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Le professeur Martin Wallraff succédera à Andrea Schenker-Wicki en tant que recteur de l’Université de Bâle le 1er août 2027. L’ancien doyen de la faculté de théologie à Bâle et doyen à l’Université Ludwig Maximilian de Munich, il possède une solide expérience en matière de recherche, de direction de centres académiques et de gouvernance scientifique.<
Des milliers de fonctionnaires et de salarié·es des secteurs public et parapublic vaudois ont manifesté jeudi 5 novembre à Lausanne. La police a estimé le nombre de manifestantes et manifestants entre 6’000 et 8’000, tandis que les syndicats organisateurs (SSP, FSF, SUD) en revendiquent plus de 15’000.
Une assemblée générale du personnel doit se tenir le jeudi 12 novembre à 18h à l’Aula du collège du Belvédère à Lausanne afin de décider des prochaines actions. Cette réunion ouvrira la voie à une semaine complète de mobilisations sectorielles du 16 au 20 novembre, qui culminera par un grand appel à la grève le vendredi 20 novembre.
La présidente du Conseil européen de la recherche, Maria Leptin, a déclaré que le taux de réussite prévu, qui n’est que de 4,8 % pour les candidatures soumises dans le cadre d’un récent appel à projets de l’ERC, devrait constituer «un signal d’alarme» pour l’UE quant au niveau de ses investissements dans la recherche.
L’IA serait la « principale responsable » de l’explosion du nombre de candidatures, tandis que les responsables de la recherche réclament un examen minutieux de ce taux prévu «absurde».
Le «Comité unitaire UNIL-EPFL contre les politiques d’austérité, les coupes dans la recherche et la hausse des taxes» a publié sur Instagram un appel à la grève le 20.11.2026.
A l’approche des manifestations du 5 novembre à Lausanne, le 24 heures interroge un professeur de sociologie à l’Université de Genève, Sandro Cattacin. Ce dernier évoque un phénomène de mimétisme entre les manifestations en France et en Suisse. «Le professeur observe dans ses recherches une souffrance importante chez les jeunes du pays. «Ils vont mal, les jeunes en Suisse, très mal, et pas moins mal qu’en France du point de vue de leur état psychique», souligne-t-il.» (24 heures)
Un évènement a réuni les équipes rectorales et divers représentant·es du monde universitaire pour échanger sur l’engagement de la Suisse pour le projet Erasmus+ et sur leur participation à l’initiative «European Universities». Loin d’être un simple bonus, ces réseaux sont désormais perçus comme une infrastructure indispensable à la compétitivité future du pays. (Movetia)
Par ailleurs, sous réserve d’une association effective de la Suisse à Erasmus+, le corps enseignant de l’UNIL pourra désormais coordonner des projets de coopération. Dotés d’un financement maximal de 400 000 euros, ces projets permettront de développer des dispositifs pédagogiques inédits, de créer des ressources numériques innovantes ainsi que de renforcer les mesures d’inclusion. (Unil)
Par rapport à l’appel à la manifestation du 20 novembre, le journaliste du média en ligne Ragekit explique les revendications du mouvement de la jeunesse contre les coupes budgétaires et la militarisation du pays qui font écho dans dans d’autres pays, comme la France, l’Allemagne, l’Angleterre, et l’Espagne.
Le journal Republik a parlé avec des représentant·es du mouvement de Paris, Barcelone et Milan. Les revendications peuvent différer. En Espagne et en Italie, beaucoup des revendications concernent les loyers qui ne cessent d’augmenter. En France, les jeunes manifestent, entre autres, contre la sélection sociale opérée par «Parcoursup», l’algorithme determinant qui peut faire des études supérieures après le lycée et, le cas échéant, dans quelle filière. Les critères de sélection sont inconnus mais, selon la représentant·e française du mouvement, «tout le monde le sait : les élèves des banlieues [y] sont défavorisés.» En Italie, une des revendications est la baisse des taxes d’études.
Et dans chaque pays, les responsables politiques ont réagi à leur manière. En Italie, le gouvernement de droite dirigé par la Première ministre Giorgia Meloni a misé sur la répression et a promulgué des décrets autorisant la détention de mineurs et érigeant en infraction la participation à des manifestations violentes. En Espagne et France, l’exécutive a proposé des concessions. En France, le parlement doit encore donner son aval. En Espagne, le parlement a bloqué des concessions. Le premier ministre l’a donc dissous et a convoqué des élections législatives anticipées.
L’alma mater saint-galloise ajoute deux certificats à son offre de formation en collaboration avec ENGAGE.EU. L’Université lancera au semestre d’automne 2027 un programme d’un an intitulé « Global Sustainability Management » ainsi que le « Programme conjoint en transformation numérique ».
Le premier visant à préparer les étudiant·es aux processus de transformation environnementale et sociétal. Tandis que le second abordera des thèmes tels que l’IA, la réglementation, l’éthique et les stratégies des plateformes. L’objectif étant de mettre en commun les connaissances d’institutions européennes pour former spécifiquement les étudiant·es à devenir des acteur·ices du changement pour une transformation durable et numérique.
«Le Conseil d’Etat vaudois accorde la pleine et entière indexation des salaires du personnel de l’administration cantonale, du CHUV et du parapublic pour 2027. Cette annonce intervient la veille d’une manifestation de la fonction publique contre des coupes budgétaires de 100 millions de francs.»
«Les élections de mi-mandat aux États-Unis ont permis au Parti démocrate de prendre le pouvoir dans les deux chambres du Congrès américain, ce qui laisse espérer que les législateurs s’opposeront désormais aux mesures prises par l’administration du président républicain Donald Trump qui ont nui à la science.» (Nature)
«Les universités ont mis en place toutes ces politiques, et on voit tant de femmes dans les sciences», que beaucoup de gens partent du principe que les femmes peuvent s’investir autant que les hommes dans leur travail, estime Cassidy Sugimoto, spécialiste en sciences de l’information à l’université Carnegie Mellon de Pittsburgh. Mais «le problème est résolu au prix d’un fardeau extraordinaire pour les femmes».
Selon elle, «les universités peuvent aider les couples à se répartir plus équitablement les responsabilités parentales et à réduire l’impact de la parentalité sur la carrière des femmes en encourageant les hommes à s’impliquer davantage dans l’éducation des enfants. Proposer des structures d’accueil pour les enfants ou des aides financières pour prendre en charge ces frais pourrait également être utile, car cela permettrait aux femmes de passer du temps au laboratoire et de se consacrer à la recherche, […] en particulier pour les couples dont le mari ne travaille pas dans le milieu universitaire.»
Elle estime par ailleurs que les politiques actuelles mettent l’accent sur l’égalité, alors qu’elles devraient privilégier l’équité.
«La Fondation nationale pour la science des États-Unis (NSF) est l’un des principaux bailleurs de fonds de la recherche en économie et en archéologie, mais en 2026, elle n’a accordé aucune nouvelle subvention dans ces disciplines.»
«En Chine, les étudiant·es en master et en doctorat de certaines filières de médecine clinique peuvent désormais obtenir leur diplôme en présentant un «travail pratique» à la place d’une thèse. Il s’agit du deuxième domaine à ouvrir une telle voie. Depuis 2024, les étudiant·es en master et en doctorat d’ingénierie peuvent obtenir leur diplôme dans des universités de toute la Chine après avoir mis au point un nouveau produit, une nouvelle technique, un nouveau projet ou une nouvelle installation.»
La science et la démocratie sont souvent considérées comme deux domaines distincts : la science est vue comme une source de découvertes, d’expertise et d’innovation, tandis que la démocratie est perçue comme un ensemble d’institutions, de règles et de procédures. Or, en réalité, ces deux domaines sont étroitement liés.
Les auteurs et autrices de l’article présentent trois piliers grâce auxquels la science contribue à la démocratie :
- l’établissement de bases factuelles communes,
- le renforcement de la confiance dans les institutions,
- la mise à disposition d’outils permettant d’adapter les politiques et les organisations en fonction de l’évolution des circonstances.
L’article met également en avant des méthodes permettant à améliorer ces trois piliers.
Dans un éditorial paru dans University World News, Brendan O’Malley, décrit comment les dirigeant·es universitaires sont confrontés à une multitude de défis complexes (IA, géopolitique, etc.) qui ont des répercussions sur de nombreux aspects de leur travail, dans un climat marqué par une perte de confiance du public et une montée en puissance, partout dans le monde, de partis politiques populistes qui défendent des programmes hostiles à l’enseignement supérieur et à la recherche.
Il nomme des exemples d’universités qui adoptent une approche globale, à l’échelle de l’établissement, en matière d’impact sur la société et de développement durable. «La transformation sociétale fait partie intégrante de leur vision et de leur mission : elle est adoptée par la direction de l’université et ancrée dans toutes les disciplines.» Elle implique de collaborer avec des communautés partenaires, tant dans le pays qu’à l’étranger, sur un pied d’égalité, afin de définir ensemble les priorités («agendas»), les problèmes et les solutions.
Brendan O’Malley souligne l’importance des valeurs inscrites dans la Magna Charta Universitatum 2020 signé par plus de 1’000 recteurs et rectrices d’université et loue le programme d’action du Nobel Joseph Stiglitz et d’autres éminents expert·es spécialisés dans les inégalités, qui ont présenté une proposition, soutenue par 1 500 universitaires et autres experts du monde entier, visant à créer un Groupe international sur les inégalités jouissant du même statut que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.
Les sciences de l’environnement, nées pendant la guerre froide au service des militaires, se sont muées en sciences d’alerte, rappelle le chargé de recherche en philosophie (CNRS, Aix-Marseille Université) Sébastien Dutreil.
«Ce n’est pas la science qui est attaquée [aux Etats-Unis et en Argentine, de la manière la plus brutale; ailleurs, y compris en France, sous d’autres formes]. Il y a des perdants – environnement, biomédecine, humanités critiques – et des gagnants – quantique, IA, matériaux critiques. Ce qui est en cause, ce n’est pas la science motrice d’innovation, de progrès technique et de l’abondance : ce sont les sciences de la limite et du contre-pouvoir ; c’est l’université dépositaire des valeurs des Lumières – tolérance, égalité, démocratie, universalisme, émancipation, discussion critique.»
«[L]e Conseil fédéral a approuvé les modifications de l’ordonnance sur les contributions qui étaient proposées par le conseil d’administration d’Innosuisse. Cette révision simplifie les procédures et offre davantage de souplesse dans la conception des offres d’encouragement. […] En outre, les exigences relatives aux principes éthiques ainsi qu’à la sécurité de la recherche et des connaissances sont réglementées de manière plus claire.»
«Dès le 1er janvier 2027, UniDistance Suisse deviendra membre associé de la Conférence universitaire de Suisse occidentale (CUSO). Cette association offrira à ses doctorant·e·s et chercheur·euse·s un accès élargi à des formations doctorales, à des réseaux scientifiques et à de nouvelles opportunités de collaboration à l’échelle de la Suisse occidentale. Elle permettra également à l’institution de contribuer plus activement au développement de la relève académique et des échanges scientifiques interdisciplinaires.»
La manifestation est organisée en réponse directe au projet de budget 2027 présenté par le Conseil d’État genevois, qui s’inscrit dans le cadre du « rapport ECOGE » et prévoit un plan d’économie de plus de 700 millions de francs répartis sur quatre ans.
Au cœur des contestations figure également une mesure universitaire majeure, l’augmentation des taxes d’études à 700 francs dès 2027. Anaïs Paumenil, représentante du syndicat étudiant de l’Université de Genève (CUAE), dénonce fermement cette hausse qui «va précariser davantage les étudiant·es et dresser de nouveaux obstacles à la formation».
«Après les violences d’Halloween à Zurich, la contestation des jeunes gagne la Suisse. Mais des lycées français au mouvement allemand «Gen Z regelt», les revendications diffèrent et les débordements risquent de les éclipser.»
«Alertée au sujet d’un éventuel changement de priorités au sein du CNRS Sciences humaines et sociales, susceptible d’affecter les projets de recherches relatives au genre et aux discriminations, la CNCDH a eu un échange particulièrement fructueux avec son directeur.»
Jacques Cornuz, ex-directeur d’Unisanté, professeur honoraire de l’Unil, et Camille Velard, responsable de recherche à Unisanté, écrivent à propos de l’importance d’un dialogue entre scientifiques et responsables politiques dans un contexte marqué par l’évolution rapide des connaissances. Les méthodes de développement de consensus comme Delphi ou Delphi rapide «ne produisent pas de nouveaux faits scientifiques, mais offrent un outil précieux pour synthétiser les connaissances disponibles et soutenir une décision politique éclairée.»
«Les nouvelles instances dirigeantes de l’Université de Neuchâtel (Unine) sont entrées en fonction en février. Elles n’ont donc pas eu le temps de livrer leur vision stratégique à dix ans et leur plan d’intentions quadriennal.» (Arcinfo)
«Il lui aurait fallu rendre sa nouvelle vision stratégique pour les dix ans à venir, ainsi que le plan d’intentions quadriennal fin mars ; un calendrier qui était impossible à tenir, selon le rapport soumis aux députés. Le rectorat bénéficie ainsi d’un délai supplémentaire pour élaborer le nouveau mandat d’objectifs qui portera sur les années 2028-2031. (RTN)
Dans ces conditions, le Grand Conseil a accepté à l’unanimité de prolonger d’une année le mandat d’objectifs 2023-2026. Cela permet à l’Unine de disposer de 54,2 millions de francs de l’Etat pour son budget 2027 […] ajouté au crédit quadriennal initial de 211,08 millions.» (Arcinfo)
«Le secteur privé, qui a lancé plusieurs recours contre la politique sanitaire du Canton, espère que le nouveau ministre sera «moins idéologique» que Rebecca Ruiz.» Un des points critiqués est que 400 millions des 500 millions pour les Prestations d’intérêt général (PIG) sont versés au CHUV.
Ils sont censées financer des activités de recherche et de formation, mais ils n’ont pas toujours d’affectation précise, «ce qui fait dire aux cliniques privées qu’il s’agit d’une perfusion permettant de maintenir le CHUV à flot.»
Roger Nordmann, chef du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS), explique: «En principe, les cliniques privées ne touchent pas de PIG, car celles-ci financent des missions de santé publique, qui ne sont pas ou qui sont insuffisamment couvertes par la LAMal, ou encore le maintien de capacités hospitalières dans les régions périphériques. […] Pour ce qui est de la formation médicale post-graduée, elle exige notamment du temps dédié, des médecins salariés présents en permanence pour encadrer les médecins assistants et un volume suffisant de cas, simples comme complexes, ce qui explique que peu de cliniques aient en leur sein des spécialités reconnues ISFM (ndlr: Institut suisse pour la formation).»
La commission de la recherche et de l’industrie du Parlement européen a finalisé le texte de compromis relatif au prochain programme-cadre pour la recherche et l’innovation, qui détaille l’accord politique conclu au début du mois. Le texte de compromis concernant le programme spécifique «Horizon Europe», qui accompagne ce texte législatif, a également été publié.
Le Dies academicus 2026 de l’Université de Neuchâtel se tiendra le samedi 7 novembre sur le thème des « savoirs en dialogue ». À cette occasion, plusieurs personnalités éminentes recevront un doctorat honoris causa, dont la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider.
Entre 2011 et 2025, le nombre de projets liés à l’intelligence artificielle soutenus par le Fonds national suisse (FNS) est passé de 47 à 187 par an dans ses principaux instruments d’encouragement. L’analyse du FNS met en lumière la diversification de ces recherches, qui s’étendent désormais à l’ensemble des disciplines scientifiques après s’être initialement centrées sur le développement des méthodes propres à l’IA.
Un nouveau rapport mandaté par swissuniversities examine les risques pour la sécurité des connaissances liées à la science ouverte. Un facteur de risque identifié serait la valeur stratégique des contenus de recherche, qu’elle soit liée à la compétitivité économique, au progrès scientifique ou à des applications militaires.
En plus de fournir des conseils pour l’évaluation des risques, le rapport propose une « boite à outils » regroupant de nombreuses recommandations. Une mesure préconisée serait d’examiner dès le début des collaborations internationales quelles données, technologies et compétences seront partagées et si elles doivent être considérées comme sensibles. Une autre recommandation serait de mettre en place des unités spécialisées ou de désigner des personnes responsables au sein des hautes écoles et universités.
Le Conseil de la jeunesse du canton de Genève ainsi que la magistrate Anne Hiltpold [PLR, GE] ont organisé une table ronde intitulée « IA et éducation », qui a réuni plus de 600 personnes mardi 27 octobre à l’Uni Dufour. Il s’agit du premier rendez-vous d’un cycle d’événements, cette table ronde introduit le Geneva AI Summit prévu pour juin 2027.
Les jeunes présents se montraient aussi fascinés qu’inquiets face à l’essor des intelligences artificielles, soulignant le besoin d’apprentissage encadré pour concilier aux mieux les avantages et les risques de ces outils.
«Suite à son adoption par le Conseil de Faculté et son approbation par le Conseil de l’Unil le 1er octobre 2026, la Faculté change officiellement de nom. Elle porte désormais le nom de Faculté des sciences sociales, politiques, du sport et de psychologie (Faculty of Social, Political, Sports and Psychological Sciences). […] Afin de préserver un élément fortement ancré dans les usages institutionnels et largement reconnu au sein de l’Université comme à l’extérieur, l’acronyme SSP est maintenu.»
«L’Université de Lausanne bénéficiera d’un soutien financer de l’agence nationale Movetia durant les deux prochaines années afin de poursuivre son implication au sein de l’Alliance universitaire européenne CIVIS. […] Grâce au soutien conjoint de l’Union européenne et de Movetia, l’Unil poursuit ainsi son engagement au sein de CIVIS et contribue activement à la construction d’un espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche plus intégré, plus innovant et plus ouvert sur la société.»
«Une rencontre des syndicats vaudois avec le Conseil d’Etat n’a débouché sur aucune nouvelle décision concernant le projet de budget 2027. Une première mobilisation est agendée le 5 novembre.»
«Le Conseil fédéral a décidé de lancer le Programme national de recherche « Sécurité chimique » (PNR 88). Celui-ci vise à renforcer les bases scientifiques nécessaires à une utilisation sûre et durable des produits chimiques.»
«[L]e Conseil fédéral a approuvé un accord sur la gestion transfrontalière des données scientifiques dans le cadre d’activités communes de recherche et développement entre la Suisse et la Chine. […] Avec le soutien du Fonds national suisse (FNS), le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation a négocié avec le ministère chinois des Sciences et de la Technologie un dispositif visant à permettre aux chercheurs suisses de collaborer avec leurs partenaires chinois dans un cadre juridique sûr. »
Soumises à des exigences plus strictes, en proie aux sentiments de dévalorisation, ces expériences, plus courantes chez les femmes que chez les hommes participent à l’attrition des femmes dans le milieu universitaire. C’est ce que déclare une récente étude américaine, qui tente de repérer les tendances susceptibles d’expliquer pourquoi les femmes se sentent mises à l’écart.
L’étude indique également que les preuves de ce type de problèmes, qui concernent le climat ou la pression, sont souvent anecdotiques ou d’une portée limitée, ce qui peut compliquer leur traitement. De plus, la « trahison institutionnelle », c’est-à-dire le fait que les institutions ne prennent pas les plaintes au sérieux, était fréquemment citée par les enquêté·es. De plus, la dévalorisation semblait davantage toucher les femmes de couleurs. Les femmes blanches étaient les deuxièmes plus touchées, suivies des hommes de couleur, puis des hommes blancs.
Le Conseil suisse de la science (CSS) a fait paraitre une interview avec Thomas Gartmann, ancien directeur de la recherche à la Hochschule der Künste Bern. Il revient sur la nécessité des Hautes Ecoles d’art et de musique de bénéficier d’un doctorat autonome, sur les financements de la recherche ainsi que le lien entre recherche artistique et science.
Sur les financements de fonds tiers, il déclare : « Cela représente un énorme défi pour les chercheur·euses, la plupart ne pouvant être engagé·es que pour des projets précis. En comparaison avec nos concurrents issus des universités, cette répartition est donc problématique, d’autant plus que nos chercheur·euses ne peuvent généralement être engagés qu’à temps partiel et que leur charge d’enseignement est bien plus importante. «
Il rejoint également Barbara Haering, ancienne conseillère nationale et spécialiste en politique de Formation, sur la nécessité de développer des doctorats autonomes pour développer les connaissances et enrichir les cursus.
Le Conseil fédéral a renoncé à la mise en place d’un nouveau conseil pour le climat et préconise plutôt de s’appuyer sur les structures existantes et de renforcer les échanges entre la science et les responsables politiques, notamment avec ProClim.
ProClim, le forum sur le climat et les changements globaux, fait partie de l’Académie suisse des sciences naturelles SCNAT. «Du point de vue de la SCNAT, la politique climatique suisse profiterait également d’une évaluation et d’une analyse d’impact plus systématique et indépendante de ses mesures. Pour cela, il faut des conditions-cadres adaptées, des ressources suffisantes ainsi qu’un accès garanti à l’information. ProClim ne dispose pas d’un mandat en ce sens.»
«Le changement climatique doit être déclaré « urgence sanitaire mondiale » pour devenir la priorité des gouvernements, afin de financer l’adaptation des systèmes de santé et des économies, après avoir causé 3 millions de morts entre 2016 et 2023, affirme un rapport de référence.» Le rapport 2026 rassemble les travaux de 146 chercheurs issus de plus de 100 institutions réparties dans plus de 30 pays.
«[L]e financement de la recherche médicale liée au climat a été multiplié par sept pour atteindre 316 millions de dollars en 2024. 84% de ces fonds vont aux chercheurs des pays riches alors que les pays les moins développés sont les plus affectés par l’accélération des menaces sanitaires liées au climat.»
Les défis mondiaux tels que les pandémies, le changement climatique et la gouvernance de l’intelligence artificielle mettent en évidence une réalité fondamentale : c’est lorsque les connaissances scientifiques et la coopération internationale vont de pair que naissent des solutions efficaces. Afin de faire progresser davantage les innovations sociales fondées sur la technologie pour relever ces défis mondiaux, l’ETH Zurich et les Nations Unies ont renouvelé leur partenariat.
Selon l’économiste et prix Nobel Philippe Aghion, le retard de l’Europe en matière d’innovation de rupture face aux États-Unis s’explique par des freins institutionnels, financiers et un manque d’infrastructures de calcul. Il déplore également le manque de prise de risque et une pénalisation accrue de l’échec. Le spécialiste préconise la création en Europe d’un « CERN de l’IA » en mutualisant des centres de calcul financés par des coalitions d’États élargies à des partenaires proches, comme la Suisse, le Royaume-Uni et le Canada.
Co-présidente de la Fédération d’étudiant·es UNES, Sophie Wang déplore la couverture de la presse «hyper-alarmistes» concernant la Grève de la jeunesse, annoncé le 20 novembre dans des différentes villes de Suisse.
Elle mentionne notamment une entretien avec le député Philippe Nantermod (PLR), qui avance qu’avec leurs manifestations, les Jeunes socialistes ne cherchent qu’à semer le chaos. Par ailleurs, dans l’ensemble, il ne pense pas que la précarisation touche davantage les jeunes que d’autres groupes de population. «En Suisse, ce sont plutôt les familles, qui doivent porter toute la société sur leurs épaules, qui sont aujourd’hui les plus touchées par la précarité.»
Par ailleurs, selon le journaliste Lausanne Cités, «Lausanne craint le contagion», c’est à dire des manifestations violentes avec des policiers en sous-effectifs. Les jeunes socialistes avaient déjà affirmé la semaine passé que les Suisses n’ont «absolument pas à s’inquiéter» de la future mobilisation.
Avec un Master en science des données, statistiques et sciences politiques à l’université de Zurich, ce jeune suisse expose dans une vidéo ses «galères» lors de recherche d’emploi. Selon lui, ces études se sont avérées «totalement inutiles». Cela fait quatre ans qu’il cherche un emploi à la hauteur de ses qualifications : « À Zurich, je travaille plutôt comme coursier à vélo, livreur de pizzas, dans des centres d’appels, des fast-foods », explique-t-il.
Son conseiller à l’ORP lui indiquant qu’ : «Il faut juste connaître des gens.» «Du népotisme, donc», explique «Oiviredet» dans sa vidéo de 14 minutes. À ce jour, la vidéo totalise 441 000 vues et plus de 3’000 commentaires.
UniDistance Suisse s’apprête à devenir la première université du Valais tout en conservant son modèle de formation à distance et à temps partiel. Le Professeur Dr Nicolas Rothen, recteur d’Unidistance Suisse, répond à trois questions concernant l’évolution du statut de l’institution et les attentes des étudiant·es. Il rappelle que ces cours 100% en ligne répond aux besoins d’une société en mouvement, tout en maintenant une offre complémentaire aux universités classiques. La moyenne d’âge de ses étudiant·es s’élève à 38 ans, ces derniers s’engageant souvent dans un deuxième cursus ou une reconversion professionnelle.
Doyenne de la faculté de théologie de Fribourg depuis l’été 2025, Veronika Hoffmann dresse un premier bilan, rappelant l’importance de la théologie dans la société actuelle: une discipline qui conserve selon elle toute sa pertinence et son actualité.
Elle affirme: «ce qui me préoccupe davantage pour l’avenir [que la crise des institutions religieuses], c’est moins l’évolution structurelle de l’Église que le scepticisme grandissant envers la science et les universités en général. Si l’État et le public cessaient de soutenir la formation, qui est véritablement la «matière première» de la Suisse, nous risquons des dégâts à long terme.»
«D’après un grand sondage interne réalisé durant le semestre d’hiver dernier, plus de 90% des étudiantes et étudiants de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne utilisent l’IA comme un «outil d’apprentissage». En revanche, tous n’en sont pas friands et certains préféreraient s’en passer. […] En tout cas, l’EPFL semble rassurée par le fait que 40% des sondés n’utilisent jamais l’IA générative dans leur vie personnelle, avançant également que ces outils n’ont pas «remplacé le cerveau, ni la mémoire» de ses étudiants.» (Blick)
«Un Tunisien de 30 ans, master de l’EPFL en poche, n’a pas trouvé d’emploi en six mois. La justice vaudoise refuse de prolonger son séjour.»
« L’Université vient de recevoir deux labels de Swiss Olympic : l’un pour la recherche en sciences du sport, l’autre pour l’accompagnement des athlètes. Ces distinctions valorisent les compétences du campus et renforcent ses liens avec les fédérations sportives. »
Dans une chronique du journal Le Temps, la journaliste Catherine Frammery analyse les manifestations de lycéen·nes et d’étudiant·es en Europe, confronté·es à la massification de l’enseignement supérieur sans augmentation des moyens.
En France, en parallèle des manifestations, ce mécontentement se traduit aussi par des initiatives autogérés d’universités populaires ainsi que par des craintes liées au calendrier académique, au suivi des cours et à la réussites d’examens.
La journaliste met en contraste la situation en Suisse, qui diffère grâce à un contexte économique favorable (malgré des coupes budgétaires) ainsi qu’à la démocratie participative qui amortirait les contestations, bien qu’elle dénote une certaine nervosité parmi les autorités universitaires.
Le physicien français Claude Cohen-Tannoudji, prix Nobel de physique en 1997, décédé le 22 octobre 26, fait l’objet d’un portrait dans le journal Le Monde.
Décrit par ses maîtres comme « un homme d’un créativité extraordinaire » et d’une grande modestie, il avait tendance à dire face aux questions médiatiques : « Interrogez mes collaborateurs. Ce sont eux qui ont fait tout le travail. »
S’élevant contre les visions politiques court-termistes, il défendait les projets « blancs » sans application immédiate, dont les retombées n’arrivent que bien plus tard. Il a oeuvré pendant des années dans les laboratoires de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, à l’origine de neufs prix Nobel (huit en physique et un en chimie) et de dix médailles Fields, la plus haute distinction mondiale en mathématiques, tout en constatant, sur le terrain, des moyens offerts en France ne pouvant rivaliser avec ceux de leurs collègues américains.
«Entre serveurs informatiques, voyages en avion des scientifiques, équipements de recherche et matériel à usage unique, un laboratoire consomme entre 3 et 10 fois plus d’énergie qu’un bureau classique. Pour aider les scientifiques à mieux comprendre et réduire l’impact environnemental de leurs activités, l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) lance un calculateur CO₂ sur mesure et en libre accès.»
Le nombre de projets de recherche et développement collaboratifs soutenus par l’UE a fortement diminué entre «Horizon 2020» et «Horizon Europe», selon les chiffres du tableau de bord des résultats de la Commission européenne. Bien que ces statistiques ne couvrent que les deux premiers tiers du programme « Horizon Europe », une tendance claire se dessine déjà.
Au titre du pilier 2 d’Horizon Europe, qui couvre les collaborations de recherche entre les secteurs public et privé, l’UE a jusqu’à présent octroyé 32,9 milliards d’euros à 5 271 projets, dont ont bénéficié 25 833 organisations.
Dans le cadre de l’équivalent du pilier 2 au sein d’Horizon 2020, qui combinait les volets « leadership industriel » et « défis sociétaux » du programme, 39,2 milliards d’euros ont été alloués à 13 580 projets, au bénéfice de 35 118 organisations.
«La Commission européenne prévoit de mettre en place un pôle de recherche polaire de l’UE afin de renforcer la coordination et d’améliorer l’articulation entre la science et les politiques publiques. Selon un responsable de la Commission, l’objectif est de «mieux relier la recherche, l’observation et les infrastructures scientifiques, d’améliorer l’accès aux ressources de recherche et de renforcer la coordination avec les parties prenantes, y compris les peuples autochtones».»
Si la nouvelle stratégie arctique de l’UE met l’accent sur la sécurité, avec des engagements visant à protéger les câbles sous-marins, à renforcer la surveillance par satellite, à déployer davantage de brise-glaces et à améliorer la mobilité militaire, «la communauté polaire se réjouit de constater que les préoccupations environnementales n’ont pas été négligées».
«Le Conseil des EPF a élu Thomas Scheiber au poste de nouveau vice-président pour l’infrastructure et la durabilité à l’ETH Zurich. Âgé de 46 ans, il succède à Ulrich Weidmann. Il apporte avec lui plus de 20 ans d’expérience en matière de gestion de grands parcs immobiliers et d’infrastructures.»
Le 22 octobre, les député·es européen·nes ont adopté le rapport de M. Zdrojewski et entament les négociations budgétaires avec le Conseil pour un lancement officiel d’Erasmus+ en 2028. Le rapport officiel fixe la feuille de route pour 2028-2034 en vue des négociations avec les États membres. Le texte réclame un budget en forte hausse de 47,4 milliards d’euros. Enfin, il prône une ouverture internationale ciblée tout en fixant des limites financières pour préserver les fonds destinés aux Européens.
Le Parlement européen souhaite que le Canada rejoigne Erasmus+ d’ici 2028, après son association à Horizon Europe. Selon M. Zdrojewski, le prochain accord avec le Canada pourrait s’apparenter à l’accord britannique de 2025 ou s’appuyer sur des exemples alternatifs. Le Canada pourrait alors élargir sa participation actuelle (Erasmus Mundus) à une association pleine. Le Parlement se dit ouvert à d’autres pays partenaires, sans pour autant pouvoir « couvrir tout le monde ».
La Suisse quant à elle, par son Conseil national doit désormais trancher lors de la session d’hiver 2026.
Bien qu’elle soit l’ouvrage de référence le plus consulté jamais créé, Wikipédia est confrontée à des défis existentiels posés par les entreprises spécialisées dans l’IA générative, puisque leurs produits lui font perdre du trafic. Helen Choi, Maître de conférences en pratiques de communication technique à l’Université de Californie du Sud, soutient que les universitaires, en vertu de leurs responsabilités en tant que chercheurs et enseignants dans l’enseignement supérieur, ont le devoir éthique de défendre et de soutenir les communautés de connaissances ouvertes telles que Wikipédia.
Le service public des scientifiques, comme la contribution à Wikipédia, passe largement inaperçu lors de l’évaluation des chercheur·es, constate Helen Choi : «Les institutions doivent reconnaître les initiatives telles que la contribution à Wikipédia et leur apporter des ressources et un soutien. Cela pourrait également contribuer à remédier à la perte de confiance du public envers l’enseignement supérieur lui-même, car un engagement accru au service du public permettrait de réaffirmer le rôle des universités en tant que gardiennes du savoir, dont la raison d’être est de servir l’humanité – un rôle que partage Wikipédia.»
«Les syndicats vaudois ont convenu d’une manifestation contre les coupes le 5 novembre. Le budget cantonal a subi 100 millions de francs de coupes supplémentaires après le vote fiscal. Les taux d’encadrement dans la formation risquent de se dégrader» (24 heures)
«Alors que des manifestations essaiment dans toute l’Europe, une coalition réunissant des mouvements suisses de jeunesse appelle à se mobiliser le 20 novembre pour protester contre la militarisation du pays et l’austérité. Les scènes de violence, comme en France, devraient toutefois rester marginales.» (Le Courrier)
Des manifestations et des émeutes ont lieu en France, en Italie, en Belgique, au Portugal, en Espagne et en Albanie. «Le terreau commun existe dans tous les pays : l’inflation et la crise de l’éducation», explique le professeur d’histoire contemporaine européenne et suisse à l’université de Fribourg, Siegfried Weichlein. «Mais cela ne signifie pas pour autant qu’un mouvement de grande ampleur soit à prévoir.» (Freiburger Nachrichten)
Des manifestations prévues en Suisses ont été traités par plusieurs médias. Sur instagram, des représentant·es du collectif «grève_de_la_jeunessse» suisse regrettent que «de nombreux articles dans les médias bourgeois nous accusent, ou sous-entendent, que notre mouvement est violent. Avant même notre première mobilisation, nous sommes déligitimé·es et accusé·es sans aucune preuve.»
«Depuis début octobre 2026, le FNS met à la disposition des requérant·es les recommandations anonymisées des évaluateur·ices internes. Ainsi, l’évaluation est plus transparente et la décision plus intelligible.»
Dans un entretien accordé au journal Südostschweiz, le conseiller d’État Jon Domenic Parolini et le chef de l’Office de l’enseignement supérieur Dr Gion Lechmann présentent la nouvelle stratégie universitaire du canton des Grisons.
Celle-ci vise à renforcer la compétitivité régionale grâce à la mise en réseau des jeunes établissements d’enseignement supérieur, à la création de chaires spéciales et à un soutien financier direct sous forme de contributions cantonales aux frais de scolarité pour les résident·es des Grisons.
« Ce certificat d’études avancées (CAS) bilingue a été présenté lundi par l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP) et par l’International Institute of Management in Technology de l’Université de Fribourg. Ces deux entités ont décidé d’unir leurs forces pour répondre à la détérioration de la situation sécuritaire internationale. »
Le 20 novembre 2026 aura lieu une « grève de la jeunesse contre l’austérité et la militarisation », un mouvement qui pourrait rassembler des milliers de personnes en Europe. Cette mobilisation exprime la peur des guerres et du réchauffement climatique, le manque de perspectives et d’écoutes ainsi que les coupes budgétaires concernant les services publics.
Les organisateur·ices interrogés sur le sujet précisent qu’il ne s’agit pas de copier la France, la grève étant planifiée depuis des mois. Cependant, bien que ces mouvements prennent par dans différents contextes, le vice-président des jeunes socialistes déclarent : « Il y a un même sentiment d’urgence que l’on soit en Allemagne, en France ou en Suisse ».
Toutes les villes universitaires suisses ou accueillant des hautes écoles seront concernées, les organisateur·ices pouvant compter sur le soutien d’organisations étudiantes et de syndicats.
«L’Université d’Oslo et celle de Genève ont lancé cet été la Global University Academy qui ouvre les portes de l’enseignement supérieur aux populations déplacées. En se basant sur l’expérience d’un programme genevois actif sur ces terrains depuis dix ans»
«Les domaines de la traduction, du graphisme, de l’informatique, du cinéma et des statistiques ont un point commun: selon les chercheurs, ces métiers comptent parmi les plus exposés à l’intelligence artificielle. Pourtant, chaque année, des centaines de jeunes choisissent d’étudier dans ces domaines. Cinq enseignants et étudiants zurichois ont confié pourquoi, malgré l’IA et la hausse du chômage chez les diplômés universitaires, ils croient encore en l’avenir de leur filière.»
Face à la dépendance de la Suisse aux médecins étrangers et à la forte sélectivité des cursus médicaux, améliorer la situation semble complexe mais nécessaire. La recherche de solutions bute notamment sur des questions financières. En 2016, la Confédération avait ainsi alloué 100 millions de francs à un « programme spécial en médecine humaine » afin d’augmenter le nombre de diplômés annuels, passant de 880 en 2016 à 750 places d’études supplémentaires chaque année.
Au-delà du manque de moyens financiers, des critiques sur les cursus sont également formulées par les étudiant·es. « Au-delà du nombre de places très restreint, je trouve que l’examen actuel favorise les profils très académiques, plutôt portés sur les spécialités, et ne valorise pas assez les qualités humaines ou le savoir être, qui sont au cœur du métier de généraliste.» déclare une étudiante en médecine.
De son côté, Patrick Bodenmann, vice-doyen de la faculté de médecine de Lausanne, insiste sur la nécessité d’une volonté politique claire, matérialisée par un engagement financier. Il nuance toutefois les demandes d’immersion clinique plus précoce en rappelant le manque de disponibilité des praticien·nes et l’obligation pour les étudiant·es d’acquérir un bagage théorique suffisant pour que les stages soient pertinents.
«Le Cern et la start-up française Mistral vont développer «Flare», un modèle d’intelligence artificielle destiné à améliorer l’analyse des collisions de particules au Grand collisionneur de hadrons, près de Genève.»
«L’Université de Berne a accueilli l’une des plus grandes collections de diamants au monde à des fins de recherche et d’enseignement. La collection offerte à la haute école doit contribuer à la découverte de nouveaux minéraux et fournir des indices sur la formation de l’intérieur de la Terre.»
«De nombreuses docteures repoussent leur projet parental de peur de freiner leur carrière». Plusieurs scientifiques témoignent d’un climat de travail hostile aux projets de famille des jeunes chercheuses. Dans un univers universitaire hyper-concurrentiel et internationalisé, la raréfaction des postes exacerbe les inégalités de genre. Ainsi, une femme sur trois quitte la recherche académique après avoir eu un enfant, selon une étude sur le parcours de 13 000 scientifiques.
Face à ce constat, beaucoup de chercheuses attendent d’avoir un poste fixe pour essayer d’avoir un enfant, quitte à s’exposer plus tard, à l’approche de la quarantaine, à des fortes difficultés de conception. Ces freins structurels dans le monde académique peuvent se traduire jusque dans les recrutements. Selon la chercheuse Marie Janot-Caminade, des rapports de jurys de Maîtres de Conférences reprochent continuellement aux candidates le « trou » dans leur carrière, sans jamais envisager l’existence légitime d’un congé maternité.
Poussées à bout par une institution qui ne reconnaît pas leur investissement, de nombreuses scientifiques finissent par s’interroger sur le sens de leur engagement. L’abandon de la voie académique ne se fait généralement pas d’un coup, mais est souvent progressif.
En France, «[d]epuis que le mouvement lycéen, parti de Créteil à la mi-septembre, a fait tache d’huile dans tout le pays, les pancartes hostiles à la plateforme d’orientation de l’enseignement supérieur fleurissent au milieu des cortèges et aux abords des lycées bloqués.»
Selon un article du Monde, Les plateformes Parcoursup ainsi que Mon Master cristallisent les angoisses d’une jeunesse ayant le sentiment d’un futur confisqué, est vivement contestée pour son caractère arbitraire et anxiogène. Ce moment charnière de transition vers les supérieur redouble les tensions sociales, au point que les syndicats de jeunesse réclament la révision ou la suppression pure et simple, exigeant une politique de transparence et une orientation plus égalitaire entre les établissements.
De plus, les dysfonctionnements de la plateforme exacerbent les risques d’assignation sociale et territoriale. Le non-remplacement chronique des professeur·es priverait également les élèves du soutien nécessaire pour formuler leurs voeux et rédiger leurs lettres de motivation. Cet accompagnement informel devient inégalitaire, la pénurie de personnel enseignant étant particulièrement criante dans les quartiers prioritaires de la ville.
La réduction proposée ce mois-ci des crédits alloués à la recherche et à l’innovation dans le budget de l’UE pour la période 2028-2034 constituerait un mauvais choix stratégique, a averti la présidente du Conseil européen de la recherche Maria Leptin, un sentiment partagé par la commissaire européenne chargée de la recherche Ekaterina Zaharieva.
Selon Maria Leptin, la réduction de près de 10% du programme de R&I proposée par la présidence du Conseil des gouvernements de l’UE, par rapport à la recommandation de la Commission européenne, serait «extrêmement préoccupante». Un budget de 200 milliards d’euros pour le programme de R&I constituerait le «minimum» nécessaire. Ce sentiment serait «partagé par l’ensemble du secteur», selon Research Professional News. Ce montant est réclamé par le Parlement européen, tandis que la Commission a proposé un budget de 175 milliards d’euros et la présidence du Conseil, seulement 158 milliards d’euros.
Ekaterina Zaharieva ajoute que chaque réduction d’un milliard d’euros du budget d’«Horizon Europe» entraînerait la suppression de 1’700 bénéficiaires, soit plus de 300 PME et 500 entreprises, 600 universités et 2 600 chercheurs.
Michael Schaepman, recteur de l’Université de Zurich et expert en télédétection, et Wolfgang Wagner, doyen de l’Université technique de Vienne et co‑fondateur du Earth Observation Data Centre, expliquent pourquoi le programme d’observation de la terre de Copernicus est aujourd’hui un programme plus essentiel que jamais. Le premier qualifie ce programme de «meilleur de programme du monde».
Dans un post sur LinkedIn, Reto Knutti, climatologue à l’ETH contextualise cette prise de position: «Contre la volonté du Parlement, le Conseil fédéral s’est prononcé en 2024 et 2026 contre [le la participation Suisse au] Copernicus ECMWF. La motion Fivaz [«Participation dans les plus brefs délais au programme Copernicus»] remet cette question à l’ordre du jour. Le Conseil national a déjà voté en faveur de cette motion ; le Conseil des États se prononcera dans quelques semaines.» Reto Knutti s’était également prononcé en faveur d’une participation suisse au programme.
La Hongrie peut à nouveau bénéficier des programmes Horizon Europe et Erasmus+ suite à la décision du Conseil de l’Union européenne de mettre fin au mécanisme de conditionnalité lié à l’État de droit. Cette décision permet également de débloquer 4,2 milliards d’euros de fonds de cohésion qui avaient été gelés suite au différend qui remonte à la fin de l’année 2022. Bruxelles avait alors interdit à plus de 30 établissements hongrois, dont 21 universités, d’accéder aux subventions de ces programmes, craignant que le transfert de leur gestion à des fondations publiques dirigées par des partisans du Premier ministre de droite Viktor Orbán ne porte atteinte aux principes de liberté académique et de transparence.
La communauté scientifique américaine traverse actuellement une période de bouleversements majeurs. La nouvelle édition du rapport On being a Scientist : A Guide to the Responsible and Ethical Conduct of Research, aborde le contexte actuel de la science et de l’enseignement scientifique. Il prend en compte l’évolution de la pratique scientifique ainsi que de la manière dont les différentes conditions financières et géopolitiques influencent le fonctionnement de la recherche scientifique.
Cet ouvrage a pour objectif explicite de former les jeunes scientifiques à agir de manière responsable et éthique, à être de bons gardiens des fonds publics et de la confiance qui leur est accordée, et à assumer les responsabilités plus larges qui incombent à tout scientifique dans un contexte en pleine mutation.
Professeur en apprentissage automatique dans le domaine des sciences dans l’Université Tübingen, Mario Krenn utilise l’intelligence artificielle pour concevoir des expériences qui dépassent l’imagination humaine. Dans cet entretien, il explique comment un algorithme a réussi en une nuit à résoudre un problème sur lequel il avait échoué pendant deux mois.
«La crise climatique exige des solutions rapides et efficaces. Pourtant, de nombreuses technologies climatiques prometteuses restent souvent cantonnées à des projets pilotes et de démonstration. Ce qui manque, c’est le passage à une mise en œuvre à grande échelle. C’est précisément là qu’intervient le nouveau «Climate Solutions Hub» (CSH) lancé par l’Empa et l’Eawag : il étudie les raisons pour lesquelles des solutions climatiques révolutionnaires ne parviennent pas à changer d’échelle et développe, avec des partenaires issus de la recherche, de l’économie et des pouvoirs publics, des moyens de surmonter les obstacles. Le CSH compte ainsi parmi les premiers hubs de recherche au monde à se consacrer explicitement au passage à l’échelle de solutions climatiques innovantes.»
L’USI présente son nouveau master en oncologie, immunologie translationnelle et vieillissement (MOTIA) qui viendra enrichir, dès l’année universitaire 2027-2028, l’offre de formation de la Faculté des sciences biomédicales.
Le master est né de la volonté de valoriser les compétences scientifiques développées au sein de l’écosystème de recherche biomédicale de Bellinzone, en les mettant directement au service de la formation universitaire.
Un rapport sur les revenus des doctorant·es de première année pour la période 2024-2025 dans 26 pays d’Europe, dont la Suisse, a été publié en septembre par le Conseil européen des doctorant·es et des jeunes chercheurs et chercheuses (Eurodoc). Cette publication révèle d’énormes disparités à travers l’Europe.
Sept rectrices et recteurs d’universités suisses (Unil, UNIGE, Unibe, Unine, Unifr, UniLu, USI), plaident collectivement pour l’association de la Suisse à Erasmus+, un projet en attente de validation par le Conseil national.
Ils et elles rappellent que le potentiel de ces initiatives reste aujourd’hui limité et méconnu en raison de l’exclusion du pays. Loin de se limiter aux seuls échanges d’étudiant·es, Erasmus+ est devenu un levier stratégique pour tout l’écosystème de la formation (écoles, formation professionnelle, adultes, entreprises et jeunesse). Il permet de développer les compétences nécessaires face aux transformations technologiques et sociétales.
Par ailleurs, Erasmus+ est «le complément naturel» du programme de recherche Horizon Europe. «Recherche, innovation et formation constituent un continuum. Les dissocier n’a guère de sens dans un monde où les connais- sances, les talents et les technologies circulent toujours davantage à l’échelle internationale.» Rester à l’écart ferait de la Suisse une exception en Europe occidentale, alors que son succès repose historiquement sur l’ouverture et la collaboration internationale.
«Des personnes travaillant à la centrale de stérilisation du Centre hospitalier universitaire vaudois dénoncent des conditions de travail déplorables et dressent une liste d’attitudes particulièrement inappropriées de la part de la hiérarchie. De son côté, le CHUV martèle sa politique de tolérance zéro par rapport aux comportements déviants.»
«swissuniversities […] a signé un accord global « Read & Publish » avec Springer Nature, l’un des plus grands éditeurs scientifiques au monde. Cet accord renforce l’échange de connaissances entre chercheurs, soutient les activités de recherche et simplifie les processus de publication.»
Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, avance: «Cet accord constitue un progrès indéniable et une nouvelle étape importante pour l’Open Access. L’intégration du portefeuille Gold OA permet aux hautes écoles de réaliser des économies substantielles et renforce la capacité de pilotage du système dans son ensemble. »
Le rédacteur Thomas Ribi analyse dans la NZZ les crises successives qui secouent les sciences humaines, ravivées au printemps 2026 par les débats sur le manque de financement public dans ces disciplines.
Face à une Confédération qui aurait tendance à privilégier les projets à forte utilité économique, ces domaines luttent pour leur reconnaissance depuis leur naissance au XIXe siècle tout en demeurant indispensables pour décrypter les contradictions du monde moderne. En début de l’année le Conseil fédéral n’a pas accordé de pôle de recherche national à ce domaine. Suite à une lettre de protestation, un appel à projets spécial a été lancé à l’intention des projets relevant des sciences humaines et sociales. Un autre domaine de recherche va désormais bénéficier d’un financement, il reste en ce moment ouvert lequel.
Ce qui préoccupe en partie les chercheur·euses, outre des besoins financiers, c’est « le sentiment profond de devoir toujours passer après les autres », comme l’a écrit l’Académie des sciences humaines et sociales.
Thomas Ribi écrit que de nombreuses universités et instituts s’adaptent à l’air du temps en proposant des cursus tels que les «Digital Humanities» ou les «Social Media Studies», qui promettent un diplôme valorisable sur le marché du travail.
«Ou bien elles s’enlisent dans une recherche soi-disant politiquement engagée : l’activisme anti-israélien est présenté comme de la science, tandis que la science établie est démasquée comme un concept raciste grâce auquel l’Occident a asservi le monde. Cela ne rend pas pour autant les sciences humaines plus crédibles.»
Il estime qu’au fonds, leur mission reste la même : comprendre comment l’homme façonne le monde. «Tant qu’ils s’acquittent de cette mission, ils ne sont pas superflus.»
415 chercheur·es, dont «Au moins 225 scientifiques spécialisés en intelligence artificielle et cybersécurité, dont le Canadien Yoshua Bengio – considéré comme l’un des pères de l’IA –, ont appelé mardi à des «changements immédiats» dans les pratiques de développement et de déploiement de l’IA afin de prévenir de futurs incidents de sécurité.»
D’ici 2035, le nombre d’étudiants dans les établissements d’enseignement supérieur suisses devrait augmenter d’environ 21% par rapport à aujourd’hui, ce qui représenterait 305 000 étudiants inscrits.
« Ce scénario ne serait pas favorable à la Suisse », estime la Conseillère nationale Bettina Balmer (PLR, ZH). Il s’agirait désormais de mettre en place des mesures pour éviter que cela ne se produise – mais cette compétence relève des cantons. Elle se dit satisfaite du fait que le taux de maturité dans le canton de Zurich reste plus ou moins stable autour de 20%. La conseillère nationale Katharina Prelicz-Huber (Vert·es, ZH) acquiesce: «Il faut vraiment lancer une campagne de promotion en faveur de l’apprentissage professionnel», mais se montre néanmoins plus modérée sur un point: «Il ne faut pas opposer l’enseignement supérieur et la formation professionnelle […] Compte tenu notamment des progrès fulgurants de l’IA, nous avons également besoin de personnes bien formées, qui comprennent quand il faut tirer le frein d’urgence».
Pour l’économiste en chef de la faîtière Economiesuisse, Rudolf Minsch, ce n’est pas tant le nombre de personnes qui feront des études à l’avenir qui importe, mais plutôt ce qu’elles étudieront et quelle est l’expérience pratique acquise. Pour lui, les établissements d’enseignement supérieur devraient concevoir leurs cursus de manière à ce que les étudiants puissent acquérir une expérience professionnelle pertinente parallèlement à leurs études. De son point de vue, l’apprentissage professionnel offre une entrée en matière idéale dans le monde du travail. «Les changements liés à l’IA auront tendance à renforcer l’apprentissage professionnel», explique M. Minsch.
Travail.Suisse,