Entretien avec Andrea Schenker-Wicki, rectrice de l’Université de Bâle
À l’occasion de la rentrée universitaire à l’Université de Bâle, la rectrice Andrea Schenker-Wicki a adressé un message d’encouragement aux nouveaux étudiant·es. Face aux inquiétudes suscitées par l’intelligence artificielle et par certaines statistiques récentes sur l’emploi des diplômés, elle les a exhortés à poursuivre leurs études avec confiance et à ne pas se laisser décourager par des évolutions qui ne représentent, selon elle, qu’une situation momentanée.
Concernant l’IA, elle estime qu’elle transforme profondément l’enseignement supérieur, mais qu’elle ne remet pas en cause la valeur d’un diplôme universitaire. Celui-ci ne repose pas seulement sur un résultat écrit, mais aussi sur la capacité à réfléchir de manière critique, à analyser les sources et à développer une compréhension approfondie des concepts. Selon elle, ces compétences demeurent essentiellement humaines. L’université ne cherche pas à interdire l’usage de l’IA, mais à l’intégrer intelligemment dans la formation. Les outils d’IA pourraient notamment favoriser l’apprentissage personnalisé et permettre aux enseignants de consacrer davantage de temps aux échanges interactifs avec les étudiants. Le défi principal sera d’assurer que les étudiant·es comprennent réellement les fondements théoriques et méthodologiques de leur discipline. Sur le plan sociétal, Schenker-Wicki considère que les universités ont un rôle majeur à jouer dans le débat sur l’usage éthique et responsable de l’IA. Elles doivent former des citoyen·nes capables d’esprit critique et contribuer à la réflexion collective sur les limites et les conditions d’utilisation de ces technologies.
Publié le 16 Sep 2026