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Tendances des 2 dernières semaines

L’Université de Fribourg doit assainir ses bâtiments

L’Etat de Fribourg sollicite une enveloppe de 150 millions de francs auprès du Grand Conseil afin de rénover ses infrastructures immobilières. Parmi les chantiers prioritaires figurent les bâtiments de la Faculté des sciences de l’université situés sur le boulevard de Pérolles.

Le site PER 08, construit durant les années 70, cumule d’importantes faiblesses techniques touchant à la fois le toit, les façades, la sécurité contre les incendies et les équipements généraux.

Le Conseil fédéral se penche sur la Suisse de 2040

Le Conseil fédéral a pris acte le 12 juin 2026 du rapport «Perspectives Suisse 2040». Élaboré par la Chancellerie fédérale avec la contribution d’un groupe d’experts, ce rapport expose trois scénarios susceptibles de préfigurer l’état du monde en 2040 et les conséquences qui en résulteraient pour la Suisse. Il en déduit six champs d’action à prendre en considération dans la planification politique, don le pôle technologique et scientifique suisse (p.49).

La France fait un pas vers la création d’un nouvel organisme dédié à l’innovation

Selon un nouveau rapport, le pays devrait suivre l’exemple de l’Allemagne, du Royaume-Uni et des Pays-Bas et créer une nouvelle entité «d’ici quelques mois», inspirées de celles mises au point par l’Agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA).

Selon les auteurs de l’article, «de nouvelles agences chargées de l’innovation voient le jour un peu partout en Europe, alors que les gouvernements s’inquiètent de la faiblesse de la croissance, de la dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis et de la lenteur des systèmes actuels de subventions à la recherche.»

Expérimentation animale: «Même ce qui est légal est choquant»

«Chaque année en Suisse, des centaines de milliers d’animaux élevés pour la recherche finissent euthanasiés sans avoir été utilisés. L’enquête de la RTS montre que les chiffres officiels sous-estiment la réalité et donne la parole à des scientifiques partagés entre la nécessité de leurs travaux et le malaise face à certaines pratiques.»

Formation doctorale : les coopérations entre hautes écoles ont fait leurs preuves

«Les hautes écoles spécialisées et les hautes écoles pédagogiques forment des professionnels présentant un profil axé sur la pratique. Elles ne proposent dès lors pas de formation doctorale, mais elles ont mis en place des coopérations avec les hautes écoles universitaires à cette fin. Un rapport adopté par le Conseil fédéral le 19 juin 2026 montre que ces coopérations fonctionnent bien dans l’ensemble et offrent aux participants d’excellentes opportunités, malgré quelques difficultés rencontrées.»

La Lettonie lance un projet pilote visant à associer les citoyens à l’évaluation des subventions de recherche

La Lettonie a introduit une dimension de participation citoyenne dans l’évaluation des subventions de recherche financées par l’État. L’objectif est à la fois de renforcer les liens entre la science et la société et d’améliorer la qualité de ces évaluations.

Cette initiative intervient alors que les organismes de financement de la recherche à travers l’Europe expérimentent différentes méthodes pour améliorer les processus d’évaluation, dans un contexte où l’impact de la science sur la société fait l’objet d’une attention accrue.

Le Conseil européen de la recherche sous le feu des critiques pour avoir financé un projet israélien de drones destinés à la «défense nationale»

Dans le cadre du programme Horizon Europe, dont fait partie le CER, les projets ne sont pas éligibles à un financement s’ils sont destinés à un usage militaire.

Mais le Conseil européen de la recherche (CER) a approuvé l’octroi d’une subvention de 150 000 euros à un universitaire basé en Israël pour développer une technologie d’identification des drones, alors même que ce dernier et son université avaient publiquement affirmé dans une vidéo Youtube, 6 moins avant l’octroi de la bourse, que la technologie pourrait être utilisée à des fins de «défense nationale».

Pavel Ginzburg, responsable de laboratoire à l’université de Tel-Aviv, avait obtenu une subvention de validation de concept, destinée à permettre aux bénéficiaires de subventions du CER de commercialiser leurs découvertes. M. Ginzburg a également collaboré récemment avec des scientifiques basés en Russie, des entreprises israéliennes du secteur de la défense, ainsi que sur des projets financés par l’armée américaine.

Kurt Deketelaere, secrétaire général de la Ligue des universités européennes de recherche, déclare: «Nous ne pouvons pas attendre des comités [du CER] qu’ils passent au crible, au-delà du dossier de candidature, l’ensemble du Web à la recherche de déclarations, d’interviews ou de vidéos que les candidats ont faites ou publiées avant leur candidature. Il y a des limites à tout.»

«Désenchevêtrement 27» : swissuniversities prend position

Avec le plan «Désenchevêtrement 2027», la Confédération et les cantons entendent réorganiser leurs responsabilités. Cela concerne, entre autres, l‘enseignement supérieur. Les différentes solutions examinées font actuellement l’objet d’une consultation.

Consulté, «swissuniversities rejette catégoriquement le rapport intermédiaire sur la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons dans le cadre du projet «Désenchevêtrement 27». Un tel transfert des compétences en matière de coordination et de financement marquerait un revirement par rapport à l’orientation actuelle du paysage des hautes écoles suisses et fragmenterait un système bien établi qui a fait ses preuves.» (swissuniversities)

Christophe Darbellay, ministre valaisan et président de la Conférence des directrices et directeurs de l’instruction publique CDIP, met également en garde contre ce projet. «Nous ne sommes pas prêts à avaler une nouvelle couleuvre», a-t-il prévenu, craignant pour le financement des hautes écoles, des universités et de la formation professionnelle. (Le Temps)

« Genève devrait diversifier ses stratégies d’innovation »

Dominique Foray, professeur émérite à l’EPFL et membre du Conseil suisse de la science revient sur les stratégies mises en place par le plan d’innovation 2025-2028 du Canton de Genève. Il y souligne les incohérences et les faiblesses. Il déplore notamment l’accent mis en particulier sur le campus Biotech, privilégiant les sciences de la vie.

Selon lui, la stratégie d’innovation devrait refléter davantage la diversité des domaines stratégiques du canton, comme la Finance et l’essor des Fintechs ou les HES. Il souligne également l’absence étonnante dans la stratégie d’innovation du CERN.

Face à la multiplicité des secteurs importants à Genève, l’économiste, expert dans la spécialisation intelligence déclare : « La stratégie genevoise est un peu générale, elle flotte au-dessus des enjeux et ne capture pas ce qui fait la spécificité de chaque secteur. »

 

Classement QS : l’Unil est 233ème

Le QS World University ranking 2027, publié annuellement par Quacquarelli Symonds, est dominé pour la 15eme année consécutive par le MIT avec la note de 100 sur 100. Le top 10 mondial reste dominé par les institutions anglo-saxonnes, qui y occupent huit places.

La SRF présente un tableau qui montre quelles universités suisses ont gagné ou perdu des places par rapport au classement de l’année passée. L’Université de Lausanne se trouve cette année à la 233ème place.

 

La Suisse perd sa première place au classement mondial de la compétitivité

«La Suisse perd cette année sa première place au classement mondial de la compétitivité établi par l’institut lausannois IMD. Le pays se classe désormais troisième derrière Hong Kong et Singapour, à nouveau numéro un, comme en 2024. […] Selon l’étude, qui passe au crible chaque année 70 économies, la compétitivité d’un pays dépend de la solidité de ses institutions, ainsi que de la capacité à faire face à la volatilité et à absorber les chocs, dans un contexte où les tensions géopolitiques s’intensifient.»

Agroscope supprimera 58 postes à temps plein

Le centre de recherche de la Confédération en matière d’agronomie a décidé d’abandonner certaines activités de recherche, comme l’alimentation saine ou des cultures alternatives de niche, supprimant 58 postes à temps plein. Ces mesures d’économie rentreront en vigueur dès 2027.

Le centre continuera d’assurer la recherche sur la production primaire, les impacts environnementaux de l’agriculture, le conseil aux politiques et les tâches légales d’exécution, a indiqué le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR).

« La formation romande adapte sa façon d’évaluer face à l’IA »

Pour se prémunir contre l’utilisation abusive de l’intelligence artificielle, difficilement détectable dans les épreuves écrites, les institutions d’enseignement ont tendance à privilégier d’autres formes d’évaluations comme les examens oraux.

Dans les gymnases, les travaux de maturité peuvent également être repensés, comme à Fribourg.

Les nouveautés des programmes de travail d’Horizon Europe pour 2027

À partir de 2028, le programme Horizon Europe [normalement appelé «FP10» pour la période 2028 – 2034] sera davantage orienté vers la compétitivité et le marché. Le Pilier 2 (recherche collaborative) sera intégré dans un nouveau Fonds européen pour la compétitivité (ECF). Pour préparer cette transition, la Commission européenne prévoit des actions « passerelles » visant à renforcer le passage de la recherche à l’innovation et à la mise sur le marché.

Un nouveau projet de programme de travail (2026-2027) inclut 12 appels « passerelles » répartis en cinq thématiques, notamment :

  • La valorisation des résultats de recherche (plus de 50 M€),
  • L’intelligence artificielle (55 M€), avec des projets sur les médias multilingues, la conduite autonome, les modèles d’IA ou l’énergie,
  • Un soutien aux PME (30 M€) pour recruter des talents dans le domaine de l’IA,
  • Les infrastructures de recherche (30,5 M€),
  • Des projets liés au climat (25 M€).

Par ailleurs, un grand appel « biodiversité » de 229,5 M€ vise à atteindre l’objectif de consacrer 10 % du budget 2026-2027 à cette thématique. Il comprend notamment :

  • Un projet majeur de 50 M€ pour l’observation globale des océans,
  • Des recherches sur la modification du rayonnement solaire,
  • Des projets sur la biodiversité et la santé, ou la lutte contre le trafic d’espèces sauvages,
  • Plusieurs projets plus modestes sur la pollution, les écosystèmes et le suivi de la biodiversité.

Ces financements soulèvent toutefois des controverses, notamment sur l’utilisation des contributions des pays associés à Horizon Europe, certains craignant une réduction des fonds pour des programmes très demandés comme les actions Marie Skłodowska-Curie.

Enfin, plusieurs autres volets du programme Horizon Europe vont être mis à jour, et ces propositions doivent être discutées en juillet par les États membres et la Commission.

«Le scepticisme de la génération Z à l’égard de l’IA est un signal d’alarme : les universités doivent le prendre au sérieux»

L’auteur de l’article Mim Rahimi estime que le défi pour les universités n’est pas d’adopter l’intelligence artificielle, mais de le faire d’une manière qui inspire confiance à la génération actuelle d’étudiant·es.

«Les institutions et les leaders du secteur technologique ne cessent de présenter l’IA comme un outil incontournable pour accroître la productivité et la compétitivité, alors que les membres de la génération Z (Gen Z) — généralement définie comme les personnes nées entre 1997 et 2012, parmi lesquelles figurent de nombreux étudiant·es d’aujourd’hui — semblent la percevoir comme une force qui a un coût, notamment pour leur apprentissage. Ils et elles estiment également qu’elle s’impose plus rapidement que les systèmes sociaux et politiques qui seront nécessaires pour en gérer les conséquences.»

Il avance trois suggestions:

  • Le rôle de l’université est d’enseigner la culture de l’IA, et pas seulement son utilisation.
  • Les institutions devraient favoriser le développement des compétences humaines tout en garantissant une utilisation transparente de l’IA.
  • Les universités devraient veiller à ce que la gouvernance de l’IA soit participative et transparente sans donner l’impression que l’adoption de l’IA leur est imposée par les administrateurs, les fournisseurs de logiciels ou certains enseignant·es.
Le Parlement valide un budget pour les programmes UE

« Le Conseil fédéral demandait initialement 67,3 millions pour les programmes de recherche. Le National l’a réduit de 9 millions, supprimant une réserve devenue caduque.

Le supplément doit servir à verser la contribution obligatoire pour participer aux programmes européens tels que Horizon Europe et Euratom. La Suisse est à nouveau associée à ces programmes depuis 2025, après plusieurs années de froid. »

UNES publie un rapport sur l’évolution des taxes d’études en Suisse

Un rapport de l’Union des étudiant·es de Suisse (UNES) indique une augmentation continue et supérieure à l’inflation des taxes d’études sur la période 2006-2026. Des fortes disparités sont constatées selon les établissements et le statut étudiant (suisse ou étranger). Aujourd’hui, les taxes d’études s’élèvent entre 500 et 1 000 CHF par semestre pour les premiers, et entre 500 à 5 000 CHF pour les seconds.

L’UNES alerte sur les conséquences négatives d’un financement accru pour les usager·ères et la dépendance vis-à-vis des fonds tiers, moins prévisibles que le financement public.

La Suisse trop lente pour défendre sa souveraineté numérique ?

Les initiatives de souveraineté numérique en Suisse progressent trop lentement, estiment les participant·es à une conférence organisée par l’Institut des hautes études en administration publique (Idheap) de l’Université de Lausanne.

Bien qu’une autonomie totale soit impossible, Jean-Christophe Schwab, ancien conseiller national (VD/PS) et auteur du livre Pour une souveraineté numérique, préconise d’imposer des critères stricts aux prestataires plutôt que d’exclure les groupes étrangers. Il faudrait alors être en mesure de maîtriser les données, pouvoir changer de fournisseur, garantir la transparence technologique ainsi que la conformité aux lois locales.

Enfin, la vigilance doit être de mise face au « sovereign washing », une pratique par laquelle des firmes internationales s’allient à des entités locales pour masquer leur origine étrangère.

 

« Le Conseil d’Etat vaudois rappelle que l’équilibre financier du CHUV reste le fruit d’une action permanente »

Les revenus cliniques de l’Hôpital universitaire lausannois (CHUV) ont progressé de 34,2 millions de francs en 2025 par rapport à l’exercice précédent.

Selon un communiqué de l’établissement, dont les comptes ont été approuvés par le Conseil d’État vaudois, cette hausse s’explique notamment par une augmentation des activités d’hospitalisation et de soins ambulatoires. L’institution a également enregistré une hausse de sa masse salariale liée au renforcement des effectifs.

Le Conseil d’État vaudois souligne l’action permanente pour maintenir un équilibre financier.

« L’accès à un modèle d’IA peut être coupé du jour au lendemain »

Le blocage brutal des intelligences artificielles américaines les plus avancées, telles que Fable 5 et Mythos 5 d’Anthropic, sous prétexte de sécurité nationale, révèle la dépendance à l’égard des modèles américains.

« Lorsque l’on dépend entièrement d’infrastructures étrangères pour ses technologies fondamentales, on est à la merci de leurs priorités géopolitiques », déclare Markus Leippold, professeur en mathématiques financières à l’Université de Zurich.

En ce qui concerne l’IA suisse souveraine, Apertus, elle semble être à la traîne face aux modèles américains de pointe.

France: « A Polytechnique, des étudiants perturbent la remise de diplômes et dénoncent l’emprise de certaines entreprises»

Ce vendredi 12 juin, lors de la remise des diplômes de la promotion 2021-2026 de l’École Polytechnique (Essonne – FR), un collectif étudiant a dénoncé l’influence des grands groupes industriels sur leur cursus. Les manifestant·es ont notamment ciblé la présence massive de PDG au conseil d’administration de l’établissement, certain·es arborant des masques à l’effigie de Bernard Arnault et Patrick Pouyanné.

En réaction, la directrice générale de l’école, Laura Chaubard, a affirmé partager leurs préoccupations face aux enjeux environnementaux et géopolitiques, tout en estimant que les étudiant·es se « trompaient de cible ».

«Thèse plagiée : Étienne Klein perd son doctorat»

«Peu après les révélations de plagiat dans la thèse d’Étienne Klein par « Arrêt sur images » en 2024, l’Université Paris Cité avait ouvert une enquête. À la suite de 20 mois de procédure, elle a découvert des copier–coller dans deux tiers des pages. L’université a décidé de lui retirer son doctorat. La sanction lui a été notifiée il y a quelques jours.» (Arrêt sur images)

«Le physicien, âgé de 68 ans, est devenu au fil du temps un des personnages reconnus du monde scientifique au sein des médias pour sa capacité à vulgariser les sciences.» (Télérama)

SHS : les maisons d’éditions suisses peinent à se maintenir à flot

Suite à la baisse des subventions prévue pour janvier 2027 par le Fonds national suisse (FNS), plus de dix maisons d’édition spécialisées en sciences humaines et sociales, dont Epistémé ou Antipodes à Lausanne, se retrouvent en grande difficulté. Cette décision laisse également des dizaines de chercheurs et chercheuses sans solution pour publier leurs travaux.

Le FNS affirme que ce soutien était une « mesure temporaire » destinée à favoriser la transition vers l’open access. En 2014 déjà, le FNS avait tenté de couper son aide financière lors du passage au libre accès sur internet des livres publiés.

Ce qui choque particulièrement les maisons d’éditions, c’est le contraste avec le traitement réservé aux sciences exactes.

Une solution de repli émerge alors : « Les universités pourraient compenser tout ou partie le manque, comme c’est le cas à Fribourg qui intervient à défaut d’un autre fonds pour financer l’open acess », déclare Christian Dandrès, Conseiller national socialiste genevois.

Une chercheuse de l’Université de Zurich est soupçonnée d’avoir d’avoir mis des images trompeuses dans des publications

Plusieurs publications d’une chercheuse en anesthésie ont été rétractées suite à la découverte d’images erronées, identifiées par des internautes anonymes.

La chercheuse renommée pour découvrir de telles images, Elisabeth Bik, qui avait déjà identifié des grandes quantités de publications contenant des doublons d’images dans des publications scientifiques, a analysé sur demande de la rédaction [Tamedia] les images de sept publications de la chercheuse en question et a confirmé les soupçons de doublon dans toutes les images, aussi à l’aide de l’intelligence artificielle.

Il s’agit d’images du type «Western blot» qui sont à priori uniques. S’il y a des doublons cela indique généralement que les résultats de la recherche ne sont pas fiables, et que l’auteur ou l’autrice a essayé de dissimuler les vrais résultats de recherche.

 

Unisanté labellisé « Friendly Work Space »

«Unisanté a regroupé sept institutions de santé. Le processus de changement a été accompagné par le label «Friendly Work Space». Cela a permis de structurer la transition, la collaboration ainsi que la satisfaction et la santé des collaborateurs.»

La Maison Blanche propose une refonte en profondeur du financement de la recherche scientifique aux États-Unis

Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme face à une proposition «ambitieuse» de la Maison Blanche qui pourrait bouleverser en profondeur le fonctionnement de la recherche financée par le gouvernement fédéral. Les règles proposées confieraient aux responsables politiques le contrôle de toutes les subventions fédérales ; réduiraient l’importance de l’évaluation par les pairs ; imposeraient davantage de restrictions à la participation des bénéficiaires de subventions à des réunions ; limiteraient les collaborations entre les scientifiques américains financés par le gouvernement fédéral et leurs homologues étrangers ; et restreindraient le soutien financier fédéral à la publication des résultats des scientifiques américains dans des revues scientifiques. (Nature)

Par ailleurs, l’administration Trump a proposé de réduire de moitié le budget de l’agence National Science Foundation (NSF) et de supprimer purement et simplement la division Social, Behavioral, and Economic Sciences (SBE) au cours du prochain exercice budgétaire. Cette dernière finance environ 63 % de la recherche universitaire en sciences psychologiques et sociales. (The Atlantic)

Selon la American Geophysical Union, «des catégories entières de recherche se verraient de fait privées de financement fédéral, notamment les travaux recourant à des cadres analytiques axés sur les effets disparates — fondement méthodologique de la recherche en santé publique, de la science de la justice environnementale et des sciences sociales qui étudient la répartition inégale des risques climatiques, de la qualité de l’air et de la vulnérabilité aux catastrophes. Cette règle limiterait également tout travail que l’administration estime impliquer des pratiques DEI ou ce qu’elle qualifie d’« idéologie du genre ».  Par ailleurs, un juge fédéral a bloqué la tentative de la NSF de démanteler le National Center for Atmospheric Research NCAR. (American Geophysical Union)

L’USI et la SUPSI lancent une pétition contre les coupes budgétaires

Une pétition du syndicat SSP contre les coupes budgétaires à l’Université de la suisse italienne USI et la HES de la suisse italienne SUPSI a été signée par 1900 personnes.  Cette initiative vise actuellement à contrer les coupes budgétaires cantonales d’environ 8 millions de francs par an, affectant l’USI et la SUPSI, qui s’ajouteraient aux économies de plusieurs millions déjà décidées par la Confédération. Le syndicat réclame également davantage de garanties contre la précarité de l’emploi, une plus grande transparence salariale, une convention collective pour les cadres intermédiaires et le gel de toute augmentation des frais d’inscription à l’université.

Comment diminuer la bureaucratie liée aux fonds pour la recherche

Les candidats aux fonds de recherche sont exaspérés de devoir soumettre des dossiers qui semblent interminables pour une chance infime de succès. Une étude britannique récente a estimé le temps passé sur les aspects bureaucratiques des demandes de financement à 13 %, mais selon une étude américaine, il atteignait jusqu’à 50%.

En parallèle, les évaluateurs sont submergés par un déluge de candidatures, générées de plus en plus souvent par l’intelligence artificielle.

En réponse à cela, les organismes de financement de la recherche du monde entier tentent toutes sortes d’expériences pour rendre le processus plus fluide et plus rapide, mais il est difficile de savoir qui tente quoi et s’il existe des preuves de l’efficacité de ces mesures.

Une récente analyse d’une équipe de l’Institut de recherche sur la recherche de l’University College London a fait le tri dans ce paysage confus. Les auteurs et l’autrice craignent, outre le fait que le fonctionnement actuel représente une perte de temps et d’énergie, qu’il pourrait rendre la science bien plus conservatrice, suggérant que la concurrence actuelle pour l’obtention de subventions dissuade les candidats d’explorer des idées audacieuses qui pourraient ne pas aboutir.

Science Business évalue dans cet article quatre idées pour réduire la bureaucratie liée aux subventions, entre autres avec la question si l’Union européenne essaie cette approche.

 

Que faire par rapport à l’IA qui récolte les données ouvertes?

La capacité croissante de l’intelligence artificielle à passer au crible les ensembles de données ouvertes inquiète certains scientifiques, qui craignent de perdre le contrôle de leurs informations.

Certains scientifiques affirment que le potentiel de la science automatisée à servir la « bonne cause » scientifique — en accélérant, par exemple, la découverte de nouvelles cibles thérapeutiques — justifie que les données ouvertes restent accessibles à tous. D’autres, en revanche, soulignent que les robots qui extraient des ensembles de données complexes peuvent contribuer à une recherche de mauvaise qualité et à des erreurs d’IA («AI slop»), tout en permettant l’extraction de données sensibles, notamment des informations sur les patients. Ils estiment que de nouvelles règles et de nouveaux systèmes techniques sont nécessaires pour restreindre l’accès des robots aux bases de données.

Les doctorants·es de l’IHEID demandent une revalorisation salariale

Les doctorant·es de l’Institut des hautes écoles internationales et du développement (IHEID) dénoncent des conditions salariales précaires. «Si les conditions de réalisation des doctorats ont évolué, offrant notamment davantage de prévisibilité, le cœur du problème reste entier: avec un contrat de travail à 45%, pour une activité concrète à temps plein, impossible de joindre les deux bouts.»

«La situation est d’autant plus mal perçue qu’elle n’a pas d’équivalent dans le canton: à l’université de Genève, les assistant·es sont engagé·es en classe 8 et rémunéré·es pour l’ensemble de leur activité».

L’Institut campe sur ses positions.

Le Parti socialiste a adreessé une question écrite à l’excécutif cantonal, en attente de réponse.

ACIDUL, l’association du corps intermédiaire et des doctorant·es de l’Université de Lausanne, soutient pleinement les demandes des doctorant·es.

La Suisse renonce à participer au programme Copernicus de l’UE»

«Le 5 juin 2026, le Conseil fédéral a décidé que la Suisse ne participerait pas à Copernicus, le programme d’observation de la Terre de l’Union européenne (UE), également pour la période 2028-2034. Il devrait réexaminer la question de la participation de la Suisse en 2032.» (Conseil fédéral)

Une décision qui n’a pas fait l’unanimité, surtout dans le monde scientifique. Au cours de l’émission Seidisera, Reto Knutti, professeur de sciences environnementales à l’École polytechnique fédérale de Zurich, n’a pas ménagé ses critiques. «Copernicus nous donne accès à des données d’observation de la Terre, provenant principalement de satellites, mais aussi de stations de mesure. La Suisse dépend de ces données pour ses prévisions météorologiques, mais aussi climatiques, afin de pouvoir ensuite réaliser des estimations climatiques, afin de pouvoir ensuite évaluer les risques naturels. Je pense qu’il est dangereux de ne pas participer à ce programme.» Une participation présenterait par ailleurs des avantages, ainsi que des retombées économiques potentielles et des contacts. Réto Knutti précise: «Bien sûr, ces données sont disponibles aujourd’hui, mais nous ne savons pas si la situation va changer. […]la Suisse exploite un peu le système, et ce n’est pas une bonne chose pour un pays riche et tourné vers l’innovation. Je pense que c’est un signal inquiétant». (RSI)

 

«Le Conseil fédéral soutient la recherche agricole pour un avenir placé sous le signe de la sécurité alimentaire»

«[L]e Conseil fédéral a décidé d’octroyer une contribution de 25 millions de francs au CGIAR pour la période 2026-2027. Le consortium international de centres de recherche agronomique mène des recherches agricoles dans le but de renforcer la sécurité alimentaire à l’échelle de la planète. Le soutien de la Suisse au CGIAR s’inscrit dans le cadre de sa coopération internationale et renforce le pôle de recherche suisse.»

L’occupation de l’université de Genève débattu au Grand Conseil

Le Grand Conseil a débattu vendredi de l’occupation de l’UNIGE par des militant·es pro-palestiniens et la de la position du rectorat sur le conflit à Gaza.

La droite a axé son argumentaire autour des questions de sécurité lors d’événements sensibles, en invoquant l’invitation de Martin Pfister interpelé par des manifestant·es lors de sa venue à l’UNIGE. Le PLR avait également déposé une motion visant à permettre aux étudiant·es qui ne souhaitent pas financer automatiquement le syndicat étudiant de l’UNIGE, la CUAE, via la taxe semestrielle.

Le centre a déposé une résolution invitant le Conseil d’État à clarifier et redéfinir la procédure d’interventions policières sur le domaine universitaire et à demander au rectorat de faire la lumière sur les dysfonctionnements de novembre.

La gauche, minoritaire, a quant à elle déploré une réponse répressive, selon la verte Ayari Felix Berltrametti. Elle a également souligné une ingérence à l’autonomie de l’université ainsi que l’exclusion de la communauté universitaire dans le débat.

Premiers diplômes délivrés à la faculté de l’éducation à Fribourg

La faculté des sciences de l’éducation et de la formation a accueilli sa première volée d’étudiant·es en septembre 2025. Ce projet de regroupement institutionnel entre la HEP Fribourg et l’Université de Fribourg dénote d’une volonté de réunir l’ensemble de la formation à l’enseignement sous un même toit.

Le regroupement, avec la création d’une sixième faculté à l’Unifr, constitue un « modèle original avec un profil distinct et attractif » dans le paysage universitaire suisse, souligne la Direction de la formation et des affaires culturelles (DFAC).

«La résolution d’un vieux problème par l’IA pousse les scientifiques à mieux encadrer son usage»
«Une intelligence artificielle a résolu un problème mathématique vieux de 80 ans d’une manière qui a stupéfait le monde de la recherche. Sentant leur activité menacée, des scientifiques ont lancé mardi un manifeste pour mieux encadrer l’utilisation de ces technologies. La déclaration a recueilli depuis plus de 1200 signatures.»
Le Conseil suisse de la science CSS publie son évaluation d’Innosuisse

«Le Conseil suisse de la science CSS a publié aujourd’hui son rapport d’évaluation sur le portefeuille d’encouragement d’Innosuisse. L’évaluation conclut qu’Innosuisse remplit son mandat légal et dispose d’un portefeuille de soutien cohérent. Parallèlement, le CSS identifie un potentiel de développements ciblés, notamment en ce qui concerne l’implication de partenaires de mise en œuvre ainsi que l’accès au capital-risque et aux fonds propres.»

L’université au service de la société : apprendre autrement grâce au service communautaire

L’apprentissage par service communautaire se développe sur les campus canadiens. Cette approche pédagogique expérientielle permet à la communauté étudiante de s’engager bénévolement une trentaine d’heures par trimestre auprès d’un organisme, en remplacement d’un travail final.

Grâce à un réseau de plus de 1’000 partenaires (organismes sans but lucratif, organisations publiques, parapubliques et gouvernementales), les étudiant·es collaborent à des projets répondant à des besoins concrets. L’objectif étant d’une part d’enrichir la société civile et rendre les savoirs universitaires accessibles autrement que par la recherche traditionnelle, et d’autre part en mettant l’université au service de sa communauté.

Plaidoyer pour la création de places d’études en médecine et contre l’initiative de la suisse à 10 millions

La présidente de la FMH  Yvonne Gill met en garde contre un effondrement du système si la Suisse des 10 millions devient une réalité: «Nous manquons de places en master. Sans l’aide financière de la Confédération, nous n’obtiendrons pas ces places. Or, la compétence en matière d’éducation relève des cantons ; ceux-ci doivent être prêts à investir dans ce cursus coûteux. Et les universités doivent adapter leurs programmes pour proposer ces places. Il y a un manque de coordination entre la Confédération et les cantons. Nous y travaillons.»

La pandémie aurait montré à quel point nous sommes vulnérables. «Nous avons toutefois absolument besoin de ces places d’apprentissage, quel que soit le résultat de ce vote. Si le climat politique en Europe continue de s’orienter vers un repli national plutôt que vers la coopération internationale, la situation deviendra extrêmement dangereuse pour nous. La pandémie a montré à quel point nous sommes vulnérables. Si les frontières se ferment lors de la prochaine crise, nous serons confrontés à un problème existentiel.»

 

Les effets collatéraux du G7 sur les déplacements des membres de la communauté académique

La rencontre internationale de mi-juin aura de nombreux impacts collatéraux sur l’Arc lémanique et la France voisine, soulignant leur forte interdépendance.

En pleine période d’examens, la communauté académique est particulièrement touchée. L’Université de Lausanne appelle ainsi les étudiant·es à anticiper leurs déplacements, tandis que d’autres institutions, comme l’Ecole d’avocature de Genève, ont choisi de reporter leur sessions.

Un chercheur en informatique pénalisé pour sa thèse sur la «désescalade numérique»

La soutenance d’une thèse du laboratoire de recherche en informatique a été annulé 15 jours avant par le Collège des écoles doctorales, en délégation du président de l’université Grenoble-Alpes. La raison avancée: «Le contenu de la recherche présenté ne relève pas des mathématiques appliquées, la discipline d’inscription de la thèse.» La thèse porte sur la question suivante: « Face à l’accroissement continu du numérique dans nos vies et à ses conséquences sociales et écologiques dramatiques, comment lutter contre ce déferlement depuis les laboratoires de recherche en informatique ? 

Le directeur de thèse Romain Couillet, professeur des universités et chercheur en mathématiques appliquées, affirme: « Cette thèse ne se limite pas à mesurer l’empreinte carbone du numérique : elle en questionne les fondements, les finalités et les implications politiques dans une université qui encourage de plus en plus les recherches en intelligence artificielle, en physique quantique et dans les technologies de pointe. Forcément, ça ne plaît pas. »

Les soutiens sont venus en nombre pour assister à cette soutenance «sauvage».

L’IA dans l’enseignement supérieur: défis et recommandations

Sabine Seufert, professeure de pédagogie économique et directrice de l’Institut de gestion et de technologies de l’éducation à l’Université de Saint-Gall, est membre du Conseil suisse de la science (CSS) et a largement contribué à l’élaboration des présentes recommandations sur la gouvernance de l’IA dans l’enseignement supérieur. Au cours de l’entretien, elle explique où se situent les principales lacunes en matière de gouvernance, quel est le rapport entre un «bac à sable» et l’éducation, et pourquoi un cadre réglementaire coordonné est nécessaire pour que les établissements d’enseignement supérieur puissent mener des recherches, tester et utiliser l’IA de manière responsable.

Claudio Bassetti a été choisi comme nouveau recteur de l’USI

Claudio Bassetti prendra ses fonctions le 1er septembre. Ce neurologue compte plus de 30 ans d’expérience clinique, universitaire et de gestion. Il est actuellement doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Berne et, depuis 2024, également directeur de la recherche et de l’enseignement (DLF) à l’Inselspital de Berne, en tant que membre votant de la direction générale.

Le Corriere del Ticino évoque le prédécesseur Boas Eres (01.09.2016-09.05.2022) et Luisa Lambertini (01.07.2023 – 31.12.2025), qui auraient vécu des tensions avec le Conseil de l’université.

«Rappelons une interview datant de mai 2024, dans laquelle la rectrice elle-même définissait la notion de normalité dans le milieu universitaire et soulignait : «La normalité ? Une université dont la gestion relève entièrement du rectorat et dont le Conseil n’assure que la haute surveillance. C’est un processus, et je pense qu’il reste encore du travail à accomplir dans ce sens. Nous essayons de revenir à cette normalité.»

Par ailleurs, l’USI souligne dans son communiqué que «dans le cadre de sa double fonction de doyen et de directeur du DLF de l’Inselspital, Claudio Bassetti s’est engagé sans relâche à renforcer la collaboration entre l’université et l’hôpital, en promouvant l’excellence dans les soins, l’enseignement et la recherche».

«Cette remarque semble aujourd’hui déterminante dans le choix de l’Université de la Suisse italienne, notamment dans la perspective du développement de la recherche dans le domaine biomédical et de la mise en place d’un hôpital universitaire», estime l’auteur de l’article du Corriere del Ticino.

Dans une interview accordé à La Regione, Claudio Bassetti affirme que l’université doit en effet être indépendante [de la politique], avec une relation clairement définie par les mandats.

Selon le futur recteur, «Une université aussi petite doit optimiser les synergies : la force de cette université, comme celle des autres, devra être supérieure à la somme des capacités et des compétences individuelles.»

Par ailleurs, il souligne l’importance de l’efficacité du financement et de l’excellence, «qui ne sera pas seulement évaluée en fonction des publications et des fonds ; l’excellence, c’est aussi la capacité à collaborer, à promouvoir les jeunes et à avoir un impact. C’est une culture de l’excellence que je souhaite définir comme plus large que ce que peut être la vision originelle du «toxic performer», du charognard qui ne vit que pour lui-même. […]

Mesurer l’excellence est une tâche difficile : il ne s’agit pas simplement de formules. J’ai choisi le terme « humanisme », mais on pourrait aussi parler de «Renaissance de l’Usi», précisément parce que je m’inspire de ces principes, de ces valeurs : la place centrale de l’homme et de la personne comme fin ultime de l’effort ; le dialogue entre les sciences exactes et les sciences humaines ; une responsabilité civique vis-à-vis de ce que l’on fait.»

À propos de son rapport à la politique, pour lui «il est clair qu’il faut comprendre les besoins, les sensibilités, voire les critiques ; c’est pourquoi je serai à l’écoute. Mais la politique ne peut dicter les politiques universitaires : elle régit les mandats, les contrats de prestations, mais il faut préserver une indépendance fondamentale.  [..] Je ne ferai pas de politique au sens classique du terme ; je serai présent, comme je l’ai déjà dit, j’écouterai beaucoup. Et je prendrai également la parole.»

Allemagne : Un service fédéral aiguille les universités sur les questions de l’IA

La conférence allemande des recteurs et rectrices universitaires a mis en place le service KI-LOTSE qui a pour but d’aiguiller les hautes écoles sur les questions liées à l’intelligence artificielle.

Celui-ci «intervient là où de nombreuses offres s’arrêtent : au niveau de la gestion des systèmes et de la direction, en s’appuyant sur les valeurs, les profils et les besoins des établissements d’enseignement supérieur. Au lieu de juxtaposer des solutions individuelles, KI-LOTSE offre une vue d’ensemble structurée des thèmes et des défis communs, des évolutions en matière d’infrastructures et de législation, ainsi que des options stratégiques qui en découlent. Sur cette base, KI-LOTSE propose des services et des ressources exploitables, offrant ainsi aux directions des établissements d’enseignement supérieur et aux autres acteurs du monde universitaire et de l’administration un point d’entrée fiable dans ce domaine parfois complexe et en constante évolution.» (KI-LOTSE)

Nouvelle opportunité pour la publication de travaux de recherche

À partir de l’automne 2026, le personnel de recherche rattaché à des institutions basées en Suisse pourra publier gratuitement sur Open Research Europe (ORE). Si la plateforme a joué un rôle important en permettant une diffusion rapide et transparente des recherches financées par l’UE, conformément aux principes de la science ouverte, l’éligibilité des auteur·ices s’est jusqu’à présent limitée aux chercheur·euses bénéficiant d’un financement au titre de ces programmes.

L’ORE passera donc à un modèle de financement collectif hébergé par le CERN. De plus, l’extension de l’éligibilité de son équipe internationale d’auteur·ices permettra aux auteur·ices de publier sur ORE sans frais et en totale conformité avec les mandats d’accès libre.

La pression sur les sciences sociales s’intensifie

Confronté à une baisse de budget de 200 millions de francs de la part de la Confédération, le Fonds national suisse (FNS) va réduire de 20% son aide aux publications dès 2027 et supprimer le programme de bourses « Doc.CH ». Ce dernier est spécifiquement conçu pour les doctorant·es en sciences humaines et sociales en Suisse.

Désormais, seules les publications issues de recherches directement soutenues par le FNS seront financés, ce qui exclut les thèses de doctorat et d’habilitation, tout en imposant aux éditeur·ices une nouvelle évaluation indépendante.

Le milieu académique, à l’instar de Monika Dommann, professeure d’histoire moderne à l’Université de Zurich, ainsi que les éditeur·ices scientifiques suisses dénoncent une contrainte inutile, un ralentissement des publications au détriment des jeunes chercheur·euses et une menace directe pour l’avenir des sciences humaine et sociales en Suisse. Une pétition a été lancée pour s’opposer à ces mesures.

Chronique sur le métier de professeur d’université

Le métier de professeur·e d’université se caractérise avant tout par l’autodétermination. Si la grande liberté accordée à la recherche et à la conception des cours favorise l’épanouissement professionnel, elle comporte également des risques majeurs comme une surcharge de travail accrue et la porosité des frontières entre vie professionnelle et vie personnelle.

Face à ce constat, l’auteur plaide, dans sa rubrique du magazine Affaires Universitaires, pour la levée des tabous et invite à une véritable prudence envers soi-même afin de garantir une protection mutuelle au sein de la communauté académique.

«Les sciences sociales penchent à gauche, et c’est un problème»

Une chronique du Frankfurter Allgemeine Zeitung souligne que le manque de pluralisme politique en sciences sociales engendrerait des biais méthodologiques. Dans les domaines sensibles comme l’immigration, le professeur associé en migrations [de l’Université de Notre Dame] Alexander Kustov note que les résultats non conformes au consensus progressiste sont souvent minimisés.

Selon le sociologue Neill Gross [du Colby Collège], ce phénomène s’auto-alimente en attirant majoritairement des profils partageant déjà ces idées. Pour préserver l’objectivité scientifique, l’auteur de la chronique insiste sur l’idée que le milieu académique devrait intégrer la diversité des visions du monde au même titre que les diversités de genre ou d’origine. De plus, cette politisation unilatérale à gauche pourrait également alimenter, en réaction, une politisation de la droite.

La professeure en philosophie de l’Université de Tübingen Sabine Döring affirme sur LinkedIn qu’il est délicat d’affirmer que «la politique scientifique devrait prendre des mesures pour contrer cette tendance». «D’une part, il s’agit de supprimer les incitations à l’homogénéisation. D’autre part, une pluralité imposée par les pouvoirs publics constituerait une atteinte (illibérale !) à la liberté scientifique.»

Philip Morris aurait financé des recherches de l’Université de Genève sur la psychologie des enfants

«La multinationale Philip Morris aurait financé des études menées sur les enfants au sein de l’Université de Genève dans les années 1990. Selon une enquête de l’association anti-tabagisme OxySuisse parue jeudi, des centaines de mineurs dès neuf ans auraient été enrôlés à des fins marketing.»

« Blatten a entraîné un électrochoc scientifique »

L’effondrement du village de Blatten, survenu il y a un an, a provoqué un véritable électrochoc dans le monde scientifique. En mai 2026, quatre institutions de recherche lancent simultanément des projets dédiés à la prévention des dangers naturels en montagne.

L’Université de Genève crée une chaire spécialisée, le Swiss Polar Institute noue un partenariat avec la Fondation Lombard Odier et le Canton du Valais, et la HES-SO Valais s’allie au Crealp. Ces initiatives réunissent au total deux écoles polytechniques, trois universités et plusieurs instituts de recherche.

 

 

Le monde académique

L’émission de reportage Vacarme de la RTS a fait une série sur le monde académique.

1. Les coupes budgétaires, le financement privé de la recherche, quel enjeu pour la liberté académique?

2. Orientation études et carrière

3. Carrière académique

4. «Un vent trumpiste souffle-t-il sur l’Europe et nuit-il à ces facultés soupçonnées de « gauchisme et de wokisme » par la droite et l’extrême droite? L’Université doit-elle à tout prix viser la neutralité?»

5. Formation de médecins (de famille)

Un centre de compétence sur la résilience à l’Université de Fribourg

L’Université de Fribourg a remporté un appel à projets lancé par La Mobilière. Financé par la compagnie d’assurance, un centre  interdisciplinaire étudiera la pérennité de notre société et de notre économie. Le but étant de développer des solutions concrètes pour renforcer la résilience de la Suisse. Ce pôle travaillera en prise directe avec le terrain. L’idée sera notamment de collaborer avec des entreprises sur des cas pratiques, mais aussi de présenter des projets hors des murs de l’université. À moyen terme des formations continues pourraient aussi être proposées.

Pour la rectrice, Katharina Fromm, ce projet répond à un besoin sociétal. Le sentiment d’angoisse et le besoin d’assurance augmenteraient au sein de la population, en particulier chez les jeunes.

Quant à la question des fonds privés et l’indépendance de la recherche, la rectrice insiste sur la mission de « transférer le savoir à la société » et insiste sur de nombreuses règles qui protègent la liberté académique lors de collaborations avec des entreprises.

 

 

 

FP10: «Il est temps de passer à la vitesse supérieure»

«Dans une déclaration commune avec ses partenaires européens en matière de recherche et d’innovation, la Ligue des universités européennes de recherche (LERU) appelle aujourd’hui le Conseil « Compétitivité » à se montrer à la hauteur de l’ambition et de la dynamique dont fait preuve le Parlement européen dans les négociations en cours sur le 10e programme-cadre et le Fonds européen pour la compétitivité (ECF). L’Europe ne peut se permettre aucune hésitation institutionnelle ni aucune approche fragmentée à un moment où la concurrence mondiale, les mutations technologiques et l’instabilité géopolitique exigent une vision stratégique claire et des investissements résolus dans la connaissance, les talents et l’innovation. […] L’adhésion rapide de pays tels que la Suisse et le Royaume-Uni au 10e programme-cadre est essentielle pour garantir la force scientifique et la compétitivité à long terme de l’Europe. La collaboration scientifique constitue un atout stratégique pour l’Europe et ne doit pas être victime des retards politiques.»

Audrey Leuba prend position sur l’initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions»

Audrey Leuba, rectrice de l’Université de Genève, affirme que l’initiative contre une Suisse à 10 millions d’habitants pointe des défis réels, mais met en garde contre une solution en trompe-l’œil qui affaiblirait la recherche et la formation.

«La recherche et l’innovation constituent en outre un moteur clé pour répondre aux défis liés à la sécurité, aux infrastructures, à la durabilité, aux transports ou à l’énergie. Affaiblir la mobilité académique et l’accès aux programmes européens reviendrait à réduire nos marges de manœuvre face aux défis mêmes que l’initiative entend résoudre.»

UNIGE: «Données de recherche et collaboration scientifique avec la Chine»

L’Université de Genève prend note du cadre réglementaire chinois concernant la protection des données personnelles (PIPL) et la sécurité des données considérées comme importantes ou essentielles pour la nation (Loi sur la sécurité nationale de la République populaire de Chine).

«Dans le cas d’importation de données depuis la Chine ou l’élaboration de projets de recherche bilatéraux, il est nécessaire d’obtenir l’autorisation des autorités chinoises. Les chercheurs-euses peuvent anticiper les difficultés éventuelles en évaluant les risques liés aux données dès la phase de conception du projet, notamment en identifiant soigneusement les types de données, les flux de données prévus et leur classification éventuelle en vertu de la législation chinoise. […]

Afin d’orienter ses chercheurs-euses, l’Université de Genève a établi des recommandations dédiées à la collaboration scientifique avec la Chine, ainsi qu’un questionnaire d’auto-évaluation sur une base volontaire» et une séance d’information concernant également les contrôles d’exportation, les embargos et les sanctions («Check before you collaborate»).

Renens accueille une école de robotique humanoïde

Avec le lancement en septembre 2026 d’Asinov School à Renens, la Fondation Inartis, la Fondation Dalle Molle et 42 Lausanne veulent former une nouvelle génération de spécialistes capables de faire travailler des robots humanoïdes dans des environnements concrets.

La nouvelle école ouvrira ses portes pour la rentrée d’automne 2026, à cheval entre Renens et Shanghai. Elle formera des spécialistes capables de déployer des robots humanoïdes dans la santé, l’industrie ou les services.

Calquée sur le concept éprouvé des écoles 42, elle adoptera une pédagogie fondée sur l’apprentissage par projets, le peer-learning et l’expérimentation pratique, sans cours traditionnels. (ICT Journal)

L’un des initiateurs, Benoît Dubuis, président de l’Académie suisse des sciences techniques (SATW), détaille le projet dans le Bilan.

« La HES-SO Valais et le Crealp unissent leurs forces »

La HES-SO Valais et le Centre de recherche sur l’environnement alpin (Crealp), fondation à but non lucratif, ont signé une convention de collaboration stratégique sur les effets du changement climatique.

«Cette alliance  doit permettre de mieux anticiper les risques, de valoriser les données scientifiques et de renforcer les solutions au service du territoire alpin», expliquent les deux entités.»

La HES-SO Genève interdit les messages politiques pendant le G7

Il sera interdit de relayer des messages politiques pendant le G7 dans les locaux ou via une adresse électronique pour les membres de la HES-SO Genève. Une « stricte neutralité politique » est exigée,  rappelant que « l’environnement des étudiants ne doit pas être perturbé pendant la période d’examens », comme l’affirme la rectrice. (Le Courrier) 

De plus, aucune manifestation ou rassemblement collectif en lien avec le G7 d’Evian (F) ne sera admis dans la HES-SO et ses divers sites. Il en sera de même pour l’Université de Genève qui se conforme aux recommandations du Conseil d’Etat.

Dans les deux entités, les étudiant·es frontalier·ères devront anticiper leurs déplacements pour les sessions d’examens.

La ministre vaudoise Rebecca Ruiz (PS) veut améliorer le montant des bourses d’études et d’apprentissage

Les étudiant·es et apprentis au bénéfice d’une bourse toucheront bientôt un peu plus d’argent pour subvenir à leurs besoins vitaux. C’est le projet de réforme portée par la ministre socialiste Rebecca Ruiz, qui arrive à la fin de son mandat. En parallèle de l’adaptation du système informatique qui permettra aux boursier·ères de suivre le statut de leur demande et d’échanger directement avec leur répondant, ils·elles devraient bénéficier de plus d’argent.

Onze mille demandes de bourses ou de prêts ont été enregistrées pour l’année 2025-2026, dont 23% des bénéficiaires sont des apprenti·es.

 

Etats-Unis : nouvelles restrictions concernant la publication d’articles en collaboration avec des scientifiques étrangers

Les responsables des subventions de deux des plus grands organismes de financement de la recherche scientifique du gouvernement américain ont récemment imposé des restrictions sans précédent à la capacité des scientifiques américains à publier des articles en collaboration avec des coauteurs d’autres pays.

Ni le National Institutes of Health (NIH) ni la NASA ont publié de nouvelles directives officielles décrivant ces exigences. Au lieu de cela, les responsables informent les bénéficiaires individuellement, ce qui sème la confusion et suscite l’inquiétude chez les chercheurs.

Tendances des 2 dernières semaines