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Tendances des 2 dernières semaines

Le canton de Vaud ouvre le dossier de la maturité mixte en quatre ans

«Pour garantir la reconnaissance de sa formation gymnasiale à l’échelle nationale, le canton de Vaud doit allonger d’un an son cursus actuel, soit passer de trois à quatre ans. Il a présenté jeudi des premières études qui serviront de socle à une révision de la loi.» (RTS)

Le département proposera plusieurs options pour réformer la loi sur l’enseignement obligatoire en septembre prochain, dont la dernière révision date de dix ans. (24h)

Selon la journaliste des 24 heures, les parents et directeurs seraient favorables à un report de l’orientation vers une filière professionnelle ou gymnasiale par exemple en 10e année. Actuellement c’est en 8e, quand les enfants ont environs 12 ans. Un report permettrait une plus grande maturité des enfants au moment de sélection. «La séparation précoce en filières n’a pas d’effet positif sur les apprentissages. En revanche, elle tend à renforcer les inégalités sociales», affirme Cédric Blanc, directeur général de l’enseignement obligatoire et de la pédagogie spécialisée.

Un encadré des 24 heures évoque le taux de réussite à l’Université de Lausanne.

Histoire et Cité fédère désormais les quatre universités romandes

Après les universités de Genève, Lausanne et Neuchâtel, l’Université de Fribourg rejoint le festival dédié aux sciences historiques Histoire et Cité. Les autres partenaires sont UniDistance, le Musée romain de Nyon, le Château de Nyon , le Château de Prangins, le Musée cantonal d’archéologie et d’histoire (MCAH) de Lausanne et la Bibliothèque cantonale et universitaire (BCU) de Lausanne.

«Ouverte à toutes et tous et gratuite, la manifestation a l’ambition de nourrir la réflexion et le dialogue autour d’un thème faisant écho à l’actualité, replacé dans une large perspective temporelle et transculturelle. Unique en Suisse romande, elle est reconnue dans le monde francophone comme l’une des grandes rencontres consacrées à l’histoire, à l’instar des Rendez-vous de l’histoire à Blois ou de L’histoire à venir à Toulouse.»

Vaud: Victoire syndicale contre les coupes, prochaines échéances

«Les constantes et importantes mobilisations du personnel des secteurs public et parapublic et les manifestations massives de l’automne 2025 contre les coupes budgétaires ont permis d’arracher des concessions significatives au Conseil d’Etat et au Grand Conseil.»

Le syndicat SUD Vaud écrit qu’il faudra «rapidement, et dès février 2026, poursuivre la lutte contre les nouvelles mesures budgétaires. Ces dernières impacteront les dotations en personnel ainsi que les conditions de travail des salarié.e.s. Nous lutterons contre les coupes budgétaires envisagées pour 2027, contre le programme d’équilibre budgétaire absolu et les coupes de 1,2 milliards prévues par le Conseil d’Etat d’ici 2030, soit une amputation de 10% des dépenses de l’Etat.»

l’Assemblée du personnel de la fonction publique et du secteur subventionné du 6 janvier 2026 a d’ores et déjà appelé à une Assemblée générale unitaire du personnel le 10 février au Collège de Béthusy, soutenue par la Fédération des Sociétés de fonctionnaires et associations du parapublic vaudois (FSF) , le Syndicat des services publics Région Vaud (SSP Vaud) et la Fédération syndicale SUD.

L’Université de Lucerne et l’Armée suisse lancent un CAS en accompagnement spirituel, avec spécialisation en aumônerie militaire

La Faculté de théologie de l’Université de Lucerne et la Formation supérieure des cadres de l’armée (FSCA) lancent conjointement le Certificate of Advanced Studies (CAS) en accompagnement spirituel, avec spécialisation en aumônerie militaire. Ce programme de formation continue constitue une composante du stage de formation technique de l’aumônerie de l’armée.

«Genève se dote d’un pôle d’IA pour la santé au Campus Biotech»

Un Pôle IA a ouvert ses portes début décembre 2025 au Campus Biotech à Genève. 

Des «Thérapies numériques» ainsi que «Psychiatrie de précision»  sont testées et élaborées au Campus Biotech. Des scientifiques, en collaboration avec des start-up médicales développent dans ce véritable «village multifonctionnel où s’entremêlent les soins, la recherche et l’innovation» des outils complémentaires à la disposition des équipes professionnelles. 

Encore à ses débuts, le Pôle IA propose « des consultations avec des suivis et mises en contact entre les acteur·ices présent·es sur le site ainsi qu’une porte d’entrée pour les recherches » comme le dit la coordinatrice des activités des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Ces consultations étant destinées à des personnes patientes ayant des troubles persistants cognitifs ou motivationnels. 

Les coûts de 2.7 millions de francs sont partagés entre le Département de la santé et des mobilités, les HUG et le Wyss Center Geneva, une fondation de recherche en neurotechnologie à but non lucratif située à Genève. 

Des recherches de l’EPFL pourraient être également mobilisées, comme par exemple l’étude des systèmes d’électrodes qui influencent les circuits de la récompense, de la Docteure Zeynep Knight-Celen et du Professeur Friedhelm Hummel.   

«Reconnaissance royale pour les neurosciences»

«Les interfaces neurologiques sont les lauréates du Queen Elisabeth Prize for Engineering 2026. Neuf scientifiques sont distingués, parmi lesquels Jocelyne Bloch et Grégoire Courtine, de l’EPFL et de l’UNIL / CHUV, pour le développement de technologies de stimulation de la moelle épinière qui permettent de réactiver des circuits neuronaux responsables de la locomotion.»

Plaidoyer contre les coupes fédérales

Actionuni, organisation faitière pour le corps intermédiaire, aux côtés d’associations et de syndicats (SSP) des secteurs des transports, de l’éducation (UNES), de la formation et de la culture, demande une fin du démantèlement des services publics par les coupes drastiques imposées aveuglément par le Conseil fédéral.

«Les mesures proposées ne répondent pas à une nécessité financière, mais à un agenda politique que nous ne soutenons pas. Elles auront des conséquences graves et concrètes pour la population, notamment une augmentation des prix des transports publics, une hausse des frais d’inscription à l’université et un affaiblissement de l’éducation et de la recherche.»

 

Nouvelle équipe au rectorat de l’UniNe

L’Université de Neuchâtel accueille les nouveaux membres de sa direction

  • Deniz Gyger Gaspoz, nouvelle rectrice de l’Université de Neuchâtel,
  • Janine Dahinden, vice-rectrice Enseignement et innovation pédagogique,
  • Daniel Hunkeler, vice-recteur Recherche et partenariat et
  • Evelyne Clerc, vice-rectrice Responsabilité sociétale. 
La fabrique à médecins, ou l’illusion des solutions simplistes

Raphaël Bonvin, professeur en médecine humaine à l’Université de Fribourg spécialisé en pédagogie médicale, écrit: «Face à la pénurie de médecins et à la pression de former davantage de futurs médecins, le débat public privilégie souvent des solutions techniques : sélection, quotas, optimisation des parcours. Mais cette manière de penser suppose que la formation médicale fonctionnerait comme une chaîne de production jouissant de ressources illimitées. Ce dialogue propose un déplacement : considérer la formation non comme un problème à résoudre, mais comme un processus humain, relationnel et fondamentalement complexe.»

Le futur du conseil scientifique à la confédération

Le Conseil fédéral recommande au Parlement de supprimer neuf commissions extraparlementaires, dont le Conseil scientifique. Son argument : «Les défis nationaux et internationaux exigent une expertise rapide et spécialisée plutôt que des rapports fastidieux. » Les défis dans le domaine de la recherche et de l’innovation auraient changé.

La radio SRF explique que Le rôle du Conseil suisse de la science a évolué au fil des ans. Contrairement au Conseil allemand de la science, par exemple, le Conseil suisse de la science (CSS) ne serait pas un organe très influent. «Même dans le milieu scientifique, beaucoup ignorent aujourd’hui l’existence du Conseil de la science et sa fonction.» Et des domaines importants tels que l’évaluation des choix technologiques auraient été externalisés au fil des ans et les moyens financiers réduits.

Si le Parlement approuve la suppression du Conseil suisse de la science, il manquerait une vision globale et indépendante des domaines de la formation, de la recherche et de l’innovation. Le journaliste Christian von Bourg si, en absence du CSS, les universités et comités scientifiques feraient du lobbying, surtout pour eux-mêmes. Et l’évaluation du paysage de la recherche, qui était jusqu’à présent largement assurée à titre bénévole par un comité de milice, devra être confiée à des experts externes.

Le conseil scientifique à la politique a quant à lui pris une autre direction. À la suite de la pandémie de coronavirus, un nouvel organe a été créé, le Réseau national de conseil scientifique pour les situations de crise. De grands groupes de chercheurs se sont réunis pour conseiller les responsables politiques sur des thèmes tels que la cybersécurité, la santé publique, la désinformation ou les défis internationaux. En cas de crise, l’idée est que le Conseil fédéral puisse obtenir rapidement et de manière exhaustive les conseils de chercheurs bien informés issus de ces groupes.

La grande question reste de savoir si le Conseil fédéral utilise cette possibilité. Dans le conflit douanier avec les États-Unis, par exemple, le Conseil fédéral n’aurait pas sollicité l’avis des scientifiques, selon des initiés, alors que de bons scientifiques auraient été disponibles sur le sujet. «L’interaction entre la science et la politique reste difficile», résume le journaliste.

 

Financement privé pour la recherche sur le cancer

«En Suisse, la Fondation ISREC joue un rôle essentiel» dans la lutte contre la cancer. «Elle peut le faire grâce au soutien de donateurs, dont la Loterie Romande.» L’Institut suisse de recherche expérimentale sur le cancer (ISREC) est intégré depuis 2008 à la Faculté des sciences de la vie de l’EPFL.

«Nouveaux Pôles de recherche nationaux : recherche de pointe sur des thèmes stratégiques»

«La Confédération lance six nouveaux Pôles de recherche nationaux (PRN) et renforce ainsi la recherche et l’innovation dans des domaines stratégiques et sociétaux importants.»

Il s’agit de:

  • « Children & Cancer » (optimisation du traitement) – UZH et Unil
  • « CLIM+ » (événements climatiques extrêmes et solutions) – EPFZ et UNIBE
  • « Genesis » (recherche sur l’apparition de la vie) – EPFZ et Unil
  • « Muoniverse » (recherche sur les muons (physique) – PSI et UZH
  • « Precision » (recherche sur les mesures de précision) – EPFZ et UNIBAS
  • « Separations » (techniques de séparation (chimie)) – EPFL
Interview avec le recteur de l’Université de Zurich Michael Schaepman

Trouver un logement abordable à Zurich est pratiquement impossible pour de nombreux étudiant·es. Michael Schaepman exige désormais que les autorités tiennent davantage compte des étudiants dans leur planification du logement.

Par ailleurs, il s’attend à ce que la demande en spécialistes des sciences humaines et sociales augmente à l’avenir: «Le développement fulgurant de l’intelligence artificielle rendra les compétences éthiques et normatives beaucoup plus importantes dans notre société. Cette évolution ne doit pas être laissée aux mains des entreprises technologiques. L’État doit jouer un rôle important à cet égard, c’est pourquoi le débat sur la prétendue surcharge administrative me dérange.»

HUG: La Mobilisation antiraciste reprend

La cadre à l’origine d’une alerte, ayant subi du racisme, a depuis été mise à l’écart, affectée à un autre département. Une situation qui suscite l’incompréhension d’une partie du personnel. Un sit-in est programmé pour le 10 février , dès 16h, devant les bureaux du conseiller d’Etat chargé de la Santé, Pierre Maudet. Ce dernier affirme dans une interview avec Blick: «Il appartient à l’institution de trouver des solutions qui protègent réellement les personnes concernées, sans donner le sentiment que la charge des conséquences repose sur la victime.»

Berne : Des chiens de thérapie aident les étudiant·es pendant la période d’examens

«L’Université de Berne propose une nouvelle offre pour aider les étudiant·es à se détendre pendant la période d’examens. Sous le slogan « Pause avec des pattes », trois bibliothèques proposent des pauses d’études en compagnie de chiens de thérapie. Pendant une pause d’une demi-heure, les étudiant·es peuvent jouer avec les chiens, les caresser ou simplement se détendre un instant.»

L’administration Trump exige d’une université qu’elle lui fournisse les coordonnées des membres de sa communauté qui sont juifs et juives

L’administration Trump exige de l’université de Pennsylvanie qu’elle lui fournisse une liste de tous ses employé·es et étudiant·es juifs et juives, non seulement leurs adresses e-mail et numéros de téléphone privés, mais aussi leur lieu de résidence. La justification officielle de cette demande est que le gouvernement vise à lutter contre l’antisémitisme et à enquêter sur les accusations d’antisémitisme.

Le politologue Johannes Thimm estime que «L’accusation d’antisémitisme est une arme centrale que le gouvernement utilise contre les universités pour les sanctionner, pour réduire leurs moyens financiers, pour les accabler de procès et pour les intimider.» Par ailleurs, une fois ces listes établies, elles pourraient tomber entre de mauvaises mains. «Nous savons que l’administration Trump est infiltrée par des personnes ayant des tendances d’extrême droite.»

Les chatbots IA s’infiltrent dans les enquêtes en sciences sociales et parviennent de mieux en mieux à échapper à la détection

Les sondages en ligne qui ont contribué à transformer la recherche moderne en sciences sociales sont menacés par l’intelligence artificielle. «Des chercheurs avertissent qu’une vague de chatbots se faisant passer pour des personnes pourrait corrompre ou invalider les enquêtes en ligne qui alimentent chaque année des milliers d’études. Ils exhortent les entreprises qui mènent ces enquêtes à prendre davantage de mesures pour remédier à ce problème.»

«La retraite forcée résoudrait-elle la crise de l’emploi universitaire?»

Selon un article paru dans Nature, il est de plus en plus difficile de se faire une place dans le monde universitaire. Les chercheurs en début et en milieu de carrière sont confrontés à une concurrence féroce pour obtenir des postes universitaires stables et des financements, souvent en raison d’un déséquilibre entre le nombre de doctorats décernés chaque année et le nombre de postes permanents qui leur sont accessibles.

Dans le but d’améliorer les perspectives d’emploi des jeunes scientifiques, certain·es ont pris pour cible les règles relatives à la retraite universitaire. «Nous devons redéfinir notre perception de la retraite universitaire », a écrit Thomas Roulet, spécialiste en sciences sociales à l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, sur

La Chine a été exclue de la plupart des programmes Horizon Europe

À partir de cette année, les organisations chinoises ne seront plus autorisées à participer à la plupart des projets financés par Horizon Europe, l’UE ayant décidé de renforcer les restrictions concernant les participants à son programme de recherche.

En 2023, l’UE a interdit de manière générale aux organisations chinoises de participer aux projets d’innovation Horizon Europe, qui produisent des résultats proches de la commercialisation. Cette année, elle interdit également la plupart des participations à des projets de recherche visant à développer de nouvelles connaissances et à explorer la faisabilité de nouvelles technologies.  En conséquence, à partir de 2026, les actions de recherche sur des thèmes tels que la santé, le numérique et la sécurité civile seront totalement fermées aux entités chinoises, en plus de certains thèmes sensibles dans les domaines de la culture, du climat et de la bioéconomie.

De cette manière, la Commission européenne souhaite protéger la propriété intellectuelle européenne contre les transferts « indésirables », que la politique publique chinoise soutient activement.

«Pourquoi le monde universitaire suisse doit rompre tout lien avec l’Institut Weizmann»

Selon un rapport du collectif zurichois d’étudiants et étudiantes propalestinien·nes, 10 universités et HES suisses ont collaborent ou collaboraient [depuis 2008], sur 65 projets avec l’Institut Weizmann.

Le rapport vient à la conclusion que ce dernier est «intégré dans les mêmes institutions sionistes et structures économiques qui soutiennent l’apartheid israélien et le génocide en cours contre les Palestiniens.»

Le collectif écrit: «Le boycott du monde universitaire israélien est notre obligation morale pour refuser toute complicité dans le génocide et de demander des comptes à nos universités»

Le Conseil des recteurs et rectrices francophones CRef exprime son soutien aux étudiant·es et membres du personnel des universités affectés par la récente attaque sur le campus de l’Université de Birzeit et par la répression armée en Iran

«Le Conseil des rectrices et recteurs des universités de la Communauté française tient à exprimer sa profonde préoccupation face à l’attaque menée le 6 janvier dernier par l’armée israélienne sur le campus de l’Université de Birzeit, en Cisjordanie, ainsi que face à la répression violente et systématique exercée actuellement en Iran, dont sont notamment victimes de nombreux membres de la communauté universitaire, parmi lesquels beaucoup d’étudiants et étudiantes. […]»

Les gouvernements romands et plus de 700 professeurs contre l’initiative SSR

Les gouvernements de Suisse occidentale et au moins 735 professeur·es [état du 27.01., à 10h30] ont défendu la redevance à 300 francs, contre les 200 francs prônés par l’initiative en vote le 8 mars.

«C’est la première fois qu’autant d’universitaires s’engagent politiquement en faveur d’une cause», indique un communiqué de presse des signataires. Leur déclaration est fondée sur diverses études scientifiques suisses et internationales.

Baisse d’études cliniques en Suisse

En vingt ans, le nombre d’essais cliniques réalisés en Suisse a presque diminué de moitié. Autrefois leader dans ce domaine, le pays perd du terrain face à des États comme la Chine, Singapour, le Danemark ou l’Espagne.

La situation est toutefois contrastée : les études menées par l’industrie pharmaceutique restent relativement stables, tandis que la recherche clinique académique recule fortement. Le manque de temps protégé pour la recherche et des structures peu adaptées découragent les jeunes médecins de s’engager dans cette voie. L’Académie suisse des sciences médicales (ASSM) craint un affaiblissement durable de la capacité d’innovation du système de santé et a lancé des programmes de soutien pour la relève scientifique.

L’industrie pharmaceutique critique surtout la lenteur des procédures en Suisse. Le démarrage d’une étude peut prendre environ un an, contre quelques mois dans d’autres pays. Elle pointe la bureaucratie et le fédéralisme, notamment l’existence de plusieurs commissions d’éthique. Les représentant·es des commissions d’éthique contestent toutefois ces accusations et estiment que les délais suisses sont compétitifs au niveau européen.

Un problème majeur reconnu par tous est le recrutement des patient·es. La petite taille de la population suisse, le bon accès général aux soins (qui réduit l’incitation à participer à une étude) et le retard dans la numérisation du système de santé compliquent la situation. À cela s’ajoute la pression sur les prix des médicaments, qui rend la Suisse moins attractive pour les entreprises.

Les conséquences sont importantes : un accès plus lent aux thérapies innovantes pour les patient·es, une perte d’expertise pour les médecins et un affaiblissement global de la capacité du pays à intégrer rapidement les progrès médicaux.

Face à ces enjeux, le Conseil fédéral a lancé un groupe de travail pour analyser les conditions-cadres de la recherche pharmaceutique et clinique en Suisse. La pression politique augmente, car de nombreux pays soutiennent activement leur industrie pharmaceutique. Les essais cliniques sont considérés comme un élément clé de l’attractivité scientifique de la Suisse, et des mesures de soutien supplémentaires pourraient voir le jour prochainement.

Une manne pour la recherche à Genève

«L’Université de Genève a créé une fondation pour financer des projets via de l’argent privé – celui de la Fondation Hans Wilsdof principalement. Cette aide ne se substitue en aucun cas aux fonds publics, insiste l’institution. Mais ces derniers sont en partie menacés»

Record de fréquentation pour l’Université de Neuchâtel, mais…

L’Université de Neuchâtel accueille actuellement 4549 étudiantes et étudiants, soit 35 de plus qu’une année auparavant, un record. «Pour 2026, nous nous attendons à une subvention fédérale stable», indique ainsi Fabian Greub, secrétaire général de l’Université de Neuchâtel. «Nos craintes concernent davantage la situation à partir de 2027, car la Confédération est en train de discuter de mesures d’économies qui pourraient entraîner des reculs de financement de plusieurs millions pour notre université, tant dans le domaine de la formation que dans celui de la recherche.»

Selon Arcinfo, «si ces coupes sont validées par les Chambres fédérales, elles auront très probablement des conséquences sur le niveau des taxes d’inscription facturées aux étudiantes et étudiants, ainsi que sur les budgets des universités et des cantons qui les subventionnent»

Inauguration d’un centre de recherche sur la blockchain à Zoug

Le Canton de Zoug et l’Université de Lucerne ont inauguré hier le Zug Institute for Blockchain Research (ZIBR) qui a pour mission d’étudier de manière interdisciplinaire les répercussions de la technologie blockchain.

Le ZIBR fait partie de l’initiative «Blockchain Zug – Joint Research Initiative», financée par le canton de Zoug à hauteur d’environ 40 millions de francs suisses. Dans le cadre de cette initiative, les activités de recherche existantes sur la blockchain à la Haute école de Lucerne seront également renforcées. La plateforme de coopération «Blockchain Joint Research Hub» a également été créée pour développer des projets communs. Actuellement, 15 à 20 personnes travaillent à l’institut. Une fois la mise en place
terminée, il y aura, selon des estimations, entre 30 et 40 chercheur·es.

«Travailler intelligemment : les programmes de l’UE doivent se renforcer mutuellement»

L’Europe définit actuellement sa prochaine génération de programmes de financement européens dans un contexte marqué par une grande incertitude.

Les flux financiers du bloc destinés à la R&I, à la compétitivité et à la défense doivent évoluer de concert, affirme Mattias Björnmalm, secrétaire général du CESAER, association de 50 universités scientifiques et technologiques en Europe.

Les universités du continent démontrent à bien des égards que les écosystèmes efficaces axés sur la compétitivité reposent moins sur la création de nouvelles structures que sur la mise à l’échelle des solutions qui fonctionnent. L’Europe aurait une réelle opportunité de réussir dans ce domaine, mais cela nécessitera une cohérence et une clarté entre ses programmes.

Une université texane interdit une lecture de Platon

En novembre, le Conseil des régents (organe directeur) de l’Université Texas A&M a édicté des nouvelles règles qui dit que les cours considérés comme «défendant l’idéologie raciale ou de genre» ou abordant des thèmes liés à l’orientation sexuelle doivent désormais être explicitement approuvés.

En décembre, le ton s’est encore durci: ledit conseil a alors interdit d’aborder ces sujets dans le cursus obligatoire, déclenchant un vaste examen des programmes. Un processus de révision à grande échelle pour lequel l’institution s’est appuyée sur l’intelligence artificielle.

Les dirigeants de l’Université Texas A&M ont donc demandé en janvier la modification, voire l’annulation pure et simple, d’au moins 200 cours abordant des questions raciales ou de genre. (Le Temps)

Une des lectures retirées était celle sur le «Symposion» du philosophe Platon, au programme d’un cours de philosophie, estimant que certaines parties du «Symposion» — notamment les discussions sur l’éros, l’amour entre personnes du même sexe et l’androgynie — seraient inappropriées selon de nouvelles directives, même que celles-ci ne soient pas le sujet principal du livre.

Ce retrait est perçu comme une attaque contre la liberté de recherche et d’enseignement, car le texte est considéré comme un fondement de la tradition philosophique occidentale. Le professeur concerné, Martin Peterson, organise désormais à la place un séminaire sur la liberté scientifique. (SRF)

 

France: «Les nouveaux Masters, manne pour les écoles»

«Ecoles de management et d’ingénieurs ne cessent d’inventer des formations pour gagner de nouvelles parts sur un marché de plus en plus concurrentiel. […] « Pour faire face à la baisse démographique étudiante en France, nous devons attirer des talents internationaux dans nos établissements », explique Thomas Maurer, directeur de Centrale Lille. Une analyse partagée par tous les responsables d’école interrogés.

Centre d’excellence pour l’économie circulaire dans les sciences de la vie

La HES de la Suisse du Nord-Ouest FHNW annonce une collaboration avec Go Circular in Life Science et BaselCircular afin de renforcer un centre d’excellence pour l’économie circulaire dans les sciences de la vie.

L’objectif de cette initiative est de promouvoir des solutions circulaires tout au long de la chaîne de valeur de l’industrie régionale des sciences de la vie, de l’idée à la mise en œuvre concrète.

La Suisse retrouve sa place dans la recherche européenne en fusion

«Depuis le 1er janvier 2026, la Suisse participe à nouveau officiellement au projet ITER dans le cadre de l’accord sur les programmes de l’Union européenne signé fin 2025. Cet accord consacre l’association de la Suisse aux principaux programmes de financement de l’Union européenne pour la recherche et l’innovation, après un arrêt des négociations sur un accord institutionnel intervenue en 2021. Pour le Swiss Plasma Center, centre national et acteur de premier plan dans la recherche mondiale en fusion, cette réintégration constitue une étape majeure et clôt une période de transition marquée par le soutien continu de la Suisse et de ses partenaires européens.»

Lancement de «Science Comes to Town»

«Science Comes to Town, la nouvelle initiative phare européenne visant à renforcer la confiance et l’engagement des citoyens dans la science, a été officiellement inaugurée aujourd’hui à Split, en Croatie, en présence de représentants européens, nationaux et locaux, de scientifiques et d’innovateurs.

Ce lancement marque une étape importante dans le rapprochement de la science des citoyens et des communautés locales, soulignant le rôle des villes en tant qu’acteurs clés pour faire se rencontrer la science, la société et la politique. Science Comes to Town promeut de nouvelles façons d’impliquer directement les citoyens dans la recherche et l’innovation dans leur environnement quotidien, démontrant l’importance de la collaboration entre l’Union européenne, les États membres et les autorités locales»

Le Centre suisse de compétence pour l’intégrité scientifique est opérationnel

«Depuis le 1er janvier 2026, la Suisse dispose d’un Centre de compétence pour l’intégrité scientifique, dont la présidence est assurée par le professeur émérite Edwin Constable et la direction par Viviane Premand, docteure en droit. Le Centre de compétence enregistre d’une part les procédures, les sanctions et les mesures relatives à l’intégrité scientifique en Suisse annoncées par les hautes écoles et les institutions du domaine et, d’autre part, épaule les hautes écoles en matière d’intégrité scientifique.»

«Recherche de l’administration fédérale: renforcer un système qui fonctionne bien»

«La recherche de l’administration fédérale a fait ses preuves: elle fournit les connaissances dont l’administration fédérale a besoin pour accomplir ses tâches quotidiennes. Son interconnexion avec les autres activités de recherche et d’innovation encouragées par la Confédération sera désormais encore améliorée à travers une coordination renforcée et une gouvernance plus claire.»

Le CHUV, déconnecté du monde?

Aurélien G. Demaurex, membre du Grand Conseil (V’L)  et startupeur, s’interroge sur la souveraineté numérique dans le Canton de Vaud. Après avoir soumis une question orale en décembre, il a écrit un article dans les 24 heures. Il y critique le choix du CHUV et de la Fédération des Hôpitaux Vaudois Informatique (FHVI) d’une solution d’Epic Systems, fournisseur américain soumis au droit des États-Unis, en particulier au Cloud Act. «Les données de santé, parmi les plus sensibles, méritent une protection inconditionnelle.»

Il note que le Conseil fédéral a pourtant souligné l’importance de la souveraineté numérique dans un rapport publié le 26 novermbre 2025. «Le Conseil d’État se réfugie derrière des garanties techniques et contractuelles. Mais l’histoire récente nous enseigne que ces protections sont fragiles: les failles de sécurité se multiplient, les législations étrangères évoluent et les risques géopolitiques s’intensifient.»

 

Le Congrès américain s’apprête à rejeter les coupes budgétaires drastiques de Trump dans le domaine scientifique

Le Congrès américain s’apprête à approuver une loi rejetant les coupes budgétaires massives et sans précédent dans le domaine scientifique demandées par l’administration du président américain Donald Trump.

Selon le dernier accord, annoncé le 20 janvier, le budget des National Institutes of Health (NIH) américains augmenterait d’environ 1 % cette année, ce qui contraste fortement avec la réduction de 37 % proposée par la Maison Blanche. Les investissements totaux dans la recherche fondamentale augmenteraient en réalité de plus de 2 %.

Les législateurs ont jusqu’au 30 janvier pour finaliser l’accord sur les NIH et d’autres mesures législatives relatives aux dépenses afin d’éviter une fermeture partielle du gouvernement, qui serait la deuxième en moins de trois mois.

 

Les frais d’inscription à l’université vont-ils augmenter au Tessin ?

Les coupes budgétaires prévues par la Confédération dans le secteur universitaire ont conduit plusieurs universités à se rattraper sur les étudiants en augmentant les frais d’inscription semestriels.

Franco Gervasoni, directeur de la Haute école spécialisée de la Suisse italienne (SUPSI), déclare qu’aucune décision n’a été prise pour le moment concernant la modification des frais semestriels. «Tout dépendra des mesures d’allègement et de l’approbation des accords bilatéraux. Nous devrons donc évidemment revenir sur ces questions, parmi beaucoup d’autres, au cours des prochaines années.»

Deux inconnues pèsent sur les finances de la SUPSI et ont contraint de nombreuses académies suisses à revoir les frais d’inscription de leurs étudiants:

La principale est la réduction des fonds alloués par la Confédération. Les accords bilatéraux constituent une autre inconnue. Dans le cadre de cet accord, l’Union européenne souhaite que les étudiants européens ne paient pas plus que leurs homologues suisses.

«Nous disposerons toutefois d’un certain délai grâce au soutien financier prévu par la Confédération, qui nous permettra d’adapter progressivement les frais d’inscription. Ce sera un sujet de discussion qui nous concernera probablement après 2029», affirme le directeur de la SUPSI.

Le monde universitaire a-t-il un problème avec l’activisme ?

Ce podcast examine les tensions entre activisme et carrière académique, notamment lorsque des scientifiques ou des étudiants participent à des manifestations ou actions de désobéissance civile. Cet engagement peut être perçu négativement par certains employeurs, médias et collègues, avec des conséquences sur le financement de la recherche

Enfin, il est suggéré que les institutions académiques pourraient mieux soutenir leurs membres, notamment en offrant des structures juridiques et de solidarité pour ceux qui s’engagent publiquement.

Les prix de Microsoft dans le viseur suisse

«La Commission de la concurrence a ouvert hier une enquête préalable contre l’entreprise américaine concernant le prix de ses licences, qui s’est envolé. […] Le 1er janvier dernier, un utilisateur constatait que le prix de son abonnement Microsoft 365 Personal passera de 69,95 francs par an à 99,95 francs dès mi-février, soit un bond de 43%. […] Un expert souligne la difficulté qu’auront les autorités à prendre Microsoft en défaut.

Publication d’un site dédié aux étudiant·es de première génération

«First-gen.ch est issu du projet « Sélectivité due à l’origine sociale dans les hautes écoles suisses » (2021–2024) dans le cadre du programme fédéral P-7 Diversité, inclusion et égalité des chances dans le développement des hautes écoles (2021–2024) de swissuniversities, qui visait à mieux comprendre les obstacles rencontrés par les étudiant·e·xs de première génération. Ce premier projet, porté par cinq universités partenaires (Berne, Fribourg, Lucerne, Saint-Gall et Zurich), a permis la mise en place de plusieurs mesures dont la création de cette plateforme.»

Questions géopolitiques : deux poids, deux mesures?

Dans le contexte des conflits géopolitiques actuels, les groupes d’intérêt demandent de plus en plus souvent aux universités de prendre position. L’Université de Fribourg a formalisé en octobre 2025 que son rectorat actuel ne prend pas position sur les questions géopolitiques. Deux doctorants dénoncent dans une lettre «un manque de cohérence» de l’institution, qui avait condamné l’invasion russe en Ukraine mais ne souhaite pas se formaliser sur l’intervention des Etats-Unis au Vénézuela.

La porte-parole de l’Université a relevé que «l’Unifr et ses entités organisent régulièrement des échanges traitant de toutes sortes de sujets d’actualité et de conflits», dont des cafés scientifiques.

«Nous avons les études mais pas l’expérience»

«Le taux de chômage des jeunes a progressé de plus de 13% en l’espace d’un an pour se fixer au-dessus des 3%. […] Le chômage des jeunes touche essentiellement les diplômés du secteur tertiaire. » Un chercheur en sociologie témoigne notamment de la précarité de la carrière académique: «Se lancer dans une carrière académique est quasi suicidaire. L’horizon est bouché car les places de travail sont très rares en Suisse.»

«Une génération sur Ritaline»

Un nombre croissant d’étudiant·es prennent de la Ritaline pour mieux gérer le stress lié aux examens, les médicaments contre le TDAH sont de plus en plus souvent prescrits. Selon les chiffres de l’Observatoire suisse de la santé (Obsan), le nombre d’ordonnances augmente chaque année de 15 à 18 %. Et cela cela pourrait à son tour entraîner une augmentation du commerce illégal de ce médicament.

Plan d’économie du Canton Vaud: qui paie le prix des coupes?

«Après l’adoption du budget, [l’Unil] devra composer avec un déficit de 20,7 millions de francs pour 2026, malgré des coupes déjà engagées de l’ordre de 2% en 2025, précise le recteur, Frédéric Herman. «Aujourd’hui, nous ne savons pas si les coupes acceptées par le Grand Conseil seront structurelles ou conjoncturelles.» Le recteur indique que l’UNIL devra poursuivre ses efforts jusqu’en 2028. Pour éviter les licenciements, la direction privilégie pour l’instant le gel de postes.»  […]«L’UNIL a toujours su gérer ses budgets, mais l’ampleur
des coupes cantonales et fédérales annoncées, combinées à celles du FNS et d’Innosuisse, ne pourront que se traduire par une diminution des prestations d’enseignement et de recherche» […].

Les HES dispensent des cours d’appui

«Mathématique et français sont à nouveau au menu des étudiant·es de première année des hautes écoles spécialisées de Genève (HES). Est-ce à dire que le niveau scolaire et d’apprentissage des entrant·es en HES a drastiquement baissé?» Des professionnel·les de l’éducation et les syndicats d’étudiant·es pensent que ceci est dû aux répercussions de la pandémie de Covid-19 sur l’apprentissage scolaire en particulier.

Dans l’intérêt de la Suisse, investissons dans la recherche

«Actuellement en discussion au parlement, le programme d’allègement budgétaire 2027 (PA27) prévoit une baisse d’au moins 10% du budget du FNS dès l’année prochaine.» Torsten Schwede, président du Conseil de la recherche du FNS, écrit que la Suisse doit sa compétitivité économique à l’innovation et à la recherche scientifique, en particulier à la recherche fondamentale financée par le Fonds national suisse (FNS). Il affirme que la recherche privée ne peut pas compenser les coupes, car elle dépend largement des résultats de la recherche publique. Des études estiment que ces réductions pourraient faire baisser le PIB par habitant jusqu’à 0,3 % par an. Torsten Schwede propose un compromis consistant à réduire de moitié les coupes afin de maintenir le niveau actuel de financement, soulignant que cet investissement modeste est crucial pour préserver la place scientifique suisse, sa résilience et sa souveraineté face aux défis géopolitiques.

Un groupe de travail pour assurer les meilleures conditions-cadres possibles aux sciences de la vie en Suisse

«Un groupe de travail va examiner comment offrir les meilleures conditions-cadres possibles aux sciences de la vie et à l’industrie pharmaceutique en Suisse. Ce groupe «place économique Life Science» a été institué par le chef du Département fédéral de l’économie, le président de la Confédération Guy Parmelin, et la cheffe du Département fédéral de l’intérieur, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider.»

HES, un référendum contre les coupes

«Un comité emmené par la Jeunesse socialiste dénonce une réduction de 2 millions par an  de la subvention aux HES genevoises, votée par la majorité de droite au Grand Conseil. […] «L’Etat fait payer plus cher les études et retire l’argent public censé soutenir la formation. C’est un véritable hold-up!» s’insurge Adrien Rastello de la Jeunesse socialiste genevoise.»

La communauté scientifique salue globalement l’orientation prise pour le FP10

Horizon Europe entame ses deux dernières années avant une refonte prévue en 2028 avec le 10e programme-cadre (FP10). La Commission européenne teste une approche plus orientée vers l’innovation, avec des appels à projets moins prescriptifs, moins nombreux et des programmes de travail fortement réduits (–33 % en volume, –35 % de sujets).

Cette simplification s’accompagne d’un recours accru au financement forfaitaire (lump sums) et à des appels en deux étapes. Si la communauté scientifique accueille globalement positivement cette évolution, elle souligne que la simplification est inégale selon les thématiques : certains clusters restent très détaillés.

Les scientifiques s’inquiètent toutefois de l’impact sur le système d’évaluation. Des appels plus ouverts exigent davantage d’autonomie et d’expertise de la part des évaluateurs, sans que la Commission n’ait encore précisé comment elle garantira la qualité, la cohérence et la crédibilité des évaluations.

Autre enjeu majeur : le risque d’explosion du nombre de candidatures. Les taux de succès sont déjà très bas (jusqu’à 1 % dans certains appels) et pourraient encore diminuer, notamment avec l’usage croissant de l’IA générative pour rédiger les propositions. Cela pourrait pénaliser surtout les nouveaux entrants, les petites structures et les idées très exploratoires.

La Commission souhaite aussi financer moins de projets mais de plus grande taille. Cette orientation suscite des critiques : lourdeur administrative, budgets insuffisants par partenaire et risques pour l’innovation, en particulier pour la recherche à haut risque. Plusieurs acteurs·rices plaident pour maintenir une diversité de formats, y compris des projets plus courts, plus flexibles ou par étapes.

Enfin, certains estiment que la baisse des taux de succès révèle surtout un sous-financement structurel de la recherche et de l’innovation en Europe, plutôt qu’un simple effet des appels moins prescriptifs.

Les États-Unis se retirent de plusieurs organisations mondiales de recherche et de technologie

Le président américain Donald Trump a publié un décret retirant le pays de dizaines d’organismes internationaux, dont plusieurs axés sur la recherche et la technologie.

Bien que l’on puisse se demander si Trump a le pouvoir de quitter ces organismes sans l’aval du Congrès, cette décision marque un nouveau recul du pays dans le domaine scientifique mondial, en particulier sur les questions environnementales.

Cela concerne notamment:

  • le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC),
  • l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN),
  • l’Alliance solaire internationale (ISA),
  • l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IREA),
  • le Centre des sciences et technologies en Ukraine,
  • le Centre européen d’excellence pour la lutte contre les menaces hybrides,
  • l’Institut panaméricain de géographie et d’histoire,
  • le Forum des laboratoires nationaux européens de recherche routière,
  • l’Institut interaméricain pour la recherche sur le changement global
  • l’Université des Nations Unies.

Certains de ces retraits laissent également entrevoir un affaiblissement de l’alliance sécuritaire entre les États-Unis et l’Europe. Par exemple, Trump retire les États-Unis du Centre européen d’excellence pour la lutte contre les menaces hybrides, qui combat la guerre hybride menée par la Chine et la Russie.

La logique qui sous-tend d’autres retraits, par exemple celui d’une alliance de recherche sur les routes avec l’Europe ou d’une union historique et géographique pour les Amériques, n’est pas claire, estime l’auteur de l’article. (Science Business)

«Voici ce que réserve l’année 2026 à la politique européenne en matière de recherche et d’innovation»

2026 s’annonce comme une année clé pour la recherche et l’innovation européennes, marquée par de nouvelles lois, des négociations majeures sur Horizon Europe et la mise en place d’outils pour renforcer la compétitivité de l’UE.

1er trimestre : nouvelles initiatives pour l’innovation

La Commission européenne présentera l’European Innovation Act pour faciliter la mise sur le marché des innovations (bacs à sable réglementaires, accès aux infrastructures, transfert de technologies).
Elle proposera aussi un statut européen des entreprises (28e régime) afin de simplifier l’activité transfrontalière.

2e trimestre : négociations sur Horizon Europe et le Fonds de compétitivité

Les discussions s’intensifieront sur le prochain programme Horizon Europe (175 Md€) et le nouveau Fonds européen de compétitivité – ECF (451 Md€), destiné à soutenir la montée en échelle et la commercialisation de l’innovation.
Le Parlement et le Conseil doivent définir leurs positions respectives d’ici l’été, avec l’objectif d’entamer les négociations interinstitutionnelles à l’automne. Les liens entre Horizon et l’ECF, ainsi que la place des États membres dans les priorités stratégiques, restent des points sensibles.

3e trimestre : focus sur l’Espace européen de la recherche (ERA)

Publication attendue de l’ERA Act, première législation contraignante pour réduire la fragmentation des systèmes de recherche, améliorer la mobilité des chercheurs et encourager l’investissement en R&D (objectif 3 % du PIB).
La Commission présentera aussi un Quantum Act (T2 2026) et un deuxième Biotech Act (T3 2026).

Fin d’année : poursuite des négociations et réformes structurelles

Les négociations Horizon/ECF entreront dans une phase décisive.
La Commission finalisera aussi le Single Basic Act (partenariats industriels, entreprises communes) et une révision du cadre de l’EIT (Institut européen d’innovation et de technologie), dont l’avenir reste incertain.

En parallèle

Les chercheurs et innovateurs se disputeront les 14 Md€ restants d’Horizon Europe et testeront de nouveaux instruments, comme les super-bourses ERC de 7 M€ sur 7 ans et les Advanced Innovation Challenges du Conseil européen de l’innovation.

En conclusion, 2026 sera une année de préparation, de propositions et de négociations intenses, tandis que les accords définitifs sont attendus surtout en 2027.

Les États-Unis « détruisent leur leadership scientifique à coups de boulet de démolition », déclare le chef de la diplomatie européenne en matière de recherche

Dans un dernier coup de poing avant son départ à la retraite fin 2025, Signe Ratso, haute responsable de la Commission européenne chargée de la diplomatie scientifique, a vivement critiqué les États-Unis pour avoir, selon elle, gravement entamé leur réputation de leader mondial de la recherche. Elle accuse l’administration américaine de saper la liberté académique et le financement de la recherche, notamment par des coupes budgétaires, des restrictions sur les thématiques liées à la diversité et des pressions politiques sur les universités.

Face à cette situation, Signe Ratso estime que l’UE doit renforcer ses liens scientifiques avec des pays «partageant les mêmes valeurs». Sous son mandat, le programme Horizon Europe s’est largement ouvert à des partenaires comme la Corée du Sud, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Japon, l’Australie et Singapour, tout en réintégrant le Royaume-Uni et la Suisse. Elle se félicite de cette internationalisation, même si ces pays ne participent qu’aux projets collaboratifs et non au Conseil européen de la recherche.

Cependant, l’avenir est incertain : le prochain programme FP10 (à partir de 2028) devrait accorder plus de place à la défense et à la compétitivité industrielle européennes, ce qui pourrait limiter la participation de partenaires non européens, surtout dans les projets sensibles ou à double usage civil-militaire.

Ces propos s’inscrivent dans un contexte plus large de réévaluation des relations transatlantiques, alors que l’Europe cherche à défendre davantage son autonomie stratégique, ses valeurs et la liberté de la recherche scientifique.

«La science a tenu bon»

«En 2025, la science n’a pas été épargnée. Coupes budgétaires, programmes suspendus, collaborations fragilisées, institutions attaquées ou discréditées: dans plusieurs pays, et notamment aux Etats-Unis, de nombreux chercheurs ont vu leur travail ralenti, voire stoppé net. Et pourtant. Malgré ces vents contraires, la science a tenu bon.»

Tendances des 2 dernières semaines