La communauté scientifique salue globalement l’orientation prise pour le FP10
Horizon Europe entame ses deux dernières années avant une refonte prévue en 2028 avec le 10e programme-cadre (FP10). La Commission européenne teste une approche plus orientée vers l’innovation, avec des appels à projets moins prescriptifs, moins nombreux et des programmes de travail fortement réduits (–33 % en volume, –35 % de sujets).
Cette simplification s’accompagne d’un recours accru au financement forfaitaire (lump sums) et à des appels en deux étapes. Si la communauté scientifique accueille globalement positivement cette évolution, elle souligne que la simplification est inégale selon les thématiques : certains clusters restent très détaillés.
Les scientifiques s’inquiètent toutefois de l’impact sur le système d’évaluation. Des appels plus ouverts exigent davantage d’autonomie et d’expertise de la part des évaluateurs, sans que la Commission n’ait encore précisé comment elle garantira la qualité, la cohérence et la crédibilité des évaluations.
Autre enjeu majeur : le risque d’explosion du nombre de candidatures. Les taux de succès sont déjà très bas (jusqu’à 1 % dans certains appels) et pourraient encore diminuer, notamment avec l’usage croissant de l’IA générative pour rédiger les propositions. Cela pourrait pénaliser surtout les nouveaux entrants, les petites structures et les idées très exploratoires.
La Commission souhaite aussi financer moins de projets mais de plus grande taille. Cette orientation suscite des critiques : lourdeur administrative, budgets insuffisants par partenaire et risques pour l’innovation, en particulier pour la recherche à haut risque. Plusieurs acteurs·rices plaident pour maintenir une diversité de formats, y compris des projets plus courts, plus flexibles ou par étapes.
Enfin, certains estiment que la baisse des taux de succès révèle surtout un sous-financement structurel de la recherche et de l’innovation en Europe, plutôt qu’un simple effet des appels moins prescriptifs.