Par rapport à la jungle des formations continues, «la Fédération suisse pour la formation continue (FsEA) plaide pour une norme commune qui servirait à tracer et à comparer notamment les microcertifications. Un passeport de formation numérique est ainsi à l’étude.», affirme Véronique Kämpfen, de la FER Genève.
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Filtres des articles
13Juin2025
Politique des hautes écoles
«Pas assez de tables pour les révisions des exas»
Alors que la session d’examens bat son plein à l’Université, les étudiants se pressent dès les premières heures pour trouver une place de travail à la «Banane». En juillet, l’annexe deviendra le seul espace ouvert, avec 300 places. La cafétéria restera aussi utilisable pour les révisions.
12Juin2025
Politique des hautes écoles
Pression sur l’association d’Israël au programme Horizon Europe
Le mois dernier, l’Union Européenne a lancé une révision de son accord d’association avec Israël, qui sous-tend l’association à Horizon Europe et exige qu’Israël respecte les droits de l’homme. Les États membres de l’UE se sont de plus en plus opposés à Israël à la suite du blocus alimentaire imposé à Gaza et de la poursuite des frappes militaires dans la région. Au début du mois, les Nations unies ont indiqué que la ration alimentaire quotidienne de Gaza était tombée bien en deçà du seuil de «survie». Et l’année dernière, Nadera Shalhoub-Kevorkian, universitaire palestinienne de l’Université hébraïque de Jérusalem, a été arrêtée par la police et mise en examen pour terrorisme après avoir condamné l’attaque israélienne contre Gaza en la qualifiant de génocide.
L’UE pourrait décider d’interrompre la coopération dans certains domaines tels que Horizon Europe afin d’exercer une pression diplomatique, selon une note d’information du Parlement européen. Il suffit d’une majorité qualifiée pour suspendre la coopération en matière de recherche, par exemple.
Walter Rosenthal, président de la conférence des recteurs et rectrices des universités allemandes (HRK), affirme que les universités israéliennes sont une «force libérale et démocratique», et juge que les sciences en Israël devraient être soutenues par l’Union européenne. Une exclusion du programme Horizon Europe aurait comme conséquence que «cela affaiblirait considérablement la science israélienne dans sa capacité de performance et d’innovation reconnue au niveau international et porterait durablement atteinte à la voix importante de la raison scientifique en Israël, qui analyse, concilie et rassemble des perspectives et des intérêts différents».
Mais les détracteurs d’Israël estiment que l’UE devrait utiliser tous les outils à sa disposition pour faire pression. «Pour nous, il n’y a pas d’alternative si nous voulons faire pression», a déclaré Rudi Kennes, un eurodéputé belge du parti de gauche qui a lancé des appels à l’expulsion d’Israël. M. Kennes a déclaré qu’il avait de la sympathie pour les universitaires de l’opposition dont les collaborations scientifiques seraient affectées. Mais les boycotts et les sanctions seraient nécessaires pour changer la politique israélienne : «La seule chose qu’ils comprendront, c’est le jeu du pouvoir».
UNIGE: «une erreur morale doublée d’une lâcheté»
Un lecteur de la Tribune de Genève dénonce le choix de l’UNIGE de mettre fin à son partenariat stratégique avec l’Université hébraïque de Jérusalem (HUJI). Qualifiant ce geste d’«une erreur morale doublée d’une lâcheté», le lecteur affirme que «le courage eût été d’affirmer que l’université doit être un lieu d’indépendance de l’esprit et non de soumission, un lieu d’accueil et non d’exclusion, un lieu de dialogue et non d’imprécations».
Pour le lecteur, l’Université aurait dû mettre en avant certaines «valeurs exemplaires» de l’HUJI plutôt que de la «stigmatiser». Il rappelle notamment que sa vice-présidente est une femme arabe ; que le nombre de femmes arabes diplômées a doublé en Israël en dix ans ; et que les universités israéliennes comptent de nombreux enseignant·es critiques à l’égard de la politique de leur propre gouvernement. «[Certain·es] se demandent ce qu’ils pourraient faire en tant qu’universitaires pour mettre fin à la guerre», souligne-t-il, avant de citer l’exemple de Martin Buber, l’un des premiers titulaires de la chaire de sociologie et d’anthropologie à l’HUJI, «grand apôtre du dialogue israélo-arabe et d’une paix basée sur la reconnaissance mutuelle de deux États voisins».
- direction des hautes écoles
- rôle des universités
- collaboration entre hautes écoles
- conflit israélo-palestinien
L’EPFL porte plainte contre les militants ayant perturbé la fête de Vivapoly
Un groupe d’étudiant·es est accusé d’avoir scandé des «slogans antisionistes haineux» devant le stand de l’association Shalom, le 22 mai dernier, lors de la fête de Vivapoly. L’EPFL a déposé plainte.
Selon le 24 heures, «l’EPFL reconnaît que des «tensions et des divergences de points de vue» peuvent émerger au sein de sa communauté, «en particulier face à des événements complexes et sensibles sur le plan international», mais ne tolérera «aucune forme de discrimination. Dans sa lecture des événements, l’association étudiante Unipoly a dénoncé le fait que l’EPFL se distingue «une nouvelle fois par la violence faite à l’égard des étudiants soutenant la lutte du peuple palestinien».»
L’Unil dans les médias
«L’Université de Lausanne rompt son partenariat avec celle de Jérusalem»
«Éthique des collaborations, gouvernance, économies: le recteur Frédéric Herman s’exprime dans un entretien exclusif.»
- autonomie – hautes écoles
- structure universitaire
- direction des hautes écoles
- politique – Vaud
- politique – Israël
- conflit israélo-palestinien
11Juin2025
Politique des hautes écoles
Inauguration de l’institut de langue juridique italienne à Berne
Un institut dédié à la langue juridique en italien a été inauguré à l’Université de Berne début juin. Le centre de compétence est unique au niveau européen.
L’initiative du projet vient de la professeure Iole Fargnoli, chargée de cours à la faculté de droit de Berne et directrice du nouvel institut. Elle souhaitait protéger et promouvoir l’italien en tant qu’outil de recherche et de dialogue juridique, aujourd’hui de plus en plus marginalisé au profit de l’anglais dans la culture juridique.
Les premiers objectifs du centre sont la rédaction d’un glossaire juridique en italien et la création d’un réseau de collaborations académiques. L’institut aimerait également renforcer les liens avec les institutions européennes. Il propose actuellement deux cours en langue italienne aux Université de Berne, Fribourg et Neuchâtel, destinés à des étudiant·es italophones en début et milieu de cursus, proposant respectivement un soutien linguistique et des outils pour une maîtrise sûre de la langue juridique italienne.
«Zurich prévoit plus de places d’études en médecine – que fait Berne ?»
L’objectif fixé il y a une dizaine d’années sera atteint cet automne : 1350 étudiant·es obtiendront leur diplôme de médecine. Toutefois, des médecins persistent à manquer.
Alarmé·es de la situation, les politiques zurichois·es ont exigé une augmentation massive des places d’études: 270 nouvelles places seront créées au plus tôt à partir de 2030 pour des coûts annuels de 80 millions de francs. «Le rapport du conseil d’administration zurichois parle également d’une chance : L’extension permettrait de mettre la formation à jour et d’établir l’Université de Zurich comme précurseur dans la formation médicale.» (Der Bund)
A l’Université de Berne, même si les ressources financières et humaines étaient disponibles, «avec l’infrastructure existante, nous ne pouvons pas offrir de nouvelles places dans un avenir proche sans que la qualité en pâtisse», déclare Roman Hari, doyen de la faculté de médecine de l’Université de Berne. Un nouveau bâtiment de formation, orienté sur les capacités actuelles, devrait être achevé d’ici 2039. Toutefois, une nouvelle augmentation progressive du nombre d’étudiant·es est «envisageable» au plus tôt à partir de 2031.
Les processus de sélection pour l’intégration à un cursus de médecine sont actuellement remis en question: est-ce que la sélection devrait se faire sur la base d’une règle uniforme pour toute la Suisse, afin de garantir l’égalité des chances ? Les compétences sociales et l’intelligence émotionnelle, absentes des tests d’aptitude pour les examens de numerus clausus, devraient-elles y être intégrées?
«Tant le nombre de places d’études que le type de procédure de sélection préoccupent désormais la Berne fédérale. […] Un groupe de projet coordonnera les travaux, comme le communique le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI). Les résultats de leur analyse seront présentés l’année prochaine au Conseil des hautes écoles.» (Der Bund)
Un centre d’accueil «insensible» contre le harcèlement sexuel à l’Université de Zurich
Fin mai, une manifestation de plus de 50 étudiant·es de l’Université de Zurich a dénoncé le manque de soutien aux victimes du centre d’accueil contre le harcèlement sexuel de l’université. L’association des étudiant·es de l’Université de Zurich (VSUZH) a rassemblé 13 plaintes contre le centre depuis 2022. Ayant proposé une série d’améliorations, aucune n’a jusqu’à maintenant été mise en place. Le groupe de travail «estime que l’offre du centre d’accueil doit être plus accessible. Le site web devrait indiquer plus clairement les possibilités et les droits des personnes concernées. A long terme, le groupe de travail a exigé de l’UZH une révision complète du règlement de protection contre le harcèlement sexuel, qui date de 2007.» (Tages-Anzeiger)
Les reproches sont particulièrement dirigées vers la directrice du centre, professeure émérite de droit pénal travaillant bénévolement. Son approche serait «trop juridique», la communication «difficile», et son ton serait «insensible». Mardi, le Tages-Anzeiger a publié le témoignage d’une victime qui explique ne pas avoir été prise au sérieux après avoir été harcelée à l’université. «Adapter le centre d’accueil, c’est la tâche de l’université, pas la mienne», répond la directrice. L’Université, elle, considère les critiques à l’encontre de la responsable «infondées».
La VSUZH dénonce finalement un manque de moyens de l’université envers le centre (qui a traité 40 cas l’an dernier) , la directrice étant bénévole. Le 20 minutes compare cette situation à celle de l’UNIL, dont le dispositif Aide UNIL se compose d’une déléguée à plein temps, d’une adjointe à temps partiel, aidées par 2 auxiliaires. (20 minutes)
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 11 juin 2025
10Juin2025
Politique des hautes écoles
L’Université de Genève accusée d’avoir cédé face à des «agitateurs»
«La dénonciation par l’Université de Genève (UNIGE) de son partenariat stratégique avec l’Université hébraïque de Jérusalem est «fermement» condamnée par l’Association pour le soutien et la promotion des membres juifs des hautes écoles suisses.» (Tribune de Genève)
La déception des diplômés en sciences humaines et sociales
Selon une étude rendue publique en avril 2025 par l’Institut Montaigne sur les aspirations et les désillusions des 16-30 ans [en France], 24 % des diplômé·es en lettres et en sciences humaines se déclarent totalement insatisfaits de leur orientation. «Une déception liée en partie à la faible rémunération qu’ils perçoivent au terme de leurs études»
Les « humanisateurs » dissimulent désormais l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les textes
«L’intelligence artificielle bouleverse nos vies et pose de vraies questions notamment à l’école. Une nouvelle forme d’IA est maintenant indétectable dans les travaux des étudiants grâce aux « humanisateurs », un réel casse-tête pour les professeurs à l’heure des corrections.»
«Espace européen de l’éducation: le statu quo n’est plus de mise»
Le 3 juin, Josep M Garrell, président de l’Association des universités européennes (EUA), a représenté le secteur universitaire européen lors d’une discussion avec des représentant·es des États membres de l’UE et des acteur·trices clés de l’éducation européenne sur la mise en œuvre de l’Espace européen de l’éducation (EEA), organisé par la Commission européenne.
Il a appelé à une accélération des réformes dans l’EEA face aux défis mondiaux et à l’enjeu de compétitivité de l’UE, en soulignant que l’éducation doit devenir une priorité politique et budgétaire explicite en Europe. Il a ainsi appelé tous les acteur·trics de l’enseignement supérieur européen à contribuer à une meilleure communication sur l’importance de l’éducation pour l’avenir de l’Europe, en particulier en expliquant son impact sur l’employabilité et la compétitivité européenne.
Parmi les priorités identifiées pour renforcer la valeur ajoutée de l’EEA, il avance :
-
La mise en œuvre complète des outils du Processus de Bologne
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Le renforcement des alliances d’universités européennes
-
Une inscription de l’apprentissage tout au long de la vie au centre de l’Union des compétences (Union of Skills), notamment par l’utilisation d’outils tels des micro-crédits.
Séjours d’étudiant·es suisses aux Etats-Unis menacés par l’administration Trump
L’administration Trump a demandé aux ambassades et consulats de suspendre les procédures d’obtention des visas étudiants, quelle que soit leur origine, «jusqu’à ce que de nouvelles directives soient données». Ces dernières obligeront vraisemblablement les étudiant·es étranger·ères désireux·euses d’étudier aux Etats-Unis à subir une analyse de leurs réseaux sociaux. L’ambassade des Etats-Unis en Suisse et au Liechtenstein explique que la décision s’inscrit dans des standards de sécurité nationale et de sûreté publique.
Les établissements suisses contactés confirment qu’actuellement la majorité des demandes de visa étudiant pour le prochain semestre sont encore en attente. Il semblerait de plus que de nouveaux rendez-vous avec l’ambassade ne soient plus programmés. L’EPFL a reçu l’information, par ses établissements partenaires, de se «préparer à réserver une place pour les universitaires qui ne pourraient obtenir de visa ou ne l’obtiendraient suffisamment tôt pour se rendre dans leur université d’accueil pour la rentrée prochaine», rapporte Emmanuel Barraud, porte-parole de l’EPFL.
Chaque année, entre 1300 et 1400 étudiant·es suisses séjournent aux Etats-Unis. Pour l’année académique à venir, quelque 200 étudiant·es de l’EPFZ envisageaient de partir aux Etats-Unis, une vingtaine de l’EPFL, 11 de l’UNIGE, 6 de l’UNIFR, et 2 de l’UNIL. (Le Courrier)
Zofingue interdite des campus à Lausanne
Zofingue, la plus ancienne des sociétés d’étudiants, sera absente des campus Lausannois à la prochaine rentrée académique, car elle est entièrement masculine. «Réseauter qu’entre hommes, c’est contraire aux concepts de l’égalité des genres prôné à l’UNIL et à l’EPFL. En mai, le tribunal fédéral leur a donné raison : Zofingue n’a rien à faire là en tant qu’association.» (RTS)
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 10 juin 2025
«Le nouveau logo de l’UNIL suscite la polémique»
Alors qu’«une cinquantaine de députés de tous bords ont interpellé le Conseil d’État, dénonçant les coûts de la nouvelle identité visuelle» de l’UNIL, des professionnel·les de la communication, interrogé·es par le 24 heures, défendent les qualités du nouveau logo et la nécessité du changement.
D’autres articles sur le sujet sont disponibles sous l’entrée suivante: [30.05.2025 – Réflexions sur le nouvel logo de l’UNIL].
6Juin2025
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 6 juin 2025
5Juin2025
Politique des hautes écoles
«Liberté académique: la Suisse doit agir différemment de l’UE»
L’Union européenne a récemment débloqué un demi-milliard d’euros pour accueillir des scientifiques américain·s menacé·s dans leur liberté académique. Yves Flückiger, Président des Académies suisses des sciences, estime que ce n’est pas une solution durable, et que la Suisse, n’a pas pris une mesure similaire compte tenu de la situation financière difficile. «Plutôt que d’entrer dans une compétition financière, [la Suisse] peut investir dans la coopération bilatérale, en particulier sur des thématiques devenues sensibles ailleurs: climat, genre, justice sociale. Elle peut offrir un refuge non seulement aux chercheurs, mais aux idées elles-mêmes, en soutenant des plateformes de conservation de données menacées, en finançant des chaires sur des sujets censurés, ou en protégeant les publications fragilisées par des pressions politiques. Un tel positionnement, s’il est assumé avec clarté et volonté, renforcerait la crédibilité scientifique de la Suisse tout en réaffirmant son engagement envers les valeurs fondamentales de l’universalisme académique.»
Le Trinity College de Dublin coupe ses liens avec Israël
«Le Trinity College Dublin (TCD), prestigieuse université irlandaise, a annoncé hier qu’il allait couper tous ses liens avec Israël pour protester contre les «violations en cours du droit international et humanitaire» à Gaza. Le conseil d’administration du TCD a informé ses étudiants par e-mail de sa décision.»
«L’UNIGE accusée d’avoir «capitulé» face à des «agitateurs anti-israéliens»»
L’Université de Genève ayant mis un terme à son partenariat avec l’Université hébraïque de Jérusalem, l’Association pour le soutien et la promotion des membres juifs des hautes écoles suisses (JUMS) «condamne fermement» cette décision. Elle a émis mercredi un communiqué signé par ses coprésidents, le professeur Jacques Ehrenfreund de l’UNIL et le professeur Alfred Bodenheimer de l’Université de Bâle. Ils écrivent: «Contrairement aux affirmations de la rectrice Audrey Leuba, il s’agit là d’un acte purement politique, une capitulation face à une faction anti-israélienne intrusive au sein de l’Université […] Par cette décision, l’Université prend parti dans un conflit complexe.» (Tribune de Genève)
Le porte-parole de l’UNIGE, Marco Cattaneo, explique pourtant: «Il n’y a pas de volonté de prendre une position, mais la situation à Gaza vide ces accords de leur sens, car il est impossible de lancer des appels à projets et d’avoir une mobilité des étudiants ou des chercheurs.» (Tribune de Genève)
L’université précise également que «la dissolution des ces partenariats n’interdit pas des collaborations entre chercheurs». (Watson)
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- conflit israélo-palestinien
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 5 juin 2025
4Juin2025
Politique des hautes écoles
«Dans la plus grande gabegie, l’Université de Genève dénonce ses partenariats en Israël»
L’Université de Genève exprime «son indignation» face à la situation humanitaire à Gaza, dénonce un partenariat avec l’Université hébraïque de Jérusalem et renonce à un autre avec l’Université de Tel-Aviv.
Selon le journaliste du Temps, «Ce message fort a peiné à se faire entendre lors d’une conférence de presse annulée» en raison de la présence d’une quinzaine d’étudiant·es pro-palestinien·nes qui souhaitaient assister à l’évènement.
L’Unige explique dans un communiqué qu’elle ne procède pas à un boycott académique, comme c’est le cas avec la Russie depuis février 2022, que la «situation politique en Israël vide de facto les accords existants de leur substance». Selon sa prise de position sur le rôle de l’Université dans le débat public, l’Université de Genève définit les contours et les limites de la réserve institutionnelle qu’elle observe sur les sujets de politique cantonale, nationale et internationale. «Elle exprime son indignation face à la situation humanitaire à Gaza, appelant toutes les parties, et particulièrement le gouvernement israélien, au respect des droits humains et du droit international humanitaire, et rappelant le droit de la population à un accès à la nourriture et aux soins. L’UNIGE renonce à la notion de «partenariats stratégiques» qui ne reflètent pas, ni dans leur géographie, ni dans leur contenu, les priorités stratégiques de l’institution.» (UNIGE)
Un journaliste de la Tribune de Genève commente les décisions du rectorat genevois: «Sur le fond, le message est difficile à décrypter. Il ne faudrait pas voir dans la fin des partenariats un boycott, mais une réorientation stratégique.» De même, le rectorat a décidé de suivre la conclusion principale des expert-es concernant la réserve institutionnelle, dont il a toutefois modéré la portée. «Ce slalom intellectuel – ou pour le dire autrement ce boycott qui ne dit pas son nom – permettra-t-il à l’Université de retrouver une certaine sérénité? On peut en douter, car en cherchant à ménager la chèvre et le chou, on finit par fâcher tout le monde.»
Les manifestant·es pro-palestinien·ne ne s’estiment toutefois pas entendu·es par le rectorat et déclarent poursuivre leurs mobilisations. (RTS: 19h30)
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«Les étudiants étrangers devraient passer un contrôle d’espionnage»
Le Service de renseignement de la Confédération avertit que les universités représentent «une cible privilégiée pour l’espionnage». Afin de contrer la menace, le conseiller national du centre Reto Nause souhaite que les étudiant·es provenant de pays à risque soient contrôlé·es «de manière conséquente et généralisée» pour les filières d’études susceptibles d’avoir une utilité militaire. Pour l’heure, seule l’EPFZ le pratique déjà en Suisse.
Alors que d’autres pays ont déjà agi depuis longtemps (Australie, Etats-Unis, Grande-Bretagne), le Conseil fédéral recommande au parlement de rejeter l’initiative, préférant attendre les résultats des deux groupes de travail au niveau fédéral qui travaillent sur de nouvelles règles. «Lorsque leurs propositions seront sur la table – probablement au deuxième semestre 2025 – le Conseil fédéral décidera des adaptations légales.»
«Un budget supplémentaire pour Horizon»
Mardi, le Conseil des États a validé une enveloppe de 666 millions de francs afin de financer le retour de la Suisse aux programmes Horizon Europe, Euratom et Europe numérique.
L’Unil dans les médias
Revue de pressse UNIL 4 juin 2025
3Juin2025
Politique des hautes écoles
Deux tiers des universités suisses moins bien classées que l’année précédente
«Selon le dernier classement du Center for World University Rankings (CWUR) publié hier, près des deux tiers des universités suisses sont moins bien classées que l’année précédente.» La principale raison tient de «performances de recherches plus faibles».
Le président de la CWUR, Nadim Mahassen, commente: «Le recul des performances de la recherche et le soutien financier limité de l’Etat en Suisse sont alarmants». Ce qui signifie que «sans investissements plus importants et sans planification stratégique, [la Suisse] risque de prendre du retard au niveau mondial».
«13 hautes écoles suisses figurent parmi les 2000 meilleures universités du monde. Parmi elles, 4 ont progressé dans le classement, mais 8 ont perdu du terrain.» L’ETH Zurich, en tête de la liste nationale, se place au 32ème rang mondial. Elle enregistre toutefois un recul de la qualité de la formation et de la recherche. L’Université de Bâle gagne 24 places et se trouve désormais au 85ème rang. L’UNIL se trouve à la 197ème place, perdant 9 rangs.
Ce classement des universités se distingue par son approche basée sur des données et non sur des enquêtes. Les indicateurs de réussite comprennent notamment la production de la recherche, les distinctions académiques et la réussite professionnelle des diplômé·es. «Pour la première fois, la Chine a dépassé les États-Unis en tant que pays comptant le plus d’universités parmi les 2000 meilleures du classement CWUR.»
«Les étudiants étrangers sont-ils bénéfiques pour les universités américaines ?»
Durant l’année académique 2023-2024, 1,1 millions d’étudiant·es étrangers·ères se sont inscrits dans les universités américaines, plus de quatre fois qu’en 1979-80. (Le nombre d’étudiant·es globaux a augmenté de 50% pendant la même période.)
Selon David A. Bell, professeur d’histoire à l’Université de Princeton, les universités ont été contentes de les accueillir puisqu’ils et elles requièrent moins souvent l’assistance financière, venant de milieux très aisés et privilégiés. Ce clivage avec les étudiants locaux, voire avec des habitant·es des villes universitaires susciterait des tensions et des jalousies, d’autant plus que l’admission dans les universités de pointe devient de plus en plus compétitive.
L’auteur avance que si les universités sont comprises comme outils de soft power et de compréhension internationale, les bénéfices des échanges sont évidents. Mais d’un point de vue de la mobilité sociale, il devient de plus en plus difficile pour les étudiant·es américain·es d’être admis·es dans une université, d’autant plus s’ils et elles n’ont pas eu les moyens d’aller dans des écoles préparatoires. «Ainsi, ces étudiant·es font paraître les universités américaines encore plus élitistes et peut-être déconnectées, à un moment où le ressentiment populiste à l’égard de ces institutions a facilité l’assaut destructeur de l’administration Trump contre la recherche scientifique qu’elles mènent. En outre, si les étudiant·es étrangers·ères apportent une certaine diversité aux universités américaines, cette diversité n’est peut-être pas aussi importante que celle apportée par les Américains d’origines sociales différentes. Un diplômé d’une école privée d’élite en Grèce ou en Inde peut avoir plus en commun avec un diplômé d’Exeter ou de Horace Mann qu’avec un Américain de la classe ouvrière de l’Alabama rural. Devons-nous transformer les départements d’économie des universités en mini-Davos où les futurs fonctionnaires du Fonds monétaire international de différents pays renforcent les opinions des uns et des autres sur le commerce mondial ?»
«Si l’administration Trump maintient ses politiques actuelles en matière de frontières et de visas et poursuit ses tentatives de détention et d’expulsion des étudiant·es étrangers·ères qui expriment des opinions controversées, les inscriptions étrangères pourraient diminuer considérablement d’elles-mêmes. Mais dans la perspective de l’après-Trump, il sera important que les universités américaines reconnaissent les tensions et les compromis réels liés aux inscriptions internationales et qu’elles équilibrent leur augmentation par une plus grande ouverture à un plus grand éventail [«range»]» de candidatures nationales.
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«L’agenda qui avait fait scandale à Genève reçoit à nouveau 30 000 francs»
En septembre dernier, la CUAE, le syndicat étudiant de l’Université de Genève (Unige), était menacé de dissolution par le rectorat suite à deux passages de son agenda 2024-2025 liés au contexte de la guerre à Gaza, et contraires à la charte d’éthique et de déontologie de l’Unige selon la direction universitaire.
Le 24 mars 2025, la Commission de gestion des taxes fixes de l’Unige (CGTF) décide d’accorder 30’203 francs à la CUAE pour son agenda 2025-2026. La CGTF est un «organe qui décide de l’attribution des subventions aux associations étudiantes et qui ne dépend pas du rectorat mais de l’Assemblée de l’Université (AU), le «parlement» de l’Unige représentant les corps enseignant, estudiantin, administratif et technique. Cette année, à la suite d’élections, les 10 membres étudiants de l’AU sont issus, pour cinq d’entre eux, de la CPE, la Coordination étudiante pour la Palestine, et de la liste des associations pour les cinq autres.»
Concernant le nouvel agenda, «la CGTF écrit qu’il lui «semble pertinent de mettre en place deux pages dans l’agenda-guide pour contextualiser le flipbook et le choix des dates politiques» (un flipbook, folioscope en français, crée l’illusion du mouvement continu en affichant une série d’images discontinues et successives). La CGTF précise en outre: «En plus de cela, il sera inséré une déclaration qui exclut l’UNIGE de toute responsabilité vis-à-vis du contenu de l’agenda-guide, comme cela est d’ailleurs déjà le cas pour les dates académiques.»»
Finalement, le procès-verbal de la décision signale que «la CUAE s’engage à suivre la charte d’éthique et de déontologie de l’Unige».
Un chercheur fribourgeois condamné dans le cadre d’expérimentation animale
Un professeur de la Faculté des sciences et de médecine de l’Université de Fribourg a été condamné pour des mises à mort non conformes de souris de laboratoires, euthanasiées individuellement au moyen de dioxyde de carbone. Contrevenant à la loi fédérale sur la protection des animaux, il a écopé d’une amende de 1000 francs via une ordonnance pénale du Ministère public fribourgeois. Il n’a pas fait opposition. «Les investigations ont par ailleurs mis en évidence des manquements en matière de suivi de l’expérience. Les documents remplis par les chercheurs ne permettaient ainsi pas de retracer avec précision les manipulations effectuées sur les rongeurs. Cela contrevient également aux consignes de la loi sur la protection des animaux en matière d’expérimentation animale.»
«Un collectif étudiant de l’EPFL dénonce une «dérive autoritaire» de la direction»
A l’occasion de la fête estudiantine Vivapoly le jeudi 22 mai à l’EPFL, l’association des Amiexs de Bassenges a dénoncé la transformation des terres agricoles prévue par l’EPFL en 2026, mais également un climat de «censure» et de «dérive autoritaire» de l’EPFL. L’association liste quatre événements «annulés ou refusés pour cause de trop grande politisation». Récemment, un représentant de l’Assemblée d’Ecole, corps intermédiaire entre les associations et la direction, a démissionné invoquant des «blocages institutionnels» persistants et des «traitements différenciés». La porte-parole de l’EPFL Corinne Feuz précise que sur 650 événements organisés par des associations estudiantines sur une année, pour seuls une dizaine il a été demandé des précisions et/ou modifications. Elle défend également les circonstances précises de chacun des évènements annulés.
Alexia Giroud Nyer, coprésidente de l’Association générale des étudiants de l’EPFL (AGEPoly), regrette: «les événements à nature politique sont interdits, mais la définition de politique n’est pas claire, donnant lieu à des décisions arbitraires.
Dans l’éditorial, Marie Maurisse, plaide : «Laissons les étudiants se révolter […]. D’autant plus quand, au même moment, aux États-Unis, Donald Trump multiplie les décisions visant à réduire au silence les étudiants et les chercheurs»
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L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 3 juin 2025
2Juin2025
Politique des hautes écoles
«Les étudiants mobilisés pour Gaza nous tendent un miroir»
Gauthier Ambrus, chercheur en littérature, met en parallèle les mobilisations étudiantes pro-palestiniennes actuelles avec le rôle de la jeunesse éduquée mis en lumière par Walter Benjamin en 1915.
Il écrit: «Les étudiants sont la plupart du temps déchirés entre cette noble mission [de cultiver la science pour elle-même, sans considération d’utilité ou de rendement immédiat] et la professionnalisation du savoir, qui menace de dévoyer cet idéal. Conscients de le trahir, les étudiants tentent de combler le fossé entre les impératifs de la science et ceux de la société en compensant leur dévouement à l’étude par une action sociale qui ne fait qu’approfondir cette division qu’il leur faudrait au contraire recoudre.
Car les étudiants sont le trait d’union par excellence du savoir et de la vie, de l’université et de la société. Comme tels, ils sont aux avant-postes des mutations profondes dont ils perçoivent mieux que quiconque les signes annonciateurs et qu’ils ont pour tâche de traduire dans le langage de la science et de la rationalité, en préparant ainsi les réalités de demain.»
L’agitation estudiantine serait un symptôme d’une société en crise, qui ne sait plus comment penser elle-même. «Un défi au reste des citoyens, pour qu’ils ne laissent plus les étudians seuls devant un fardeau devenu trop lourd à porter pour leurs seules épaules.»
«Il faut que l’on dépasse l’université néolibérale»
A l’occasion de son dernier cours dispensé à l’Université de Neuchâtel, Ola Söderström, enseignant de géographie sociale et culturelle, exprime à ArcInfo son regard sur l’évolution actuelle des universités. Il y dénonce notamment le caractère néolibéral des universités, avec la pression de publier, et de mesurer la compétitivité des individus et des universités, au détriment du travail collaboratif. Dorénavant, il faudrait davantage valoriser les contributions à la société et l’ancrage local des universités.
Le professeur défend également l’utilité des sciences humaines et sociales, par l’employabilité des étudiant·es dans des domaines très divers et par l’importance de la mise en lumière de «mécanismes problématiques de pouvoir» qui «dérangent» mais aussi pour proposer des solutions aux problèmes de société en «fai[sant] le lien entre la dimension théorique et l’ancrage dans le territoire».
Le professeur exprime aussi ses préoccupations quant à l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) dans le monde universitaire: «[L’IA] pose un défi à l’enseignement: comment faire la balance avec des outils qui peuvent à la fois donner de la puissance et assujettir? L’assujettissement qui doit nous préoccuper dans l’enseignement est celui de la «décharge cognitive»: le fait de confier des tâches de raisonnement à l’IA et de voir nos capacités proprement humaines régresser. Nous devons maintenir nos aptitudes à être des citoyens responsables: comprendre, penser, argumenter, avoir un esprit critique… C’est un enjeu démocratique.»
- sciences humaines et sociales
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- collaboration hautes écoles – institutions de droit public
- intelligence artificielle
«Fronde contre Israël» à la HES-SO
«Dans une lettre ouverte rendue publique jeudi 22 mai, 77 collaborateurs de trois écoles de la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) [Haute Ecole de santé – Vaud et Haute Ecole de travail social et de la santé à Lausanne, Haute Ecole de travail social à Fribourg] demandent au rectorat de dénoncer immédiatement les partenariats avec des universités israéliennes.»
La lettre dénonce: alors qu’à «la suite du mouvement d’occupation estudiantin de mai 2024, la HES-SO s’était publiquement engagée à examiner ses collaborations institutionnelles sous l’angle du respect des droits humains par les institutions partenaires», elle n’a publié jusqu’ici «aucune évaluation et a maintenu ses accords», notamment «avec trois universités qui ne sont ni autonomes ni critiques face à la politique du gouvernement israélien».
Dans une prise de position qui a été transmise à ArcInfo, la communication de l’institution explique que: «les partenariats mentionnés dans la lettre ouverte portent uniquement sur des accords de mobilité et n’ont concerné qu’un très faible nombre de personnes durant ces cinq dernières années […] un travail visant à établir des critères et des processus d’analyse pour l’ensemble des collaborations internationales est en cours au sein de la HES-SO» et sera communiqué dès son achèvement.
Début d’une fuite de cerveaux depuis les Etats-Unis
Berlin Partner, un groupe d’intérêt qui promeut la croissance économique, l’économie, la technologie et l’innovation à Berlin ainsi que les institutions scientifiques, a publié une annonce au New-York Times pour tenter d’attirer des scientifiques américains. (B.Z.)
Selon Ernst Fehr, professeur à la faculté d’économie à l’Université de Zurich, les programmes doctoraux de son universités sont devenus plus populaires par rapport à la concurrence à Stanford et Harvard. Les scientifiques établis aux États-Unis auraient également demandé s’ils pouvaient poursuivre leur carrière à Zurich: «Ils préfèrent venir chez nous plus tôt que plus tard», ce qu’il considère comme une chance que le site universitaire de Zurich devrait saisir. (NZZ)
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 2 juin 2025
30Mai2025
Politique des hautes écoles
«Horizon Europe et Erasmus+, les deux piliers du succès»
Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, craint que dans le contexte actuel de restrictions financières, les parlementaires fédéraux s’opposent à Horizon Europe à Erasmus+ en dépriorisant ce dernier et refusant de débloquer les fonds nécessaires pour participer pleinement à ce programme. «Erasmus+ est un fantastique programme de développement éducatif,
professionnel et personnel. […] Se contenter du strapontin suisse [le Swiss-European Mobility Programme] est insuffisant.» Elle nomme ensuite les effets bénéfiques des programmes, notamment pour l’employabilité des diplômé·es.
L’expulsion d’Horizon Europe est «presque une condamnation à mort pour la science israélienne»
Le blocus israélien de Gaza, qui prive la population civile de nourriture, a suscité des critiques sans précédent en Europe. La semaine dernière, l’UE a annoncé qu’elle réexaminerait l’accord d’association qui sous-tend la participation d’Israël au programme Horizon Europe, d’une valeur de 93 milliards d’euros.
L’Académie israélienne des sciences et des lettres a publié le 24 mai une déclaration demandant à l’Europe de ne pas rompre ses liens avec Horizon Europe. David Harel, président de l’académie, avance qu’une exclusion serait «presque une condamnation à mort pour la science israélienne».
Mais les députés européens et les militants qui demandent la fin de l’association estiment que l’UE devrait utiliser tous les leviers diplomatiques pour faire pression sur Israël afin qu’il mette fin à ses attaques.
Il n’y a plus de visas étudiants américains pour le moment
Le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio a ordonné aux ambassades et consulats américains de suspendre jusqu’à nouvel ordre les rendez-vous pour les demandes de visa d’étudiant et d’échange. Il prévoit une examination des activités des candidats sur les médias sociaux, comme l’a rapporté en premier lieu le magazine en ligne «Politico», les méthodes et critère restant inconnues. Les visas concernés sont les visas de catégorie F, M et J – ceux-ci s’appliquent aux étudiant·es, aux étudiant·es d’échange au niveau scolaires et aux jeunes au pair, mais aussi aux professeur·es invité·es de l’étranger. Les rendez-vous déjà pris devraient être maintenus.
Le gouvernement américain va «révoquer activement les visas pour les étudiants chinois»
«Les étudiants ayant des liens avec le Parti communiste chinois ou inscrits dans des filières sensibles sont dans le viseur de Washington.»
L’Unil dans les médias
Réflexions sur le nouvel logo de l’UNIL
Dans l’émission Foutu pour Foutu, Benjamin Decosterd se moque de la vague de critique autour du nouveau logo de l’UNIL, relativisant son importance et aussi les coûts du changement par rapport au budget global de l’institution. Il s’interroge aussi sur l’interpellation de David Vogel sur ce sujet, indiquant que le dernier n’est pas graphiste.
Revue de presse UNIL 30 mai 2025
Mobilisation contre l’austérité dans la formation
«Etudiant·es, chercheur·euses et salarié·es de l’Unil dénoncent les coupes prévues dans la formation par le Conseil fédéral.» Mercredi 28.05.2025, un cortège d’une cinquantaine de personnes a traversé le campus (Le Courrier). Le syndicat SSP estime qu’ils étaient plus de 200 personnes.
28Mai2025
Politique des hautes écoles
Coupes budgétaires à l’UNIGE: le personnel scientifique et administratif en colère
Suite à un récent courriel envoyé par la directrice des finances de l’Université de Genève (Unige) annonçant une première série de mesures d’économies en 2025 afin de «stabiliser la situation financière de l’université», deux lettres de retour ont été envoyées par le personnel scientifique et administratif au rectorat de l’Unige en guise de protestation.
La première lettre est signée par les huit président·es de section de la faculté […] et «demande à la rectrice Audrey Leuba de revenir sur ces décisions». Elle dénonce des mesures qui impacteront «les deux missions primaires de l’université, l’enseignement et la recherche». Les auteur·ices se plaignent «du manque de concertation et de communication de la part du rectorat», accusé «d’opacité». «Dans leur lettre, les présidents de section reprochent au rectorat de vouloir transférer des ressources attribuées à l’enseignement et à la recherche pour financer l’administration centrale.»
La seconde vient de la part des administrateur·ices de toutes les facultés, «qui font part de leur désarroi face au rabotage budgétaire». Ils et elles dénoncent un «manque de transparence» de la part du rectorat et conteste sa méthodologie. «Les signataires écrivent que «les fondements» de la démarche n’ont jamais été clarifiés. Les décisions prises auront inévitablement pour conséquence des licenciements et l’impossibilité de remplacer des personnes absentes.»
Les mesures demandent à tous les services de «ne pas dépenser plus en 2025 que ce qu’ils ont déboursé en 2024» et modifient les fonds dits «overheads» («coûts indirects» en français). «Jusqu’à présent, le rectorat prélevait un forfait de 4,1 millions de francs sur le total des «overheads» alloués par le FNS, soit 40% de cette enveloppe en 2025. Or, le rectorat entend ponctionner non pas 40% mais 60% de ces fonds et les allouer à l’administration centrale. Ce qui pourrait représenter environ 1,7 million de francs de moins pour la recherche et l’enseignement. A cette nouvelle répartition s’ajoute une ponction de 10% dans les réserves rassemblées par les facultés sur lesdits fonds «overheads».» Alors qu’Audrey Leuba affirme que «certaines facultés détiennent des réserves considérables qui ne sont pas utilisées», les scientifiques parlent d’«une erreur stratégique grave», en expliquant que ces fonds servent à remplacer par exemple une machine si elle venant au bout de son cycle.
Ces nouvelles mesures de coupes budgétaires ont particulièrement surpris car un plan d’économies avait déjà été déployé, exigeant de l’institution d’économiser 4% de son budget durant la période de 2024 à 2027. L’objectif des nouvelles coupes est d’éviter le creusement du déficit net d’exploitation, évalué pour 2024 à 22 millions de francs. «Les projections ont montré que le plan d’économies 2024-2027 ne suffisait pas. Il a fallu réagir rapidement, avec une implémentation de mesures immédiates pour 2025 afin d’éviter de creuser le déficit», explique Audrey Leuba. «Si nous devons nous redimensionner, nous devons réfléchir à ce qui compose nos fondamentaux»
UNIGE: «Etudiant·es pro-Palestine soutenu·es à l’interne»
«Plus de 300 membres de la communauté universitaire, enseignant·es, chercheur·euses, collaborateur·rices, personnel administratif et technique ou encore alumni ont signé un «Appel à la responsabilité éthique de l’université de Genève dans ses partenariats académiques».» (Le Courrier) Cette lettre de soutien aux revendications étudiantes demande de mettre un terme aux collaborations académiques de l’Université de Genève avec des partenaires israéliens, et dénonce le fait que l’université «restreint et réprime activement les actions de protestation de la CEP en refusant le dialogue et en ayant recours à la répression policière et à la judiciarisation».
Ainsi, quatre demandes sont inscrites: «suspendre les liens académiques avec Israël, suspension des relations entre Swissuniversities et les institutions israéliennes, le retrait des plaintes pénales déposées contre des étudiants pour leur action et renouer le dialogue avec l’ensemble de la communauté universitaire.» (Le Temps)
«L’administration Trump suspend l’examen des visas étudiants»
Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a ordonné mardi 27.05 la suspension du traitement des visas pour étudiant·es étrangers·ères. L’administration Trump prévoirait en outre de passer au crible les réseaux sociaux des candidat·es.
«Les Etats-Unis sont-ils encore une démocratie?»
Steven Levitsky, professeur de gouvernement à Harvard et auteur du best-seller How Democracies Die, «était l’un des initiateurs d’une lettre, en mars dernier, signée par 800 de ses collègues et appelant [Harvard] à faire front face aux «attaques contre les universités américaines, l’un des piliers de la démocratie américaine»».
«Dans une démocratie, il ne coûte rien à personne de critiquer le gouvernement. Aujourd’hui, quand des centaines voire des milliers de politiciens des deux bords, d’universitaires, de patrons d’entreprise, d’éditeurs ou de journalistes réfléchissent à deux fois avant de prendre la parole, nous ne sommes plus dans un environnement entièrement démocratique», avertissait-il mardi sur la chaîne CNN.
«Il estime que les autocrates s’en prennent systématiquement aux universités, sous «différents prétextes» mais fondamentalement parce qu’elles sont des «foyers de dissidence». «Les Etats-Unis glissent vers l’autoritarisme. C’est tragique. Mais le déclin n’est pas irréversible, positive-t-il. Ce pays a assez de muscles financiers et organisationnels ainsi que de talents pour se défendre et restaurer la démocratie.»»
Trump veut mettre fin à tous les contrats fédéraux avec l’Université d’Harvard
Selon le New York Times, Selon l’administration Trump a envoyé une lettre aux agences fédérales demandant que tous les contrats gouvernementaux restants avec Harvard soient résilié jusqu’au 6 juin. La valeur estimée de ces contrats est d’environ 100 millions de dollars.
Le document demande également aux autorités de rechercher des «fournisseurs alternatifs» pour les services futurs. «Cette mesure marque la fin de la relation commerciale de longue date entre le gouvernement américain et la célèbre université.»
«Les étudiants se trompent toujours»
«Les violentes protestations pro-palestiniennes ne sont que l’exemple le plus récent : depuis longtemps, des manifestations ont lieu dans les universités – de manière fiable pour ce qui n’est pas correct.» L’ancien professeur d’histoire de médecine Christoph Mörgeli dresse l’historique des contestations étudiantines depuis 1924 et vient à la conclusion: «On ne peut et ne doit jamais écouter les étudiants. Car ils se trompent de manière fiable en raison de leur manque d’expérience de la vie et de leur déficit de rapport à la réalité.»
«Collaboration renforcée entre le Jura et l’EPFL»
Le Gouvernement du canton du Jura a validé mardi une collaboration avec l’EPFL: elle aura un représentant permanent dans le Jura dès cet été. Il sera basé au Parc suisse de l’innovation à Courroux. Ses missions seront «de faire connaître aux entreprises jurassiennes les compétences de recherche des institutions du Domaine des EPF, puis de leur mettre ces compétences à disposition tout en contribuant ainsi à attirer et maintenir des jeunes talents dans le Canton du Jura. Le tout dans le but de favoriser l’innovation et tendre vers la diversification du tissu économique régional».
«L’Agence spatiale européenne ouvre une antenne en Suisse»
L’Agence spatiale européenne (ESA) a inauguré hier en Argovie l’European Space Deep-Tech Innovation Centre (ESDI). «Financée par le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (3 millions de francs entre 2023 et 2025), l’ESA (6,4 millions de francs d’apport de départ) et les EPF suisses (7 millions sur quatre ans), la structure souhaite «accélérer l’adoption commerciale et la disponibilité des technologies de pointe (deep-tech) au profit de l’ESA, de ses Etats membres et du secteur spatial européen». Membre fondatrice, la Suisse verse chaque année 190 millions de francs à l’agence.» (Le Temps)
«La deep-tech est complexe, risquée et chère. Mais elle est nécessaire. Dans le domaine spatial, mais aussi pour renforcer les capacités industrielles et l’indépendance technologique du continent», explique Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA (Le Temps) Johann Richard, directeur de l’ESDI, explique que le centre dédié aux technologies de pointe aura une double utilité, faisant le lien entre science pure et applications concrètes, et bénéficiant aussi bien aux astronautes qu’«à monsieur et madame Tout-le-Monde sur Terre». «Cette double utilité rend une technologie particulièrement pertinente sur le plan économique», explique-t-il.(La Liberté)
«La situation américaine est un appel à l’action sur le continent, affirme Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA. Les coupes annoncées auront un impact partout. Également au Japon, au Canada. C’est le moment pour notre continent de se positionner. Nous avons aussi l’excellence académique, mais nous manquons de volonté de diriger. Pourtant, l’Europe est capable de grandes choses. Nous devons avoir le courage et l’ambition de voir grand.» (Le Temps)
Arrivé d’un géant de l’industrie pharmaceutique à Bâle
BeOne Medicines, avec un chiffre d’affaires Chiffre d’affaires de 3,8 milliards de dollars en 2024, transfère son siège à Bâle.
«Bâle est très attractive pour une entreprise de recherche», explique Reto Kessler, Country Manager de BeOne Medicines en Suisse : «Nous avons ici accès à 400 entreprises de biotechnologie différentes et à plus de 30’000 talents dans le secteur des sciences de la vie.»
Le conseiller d’Etat Kaspar Sutter ajoute : « En particulier dans la période actuelle, avec ces tensions mondiales, cette décision montre que nous offrons une sécurité de la recherche et une sécurité juridique ».
«Un futur collisionneur circulaire déjà obsolète»
Un chercheur associé au Laboratoire de sociologie urbaine de l’EPF dénonce l’incompatibilité écologique du projet du nouveau collisionneur du CERN dans les colonnes du Courrier. Il écrit:
«Ni l’invocation du progrès scientifique ni la plus-value de compétitivité pour la région genevoise ne sauraient justifier un projet incompatible avec la transition écologique. Si on ne doute pas des bienfaits pour les avancées de la physique, il est ironique de vouloir percer à jour les débuts de l’univers avec des moyens qui en compromettent l’avenir. Le projet du CERN rappelle la nécessité de comprendre la portée et la responsabilité de nos infrastructures techniques et des économies qui les soutiennent.»
- financement public
- politique – Suisse
- durabilité des universités
- recherche – impact
- durabilité et climat
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 28 mai 2025
27Mai2025
Politique des hautes écoles
La politique d’une «méga-fusion» au sein des EPF
Suite à la réception d’une lettre du ministre de l’économie Guy Parmelin lui demandant de faire un «état des lieux» de sa structure, le Conseil des EPF a lancé le projet Fit for the future, par lequel il souhaite notamment regrouper ses quatre plus petits instituts de recherche en une entité, le «Swiss National Lab».
Les opposant·es des quatre instituts de recherche dénoncent une «méga-fusion», qui comprendrait plus de 4500 collaborateurs sur 12 sites différents dans 9 cantons, avec des thématiques de recherche très diversifiées, allant «de la recherche sur la surface des matériaux aux mesures des inondations, de la protonthérapie pour les malades du cancer au contrôle des eaux usées». Ils et elles craignent également pour leur autodétermination, en plus d’un surplus de bureaucratie et de coûts élevés de fusion.
Le Parlement est également sceptique envers le projet. «En octobre 2023 déjà, la commission de l’éducation du Conseil national a rejeté par 23 voix contre 1 les efforts de fusion du président de l’EPF Hengartner et a exigé que le Conseil des EPF procède à son évaluation structurelle «sans préjuger des résultats»».
Actuellement, les deux EPF ainsi que deux des quatre instituts (le PSI et le WSL) sont «positifs ou plutôt positifs» vis-à-vis du Swiss National Lab. Les deux autres instituts attendent des informations complémentaires concernant la fusion, qui seront disponibles à l’automne 2025. «Malgré l’absence de données de base, le Conseil des EPF a déjà pris une «décision d’orientation» en faveur d’une fusion lors de sa séance des 4 et 5 décembre 2024.» Il «attend de cette fusion des gains d’efficacité en matière de gestion du personnel, d’informatique ou de coordination, ainsi qu’une réduction des doublons dans les thèmes de recherche». Si le projet est mis en œuvre, les quatre directeurs des quatre instituts de recherche devraient siéger à la direction du Swiss National Lab – et seraient ainsi rétrogradés.
«Le Conseil des EPF prendra une décision «probablement en 2026». Les observateurs ne doutent pas que le regroupement sera forcé.» «Le lobbying de l’EPF dans ce cas a été très fort et le processus a certainement été orienté dans une direction dès le début», déclare le conseiller national PLR Christian Wasserfallen
The Economist regrette l’impact de l’assaut sur les sciences aux Etats-Unis
The Economist (accès via la BCU) a publié toute une série d’articles sur les effets de la politique de l’administrative Trump sur les sciences, aux Etats-Unis et ailleurs.
p. 10 «America’s assault on science»
Pendant que le gouvernement Trump s’en prend aux universités d’élite et à la recherche, «des véritables problèmes de fonctionnement de la science en Amérique sont négligés», notamment la bureaucratie: «Les meilleurs chercheurs américains déclarent passer deux jours sur cinq à remplir des formulaires et à effectuer d’autres tâches administratives, plutôt qu’à travailler en laboratoire. La recherche devient de plus en plus incrémentale («incremental»). De nouveaux modes de financement, tels que les loteries, méritent d’être expérimentés. Jusqu’à présent, cependant, la Maison Blanche n’a pas présenté de plans visant à améliorer le fonctionnement de la science. En effet, lorsque les scientifiques ne savent pas si leurs travaux seront encore financés ou s’ils saisissent les tribunaux pour contester la suppression arbitraire de subventions, la science américaine perd de son efficacité, au lieu d’en gagner.» Par ailleurs, les triomphes économiques américains et sa force militaire sont étroitement liés aux succès scientifiques. «En se retirant, l’Amérique cédera du terrain à la Chine autoritaire en tant que superpuissance scientifique, avec tous les avantages que cela comporte.»
p. 37 – «The revolution comes for Boston»
Les politiques du président Donald Trump sur les universités et les réductions proposées par son administration pour le financement de la science menacent non seulement l’écosystème tentaculaire de recherche et de biotechnologie du Massachusetts, mais aussi l’avantage concurrentiel du pays en matière d’innovation, en biotechnologie en particulier.
p. 68 – «The science subsidy»
Par rapport aux retombées internationales, «c’est presque certain que l’Amérique enregistre un excédent scientifique avec le reste du monde, en fournissant beaucoup plus aux étrangers qu’elle ne reçoit en retour», que cela soit par la formation des étudiant·es étrangers·ères, la publication scientifique, la recherche et le développement, la technologie, et le savoir-faire et l’investissement.
«La Chine, qui dépasse déjà l’Amérique dans certains domaines scientifiques, peut espérer tirer parti de cette situation. Pourtant, peu d’étrangers souhaitent faire leur doctorat en Chine. Un système politique fermé ralentit la diffusion des innovations au-delà des frontières internationales. Il en va de même pour la barrière de la langue.» D’ailleurs, «des décennies de recherche sur les clusters économiques montrent qu’elles sont rarement répliquées» ailleurs: «If America’s scientific system sneezes, the rest of the world will catch a cold.»
69 – 71 «Looming disaster»
Le président américain espère réduire le budget des NIH (National institutes of health) de 38 %, soit près de 18 milliards de dollars, celui de la NSF (National Science Foundation) de 4,7 milliards de dollars, soit plus de 50 %, et supprimer près de la moitié de la direction de la mission scientifique de la NASA. «Au total, les réductions proposées pour les agences fédérales de recherche s’élèvent à près de 40 milliards de dollars. Nombre d’entre elles sont déjà passées sous le bistouri», et les coupes «sont plus larges et plus profondes qu’il n’y paraît» à première vue, et de manière plus chaotique et des fournitures de laboratoire sont devenues plus difficiles à obtenir. Selon des documents fuités, la branche recherche de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) cesserait très probablement d’exister et les satellites d’observation de la Terre de la NASA seraient également mis à mal, par exemple.
71 – «Chilling effects»
Des citoyens ordinaires vont être affectés par ces coupes, comme par exemple les fermiers dépendent de prévisions météorologiques fiables, les malades ont besoin de données du CDC sur la distribution et le traitement des maladies, et l’EPA (Environmental Protection Agency) met en place des régulations qui protègent le public de contaminants, et plusieurs agences alertent le public dans le cas des différentes catastrophes naturelles.
«Le gouvernement finira peut-être par comprendre que le fait d’avertir les gens des tempêtes mortelles et de faciliter l’accès aux soins médicaux permet d’aider bien d’autres personnes que les élites. Mais pour l’instant, du moins, il y a peu de signes d’un tel revirement de politique.»
72 «Your loss is our loss»
«An exodus from the world’s scientific superpower beckons.» Le nombre de postulations pour des postes académiques hors des Etats-Unis ont augmenté de manière significative, de 32% sur le site de Nature, et selon un sondage de ce même journal, 75% des scientifiques dans les Etats-Unis envisagent de partir. Par ailleurs, des candidatures de l’étranger ont baissés de 25%, selon les données da Nature, et cette tendance est plus accentuée encore pour les candidatures au doctorat: Sur le site FindAPhD il y a eu 50% de candidatures en mois venant de l’Europe.
Les données du site web Studyportals montrent un intérêt moindre des Américains pour les doctorats nationaux et une augmentation de l’intérêt pour les bourses d’études internationales par rapport à 2024, près de 50% plus de renseignements sur les programmes en Suisse par rapport à l’année passée. Et aussi les personnes des pays non-américains s’intéressent particulièrement aux programmes PhD en Suisse, avec une augmentation de plus de 40% par rapport à l’année passée, ce qui range le pays en deuxième place après l’Australie.
«Et ce n’est pas fini.» La National Science Foundation (NSF), autre grand bailleur de fonds fédéral, pourrait perdre 52 % de son financement. Si le budget est adopté par le Congrès, The Economist estime que plus de 80 000 chercheurs pourraient perdre leurs emplois. «Le financement américain de la science universitaire serait nettement inférieur à celui de la Chine ou de l’Union européenne, après ajustement des coûts.» Et le financement n’est pas le seul problème, mais également l’insécurité actuelle concernant les visas. D’autres encore craignent que le gouvernement s’immisce dans leurs recherches. Kevin Hall, chercheur au NIH, a démissionné en avril après deux incidents : une fois, des membres du gouvernement l’auraient demandé de ne pas utiliser un mot impopulaire auprès des partisans de Trump et une fois il a été empêché de présenter une étude des collaborateurs de Robert F. Kennedy qui auraient édité les réponses aux interviews sans son consentement.
D’autres pays pourraient attirer ces chercheurs américains cherchant à s’exiler, mais «la perturbation nuirait à la science dans son ensemble».
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Les conséquences des coupes budgétaires américaines envers le NIH
Les conséquences des coupes budgétaires de Donald Trump envers les National Institutes of Health (NIH) ont des répercussions dans le monde entier, y compris en Europe. C’est en effet eux qui investissent de loin le plus d’argent dans la recherche médicale au monde. Ces conséquences pourraient même avoir des impacts sur le long terme.
Alors que «dès son premier jour au pouvoir, [Donald Trump] a imposé une interdiction de communication à tous les collaborateurs des NIH», et qu’«il a ordonné à l’agence de vérifier si tous les projets qu’elle soutient correspondent aux priorités du nouveau gouvernement», actuellement «bien que des millions aient déjà été investis dans leurs études, de nombreux chercheurs doivent maintenant les abandonner ou faire une pause forcée. Selon les données de la plateforme Internet «Grant Watch», plus de 800 projets de recherche sont désormais concernés.»
«Les projets directement stoppés ne sont toutefois que la pointe de l’iceberg – ils concernent environ 1 pour cent de tous les projets de recherche actuellement financés par les NIH. L’ancien directeur de l’Institut de médecine générale des NIH, Jeremy Berg, met en évidence un autre problème, encore plus important: Les NIH accordent actuellement nettement moins de promesses de financement que d’habitude. Alors que l’année dernière, entre janvier et mi-mai, environ 10 milliards de dollars de fonds ont été distribués, cette année, sur la même période, ils ne sont que 7 milliards environ.»
«Si les National Institutes of Health n’ont effectivement pas dépensé une grande partie de leur budget à la fin de l’année, le gouvernement pourrait s’en servir comme argument pour procéder à de véritables coupes budgétaires. C’est en tout cas ce que craignent des observateurs comme Jeremy Berg. Dans une proposition récemment publiée pour le budget de l’année prochaine, le gouvernement a proposé une réduction de 40% du budget des NIH. En outre, il ne devrait plus rester que cinq des 27 instituts des NIH. Les experts s’attendent toutefois à ce que le Congrès rejette la proposition du gouvernement et ne réduise pas ou peu le budget de l’agence de recherche.»
Le chercheur Mathias Jucker parle de «mettre certains projets dans une sorte de mode d’économie d’énergie. On pourra probablement continuer à suivre les patients, mais les essais thérapeutiques tant attendus ne pourront pas commencer pour l’instant. […] Cela a des conséquences pour tous les patients atteints […] Le sable dans les rouages scientifiques retarde le processus de découverte et donc le développement de nouveaux médicaments.»
L’approche du FNS concernant les collaborations américaines et les objectifs de la nouvelle co-direction
«Katrin Milzow et Thomas Werder Schläpfer ont pris les rênes du FNS le 1er avril. Tous deux sont convaincu·es que le FNS est bien armé pour relever les défis à venir grâce à l’engagement de ses collaborateurs·trices.» Leur vision du FNS? «Une organisation d’expert·es, qui continue d’être agile, innovante et efficace, travaillant en partenariat avec le Conseil de la recherche.»
Katrin Milzow explique que l’adaptation historique du FNS est notamment possible «grâce au système de milice». «Nos principes de soutien éprouvés, tels que la compétitivité, la qualité et l’indépendance, restent inchangés. Nous encourageons ainsi la créativité et la flexibilité des chercheuses et des chercheurs. […] Notre objectif est de mettre en place des mécanismes de financement simples, qui s’inspirent de notre conception élargie de l’excellence et favorisent une culture de recherche performante. Cela renforce en effet la résilience de la recherche et, partant, la capacité de notre société à assurer son avenir. L’échange avec des partenaires tels que les hautes écoles, les académies, Innosuisse et le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) joue ici un rôle central. Notre Assemblée des délégué·es constitue également une base solide à cet égard», déclare Katrin Milzow.
Thomas Werder Schläpfer dénonce de son côté le risque actuel de dépendance de l’étranger de notre pays face aux coupes budgétaires proposées par le Conseil fédéral.
Finalement, la nouvelle co-direction souligne que «dans la situation géopolitique actuelle, il est en outre particulièrement important d’anticiper et d’intensifier de manière ciblée la coopération internationale». (snf.ch)
Alors que la base de données du Fonds national suisse (FNS) indique près de 900 projets de recherche liés aux États-Unis, Torsten Schwede, président du Conseil de la recherche du FNS, affirme que tous «se poursuivront sans restriction» du côté suisse. Cela est possible car «l’argent est séparé, même pour les projets communs. Aucun franc suisse de recherche ne traverse l’Atlantique». Si de l’argent venait à manquer du côté américain, le FNS s’assurerait ainsi que la partie suisse d’un projet soit garantie, car sinon les investissements du FNS seraient perdus. Des plans précis de refinancements ne sont toutefois pas encore précisés. «Pour l’instant, il s’agit plutôt de limiter les dégâts que d’avoir vraiment le sentiment que nous pourrions influencer massivement les choses», explique Torsten Schwede. «Attendre de voir ce qui se passe, et réagir si quelque chose se passe.» (SRF)
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L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 27 mai 2025
«Logo Unil : pourquoi une nouvelle identité visuelle est toujours une question sensible?»
La journaliste du site Cominmag.ch écrit par rapport au nouveau logo de l’Unil que «tout changement visuel est à haut risque émotionnel» et modifier les logos, «voire les abandonner, peut être perçu comme un reniement ou une perte d’héritage.» Par ailleurs, «Quand la refonte n’est pas suffisamment expliquée ou accompagnée, elle donne l’impression d’un caprice de direction ou d’un simple relooking.»
Pourtant, «Une nouvelle identité visuelle permet d’exprimer un repositionnement, une montée en gamme, un engagement sociétal ou une transformation digitale», «aidant la marque à émerger, à affirmer sa personnalité et à occuper un territoire visuel propre», tout en prenant en compte les contraintes de la communication digitale.
26Mai2025
Politique des hautes écoles
«La guerre entre Harvard et Donald Trump»
Jeudi 22.05.2025, l’administration Trump a annoncé qu’elle retirait le droit d’accueillir des étudiant·es étranger·ères à la prestigieuse université privée Harvard, l’accusant d’antisémitisme et d’une prétendue collusion avec le PC chinois.
La ministre Kristi Noem a assorti sa décision choc d’un ultimatum: si Harvard veut retrouver ce «privilège», elle doit fournir dans les 72 heures toute une série d’informations dont elle disposerait sur d’hypothétiques activités «illégales» de ses étudiants étrangers dans les cinq dernières années.
Une juge a provisoirement mis un terme à l’interdiction des étudiants étrangers à Harvard, mais la situation reste précaire.
Près de 1300 étudiants chinois sont actuellement inscrits à Harvard selon les chiffres officiels et près de 300’000 étudient dans d’autres universités aux États-Unis. (20 minutes)
«L’université de science et technologie de Hong Kong (HKUST) a déjà invité vendredi les étudiants internationaux inscrits à Harvard à poursuivre leurs études à HKUST, promettant des «procédures d’admission simplifiées et un soutien académique pour faciliter une transition sans accroc pour les étudiants intéressés»». (Blick)
Mathias Risse, professeur de droits humains et affaire contemporaines à Harvard, avance: «Personne ne nie qu’il y a eu des incidents antisémites à Harvard. […] Mais premièrement, l’université a commencé à les traiter systématiquement bien avant l’arrivée de Trump au pouvoir. Deuxièmement, des études ont montré que l’épicentre de l’antisémitisme aux Etats-Unis se situe clairement dans les milieux d’extrême droite et non dans les universités.» Il accuse l’administration Trump de ne pas se préoccuper de l’hostilité envers les juifs mais de s’en servir comme prétexte ». (Tages-Anzeiger)
Le 24 heures livre un «retour en cinq actes sur cette guerre entre Donald Trump et la plus ancienne et puissante université américaine, depuis le 10 mars. (24 heures)
Pour le semestre d’automne, 12 personnes de l’Université de Saint-Gall se sont inscrits pour un programme d’échange. Et actuellement, 32 étudiant·es de Suisse sont inscrits à Harvard, dont 22 de l’EPFZ, la seule université suisse à avoir un accord de partenariat avec Harvard. Celle-ci suit les derniers développements aux Etats-Unis « avec une inquiétude croissante». Si les échanges internationaux venaient à manquer, la haute école estime que la force d’innovation de la science ainsi que la compétitivité de la Suisse seraient également menacées. (SonntagsBlick)
Dans un commentaire publié dans le Tages-Anzeiger, le journaliste Peter Burghardt estime que les universités de Harvard et de Columbia méritent notre solidarité parce qu’ils s’engagent pour la liberté académique et une société ouverte. (Tages-Anzeiger)
Steven Pinker, professeur en psychologie à Harvard, estime que les universités américaines doivent «se redresser et regagner la confiance du public. Cela semble banal, mais trop souvent les universités ont été guidées par le désir d’apaiser leurs étudiants, d’éviter de se faire des ennemis et de ne pas faire la une des journaux. Nous avons vu comment cela a fonctionné.» Au lieu de cela, les dirigeants des universités devraient être prêts à affirmer l’objectif primordial d’une université – la découverte et la transmission du savoir – et les principes nécessaires à sa poursuite. Les universités ont le mandat et l’expertise nécessaires pour poursuivre la connaissance, et non la justice sociale. La liberté intellectuelle n’est pas un privilège des professeurs, mais le seul moyen pour des êtres humains faillibles d’acquérir des connaissances. Les désaccords doivent être négociés par l’analyse et l’argumentation, et non par les récriminations du sectarisme et de la victimisation.» Il regrette que les opinions conservatrices soient largement surreprésentées à Harvard, mais relativise: «la politique des étudiant·es n’est pas plus imputable à l’endoctrinement des professeurs que leurs cheveux verts et leurs cloisons nasales percées.» (New York Times)
«Recours et soutien pour la ferme de Bassenges»
«Jeudi soir, le collectif des Amiexs de Bassenges a profité de l’événement Vivapoly, organisé par l’EPFL et qui met en lumière les diverses associations du campus, pour dérouler une banderole sur laquelle figurait «L’EPFL s’accapare les terres, Bassenges résiste». A cette occasion, les étudiant·es ont relevé le manque de transparence dont l’université ferait preuve. Leurs critiques portent également sur la politique de l’EPFL vis-à-vis de ses associations estudiantines.»
«Pourquoi les étudiants vaudois et genevois rament autant à l’EPFL»
«24 heures s’est procuré les chiffres de l’EPFL sur les taux de réussite des Romands au bachelor. Des disparités apparaissent selon la durée et les exigences des formations secondaires cantonales. Toutes facultés confondues, ce sont les Jurassiens qui arrivent en tête de ce classement (67,9%), devant les Valaisans (59,5%). Vaud est avant-dernier et Genève a le bonnet d’âne avec 48,4%. Ces deux cantons détiennent le record du nombre de maturités délivrées: 32% des Vaudois et 34% des Genevois de moins de 25 ans en ont une, contre 22% en Valais.»
«Mieux soigner les femmes»
«Depuis un an, l’université de Zurich dispose d’une chaire de médecine de genre, pour sensibiliser les étudiant·es aux différences biologiques, sociales et culturelles entre les sexes, qui influencent santé et pathologies.» Cette branche est désormais obligatoire pour toutes les personnes qui étudient la médecine humaine à l’Université de Zurich.
Aujourd’hui, seule l’Université de Zurich possède en Suisse une chaire en médecine de genre. Toutefois, cette discipline est intégrée dans les cursus des hautes écoles de Lausanne, Genève, Bâle, Berne et Fribourg et est en train de s’établir plus largement dans les hautes écoles. «Ainsi, dans une déclaration d’intention, les facultés de médecine helvétiques se sont récemment prononcées en faveur de la création d’un institut suisse commun pour la recherche dans la médecine de genre. Parallèlement, la Société suisse de médecine et genre a vu le jour en novembre 2024. Pensée comme un organisme interprofessionnel, elle regroupe différents corps de métier liés à la santé et promeut des échanges sur la thématique.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 26 mai 2025
«Gros malaise à l’UNIL après l’annonce d’un nouveau logo pas au goût de tous»
«A peine révélé, le nouveau logo de l’Université de Lausanne est déjà très critiqué, et l’institution aussi. Plusieurs voix y voient le symbole d’une gestion «monarchique». L’institution réfute. Une interpellation à ce sujet sera déposée au Grand Conseil vaudois mardi. […] Le Conseil d’Etat vaudois devra répondre aux questions des élus signataires. L’Exécutif partage-t-il le sens des priorités de la direction de l’UNIL? Que pense-t-il du coût total induit par la modification du logo et craint-il que cette somme manque dans la recherche et l’enseignement? Et plus généralement, quel est son avis sur la gestion de cette démarche par l’université?»
«La Cicad s’implante dans le canton de Vaud»
La Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad) «dispose désormais de locaux – qu’il a fallu sécuriser à grands frais – à côté de la gare de Lausane ainsi que d’une salariée, Dalia Donath, spécialement chargée de la coordination des activités dans le canton de Vaud. Je suis très heureux de savoir que la Cicad va avoir enfin un bureau à Lausanne affirme dans une vidéo l’historien et professeur à l’Université de Lausanne Jacques Ehrenfreud.»
«Pour Jacques Ehrendfreud trois lieux principaux ont été les relais d’une «hostilité inquiétante» : l’université «qui a été un épicentre», le centre de la ville et une partie de la presse romande. Le «problème principal» est pour lui la «passivité de la majorité». «Il s’agit véritablement d’un combat et pour mener ce combat on a besoin de la Cicad à Lausanne.»»
23Mai2025
Politique des hautes écoles
L’administration Trump interdit à Harvard d’accueillir des étudiants étrangers
«L’administration Trump a annoncé jeudi qu’elle retirait le droit d’accueillir des étudiants étrangers à la prestigieuse université privée Harvard, privant d’un moyen de rayonnement important l’institution contre laquelle le gouvernement américain a lancé une vaste offensive.» (RTS : La Matinale : Le journal de 6h, à partir de 8:39 min),
Commentaire de Ryan Enos, professeur à Harvard. (RTS : La Matinale : Le journal de 7h, à partir de 8:29min)
Pour de nombreuses universités américaines, les revenus des étudiants internationaux représentent une part importante du budget – notamment parce que ces derniers paient souvent des frais de scolarité nettement plus élevés que les étudiants nationaux. (SRF)
Savoir et Pouvoir
La RTS présente dans son émission Histoire vivante une mini-série de 5 épisodes sur le savoir et le pouvoir, avec des experts de l’UNIL. L’occasion de la publication de cette série sont les attaques à la liberté des sciences aux Etats-Unis, les réactions en Europe par rapport à cela (c.f. le premier épisode).
- Des scientifiques pour se faire la guerre
- Les sciences en guerre
- L’église, les sciences et les égalités académiques
- Entre foi et raison : Galilée, Lemaître et Darwin et
- La vaccination
- engagement politique
- liberté académique
- politique – Etats-Unis
- politique – Suisse
- rôle des universités
- politique – Europe
Matthias Sulzer : Construire des ponts entre la recherche et l’industrie
Le Conseil des EPF a nommé Matthias Sulzer membre de la direction de l’Empa. Depuis janvier 2025, Matthias Sulzer dirige le département « Sciences de l’ingénierie » de l’Empa et s’occupe de toute la palette des matériaux et technologies pour l’environnement construit.
L’Unil dans les médias
Perturbation pro-palestinienne lors du Dies académicus
Une vingtaine de manifestant·es pro-palestinien·nes ont interrompu le discours du ministre vaudois de l’Enseignement Frédéric Borloz lors du Dies academicus 2025 de l’Université de Lausanne, accusant l’université d’être «complice d’un génocide».
Revue de presse UNIL 23 mai 2025
L’Université de Lausanne s’offre un nouveau logo
L’Université de Lausanne dévoile son nouveau logo à l’occasion du Dies Academicus, la cérémonie annuelle officielle de l’institution.
22Mai2025
Politique des hautes écoles
«Dans le canton de Vaud, le nombre de fonctionnaires augmente deux fois plus vite que la population»
«La question du nombre de fonctionnaires dans l’administration publique vaudoise est particulièrement brûlante, à l’heure où le canton doit faire des économies pour éponger un déficit d’environ 370 millions de francs. Pour une partie de la droite, une cure d’amaigrissement au sein de la fonction publique s’impose. Le 6 mai dernier, les postulats de Cédric Weissert et Fabrice Moscheni, tous les deux membres de l’UDC, étaient soutenus par la majorité de droite du Grand Conseil.
Nouvelle formation à la Haute École de gestion (HEG) de Genève: des cours de préparation au brevet fédéral de «paralegal»
Depuis mars 2025, la Haute École de gestion (HEG) de Genève assure les premiers cours de préparation au brevet fédéral de «paralegal» pour les assistant·es juridiques. Ce brevet répond à la demande de la Fédération suisse des avocats (FSA) d’avoir une reconnaissance harmonisée en Suisse pour les collaborateur·ices juridiques, qui étaient jusqu’alors formé·es sur le terrain. «Un paralegal est un assistant dans un service juridique qui, sans être juriste, est certifié dans les principaux domaines du droit», explique Gordon Aeschimann, codirecteur du cours de préparation au brevet fédéral.
La formation dure une année, avec huit modules comprenant 25 journées de cours, en présentiel, en plus du temps de travail dédié à la préparation de chaque séance ainsi que les travaux à réaliser. La formation coûte 11’600 francs, dont la moitié est remboursée par le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (Sefri) une fois l’examen réussi, «qui coûte lui-même 2250 francs. La plupart des employeurs prennent en charge ces frais.»
Nouvelle manifestation propalestinienne à l’Université de Fribourg
Mercredi midi, une manifestation propalestinienne d’une centaine de personnes, principalement de jeunes adultes, a eu lieu sur le campus universitaire de Fribourg, un an après l’occupation du hall d’un des bâtiments. Les revendications du mouvement sont les mêmes que l’an dernier: «l’université doit cesser toute collaboration avec les universités et hautes écoles israéliennes, reconnaître le génocide en Palestine et accueillir des étudiants et doctorants palestiniens». La manifestation s’est déroulée dans le calme et a été observée par 5 policier·ères, le service de sécurité de l’université «est resté en arrière-plan».
«En ce qui concerne les revendications, [l’université] renvoie à la prise de position commune du rectorat et de la représentation des étudiants AGEF de l’été dernier. Il y est écrit que tous deux «en appellent au respect du droit humanitaire et des droits de l’homme». Le devoir de protection de la population civile est ancré dans ces derniers. En outre, l’université écrit sur demande qu’elle n’a aucune collaboration avec des universités israéliennes qui pourrait être problématique. «Si certains chercheurs souhaitent collaborer avec des collègues d’Israël, cela est protégé par la liberté académique».»
Le FP10 sera «autonome» mais «étroitement lié» au Fonds européen de compétitivité, annonce la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen
«Notre programme-cadre Horizon Europe restera un programme autonome», a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen dans un discours prononcé le 20 mai. Néanmoins il devra être «étroitement lié» au Fonds européen de compétitivité, a-t-elle précisé. Le fonds «offrirait un soutien pour le parcours d’investissement d’un projet, de l’idée au marché, de la recherche au démarrage, à la mise à l’échelle et à la fabrication mondiale», «nous avons besoin d’un flux continu entre la recherche fondamentale, la recherche appliquée, les start-ups et la mise à l’échelle», dit-elle.
Cette annonce intervient «après des mois d’incertitude quant à la structure du Fonds européen pour la compétitivité, qui devrait rassembler les investissements de l’UE dans des secteurs critiques, tels que l’intelligence artificielle, l’espace, les technologies propres, la biotechnologie et la défense». Alors que les député·es européen·nes et les lobbies de la recherche ont défendu l’autonomie du FP10 vis-à-vis de la Commission, les détails de son maintien annoncé ne sont actuellement pas encore précisés.
Ce discours de la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen fixe ainsi un point de départ pour les prochaines négociations. «Le prochain budget à long terme de l’UE devrait débuter en 2028, mais d’ici là, la Commission doit présenter une proposition écrite et convaincre le Parlement européen et les États membres d’une révision complète de la structure du budget de l’UE et de la manière dont il peut contribuer à l’essor des technologies avancées et des innovations.»
«Le Conseil fédéral adopte le message concernant les filières d’études HES intégrant une partie pratique dans le domaine MINT»
«Le 21 mai 2025, le Conseil fédéral a transmis au Parlement le message relatif à la modification de la loi sur l’encouragement et la coordination des hautes écoles (LEHE). Cette modification offre aux hautes écoles la possibilité de proposer dans le domaine des mathématiques, de l’informatique, des sciences naturelles et de la technique (MINT) des filières d’études bachelor intégrant une partie pratique [les PiBS] sur le marché du travail. Cette offre d’études a été testée dans le cadre d’un projet pilote.» Ainsi, «le nouvel art. 25a permet aux titulaires d’une maturité gymnasiale ou d’une maturité professionnelle d’intégrer directement les filières PiBS sans justifier d’une expérience du monde du travail préalable. Il précise également que les filières PiBS durent quatre ans, soit une année de plus que les filières d’études standard. […] Les filières PiBS contribuent par ailleurs à la lutte contre la pénurie de personnel qualifié. […] Le Conseil des hautes écoles de la Conférence suisse des hautes écoles, qui avait examiné le projet de loi avant le début de la procédure de consultation, s’était déjà exprimé en faveur du projet de loi.»
Les meilleures salaires d’Europe pour attirer les scientifiques
Selon Sifted, site soutenu par le Financial Times, «La Suisse se distingue comme le leader de la région en matière de salaires. «Elle possède certaines des meilleures écoles du monde et dispose de nombreuses ressources », explique à Sifted Jaime Llodra, chercheur invité à l’Université de Berne.»» Le même article relativise que les prix en Suisse étaient 37 % plus élevés que la moyenne de l’OCDE, (tandis que les prix aux États-Unis étaient 25 % plus élevés que la moyenne de l’OCDE), et présente une statistique d’Eurostat, qui conclue que Londres et Genève sont les villes les plus chères à louer en Europe. Les loyers des autres villes de Suisse ne figurent pas dans la graphique.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 22 mai 2025
21Mai2025
Politique des hautes écoles
Non-conformité d’une procédure de nomination à l’Université de Genève: la justice pointe «un vice grave»
A l’Université de Genève, en 2019, le directeur du département de linguistique avait demandé au doyen de la Faculté des lettres d’ouvrir une procédure de nomination par appel, afin qu’une professeure de linguistique soit promue professeure ordinaire. Le collège des professeurs de la Faculté des lettres s’est réuni afin de décider de l’ouverture de la procédure de nomination. Elle est rejetée.
La professeure fait alors opposition, invoquant «la promotion du sexe sous-représenté et le respect de l’égalité de traitement entre femmes et hommes conformément à la législation fédérale sur l’égalité». L’UNIGE déclare son opposition irrecevable car l’expression de l’ouverture d’une procédure «n’est pas susceptible de recours selon le droit cantonal genevois».
Aujourd’hui, la décision des juges de la Chambre administrative «valide pleinement les arguments de la professeure. Il apparaît ainsi que l’UNIGE a contrevenu à son propre règlement sur le personnel et que le collège de professeurs est «incompétent» lorsqu’il s’agit de décider d’une nomination.» La décision a également confirmé une violation de la loi fédérale sur l’égalité. Il s’agit finalement d’un «vice grave et manifeste» selon la justice.
«Il s’agit d’un cas très clair de discrimination à la promotion», résume Me Nathalie Bornoz, avocate de celle qui s’est élevée contre le fonctionnement de la faculté.
«Ce que les étudiant·es disent de la réforme de l’EPFZ»
Trois étudiant·es et ancien·nes étudiant·es de l’EPFZ s’expriment sur leurs situations et ressentis durant les études et sur la réforme annoncée par l’EPFZ. Pas entièrement favorables aux nouvelles mesures, tous·tes mettent cependant en avant le même élément : leurs parents les ont largement soutenu·es financièrement durant leurs études.
Un étudiant de 4e semestre de bachelor en ingénierie mécanique parle de dures conditions d’études. Il a étudié tous les weekends et travaillé plus de 60 heures par semaines en «période d’apprentissage» («Lernphase»). Il avance toutefois que les 9 semaines actuelles de phase d’apprentissage estivales ne sont pas nécessaires et que 4 ou 5 semaines suffiraient. Un de ses amis craint une perte de qualité et donc de réputation de la haute école, car étant donné que le temps d’apprentissage sera réduit, la matière sera aussi adaptée. Il est lui-même d’avis que l’EPFZ veillera à maintenir la qualité des cours.
Une ancienne étudiante en architecture, diplômée en 2000 de l’EPFZ, affirme s’être sentie «portée» par «le quotidien structuré de l’EPF», en comparaison à ses études à l’Université où elle était «complètement livrée à elle-même pour toute l’organisation des études». Durant ses semestres d’études, elle a pu travailler comme assistante auxiliaire à la chaire d’architecture solaire. Elle a néanmoins «en quelque sorte manqué deux étés» consacrés à ses études. Bien qu’elle ait été «frappée par le rythme effréné de l’EPFZ lors de son semestre à l’université de Columbia à New York», elle estime que «l’intensité des études est aussi une bonne et importante préparation à l’exercice futur de la profession».
Un diplômé de bachelor en génie électrique et technologies de l’information raconte que ce qui l’a «poussé à la limite, c’est la charge physique : rester assis huit heures par jour à étudier». Mais la matière l’a presque toujours suffisamment intéressé pour qu’il s’y mette volontiers. Arrivant bien à décompresser et veillant à toujours avoir une compensation sportive, l’étudiant estime que cette réforme est pour celles et ceux qui n’ont pas la chance qu’il a, des étudiant·es ayant par exemple des migraines dues au stress. A l’exception de la première année, il a toujours travaillé à côté de ses études, en dispensant des cours à l’EPFZ ainsi qu’en faisant des remplacements. Dans certains cas, il a dû manquer une semaine complète de cours, qu’il lui était possible de rattraper grâce aux longues sessions estivales d’apprentissage. Bien qu’il avance que la réforme soit favorable aux personnes désirant faire leur service civil durant l’été et particulièrement importante pour l’égalité des chances, il y est plutôt opposé : «Je ne serais pas favorable à des examens en cours de semestre, comme le prévoit la nouvelle réforme. Si l’on veut comprendre la matière d’un cours à un certain niveau, il faut beaucoup de temps pour l’étudier.»
EPFZ : plus de vacances pour alléger la charge des étudiant·es et pour une meilleure égalité des chances
Les conditions d’études à l’EPFZ seront passablement réformées, à partir de l’automne 2027 : le nombre de semaines de vacances par année passera de 3 à 10, et les étudiant·es auront à présent droit à une année supplémentaire afin de terminer leurs études.
En comparaison, la HSG accorde à ses étudiant·es un total de 24 semaines sans cours par an (dont une partie est dédiée à des travaux, des préparations et des examens), tandis qu’à l’EPFL, 12 à 14 semaines par an sont complètement libres. Pourtant les étudiant·es de l’EPFL déclarent que le stress est tout de même trop important malgré le nombre de semaines de vacances.
«Dans le cadre de la réorganisation, l’ETH Zurich a examiné et évalué les calendriers académiques et les expériences d’autres universités de premier rang dans le classement mondial […] en règle générale, elles accordent aux étudiants entre 8 et 20 semaines sans cours, préparation et examens.» «Le MIT est une école de pointe, même s’il ne réduit pas les vacances à trois ou quatre semaines», explique le chef de projet Marco Gerber.
Stefan Wolter, professeur d’économie de l’éducation explique que «les études à l’ETH comptent parmi les plus injustes socialement ». «Celui qui n’obtient pas le financement de ses études ne peut généralement pas se le permettre, car il est pratiquement impossible de travailler à côté.» Le professeur d’économie de l’éducation explique également que «des qualités telles que la persévérance et le sens du devoir sont déterminantes pour la réussite professionnelle future», ainsi «les employeurs peuvent compter sur le fait que les diplômés de certaines hautes écoles supportent un niveau de stress élevé».
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 21 mai 2025
20Mai2025
Politique des hautes écoles
«Le rôle actif des unis israéliennes» et la «complicité» des universités occidentales
Selon la chercheuse israélienne Maya Wind, «les universités israéliennes sont l’un des moteurs de la politique coloniale de l’Etat hébreu». Dans son livre Towers of Ivory and Steel. How Israely universities deny Palestinian freedom (2024), elle conclut que «ce que disent les Palestiniens est absolument vrai. Les universités représentent un pilier structurel de l’Etat israélien qui les opprime. Et, au cours des dix-neuf derniers mois, elles ont joué un rôle clé pour appuyer le génocide à Gaza». Selon elle, cette attitude justifie le boycott académique réclamé dans les hautes écoles de Suisse et d’ailleurs.
La chercheuse avance en particulier que les infrastructures des universités israéliennes ont été «planifiées, conçues et construites comme des piliers de la conquête territoriale israélienne – et de son corollaire, la dépossession palestinienne. Leurs campus, stratégiquement situés, ont d’ailleurs été construits directement sur des terres palestiniennes, sous la forme d’enclaves isolées, bordées et clôturées, situées au sommet de montagnes ou de collines.» La chercheuse ajoute que «depuis 1948, les universités israéliennes jouent un rôle clé pour l’industrie militaire et l’armée israéliennes. Dans chacune d’entre elles, il existe des programmes d’études sur mesure pour entraîner la police, les forces de sécurité et les soldats israéliens. On y développe aussi des armes, y compris biologiques.» Finalement, «les facultés israéliennes de droit, d’éthique et de philosophie développent des interprétations du droit international humanitaire visant à justifier le régime d’exception militaire imposé aux Palestiniens et à faciliter l’impunité de la puissance occupante. Dans tous les départements, y compris celui des sciences humaines et sociales, la recherche est subordonnée au projet colonial de l’Etat israélien.»
Dans ce contexte, la chercheuse israélienne Maya Wind affirme qu’en boycottant les universités israéliennes, il est possible de déstabiliser le régime d’apartheid israélien. Elle précise: «Israël en est d’ailleurs conscient, et dépense des millions de shekels pour saboter les mouvements de contestation dans les universités occidentales.» Elle conclut: «Voilà pourquoi il est si important de continuer à construire la mobilisation au sein des universités, à l’image des étudiants suisses. En Occident, nous avons à cet égard une responsabilité particulière, car le système universitaire israélien est lié aux Etats-Unis et à l’Europe sous tous ses aspects – financement, bourses, collaborations académiques, etc. Il faut répéter que toutes les universités qui collaborent avec l’académie israélienne sont directement impliquées dans la violation des droits des Palestiniens et dans le massacre de masse en cours depuis dix-neuf mois.»
Selon le journaliste du Courrier Guy Zurkinden, le constat de la chercheuse «clarifie les enjeux du bras de fer qui oppose, depuis plus d’une année, des centaines d’étudiant·es et de chercheur·ses helvétiques à leurs directions». Il écrit: «D’abord, [le constat de la chercheuse] confirme la légitimité de la revendication d’un boycott académique d’Israël – mais aussi son efficacité, car les hautes écoles y sont totalement dépendantes des collaborations avec leurs homologues occidentales. Ensuite, il bat en brèche les refus et les atermoiements des états-majors universitaires, qui se justifient en invoquant une séparation – de fait inexistante – entre Etat et académies en Israël. Enfin, il confirme le scandale que représente la répression qui s’abat sur les mobilisations estudiantines.»
L’expérimentation animale est-elle encore indispensable en 2025?
«En Suisse, environ 500’000 animaux sont utilisés chaque année pour la recherche. Ce chiffre reste stable depuis 25 ans, malgré les progrès technologiques et le développement de méthodes alternatives. Dans le podcast Zoom Info, la RTS explore comment ces pratiques persistent et quelles sont les alternatives émergentes.»
«En comparaison internationale, y a-t-il trop de fonctionnaires en Suisse?»
A l’image de Donald Trump et Elon Musk aux Etats-Unis, des élus suisses, souhaiteraient tailler dans l’administration publique. Les recommandations du groupe de réflexion libéral Avenir Suisse vont dans ce sens.
L’émission FactCheck de la RTS a fait le point sur la situation et contredit AvenirSuisse sur plusieurs points.
- 11,2% de la population active travaillent pour une administration publique, de la Confédération aux communes, ce qui classe la Suisse dans le tiers inférieur des membres de l’OCDE.
- Entre 2003 et 2023, le nombre de fonctionnaires pour 1000 habitants a diminué de près de 0,3 points, si on prend en compte la population croissante.
- Selon l’OFS, le salaire médian mensuel dans le public est de 8094 francs contre 6510 francs dans le privé. Cela s’explique en partie par le fait que le secteur public emploie des personnes plus hautement qualifiées, souvent plus âgées. «Les salaires publics sont globalement similaires à ceux du privé», est la conclustion d’un rapport de PricewaterhouseCoopers.
- Les salaires publics et privés sont intimement corrélés: «une augmentation de 1 % de la croissance des salaires réels dans le secteur public implique une croissance des salaires dans le secteur privé de 0,3 %. Dans le même esprit, une augmentation de 1 % de l’emploi dans le secteur public permet une croissance des salaires dans le secteur privé de près de 0,3 %.» (Banque Centrale européenne)
Création de la «Fondation pour l’université de Genève» afin de financer la recherche
«L’université de Genève vient de se doter d’une fondation pour la recherche. Créé en mars 2025, cet organisme sans but lucratif entend renforcer l’impact de l’université (Unige) «en matière de recherche, d’enseignement et de services à la cité»». Elle participera notamment au financement de «projets ambitieux qui dépassent les capacités du budget ordinaire de l’Université» et «contribuera aussi à moderniser les équipements de l’institution». La fondation a été créée à la demande de la Fondation Hans Wilsdorf qui financera en grande partie cette nouvelle structure.
Le conseiller scientifique de Donald Trump défend les coupes budgétaires comme une chance de «revitaliser» la science américaine
Lors d’un discours à l’Académie nationale des sciences (NAS), Michael Kratsios, conseiller scientifique du président américain Donald Trump, a défendu les coupes drastiques dans le financement fédéral de la recherche comme une mesure nécessaire pour «revitaliser» la science américaine. Il a affirmé que la communauté scientifique offre un rendement décroissant depuis 1980 et doit apprendre à faire plus avec moins.
Kratsios a critiqué la culture actuelle de la recherche, estimant que les biais politiques et l’accent mis sur la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI) ont sapé la confiance du public envers les universités et détourné la science de sa quête objective de vérité, par exemple le manque d’auto-critique concernant l’enseignement à distance durant la pandémie de COVID-19, qu’il considère comme des preuves du conformisme nuisible à la science, et une affaire de manipulation de données dans le laboratoire du neuroscientifique Marc Tessier-Lavigne, qui est devenu président de l’Université de Stanford après [et qui a démissionné depuis].
Il a également soutenu la réduction des remboursements indirects aux universités et les a incitées à rechercher des financements privés. Bien qu’il ait promis de réduire les lourdeurs administratives imposées aux chercheurs, il n’a donné aucun détail concret.
Kratsios a rejeté l’idée que ces coupes poussent les scientifiques à quitter les États-Unis, affirmant que le pays reste le leader mondial de la recherche scientifique.
«Les diplômes HES offrent un salaire de plus en plus reluisant»
Selon l’étude bisannuelle de la faîtière HES Suisse publiée hier, l’organisme constate que le salaire annuel médian des diplômé·es HES est de 112’852 fr. En Suisse romande, il s’élève à 97’000 francs, contre 92’300 francs il y a deux ans. «Si les domaines de la finance et des assurances dominent toujours, avec un salaire médian annuel de près de 140’000 francs, les branches du social et de la santé affichent de nets progrès (95’000 francs)» (20 minutes), tout en restant néanmoins «nettement en dessous des autres en matière de rémunération des diplômés HES» (Medinside).
L’étude constate également que les salaires moyens des diplomé·es HES sont souvent supérieurs à ceux des diplômé·es universitaires, «en particulier durant les premières années de carrière» (Blick). «Ce sont des salaires respectables, et même plus élevés que lors de la dernière enquête il y a deux ans», déclare Toni Schmid, le directeur de FH Suisse. «Cela montre aussi que les diplômés des hautes écoles spécialisées jouent un rôle porteur dans l’économie suisse et sont bien rémunérés.» (Medinside)
Quelques autres points sont relevés par Blick:
- «Un peu plus de 30% des 11’906 diplômés HES interrogés occupent une fonction de cadre, et environ 67% d’entre eux ont moins de 40 ans.»
- «Les salaires des femmes restent inférieurs à ceux des hommes, comme c’était déjà le cas il y a deux ans – cela, même lorsqu’on filtre les résultats selon la fonction de cadre, le diplôme ou l’âge.»
- «C’est la région lémanique qui affiche les salaires les plus bas – presque 20% de moins qu’à Zurich.»
- «Ce qui ressort particulièrement de l’étude de cette année, c’est l’intérêt nettement accru pour un master consécutif, c’est-à-dire une formation universitaire de type Master of Science ou Master of Arts. Ainsi, 11,7% des participants prévoient de se spécialiser dans leur domaine par ce biais. En 2023, ils n’étaient que 2% à en avoir l’intention.»
- Comme les années précédentes, la volonté de formation continue est plus grande chez les femmes que chez les hommes.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 20 mai 2025
HEC Lausanne devrait être plus ouverte à «une réflexion rigoureuse et profonde sur la diversité de la discipline»
Un étudiant en bachelor d’économie politique et histoire économique, président de Rethinking Economics Genève, demande dans les colonnes du Courrier si les «outils» enseignés à HEC Lausanne sont «réellement dénués de toute idéologie». Il plaide pour des facultés d’économie ouvertes à «une réflexion rigoureuse et profonde sur la diversité de la discipline».
Selon l’étudiant, les modèles de la croissance économique, du marché du travail, de l’offre et de la demande, «faisant office d’outils quantitatifs simples à intégrer» sont enseignés à HEC Lausanne «comme des représentations objectives et universelles de l’économie». Or, selon lui, «ces hypothèses ne sont pas neutres» et les considérer comme des «outils» sans les inscrire dans leur dimension idéologique reviendrait à les inscrire dans «une discipline qui serait quasiment descriptive de lois naturelles», alors que l’économie serait au contraire «une science sociale faite de débats, de courants de pensée et d’approches multiples qui font sa complexité et sa profondeur».
L’étudiant écrit ainsi: «Les modèles enseignés à HEC ne sont certes pas à jeter: ils font partie d’un lot d’instruments que doit posséder un·e économiste dans sa boîte à outils. Mais plutôt que les ériger en vérités dénuées d’empreinte idéologique, reconnaissons qu’ils ne forment qu’une partie d’un ensemble plus vaste d’approches, de perspectives et de théories qui façonnent la discipline économique. Enseignons-les aux côtés d’approches interdisciplinaires telles que l’histoire économique, la sociologie économique ou les méthodes qualitatives. Enseignons les perspectives de l’économie écologiste, institutionnaliste, féministe… avec une rigueur au moins équivalente à celle offerte à l’économie néoclassique.»
19Mai2025
Politique des hautes écoles
Réforme des plans d’études à l’ETHZ: plus de vacances pour les étudiant·es
La santé psychique des étudiants de l’EPFZ s’est détériorée entre 2019 et 2024. Selon un sondage, environ un·e étudiant·e sur sept dit ne pas aller bien, les plaintes les plus fréquentes étant anxiété, problèmes de sommeil, faible estime de soi, symptômes dépressifs, épuisement et désespoir. Ce problème préoccupe la direction de l’institution, qui a annoncé une réforme des plans d’études: dès septembre 2027, de nouvelles grilles horaires et de nouveaux règlements d’examen entreront en vigueur. La principale modification est le passage de trois semaines de congé annuelles à dix : sept en été, la semaine de Pâques actuelle ainsi qu’une semaine supplémentaire en automne et une autre fin février. Cette réforme vise à alléger la de travail des étudiant·es. D’autres mesures sont également prévues: la durée maximale des études est prolongée, et en cas d’échec à un groupe d’examens, il n’est plus nécessaire de tout repasser, mais seulement ce qui était insuffisant. (NZZ)
Il ne s’agit pas seulement de prendre plus de vacances, mais de créer du temps pour des emplois ou des stages. Le recteur de l’EPFZ Günther Dissertori souligne que «le nombre de semaines d’études ne dit rien sur la qualité des études».
Nic Cantieni, président de l’association des étudiant·es, salue la réforme qui «aide à mieux concilier les études avec le travail, la famille et les loisirs.»
L’économie voit cette réforme d’un bon oeil. Le président d’Economiesuisse , Christoph Mäder, estime : «Si les très bonnes connaissances et la très bonne formation des étudiant·es à l’EPF sont complétées par un lien accru avec la pratique, cela ne peut être que précieux, tant pour l’économie que pour les étudiants.
La réception au sein du corps professoral, n’est pas unanime. En effet, «il y a beaucoup de travail à faire pour les départements et les enseignants», souligne Nicolas Gruber, chef du département des sciences de l’environnement, qui salue néanmoins l’extension de la pause estivale. Le mathématicien Thomas Willwacher doute de son côté qu’il soit possible à l’avenir d’enseigner autant de matières en supprimant autant de temps d’apprentissage. Un autre professeur doute également que les études à l’ETHZ puissent maintenir leur niveau.
Le recteur, qui s’attendait «à une plus grande révolte», considère que les réactions sont dans l’ensemble plutôt positives. Il réfute la suggestion du journaliste de la NZZ qu’il s’agit d’une «concession pour la Génération Z», : ««Ils sont super. Et ils sont aussi très résistants». Il ne s’agit pas simplement de donner plus de vacances aux étudiants, dit-il. Les semaines de congé supplémentaires en été sont utilisées pour effectuer des stages ou pour exercer une activité professionnelle. « Ce sont des expériences importantes qui peuvent aussi leur être utiles pour leurs études.»
Les mouvements de protestation au sein des universités comme preuve d’ouverture envers la société
Le journaliste et historien Urs Hafner écrit dans la NZZ que la critique des universités a «une longue tradition» qui ne leur a néanmoins «jamais porté préjudice». Le journaliste réalise ainsi un tour d’horizon historique des critiques vis-à-vis des universités dès le XIIIème siècle, afin d’y inscrire finalement les différents mouvements de protestation actuels ayant lieu dans les milieux académiques suisses. Dans ce contexte, le journaliste écrit que ces mouvements de protestation aspirent à «communiquer avec le public et être ouvertes à la société et à ses préoccupations».
L’historien résume ainsi les critiques envers les universités, qui viennent de gauche comme de droite : «La plupart des motifs de la critique de l’université n’ont guère changé au cours des 800 dernières années»: «l’étudiant qui flâne», «la question de l’utilité» selon laquelle «les hautes écoles n’apporteraient pas d’avantages à la collectivité, mais uniquement à leurs membres aisés» car «les scientifiques ne seraient pas capables de s’exprimer de manière compréhensible, [et] le peuple s’en moquerait de toute façon». Par ailleurs, depuis 1968, «des étudiants et des étudiantes activistes tentent régulièrement de faire bouger leur université. Depuis peu, ils réclament une langue non binaire, des menus végétaliens et, une fois de plus, un positionnement politique.»
Finalement, alors que depuis les manifestations propalestiniennes sur les campus, «les universités ne répondent pas à ces demandes» et «ne veulent ni se positionner politiquement ni restreindre leur liberté scientifique», le journaliste conclut ainsi son article: «Toutefois, les mouvements de protestation sont unilatéraux et politiques. Les étudiantes et étudiants tentent de mobiliser pour leurs objectifs et de marquer le discours sociopolitique. Ils aspirent à ce dont les hautes écoles se vantent depuis une trentaine d’années : communiquer avec le public et être ouvertes à la société et à ses préoccupations. Pas de tours d’ivoire, justement. L’histoire montre clairement que les hautes écoles peuvent se réjouir de la critique – elle ne leur a jamais fait de mal. Elles ont besoin de la société, même si celle-ci ne frappe pas toujours à leur porte avec bienveillance.»
«Le théâtre forum pour dénoncer le sexisme dans la recherche»
La troupe Spe(c)tator explore le sexisme dans la recherche par le théâtre forum. La projet Coffee Machine s’inspire de cas réels liés au monde de la recherche académique. «Ils sont répertoriés et analysés dans l’étude de la professeure Klea Faniko, spécialiste des discriminations et de la diversité, et responsable du Bureau de l’égalité de l’université de Genève. Depuis sa création en 2022, la pièce a été jouée dans des cadres variés, tels le CERN, des organisations internationales, l’université de Genève, l’EPFL, etc.»
Travaillant à l’intersection du social, de l’artistique et de la médiation culturelle, les membres de la troupe voient cette pratique artistique comme un outil de transformation collective, qui dénonce des situations de discrimination et permet le renforcement des capacités des victimes. «Nous n’apportons pas nos propres solutions. Plutôt, nous posons des questions sincères auxquelles nous n’avons pas les réponses», précise Nyan Storey, directeur artistique de Speta(c)tor.
Initiative d’inclusivité dans la progression des carrières managériales en milieu académique
26 professeures, venant de toute la Suisse, ont été sélectionnées pour la participation au programme national de formation H.I.T., «High Potential University Leaders Identity & Skills Training Program – Inclusive Leadership in Academia». Dirigé chaque année par l’université de Zurich en collaboration avec 11 hautes écoles, «ce programme de leadership au féminin se déroulant sur cinq jours entend faciliter l’accès des professeures à des postes de leaders académiques – tels que directrice, doyenne ou rectrice».
Le communiqué de l’UNIGE, précise que «de telles initiatives visent à briser le plafond de verre et à favoriser une meilleure équité et inclusivité dans la progression des carrières managériales dans le milieu académique».
Parmi les sélectionnées se trouvent deux professeures de l’UNIL.
«Une étudiante demande le remboursement de ses frais de cours parce que son professeur utilise l’IA»
Un professeur de la Northeastern University de Boston aux États-Unis a interdit à ses étudiant·es l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA), alors qu’il en a fait usage lui-même afin d’élaborer ses documents de cours. S’en rendant compte, une étudiante a demandé le remboursement des frais pour le cours (8’000 dollars) en déposant une plainte auprès de l’école. Pour l’étudiante, l’utilisation de l’IA par son professeur constituait une violation manifeste des propres directives de l’Université. L’institution a néanmoins rejeté sa demande.
Le New York Times rapporte que l’enseignant incriminé, Rick Arrowood, aurait admis les faits, et qu’il serait désormais d’avis que les enseignant·es doivent être plus transparent·es sur le thème de l’IA.