L’invasion en Ukraine chamboule le domaine de slavistique de l’Université de Fribourg. Un voyage d’études à Odessa, en Ukraine, a dû être annulé. L’assistante diplômée du cours en question, Eliane Fitzé craint que le conflit pourrait compliquer durablement le cursus des étudiants en slavistique. «C’est important de pouvoir voyager pour apprendre une langue. Or, cela fait déjà deux ans que les étudiants ne peuvent pas voyager», poursuit Eliane Fitzé. Elle s’interroge également sur l’avenir des collaborations institutionnelles avec des universités russes. «Quand on est en contact avec des chercheurs russes, on doit désormais faire attention à ne pas les mettre en danger», commente-elle à ce sujet.
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9Mar2022
Politique des hautes écoles
Le tour aux femmes épidémiologistes de parler
Selon une recherche de deux journalistes Tamedia, les experts Covid (de la catégorie «recherche et clinique») du genre féminin ont été sous-représentés par les médias suisses. Dans le classement des 20 personnes les plus souvent mentionnées il y a seulement 4 femmes. Ce grand écart entre les sexes n’existe pas seulement pendant la pandémie de Corona. Selon une étude de l’université de Zurich, à peine une personne sur quatre dont les médias suisses ont parlé était une femme en 2020. Et depuis 2015, l’écart n’a pas changé. Les professeures renommées en épidémiologie Nicole Probst-Hensch et Olivia Keiser sont interrogés dans l’article sur les raisons pour lesquelles elles n’ont pas été plus visibles dans les médias.
Les leçons de la pandémie – pour une politique de santé fondée sur des données probantes
Le professeur émérite d’épidémiologie clinique à l’Hôpital universitaire de Bâle, Heiner C. Bucher, plaide pour la constitution d’un centre national de données afin de permettre une meilleure prise de décision en matière de gestion des pandémies à l’avenir. «L’existence de données « real world evidence » joue un rôle important partout où le potentiel d’innovation est élevé.» En prenant l’exemple de la gestion de la pandémie en Ecosse, le professeur argumente alors pour un système où les données épidémiologiques sont récoltés au niveau individuel, puis anonymisées, avant d’être utilisées à l’échelle nationale.
Des pionnières à l’honneur à l’EPFL
A l’occasion de la journée internationale des femmes, l’EPFL renomme trois rues de son campus à Écublens pour rendre honneur aux pionnières féminines de la science.
L’Unil dans les médias
Enseignement et recherche : les meilleurs employeurs de Suisse
La Handelszeitung a publié sa liste des «meilleurs employeurs de Suisse en 2022» pour l’éducation et la recherche. L’Université de Lausanne occupe désormais la 16ème place du classement sectoriel. En tête de liste se trouve le Paul Scherrer Institut. La HEP Vaud se trouve au 3ème rang et l’EPFL au 7ème.
8Mar2022
Politique des hautes écoles
La recherche en temps de guerre : la coopération russo-ukrainienne mise à mal
L’invasion russe de l’Ukraine a déclenché un déluge de condamnations de la part des scientifiques et des organismes de recherche du monde entier. Certains organisations des pays occidentaux ont rapidement rompu leurs liens avec la Russie, en supprimant les financements et les ressources et en mettant fin aux collaborations avec les scientifiques russes.
L’Association européenne des universités (EUA) suspend 12 membres russes pour une déclaration en faveur de la guerre. Cependant, Alexander Nozik, chercheur à l’Institut de physique et de technologie de Moscou, suppose que la lettre des recteurs ait été signée sous la contrainte, en vue de la nouvelle loi adoptée par le gouvernement russe qui prévoit jusqu’à 15 ans de prison pour la diffusion de «fausses» informations sur l’armée. (Science business)
En réponse à l’invasion, l’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas et la Lituanie ont arrêté leurs projets officiels avec la Russie. Le 5 mars, la Norvège est devenue le dernier pays à suivre cet exemple, en suspendant tous les partenariats de recherche et d’éducation entre institutions. (Science business).
En Ukraine, une partie de la communauté scientifique regrette le manque de soutien de la part des institutions de recherche russe. Elle souhaite des «restrictions» de la recherche russe, en conséquence. « Nous demandons instamment que les chercheurs affiliés à de telles institutions ne soient pas admis dans les équipes de subventions internationales, ne soient pas invités à des conférences internationales et ne soient pas publiés dans les principales revues scientifiques internationales. ». (Nature)
Certains physicien-ne-s ukrainien-ne-s appellent par ailleurs à l’expulsion de la Russie du laboratoire du CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire). L’option d’expulser les scientifiques du CERN pourrait pourtant se révéler comme irréalisable. Plus de 1000 Russes y travaillent, soit environ 8% des 12 000 scientifiques collaborant au CERN. «Leur départ soudain pourrait rendre le laboratoire incapable de fonctionner», estime John Ellis, un physicien théoricien du King’s College de Londres qui travaille au CERN. (Science)
En effet, le Conseil administratif du CERN a décidé d’encourager les initiatives visant à soutenir les collaborateurs ukrainiens et l’activité scientifique ukrainienne dans le domaine de la physique des hautes énergies, de suspendre le statut d’observateur de la Fédération de Russie et ne s’engagera pas dans de nouvelles collaborations avec la Fédération de Russie et ses institutions jusqu’à nouvel ordre. En outre, «la direction du CERN se conformera à toutes les sanctions internationales applicables. […] Le CERN continuera à défendre ses valeurs fondamentales de collaboration scientifique transfrontalière en tant que moteur de la paix.» (CERN)
FNS: Mesures pour soutenir les scientifiques d’Ukraine
«Le FNS a débloqué 1 million de francs pour l’accueil de scientifiques d’Ukraine dans des hautes écoles en Suisse et adopté une série de mesures supplémentaires pour leur venir en aide. En collaboration avec Scholars at Risk Switzerland, cette somme doit permettre à des hautes écoles d’accueillir une première volée de chercheuses et de chercheurs qui en feraient la demande. Ils pourront ainsi poursuivre leurs propres travaux académiques dans des institutions en Suisse. Selon les besoins, des sommes supplémentaires pourront être débloquées.»
Les HES rejettent l’introduction des titres «Professional Bachelor» et «Professional Master»
«Depuis des années, divers milieux demandent l’introduction de titres tels que «Professional Bachelor» et «Professional Master» pour les diplômes de la formation professionnelle supérieure. Une intervention dans ce sens a échoué en 2014 au Conseil des États. En 2020, la demande a été relancée par une motion de même teneur. Le Conseil fédéral a certes proposé de rejeter la motion, mais il a procédé à un état des lieux complet par le biais du SBFI et a lancé le projet « Positionnement ES ». Le rapport intermédiaire qui en découle montre que de tels titres ne sont pas la solution au problème. La motion a été adoptée le 08.03.2022 par le Conseil national.»
L’association faitière des HES suisses FH SCHWEIZ et son président Andri Silberschmid (PLR) «font désormais tout leur possible pour convaincre le Conseil des Etats de la rejeter.»
PRIMA et Eccellenza fusionnent pour devenir les SNSF Professorial Fellowships
«Mesure en faveur de l’égalité intégrée directement : les deux instruments au plus haut niveau de l’encouragement de carrières du FNS fusionneront. Le budget qui était alloué à PRIMA reste réservé aux femmes.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 8 mars 2022
Cesla Amarelle et Frédéric Borloz se prononce sur l’affaire du doctorat honoris causa de Mussolini
Dans le cadre d’un débat électoral publié dans le 24 heures, les candidat-e-s au Conseil d’État Cesla Amarelle (PS) et Frédéric Borloz (PLR) se sont prononcés sur la possibilité de retirer le doctorat honoris causa de Benito Mussolini à titre posthume. «C’était une erreur de l’avoir attribué, une erreur qui fait partie de l’histoire de l’Université de Lausanne, que le rectorat souhaite assumer comme telle, ce que je respecte», déclare Cesla Amarelle. Frédéric Borloz : «Je ne suis pas révisionniste, ni dans un sens ni dans l’autre. Les responsables sont critiqués par les historiens, mais on ne refait pas l’histoire.»
7Mar2022
Politique des hautes écoles
La communauté scientifique continue de couper les liens avec la Russie et le Belarus
Alors que le mouvement visant à suspendre les liens entre la recherche occidentale et la Russie s’accélère, les gouvernements néerlandais et slovène ainsi qu’un groupe d’universitaires européens (ALLEA) annoncent des sanctions pour l’invasion de l’Ukraine.
Le cursus en médecine de l’Université de Fribourg est accrédité
Le cursus en médecine de l’Université de Fribourg, et notamment le nouveau programme de master, vient d’être accrédité sans condition par le Conseil suisse d’accréditation.
Renforcer la fuite de cerveaux pour mettre pression sur le régime Poutine?
L’entrepreneur russe installé dans le canton de Vaud Mikhail Kokorich se montre critique envers le gouvernement du président russe Vladimir Poutine. Selon lui, l’Europe et les Etats-Unis devraient recruter de manière ciblée des ingénieurs et des scientifiques russes : Cela affaiblirait le système russe.
Diplomatie scientifique: le Conseil fédéral continuera de soutenir la fondation GESDA après le succès de la phase pilote
«Lors de sa séance du 4 mars 2022, le Conseil fédéral a décidé de prolonger de dix ans la durée de la fondation «Geneva Science and Diplomacy Anticipator» (GESDA) et de continuer à la soutenir financièrement. Après une phase pilote de trois ans, la fondation GESDA, ancrée dans la Genève internationale, s’est imposée comme un acteur majeur au service de la gouvernance mondiale. Elle a pour but de détecter les avancées scientifiques et technologiques, d’évaluer leur impact et leurs effets potentiels sur le genre humain, la société et la planète, et de renforcer le positionnement de Genève en tant que plateforme d’échanges entre les acteurs de la communauté internationale.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 7 mars 2022
4Mar2022
Politique des hautes écoles
«Les scientifiques russes en Suisse sont contre Poutine»
Selon un sondage du Tages-Anzeiger dans les universités de Suisse alémanique, les chercheurs russes en Suisse sont «clairement opposés» au président Poutine et choqués par sa guerre contre l’Ukraine. Beaucoup d’entre eux-elles ont toutefois peur de s’exprimer librement. Selon une doctorante interrogée, «La majorité des chercheurs et des étudiants ont quitté la Russie non seulement à cause des opportunités, mais aussi à cause de Poutine.»
«La science n’avait pas de frontières… jusqu’à aujourd’hui»
Le conflit entre la Russie et l’Occident pourrait avoir des lourdes conséquences sur la collaboration internationale pour la recherche, comme par exemple pour les programmes spatiaux internationaux. «En France, le CNRS renonce à toute nouvelle collaboration avec le pays de Poutine. L’Allemagne cesse même les collaborations déjà engagées. De même, l’UE suspend tout paiement aux institutions russes qui participent à ses programmes scientifiques et elle reporte sine die quatre projets en préparation.»
Dans ce contexte, le journaliste Denis Delbecq rappelle comment, pendant la guerre froide, les scientifiques des deux cotés avaient travaillé ensemble en dépit des différences et de leurs oppositions. «Il n’y a guère que pendant les deux conflits mondiaux de la première moitié du XXe siècle que les échanges de savoirs et de chercheurs ont été mis de côté. En sommes-nous revenus à ce point?» (Le Temps)
Un article de Science Business rappelle que l’Europe est divisée sur cette question. L’Allemagne a déclaré qu’elle couperait tous les liens. Le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark et les Pays-Bas se demandent maintenant s’ils vont faire de même. Mais les recteurs belges ont demandé que les liens soient maintenus. Pour la Suisse, cette question est du ressort à chaque université, a déclaré Martina Weiss, secrétaire générale de swissuniversities.
L’ancien diplomate européen James Moran explique dans un article pourquoi il pense que c’est important de continuer à parler (et faire de la recherche) avec la Russie.
- collaboration entre hautes écoles
- Horizon Europe (anciennement FP9)
- politique – Europe
- politique – Russie
Les universités européennes victimes de la désinformation russe sur les expulsions d’étudiants
Plusieurs organisations et institutions ont dû préciser qu’elles n’expulsaient pas les étudiants russes après que les affirmations d’un fonctionnaire soutenant le Kremlin ont circulé sur les médias sociaux.
«Horizon Europe» : le Conseil fédéral adopte des mesures transitoires pour les PME et les start-up
«Le Conseil fédéral a décidé d’échelonner l’entrée en vigueur de la révision de la loi fédérale sur l’encouragement de la recherche et de l’innovation (LERI). Pour soutenir les PME et les start-up suisses, qui n’ont actuellement pas accès à l’instrument «Accelerator» du Conseil européen de l’innovation, une nouvelle disposition entrera en force dès le 15 avril. Le Conseil fédéral a également approuvé, le 4 mars 2022, les mesures de financement correspondantes à l’intention du Parlement. L’entrée en vigueur des autres dispositions concernées par la révision est prévue pour le 1er janvier 2023.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 4 mars 2022
3Mar2022
Politique des hautes écoles
Le Parlement veut modifier le moratoire sur le génie génétique
Le Conseil national veut modifier la loi sur le génie génétique pour autoriser les plantes modifiées par édition du génome. Avec cette décision, il se rallie derrière le Conseil d’Etat qui demandait une telle exception déjà en décembre 2021. Ensemble, ils demandent au Conseil fédéral d’élaborer d’ici mi-2024 une modification de la loi dans ce sens, en argumentant que ces modifications à l’aide de ciseaux génétiques sont beaucoup plus ciblées que les méthodes utilisées jusqu’à présent. Selon les partisan·e·s, cette méthode ne présente aucun risque et est déjà utilisée aujourd’hui dans la sélection végétale.
Le parti socialiste (PS) et les Vert·e·s s’opposent à cette proposition. La conseillère nationale Sandra Locher Benguerel (PS) met en doute l’utilité concrète des plantes produites par les nouvelles méthodes de sélection. Selon elle, il n’y a guère d’indices que les plantes présentent des avantages vantés, par exemple pour l’adaptation de l’agriculture au changement climatique ou encore pour la réduction de l’utilisation de pesticides. La ministre de l’environnement Simonetta Sommaruga plaide également pour une prolongation inchangée du moratoire jusqu’à fin 2025.
L’Unil dans les médias
L’UNIL présente sa nouvelle plateforme «Durabilité et santé»
Le 24 mars prochain, la Faculté de biologie et de médecine de l’Université de Lausanne (UNIL) lancera une nouvelle plateforme pour mettre en lumière l’impact du dérèglement de l’environnement sur la santé humaine. Intitulé «Durabilité et santé», le projet est basé sur le concept de santé planétaire, qui lie la question environnementale à la santé publique. Ainsi, elle servira «à structurer la recherche et l’enseignement dans ce domaine, mais aussi à mettre en réseau les chercheurs à la jonction entre santé et environnement», explique Nicolas Senn, Chef du Département médecine de famille à Unisanté, l’un des responsables de cette plateforme.
Revue de presse UNIL 3 mars 2022
2Mar2022
Politique des hautes écoles
Guerre en Ukraine : difficile retour au pays pour les étudiant-e-s arabes
«Plus de 10’000 étudiants arabes parmi lesquels de nombreux Marocains et Egyptiens, mais aussi des Irakiens ou Syriens fuyant des pays en guerre, se sont retrouvés pris au piège du conflit en Ukraine. Leur rapatriement est un casse-tête pour leurs gouvernements. Des familles inquiètes se sont rassemblées vendredi à Rabat devant le ministère des Affaires étrangères. Les Marocains forment le principal contingent d’étudiants arabes avec les Egyptiens en Ukraine, prisée pour les études de médecine et d’ingénierie. Au moins 12 000 Marocains dont 8000 étudiants y résident habituellement. Mais 3000 sont rentrés récemment, selon les Affaires étrangères à Rabat, notamment grâce à des vols spéciaux.»
L’Université de Lucerne propose un stage d’études aux réfugié-e-s
L’Université de Lucerne permet aux réfugié-e-s d’effectuer un stage d’initiation aux études. L’objectif est de donner aux personnes ayant fui leur pays un aperçu du système universitaire suisse et des exigences des études. Quinze personnes peuvent y participer par année civile. Elles peuvent par exemple assister à des cours sélectionnés, participer à divers ateliers tels que des cours d’informatique ou des entraînements à la rédaction de CV, ou encore profiter de l’offre de sport universitaire. La Luzerner Zeitung dresse le portrait d’une des bénévoles étudiant-e-s qui permettent à ce projet de fonctionner depuis six ans.
Quel impact la vague Omicron a-t-elle eu sur les examens universitaires?
La RTS a publié les chiffres sur les taux d’absence durant la session d’examen de janvier. Selon les résultats, «l’impact de la vague Omicron sur le taux d’absence dépend des mesures mises en place durant la session d’examen de janvier dans les Hautes écoles romandes.»
- L’EPFL, qui a maintenu ses examens en présentiel, a été le plus touchée. Elle réclame un taux de 7% d’absentéisme, contre 1% en temps normal.
- L’Université de Genève, qui a choisi de ne pas organiser une session de rattrapage «spécial Covid», enregistre un taux d’absence de 9%, contre 6% en temps normal. Selon le syndicat étudiant genevois (CUAE), le manque de session de rattrapage aurait encouragé davantage d’étudiant-e-s à se présenter aux examens avec des symptômes.
- Les Hautes écoles (HES) indiquent un taux d’absentéisme de 4-6% contre 3-4% en temps normal.
- L’Université de Lausanne reste dans la norme par rapport aux années précédentes, avec un taux d’absentéisme de 10%. Ceci est également le cas pour l’Université de Fribourg et Neuchâtel.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 2 mars 2022
1Mar2022
Politique des hautes écoles
Interview avec Petros Mavromichalis, ambassadeur de l’UE en Suisse
Dans un interview avec la Republik, Petros Mavromichalis, ambassadeur de l’Union européenne (UE) en Suisse se prononce sur l’exclusion du programme Horizon Europe et sur la campagne #sticktoscience, lancé par la communauté scientifique européenne. Il admet que l’exclusion présente un inconvénient pour les chercheur-euse-s suisses, mais argumente qu’on ne peut pas totalement séparer les programmes de recherche du marché intérieur. « L’UE investit beaucoup d’argent dans ces programmes afin de renforcer la compétitivité des entreprises européennes qui évoluent dans le marché intérieur. […] La Suisse, en revanche, a décidé de ne plus être candidate à l’adhésion à l’UE, de ne pas adhérer à l’EEE et de ne pas être soumise à la politique de voisinage de l’UE. C’était sa décision souveraine. Nous ne discriminons pas la Suisse. »
#ScienceForUkraine : les universités appelés à aider les scientifiques ukrainien-e-s
«La communauté scientifique se mobilise face à la guerre en Ukraine. Le 26 février, une initiative baptisée #ScienceForUkraine a été lancé sur les réseaux sociaux. Le concept: rassembler sous une seule étiquette toutes les offres d’accueil d’étudiants et de chercheurs en fuite qui commencent à affluer dans les universités du monde. C’est là l’œuvre de Sanita Reinsone, chercheuse à l’Université de Lettonie (Riga) et responsable de la communication de Nep4Dissent, un collectif d’étude de la dissidence dans les pays socialistes pendant l’ère soviétique.»
ZHDK réagit aux critiques concernant son projet de coopération avec la Chine
La FHNW réduit les exigences pour les étudiant·e·s et les chercheur·euse·s ukrainien·ne·s
La Haute école spécialisée du Nord-Ouest de la Suisse (FHNW) assure aux étudiant-e-s et aux chercheur-euse-s de la zone de guerre un accueil sans complications et se joint ainsi au Conseil fédéral et à l’association faîtière des hautes écoles suisses. Celle-ci a annoncé lundi dans un communiqué vouloir aider les chercheur-euse-s et les étudiant-e-s ukrainien-ne-s de manière simple. La porte-parole de la FHNW déclare alors que « si quelqu’un souhaite commencer ou poursuivre des études ou un travail chez nous, nous ferons tout pour que cela soit possible. Mais il faut quand même que certaines conditions soient remplies ». Les personnes doivent notamment être admis dans une haute école. En cas de besoin, la FHNW va proposer des cours d’allemand aux Ukrainien-ne-s en question.
Des données de l’Université de Neuchâtel sur le darknet
Des données dérobées lors de la cyberattaque qui a frappé l’Université de Neuchâtel, le 18 février, ont été publiées sur le Darknet à partir d’hier. Parmi les documents mis en ligne se trouvent des informations sur les salaires d’employé-e-s, des photos d’étudiant-e-s, des contrats de travail, mais aussi des documents médicaux sur les collaborateur-ice-s. Ainsi, il est possible de voir quelles personnes bénéficient de prestations de l’AI par exemple. Des demandes d’allocations familiales contenant des données sensibles ont également été publiés ainsi que le contenu de certaines boîtes mail.
Selon le Temps, les indices montrent qu’il s’agirait de hackers russes. Selon les pirates, les données publiés ne représentent que 2% des données volées. Pour l’heure il n’est pas encore clair si une demande de rançon avait été envoyée aux responsables de l’établissement et si des négociations ont eu lieu par la suite.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 1 er mars 2022
28Fév2022
Politique des hautes écoles
swissuniversities condamne fermement l’intervention militaire de la Russie en Ukraine
«swissuniversities se rallie à la déclaration du Conseil fédéral qui condamne fermement l’intervention militaire de la Russie et constate que celle-ci a massivement violé le droit international. Les conséquences à court, moyen et long terme pour la sécurité et la coopération internationales sont actuellement difficilement prévisibles.
Nous appelons les gouvernements européens à prendre des mesures immédiates pour protéger la vie et la carrière des personnes affiliées aux hautes écoles, des étudiants/étudiantes, des chercheurs/chercheuses et des acteurs de la société civile ukrainiens, ainsi que l’ensemble de la population ukrainienne.
L’évolution de cette guerre aura de graves conséquences pour les hautes écoles ukrainiennes. Les hautes écoles suisses feront tout ce qui est en leur pouvoir pour accueillir des enseignants/enseignantes, des chercheurs/chercheuses et des étudiants/étudiantes des hautes écoles ukrainiennes. […]»
L’Union des Etudiant-e-s de Suisse (UNES) soutient l’appel de swissuniversities, celui du « European Students Union », ainsi que celui du Global Students Forum.
L’Université de Bâle soutient également une déclaration de l’Association européenne des universités.
Une tribune de scientifiques russes contre la guerre en Ukraine
««La responsabilité du déclenchement de cette nouvelle guerre en Europe incombe entièrement à la Russie.» Ainsi débute une tribune de quelque 400 chercheurs et scientifiques, publiée dans Le Monde le 25 février 2022.»
Le boom des CAS, DAS et MAS dans les universités
«Les universités suisses sont de plus en plus actives dans la formation continue. Même les plus petites: à Neuchâtel par exemple, l’UNINE met en route entre une et trois nouvelles filières dans ce domaine par an.»
«Sans les programmes européens, la Suisse perd des emplois»
Dans un interview avec le Matin Dimanche, le recteur de l’Université de Genève Yves Flückiger [et président de swissuniversities] détaille les premiers effets concrets que l’exclusion de Horizon Europe a sur les hautes écoles suisses. Par rapport à la communication sur ce problème, il dit: «Je reconnais que nous avons toujours un peu de mal à nous transformer en militants politiques. On nous a d’abord conseillé d’aller plutôt voir nos collègues des universités européennes, qu’ils fassent du lobbying sur leurs propres autorités. Ils l’ont fait, mais à un moment donné tout ça se heurte à la même limite: c’est à la Suisse de faire un geste vers l’Europe, pas l’inverse.»
Neuf mois après l’échec des négociations du accord-cadre institutionnel avec l’Union européenne (UE), le Conseil fédéral vient d’annoncer qu’il allait proposer un paquet de négociations secteur par secteur. Le Temps, Le Courrier et la Neue Zürcher Zeitung parlent en détail de la proposition ainsi que des réactions des partis politiques.
L’Université de Neuchâtel se remet lentement de la cyberattaque
«50% : La proportion des postes de travail de l’Université deNeuchâtel qui doivent encore être assainis, après la cyberattaque du 18 février. Cette manœuvre prend jusqu’à 15 minutes par machine, moins si plusieurs ordinateurs se situent dans la même salle, explique Nando Luginbühl, responsable de la communication de l’Unine. Il faudra encore plusieurs jours pour terminer le processus.»
Le MIT coupe ses ponts avec son partenaire russe
La grande université américaine MIT met fin à un accord de onze ans avec le centre d’innovation Skolkovo, situé dans la région de Moscou, alimentant ainsi le débat académique international sur la poursuite de la collaboration avec la science russe.
Unviersité de Bâle – les menus contenant de la viande seront plus chers que les assiettes végétariennes
Le rectorat de l’Université de Bâle soutien une demande de l’association étudiante Skuba, qui demande que les menus avec viande soient vendus plus chers que les menus végétariens. Aujourd’hui il n’y a pas de différence de prix, les deux coutent CHF 7,50. L’association faitière des bouchers critique cette intervention et avance que les produits végétariens ne sont pas forcément plus écologiques.
L’appel des jeunes scientifiques du WEF à s’attaquer au «chaînon manquant» entre la politique et la science
«Les scientifiques de la communauté des jeunes scientifiques du Forum économique mondial souhaitent que la valeur sociale de la recherche scientifique soit mieux reconnue. Publié aujourd’hui par Frontiers Policy Labs, un appel a été signé par 52 chercheurs issus de certaines des plus grandes institutions universitaires du monde. Selon les signataires, pour que la science s’ancre dans le processus décisionnel, il faut instaurer une nouvelle culture d’engagement entre les décideurs politiques et les scientifiques. […] Le document suggère que si nous voulons garantir que la science contribue à la société, nous devons intégrer des mesures dans l’évaluation de l’excellence scientifique qui valorisent et récompensent l’engagement de la science dans la politique.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 28 février 2022
25Fév2022
Politique des hautes écoles
Horizon Europe – une vision trop hiérarchisée de la science?
Le Directeur pour la recherche du Institut de recherche [privé] Crema à Zurich, Olivier Zimmer, regrette que les demandes de fonds Horizon Europe nécessitent un trop grand investissement bureaucratique. «Presque personne parle des sommes importantes qui partent dans l’administration, le lobbying, les conseils et le coaching [pour participer à des tels programmes].»
Par ailleurs, il estime que la relève académique la plus créative serait mieux servie moyennant un système moins hierarchisé qui leur donnerait des ressources nécessaires et la liberté de choisir leurs partenaires. «Si ces partenaires font de la recherche à Bâle ou à Los Angeles […] ne devrait pas jouer un rôle.»
Entretien avec Michael Schaepman, recteur de l’Université de Zurich
Le recteur de l’Université de Zurich Michael Schaepman donne un grand entretien sur la gestion universitaire, les collaborations à l’interne et avec d’autres universités.
«Autrefois, les universités étaient des chauffe-eau instantanés – on y venait, on y était formé et on disparaissait ensuite quelque part sur le marché du travail. Aujourd’hui, l’encouragement des étudiants est beaucoup plus différencié. Nous encourageons aujourd’hui trois lignes. La ligne académique, basée sur l’excellence. Nous attribuons de très nombreux fonds de recherche compétitifs pour que les doctorants et les post-doctorants puissent faire de la recherche de manière indépendante et deviennent ainsi forts pour affronter la concurrence mondiale. En deuxième lieu, les étudiants sont préparés à un emploi qualifié par le biais d’une formation académique. Pour que la transition se fasse en douceur, nous proposons des services de placement et des salons de l’emploi et nous discutons avec l’industrie. La troisième ligne est toute nouvelle, c’est l’entrepreneuriat. Au lieu d’une carrière classique, de nombreux jeunes veulent devenir entrepreneurs. Nous avons trouvé des fonds qui permettent à l’entrepreneuriat de faire partie de la formation universitaire volontaire.»
Par ailleurs il a lancé le «Uni für alle» (Université pour tous) qui adresse le manque de diversité parmi les étudiant-e-s en termes d’âge et expérience. «J’ai suggéré de réfléchir à ce qui se passerait si nous nous ouvrions. Nous ne serons pas submergés si nous nous y prenons intelligemment et si nous intégrons par exemple les hautes écoles spécialisées. […] Au cours des 10 à 15 prochaines années, le nombre d’étudiants augmentera plus rapidement que nous ne pourrons construire et nous mettre à l’échelle financièrement. Nous devons donc trouver des solutions originales.»
Le Conseil fédéral ne souhaite pas «acheter» la participation au programme Horizon Europe
La Commission de politique extérieure du Conseil national (CPE-N) avait proposé que la contribution à la cohésion de l’UE soit augmentée afin que la Suisse puisse à nouveau participer au programme Horizon Europe. Le Conseil fédéral rejette désormais cette proposition. Il estime qu’il n’est pas possible de convaincre ainsi l’UE d’accepter la Suisse dans le programme. Par ailleurs, l’acceptation de la motion limiterait les options du Conseil fédéral dans les négociations, écrit-il.
Les universités allemandes sont invitées à geler leurs liens avec la Russie en représailles à l’invasion
«Alors que l’Ukraine appelle le monde à «isoler totalement la Russie par tous les moyens», l’Allemagne s’apprête à bloquer les liens de recherche. Dans le même temps, les responsables politiques de l’UE s’interrogent sur l’opportunité d’exclure la Russie des organisations scientifiques européennes.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 25 février 2022
24Fév2022
Politique des hautes écoles
Le Conseil fédéral nomme la nouvelle directrice de l’Empa et confirme le président de l’EPFZ dans ses fonctions
«Le 23 février 2022, le Conseil fédéral a nommé Tanja Zimmermann, actuellement membre de la direction de l’Empa, à la tête de l’institution. Il a par ailleurs confirmé Joël Mesot dans ses fonctions de président de l’EPFZ pour une nouvelle période de quatre ans et nommé Christian Rüegg, directeur de l’Institut Paul Scherrer, au Conseil des EPF.»
L’Espagne entreprend de réformer les carrières dans la recherche
La recherche espagnole a connu une fuite de cerveaux considérable depuis la crise financière de 2008. Entre 2011 et 2016, plus de 5’000 postes de recherche ont été coupés. Beaucoup de scientifiques ont quitté le pays et les conditions de travail précaires ont découragé des jeunes talent à entamer cette carrière.
Un projet de réforme législative «permettra aux jeunes chercheur-e-s d’obtenir des contrats permanents, la reconnaissance de l’expérience acquise à l’étranger et de nouveaux droits du travail. Dans le même temps, les dépenses publiques consacrées à la recherche seront augmentées.»
Concrètement les chercheur-e-s en post-doc auront la possibilité d’obtenir un contrat sur six ans. Ensuite, ils-elles auront l’occasion d’obtenir un certificat «qui leur aidera à obtenir une position permanente.»
Par ailleurs la réforme reconnait pour la première fois les employé-e-s pour la recherche de santé. La santé avait été considérée être une affaire régionale et n’avait pas eu sa place dans la politique nationale pour la recherche.
«Tout cela rapproche l’Espagne des objectifs de l’UE pour la relance de la recherche, qui ont été définis par la Commission européenne en 2020 dans un plan de relance de l’Espace européen de la recherche (EER).»
Nature soutient la campagne «Stick to Science»
Selon l’éditorial du journal Nature, «La collaboration scientifique est devenue une victime des démêlés de la Suisse et du Royaume-Uni avec l’Union européenne. […] La Suisse et le Royaume-Uni devraient être autorisés à s’associer aux programmes de financement de l’UE, indépendamment des désaccords politiques en cours. Entraîner la recherche et l’érudition dans des conflits internationaux n’aide personne.»
«La science ne réalise pas de miracles»
Un récent article souligne les dangers du scientisme. «Ce qui, à première vue, peut ressembler à un attachement certes excessif, mais inoffensif, peut tout à fait nuire à la société.» La philosophe Susan Haack voit l’un des problèmes de ce mode de pensée dans « l’incapacité ou la réticence à percevoir la faillibilité, les limites et les dangers potentiels de la science ».
L’auteur de l’article de la NZZ observe depuis deux ans une escalade du camp des scientistes avec des personnes à la mentalité anti-sciences. «Les voix modérées ont de plus en plus de mal à se faire entendre dans ce genre de discussions. Ces deux camps auraient en commun qu’ils comprennent mal le caractère et les limites de la science. […] Les performances authentiques des sciences humaines et sociales, par exemple, ne peuvent pas être obtenues par des moyens scientifiques – sans parler des performances artistiques.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 24 février 2022
23Fév2022
Politique des hautes écoles
Dossier européen – la balle dans le camp des politiques
Selon une enquête menée par Avenir Suisse, «80% des hautes écoles et universités ressentent les premiers effets négatifs de l’absence d’accord [bilatéraux avec l’UE]. Elles sont 88% à estimer que le plan B mis sur pied par le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation «ne constitue pas une solution équivalente. Face à ce désarroi des scientifiques, le monde politique n’a pas bougé. Ce mercredi, le Conseil fédéral tient une «retraite» sur le dossier européen, mais il est peu probable qu’il en sorte la feuille de route réclamée par la Commission européenne et son vice-président Maros Sefcovic.»
L’organisation des Alumnis de l’Université de Genève organise trois débats publics entre des scientifiques, entrepreneurs et politiciens autour la question «Quel sera le prix à payer pour l’absence d’accord-cadre institutionnel avec l’UE?».
Recherche : une course sans fin pour exceller
Selon Dominique Foray, titulaire de la chaire en économie et management de l’innovation à l’EPFL, la Suisse doit investir son système de recherche de manière disproportionnée par rapport à son produit intérieur brut si elle souhaite continuer de faire partie des meilleurs. La raison étant que «dans le domaine de la science et des hautes écoles, on observe une relation entre dimension absolue du système de recherche et le niveau d’excellence de celui-ci.» Selon Dominique Foray, le système suisse doit croître de façon continue pour ne pas s’affaiblir, même si les dimensions deviennent de plus en plus disproportionnées. Il appelle à réfléchir à des pistes alternatives pour s’assurer à ce que le système actuel reste «solidement arrimé à la société et à l’économie suisse».
Interview avec le nouveau recteur de l’EPFZ Günther Dissertori
Dans un interview avec le Tages-Anzeiger, le nouveau recteur de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), Günther Dissertori s’exprime sur les cinq problèmes les plus urgents à l’heure actuelle. L’exclusion de Horizon, les cas d’harcèlement moral au sein de l’institution, l’explosion du nombre d’étudiant-e-s, la pénurie de personnel qualifié ainsi que les conséquences de la pandémie sont alors mis en avant.
L’Unil dans les médias
L’espoir d’un semestre sans masque ni pass dope le moral des étudiants
«Les étudiants de l’UNIL ont retrouvé lundi le chemin des auditoires. Sur le campus, la fin des mesures sanitaires s’accompagne d’une ambiance plus légère. »
Revue de presse UNIL 23 février 2022
22Fév2022
Politique des hautes écoles
Cyberattaque : l’Université de Neuchâtel toujours paralysée
Trois jours après qu’une attaque informatique ait touché l’Université de Neuchâtel (UNINE), plusieurs services demeurent inaccessibles pour les étudiant-e-s et les professeur-e-s. L’infection a nécessité un isolement de tous les systèmes liés aux comptes internet de l’UNINE. Ainsi, mail, réseau wifi, documents de cours et données académiques ont totalement été bloqués. Une cellule de crise a été mise en place et les autorités cantonales et fédérales ont été informées. Pour le moment, aucune perte de données ou demande de rançon n’a été identifiée. «Nous n’avons en outre observé aucun transfert massif de données qui pourrait laisser penser qu’un vol important aurait été commis», assure le recteur Kilian Stoffel. Par précaution, l’UNINE procède au renouvellement de tous les mots de passe. Les étudiant-e-s doivent alors se rendre en personne à la bibliothèque du campus à des guichets installés à cet effet.
21Fév2022
Politique des hautes écoles
«Dans le monde d’après[-Covid], des task forces climat comme s’il en pleuvait?»
«La crise sanitaire a mis en exergue le rôle de l’expertise scientifique pour guider les décideurs et cadrer le débat public – avec plus ou moins de réussite selon les pays. Alors que les enjeux autour de la pandémie se normalisent, ceux autour du climat se font chaque jour plus pressants. Etablir des points de dialogue entre la science et l’action publique est crucial.»
L’auteur de l’article interroge des scientifiques sur leur rôle dans des telles task forces cantonales en Suisse romande et au niveau fédéral.
- rôle des scientifiques
- engagement politique
- collaboration hautes écoles – politique
- durabilité et climat
Contre l’engouement de Horizon Europe
L’obtention de fonds et une bonne presse pour un projet de recherche ne sont pas une garantie de succès. C’est le propos que le professeur d’histoire à l’Université de Saint-Gall, Caspar Hirschi tient dans une tribune d’invité de la NZZ am Sonntag.
Selon lui, il existe actuellement un engouement de la communauté scientifique envers certains projets de recherche de Horizon Europe. «dès que la première pluie d’argent s’abat sur eux, les aspirants pionniers sont immédiatement submergés par une avalanche de reconnaissance avant même d’avoir pris le chemin de l’objectif. Ce qui est encore plus problématique, c’est que les créateurs plus discrets n’ont pratiquement plus aucune chance d’entrer dans la compétition dans leur ombre». Il critique que la Suisse voit dans Horizon sa seule chance de pouvoir produire de la recherche à haut niveau.
Même s’il souhaite qu’elle soit à nouveau intégrée au programme de recherche de l’Union européenne (UE), il serait faux de dénigrer la place scientifique suisse à cause de l’exclusion actuelle. Il appelle à ne pas viser uniquement sur le prestige et les fonds, mais d’encourager les projets qui sont susceptibles de produire des avancées scientifiques à long-terme avec l’aide du Fonds national notamment.
Exclusion d’Horizon Europe : le plan B
Depuis l’exclusion du programme de recherche de l’Union européenne (UE), les chercheurs·euses suisses sont confrontés à de multiples défis. Plusieurs d’entre eux et elles se sont fait exclure de leurs propres projets Horizon. Pour éviter cela, certain·e·s coordinateur·ices de projets ont alors décidé de quitter la Suisse pour s’installer dans un pays associé à Horizon. «C’est comme une érosion, une lente spirale négative», déclare le président de l’association des hautes écoles Swissuniversities, Yves Flückiger à ce sujet.
Selon la NZZ am Sonntag, l’espoir de la part des chercheurs·euses suisses repose actuellement sur le soutien des pays particuliers, membres de l’UE. La communauté de recherche Suisse espère que ces derniers s’engagent auprès de la Commission européenne pour que le pays puisse être ré-associé à Horizon.
La présidente du Conseil Européenne pour la recherche Maria Leptin regrette la non-association de la Suisse au programme Horizon Europe, mais dit qu’en ce moment, il lui semble peu probable qu’elle soit re-associée prochainement.
En attendant, la Suisse travaille également sur un plan B au cas où l’association n’aboutirait pas. Le Conseil fédéral a chargé le SEFRI d’examiner, si nécessaire, des mesures complémentaires et de remplacement en plus des mesures transitoires déjà intensivement en cours. Des discussions ont été menées avec Israël et les États-Unis au sujet d’une coopération approfondie en matière de recherche.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 21 février 2022
L’Université de Lausanne élucide son héritage fasciste
«Mardi (15.02), le recteur de l’Université de Lausanne a présenté pour la première fois des excuses publiques pour le titre de docteur honoris causa que son institution avait décerné en 1937 au tyran italien Benito Mussolini. Bien que cela ait été demandé de divers côtés, l’université a renoncé à retirer le titre à Mussolini à titre posthume. Elle fait ainsi preuve d’une attitude exemplaire face à des événements problématiques du passé : au lieu de simplement rayer des livres d’histoire l’erreur commise, elle veut informer de manière proactive sur les événements et organiser des recherches sur le climat de l’époque, qui était favorable au fascisme. La classification et la mise en contexte sont préférables à l’éradication et à l’épuration» (NZZ am Sonntag)
Dans une lettre de lecteur, le professeur de français et d’histoire John Vuillaume réagit à la demande de la Conseillère nationale Stéfanie Prezioso de retirer le doctorat honoris causa à Benito Mussolini. Il juge cette idée illégitime, car cela reviendrait à «Effacer le fascisme triomphant si prégnant dans la vie politique vaudoise de l’époque.» (Le Temps)
18Fév2022
Politique des hautes écoles
L’Université de Neuchâtel victime d’une attaque informatique
Vendredi, l’académie neuchâteloise a été frappée par une cyberattaque. Des mesures ont été prises, mais tous les ordinateurs sont encore paralysés. «Une affaire qui pourrait compliquer le retour des étudiants qui aura lieu lundi.»
L’idée d’un cloud suisse refait surface à Berne
Une commission du Conseil national a donné un avis positif sur une initiative déposée par Isabelle Moret (PLR/VD). Elle veut associer au projet«les milieux académiques, scientifiques et économiques du pays, par exemple sous la forme d’un partenariat public-privé». Selon la conseillère nationale, «Il s’agit non seulement d’un enjeu de sécurité nationale mais d’une véritable opportunité économique, scientifique et diplomatique pour notre pays.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 18 février 2022
17Fév2022
Politique des hautes écoles
«Les jeunes atteints de troubles «dys» bousculent l’université
Désormais mieux pris en compte depuis le primaire, les étudiants souffrant de dyslexie, dysorthographie, etc., sont de plus en plus nombreux sur les bancs de l’université et questionnent les pratiques d’enseignement.
Un codice pour la liberté académique
L’Université de Hambourg a récemment publié, comme première université allemande, son codice pour la liberté académique.
Le professeur en droit Hans-Heinrich Trute, membre de la commission pour l’élaboration dudit codice, parle de cette démarche, qui était en cours depuis 2019. En 2019, des manifestants avaient bloqué plusieurs fois les auditoires des cours du professeur en macroéconomie Bernd Lucke, co-fondateur et élu du parti [d’extrème droite] AfD.
Hans-Heinrich Trute explique: «Quelle que soit l’opinion que l’on a de Lucke. Tant qu’il n’abuse pas de l’amphithéâtre pour faire des sermons politiques, on doit pouvoir le supporter.» Et il y ajoute: «Il y a également eu le cas d’une jeune chercheuse qui a sans doute subi des pressions non dissimulées de la part d’un ancien chargé de mission du gouvernement fédéral. Ce genre de choses arrive toujours.»
«Danse autour de la cagnotte»
Matthias Binswanger, professeur en économie dans une HES à Olten et privat-docent à l’Université de Saint-Gall, minimise l’importance de la participation suisse au programme Horizon Europe. «Des politiques et fonctionnaires prennent tout en compte pour accéder aux fondes européens pour la recherche. Mais pourquoi? Les appels d’offres entraînent beaucoup de bureaucratie et de temps mort.»
Au lieu de ressembler à la Champions league (Astrid Epiney) ou une Olympiade (Michael Hengartner), le concours pour les fonds de recherche européens ressemblerait plutôt à du patinage artistique. Il s’agirait de quantifier la qualité de la présentation. «Mais les membres d’un jury spécialisé n’ont, malgré leurs connaissances d’experts, pas un super cerveau qui pourrait chiffrer la qualité. Essentiellement, les comités d’experts basent leur jugement sur des indicateurs quantitatifs» comme le nombre de publications, de projets réalisés avec succès, de co-auteurs renommés ou de partenaires pour des coopérations. Cela aurait comme effet qu’il est donné à celui qui a (The Mattew effect in science funding). «Si les meilleurs projets sont encouragés est une autre question.»
Un autre problème, selon l’auteur, sont les coûts de la bureaucratie. «En effet, plus les projets sont importants et complexes, et plus le nombre de partenaires de recherche augmente, plus la charge de travail liée à ces activités est importante. Et à chaque programme-cadre, les procédures et les règles sont à nouveau modifiées. […] Mais la plus grande partie du temps perdu réside dans l’élaboration d’un nombre énorme de demandes de recherche infructueuses.» Le taux de succès pour ces demandes était à moins de 12% pour Horizon 2020.
En conclusion, il estime que dans beaucoup de cas, un programme de recherche national et meilleur, car il est moins bureaucratique et plus efficace.
Une recherche clinique intégrative avec plus d’impact
«La recherche clinique financée par des fonds publics ne profite pas assez à la population. Que faut-il faire pour diminuer la fragmentation des activités et renforcer la collaboration multidisciplinaire? L’Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) a récemment publié un white paper formulant sept objectifs. L’un d’eux est la création d’une plateforme nationale de coordination visant à rassembler les acteurs autour d’une vision commune et renforcer l’impact de la recherche clinique en Suisse.»
«Le pronom neutre se faufile à l’université»
«Les nouveaux usages linguistiques, tels que le pronom «iel», sont en cours d’adoption sur les campus français.»
L’Unil dans les médias
Du Doctorat honoris causa à Mussolini à l’Université de Lausanne
«Les mobilisations pour retirer à titre posthume le doctorat honoris causa décerné en 1937 par l’Université de Lausanne au dictateur italien Benito Mussolini se multiplient. Le rectorat reconnaît que l’institution « a failli », mais il estime qu’un retrait de la distinction serait compliquée et prône pour le débat. […] Depuis une année, l’Université de Lausanne a mis sur pied un groupe d’experts internes qui se penche sur la question et qui devrait terminer son travail « dans quelques semaines », selon le recteur. Objectif: avoir une position institutionnelle claire.»
Revue de presse UNIL 17 février 2022
16Fév2022
Politique des hautes écoles
«Des futurs médecins à l’école de l’empathie»
«La faculté Lyon-Est promeut le contact avec des personnes en situation de précarité ou de handicap. Le but : former des praticiens plus à l’écoute de ces publics aux besoins particuliers»
Perspectives pour le corps intermédiaire académique
Pour Christian S. Hardtke, professeur de biologie moléculaire à l’Université de Lausanne (UNIL), la création de ces postes fixes contre la situation précaire du corps intermédiaire pose un problème, car cela bloquerait l’accès à ces postes pendant des années. La concurrence pour les postes fixes ne diminuerait donc guère à long-terme. Selon lui, une « multitude d’instruments d’encouragement bien intentionnés » dirigeraient actuellement les personnes vers des «espaces de stockage», comme il qualifie les postes de chef-fe-s d’équipe en CDI.
Christian Hardtke propose plutôt de prendre exemple au système nord-américain, ou certaines universités ont introduit des postes de professeur-e-s assistant-e-s qui, après évaluation, débouchent sur un poste fixe dans un délai de cinq ans environ.
«Dans ce contexte, l’accompagnement de la carrière professionnelle du corps intermédiaire devrait être considéré comme une tâche importante des universités. Les professeur-e-s peuvent également contribuer à une meilleure planification de carrière en attribuant des contrats temporaires équitables et en leur communiquant honnêtement et en temps voulu leurs chances de faire une carrière académique.»
Horizon Europe : « Arrêtez les jeux politiques »
Matthias Egger, président du FNS, soutient la campagne Stick to Science. Il estime que le FNS ne peut pas compenser pour l’exclusion suisse du Horizon Europe, qui serait «le plus grand programme pour la recherche de la planète». «Nous avons pris des mesures, mais elles sont temporaires. Elles pourraient au mieux atténuer les effets négatifs. […] Mais pour les bourses pour [chercheuses et chercheurs] avancés, il y avait surtout des postulations venant de personnes qui sont déjà en Suisse. A plus long terme, nous risquons de glisser vers la médiocrité. […] La meilleure recherche est souvent collaborative et internationale. […] Actuellement, deux tiers des collaborations internationales financées par le FNS sont intraeuropéennes. Au sein de Horizon, ces collaborations se sont développées au fil des années. Des accords bilatéraux ponctuels ne peuvent pas remplacer [Horizon Europe], ils se limitent souvent à des petits programmes.»
Etudiant débouté en raison de son inactivité en ligne
Le syndicat SUD Étudiant-e-s et Prlécaires dénonce l’utilisation abusive des données personnelles, «notamment le répertoriage du nombre de visites sur la plateforme [Moodle ou Teams]» et y voit «des outils de surveillance et de sanction arbitraire». En effet, c’est ce qui serait arrivé à [un] ex-étudiant à la Haute École pédagogique (HEP) Vaud. En échec définitif à cause d’un module de cours incomplet, il a fait recours. Le rapport établi note que «le recourant ne s’est à aucun moment connecté à Moodle pour le semestre d’automne 2020».
«Le nombre de fois qu’un étudiant télécharge un document en lien avec le cours ne dit rien de son assiduité. C’est pourquoi nous demandons que l’accès à ces données soit supprimé», déclare Vigen Kühni, du syndicat SUD, qui a interpellé le Canton de Vaud. La Direction générale de l’enseignement supérieur va examiner ce dossier mais note que, à ce stade, elle n’a «pas connaissance d’utilisation de données telle que décrites par le syndicat».
«La recherche dans le domaine du cancer pédiatrique a besoin d’aide financière»
«Il est parfois utile de le rappeler: le cancer est toujours la première cause de décès par maladie chez les enfants. La recherche a fait des progrès et les chances de survie ont considérablement augmenté au cours des dernières décennies, mais il n’existe toujours pas de fonds dédiés à la recherche sur les cancers pédiatriques en Suisse. Environ 80% des jeunes adultes guéris souffrent toujours des effets à long terme de la maladie, comme le rappelle l’association Cancer de l’enfant en Suisse. […] Les soutiens publics existent, mais ils s’avèrent largement insuffisants. […] Avec 300 patients en moyenne par année qui souffrent de 60 types de cancers différents, le cancer pédiatrique fait partie des maladies rares. Onéreux et peu rentable, il n’intéresse que très peu l’industrie pharmaceutique.»
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 16 février 2022
15Fév2022
Politique des hautes écoles
Critique à la bourse d’excellence de l’Université de Zurich pour garder ses talents
«A l’Université de Zurich, 10’000 francs par semestre seront versés aux meilleurs étudiantes et étudiants de bachelor dans le cadre d’un projet pilote pour les inciter à poursuivre leur master dans l’institution. La méthode a pour but d’empêcher la fuite des cerveaux les plus brillants. […] Pour le recteur de l’Université de Genève Yves Flückiger, qui n’est pas totalement séduit par le projet zurichois, vouloir ainsi sédentariser les étudiants et étudiantes constitue plutôt un appauvrissement. L’expérience de mobilité dans une autre université est «extrêmement positive», selon le recteur. «Vouloir à tout prix les maintenir sur un seul site» n’est donc pas nécessairement une bonne idée, estime-t-il. L’Université de Genève imagine de son côté d’autres pistes pour éviter la fuite des cerveaux, telles que les programmes d’études et les conditions d’accueil. Cette crainte est encore plus forte depuis l’exclusion de la Suisse du programme européen Horizon.»
«Fossé des genres en sciences: comment la Suisse planche sur l’équation»
«Les femmes ne représentent que 24% des professeur-e-s au sein des 12 universités suisses, selon le dernier rapport «She Figures» de la Commission européenne. Un chiffre en deçà de la moyenne des 27 membres de l’UE (26%). Mais l’écart entre les sexes affecte tous les pays et touche toutes les disciplines. Il s’explique avant tout par le phénomène dit du «tuyau percé».» L’article met en lumière les avantages et inconvénients du subside PRIMA du FNS, lancé en 2017, qui vise à soutenir les femmes démontrant un potentiel évident pour devenir professeures.
Dans une lettre ouverte, la professeure de physique à l’EPFZ Ursula Keller réfléchit «sur les raisons pour lesquelles la culture universitaire actuelle et le manque de gouvernance peuvent être à l’origine des problèmes de genre dans les STEM.» Elle réclame un renforcement des mesures de contrôle et une transparence sur l’allocation des ressources et les processus décisionnels. «La culture actuelle, avec ses réseaux de pouvoirs informels, essentiellement dominés par les hommes, ses préjugés sexistes intrinsèques, une responsabilisation et une transparence limitées dans la prise de décision et la répartition des ressources, tout cela affecte les femmes et décourage la jeune génération à assumer des positions de leadership.»,
L’exclusion du programme Horizon – «un coup de chance»
Selon le journaliste de la Basler Zeitung, Thomas Dähler, la Suisse devrait voir l’exclusion du programme de recherche Horizon comme chance pour ré-évaluer l’avenir de ses relations avec l’Europe. Il serait temps de parler du fossé qui existe depuis que la population Suisse a voté non à l’adhésion à l’Union européenne (UE) en 1992. «Ce fossé n’a que été comblé par des ponts provisoires, qui ont fini par s’écrouler.» L’auteur souhaite que la Suisse se donne une perspective à long-terme en politique intérieure et extérieure et qu’elle la communique de manière claire à Bruxelles.
«Je déteste l’Europe qui utilise la science comme otage politique»
Le Conseiller national Philippe Nantermod (PLR, VS) voit dans l’exclusion de la Suisse du programme de recherche européen un «autogoal classique» pour l’Union européenne (UE). Selon lui, cette décision n’attaque pas seulement la Suisse, mais la recherche en elle-même, en bloquant la lutte commune contre le cancer ou la maladie d’Alzheimer par exemple.
«Pour punir la Suisse, l’UE punit sa propre corporation de chercheurs. C’est pourquoi les instituts et les universités européens font aujourd’hui pression sur la Commission européenne pour qu’elle revienne sur sa décision absurde. De plus en plus d’États se joignent à la protestation des critiques. Car utiliser les scientifiques comme moyen de pression ne témoigne pas seulement d’une pensée mesquine, c’est tout simplement stupide.»
Des taxes d’études à postériori pour les diplômé-e-s universitaires à faible revenu? Réaction des politiques
La semaine passée (08.02), le conseiller cantonal Gaudenz Zemp (PLR) a déposé une demande au Grand Conseil lucernois selon laquelle les universitaires aux revenus modestes devraient rembourser leurs frais de formation à l’Etat. La Luzerner Zeitung a récolté les réactions politiques à ce sujet :
- La conseillère cantonale Karin Stadelmann (Centre) critique le fait que le travail à temps partiel soit pointé du doigt comme mettant à mal le système de remboursement : « Le travail à temps partiel ne signifie pas que l’on veut payer moins d’impôts, mais que le modèle familial ou justement les structures entrepreneuriales existantes ne le permettent pas autrement. » L’obligation de remboursement pèserait encore plus lourdement sur les femmes qui travaillent plus souvent à temps partiel, argumente-t-elle.
- Selon le conseiller cantonal Bernhard Steiner (UDC), « il est délicat de classer les filières d’études en fonction du salaire qu’elles procureront plus tard dans la vie professionnelle ». Les filières d’études dans le domaine de l’art pourraient alors être désavantagées.
- Pour le conseiller cantonal Urban Sager (PS), ce calcul économique ne prend pas en compte la réalité que de de nombreuses personnes réduisent leur activité professionnelle en raison de leurs obligations d’assistance.
- Le conseiller Jonas Heeb (Vert-e-s) critique également une vision purement économique de la formation qui ignore complètement que les diplômés « peuvent aussi être actifs pour la société, sans pour autant le faire contre rémunération et dans le cadre d’un rapport de travail ».
Critique du système de promotion
«Freeman Dyson a été un pionnier de l’électrodynamique quantique. Il a montré pourquoi la matière est stable et a développé des idées révolutionnaires sur l’espace et l’avenir de la vie. Pendant plus de six décennies, il a été professeur de physique à Princeton – et n’a jamais obtenu de doctorat. Dyson détestait le système de promotion. Il le qualifiait de perte de temps et d’obstacle à la carrière des femmes dans le domaine scientifique.» L’auteur de l’article partage son opinion. Il s’agirait d’un diplôme pour la recherche, mais la plupart des PhD travailleraient ensuite dans des métiers qui n’ont rien à avoir avec la recherche. «Malgré cela, les universités continuent à augmenter le nombre de doctorant-e-s […] et grâce à des fonds public, la promotion gagne en attractivité – environ un tiers des étudiant-e-s dans les universités suisses font un doctorat. En revanche, il n’existe que peu de postes de recherche à durée indéterminée dans les universités […].»
Par ailleurs, l’auteur estime que la formation de doctorant-e-s n’enseigne pas des compétences transversales, la culture générale et du bon sens. Il propose de réduire le nombre de doctorant-e-s ou de réformer le système pour enseigner aux doctorant-e-s des capacités transférables comme la communication et des connaissances interdisciplinaires, au profit des doctorant-e-s et de leurs futurs employeurs.
Projets et ambitions du CNRS
Le président-directeur du CNRS Antoine Petit expose son nouveau projet et ses ambitions pour l’organisme pour les quatre années à venir. Entre autres, il avance: «Je souhaite que nous mettions en place une politique ambitieuse pour améliorer la médiation scientifique et la diffusion des connaissances. Le soutien à la production de films et d’images m’apparaît essentiel pour toucher aujourd’hui le plus grand nombre. C’est pourquoi je souhaite étudier la création d’une chaine scientifique grand public « CNRS TV ». Plus largement, une attention particulière doit être portée aux relations avec les media. Nous constatons en effet que certains d’entre eux préfèrent interroger des individualités plutôt que des institutions, ajoutant une confusion entre science et croyance qui entraîne la multiplication de fake news et décrédibilise la parole scientifique. C’est pour tenter d’endiguer cette dérive que nous avons créé fin 2021 une mission pour l’expertise scientifique (MPES). «Estampillées» CNRS, les expertises produites engageront l’établissement, et non pas tel chercheur ou telle chercheuse.»
- rôle des scientifiques
- vulgarisation scientifique
- politique – France
- rôle des universités
- médias et universités
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 15 février 2022
Le Doctorat honoris causa de Mussolini à l’UNIL évoque des questions
En 1936, l’Université de Lausanne a décidé de décerner le doctorat honoris causa ès sciences sociales et politiques à Benito Mussolini. Dans un article d’opinion paru dans le Temps, la professeure d’histoire de l’UNIL Stéfanie Prezioso met en lumière les figures universitaires et politiques qui ont porté cette décision et plaide pour que Benito Mussolini soit déchu de ce doctorat honoris causa à titre posthume. Elle propose également de « saluer le geste de Jean Wintsch, professeur de psychologie appliquée à l’Ecole des sciences sociales et politiques, seul opposant déclaré à la délivrance de cette distinction, en dédiant par exemple une salle du bâtiment Géopolis de l’Unil à sa mémoire. »
14Fév2022
Politique des hautes écoles
L’Allemagne apporte son appui à la Confédération sur Horizon Europe
Le conseiller fédéral Guy Parmelin s’est rendu à Berlin ce vendredi 11.02 pour rencontrer la nouvelle ministre de l’enseignement et de la recherche, Bettina Stark-Watzinger. Lors de la rencontre, cette dernière a fait part de son incompréhension concernant la mise à l’écart de la Suisse du programme Horizon Europe et a assuré que l’Allemagne allait s’engager en faveur de la Suisse auprès de la Commission européenne.
Un audit interne du Health Valley suscite des conflits
Le campus «Health Valley» est un partenariat public-privé entre l’EPFL, le canton de Vaud, l’Université de Genève et les deux entrepreneurs Hansjörg Wyss et Ernesto Bertarelli, qui en sont par ailleurs les initiateurs. Le Conseil des EPF, en tant qu’instance supérieure de l’EPFL a mené un audit interne pour vérifier après la signature de l’accord si ce partenariat avec les milliardaires est avantageuse pour l’EPFL, si les structures sont bien organisées et si la stratégie est pertinente.
Selon les auditeur·ice·s, l’EPFL a refusé de leur fournir tous les documents pertinents pour mener l’évaluation. L’EPFL a répondu en critiquant l’audit avec des termes «dégradants», selon les auditeur·ice·s. Pour résoudre le conflit, le Conseil des EPF a choisi de charger la société de révision KPMG d’examiner le travail de son audit interne. Face à cette intervention extérieure, deux réviseur·e·s ont refusé de coopérer. L’EPFL a fait pression, suite à laquelle les deux employé·e·s sont tombé-e-s malades. Plus tard, le Conseil des EPF les a licenciés pour non-respect des directives.
Les deux réviseur·e·s se sont défendus en justice contre leur licenciement et ont partiellement obtenu gain de cause, mais pour avoir la confirmation que les licenciements étaient abusifs, il et elle ont décidé de déposer recours au Tribunal fédéral. L’auteur évoque une «faiblesse de gouvernance» et la possibilité que le Conseil des EPF ne supervise pas assez l’EPFL, une suspicion qui a déjà été soulevée lors de la construction du centre de congrès [le Swiss Tech Convention Centre].
L’Université de Zurich récompense ses meilleurs étudiant·e·s avec 40’000 francs
Pour retenir les talents académiques, l’Université de Zurich (UZH) distribuera pour la première fois de l’argent à ses meilleur·e·s étudiant·e·s en master. Dès le semestre d’automne, vingt bacheliers pourront profiter de 10’000 francs par semestre, soit 40’000 francs pour un master en deux ans. La situation financière n’est pas prise en compte pour l’obtention d’une «bourse d’excellence». La bourse est là pour que les meilleur·e·s étudiant·e·s puissent se concentrer pleinement sur leurs études, indique l’UZH. «L’Uni espère ainsi retenir les talents et freiner la fuite des cerveaux vers l’étranger, dans un contexte où la Suisse, mise à l’écart du programme de recherche Horizon Europe, est sous pression», commente ainsi le Sonntagsblick.
Cependant, le nouveau dispositif suscite des critiques de la part des étudiant·e·s, qui soulignent le fait que les étudiant·e·s issus d’une situation financière difficile ne peuvent souvent pas obtenir les meilleures notes en raison de petits boulots et de l’absence de possibilités de soutien scolaire. Ainsi, ils et elles n’entrent pas en ligne de compte pour une bourse d’excellence.
Refus de l’initiative contre l’expérimentation animale
L’initative populaire pour l’interdiction de l’expérimentation animale et humaine a été rejeté par 79,1 % des votant·e·s. Aucune autre initiative a été balayé aussi clairement au cours des six dernières années. Cependant, le sujet devrait revenir sur la scène politique prochainement:
- Les Jeunes Vert·e·s du canton de Vaud ont lancé une pétition demandant que les méthodes alternatives reçoivent le même soutien financier que les expérimentations animales.
- Sentience Politics, le comité derrière l’initiative bâloise pour des droits fondamentaux pour les primates (qui a également été refusé par 75% des voix ce dimanche) va probablement soumettre une nouvelle initiative pour l’interdiction de l’élevage intensif au niveau fédéral à la fin de l’année.
- La Commission de la science, de l’éducation et de la recherche du Conseil national a approuvé en novembre une initiative parlementaire de Katja Christ (PVL, Bâle-Ville) selon laquelle davantage de fonds devraient être alloués au développement d’alternatives à l’expérimentation animale.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 14 février 2022
11Fév2022
Politique des hautes écoles
De l’importance des collaborations dans la recherche pour la place économique suisse
Anita Fetz, ancienne Conseillère aux États (PS, Bâle-Ville) regrette l’influence négative que l’exclusion suisse du programme européen pour la recherche Horizon Europe a sur la place économique suisse. Elle estime que le projet «vague» du Conseiller fédéral Ignazio Cassis de reprendre les négociations sur l’idée de contrats bilatéraux n’est pas judicieuse. Il serait important que la Berne fédérale reconnaît que l’UE ne souhaite et ne peut pas changer les règles institutionnels concernant l’accès au marché interieur européen : «Cela serait comme si la Suisse permettait un accès particulier au Liechtenstein que les autres cantons n’ont pas.» (Basler Zeitung)
Même son de cloche, à peu près, de Serge dal Busco (Centre), Président du Conseil d’Etat genevois, au nom du Collège gouvernemental. «Le statu quo dans nos relations avec l’Europe est […] une illusion.» Dans un article publié par le Temps, il parle de sa vision de «cette nouvelle relation avec l’UE.»
«Les taxes d’études après coup ne sont pas une bonne idée»
Le journaliste du Tages-Anzeiger Fabian Renz revient sur l’idée avancée dans un article par Stefan C. Wolter et Conny Wunsch d’introduire des «taxes d’études après coup» pour les diplômé-e-s d’études tertiaires à faible revenu. L’article avait arguée que les études universitaires sont aussi financées par les impôts des personnes moins formées. Par ailleurs, les diplômé-e-s universitaires devraient travailler à plein temps pour lutter contre le manque de professionnels qualifiés.
L’auteur de l’article estime que les personnes à bas revenus ne sont pas toujours à blâmer pour leur situation, à l’image de la relève scientifique qui «est en grande partie coincée dans des conditions d’emploi précaires».
Le phénomène «woke» en Suisse romande
L’auteur de l’article s’offusque à l’idée que le phénomène des personnes «woke» prenne de l’ampleur, aussi en Suisse. Il prend comme exemple l’installation de toilettes non-genrées.
L’Unil dans les médias
Revue de presse UNIL 11 février 2022
10Fév2022
Politique des hautes écoles
«Stick to Science» : Bruxelles fait la sourde oreille
«L’initiative «Stick to science» destinée à réintégrer pleinement la Suisse et le Royaume-Uni au programme de recherche Horizon Europe «ne perturbe aucunement la Commission européenne». Sa Commissaire à l’Innovation, la recherche, la culture, l’éducation et la jeunesse, Mariya Gabriel, a déclaré «qu’il n’y a pas de «cherry picking» possible» ; les pays ne peuvent pas prendre ce qui les arrange de l’Union européenne sans se plier à aucune condition, le statut de pays tiers de la Suisse étant lié à un processus «beaucoup plus général», soit la recherche d’une solution pour régler les actuels différends entre Berne et Bruxelles.
L’UDC rechigne à garder les jeunes diplômé-e-s étrangers-ères
«Le Conseil fédéral a récolté les avis sur sa proposition de simplifier le droit de rester pour les étudiants provenant d’États hors de l’Union européenne après avoir obtenu leur diplôme dans une haute école suisse. Point central: ils ne devraient plus être soumis aux contingents d’immigration annuels définis par la Suisse.»
«Il est légitime de faciliter l’engagement de ces jeunes très qualifiés, par ailleurs formés aux frais du contribuable helvétique», avance la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie.
Alors que les cantons et l’économie sont favorables à cette proposition, l’UDC s’y oppose. Elle craint notamment que l’exception aux contingents augmenterait encore l’immigration nette.