027, pour un deuxième mandat complet chacun. Leur collègue écologiste Vassilis Venizelos espère également rester au gouvernement.

L’UDC Jean-François Thuillard et la Vert’libérale Virginie Cavalli sont les personnes déjà désignées. Et  la décision de la ministre centriste Valérie Dittli qui est très attendue. (Watson)

Le chef du Département de l’enseignement et de la formation professionnelle, Frédéric Borloz, affiche une priorité claire: conserver son département afin de «pouvoir poursuivre des chantiers» qu’il juge essentiels, comme le renforcement des compétences fondamentales ou le passage au gymnase en quatre ans. (Le Temps)

 

L’EPFZ ouvre un campus en Allemagne

Environ deux ans après la signature d’un accord avec la Fondation Dieter Schwarz, l’ETH Zurich inaugure un nouveau site à Heilbronn,un nouveau pôle de recherche et d’enseignement axé sur l’IA et la cybersécurité. L’objectif est de faire progresser la transformation numérique dans l’économie et la société. L’ETH Zurich s’engage à long terme à Heilbronn et renforce ainsi son réseau au sein de l’espace européen de la recherche.

 

Il y a autant d’universitaires que d’apprentis au chômage dans le canton de Vaud

Depuis 2010, le taux de chômage des diplômé·es apprentis a baissé de 6% à 4% et celui des diplômé·es universitaires et HES a monté de 3 à 4%, si l’on se fie aux derniers chiffres de statistiques Vaud. Il s’agit d’une situation inédite que viendra éclairer un spécialiste d’insertion professionnelle Gilles Vuille, directeur ad intérim à la fondation Mode d’emploi sur la question de l’employabilité des diplômé·es.

Il dit qu’ il y a dorénavant une grande concurrence entre ces différentes personnes de formation tertiaires qui sont diplômées mais n’ont pas forcément un diplôme qui est associé à un métier clairement identifié et cela peut parfois être un frein lors de la recherche d’emploi.

Il estime qu’il n’y a pas trop d’universitaires, «il y a une adéquation avec la demande du marché de l’emploi qui doit trouver cet équilibre et ce lien est peut-être encore à construire plus fortement, les HES le font avec des stages sur le premier marché pendant le cursus scolaire, mais pas forcément dans toutes les filières. Cela veut dire que c’est préférable aujourd’hui de terminer sa formation avec déjà une option bien définie de la profession qui sera la nôtre par la suite plutôt qu’un diplôme universitaire qui reste encore très large.»

Il serait donc payant d’avoir une spécialisation, compléter un diplôme universitaire, un master avec une formation plus pratique, tout comme effectuer des stages pendant les études et pendant les vacances.

«Mention adéquate du genre et reconnaissance du (pré)nom d’usage dans les hautes écoles»

«La prise en compte de la diversité des identités de genre et la reconnaissance du (pré)nom d’usage constituent des conditions essentielles à un environnement académique non discriminatoire.», écrit la faitière des association étudiantes suisses UNES.

Elle demande «des adaptations des procédures administratives afin de garantir une mise en œuvre simple, rapide et confidentielle. Il s’agit également de protéger la vie privée et d’harmoniser les pratiques entre les hautes écoles. La mise en œuvre de ces mesures contribue à réduire les obstacles administratifs et à renforcer la participation équitable de l’ensemble des étudiant·e·x·s.»

«Les gens ont-ils cessé de faire confiance à la science ?»

«La confiance dans la science est politisée et tend à l’être de plus en plus», explique le sociologue Gordon Gauchat de l’université du Wisconsin-Milwaukee. Dans de nombreux pays, les citoyen·nes remettent également de plus en plus en question les preuves irréfutables concernant des sujets controversés tels que les vaccins, en partie parce que l’information scientifique est noyée sous le flot d’informations en ligne.

Selon les scientifiques, cela pose problème car cela sape le soutien en faveur de mesures urgentes, comme par exemple la lutte contre le changement climatique, et parce que cela peut conduire à des choix personnels préjudiciables à la santé.

Sans données, pas de recherche : comment la Suisse se prépare.

«Derrière chaque avancée scientifique se cachent des quantités colossales de données. Mais comment obtenir les données nécessaires et comment s’assurer que les chercheurs de Zurich et de Barcelone puissent utiliser les mêmes ensembles de données ? Dans un nouveau livre blanc, le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) explique comment il entend aborder ces questions de manière stratégique, renforçant ainsi son rôle de partenaire fiable et digne de confiance au sein de la communauté scientifique européenne.»

Recruter des universitaires en fonction de leur «adéquation» avec le département nuit aux disciplines

Souvent, les universités recrutent des personnes qu’elles jugent «adaptées». Mais si cette approche peut sembler prudente, elle sert souvent à préserver le statu quo plutôt qu’à faire progresser les disciplines dont dépendent les universités, estime Peter Sutoris, professeur associé à l’Université de Leeds.

Le « bon profil », dans sa forme la plus simple, consiste à répondre à un besoin immédiat. Un module doit être enseigné, un programme a besoin d’un responsable, un poste administratif doit être pourvu. Le département identifie ses lacunes et recrute la personne qui correspond à ce besoin.

Mais les départements ne sont pas seulement des unités administratives ; ce sont des environnements intellectuels vivants et dynamiques. Pour rester pertinents, ils doivent recruter les meilleurs scientifiques qu’ils puissent trouver : ceux qui posent des questions auxquelles aucun comité de recrutement ne s’attendait, qui redéfinissent leur discipline et attirent les étudiant·es grâce à la vitalité de leurs travaux.

«Les Etats-Unis semblent complètement perdus sur le marché de l’IA»

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la Maison-Blanche a levé l’obligation pour Anthropic d’obtenir une licence avant d’exporter ses modèles Mythos et Fable. Cela inclut notamment un nouveau programme qui «rassemble plusieurs outils couramment utilisés par les scientifiques, dont plus de 60 bases de données spécialisées. Les scientifiques allemands, chinois ou suisses qui utiliseront Claude Science ces prochains jours auront sans doute en tête le risque qu’à tout moment Washington décide de la déconnexion de ce service», parce que «les géants américains de l’intelligence artificielle sont de plus en plus sous la coupe du gouvernement». (Le Temps)

La gauche vaudoise contre l’initiative à «12%»

Les partis de gauche et les syndicats ont lancé leur campagne contre l’initiative fiscale des milieux économiques. Déposé en 2023 avec le soutien de 28’000 signatures, ce texte réclame un rabais de 12% sur la facture finale de l’impôt cantonal sur le revenu et la fortune.

Pour les opposant·es, ce projet est trompeur. Ils et elles dénoncent une mesure inégalitaire qui profitera avant tout aux contribuables les plus riches, tout en faisant peser une menace directe sur le financement et la qualité des prestations publiques.

Le Syndicat des services publics Vaud regrette les coupes fédérales et cantonales, notamment dans le domaine des hautes écoles

«Le Conseil fédéral se félicite d’un excédent budgétaire. Or celui-ci repose notamment sur les coupes sévères dans la formation et la recherche. Le SSP demande la suspension immédiate des coupes dans le domaine des hautes écoles.» (SSP Vaud)

Après la mobilisation provoquée par les mesures d’économie dans le canton Vaud, le Conseil d’état avait promis qu’il prendrait le temps de négocier le budget 2027, des consultations avec le syndicat du service public ne sont pas prévues «alors même que le gouvernement annonce un budget qui sera guidé par le principe d’austérité».

L’«absence totale d’ouverture [du gouvernement] nous font parvenir à la conclusion que nous allons devoir, pour nous faire entendre, préparer, une nouvelle fois, la mobilisation dès la rentrée», avance le syndicat des services publics vaudois.

L’ETH contrainte de réviser le critère d’égalité salariale pour son approvisionnement en électricité

Dans le cadre de ses marchés publics pour la période 2029-2030, l’ETH Zurich souhaitait faire de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes un critère d’attribution. Alors que les processus de sélections précédents reposaient uniquement sur le prix, cette nouvelle prévoyait d’intégrer l’égalité des sexes à hauteur de 10% dans l’évaluation finale, le prix conservant une pondération de 90%.

Cependant, le Tribunal administratif fédéral a conclu que l’outil en ligne « Logib », développé par le Bureau fédéral de l’égalité et choisi par l’ETH pour mesure ces écarts, n’était pas conçu pour évaluer des entreprises de marchés publics.

L’importance des Humanités vue par le Doyen de l’Université de Bâle

Le doyen de la Faculté des sciences sociales et politiques de l’Université de Bâle, Laurent Goetschel répond aux défis et préjugés auxquels doit faire face les Humanités. Il insiste sur leur caractère innovant et leur rôle crucial face aux défis contemporains. Pour illustrer l’impact direct sur la société, il cite des recherches clés sur le pouvoir des images, l’influence des récits et les politiques environnementales.

Il rappelle également l’enjeu démocratique de ces disciplines en affirmant : « Partout où des forces autoritaires s’emparent du pouvoir, l’une de leurs premières mesures consiste à abolir les sciences humaines, car celles-ci incarnent la libre pensée même. » 

« Les contrats transforment les universitaires en « sans-abri intellectuels » »

Le corps professoral mondial, notamment aux États-Unis, fait face à un affaiblissement historique de la sécurité de l’emploi. La multiplication des contrats courts et le durcissement des conditions d’accès à la titularisation redéfinissent la gestion des universités. De plus en plus d’universitaires se retrouveraient dans un situation d’instabilité et de précarité.

Les scientifiques ripostent face aux projets de l’extrême droite visant à restreindre la liberté académique en Allemagne

Des scientifiques tirent la sonnette d’alarme face aux propositions du parti d’extrême droite  «Alternative pour l’Allemagne» (AfD), qui pourraient, selon eux, restreindre fortement les libertés académiques dans les universités et les instituts de recherche allemands.

L’AfD devrait s’imposer largement comme première force politique lors des élections qui se tiendront en septembre dans deux Länder allemands, la Saxe-Anhalt et le Mecklembourg-Poméranie occidentale. Bien que la majorité des partis allemands refusent actuellement de former une coalition avec l’AfD, que ce soit au niveau régional ou national, l’AfD pourrait former un gouvernement si elle disposait d’une avance suffisante. Le parti arrive d’ailleurs actuellement en tête des sondages auprès des électeurs au niveau national. La politique éducative en Allemagne relève presque entièrement de la compétence de ses 16 Länder.

En Saxe-Anhalt, où les récents sondages ont montré que le parti dépassait les 40 % d’intentions de vote, l’AfD a présenté dans son programme électoral des propositions de réformes en profondeur du système universitaire du Land, en réponse à ce qu’elle considère comme une «crise profonde» de la science allemande.

Le programme de l’AfD avance 12 propositions qui concernent les sciences en particulier, comme la sortie du système de Bologne, l’abolition des sciences de genre et des études postcoloniales, ainsi que la création d’une chaire en démographie et migration («Bevölkerungswissenschaft») et la création d’un institut de recherche critique sur l’islam.

«Comme l’ont montré les politiques climatiques et celles liées au coronavirus, même les sciences exactes ne sont plus en mesure de produire des connaissances exemptes d’idéologie. Quant aux sciences humaines, elles sont quant à elles enlisées jusqu’au cou dans un marécage de «genderisme», de postcolonialisme et d’autres discours poststructuralistes creux.» Par ailleurs, «un politiquement correct qui prend des proportions démesurées et se fait de plus en plus intransigeant étouffe les derniers vestiges de liberté d’esprit.»

La Conférence des recteurs des universités allemandes HRK collabore avec les universités afin de se préparer à l’éventualité d’une arrivée au pouvoir de l’AfD, tant au niveau régional que national. Cela implique notamment de remédier aux faiblesses des fondements juridiques et des budgets des universités, ainsi que de consulter des universitaires qui ont dû quitter des pays comme les États-Unis, où certains domaines de recherche, tels que les études de genre, font l’objet de vives critiques.

Des initiatives visent également à créer des fonds de solidarité destinés à venir en aide aux chercheurs allemands qui pourraient être contraints de quitter leur université ou leur domaine de recherche.

swissuniversities publie un rapport sur les études de médecine

«À la suite de l’adoption de plusieurs interventions parlementaires visant à garantir les soins médicaux en Suisse, swissuniversities publie un rapport sur les études de médecine. Les directions des universités y recommandent la mise en place d’un nouveau programme spécial afin d’accroître davantage les capacités de formation. Elles préconisent également une harmonisation et une évolution des procédures d’admission.»

«Vers un verrouillage définitif des données fiscales vaudoises»

Le canton travaille actuellement à une mise à jour de la loi cantonale sur l’archivage. Celle-ci pourrait désormais garder secrètes, de manière illimitée, les données fiscales relevant du secret fiscal.

Cela pourrait avoir des «conséquences désastreuses sur la recherche, la transparence et la démocratie», avance l’auteur de l’article Benno Tuchschmid. Les Archives cantonales vaudoises s’opposent à une durée de protection illimitée.

« C’est une atteinte à la liberté scientifique », déclare Franziska Zaugg, présidente de la Société suisse d’histoire (SGG).

L’économiste Marius Brülhart de l’Université de Lausanne qui mène des recherches sur le thème de la succession, déplore également ce projet législatif. Il déclare : « J’ai déjà dû abandonner des projets de recherche en raison du manque de transparence des données dans ce canton. […] « La recherche basée sur les données fiscales est essentielle pour la démocratie. »

Le canton de Vaud avait autrefois envisagé de commander une étude sur la politique fiscale, mais lorsque Marius Brülhart a précisé qu’il avait besoin d’accéder aux données fiscales pour réaliser une estimation statistique fiable, «y compris des informations sur l’application du «bouclier fiscal»», le projet a été abandonné. (Tages-Anzeiger)

Faut-il plus d’études holistiques ?

Luc Saner, co-initiateur du Komitee für die Einheit der Wissenschaft und ein echtes Studium
generale et ancien parlementaire à Bâle-Ville (PLR) et auteur du livre «Allgemeiner Teil der Wissenschaften» (2023) et Beat Berber, membre du comité et spécialiste de communication pour les hautes écoles plaident pour plus d’unité dans la science pour répondre aux défis contemporains. Bien que les progrès scientifiques ont rarement été aussi importants qu’aujourd’hui, ils ne traduiraient pas assez en résolution de crises mondiales.

Les auteurs déclarent : « L’humanité ne tire pas suffisamment parti de la proposition désormais élevée de diplômé·es de l’enseignement supérieur occupant des postes à responsabilité. La communication au sein de la communauté scientifique est principalement guidée par des intérêts particuliers et une étroitesse d’esprit ». 

Ils citent entre autres un sondage de Nature qui indiquerait que «73 % des chercheurs n’y connaissent rien en politique ; à l’inverse, 80 % des politiciens ne comprennent pas comment fonctionne la science.»

Pour répondre à la fragmentation entre science et politique, il faudrait « un changement de paradigme vers l’unité de la science ». 

« Une femme sur trois abandonnerait sa carrière scientifique après la naissance de son premier enfant »

Bien qu’elles soient sous-représentées dans certaines disciplines, les femmes restent minoritaires aux postes les plus élevés du monde académique, des mathématiques aux sciences sociales. Selon une enquête menée au Danemark, une femme sur trois abandonnerait sa carrière scientifique après la naissance de son premier enfant.

En effet, concilier l’idéal d’une « chercheuse totale », productive, mère et compagne dévouée, se heurte à la réalité des conditions de travail et de la maternité. Les femmes doivent également faire face à des mécanismes de disqualification qui opposent constamment leur rôle professionnel à leur vie de famille.

Pour endiguer ce phénomène, les initiatives ciblées sont utiles, mais insuffisantes. Dès lors, il serait indispensable de repenser globalement les critères de titularisation.

Comment les scientifiques européens devraient-ils réagir face au «kill switch» américain en matière d’IA ?

Le risque d’un arrêt soudain d’accès à certains modèles d’IA américains (« kill switch ») a renforcé en Europe la crainte d’une dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis. La décision de Washington de restreindre l’accès à certains modèles d’Anthropic, pour des raisons de cybersécurité, a eu des conséquences directes sur la recherche européenne, notamment en mathématiques, en privant certains scientifiques d’outils avancés.

Cet épisode soulève des inquiétudes : les chercheurs européens pourraient devenir dépendants de technologies étrangères susceptibles d’être coupées à tout moment, créant ainsi une forme d’inégalité d’accès à la recherche selon les profils ou les collaborations internationales.

Par ailleurs, les grands modèles de langage (LLM) américains de pointe sont généralement opaques et ont été développés sans contribution scientifique indépendante, déclare Sabine Leonelli de l’Université technique de Munich. «Ce n’est pas suffisant pour la science.»

De plus, l’IA en science ne dépend pas uniquement des modèles les plus avancés. De nombreux outils scientifiques reposent surtout sur la disponibilité de données de qualité, domaine où l’Europe dispose d’atouts importants. En exploitant ses infrastructures et ses données, elle pourrait développer ses propres modèles spécialisés et compétitifs.

Malgré cela, les nouveaux «assistants scientifiques» basés sur l’IA reposent encore largement sur des modèles américains, faute d’alternatives aussi performantes. Les options européennes ou chinoises existent, mais restent moins avancées ou plus difficiles à utiliser.

Plusieurs experts recommandent aux chercheurs européens de diversifier leurs outils et de développer des alternatives locales. L’objectif est de réduire la dépendance tout en renforçant la capacité de l’Europe à produire ses propres solutions d’IA, plus adaptées aux besoins scientifiques et plus transparentes.

Les dépenses de recherche et développement de la Confédération ont nettement augmenté en 2025

«En 2025, les dépenses de la Confédération consacrées à la réalisation ou au soutien d’activités de recherche et développement ont atteint un niveau inédit pour s’élever à 3,2 milliards de francs, en progression de 644 millions de francs par rapport à l’année précédente (+25%). Cette forte hausse s’explique par la réassociation de la Suisse au programme‑cadre de recherche et d’innovation de l’Union européenne « Horizon Europe ». Ces résultats se basent sur l’exploitation de données administratives effectuée par l’Office fédéral de la statistique (OFS).»

Le Conseil fédéral ne prévoit pas de nouvelles coupes pour 2027, mais maintient le plan d’allègement

«De nouvelles coupes dans les finances fédérales ne seront pas nécessaires pour 2027, indique le Conseil fédéral mercredi. Il annonce des recettes 1,8 milliard supérieures à ce qui avait été estimé en février.» (RTS)

Le gouvernement fédéral annonce également des perspectives plus favorables pour les exercices budgétaires 2028 à 2030. (SRF)

«Le plan d’allègement 2027-2029 est toutefois maintenu.» (RTS)

Martin Pfister, Conseiller fédéral en charge de l’armée, propose en conséquence une augmentation de la TVA de 0,5% (au lieu de 0,8%) pour financer des achats d’armement. «Rien qu’entre 2027 et 2032, le budget de l’armée devrait passer de sept à dix milliards de francs. Toutefois, le financement de cette augmentation ne sera assuré que si le conseiller fédéral Pfister parvient à faire adopter son projet d’augmentation de la TVA par le Parlement, puis par référendum.» (Tages-Anzeiger)

 

«L’IA avait promis de démocratiser l’édition universitaire, mais les faits prouvent le contraire»

L’IA générative a été largement adoptée comme un outil susceptible d’uniformiser les règles du jeu dans le domaine de l’édition universitaire, offrant ainsi une chance plus équitable aux personnes dont l’anglais n’est pas la langue maternelle et aux chercheurs évoluant dans des contextes défavorisés. Brendal Aformeziem s’appuie sur un nombre croissant de données pour montrer que la réalité est plus préoccupante. Si ce sont les chercheurs qui en ont le plus besoin qui adoptent l’IA le plus rapidement, celle-ci ne parvient toutefois pas à lever les obstacles structurels auxquels ils sont confrontés et pourrait même en créer de nouveaux.

La NSF réduit considérablement ses programmes de recherche pour soutenir une nouvelle initiative technologique

Selon des sources internes, la National Science Foundation (NSF) réduit cette année de 20 % à 30 %, voire davantage, les budgets de centaines de ses programmes traditionnels de recherche fondamentale, alors même que son budget global n’a baissé que de 3 %, selon les informations recueillies par Science. La NSF n’a pas expliqué publiquement ces coupes drastiques. Mais selon les sources, l’objectif serait de dégager des fonds pour une nouvelle initiative de 1,5 milliard de dollars, lancée le mois dernier, destinée à transformer les découvertes financées par la NSF en nouveaux produits et en nouvelles industries.

Débat sur la recherche scientifique à l’ère de Donald Trump

Deux articles, un issu de la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), rédigé par Benedict Nef, et l’autre de la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), relayés et commentés sur LinkedIn par l’ancien rédacteur en chef de la Zürichsee Zeitung Ulrich E. Gut et auteur du blog PolitReflex, cristallisent un débat crucial concernant l’avenir et l’orientation de la recherche scientifique à l’ère de Donald Trump, observé par deux journaux d’orientation libérale (ou «bourgeoise», selon M. Gut).

Ce débat met en lumière deux visions profondément antagonistes du monde académique actuel :

D’un côté, Benedict Nef (NZZ) dénonce ce qu’il qualifie d' »Académie de l’intolérance » et déplore l’emprise du « wokisme » au sein des universités américaines. Selon lui, cette étroitesse d’esprit ne reste pas confinée au campus, mais se répercute sur l’ensemble de la société.

D’un autre côté, dans la Frankfurter Allgemeine, les détracteur·ices de l’administration Trump s’inquiètent d’un contrôle politique direct sur les budgets de recherche aux États-Unis. Ce fonctionnement affaiblit le système international d’évaluation par les pairs basé sur les faits. Cette ingérence menace la recherche mondiale, notamment sur les programmes océaniques européens. Un exemple marquant est la suppression par l’administration Trump de l« Endgangerment Finding » (constat de mise en danger), qui reconnaissait scientifiquement la dangerosité des gaz à effet de serre.

Günther Dissertori sera le nouveau président de l’ETH Zurich

«[L]e Conseil fédéral a nommé Günther Dissertori président de l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich), sur proposition du Conseil des EPF. Âgé de 56 ans, Günther Dissertori est actuellement recteur de l’ETH Zurich et professeur en physique des particules. Il prendra ses nouvelles fonctions le 1er janvier 2027, succédant ainsi au professeur Joël Mesot.»

« La recherche française déstabilisée par une crise multiforme »

« Affaiblissement financier et humain, montée des attaques idéologiques, émergence de l’intelligence artificielle… La communauté scientifique est confrontée à de nombreux défis, à l’image du CNRS, victime de restrictions budgétaires. Un contexte préoccupant pour les chercheurs, alors que la France décroche en nombre de publications. » (Le Monde)

Formation MINT coordonnée en Suisse

«Avec le projet Formation MINT coordonnée en Suisse, les Académies suisses des sciences élaborent, dans le cadre du mandat fédéral « MINT Suisse », les bases d’une stratégie de formation MINT bénéficiant d’un large soutien. L’objectif est de mieux coordonner les initiatives existantes et les approches cantonales de promotion, de renforcer le dialogue entre les écoles, les hautes écoles, les cantons, l’économie, les lieux d’apprentissage extrascolaires et d’autres partenaires, ainsi que de définir des objectifs d’impact communs et des normes de qualité.»

Interview avec Joël Mesot, président de l’EPFZ

Joël Mesot est revenu sur le classement de l’école dans le top 10 mondial au micro de la RTS.  La tradition, la culture d’excellence ainsi que la concurrence entre hautes écoles font, selon lui, rayonner le système suisse.

Il est revenu également sur les défis rencontrés en lien notamment avec la souveraineté numérique, les collaborations avec l’Europe ainsi que l’intérêt de la recherche pour la société.

Goulot d’étranglement manque de places de formation continue en médecine

D’une part, il y a un manque considérable de médecins, d’autre part, les étudiantes en médecine et les jeunes médecins sont de plus en plus confrontés à des difficultés et à des retards lors de leur entrée dans la vie professionnelle ou pendant les phases de transition, surtout en Suisse alémanique et dans les filières très prisées.

Cela s’explique peut-être par le fait que, sous la pression financière, les hôpitaux suppriment des postes de formation post-graduée ou ferment des services et des sites. Il n’existe pas de vue d’ensemble à ce sujet, mais le canton de Saint-Gall montre que le nombre de postes de débutants a baissé d’un tiers, tandis que celui des postes d’assistants à partir de la troisième année d’expérience a doublé (2017-2024).

Globalement, le nombre postes de formation continue aurait augmenté, selon la Confédération.

La SRF enquête sur le plagiat par l’IA dans l’enseignement supérieur

La SRF a mené une enquête auprès de 31 établissements d’enseignement supérieur suisses concernant les problèmes de plagiat par l’IA. Partant du constat que les outils d’intelligence artificielle font désormais partie du quotidien des étudiant·es, les établissements gèrent leur utilisation de manière distincte, exigeant de la transparence.

Et les détecteurs d’IA? Jugés peu fiables, ils ne sont pas utilisés systématiquement. Selon l’Unil, ces logiciels peuvent également donner lieu à des faux soupçons et, dans ces cas, déprécier l’évaluation.

Les établissements tendent à s’appuyer sur l’expertise de leurs enseignant·es. Ils et elles superviseraient les travaux de près et pourraient ainsi détecter d’éventuelles anomalies.

 

«Pourquoi les sinologues suisses ne parviennent pas à acquérir l’expertise sur la Chine dont ils ont besoin»

«Mener des recherches sur le terrain en Chine est devenu de plus en plus difficile, car les chercheurs comme moi ne peuvent plus poser de questions ouvertement ni rencontrer des informateurs et des partenaires sans être soumis à une surveillance stricte, comme c’était le cas dans les années 2000», affirme Simona Grano, chercheuse principale à l’Université de Zurich.

Depuis 2012, la Chine a adopté une série de lois visant à renforcer la surveillance des organisations et des particuliers étrangers sous prétexte de « préserver la sécurité nationale ». Une nouvelle législation en matière de protection des données par exemple fait que les autorités chinoises pourraient accéder aux données, les utiliser et les modifier sans le consentement des demandeurs et à n’importe quelle fin.

En conséquences, les recherches sur la Chine financées par la Suisse ont baissé pendant les 15 dernières années.

Etant donné l’importance du pays pour la politique et l’économie suisse, Simona Grano estime que le gouvernement suisse devrait prendre davantage de mesures, financer des programmes de recherche spécifiques axés sur les sciences sociales et humaines liées à la Chine, en mettant particulièrement l’accent sur la politique étrangère et de sécurité, la transformation numérique et la technologie. «Il pourrait également allouer des fonds fédéraux pour renforcer les enquêtes, les archives et les ensembles de données basés en Suisse, provenant de sources alternatives collectées en dehors de la Chine et archivées de manière indépendante».

Le SEFRI répond qu’en Suisse, le financement public de la recherche repose sur le principe “bottom-up” et s’applique de manière égale à toutes les disciplines universitaires». «La Confédération n’accorde pas la priorité à certains domaines thématiques ou domaines de recherche spécifiques, ni n’y affecte de manière ciblée des fonds.»

Le Royaume-Uni questionne son adhésion aux programmes de recherche de l’Union européenne

Dix ans après le Brexit et l’intégration du Royaume-Uni en 2024 en tant que membre associé du programme Horizon Europe, le pays réfléchit désormais à la nécessité d’intégrer le 10eme programme-cadre.

L’enjeu ne se limiterait plus au simple maintien de l’excellence scientifique mais engloberait des questions plus larges et stratégiques, comme la meilleure façon de garantir que les fonds consacrés à la recherche se traduisent par une dynamisation de l’économie industrielle.

Dans ce cas, l’article de Science souligne que «Le secteur de la recherche britannique devrait mener le travail d’analyse correspondant – c’est-à-dire non pas sur l’opportunité de s’associer, mais sous quelle forme, à quelles conditions, et en tenant dûment compte des conséquences qu’entraînerait une non-participation totale.» 

Enquête sur Etienne Klein : « un artisan du plagiat décomplexé »

Jean Abbiateci a effectué pour Heidi.news une enquête de deux ans concernant les cas de plagiat d’Etienne Klein, vulgarisateur scientifique et producteur de radio français. Celui-ci avait soutenu une thèse en philosophie des sciences à 41 ans, plagiants 22 auteurs différents, y compris des membres de son propre jury de thèse.

« À la rentrée 2024, Paris Diderot (désormais Paris Cités), son université de soutenance, a lancé une enquête interne et a décidé de lui retirer son doctorat et de lui interdire toute réinscription. Une sanction extrêmement rare en France. », déclare le journaliste ancien rédacteur en chef adjoint au Temps.

Pour sa défense, Etienne Klein plaiderait au nom de sa mission de vulgarisation ainsi qu’à une époque plus permissive à l’égard du copier-coller.

Les piliers d’une politique industrielle selon Dominique Forray

Face au déficit d’innovation européenne ainsi que la chute du PIB par habitant, Dominique Forray, membre du Conseil suisse de la science et professeur émérite à l’EPFL où il a dirigé la chaire d’économie et de gestion de l’innovation, dresse un bilan des piliers d’une politique industrielle axée sur la productivité. Selon lui, celle-ci devrait se concentrer sur la recherche, l’innovation, la formation et l’immigration.

Face à ses enjeux complexes, il met en garde contre : « Le risque de se tirer une ou plusieurs balles dans le pied est évidemment lié au sort des discussions actuelles sur l’immigration et la démographie et à l’état de nos relations avec l’Union européenne ». 

En matière de formation, l’orientation scolaire représente un défi essentiel, notamment pour les femmes et les personnes issues de milieux modestes. Le pays doit également réussir à concilier les filières académiques avec les voies professionnelle et pratiques.

Enfin, dans un contexte budgétaire tendu, la Suisse s’efforce de maintenir un système de recherche et d’enseignement supérieur d’excellence, dont la taille reste pourtant disproportionnée par rapport à celle de son économie.

L’Université de Fribourg doit assainir ses bâtiments

L’Etat de Fribourg sollicite une enveloppe de 150 millions de francs auprès du Grand Conseil afin de rénover ses infrastructures immobilières. Parmi les chantiers prioritaires figurent les bâtiments de la Faculté des sciences de l’université situés sur le boulevard de Pérolles.

Le site PER 08, construit durant les années 70, cumule d’importantes faiblesses techniques touchant à la fois le toit, les façades, la sécurité contre les incendies et les équipements généraux.

Le Conseil fédéral se penche sur la Suisse de 2040

Le Conseil fédéral a pris acte le 12 juin 2026 du rapport «Perspectives Suisse 2040». Élaboré par la Chancellerie fédérale avec la contribution d’un groupe d’experts, ce rapport expose trois scénarios susceptibles de préfigurer l’état du monde en 2040 et les conséquences qui en résulteraient pour la Suisse. Il en déduit six champs d’action à prendre en considération dans la planification politique, don le pôle technologique et scientifique suisse (p.49).

La France fait un pas vers la création d’un nouvel organisme dédié à l’innovation

Selon un nouveau rapport, le pays devrait suivre l’exemple de l’Allemagne, du Royaume-Uni et des Pays-Bas et créer une nouvelle entité «d’ici quelques mois», inspirées de celles mises au point par l’Agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA).

Selon les auteurs de l’article, «de nouvelles agences chargées de l’innovation voient le jour un peu partout en Europe, alors que les gouvernements s’inquiètent de la faiblesse de la croissance, de la dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis et de la lenteur des systèmes actuels de subventions à la recherche.»

Expérimentation animale: «Même ce qui est légal est choquant»

«Chaque année en Suisse, des centaines de milliers d’animaux élevés pour la recherche finissent euthanasiés sans avoir été utilisés. L’enquête de la RTS montre que les chiffres officiels sous-estiment la réalité et donne la parole à des scientifiques partagés entre la nécessité de leurs travaux et le malaise face à certaines pratiques.»

Formation doctorale : les coopérations entre hautes écoles ont fait leurs preuves

«Les hautes écoles spécialisées et les hautes écoles pédagogiques forment des professionnels présentant un profil axé sur la pratique. Elles ne proposent dès lors pas de formation doctorale, mais elles ont mis en place des coopérations avec les hautes écoles universitaires à cette fin. Un rapport adopté par le Conseil fédéral le 19 juin 2026 montre que ces coopérations fonctionnent bien dans l’ensemble et offrent aux participants d’excellentes opportunités, malgré quelques difficultés rencontrées.»

La Lettonie lance un projet pilote visant à associer les citoyens à l’évaluation des subventions de recherche

La Lettonie a introduit une dimension de participation citoyenne dans l’évaluation des subventions de recherche financées par l’État. L’objectif est à la fois de renforcer les liens entre la science et la société et d’améliorer la qualité de ces évaluations.

Cette initiative intervient alors que les organismes de financement de la recherche à travers l’Europe expérimentent différentes méthodes pour améliorer les processus d’évaluation, dans un contexte où l’impact de la science sur la société fait l’objet d’une attention accrue.

Le Conseil européen de la recherche sous le feu des critiques pour avoir financé un projet israélien de drones destinés à la «défense nationale»

Dans le cadre du programme Horizon Europe, dont fait partie le CER, les projets ne sont pas éligibles à un financement s’ils sont destinés à un usage militaire.

Mais le Conseil européen de la recherche (CER) a approuvé l’octroi d’une subvention de 150 000 euros à un universitaire basé en Israël pour développer une technologie d’identification des drones, alors même que ce dernier et son université avaient publiquement affirmé dans une vidéo Youtube, 6 moins avant l’octroi de la bourse, que la technologie pourrait être utilisée à des fins de «défense nationale».

Pavel Ginzburg, responsable de laboratoire à l’université de Tel-Aviv, avait obtenu une subvention de validation de concept, destinée à permettre aux bénéficiaires de subventions du CER de commercialiser leurs découvertes. M. Ginzburg a également collaboré récemment avec des scientifiques basés en Russie, des entreprises israéliennes du secteur de la défense, ainsi que sur des projets financés par l’armée américaine.

Kurt Deketelaere, secrétaire général de la Ligue des universités européennes de recherche, déclare: «Nous ne pouvons pas attendre des comités [du CER] qu’ils passent au crible, au-delà du dossier de candidature, l’ensemble du Web à la recherche de déclarations, d’interviews ou de vidéos que les candidats ont faites ou publiées avant leur candidature. Il y a des limites à tout.»

«Désenchevêtrement 27» : swissuniversities prend position

Avec le plan «Désenchevêtrement 2027», la Confédération et les cantons entendent réorganiser leurs responsabilités. Cela concerne, entre autres, l‘enseignement supérieur. Les différentes solutions examinées font actuellement l’objet d’une consultation.

Consulté, «swissuniversities rejette catégoriquement le rapport intermédiaire sur la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons dans le cadre du projet «Désenchevêtrement 27». Un tel transfert des compétences en matière de coordination et de financement marquerait un revirement par rapport à l’orientation actuelle du paysage des hautes écoles suisses et fragmenterait un système bien établi qui a fait ses preuves.» (swissuniversities)

Christophe Darbellay, ministre valaisan et président de la Conférence des directrices et directeurs de l’instruction publique CDIP, met également en garde contre ce projet. «Nous ne sommes pas prêts à avaler une nouvelle couleuvre», a-t-il prévenu, craignant pour le financement des hautes écoles, des universités et de la formation professionnelle. (Le Temps)

« Genève devrait diversifier ses stratégies d’innovation »

Dominique Foray, professeur émérite à l’EPFL et membre du Conseil suisse de la science revient sur les stratégies mises en place par le plan d’innovation 2025-2028 du Canton de Genève. Il y souligne les incohérences et les faiblesses. Il déplore notamment l’accent mis en particulier sur le campus Biotech, privilégiant les sciences de la vie.

Selon lui, la stratégie d’innovation devrait refléter davantage la diversité des domaines stratégiques du canton, comme la Finance et l’essor des Fintechs ou les HES. Il souligne également l’absence étonnante dans la stratégie d’innovation du CERN.

Face à la multiplicité des secteurs importants à Genève, l’économiste, expert dans la spécialisation intelligence déclare : « La stratégie genevoise est un peu générale, elle flotte au-dessus des enjeux et ne capture pas ce qui fait la spécificité de chaque secteur. »

 

Classement QS : l’Unil est 233ème

Le QS World University ranking 2027, publié annuellement par Quacquarelli Symonds, est dominé pour la 15eme année consécutive par le MIT avec la note de 100 sur 100. Le top 10 mondial reste dominé par les institutions anglo-saxonnes, qui y occupent huit places.

La SRF présente un tableau qui montre quelles universités suisses ont gagné ou perdu des places par rapport au classement de l’année passée. L’Université de Lausanne se trouve cette année à la 233ème place.

 

La Suisse perd sa première place au classement mondial de la compétitivité

«La Suisse perd cette année sa première place au classement mondial de la compétitivité établi par l’institut lausannois IMD. Le pays se classe désormais troisième derrière Hong Kong et Singapour, à nouveau numéro un, comme en 2024. […] Selon l’étude, qui passe au crible chaque année 70 économies, la compétitivité d’un pays dépend de la solidité de ses institutions, ainsi que de la capacité à faire face à la volatilité et à absorber les chocs, dans un contexte où les tensions géopolitiques s’intensifient.»

Agroscope supprimera 58 postes à temps plein

Le centre de recherche de la Confédération en matière d’agronomie a décidé d’abandonner certaines activités de recherche, comme l’alimentation saine ou des cultures alternatives de niche, supprimant 58 postes à temps plein. Ces mesures d’économie rentreront en vigueur dès 2027.

Le centre continuera d’assurer la recherche sur la production primaire, les impacts environnementaux de l’agriculture, le conseil aux politiques et les tâches légales d’exécution, a indiqué le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR).

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